16 07 12

Un sac d'embrouilles...

 

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le conflit israélo palestinien.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 16/07/2012 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

Richement illustré, le petit essai de Paul Gerbaud intitulé Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le conflit israélo-palestinien, paru aux Éditions Hatier à Paris dans la remarquable collection des « Guides visuels », fait le point en images sur ce qui est peut-être le plus long conflit de l'histoire puisqu'il plonge ses racines dans l'empire romain, plus précisément la révolte des Juifs sous Titus qui dura de 66 à 70 après J.C. et se conclut par la prise de Jérusalem, la destruction du Temple et la dispersion des Juifs dans la Romania.

Abordant le problème à partir du XIXe siècle dans l'empire ottoman, dans l'empire russe et en Europe, l'auteur rappelle qui fut Theodor Herzl et ce que sont le sionisme et le nationalisme arabe, décrit l'embrouillamini diplomatique de la Première Guerre mondiale (la politique du colonel Lawrence, les accords Sykes-Picot, la déclaration Balfour, les pressions de Chaïm Weizmann et de Zeev Jabotinsky, la création de la légion juive) et de ses suites (le mandat britannique sur la Palestine, les velléités indépendantistes de la dynastie hachémite, la création de la Haganah et de l'Agence juive, la montée des tensions en Terre sainte, l'arrivée massive de Juifs, entre 1929 et 1939, en raison de la montée des périls en Allemagne et ailleurs, la rébellion arabe de 1936, le ralliement de David Ben Gourion à la lutte des Britanniques contre l'Axe en 1940, l'adhésion du grand mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, à la cause de Hitler, le congrès sioniste de Biltmore [USA] en 1942 revendiquant un État juif sur l'ensemble de la Palestine...).

Après la Libération de l'Europe et la découverte de la Shoah, le mouvement sioniste durcit son action contre les Anglais en vue de créer un État indépendant (assassinat de lord Moyne au Caire en 1944 et attentat contre l'hôtel King David à Jérusalem en 1946) et organise l'arrivée massive et clandestine de Juifs en Palestine tandis qu'est fondée la Ligue arabe au Caire en 1945.

En 1947, dépassés par les événements et la violence sioniste (provoquée notamment par le mouvement terroriste Irgoun sous la direction de Menahem Begin et par le groupe Stern, carrément fasciste, mené par Yitzhak Shamir – ces deux hommes deviendront premiers ministres d'Israël...), les Britanniques remettent leur mandat aux Nations unies.

On connaît la suite : la guerre civile entre les communautés arabe et juive, la création de l'État d'Israël en 1948, les guerres israélo-arabes à répétition (1948, 1956, 1967, 1982), la création des camps, la fondation du Fatah par Yasser Arafat (1959) et de l'OLP à l'instigation de Nasser (1964), Septembre noir (Jordanie, 1970), le terrorisme des fedayins (point culminant : le massacre d'athlètes israéliens aux JO de Munich en 1972), les accords Sadate-Begin à Camp David en 1978, les intifadas (1987, 2000), la création du Hamas (1987), les accords d'Oslo (1993) et l'assassinat de Yitzhak Rabin (1995) par un Juif d'extrême droite, les provocations et la politique sanglante d'Ariel Sharon, celle tout aussi sanglante du Hamas, la création du Mur de sécurité, le blocus de Gaza...

Avec pour toile de fond, ajouterons-nous, l'occupation et l'annexion (en cours) par Israël des territoires palestiniens et la spoliation continue de leurs populations, en dépit des protestations internationales.

Quel bazar !

PÉTRONE

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le conflit israélo palestinien par Paul Gerbaud, préface de Pascal Boniface, Paris, Éditions Hatier, collection « Guides visuels », janvier 2012, 224 pp. en quadrichromie au format 11 x 16 cm sous couverture brochée en couleurs, 10,90 € (prix France)

 

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

26 06 12

Le poids des mots...

Les 50 discours qui ont marqué la 2e Guerre mondiale.gifLes Éditions André Versaille à Bruxelles ont fait paraître naguère un passionnant recueil rassemblant, établis par Dominique Mongin, Les 50 discours qui ont marqué la 2e Guerre mondiale, un ouvrage qui propose une lecture originale de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale à travers des allocutions prononcées par les principaux acteurs du conflit : Léon Blum, Arthur Neville Chamberlain, Winston Churchill, Pierre Cot, Édouard Daladier, Dwight Eisenhower, Francisco Franco, Charles de Gaulle, Joseph Goebbels, Haïlé Sélassié, Heinrich Himmler, Hirohito, Adolf Hitler, Henri de Kérillis, Pierre Laval, Léopold III, Benito Mussolini, Philippe Pétain, Pie XII, Hubert Pierlot, Marcel Pilet-Golaz, Franklin Roosevelt, Jan-Christiaan Smuts, Joseph Staline, Harry Truman et Jean Zay.

Chaque discours est replacé dans son contexte historique, expliqué – tant du point de vue de son origine que de sa portée – et mis en perspective avec les grandes décisions qui ont rythmé le déroulement de la guerre. Cette démarche permet de comprendre la postérité de ces textes et la place qu'ils occupent dans la mémoire collective.

La première partie de l'ouvrage concerne la période 1935-1939 et met en exergue l'échec du système de « sécurité collective ». La deuxième partie s'intéresse aux débuts du conflit (1939-1940) et donne des coups de projecteurs sur la Guerre éclair, la Drôle de guerre, la Résistance et la Collaboration. La troisième partie (1941-1942) montre comment d'une guerre « régionale », limitée à l'Europe, on est passé à une guerre mondiale. La quatrième et dernière partie (1943-1945) traite de la progression des Alliés vers la victoire finale et l'avènement d'un nouvel ordre international.

Un livre qui en dit long sur le plus grand conflit de l'histoire !

Bernard DELCORD

Les 50 discours qui ont marqué la 2e Guerre mondiale, édition établie par Dominique Mongin, préface de Maurice Vaïsse, Bruxelles, André Versaille éditeur, collection « Références », avril  2010, 443 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 34,90 €

Pour vous, nous avons repris dans cet ouvrage essentiel les fameuses phrases suivantes :

DISCOURS DE WINSTON CHURCHILL DU 13 MAI 1940 (EXTRAITS)

Vendredi dernier, dans la soirée, Sa Majesté m'a confié la mission de former un nouveau gouvernement. C'était le vœu, la volonté clairement exprimée du Parlement et de la nation qu'il reposât sur les bases les plus larges, et comprît tous les partis, tant ceux qui soutenaient l'ancien gouvernement que les partis d'opposition. Je me suis acquitté de la partie la plus importante de cette tâche. Un cabinet de guerre constitué de cinq membres a été formé, qui représente, avec les libéraux de l'opposition, l'unité de la nation. Les chefs des trois partis ont accepté de servir dans le cabinet de guerre ou aux plus hauts postes de l'État. Les trois ministères en charge de la Défense nationale sont pourvus. Étant donné l'extrême urgence et la gravité des événements, il était indispensable que tout cela fût accompli en un seul jour. Beaucoup d'autres postes, des postes clés, ont été attribués hier, et je soumettrai, dès ce soir, une liste complémentaire à Sa Majesté. J'espère en finir dans la journée de demain avec la nomination des principaux ministres. Celle des autres ministres prend d'ordinaire un peu plus de temps, mais je suis convaincu qu'à la prochaine réunion du Parlement, cette partie de ma tâche aura été menée à bien, et que le gouvernement sera au complet.

J'ai jugé que l'intérêt général commandait d'inviter la Chambre à se réunir aujourd'hui. Étant du même avis, M. le président a pris les mesures nécessaires, en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par la Résolution de la Chambre.

Au terme du débat, nous proposerons l'ajournement de la Chambre jusqu'au mardi 21 mai, avec, bien évidemment, la possibilité de nous réunir plus tôt, si nécessaire. Les députés seront informés aussitôt que possible des affaires à traiter durant cette semaine. J'invite maintenant la Chambre, par la motion que je propose, à exprimer son approbation des mesures prises et à voter sa confiance au nouveau gouvernement.

Former un gouvernement d'une telle envergure et d'une telle complexité constitue déjà, en soi, une lourde entreprise. Mais n'oublions pas que nous sommes à l'aube d'un des plus grands affrontements de l'Histoire, que nous combattons sur de nombreux fronts en Norvège et en Hollande, qu'il faut nous tenir prêts en Méditerranée, que la bataille aérienne ne connaît aucune trêve, et que de nombreux préparatifs, déjà signalés par mon honorable ami et prédécesseur, doivent être faits ici, chez nous. Dans la crise que nous traversons, j'espère que la Chambre pardonnera la brièveté de mon discours. J'espère qu'aucun de mes amis et collègues, ou anciens collègues, touchés par le remaniement ministériel, ne me tiendra rigueur, en aucun cas, si, pressé d'agir dans de telles circonstances, j'ai négligé les usages.

Enfin, je voudrais tenir à la Chambre le même langage qu'à mes collègues du gouvernement : « Je n'ai rien à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur ». Nous faisons face à la plus terrible des épreuves. Nous avons devant nous maints longs mois de lutte et de souffrance. Vous demandez ce qu'est notre politique ? Je peux vous le dire : c'est faire la guerre, sur mer, sur terre et dans les airs, par tous les moyens, avec toute la puissance et avec toute la force qu'il plaira à Dieu de nous donner ; faire la guerre contre une tyrannie monstrueuse, sans égale dans le sinistre et lamentable catalogue du crime humain. Voilà notre politique. Vous me demandez quel est notre but ? Je vous réponds d'un mot : la victoire, la victoire à tout prix, la victoire en dépit de toute terreur, aussi longue et difficile que puisse être la route, la victoire ; car sans victoire, il n'est point de salut. Prenez-en conscience : point de salut pour l'Empire britannique, point de salut pour tout ce que l'Empire britannique a toujours défendu, point de salut pour le désir et la force qui ont de tout temps poussé l'humanité, toujours plus avant, vers le progrès.

Mais c'est plein d'espoir et d'enthousiasme que j'assume ma tâche car, je le sais, les hommes ne peuvent pas manquer à notre cause. En cet instant, je ressens le droit d'exiger le concours de tous et je proclame : « En avant donc, marchons tous ensemble, dans la force de notre unité ».

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

25 06 12

Des révélations en rafales...

La mort sur une frontière lointaine.jpgDans La mort sur une frontière lointaine paru chez Luc Pire à Liège, l'historien anglais Charles Whiting –par ailleurs auteur du Dernier assaut paru chez le même éditeur en 2011– jette une lumière crue et peu louangeuse sur l'action de Dwight Eisenhower et de son entourage, qu'il accuse d'avoir manqué, pour de très mauvaises raisons, l'occasion d'une victoire totale contre le Troisième Reich en septembre 1944.

À cette époque, la Wehrmacht a été défaite en France et les Allemands refluaient vers leur propre frontière, vivement poursuivis par le général Patton à la tête de la 3e Armée ainsi que par le général Patch et sa 7e Armée.

Entre les Allemands en fuite et la frontière se trouvait la 1re Brigade SAS britannique, forte de 2500 hommes. La mission de cette unité parachutiste d’élite était de soulever la résistance locale, de saboter les lignes allemandes et, de façon générale, de créer la pagaille de sorte que la 3e Armée de Patton et la 7e de Patch puissent atteindre rapidement la ligne Siegfried.

Cette combinaison alliée offrait la possibilité de terminer victorieusement la guerre à l’ouest avant l’hiver.

Cependant, le commandant suprême allié, le général Eisenhower, ordonna une progression sur un large front et la chance fut manquée, ce qui entraîna la poursuite des combats jusqu’en mai 1945.

La mort sur une frontière lointaine, qui écorne au passage certains poncifs à propos des « bonnes » relations entre la Résistance française et les troupes alliées, est un récit trépidant truffé d'informations nouvelles sur le rôle joué par les SAS à l’époque et sur le refus d’Eisenhower de permettre à la 3e Armée de Patton d’effectuer la poussée décisive.

Un fameux pavé dans la mare !

Bernard DELCORD

La mort sur une frontière lointaine par Charles Whiting, traduction de Paul Maquet et Josette Maquet-Dubois, Liège, Éditions Luc Pire, mai 2012, 247 pp. en noir et blanc au format 14 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 24 €

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

04 06 12

Une Histoire cors(et)ée

51o9Cd07aDL._SS500_.jpgEn feront-elles gorges chaudes ces Cléopâtre, Agnès (Sorel), Isabeau (de Bavière) , Ninon (de Lenclos), Françoise (de Maintenon),Marie-Antoinette (de France Joséphine (de Beauharnais) Eugénie (de Napoléon III),  Mata Hari...qui des cordons- serrés ou non - de leurs corsages ont quelque peu impacté le cours de l'Histoire...

Répondant au principe duodécimal de la collection (Ed. Pygmalion), Michel de Decker nous promène à travers les siècles de notre ère, et les atours de femmes célèbres qui surent en jouer en des temps où l'autorité féminine relevait  (presque) du seul charme.

Et le lecteur de succomber au ton allègre et vif de cet imparable conteur qu'est l'historien, conférencier normand, Michel de Decker, de remonter le cours de l'Histoire par celui de certaines baleines. En filigranes, une vraie biographie du corset, instrument de torture et de pâmoison:

" Une femme corsetée ne pouvait que se tenir droite mais , en contrepartie, il n'était pas rare qu'elle souffrît de nausées. Le laçage étroit était en effet susceptible de déformer le squelette et de léser les organes internes. Nombre de médecins dénonçaient alors [Ndlr: XIXe siècle] ce vêtement qui meurtrissait les femmes, particulièrement les femmes enceintes."

Quoi d'étonnant que Joseph II,  le visionnaire frère de Marie-Antoinette, en interdît le port "dans les orphelinats, les couvents et toutes les institutions des Etats sur lesquels il régnait, et que, pour le rendre odieux aux femmes honnêtes, il en infligeait le port à toutes les reprises de justice qui croupissaient dans les prisons de son empire."

C'est  quand le bât blesse que les choses se corsent...

Apolline Elter

12 corsets qui ont changé l'Histoire, Michel de Decker, essai, éd. Pygmalion, oct 2011, 384 pp, 15,9 €

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

26 05 12

Le frère chéri de Madame de Pompadour

9782709638272.jpg" Vingt-deux années aux Bâtiments, malgré toutes les vicissitudes, n'avaient pas été vaines, elles laissaient un patrimoine dont il pouvait être fier. Paris s'était transformé. Avec la disparition de Soufflot un temps se terminait mais ils avaient ensemble préparé les temps du futur. Les Parisiens des siècles à venir marcheraient dans les pas de Marigny et dans ceux de Soufflot."

Est-il meilleur bilan de vie que celui que trace Monique Demagny,  au terme d’un très beau roman historique, centré sur le marquis de Marigny (1727-1781).

Né  Abel Poisson de Vandières, le marquis  de Marigny, puis de Menars, était le frère chéri de Madame de Pompadour, célèbre favorite de Louis XV. Envoyé en Italie pour un voyage d'initiation aux arts de 25 mois, en compagnie de Charles-Nicolas Cochin et de Jacques-Germain Soufflot,  Abel en revient marqué à vie par l'influence italienne et le sceau d'amitiés indéfectibles.

Nommé Directeur général des Bâtiments - nous sommes en 1751 - le jeune homme assurera pendant 22 ans l'entretien des demeures royales - les locataires de Versailles lui donneront du  fil à retordre... - ainsi que la réalisation d'"ouvrages d'intérêt général". On lui doit notamment l'aménagement de la place Louis XV - actuelle Place de la Concorde - autour de la statue du monarque, le chantier de l'église Sainte-Geneviève, celui de la Madeleine, ....fruits d'une passion et d'une probité jamais démenties.

(Mal) marié, il essuiera d'un deuil cruel son rêve de paternité.

Alliant à l'élégance de plume, un sens de la formule et de la  narration savamment dosée , Monique Marigny nous "offre le rêve d ['un] Marigny  [qui] "rêvait haut, rêvait grand."

Une lecture recommandée.

Apolline Elter

Le rêve de Marigny, Monique Demagny, roman, JC Lattès, avril 2012, 342 pp, 19 €

Billet de faveur

 «   Ces gens-là me regarderont toujours du haut de leur arbre généalogique avec une condescendance que je ne suis pas près de tolérer »

AE : Monique Demagny, l’origine roturière d’Abel Poisson et l’orgueil dont il faisait montre, ont-ils été le moteur des réalisations grandioses qu’on lui doit. Avait-il quelque chose à (se) prouver, sans droit à l’erreur ?

Monique Demagny : Il ne fait aucun doute que le jeune Abel Poisson avait une revanche à prendre. C’était dans son jeune âge un écorché vif, cruellement blessé par les railleries de mauvais goût dont il était l’objet. Quand il prend sa charge il n’a pas plus de peur que de fausse modestie. Il sait qu’il peut assumer. Il s’y est préparé par le voyage d’Italie sous la conduite de deux mentors remarquables. Il a les clés, et une solide ambition, mais il a tout autant conscience qu’il n’a aucun droit à l’erreur. Toute la cour attend sa chute, il n’a pas d’autre choix que de s’imposer. Il doit frapper fort et haut. Le défi s’impose, vis-à-vis des autres et, effectivement de lui-même. Si vous ajoutez à cela l’enthousiasme d’un jeune homme impétueux décidé à bousculer un peu les vieilles gloires et à initier un art « moderne »….

AE : Pour rédiger cette biographie, vous vous basez,  entre autres, sur la correspondance de Madame de Pompadour et de son frère. Comment se présente-t-elle ? Révèle-t-elle la tendresse de leurs relations ? J’imagine qu’elle a été une précieuse voie de compréhension.

Monique Demagny : Effectivement la correspondance de la marquise de Pompadour et de son frère a été une source précieuse pour mon travail. Cette correspondance est une correspondance privée. Et c’est ce qui fait toute sa valeur. Abel raconte son voyage à Jeanne, ses découvertes, ses enthousiasmes, son bonheur, et Jeanne, fidèle à son rôle, avec le sens du devoir qui ne la quitte jamais, distille ses conseils, rappelle inlassablement les règles du jeu. Les détails du périple italien, Jeanne les connaît  déjà. Les ambassadeurs du roi de France dans toutes les principautés d’Italie ont déjà fait leur rapport. Parfois, fière du « cher bonhomme » elle se laisse aller à un compliment, vite tempéré par une recommandation, une mise en garde. C’est intime, c’est vivant, la tendresse inonde les lettres.

AE :  Demagny / Marigny…vos patronymes se ressemblent…..D’où vous est venue l’envie de rédiger la biographie de Marigny ?

Monique Demagny : Il ne s’agit là que d’un hasard de consonances ! Ce livre a son origine dans une conversation avec une amie libraire, ancienne élève de l’Ecole du Louvre, qui admire Marigny et se désolait que personne ne lui ait consacré un ouvrage depuis l’excellent opuscule d’Alfred Marquiset qui date de 1918. Lancée sur la piste, je me suis passionnée.

  

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

19 05 12

Ils ont dirigé la France...

Les Présidents de la République pour les nuls.gifOn apprend dans Les Présidents de la République pour les nuls, paru sous la plume d'Arnaud Folch et de Guillaume Perrault aux Éditions First à Paris, que de Louis Napoléon, élu en 1848, à Nicolas Sarkozy, arrivé au pouvoir suprême en 2007, la France a connu 23 présidents de la République qui, chacun à sa façon, aura marqué son époque au cours du dernier siècle et demi.

Si les plus emblématiques de notre temps furent Charles de Gaulle (1959-1969) et François Mitterrand (1981-1995), en raison du caractère « souverain » de l'exercice de leurs mandats, d'autres hôtes de l'Élysée sont restés dans la mémoire collective pour des raisons diverses : Jules Grévy (1879-1887) parce qu'il fut le premier à être victime d'un scandale, Sadi Carnot (1887-1894) parce qu'il fut le premier à être assassiné, Félix Faure (1895-1899) parce qu'il mourut dans les bras de sa maîtresse, Paul Deschanel (1920) parce que, devenu fou, il tomba d'un train en pyjama, Vincent Auriol (1947-1954) parce qu'il remplit ses fonctions « à la papa », Georges Pompidou (1969-1974) parce qu'il incarnait la France des provinces (il était Auvergnat et on le surnomma « Bougnaparte »), Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981) parce que, ayant accédé très jeune à la présidence, il fit souffler un vent de modernité sur la République, Jacques Chirac (1995-2007) parce qu'il se retrouva au second tour d'une élection mémorable face à Jean-Marie Le Pen, et enfin Nicolas Sarkozy (2007-2012) en raison du déluge de critiques qui se sont abattues sur lui, sans d'ailleurs jamais réduire sa « niaque » ni son punch.

L'ouvrage fourmille d'informations et d'anecdotes tout en resituant chaque président dans son contexte historique et politique avec une clarté parfaite, qualité sine qua non il est vrai pour paraître dans la collection « Pour les nuls ».

Un livre d'actualité brûlante !

Bernard DELCORD

Les Présidents de la République pour les nulspar Arnaud Folch & Guillaume Perrault, Paris, Éditions First, collection « Pour les nuls », novembre 2011, 375 pp. en noir et blanc au format 19 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 22,90 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce livre instructif les lignes surprenantes suivantes :

Le président... qui ne voulait pas être président !

Après l'assassinat, le 24 juin 1894, de Sadi Carnot par un anarchiste, le pays, sous le choc, réclame un homme à poigne. Les parlementaires de la majorité (centre et droite) se tournent vers Casimir-Perier. Carnot lui-même, arrivé presque au terme de son mandat, et qui avait annoncé qu'il ne se représenterait pas, voyait en lui son successeur.

Mais il y a un « hic » – et de taille : celui que l'on presse d'être candidat ne veut surtout pas être président ! Cas unique dans l'histoire, il refuse d'être adoubé. À ses amis qui insistent, il répond : « Je ne suis pas l'homme de cette magistrature impossible ». Le gros costaud va même jusqu'à... fondre en larmes devant certains de ses solliciteurs ! « Je ne peux pas et je ne veux pas », répète-t-il, convaincu que la charge, réclamant de permanents arbitrages, est aux antipodes de ses compétences : « Je suis une force, dit-il, encore cette force s'évanouirait à l'Élysée ».

Il faudra toute la force de persuasion de sa... mère pour le décider : « Si votre père était là, il dirait : "Accepte" », le sermonne-t-elle. L'argument fait mouche : il se soumet à contrecœur... Le 26 juin, deux jours après l'assassinat de Carnot, une réunion préparatoire au Sénat des membres de la majorité entérine le choix: Casimir-Perier obtient 180 voix sur les 200 votants.

Le lendemain, 27 juin 1894, le Congrès réuni à Versailles l'élit triomphalement dès le premier tour, par 451 voix (sur 851) contre respectivement 195 et 97 voix aux anciens présidents du Conseil Henri Brisson et Charles Dupuy, 53 au général et grand chancelier de la Légion d'honneur Victor Février et 27 au physicien et sénateur Emmanuel Arago.

Le nouveau président met un point d'honneur à ne pas rejoindre Paris en train, mais à prendre la route en voiture découverte – où Carnot fut poignardé – afin que l'on ne puisse le suspecter de craindre un attentat. Son premier message au Parlement est empreint de la rude solennité que l'on attend de lui : « Un pays qui au milieu de si cruelles épreuves se montre capable de tant de vitalité politique, saura unir ces deux forces sans lesquelles les peuples périssent : la liberté et un gouvernement ».

Mais derrière les apparences, l'homme n'a pas changé : les doutes l'assaillent. Sa mission lui pèse. Il n'en dort pas. Président, il ne veut définitivement pas l'être ! « Me voilà prisonnier ! », confie-t-il à son beau-frère, les yeux embués, le jour même de son installation à l'Élysée. Qu'il abandonnera six mois plus tard...

Écrit par Brice dans Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

13 04 12

Histoire de la grande boucherie...

La Première Guerre mondiale pour les nuls.gifFermez les yeux et humez l'air suffocant du front, lourd d'acier, de poussière et de gaz. Écoutez le tonnerre des obus qui retournent la terre du no man's land et le choc sonore des gros percutants. Regardez les poilus aux visages tendus et graves, tandis que l'officier s'apprête à donner l'assaut. Cet enfer-là, 8 millions de soldats français l'ont vécu il n'y a pas cent ans. Comment en est-on arrivé là ? Comment expliquer l'incroyable endurance des combattants ? Et surtout, comment une guerre que l'on croyait la « der des der » a creusé un long sillon de douleur en faisant le lit de futurs conflits ? Ce livre retrace les quatre années qui ont bouleversé le monde et qui ont semblé durer un siècle pour ceux qui les ont vécues.

La Première Guerre mondiale fut une hécatombe pour l'Europe qui y perdit tout : sa suprématie économique et militaire (au profit des États-Unis), une grande partie de sa population (la saignée toucha notamment les campagnes françaises, qui ne s'en sont jamais remises), les empires centraux (exit l'Allemagne du Kaiser, l'Autriche-Hongrie et la Turquie des sultans) et orientaux (la Révolution russe accoucha, en 1917, d'un des pires régimes politiques de l'Histoire, pourtant riche en organisations criminelles d'État).

De plus, cette conflagration quasi universelle, si terrible que ses acteurs la voulaient la « der des der », a accouché du nazisme, du fascisme (et par ricochet, du franquisme), des nationalismes et, chez nous, du flamingantisme et de son corollaire rexiste, sans oublier le conflit israélo-palestinien qui nous pourrit encore la vie aujourd'hui.

Beau résultat, en vérité !

Mais comment cela fut-il possible ? Quelles furent les causes de ce cataclysme ? Quels en furent les enjeux ? Comment se déroulèrent les opérations ? Dans quelles conditions ? Comment se conclurent-elles ? Quel fut le sort des troupes ? Et des civils ? Qu'advint-il après la guerre ?

Pour le savoir, plongez-vous dans La Première Guerre mondiale pour les nuls, l'ouvrage historique de Jean-Yves Le Naour paru aux Éditions First à Paris, un livre qui retrace avec clarté et précision les quatre années qui, de 1914 à 1918, ont bouleversé le Monde et ont semblé durer un siècle pour ceux qui les ont vécues.

Bernard DELCORD

La Première Guerre mondiale pour les nuls par Jean-Yves Le Naour, Paris, Éditions First, collection « Pour les nuls », septembre 2008, 323 pp. en noir et blanc au format 19 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 22,90 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce beau livre d'histoire les lignes dramatiques suivantes :

Ypres, 22 avril 1915

Comment percer le front ennemi ? Cette question mobilise l'attention de tous les belligérants qui, échaudés par de multiples offensives ratées et inutiles, ont parié sur la technologie pour briser le système défensif. Parce que les Allemands sont à la pointe de l'industrie chimique à la Belle Époque, ils sont les premiers à miser sur une nouvelle arme terrifiante: les gaz toxiques.

Le 22 avril 1915, en fin d'après-midi, les Allemands utilisent pour la première fois des gaz asphyxiants pour semer la panique et la mort dans les rangs de leurs adversaires. Ce jour-là, la guerre franchit un palier dans l'horreur et l'abominable. Dans l'immédiat, c'est une bonne opération pour les Feldgrau, les troupes allemandes qui s'emparent sans un coup de feu ou presque de 6 kilomètres de terrain, de 80 mitrailleuses et d'un nombre important de canons.

Pari gagné ! L'attaque sur le front d'Ypres a été une surprise totale qui a provoqué la débandade des Français, Belges et autres Canadiens qui tenaient le secteur. Le colonel Mordacq, qui était présent à l'arrière du front, se souvient des fuyards, hagards, la capote enlevée, la chemise ouverte, « courant comme des fous, allant au hasard, demandant de l'eau à grands cris, crachant du sang, quelques-uns même roulant à terre en faisant des efforts désespérés pour respirer ».

Mais la guerre chimique qui vient de naître relève encore de l'artisanat : les milliers de bonbonnes de chlore gazeux mélangé à du peroxyde d'azote que l'on a amenées en première ligne ne peuvent être utilisées qu'en cas de vent favorable. Après plusieurs jours d'attente, les conditions sont réunies le 22 avril, et vers 17-18 heures une nappe verdâtre s'échappe des lignes allemandes, créant la panique chez ceux d'en face. Au total, 15 000 hommes ont été intoxiqués et 2 000 à 5 000 sont morts.

Écrit par Brice dans Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

13 03 12

Retour à Baker Street

sherlock_1.jpg« Les aventures de l’Homme à la casquette plate et de la Maison de soie ont été, d’un certain point de vue, les plus sensationnelles de la carrière de Holmes. Seulement, à l’époque, il m’a été impossible de les raconter pour des raisons qui apparaîtront clairement au lecteur... Cependant, j’ai toujours eu le désir de les écrire, afin de compléter le canon holmesien. C’était impossible plus tôt : les événements que je vais décrire étaient trop monstrueux, trop choquants pour être imprimés. Ils le sont toujours aujourd’hui. Je n’exagère rien en affirmant qu’ils pourraient mettre à mal le tissu tout entier de notre société, ce qui, particulièrement en temps de guerre, est une chose que je ne peux risquer. Une fois ma tâche accomplie, à supposer que j’aie la force de la mener à bien, j’empaquetterai le manuscrit et je l’enverrai dans les coffres de Cox and Co., à Charing Cross, où certains autres de mes papiers personnels sont conservés. Je donnerai comme instruction que, de cent ans, le paquet ne devra pas être ouvert. Il est impossible d’imaginer à quoi le monde ressemblera alors, mais peut-être mes futurs lecteurs seront-ils mieux immunisés contre le scandale et la corruption que mes contemporains. Je leur transmets ici un dernier portrait de Mr Sherlock Holmes. ». Dr John Watson.

 

Voir Anthony Horowitz écrire la première « nouvelle aventure de Sherlock Holmes » officiellement reconnue par les ayants droits du cèlèbre détective de Baker Street n’est finalement qu’une demi-surprise. Il ne faut pas être grand clerc pour remarquer qu’aujourd’hui, ce sont bien les écrivains pour « jeune public » qui ont peu à peu repris le flambeau des auteurs « populaires » qui firent les beaux jours des journaux du siècles passé… et de celui d’avant. J.K. Rowling, Stephenie Meyer ou encore Suzanne Collins reprennent sans complexes les recettes appliquées par Conan Doyle, Agatha Christie ou encore Jean Ray.

Le tout était de savoir si Horowitz, ultra-connu à travers le monde pour sa série consacrée à Alex Rider, un espion de 14 ans, serait à même d’entrer dans les canons des 60 histoires (pas une de plus, quatre romans et 56 nouvelles) écrites par Arthur Conan Doyle. Car il est bien question ici d’une nouvelle aventure de Sherlock Holmes. Pas d’une réinvention (ça, le cinéma s’en occupe avec le bondissant Robert Downey Junior) d’un pastiche ou encore d’une actualisation (là, il fait aller chercher du côté de l’excellente série télé Sherlock).

Levons immédiatement le voile : oui, et mille fois oui, Horowitz s’avère à la hauteur du défi ! Avec sa galerie de personnages savoureux, du dealer d’arts Carstairs suivi de près par un étrange homme à la casquette plate, au gang d’irlandais de Boston, en passant par l’aventurier américain forcément millionnaire, cette « Maison de Soie » offre un outre une histoire solide, quelques vrais moments de bravoures… Et surtout des détours savoureux mais totalement « vrais » - pas question ici de pastiche, on le répète – par des incontournables de l’univers holmsien. Une vraie belle réussite donc, qui a du cœur et de la substance… Dommage qu’Horowitz ai clairement annoncé qu’il s’agissait pour lui d’une « one-shot ». Le succès changera-t-il la donne ?

Dr Corthouts

La Maison de Soie, de Anthony Horowitz, Calmann-Levy, 360p.

Écrit par Christophe Collins dans Histoire, Thriller, Polar | Commentaires (0) |  Facebook | |

11 03 12

Les points sur les i...

Le Congo au temps des Belges.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 11/03/2012 sur le site du magazine stirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

Traitant avec brio de « L'Histoire manipulée » et réfutant les « contrevérités » relatives à notre passé colonial, l'ouvrage d'André de Maere d’Aertrycke, André Schorochoff, Pierre Vercauteren et André Vleurinck paru aux Éditions Masoin à Bruxelles sous le titre Le Congo au temps des Belges rectifie le tir à propos de l’action des Belges en Afrique, à l'époque de l’État indépendant du Congo (1885-1908) puis du Congo belge (1908-1960) en passant au crible la naissance et l'économie de l'EIC, le mythe du génocide des Congolais qui y aurait été commis par les Belges et celui –partiel– des mains coupées, le complot britannique contre l'œuvre de Léopold II, à savoir les bobards colportés par les missionnaires de Sa Majesté dans le journal du très duplice Edmond Morel (1873-1924) et la récupération malhonnête par la presse d'outre-Manche de l'exécution du louche Charles Stokes (1852-1895), un aventurier irlandais condamné à la pendaison par un conseil de guerre belge pour trafic d'armes en faveur des chefs arabes révoltés (et donc en défaveur des Noirs, que les alter ego du Zanzibarite Hamed bin Mohammed el Marjebi alias Tippo Tip [1837-1905] se plaisaient à réduire massivement en esclavage), le « témoin de moralité » dont les affirmations suspectes et non vérifiées font l'assise des ouvrages actuels de dénigrement rédigés par le Belge Michel Massoz et l'Américain Adam Hochschild.

Après ces rappels en forme de coup de poing sur la table, les auteurs (dont deux sont d'anciens élèves du grand historien de l'ULB Jean Stengers) précisent, documents à l'appui, l'ampleur de l'action des Belges en faveur des Congolais durant la période coloniale en décrivant le fonctionnement de la Territoriale et de la Force publique, l'organisation de la médecine publique et de l'enseignement, les réalisations en matière de communications et de transport, d'agriculture, d'élevage et de pisciculture, en exposant l'œuvre des missions et en dressant le bilan économique du Congo belge en 1960.

Un livre au ton réjouissant qui ne fera pas que des heureux au sein du corps larmoyant des tenants du politiquement correct...

Tant mieux !

PÉTRONE

Le Congo au temps des Belges par André de Maere d'Aertrycke, André Schorochoff, Pierre Vercauteren et André Vleurinck, Bruxelles, Éditions Masoin, janvier 2012, 319 pp. en noir et blanc au format 16 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 28 €

Nous avons recopié dans cet ouvrage ouvertement polémique les quelques lignes suivantes :

Techniques de manipulation : deux exemples

Prouver une accusation par des images qui ne sont pas authentiques

La méthode qui consiste à prouver l'accusation que les Belges faisaient couper les mains, même des enfants, par la publication d'une photo de corps mutilés sans précision des circonstances, de la date et du lieu de la mutilation, et sans vérification de son authenticité, constitue une manipulation évidente et une violation grave de la loi et de l'éthique de la presse. La photo bien connue des deux enfants congolais avec leurs mains amputées médicalement suite à la gangrène, est une manipulation de ce type.

On peut comprendre l'erreur involontaire mais lorsque les médias publient des images non authentifiées, sciemment, il s'agit bien de manipulation et de violation de la déontologie journalistique.

Confondre image avec message et mélanger message faux avec image vraie

Il faut expliquer les images, par des commentaires appropriés, surtout si elles prêtent à diverses interprétations. Une image doit rester un support à un message et non pas « être le message ».

Publier sur Internet (site Cobe1co), sans commentaires appropriés, le tableau d'un artiste qui montre un Administrateur territorial faisant administrer la chicotte est un bon exemple. Une machette est à la fois une arme et un outil quotidien à la disposition de tous les Congolais. La photo d'un Congolais, machette à la main, ne veut rien dire hors de son contexte. Elle peut être celle d'un homme au travail ou celle d'un assassin qui vient de tuer. Les photos publiées dans « Le Monde » du 23 juin 2006, issues des archives de l'Union Minière, en sont un bel exemple.

La photo du haut montre des Noirs nus et squelettiques avec pour légende « travailleurs de l'entrepreneur Wittaker à Ruashi ». La deuxième photo de même format, montre le cercle des Belges. Il faut lire en bas de page le commentaire en petits caractères pour réaliser que ces hommes sont des « futurs travailleurs » qui vont entrer à l'hôpital de la société pour être soignés. « Le Monde » ne montre pas les autres photos du même lot, notamment la photo des mêmes travailleurs bien nourris, en bonne santé après deux mois de séjour.

Écrit par Brice dans Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

10 03 12

Esotérique, mon cher Saint Loup !

apothicaire.jpg"Il vécut à Paris en l'an 1313 un homme qui allait du nom d'Andreas Saint-Loup, mais que d'aucuns appelaient l'Apothicaire, car il était le plus illustre et le plus mystérieux des préparateurs de potions, onguents, drogues et remèdes..." Un matin de janvier, cet homme découvre dans sa boutique une pièce qu'il avait oubliée... Il comprend alors que jadis vivait ici une personne qui a soudainement disparu de toutes les mémoires. L'Apothicaire, poursuivi par d'obscurs ennemis, accusé d'hérésie par le roi Philippe le Bel et l'Inquisiteur de France, décide de partir jusqu'au mont Sinaï. Entre conte philosophique et suspense ésotérique, L'Apothicaire est une plongée vertigineuse dans les mystères du Moyen Age et les tréfonds de l'âme humaine.

 

Et ben mon Riton ! Oui, je me permets un peu de familiarité avec le sieur Loevenbruck, puisque c’est mon ami sur Facebook ! Non, je rigole. Si familiarité il y a, c’est tout simplement parce que je me pâme devant le défi relevé, avec brio, par l’auteur avec son nouvel opus. Pas question pour lui de capitaliser sur le succès, mérité, des enquêtes de Ari MacKenzie… Ni même de revisité les territoires du techno-thriller défriché dans « Le Syndrome Copernic ». Non, monsieur, dame. Le Henri Loevenbruck adore sortir de sa « zone de confort » et plonge tête la première dans une intrigue, un univers, un style qui ne renierait pas un certain Uberto Eco… en moins chiant ! (oui, je sais, je viens de dire qu’Eco était chiant, faites moi un procès si vous avez lu Le Nom de la Rose en traduisant, au vol, tous les passages en latin, merci.). Parce qu’en fin lettré, Loevenbruck a certes des références, mais il sait aussi la force du verbe lorsqu’il trempe ses atours dans un rythme de thriller pur jus ! Pas le temps de s’embêter dans le Paris de 1313, où sur les chemins de Compostelle et du Mont Sinaï. L’Apothicaire, malgré son style délicieusement « d’époque » se dévore… Et l’on en vient alors à comparer Henri Loevenbruck à un autre cador du récit historique excitant : un certain Ken Folett. Mais peu importe les comparaisons, finalement : ce roman est excellent, tout seul comme un grand… comme son auteur, dont le talent ne cesse de croitre. On frise le trente troisième ciel, c’est moi qui vous le dit !

Dr Corthouts

L'Apothicaire, de Henri Loevenbruck, Flammarion, 605 p.

Écrit par Christophe Collins dans Histoire, Thriller, Polar | Commentaires (2) |  Facebook | |