26 01 12

Jésus a existé !

Jésus petitfils.jpgC'est un travail remarquable de synthèse historique qu'a réalisé dans "Jésus" Jean-Christian Petitfils ! Se plaçant volontairement en dehors du champ religieux, il a confronté toutes les sources fiables, celles de ses confrères archéologues, ethnologues, etc. et bien entendu celles des textes, s'appuyant en particulier sur l'Evangile de Jean, le témoin privilégié. On apprend, par exemple, que l'expression "fils de Dieu" était largement utilisée avant l'avènement du Christ : "Dans les anciens royaumes d'Israël et de Juda, les rois étaient considérés comme "fils de Dieu"... L'auteur fait la part des choses entre la symbolique, les allégories et ce qui semble la vérité. Ce qui reste est l'essentiel, de toutes façons : "Dieu est amour" écrit dans sa première épître Jean l'évangéliste qui a le mieux compris son message. Sa bonté est infinie. Elle va au-delà de toute représentation." On y apprend aussi (avant la religion) ce qu'est la morale de Jésus : "Jésus vise l'intention qui renferme déjà en elle le mal. C'est dans la haine du prochain, plus encore dans la colère, la rancune, l'animosité que réside la racine du meurtre. C'est cette racine qui doit être éradiquée. D'où la nécessité d'une réconciliation des hommes entre eux, préalables à toute prière." On parle évidemment aussi de l'expression ambigüe "le fils de l'homme", des femmes, de la vie future. Un livre passionnant que j'ai lu (est-ce un détail) avec attention en version numérique ! Cela dit, a-t-on un message, aujourd'hui plus que njamais, plus vital que "Aimons-nous les uns les autres..." ?

Jacques MERCIER

"Jésus", par Jean-Christian Petitfils, Edition Fayard, 2011, 690 pages en version brochée, 23,75 euros.- en version kindle 18,99 euros.

25 01 12

God save the Queen!

La saga des Windsor.gifÉminent et talentueux spécialiste de l'histoire des familles couronnées (nous avons écrit ici naguère tout le bien que nous pensions de sa magistrale Saga des Habsbourg), Jean des Cars revient ces temps-ci sur le devant de la scène royale avec une flamboyante Saga des Windsor parue aux Éditions Perrin à Paris, dans laquelle il fait le point avec la verve qu'on lui connaît sur les événements qui ont agité voire secoué le trône d'Angleterre depuis une centaine d'années.

Écoutons-le :

« Windsor ! C'est à la fois la plus grande forteresse du monde toujours habitée et le nom choisi par le roi George V en 1917, en pleine Première Guerre mondiale, pour effacer la consonance germanique des souverains Saxe-Cobourg-Gotha alors que le Royaume-Uni se bat contre l'Empire allemand.

Mais qui aurait pu penser que ce nouveau patronyme, difficilement imposé, serait, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, synonyme d'un scandale sans précédent ? Edouard VIII ne règne que huit mois et abdique par amour pour une Américaine deux fois divorcée, Mrs Wallis Simpson ! En renonçant au trône, le fils aîné de George V devient, le 11 décembre 1936, le duc de Windsor, charmeur et pacifiste, compromis dans ses relations bienveillantes à l'égard du régime national-socialiste.

Et c'est son frère, courageusement parvenu à se débarrasser de son bégaiement (voir Le Discours d'un roi), qui lui succède sous le nom de George VI.

De l'Angleterre encore imprégnée du prestige de la légendaire reine Victoria au long règne d'Elizabeth II, de l'Empire britannique dominant le monde d'avant 1914 au Commonwealth des Nations, des gentlemen en chapeau melon aux Beatles, de l'immense figure de Churchill au destin tragique de la princesse Diana puis au mariage de William et de Kate qui a séduit deux milliards de téléspectateurs, voici l'extraordinaire saga d'une lignée de monarques, de reines, de princes et de princesses dont les destins sont de véritables romans.

Dans leurs joies comme dans leurs malheurs, ils continuent de fasciner par un unique mélange de traditions et d'audaces. Windsor ? Une passionnante synthèse britannique. »

On ne saurait mieux dire !

Ni mieux raconter l'Histoire...

Bernard DELCORD

La saga des Windsor par Jean des Cars, Paris, Éditions Perrin, novembre 2011, 423 pp. en noir et blanc au format 14 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 21,90 €  (prix France)

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25 01 12

Cocoricos cocos

La France rouge.gifL'article ci-dessous a été mis en ligne le 25/01/2012 dans les colonnes du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

Publié aux Éditions Les Arènes à Paris et sous-titré « Un siècle d'histoire dans les archives du PCF (1871-1989) », l'étonnant livre-objet de Bruno Fuligni intitulé La France rouge présente, commentés avec science, verve et à-propos, une centaine de documents historiques inédits, reproduits à l'identique, collés sur les pages ou glissés dans des enveloppes.

On y retrouve ainsi, entre autres, la partition de L'Internationale, des manuscrits de communards, une photo dédicacée de Louise Michel, le premier numéro de L'Humanité et l'éditorial manuscrit de Jean Jaurès, la carte du délégué Marcel Cachin au Congrès national de Lyon en 1924,un album photo des premiers congés payés de l'été 1936, des lettres de brigadistes racontant la guerre d'Espagne, la correspondance de Guy Môquet, le rapport d'arrestation d'une cellule clandestine par la police française en 1941, l'Affiche rouge et un poème de Missak Manouchian, un tract communiste fabriqué dans le camp de Buchenwald, une lettre d'enfant envoyée à Maurice Thorez pour son anniversaire, la carte de Marguerite Duras et son dossier d'exclusion du Parti, des lettres de militants scandalisés par le portrait de Staline peint par Picasso, des messages envoyés par les dirigeants des « partis frères », le questionnaire biographique de Georges Marchais – publié pour la première fois –, un tract de mai 68, la déclaration du Bureau politique du PCF en date du 21 août 1968 sur les événements en Tchécoslovaquie), deux lettres de François Mitterrand lors de l'élaboration du Programme commun...

Autant de madeleines de Proust pour ceux qui, à l'instar de votre serviteur hélas – générosité aveugle de la jeunesse – se sont fourvoyés dans une idéologie criminelle qui fut et demeure le pendant du nazisme...

PÉTRONE

La France rouge par Bruno Fuligni, Paris, Éditions Les Arènes, collection « L'Histoire entre nos mains », novembre 2011, 120 pp. en quadrichromie au format 25 x 30 cm sous couverture cartonnée et coffret en couleurs, 34,80 €  (prix France)

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22 01 12

De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus graves !

Sans commentaire.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la newsletter de janvier 2012 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Instrument militant d'une redoutable efficacité, la caricature politique constitue une forme de journalisme à part entière, tout en visant à agir sur l’opinion publique. Comme les chroniques, elle commente l’actualité, mais d'une manière bien plus percutante, en raison de sa nature même, qui lui permet aussi bien de provoquer que de nier, minimiser, amplifier, diaboliser, idéaliser, dramatiser ou banaliser, et généralement avec un grand sourire désarmant.

C'est ce que démontre avec un brio incontestable la recherche – parfaitement lisible, accessible et compréhensible, ce qui n'est pas toujours le cas des traductions de travaux rédigés par des universitaires du plat pays – menée par deux historiens flamands de qualité, Paul Van Damme et Stijn Van de Perre, présentée par deux grosses pointures de l'UCL, Vincent Dujardin et Laurence van Ypersele, et rassemblée dans un passionnant ouvrage intitulé Sans commentaire ? Une histoire de la Belgique à travers la caricature paru à Kalmthout et à Bruxelles, en coédition chez Pelckmans et Le Cri.

Rappelant que depuis sa naissance, notre pays a vu paraître des centaines de journaux, revues, pamphlets, affiches et tracts à vocation idéologique, dans lesquels toutes les fractures et les débats sociaux possibles ont été commentés et illustrés, ces auteurs ont sélectionné plus de 400 dessins particulièrement parlants, en faisant appel à une bonne soixantaine d’institutions publiques et de collectionneurs privés belges et étrangers.
Cinquante grands thèmes sont abordés. Pour chacun d’eux, une dizaine de caricatures ont été retenues et resituées dans leur contexte historique, de l’indépendance à la mondialisation, de la Belgique unitaire à l’État fédéral, de la formation des partis aux scandales politiques, de la neutralité internationale à la guerre scolaire, du mouvement wallon au nationalisme flamand, de la collaboration et la résistance avec l'ennemi durant les deux guerres mondiales, de la question royale à la guerre froide, du Congo belge au Zaïre, de l'émancipation de la femme au mouvement vert, sans oublier les cléricaux et les anticléricaux, les affrontements entre la gauche et la droite, la séparation entre l'Église et l'État, les francs-maçons, les Juifs, l'armée, les syndicats, la justice ou la question bruxelloise.

Un fameux bazar !

Bernard DELCORD

Sans commentaire ? Une histoire de la Belgique à travers la caricature par Paul Van Damme & Stijn Van de Perre, préface de Vincent Dujardin et Laurence Van Ypersele, Kalmthout, Bruxelles, coédition Pelckmans/Le Cri, 2011, 227 pp. en quadrichromie au format 28,5 x 30,5 cm sous couverture Intégra en couleurs, 49 €

Z Sans commentaire.jpg

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18 01 12

Des mots d'enfants pour se souvenir...

 414bmyfSPKL._SL500_AA300_.jpgMarie-Julie Rosenrot surnommée Lili Rose, a 9 ans en 1940 quand commence l'Exode. Elle part avec sa famille sur les routes françaises. Avec des mots d'enfant, elle nous raconte SA guerre. Un récit poignant avec toute l'insouciance de l'enfance, pourquoi les bombes seraient-elles pires que la punition de sa maman lorsqu'elle est prise en train de voler à l'école? Elle joue à la messe, à la guerre, fait des bêtises, avec ses frères, un monde à part, une bulle à côté des bombardements. Des écrits naïfs, simples qui montrent que le temps passe. Un jour, Lili Rose abandonne son récit de l'Exode...« J'attends mon heure », cette phrase revient régulièrement, mais qu'attend réellement Lili Rose? Deviendra-t-elle celle qu'elle a toujours rêvé d'être? On la retrouve quelques années plus tard, elle a grandit... Le ton change, les mots aussi. On découvre une jeune fille débrouillarde, confiante, qui croit en l'avenir. Désormais, on ne l'appelle plus Lili Rose mais Maroussia. Est venu, le temps où il faut se débrouiller et gagner sa vie. Une période difficile pour la jeune fille. "Je préfère avoir faim que sommeil, encore que je m'endorme mal quand j'ai trop faim." Après des petits boulots pour s'en sortir, elle entreprend des études aux Beaux Arts pour devenir architecte. Elle rencontre des garçons, sort, vit pleinement sa vie d'étudiante. Ses amis l'appellent Marie... Elle voyage, découvre la vie parfois malgré elle. Et puis, elle rencontre Jacques, un mariage, un voyage de noces... Et aujourd'hui, qu'est-elle devenue? Marie-Julie n'est pas morte, elle repense à sa vie à travers une boîte à boutons. " Une boite à boutons, c'est plus, ou mieux, ou pire qu'un album de photos figées, car les boutons ont vécu et s'offrent pour revivre. "

 Marie Faucher est d'abord auteur de contes. Grâce à ces cahiers retrouvés des années plus tard, ces cahiers griffonnés, elle devient plus réaliste et retrace son histoire personnelle. Ces cahiers, qui racontent avec naïveté et simplicité des histoires, l'histoire de cette petite fille. Avec humour, tristesse parfois même dureté, Marie Faucher a continué l'histoire, a voulu montrer comment Lili Rose est devenue grande dans cette société d'après-guerre...

 Sortie prévue ce 19 janvier 2012.

 Les cahiers de Lili Rose, Marie Faucher, éd. Carnets Nord, Janvier 2011, 204pp, 17€.

 

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Gwendoline Fusillier, Histoire, Récits, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

12 01 12

Deux soeurs inséparables...

 9782253134565.jpg« Louise et Juliette » est le premier roman de Catherine Servan-Schreiber. Tiens! Un nom qui vous dit probablement quelque chose. En effet, Catherine est la fille de la célèbre sénatrice et journaliste, Brigitte Gros et la petite fille d'Emile et Denise Servan-Schreiber. Une famille bien connue dans le milieu journalistique et politique. Pour son premier roman, elle nous offre l'Histoire (oui oui avec un grand H!!) de sa famille sous l'occupation allemande en France.

 « Louise et Juliette », ce sont deux soeurs qui s'aiment d'un amour inébranlable. L'une, Louise a épousé Charles, le directeur d'un journal et issu d'une famille juive. Le couple a cinq enfants. L'autre, Juliette, est mariée avec un préfet. Ensemble, ils ont un enfant, Cédric.

 Des soeurs que rien ne devrait séparer et pourtant.... La Seconde Guerre Mondiale arrive... Va-t-elle les éloigner? Par les kilomètres sûrement, mais les deux soeurs s'écrivent, se racontent leur guerre, chacune dans des camps opposés. En effet, Juliette, suit son mari, Paul. Lui, qui a choisit Vichy, qui vénère le Général Pétain et qui ne « fait que son devoir ». Louise, de son côté, s'inquiète, fuit l'ennemi, vit dans la peur, se réfugie à Megève, zone libre à l'époque. Sa famille juive change de nom pour échapper aux allemands.

 « Louise fuyait les Allemands, Juliette les attendait. »

Tout au long du roman, on suit cette inquiétude de Louise pour sa famille, surtout pour Charles et sa fille ainée, qui se sont engagés dans la Résistance. Une fois la zone libre de Mégève envahie, Louise retourne à Paris... Et après des années de séparation, elles se retrouvent. Leur amour l'une pour l'autre est intact, chacune essaie de comprendre la position délicate de l'autre pendant cette guerre qui n'aura pas eu raison de leur lien si fort.

 « Louise et Juliette », un roman au suspense insoutenable, que l'on dévore du début à la fin. Émouvant, inquiétant, très juste et rempli de belles valeurs familiales.

Louise et Juliette, Catherine Servan-Schreiber, éd. Livre de Poche, Septembre 2011, 445pp., 6,90€.

 

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Gwendoline Fusillier, Histoire, Romans, Servan-Schreiber | Commentaires (0) |  Facebook | |

02 01 12

Au cœur des monopoles

 Les Stoclet.jpg Le texte ci-dessous a été mis en ligne le 02/01/2012 dans les colonnes du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) 

Quand on prononce le nom de Stoclet, c’est bien souvent pour évoquer le « palais » éponyme de l’avenue de Tervuren qui défraie la chronique depuis plusieurs années. Ce bijou d’architecture, placé depuis 2009 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, est en effet au centre d’une querelle judiciaire entre quatre héritières du bâtiment et la Région de Bruxelles-Capitale à propos du classement et de la vente de son mobilier[1]. Une bien triste histoire qui rend la demeure, décorée notamment par Klimt, non visitable à l’heure actuelle. Faute d’entretien, la maison était d’ailleurs tombée dans un état de délabrement important avant que des travaux de rénovation y aient été entamés d'urgence pour parer au plus pressé[2].

  Cependant, derrière le bâtiment, il y a surtout le nom d’une dynastie d’industriels belges dont Michel Dumoulin, professeur émérite d'histoire à l’UCL, en collaboration avec Pierre-Olivier Laloux, chercheur dans cette université, a livré une très complète biographie parue récemment aux Éditions Le Cri à Bruxelles.

  Recherche fort aboutie par la qualité de sa documentation, composée de sources issues d’archives diverses conservées tant en Belgique qu’à l’étranger, enrichie d’une très large bibliographie ainsi que de témoignages oraux, ou –plus original – d’analyses graphologiques des lettres des Stoclet, l’ouvrage s’adressera tant au public familier de l’histoire économique et sociale des XIX et XXe siècles, qu’aux néophytes curieux.

  Car c’est bel et bien une saga familiale hors du commun qui est retracée dans cet opus. Avec le patriarche Adolphe Ier, un fils de couteliers de Gembloux né en 1814, elle débute par l’histoire d’un « self-made man », jeune diplômé en droit de l’université de Liège qui entama sa carrière comme preneur de brevets, entre autres pour le compte de son beau-père, et termina sa vie à la tête d’une fortune considérable en tant qu’administrateur de différentes compagnies industrielles et commerciales, non sans avoir réalisé quelques transactions immobilières juteuses au passage, et construit l’immense domaine d’Ostemerée près de Dinant.

  Elle se poursuivit avec Victor, un ingénieur qui prolongera l’œuvre paternelle dans l’administration de compagnies de chemins de fer, en Belgique et à l’étranger (notamment en Chine à la faveur de l’expansion commerciale belge en Extrême-Orient sous l’impulsion de Léopold II). À sa suite, ses deux fils Victor et Adolphe prendront la relève (ce dernier entrant un peu plus dans la légende en commandant à Hoffmann la villa de l’avenue de Tervuren), puis ses héritiers René et Philippe, celui-ci signataire de la préface de l’ouvrage.

  Au fil des pages se démêlent les fils entrelacés de cette histoire de dynastie aux ramifications européennes par les différents mariages, d’amour ou de raison, qu’elle eut à célébrer. Comme dans toutes les familles, les relations entre les Stoclet furent tantôt cordiales et fraternelles, tantôt marquées du sceau de l’incompréhension, de la jalousie, voire de la haine entre père et fils, frères et beaux-frères, filles et belles-mères, cousins et cousines.

  Sous les dorures des palaces ou autour des tables rondes des conseils d’administration, c’est donc une comédie humaine qu’on lira, celle d’une famille de riches capitalistes dans une Belgique qui ne doutait pas encore de sa puissance. L’ouvrage invite également au voyage, quand « Bruxelles rêvait », dans le Paris, le Milan, le Saint-Pétersbourg et la Vienne de la Belle Époque. Il révèle aussi comment la famille traversa avec plus ou moins de bonheur les deux guerres mondiales, ou géra les défis de la reconstruction économique européenne.

  Une belle étude de ce « microcosme d’ambitions et de passions », qui reflète bien les relations complexes entretenues au sein des réseaux économiques et politiques entre hommes et femmes, autour de l’ambition, de l’argent et du pouvoir…

  EUTROPE

 Les Stoclet, microcosme d’ambitions et de passions par Michel Dumoulin avec la collaboration de Pierre-Olivier Laloux, préface de Philippe Stoclet, Bruxelles, Éditions Le Cri, collection Belgique Europe Outre-mer, novembre 2011, 536 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 30 €.

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[1] Voir l'article de Guy Duplat, « La saga juridique du palais Stoclet », dans La Libre Belgique du 12-13/01/2008.

[2] Voir l'article de Guy Duplat, « La saga du palais Stoclet », dans La Libre Belgique du 27/07/2009 et, du même auteur, « Le palais Stoclet a cent ans mais reste fermé », dans La Libre Belgique du 7/01/2011 ; voir également l’ouvrage que nous recensons, aux pages  444 à 448.

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13 12 11

Guerre en outre-tombe…

 Sans titre8.jpgDans Opération Mincemeat paru en traduction française chez Ixelles éditions à Bruxelles, le rédacteur en chef adjoint du Times de Londres, Ben Macintyre, ressuscite l’aventure ébouriffante du cadavre d’un homme n’ayant jamais existé, le major William Martin, dont le corps fut repêché par un beau matin d'avril 1943, au large de l'Andalousie, par un pêcheur espagnol.

 Il s’agissait en réalité de la dépouille d'un Gallois indigent déguisé par les soins du MI5 en agent secret britannique dont la mission aurait échoué, puisqu’il transportait des documents secrets de la plus haute importance, révélateurs des préparatifs d’un débarquement anglo-américain en Grèce et en Sardaigne.

 Bien entendu, ces informations étaient inexactes, et les espions nazis tombèrent magnifiquement dans le panneau, ce qui permit aux Alliés de débarquer (presque) tranquillement en Sicile.

 L’auteur, qui a eu accès à de nombreux documents privés et inédits ainsi qu’aux archives du Security Service, piste les tenants et les aboutissants de cette « intox » célèbre en montrant comment, partie de Londres, elle atterrit sur le bureau du Führer à Berlin en passant par Madrid, après avoir transité dans les eaux glacées d’un loch écossais et le long des côtes de Sicile.

 Une mystification morbide qui épargna bien des vies !

  Bernard DELCORD

 Opération Mincemeat par Ben Macintyre, traduction de Danielle Lafarge, Bruxelles, Ixelles éditions, novembre 2011, 380 pp. en noir et blanc au format 15 x 23 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 22,90 €

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13 12 11

Quiz-tionnaire

9782709638104FS.jpg "A un an près, Napoléon aurait été Italien", Niepce, le papa de de la photographie se prénommait Nicéphore (et non Népomucène comme vous l'auriez cru), Louis de Funès était un excellent pianiste de jazz,  des pigeons furent portées aux nues pour leur rôle de messagers durant la Grande Guerre, les ennuis dentaires de Louis XIV, ne datent pas d'hier et le forcent à "cacher son sourire édenté derrière une bouche pincée". Un monarque qui a,  d'ailleurs, le privilège historique d'étrenner le"bistouri à la royale" pour traiter sa fistule anale.  Ajoutons que le célèbre masque de fer était peut-être en velours...

 Vous l'aurez compris, regroupant,  en 10 chapitres chronologiques les détails croustillants de l'Histoire de France, le Quiz de Laurent Boyer et de Clémentine Portier-Kaltenbach - la journaliste nous avait enchantés l'an passé d'un excellent Grands Zhéros de l'Histoire de France (JC Lattès - chronique sur ce blog) - constitue un cadeau idoine pour le réveillon de la Saint-Sylvestre. Alternant avec les"Le saviez-vous", les "Vrai ou faux" cultivent ces délicieuses miscellanées issues de l'émission historique, diffusée, chaque week-end sur les ondes de RTL. Située au bas de chaque page, une ligne du temps permet de situer les anecdotes dans la perspective historique de leurs événements.

 Les chemins de l'Histoire ont, décidément, de bien plaisantes stations.

Apolline Elter

Le grand Quiz des Histoires de France, Laurent Boyer et Clémentine Portier-Kaltenbach, beau livre, JC Lattès/RTL, novembre 2011, 280 pp, 20 €

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28 11 11

Blood, sweat, tears… and defeat

 

Les guerres d’Indochine (tome 1).gifSaluons l’heureuse initiative des Éditions Tallandier à Paris qui ont réédité [1], dans une version de poche mise à jour, les deux tomes de la remarquable somme historique de Philippe Franchini – grand spécialiste s’il en est, par ailleurs né à Saigon d’un père corse et d’une mère vietnamienne – intitulée Les guerres d’Indochine, un ouvrage qui brille autant par son érudition que par la fluidité de son propos et la perspicacité de ses interprétations.

 

Le premier volume va des origines du pays (sept siècles avant Jésus-Christ) et des prémisses de la colonisation française (par le commerce et l’évangélisation dès le XVIIsiècle) jusqu’au soutien de la Chine maoïste à Ho Chi Minh en 1949, en passant par la conquête française au XIXsiècle, l’agitation nationaliste des années 1920, la naissance de la Ligue Viet-Minh en mai 1941, les accords franco-japonais signés par Vichy durant la Seconde Guerre mondiale, la résistance gaulliste au Japon à la fin de 1943, les accords de Potsdam en août 1945, la proclamation de l’indépendance du Vietnam à Hanoi le 2 septembre 1945, les premières violences antifrançaises en janvier 1946 suivies d’une généralisation du conflit en décembre de la même année, les tentatives politiques de résolution du conflit en 1947-48 et les lourds combats de l’année 1949.

 

Le tome 2 détaille l’internationalisation du conflit en raison de la reconnaissance mutuelle, en janvier 1950, du gouvernement vietminh et des régimes communistes chinois et soviétique d’une part, et de la reconnaissance du Vietnam baodaïste par la Grande-Bretagne et les États-Unis d’autre part, jusqu’à la chute apocalyptique de Saigon le 30 avril 1975, après une cascade de défaites occidentales (celles de la France à Caobang en 1950 et de Diên Biên Phù en 1954, à l’issue de la bataille la plus meurtrière et la plus longue de la guerre froide, suivie notamment de celles de Binghia à la fin de 1964, du Cambodge en juin 1970, de Huê et Danang en mars 1975, ou encore de Phnom Penh quelques jours plus tard), les USA ayant progressivement pris la relève des Français sur le terrain à partir de février 1955 pour se jeter dans une escalade militaire à l’impopularité croissante tant auprès de la jeunesse yankee que des bouddhistes sur le terrain – on se souviendra, par exemple, de l’immolation publique du bonze Quang Duc le 11 juin 1962.

 

Les guerres d’Indochine  (tome 2).gifOn retrouve dans cette saga bien des noms, comme ceux de Winston Churchill, de Charles de Gaulle, de Georges Bidault, d’Antoine Pinay, du commandant Marcel Bigeard, du colonel de Castries, des généraux Jean de Lattre de Tassigny, Alphonse Juin et Henri Navarre, des présidents Harry Truman, Dwight Eisenhower, John (et Robert) Kennedy, Lyndon Johnson, Richard Nixon et Gerald Ford, d’Averell Harriman, de Foster Dulles, de Henry Cabot-Lodge, de Robert Mac Namara, de Maxwell Taylor, de Michaël Forrestal, de William Fullbright, de Dean Rusk, de Hubert Humphrey, du général Westmoreland, de Henry Kissinger, de U Thant, de Nikita Krouchtchev, d’Alexis Kossyguine, des généraux vietminh Duong Van Minh et Vo Nguyen Giap, des politiciens Ngo Dinh Diem, Le Duc Tho, Pham Van Dong, Khieu Samphan, Le Van Kim, du maréchal Lon Nol, des princes Norodom Sihanouk et Souvanna Phouma, de Mao Zedong, de Zhou Enlai ainsi que d’une flopée de Nguyen et de Tran…

 

Qui rappelleront sûrement bien des choses à nos lecteurs quinquagénaires !

 

Bernard DELCORD

 

Les guerres d’Indochine Tome 1 : De la conquête française à 1949 Tome 2 : De 1949 à la chute de Saigon par Philippe Franchini, Paris, Éditions Tallandier, collection « Texto » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, août 2011, 670 pp. + 780 pp. en noir et blanc au format 12 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € chacun (prix France)



[1] La version princeps date de 1988, aux Éditions Pygmalion, et n’était plus trouvable en librairie.

 

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