17 02 11

C’est du sérieux !

Instants frivoles.jpgJoliment troussées, les dix nouvelles rassemblées par Nathalie Marly dans Instants frivoles, un premier recueil paru récemment aux Éditions Dricot à Liège, traitent du désir féminin avec un vrai bonheur de plume.

 

Sans hésiter à appeler un chat… un chat mais avec beaucoup d’élégance, l’auteure y aborde coups de foudre et coups de foutre, réels ou virtuels, avec une maestria sensuelle qui n’est pas sans rappeler celle des premiers écrits d’Anaïs Nin, une orfèvre des pamoisons subtiles et délicates.

 

Menant le lecteur de la lagune vénitienne aux bords de la Meuse et des rencontres impromptues d’une fête de mariage aux découvertes consécutives d’une enquête policière, les dix narratrices qui n’ont pas froid aux yeux –qu’elles ont au demeurant bien ouverts et malicieux– y jouent des codes de la conquête amoureuse sans se départir d’un quant-à-soi qui ne manque pas de laisser rêveur…

 

Car il y a du Colette chez Nathalie Marly, pour ce qui est de l’audace tout à la fois sensorielle et sensitive contenue dans les limites de la bienséance mais secouée par des fusées de fragrances et de saveurs, ainsi que du Alfred Cortot ou du Glenn Gould, pour la subtilité et la sonorité des touches qu’elle fait faire à ses héroïnes…

 

Bernard DELCORD

 

Instants frivoles  par Nathalie Marly, Liège, Éditions Dricot, décembre 2010, 101 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 20,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 13,50 €

 


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14 02 11

Les arts d’aimer…

Poésie amoureuse et érotique.gifDans Poésie amoureuse et érotique, qui vient de paraître aux Éditions Omnibus à Paris, Tran Arnault a rassemblé des textes suggestifs d’une grande beauté, de l’abbé de L’Attaignant, de Jacques Audiberti, de Georges Bataille, de Charles Baudelaire, d’André Breton, de Jean-Pierre Brisset, de Pierre de Cornu, de Charles Cros, de Robert Desnos, de Paul Eluard, de Jean Genet, de Remy de Gourmont, de Francis Jammes, de Pierre Louÿs, de Ghérasim Luca, de Giovanna, d’Olivier de Magny, de Stéphane Mallarmé, de Joyce Mansour, de Daniel Maximin, de Marcel Moreau, d’Alfred de Musset, d’Ovide, de Valentine Penrose, de Gilles Plazy, de Gisèle Prassinos, de Raymond Queneau, de Pascal Quignard, de Raymond Radiguet, d’Henri de Régnier, d’Arthur Rimbaud, de Pierre de Ronsard, de George Sand, de Marianne Van Hirtum, de Paul Verlaine, de Renée Vivien, autant d’auteur(e)s évoquant la chose avec les mots pour le dire…

 

Et tout y passe : le chant d’amour, les petits oiseaux, la première soirée, le toucher, le désir, le baiser, la main, le visage, les yeux, la chevelure, les tétons, le gros orteil, le sexe, le corps tout entier, la fourrure, les bas, la nudité, l’ardeur, les jeux érotiques, les nuits plus belles que les jours, l’homosexualité, les parties carrées…

 

Pas à dire, avec ce livre, pourrait-on écrire en paraphrasant le gouailleur Pierre Perret, vous saurez tout, tout, tout sur le… (et la…) !

 

Bernard DELCORD

 

Poésie amoureuse et érotique, textes réunis et présentés par Tran Arnault, Paris, Éditions Omnibus, février 2011, 128 pp. en quadrichromie au format 19 x 25,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 23 € (prix France)


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05 02 11

Le chéquier de l’amour…

Invitations coquines.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le texte ci-dessous a paru dans la newsletter des guides gastronomiques belges Delta (consacrée à la prochaine Saint-Valentin) et a ensuite été mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :


La Saint-Valentin étant la fête des amoureux et, partant, de l’amour, les plus hardi(e)s des célébrants oseront peut-être glisser subrepticement –ou tout de go– à l’élu(e) de leur cœur l’une des Invitations coquines qu’a fait paraître tout récemment Clara Morgane à leur intention aux Éditions Blanche à Paris, en partenariat avec Chambre69.

 

Il s’agit d’un petit chéquier de 30 propositions plus ou moins hot présentées sous forme de « bons pour » (« pour faire l’amour à l’endroit où nous l’avons fait la première fois », « pour un week-end d’amour à l’hôtel », « pour un week-end sans sortir du lit », « pour une nuit où je n'ai pas le droit de dire non », « pour supprimer le dessous le moins sexy de ta garde-robe », « pour toujours plus de câlins », « pour une surprise »…) dont le principe est simple : si on le libelle au nom de son partenaire, on s’engage à réaliser l’action ou le scénario décrit par le bon et si on le remplit à son propre nom, c'est qu’on demande à l’autre de réaliser le geste amoureux ou érotique en question.

 

Effet garanti ! Reste évidemment à savoir lequel…

 

Bernard DELCORD

 

Invitations coquines, 30 bons pour pimenter vos nuits par Clara Morgane, Paris, Éditions Blanche et Chambre69, collection « Les bons plaisir de Clara Morgane », janvier 2011, 60 pp. en quadrichromie au format 20 x 7,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 4,95 € (prix France)

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31 01 11

Des nouvelles érotiques !

marly.jpgNathalie Marly fut pendant dix ans journaliste à la RTBF et en particulier dans "Appel à témoins". Elle puise avec bonheur dans ses propres expériences du monde de la télévision pour créer ces nouvelles délicieusement érotiques, le décor mais aussi les personnages. Dans "Instants frivoles", elle est ainsi tour à tour scripte dans "Sous les néons orange" ; journaliste dans "Fantamses à Venise" ; assistante d'un reporter dans "Impondérable désir" ; star du JT dans "Anne et "son" vingt heures". D'ailleurs au-delà des fantasmes, de cette soif du désir sensuel, satisfait, assumé ou pas, on peut aussi découvrir des points de vue très intéressants et sans aucun doute vécus par Nathalie Marly sur ce métier passionnant mais cruel, une jungle. Avec un point final, qui pourrait être une sorte de pied de nez au métier : "L'habit fait l'envie", qui cette fois met en scène une téléspectatrice face à une vedette du petit écran ; et c'est bien ce dernier qui se ridiculise dans la réalité, hors du fantasme. L'humour, le clin d'oeil, parfois une clé donnée dans un sourire, émaillent ces courtes nouvelles. J'aime, par exemple, quand elle parle d'un grand mariage qu'il soit "une union avec tambours et trompettes" ! J'aime aussi cette idée de "l'armoire des anges" à découvrir dans "Les travertins", les masques blancs dans "Venise"... Personnellement, j'avais aimé le style, la manière d'écrire, de se décrire comme femme si personnelle et si générale, dès son premier livre "Au nom du Père"; je suis donc heureux de découvrir la suite du cheminement de son écriture. Quittez pour quelque temps la dure réalité pour vous plonger vous aussi dans ces "instants frivoles".

Jacques MERCIER

 

Instants frivoles, par Nathalie Marly. Nouvelles. Editions Dricot 2010. 13,5 cm/21 cm. 100 pages. 13,50 euros.

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30 12 09

Libido (et hara-) kiri jaune…

Les objets du désir au JaponLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 30-12-2009 de l'hebdomadaire satirique bruxellois
PAN :

Si vous ne voulez pas mourir idiot(e), lisez donc le nouvel ouvrage de la journaliste française (à Libération) Agnès Giard. Il s’intituleLes objets du désir au Japon et vient de paraître chez Drugstore à Paris. On y en apprend de belles sur l’érotisme nippon, présenté à travers 108 objets correspondant aux 108 désirs humains auxquels il faut, à en croire les bouddhistes du cru, renoncer durant la dernière nuit de l’année, peu avant minuit, au son de 108 coups de cloche religieusement diffusés à la radio et à la télévision, afin de pouvoir renaître à la nouvelle année, pur, vierge, neuf et comme ressuscité. Car on y découvre, quelque peu médusé, de la crème de beauté à la fiente de rossignol, une patte de chat vibrante pour “appeler” l’amour, un bonbon en forme de crotte de nez, une carte à ADN contenant un cheveu d’actrice porno, de fausses nouilles en silicone, une culotte magique pour soigner les MST, un couteau de suicide pour femme, du lubrifiant parfumé aux aisselles d’employée de bureau, une marmite anti-adultère ou une machine à masturber… Des « objets du désir » dans lesquels, par l’exploration de leur histoire et de leurs significations cachées, Agnès Giard retrouve la trace des cultes les plus anciens, comme par exemple dans la forme “en grenouille” de certaines poupées gonflables ou dans les verrues qui ornent aussi bien les préservatifs que la tête des grands Bouddha. C’est ainsi que la silhouette des vibromasseurs imite celle des divinités bisexuelles ornant encore certains sanctuaires, tandis que les amoureux du XXIe siècle s’échangent toujours – comme en l’an 800 – des nœuds qu’il ne faut pas défaire, sous peine d’avoir le cœur brisé.
Décryptant le symbolisme des grelots anciens comme celui des toilettes high-tech, ce livre stupéfiant et abondamment illustré replace les objets japonais dans une tradition mythologique et esthétique millénaire qui ne manque pas de... laisser le lecteur occidental sur le cul !
PANTHOTAL

Les objets du désir au Japon par Agnès Giard, Paris, Drugstore (Glénat), novembre 2009, 328 pp. en quadrichromie au format 23 x 23 cm sous couverture brochée en couleur, 35 €

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