02 09 12

Au pays des moines

La Thudinie et la route des abbayes.jpgLe nouvel opus de la collection « Les guides Télétourisme » dirigée aux Éditions Racine/RTBF à Bruxelles par Guy Lemaire, le journaliste de télévision bien connu, s'intitule La Thudinie et la route des abbayes et il emmène le lecteur, à travers de nombreuses promenades, à la découverte de la région de Thuin et de ses monastères, à savoir ceux de Lobbes, de Bonne-Espérance et d'Aulne.

Outre de nombreuses informations historiques, géographiques, intellectuelles et artistiques ainsi que la description des itinéraires, l'ouvrage propose des rubriques sur les produits du terroir, les logements et tous les hauts lieux de la gastronomie locale.

De plus, les diverses activités culturelles et sportives de la région sont présentées dans un calendrier annuel illustré tandis que près de 300 photos en couleurs illustrent la beauté et présentent les curiosités de la région.

Un guide d'une belle convivialité !

Bernard DELCORD

La Thudinie et la route des abbayes par Jean-Marie Horemans, Jean Meurant, Maurice Servais, avec la collaboration de Christine Charue & Fabrice Deruysscher sous la supervision de Tommy Leclercq, Bruxelles, Éditions Racine/RTBF, collection « Les guides Télétourisme » sous la direction de Guy Lemaire, juin 2012, 176 pp. en quadrichromie au format 13,5 x 18 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 14,95 €

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage fort bien fait les quelques lignes suivantes :

L'histoire de l'abbaye d'Aulne

Le monastère primitif aurait été fondé au VIIe siècle, peut-être sur les vestiges ou à proximité d'une villa romaine qui lui aurait donné son nom Alna, d'origine latine. Le fondateur de l'abbaye, un brigand repenti du nom de Haschus, surnommé Landelin (Landelinus = originaire de Landelies), serait mort à Crespin en 686. Quant aux dates de création (637, 656 ou 657), elles diffèrent selon les auteurs.

Second fondateur d'Aulne, Ursmer lui imposera la règle de saint Benoît vers 690, règle qui exige de trouver dans un même environnement eau courante et eau de source, prés, champs, jardin et possibilité d'installation de ferme, de moulin, de boulangerie, ainsi que d'ateliers pour divers métiers, afin que les moines ne doivent ni ne puissent sortir, sans raison valable, de leur monastère.

En 880 (882 ou 888, selon les textes), l'abbaye d'Aulne connaîtra une première destruction par les Normands, Elle en subira une seconde par les Hongrois en 956.

En 961, avec la plupart des communes de la Thudinie méridionale, elle passe sous Éracle dans le domaine de l'évêché de Liège qui deviendra principauté lorsque les droits régaliens seront accordés à Notger par Othon Ier, empereur romain de la Nation germanique.

Si, pendant trois ou quatre ans (1144-1147), le monastère d'Aulne passe sous la règle de saint Augustin, avec la bénédiction du prince évêque Albéron II (ou Adalbéron) et sous la conduite d'un abbé Raoul ou Radulphe, c'est cependant en 1147 que se situe le tournant le plus important de l'histoire d'Aulne : saint Bernard obtient que l'abbaye passe sous la règle cistercienne, soit dédiée à Notre-Dame et y fait envoyer de Cîteaux six moines dont le premier abbé sera Francon de Morville.

En 1205, pour satisfaire au besoin de solitude des moines, le prince-évêque Hugues de Pierrepont, qui fit de fréquents séjours à l'abbaye, oblige la population du village d'Aulne à déménager à une lieue du monastère.

Le XIIIe siècle est considéré, pour Aulne, comme le siècle d'or : plus de 60 moines et 300 convers, ceux- ci constituant la main-d'œuvre dans un domaine agricole qui ne cesse de croître. De 1214 à 1247, on édifie l'abbatiale gothique à l'emplacement d'une église plus ancienne ; Aulne, abbaye masculine, est dotée de l'autorité sur le monastère cistercien des religieuses de Soleilmont ; elle l'obtiendra aussi sur celui de l'Olive à Morlanwelz et sur celui d'Aywiers en Brabant wallon. Au plan moral et religieux, son renom s'élargit à l'Europe : le bienheureux Simon d'Aulne est reçu au Vatican pour ses dons de thaumaturge ; Baudouin d'Aulne, après un apostolat en Livonie et Courlande, deviendra archevêque de Thrace !

Les XIVe et XVe siècles seront loin d'être aussi favorables à Aulne qui subira un lent déclin, matériel et spirituel : le relâchement à l'égard de la règle, les guerres dues aux appétits des ducs de Bourgogne, les épidémies et notamment la Grande Peste.

Au siècle suivant, à la suite de l'effondrement de la croisée du transept, il faudra reconstruire le chœur, plus élancé dorénavant, et le transept avec la grande verrière flamboyante. En 1536, l'abbaye sera saccagée par un corps français et, quelques années plus tard, à la suite des guerres de religion, par des réformés iconoclastes.

Le milieu du XVIe siècle verra aussi, quoique tardivement, la naissance de l'imprimerie typographique dans la région. À l'initiative de l'abbé d'Aulne, Jean de Lannoy, imprégné de l'esprit de la Renaissance, un Lorrain du nom de Guillaume Cordier (à ne pas confondre avec un abbé du même nom), imprimera à Binche une Vie de Sainte Lutgarde, moniale d'Aywiers qui, à la suite d'une vie miraculeuse en Wallonie, réussira à ne jamais parler le français et deviendra de ce fait l'une des patronnes de la Flandre.

La fin du XVIe siècle et le XVIIe siècle sont marqués par l'avènement d'abbés plus responsables, mais le « siècle de malheur », caractérisé par des guerres européennes incessantes (guerre de Trente ans, guerre de la Ligue d'Augsbourg, guerres de succession d'Espagne, guerre de Hollande), entraîne pour l'abbaye des occupations et des déprédations, hollandaises notamment, des réquisitions ou des pillages de la part des belligérants du nord comme du sud, qui profitent du statut d'indépendance perméable et désarmée de la Principauté. Il en résulte pour l'abbaye d'énormes difficultés financières.

Pour Aulne, l'histoire se terminera tristement en 1794. Tout en démontrant sa capacité à renaître toujours, l'abbaye entamera son chant du cygne, ce seront les « derniers feux du crépuscule », comme l'écrira finement un auteur. Des abbés de valeur, providentiels mais dépensiers, Barthélemy Louant, Maur Mélotte ou Joseph Scrippe, vont entreprendre la reconstruction complète de leur monastère, à l'exception de l'abbatiale. Remacle Leloup, le célèbre dessinateur et graveur liégeois, qui visitera Aulne vers 1740, voulant montrer le faste qui y régnait et l'accueil sympathique qu'il y avait reçu, représenta le monastère surmonté d'une importante fumée sortant de la cheminée des cuisines... C'était sa façon originale d'annoncer les étoiles du Michelin !

Las, en 1789, avec la Révolution liégeoise et quelques graves erreurs politiques des moines et de leur abbé, ce sera le commencement de la fin. L'abbaye prête ses canons pour mâter la révolution populaire à Thuin ; elle refuse de vendre le blé au prix légal imposé par la famine et, mieux, l'abbé Herset fait condamner à mort un pauvre hère, coupable de vol de nourriture. En 1793 et 1794, l'abbaye héberge des officiers autrichiens. Ajoutons la richesse et le faste affichés par le monastère et l'envie qu'ils ne manquent pas de susciter dans la population... Tout cela aboutit au sac au pillage et à l'incendie du 14 mai 1794, perpétrés tant par les troupes républicaines que par la population locale.

Plus tard, l'abbé Herset, avec les assignats garantis par les Biens nationaux, rachètera l'abbaye en ruines, échouera à rétablir une communauté et, sous l'Empire français, rédigera un testament dans le but de créer un hospice à Aulne, testament approuvé par Napoléon, à Bayonne, en 1808.

Malgré les ennuis suscités par un ancien moine, Jean-Baptiste Cordier, rentré dans le siècle, qui exigea et obtint un quart des biens, le home pour vieillards put ouvrir ses portes en 1856. C'est en 1883 que sera consacrée l'église moderne, dédiée à saint Joseph. Aulne sera érigée en paroisse distincte de Gozée en 1928. Auparavant, en 1896, un accord signé entre l'État belge (ministère des Travaux publics) et la Commission administrative de l'hospice a permis la visite des ruines aux touristes, à la condition impérative que les autorités veillent, par les travaux nécessaires à la sécurité des bâtiments comme à celle des visiteurs.

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01 09 12

« La Russie est un rébus enveloppé de mystère au sein d'une énigme. » (Winston Churchill)

La Russie de A à Z.gifÀ cheval sur l’Asie du Nord (74,7 %) et sur l’Europe (25,3 % de sa superficie) et s'étendant d’ouest en est (de Kaliningrad à Vladivostok) sur plus de 9 000 km pour une superficie de 17 millions de km² (soit deux fois celle des États-Unis, 31 fois celle de la France, 413 fois celle de la Suisse et 557 fois celle de la Belgique), la Fédération de Russie qui compte neuf fuseaux horaires est un État de 142 millions d'habitants, dont 115 millions de Russes.

Les minorités ethniques y sont représentées par 150 « petits peuples » vivant pour beaucoup à l'est de l'Oural, en Sibérie, dans le Caucase ou au Daguestan et 10 à 15 % de la population sont des musulmans tandis que les deux tiers des Russes se disent orthodoxes.

Moyennement démocratique (c'est un euphémisme...), ce pays fortement urbanisé et industrialisé dispose de ressources minières et énergétiques importantes et il possède des frontières terrestres avec 16 pays (dans l’ordre inverse des aiguilles d’une montre, en partant du plus au nord) : la Norvège, la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Biélorussie, la Lituanie, la Pologne, l’Ukraine, la Géorgie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, la République populaire de Chine, la Mongolie et la Corée du Nord. Elle possède également des frontières avec deux républiques séparatistes de Géorgie, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud dont elle a reconnu l’indépendance en 2008. [1]

La démographie y est chancelante en raison de l'alcoolisme, du climat, de la situation sociale de ses habitants et de la propagation du sida, entre autres.

Le guide magistral d'Alexandre Billette intitulé La Russie de A à Z (édité par André Versaille à Bruxelles) présente ce mastodonte géographique, historique, politique et culturel sous la forme d’un abécédaire de 120 entrées [2] décrivant ce pays gigantesque sous toutes les coutures, qu'il s'agisse de ses villes, de ses populations, de la vie politique, de la société, des figures de la création artistique, des richesses touristiques, de la gastronomie...

Écoutons l'auteur :

« La Russie ? “Un rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme”, disait en son temps Winston Churchill. Soixante ans plus tard, l'expression n'a pas pris une ride. Certes, depuis la chute de l'empire soviétique, le pays s'est ouvert sur le monde. À quatre heures de vol de Paris ou de Bruxelles, la Russie est accessible aux voyageurs, aux investisseurs, aux étudiants. Et les autorités du pays entendent profiter des Jeux olympiques de Sotchi en 2014 et de la Coupe du Monde de football en 2018 pour faire de la Russie une destination incontournable sur la carte du monde touristique. (...)

À cheval sur deux continents, la Russie n'est pas vraiment asiatique, sans être tout à fait européenne. Partir à la découverte de ce pays, c'est aller à la rencontre d'une société multiconfessionnelle, multiethnique, terre chrétienne mais aussi terre d'Islam et de chamanes, qui abrite plus d'une centaine de peuples et autant de langues et de traditions.

Aller à la rencontre de la société russe, c'est aussi découvrir une population toujours imprégnée de culture soviétique, le cœur d'un ancien empire qui peine toujours à effectuer un travail de mémoire sur cette période dramatique. Le cliché est tenace, sans doute parce qu'il n'est pas faux : au premier abord, les Russes seraient méfiants, froids, taciturnes.

Ce que l'on évoque moins souvent, c'est l'hospitalité, la générosité, la solidarité qui caractérisent la société russe, dès lors que la glace a été rompue et que le premier verre de thé brûlant (ou de vodka) a été partagé. Deux extrêmes qui définissent ce pays immense, terre de tous les paradoxes ».

L'ouvrage est prolongé, pour chacune de ses entrées, par des photos, des vidéos, des illustrations sonores et par plus d’un millier de liens disponibles sur le site www.abc-voyageur.com.

Comme tous les titres de la collection « Les abécédaires du voyageur », cet ouvrage présente la Russie sans détour ni concession, mais aussi sans oublier cette caractéristique essentielle – surtout dans un pays aussi froid...– qu'est la chaleur humaine.

Bernard DELCORD

La Russie de A à Z par Alexandre Billette, Bruxelles, André Versaille éditeur, collection « Les abécédaires du voyageur », avril 2012, 227 pp. en bichromie au format 12,4 x 21,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 14,90 €


[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Russie.

[2] Abkhazie, Alaska, Alcools, Arctique, Armée, Asie centrale, Aviation, Baïkal, Bania, Beslan, Biélorussie, Bolchoï, Bureaucratie, Café Pouchkine, Caviar, Chevtchouk, Chiens, Chine, Classes moyennes, Conflit russo-géorgien, Conquête de l’espace, Cosaques, Crimée, Daguestan, Datcha, Démographie, Douma, Drapeau, Écho de Moscou, Église orthodoxe, Eltsine, Fuseaux horaires, Gazprom, Gorbatchev, Goulag, Hiver, Hockey sur glace, Homosexualité, Hymne national, Icônes, Internet, Jirinovski, Kaliningrad, KGB et FSB, Khodorkovski,, Kommunalka, Kouriles, Kremlin, Lénine, Limonov, Maison blanche, Medvedev, Mer Noire, Métro, Mikhalkov, Minorités ethniques et petits peuples, Monogorod, Moscou, Navalnyï, Nemtsov, Nucléaire, Opposition politique, Ossétie du Sud, Oural, Parc Gorki, Parti communiste, Place Rouge, Politkovskaïa, Poutine, Presse, Rouble, Russie Juste, Russie Unie, Soljenitsyne, Télévision, Trains, Transnistrie, Vacances, Villages Potemkine, Villes fermées, Vladivostok, Voitures, Volga, Vyssotski, Xénophobie.

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24 08 12

Pour croire... ce que l'on voit !

Comprendre l'art des églises.gifDestiné aux amateurs éclairés comme aux néophytes soucieux de décoder, en vacances par exemple, l'architecture chrétienne et ses décors, le manuel très complet de l'historien américain Denis R. Mac Namara intitulé Comprendre l'art des églises, paru dans sa traduction française chez Larousse à Paris, dévoile le développement de l'architecture des églises depuis les premiers chrétiens jusqu'au néo-modernisme du XXIe siècle.

On y trouve, rédigée par un éminent spécialiste (l'auteur enseigne à Yale) mais parfaitement abordable par tout un chacun, une analyse de tous les types d'architectures chrétiennes : églises, basiliques, cathédrales, chapelles, monastères, abbayes ; une approche de leurs composants (portails, façades, absides, transept, piliers, contreforts, voûtes, toitures, lanternes, clochers, fenêtres, vitraux, rosaces, stalles, fonts baptismaux, tabernacles et reliquaires, retables, chaires, ornementation des jubés...) et de leurs matériaux de construction (bois, pierre, brique, béton, métal, verre...) ; une grammaire des styles (roman, gothique, Renaissance, baroque, néo-classique, romantique, palladien, moderniste...) pour mieux décoder un édifice ; la manière de repérer les indices (plan, matériaux, ornements...) et les traces de remaniements afin de situer les bâtiments dans leur contexte historique ; des éclaircissements à propos de ce que les bâtisseurs ont voulu exprimer.

Le tout est agrémenté de plus de 600 splendides illustrations, pour la plupart tirées de sources anciennes, qui constituent à elles seules une véritable bibliothèque visuelle.

Un manuel à placer dans la boîte à gants de sa voiture !

Bernard DELCORD

Comprendre l'art des églises par Denis R. Mac Namara, illustrations de J.C. Lanaway, traduction de Delphine Nègre, Paris, Éditions Larousse, février 2012, 256 pp. en bichromie au format 13,5 x 16,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 12,90 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce petit livre fort instructif les quelques lignes suivantes :

Enceintes et baldaquins

Dans les vastes églises qui furent édifiées après le IVe siècle, même les grands autels pouvaient disparaître dans l'immensité de l'espace inférieur. Les architectes conçurent donc diverses façons d'étirer le regard sur l'autel, utilisant notamment les baldaquins, les dais et autres types de tentures. Le tabernacle de Moïse, mentionné dans la Bible, était décrit comme surmonté de rideaux soutenus par quatre piliers, et les premières églises enfermaient leurs autels dans des constructions similaires, dont il reste encore des vestiges aujourd'hui.

Adaptation romaine

Dans la Rome antique. les baldaquins servaient à abriter les statues des divinités ou des magistrats. L'exemple de la basilique Saint-Ambroise de Milan montre comment le baldaquin en est venu à protéger l'autel.

Baldaquin gothique

Le petit autel de la cathédrale de Regensburg, en Allemagne, ne passe pas inaperçu grâce à son baldaquin à quatre colonnes. Celui-ci représente un édifice à taille réduite.

Colonnes de bronze

Le baldaquin du Bernin du XVIIe siècle, qui surmonte l'autel de la basilique Saint-Pierre de Rome, est fait de bronze moulé. Conçu pour mettre l'autel en valeur dans l'immense espace intérieur, il était l'un des plus imposants ouvrages en métal de son temps.

Ciborium

En France et en Angleterre en particulier, les colonnes étaient parfois retirées pour ne laisser que l'auvent, ou dais, aussi appelé ciborium, au-dessus de l'autel. Ce dais servait à le mettre en valeur tout en facilitant la circulation et la visibilité.

Rideaux d'autel

L'autel pouvait aussi être séparé du reste de l'église par des rideaux spécialement conçus à cet effet. S'inspirant des descriptions bibliques, ils créaient un espace s'apparentant à une chapelle au sein de l'église.

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22 08 12

Au pays du vent

Les 100 mots de la Bretagne.gifLe journaliste bien connu Patrick Poivre d'Arvor vient de publier à Paris, aux Éditions des Presses universitaires de France dans la célèbre collection « Que sais-je ? », un remarquable petit ouvrage intitulé Les 100 mots de la Bretagne dans lequel il mène le lecteur à la découverte de l'une des plus attachantes régions de l'Hexagone.

Par petites touches impressionnistes, il en détaille la nature et les paysages (ajonc, Armor et Argoat, bocage, dolmens et menhirs, granit), il en esquisse les horizons lointains ou bouchés (île, marais, mer, phares, pluie), il en restitue les odeurs, les saveurs et les sons (beurre, biniou et bombardes, chouchen, cidre, curé de Camaret, fraises de Plougastel, galettes, goémon, langues gallo et bretonne), il en explique les coutumes (calvaires, coiffes et chapeau rond, Fest-noz, matriarcat breton) et la culture (Festival interceltique de Lorient), il en dévoile l’imaginaire et les croyances (Ankou, ex-voto, Brocéliande), il en raconte l’histoire (Compagnie des Indes et de l’Orient, Parlement de Bretagne), ses héros (Du Guesclin, Marion de Faoüet, Bernard Hinault, les résistants de l’île de Sein, Éric Tabarly), ses grandes figures (Anne de Bretagne, Chateaubriand, Gauguin), ses luttes (Chouans) et ses drames (traite des Noirs, Amoco Cadiz, lisier...).

Un bel hommage à la terre de ses pères !

Bernard DELCORD

Les 100 mots de la Bretagne par Patrick Poivre d'Arvor, Paris, Éditions des Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », juin 2012, 126 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,6 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 9,20 € (prix France)

Liste des 100 mots :

Ajonc – Amoco Cadiz – Ankou – Anne de Bretagne – Armor et argoat – Artichaut – Astérix – Bécassine – Beurre – Biniou et Bombarde – Bocage – Bonnets rouges – Breiz Atao – Brocéliande – Calvaire – Canal de Nantes à Brest – Cancale – Carnac – CELIB (Comité d’études et de liaisons des intérêts bretons) – Celtomanie – Chantiers de l’Atlantique – Chasse-Marée – Chateaubriand – Chouans – Chouchen – Cidre – Cochon – Coiffe et chapeau rond – Compagnie des Indes et de l’Orient – Coquillages – Curé de Camaret – Diwan (école) – Dolmen et Menhir – Du Guesclin – Duguay-Trouin – EMSAV – Enclos paroissial – Ex-voto – Faouët Marion du – Far – Festival interceltique de Lorient – Fest-noz – Fraise de Plougastel – Galette – Gauguin – Goémon – Grande Troménie – Granit – Gwenn ha du – Hinault – IFREMER – Île de Sein – Îles – JAC (Jeunesse agricole catholique) – Jubé – Lande – Langues – Lisier – Lit-clot – Lu – Malouinières – Manoirs – Marais – Marinière – Matriarcat breton – Missions (terre de) – Montfort – Montparnasse – Mont-Saint-Michel – Muscadet – Ouest-France – Pardon – Parlement de Bretagne – Pâté Henaff – Pêcheur – Phare – Pluie – Pomme de terre – Pont-Aven – Pontcallec – Rase cailloux – Renan – Rue de la Soif – Saints – Salaün (Salomon) – Sardinerie – Ségalen – Sel – Sévigné – Stivell Alan – Succession (Guerre de) – Tabarly (Éric) – Tonnerre de Brest – Traite des Noirs – Traou Mad – Triskell – Usine marémotrice de La Rance – Vénètes.

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09 07 12

Welcome in Europe!

La Croatie de A à Z.gifRédigé par Jean-Arnault Dérens, agrégé d'histoire et grand spécialiste de la Croatie (dont il assure la couverture journalistique pour de nombreux médias francophones comme Le Monde diplomatique, Politique internationale, Ouest-France ou La Libre Belgique tout en étant rédacteur en chef du Courrier des Balkans), l'excellent guide intitulé La Croatie de A à Z est édité par André Versaille à Bruxelles en vue de l'entrée de ce pays dans l'Union européenne qu'elle rejoindra le 1er juillet 2013.

Comme tous les titres de la collection « Les abécédaires du voyageur » (qui propose aussi des ouvrages traitant de l'Afrique du Sud, de la Colombie, du Congo ex-belge, de la Grèce, de l’Inde, de l’Iran, du Maroc, du Mexique, de la Thaïlande, de la Tchéquie et de la Russie), cet ouvrage présente la Croatie avec empathie mais sans langue de bois à travers une centaine d'entrées qui la décrivent sous les angles les plus divers.

Écoutons l'auteur :

« Dubrovnik, Split, Zadar, Hvar, Korcula… D’illustres cités antiques et médiévales, des îles paradisiaques nichées au cœur de l’Adriatique… La Croatie fait rêver, et attire sans cesse plus de visiteurs. Pourtant, qui connaît vraiment ce petit pays à l’invraisemblable forme de croissant, partagé entre une longue façade maritime, et les plaines de la Pannonie ? Qui sait que l’Empereur romain Dioclétien, Nikola Tesla, "l’inventeur" du courant alternatif, et le maréchal Tito sont nés en Croatie ? La Croatie, indépendante depuis vingt ans, est riche d’une histoire longue et tourmentée, souvent méconnue ou caricaturée.

Tiraillée entre les influences méditerranéennes, centre-européennes et balkaniques, longtemps partagée entre la domination austro-hongroise et celle de la Sérénissime république de Venise, la Croatie va bientôt rejoindre l’Union européenne. Ce sont des intellectuels croates qui inventèrent, au XIXe siècle, l’idée "yougoslave", mais la Croatie se sépara de la Yougoslavie en 1991, au prix d’une guerre sanglante, dont les blessures ne sont pas toutes cicatrisées, même si la Croatie essaie de normaliser ses relations avec ses voisins, notamment avec la Serbie.

Oui, les Croates sont bien les inventeurs de la cravate, et les chiens dalmatiens ont quelque chose à voir avec la Dalmatie mais, derrière la façade touristique, la Croatie garde encore bien d’autres secrets… »

Ces secrets, vous les découvrirez à travers les différents thèmes abordés, à savoir :

Sa culture : Cinéma, Cuisine, Football, Korcula et “l’école de Korcula”, Miroslav Krleza, Littérature, “Sorcières croates”, Turbofolk…

Son économie : Agriculture, Chantiers navals, Jadrolinija, Tourisme…

Les facettes de son identité : Catholicisme, Croates, Diaspora, Échiquier, Judaïsme, Langue croate, Minorités, Serbes…

Sa géographie : Adriatique, Alpes dinariques, Balkans, Bora, Dalmatie, Goli Otok, Hvar, Istrie, Lacs de Plitvice, Slavonie, Vis…

Son histoire : Autriche-Hongrie (ou empire des Habsbourg), Bleiburg (massacre de), Guerre de 1991-1995, Krajina, Oustachi, Printemps croate, Rasa, Sabor, Mgr Josip Juraj Strossmajer, Nikola Tesla, Tito…

Ses relations extérieures : Bosnie-Herzégovine, Hongrie, Intégration européenne, Kosovo, Kotor et les Bouches de Kotor, Monténégro, Serbie, Slovénie, Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie…

Sa vie politique : Extrême droite, Feral Tribune, Ante Gotovina, HDZ, Stjepan Mesic, Ivo Sanader, SDP, Franjo Tudjman, Vétérans de guerre…

Ses grandes villes : Dubrovnik, Osijek, Rijeka, Vukovar, Zadar, Zagreb…

Autant de personnages, lieux et sujets qui donnent à voir le kaléidoscope d’une Croatie à l’étonnante silhouette, du sud de l’Adriatique aux confins serbes et hongrois.

Cet ouvrage est prolongé, pour chacune de ses entrées, par des photos, des vidéos, des illustrations sonores et par plus d’un millier de liens disponibles sur le site www.abc-voyageur.com.

Bernard DELCORD

La Croatie de A à Z par Jean-Arnault Dérens, Bruxelles, André Versaille éditeur, collection « Les abécédaires du voyageur », avril 2012, 237 pp. en bichromie au format 12,4 x 21,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 14,90 €

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16 05 12

Le vade-mecum des sorties à Bruxelles

Guide Delta Bruxelles 2012.jpgAinsi qu'il en est coutumier, le Guide Delta des hôtels et des restaurants de Bruxelles, dont vient de paraître la 35édition (celle de 2012-2013), recense par ordre alphabétique et pour un prix inchangé les 1300 restaurants, hôtels et salles de séminaire de la capitale de l’Europe et de ses environs proches (ceux de la zone téléphonique 02, avec 28 nouvelles entrées et 80 sorties – des établissements fermés ou ne répondant plus aux critères de sélection du Guide Delta) tout en permettant, par un système ingénieux de huit index placés en fin d’ouvrage, de sélectionner aussi les restaurants par commune d’implantation, par types de cuisine (allemande, argentine, autrichienne, belge, brésilienne, caribéenne, chinoise, congolaise, croate, espagnole, française, grecque, indienne, iranienne, italienne, japonaise, latino-américaine, marocaine, mexicaine, pakistanaise, portugaise, russe, scandinave, serbe, suisse, thaïe, tunisienne, vietnamienne… mais aussi à la bière, de bistrot, bio, bourgeoise, bruxelloise, familiale, de fusion, de terroir, végétarienne…), par catégories de prix, en fonction de leur ouverture (non-stop, tard le soir ou le dimanche), disposant de salons particuliers VIP, proposant un service banquets, des tables en plein air ou des animations.

Pour chaque établissement, l’ouvrage fournit une quantité considérable d’informations objectives (coordonnées diverses, nom du propriétaire, date de fondation, type de cuisine, gamme de prix, exemples de propositions à la carte, origine des vins, nombre de couverts, types de cartes de crédit acceptées, facilités pour les personnes handicapées, jeux pour les enfants à l'intérieur ou à l'extérieur de l'établissement, présence d'un bar, d’un fumoir, d’une terrasse, d'une piscine en plein air ou couverte, d'un garage, d’un parking ou d’un service voiturier…) complétées, quand l’entreprise les mérite, d’appréciations sous forme de logos (nombre de toques, beau cadre, belle cave, bon rapport qualité-prix, coup de cœur Delta…) et de commentaires rédigés par les chroniqueurs de la maison– qui ont opéré en toute indépendance, nous pouvons l’attester !

Comme le veut la tradition, le guide mentionne les lauréats annuels de la profession [1], mais il met aussi l'accent sur le travail de chefs prometteurs à suivre tout particulièrement durant les douze prochains mois [2].

Enfin, et l’initiative doit être vivement soulignée, ce guide renferme un « Passeport Delta » permettant à son utilisateur de bénéficier (sans qu’il doive l’annoncer au moment de réserver…) d’une remise de 30% (hors boissons et pour un montant maximum de 50 euros de réduction) dans 65 restaurants de qualité, ce qui représente pour lui une économie potentielle de… 3 250 euros !

Une seule utilisation de ce Passeport rembourse donc le prix d’achat du Guide !

Formidable, non ?

Bernard DELCORD

Guide Delta des hôtels et des restaurants de Bruxelles 2012, Bruxelles, Les Guides Delta, mai 2012, 404 pp. en quadrichromie au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 22,75 €



[1] Delta d’Or : Inada à Saint-Gilles ; Delta d’Argent : Va doux vent à Uccle ; Delta de Bronze : Leonor à Saint-Gilles. Lauréats par type de cuisine : Le Chapeau Blanc à Anderlecht (cuisine de brasserie) ; Maza'j à Auderghem (cuisine libanaise) ; Griekske Pirateke à Zaventem (cuisine grecque) ; Cravo & Canela à Saint-Gilles (cuisine brésilienne) ; Malambo à Etterbeek (cuisine argentine) et Capraia à Uccle (cuisine italienne).

À ces noms, il convient d'adjoindre les lauréats au titre du Guide Delta 2012 des hôtels et des restaurants de Belgique et du Grand-duché de Luxembourg, à savoir : Deltas d’Or : L'Éveil des Sens à Montigny-le-Tilleul et Bartholomeus à Knokke-Heist ; Deltas d’Argent : Duo à Eupen et Aneth à Bruges ; Deltas de Bronze : Hostellerie Dispa à Walcourt et Arenberg à Heverlee.

[2] Benjamin Laborie du Bowery à Schaerbeek et Vincent Vervisch de l'ER.PU.RE à Ixelles.

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19 04 12

Patrimoine national...

Bières belges 2012-2013.gifLe passionnant petit ouvrage intitulé Bières belges 2012-2013, rédigé sous la direction de Louis Sparmont et publié à Bruxelles aux Éditions Néocity dans la fameuse collection des guides du « Petit Futé », constitue une mine de renseignements indispensables à tout amateur de « mousses » digne de ce nom : des anecdotes petites et grandes histoires sur les brasseries, des commentaires de dégustation, de « bonnes adresses » de bistrots, restaurants, caves à bières en France et en Belgique, l'histoire de la bière, sa fabrication, la manière de la déguster ainsi que des recettes culinaires.

Si vous aimez – avec modération, comme il se doit – les bières d'abbaye (d'Affligem, de Ciney, de Floreffe, de Forest, de Grimbergen, de Leffe, de Maredsous, de Saint-Feuillien, de Saint-Martin, des Rocs...), les trappistes (d'Achel, de Chimay, d'Orval, de Rochefort, de Westmalle, de Westvleteren...), les costaudes (Barbar, Bush, Bière des Ours, Duvel, Taras Boulba, Nostradamus...), les blanches (Bellevaux, des Honnelles, Mystic, Hoegaarden, Newton, Wittekerke...), les ambrées (Botteresse, Gauloise, Gruut...) les ales (Bolleke, Martin's, Palm...), les stouts (Hercule, Stouterik...), les spéciales (Triple d'Anvers, Betchard, Pannepot 2010, Gouden Carolus, Kwak...), celles qui ont du caractère (Corne du Bois des Pendus, Jazz Beer Bass, Fantôme, Jambe de Bois, Delirium Nocturnum, Cuvée des Trolls...), les gueuzes (Belle-Vue, Mort Subite, des Jacobins, Cantillon, Boon, Chapeau...) ou tout simplement les Pils (Bavik, Jupiler, Stella Artois, Bel, Cristal, Manneken Pils...), ce livre est fait pour vous !

Bernard DELCORD

Bières belges 2012-2013, ouvrage collectif sous la direction de Jean-Louis Sparmont, Bruxelles, Éditions Néocity, collection « Les guides du Petit Futé », janvier 2012, 212 pp. en quadrichromie au format 12 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,95 €

Nous avons recopié dans ce guide aux arômes de houblon les quelques lignes suivantes :

Le rêve américain

Le rêve américain des bières belges a commencé à se réaliser dans les premières années du 21e siècle, lorsque les exportations de "Belgian ales" outre-atlantique ont décollé de 62 000 hectolitres en 2000 à ... un million en 2010. Le phénomène n'a pas manqué d'étonner, de la part d'un pays connu essentiellement par ses Bud et autres Miller.

Mais voilà, la gamme extraordinaire des productions belges a trouvé ses amateurs aux États-Unis, même s'il ne s'agit pas (encore) du grand public. Le succès n'a pas tardé à y susciter des vocations et l'on y voit aujourd'hui fleurir des imitations, parfois fort réussies, de nos bières.

Paradoxalement, le goût prononcé de ce nouveau public américain pour des bières amères a traversé l'Atlantique dans l'autre sens, commençant à contester la tendance belge et européenne vers des bières douces. Un effet dont profitent pleinement certains de nos brasseurs, à commencer par les producteurs de gueuzes qui, s'ils rétablissent peu à peu leur notoriété en Belgique, jouissent depuis un certains temps déjà d'une assise confortable en Amérique.

De leurs côtés, certains « petits » brasseurs américains, assoiffés de renouveau, se lancent dans des produits extrêmes, des stouts très noirs, des liquides très maltés, ou houblonnés à outrance ou encore agrémentés d'épices particulièrement inattendues. On trouve ainsi des cartes de bières interminables, préparées avec du chocolat, de la vanille, du thé vert, des piments, du poivre... Ces boissons parfois extravagantes sont produites en quantités modestes et écoulées auprès d'un nombre restreint d'amateurs.

Certains se réjouiront de la panoplie de goûts ainsi proposée qui fait la part belle à l'amertume, mais l'on peut se poser des questions sur la portée réelle de ces numéros d'équilibriste, au moment où la culture populaire de la bière est menacée au sein même de ses sanctuaires comme la Belgique, l'Allemagne ou la République tchèque. En attendant, quelques brasseurs du Plat Pays se sont déjà mis à cette mode...

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19 04 12

Tourisme de plein air...

La Belgique des motards.jpgL'aficionado de belles machines André Paquay, dans La Belgique des motards qu'il a fait paraître à Waterloo aux Éditions de la Renaissance du Livre, emmène sur un ton familier et convivial ses lecteurs à la découverte motorisée de Bruxelles et des dix provinces de notre plat pays.

À chaque province correspond un itinéraire accompagné d'une fiche technique proposant diverses visites culturelles ainsi que quelques établissements où refaire le plein d'énergie.

Pour suivre les itinéraires proposés, plusieurs solutions s'offrent à l'utilisateur : télécharger gratuitement les road books sur le site Internet de Tripy ou de De Rouck Geocart, utiliser les road books papier fournis avec le livre, se baser sur les cartes qui accompagnent les fiches techniques ou suivre tout simplement la liste des communes traversées.

En selle !

Bernard DELCORD

La Belgique des motards par André Paquay, Waterloo, Éditions de la Renaissance du Livre, janvier 2012, 109 pp. en quadrichromie (+ 14 roadbooks en noir et blanc) au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et jaquette plastifiée, 14,99 €

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31 03 12

Au pays de Sœur Sourire

Guide des lieux dominicains.gifLe texte ci-dessous a été envoyé dans la newsletter de mars 2012 des guides gastronomiques DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Présentant 474 abbayes, monastères, couvents, églises et autres vicariats de France, de Belgique méridionale et de Suisse romande ouvrant au public le patrimoine peu connu de leur grand ordre religieux, le Guide des lieux dominicains de Barbara Beaumont et Guy Bedouelle, paru aux Éditions Horay à Paris en 1994 et toujours disponible en librairie, complète habilement le Guide des monastères de Maurice Colinon – publié par le même éditeur – dont nous avons écrit récemment ici tout le bien que nous en pensons.

Mais qui était donc « Dominique-nique-nique » que chanta Jeanine Deckers alias Sœur Sourire – dont il n'est pas dit un mot dans la présentation de l'abbaye de Fichermont, un pieux mensonge par omission destiné sans doute à ne pas raviver les plaies d'un scandale fameux ?

On sait que le fondateur de l'Ordre des Prêcheurs, Dominique de Guzmán, est né après 1170 à Caleruega en Espagne. On le retrouve chanoine à Osma vers 1196 et il effectue en 1203 son premier voyage avec son évêque Diègue d'Osma, en Scandinavie.

En 1206, il rencontre les légats missionnaires du pape à Montpellier et prend la décision de prêcher contre les Cathares dans la « pauvreté volontaire ». En novembre de la même année, cette prédication est approuvée par Innocent III et Dominique fonde un monastère de sœurs à Prouilhe dans l'Aude.

L'année 1209 voit le sac de Béziers et la prise de Carcassonne par les croisés. En 1210, Dominique enseigne la parole du pape à Toulouse et il prêche le carême à Carcassonne en 1213. Il devient curé de la paroisse de Fanjeaux à Toulouse en 1214.

En 1215, Rome confirme le nom et la mission de l'ordre des dominicains, dont les frères essaiment en Espagne, à Paris, à Bologne et dans la Ville éternelle.

En 1220, notre homme préside au premier chapitre général (c'est le « concile » de l'ordre) des dominicains à Bologne, ville dans laquelle il meurt le 6 août 1221. Il a été canonisé par Grégoire IX en 1234.

Quoi que l'on puisse penser du côté guerrier et inquisiteur de leurs origines, les dominicains ont participé activement – et brillamment – à l'essor de l'Europe intellectuelle et artistique, sur le plan de l'architecture et de la décoration claustrales notamment, à l'instar de Fra Angelico.

Ce guide en est la preuve !

Bernard DELCORD

Guide des lieux dominicains par Barbara Beaumont et Guy Bedouelle, Paris, Éditions Horay, juin 2004, 311 pp. en bichromie au format 11 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 €  (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce Baedeker dévot les quelques lignes suivantes :

VAL DUCHESSE

Fondé en 1262 à Bruxelles par des moniales dominicaines.

Ce fut la première fondation d'un monastère de l'Ordre aux Pays-Bas : les sœurs ont donc devancé les frères dominicains de deux siècles en cette ville. La tradition en attribue l'initiative à saint Thomas d'Aquin qui, à l'occasion d'un voyage, aurait donné ce conseil à la duchesse Adeleyde de Bourgogne, veuve du duc de Brabant, Henri III.

La fondation prit donc le nom de Val-Duchesse et était située sur le territoire de ce qui est actuellement la commune d'Auderghem. Il y avait sur le site une chapelle romane du XIe siècle dédiée à sainte Anne. Cette chapelle servait pour les fidèles ; restaurée en 1917, elle se visite toujours. Les bâtiments monastiques furent construits le long des étangs formés par la Woluwe, et des vergers et cultures s'étendaient au loin. Ces Dominicaines étaient largement dotées en dîmes, droits et patronages ; la prieure portait le titre de Dame de Watermael et d'Ekeren. Une grande partie du monastère fut détruit par un incendie en 1562, mais reconstruit sur ordre de Philippe II. Néanmoins, les sœurs durent abandonner le site entre 1578 et 1585, à cause de l'influence du parti calviniste à Bruxelles.
La dernière prieure fit construire ce qui devint le château Sainte-Anne en 1780, mais Joseph II supprima le monastère en 1783. Ce qui en reste fut légué au roi des Belges en 1931 et devint finalement propriété d'État. C'est en ce lieu que furent menés, jusqu'en 1958, les travaux préparatoires au traité de Rome créant une Communauté européenne.

À voir : Le château, étant propriété royale, n'est pas normalement accessible au public, mais quelques jours par an, des visites sont proposées. On peut voir alors des bâtiments du XVIIIe siècle, ce qui reste du monastère des dominicaines, incorporés dans le château.

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31 03 12

Délices sans frontières

Les 100 lieux de la gastronomie.gifLe texte ci-dessous a été envoyé dans la newsletter de mars 2012 des guides gastronomiques DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Dans Les 100 lieux de la gastronomie paru aux Presses Universitaires de France dans la célèbre collection « Que sais-je ? », les deux fins becs Alain Bauer et Laurent Plantier, respectivement directeur du guide Champérard et directeur général du groupe Alain Ducasse, dressent la liste descriptive de leurs bonnes adresses sur les cinq continents, qu'il s'agisse des meilleures tables (la Maison Troigros à Roanne, le restaurant DOM à Sao Paulo, la Tour d'Argent à Paris, Charlie Trotter à Chicago, le Caffè Florian à Venise, le Refik à Istanbul), des hôtels de prestige (le Lake Palace à Udaipur en Inde, le Château Frontenac à Québec), des marchés d'exception (celui de Rungis, le bazar Khan el Khalili au Caire ou celui aux poissons de Tsukiji à Tokyo), des boutiques les mieux fournies (Eliseyevsky à Moscou, la fromagerie Neal's Yard Dairy à Londres ou Eataly, la grande surface turinoise du slow food...), ou des terroirs les plus authentiques (à l'instar des vignobles australiens de Barossa Valley, des marais salants de Guérande ou du site d'Alba, royaume de la truffe blanche italienne).

Si l'on n'y trouve qu'une maison belge, l'incontournable chocolatier Wittamer à Bruxelles (conseillons aux auteurs une prompte visite au « Hof van Cleve », le restaurant de Peter Goossens à Kruishoutem, 15e meilleure table du monde en 2011, selon le classement de la revue britannique Restaurant Magazine, référence mondiale en la matière), bien des classiques sont recensés (Paul Bocuse à Collonges-au-Mont-d'Or, Alain Ducasse, Senderens, Lasserre, Drouant et l'Atelier de Joël Robuchon à Paris, le Harry's Bar à Venise, la Torre des Saracino à Naples, le Daisy May'sBBQ à New York, le Hyotei à Kyoto...) ainsi que quelques découvertes pour globe-trotters (The Red Pepper à Hong Kong, le Tetsuya's à Sydney, le Sin Huat Seafood à Singapour, le Koju à Tokyo...).

Un voyage de rêve !

Bernard DELCORD

Les 100 lieux de la gastronomie par Alain Bauer et Laurent Plantier, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Que sais-je ? », janvier 2012, 128 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,5 cm sous couverture souple, 9 €

Pour vous, nous avons recopié dans cette nomenclature somptueuse un texte rafraîchissant :

ICEHOTEL

À Jukkasjdrvi (Suède).

Amateurs de sensations fortes, de nuits insolites, ce lieu complètement givré est pour vous.

L'arrivée se fait par traîneau, dans l'obscurité: en décembre, c'est la nuit totale à 200 km du cercle arctique.

Tout est blanc, silencieux. Tel un phénix qui renaîtrait du gel, cet incroyable hôtel ressurgit chaque hiver de la rivière lapone. La construction de ses 4 000 m2 est un véritable exploit nécessitant 3 000 tonnes de glace et 30 000 tonnes de neige.

Une douzaine de designers planchent chaque année sur sa reconstruction, toujours différente et plus grande compte tenu de sa popularité croissante. Ensuite, grâce aux canons à neige, il ne faut que quelques semaines pour créer une soixantaine de chambres, un hall de réception à colonnade, le fameux Ice Bar, une salle de cinéma, une chapelle et tout le mobilier.

Des artistes sculpteurs sont conviés pour décorer les espaces de leurs œuvres éphémères. À l'extérieur de l'hôtel, il peut faire jusqu'à -40°C. À l'intérieur, la température est plus clémente : de -5 à -8°C. Bien entendu, le dress code est ici particulier, la doudoune étant de rigueur.

Après avoir dîné au restaurant où l'on vous servira une cuisine scandinave moderne, tous les clients se retrouvent au bar pour se réchauffer en sirotant de réconfortants cocktails servis « in the rock », entendez dans un gobelet de glace. On échange ses impressions sur cette expérience, on rit, on danse...

On peut aussi essayer le Old Homestead, construit en 1768 et qui surplombe la rivière Thome, toujours avec une carte de produits locaux.

Tard dans la nuit survient un autre moment absolument féerique: le ciel étoilé s'illumine des aurores boréales. De gigantesques bandeaux d'un bleu vert lumineux voguent dans le vent cosmique...

Les chambres sont de véritables univers magiques aux reflets bleutés. Un lit de glace recouvert de peaux de rennes, de draps moelleux et de fourrures garantit une nuit chaude. Au petit matin, on vous apporte une boisson brûlante aux airelles. Puis, il est temps de se préparer pour participer au safari en motoneige jusqu'aux pâturages des élans. C'est grandiose.

Proposant une expérience de vie extrême et hors du commun, ce concept a tout naturellement été décliné au Canada et en Finlande.

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