24 11 11

Uchronique, vous avez dit..

a_Astridcouv2_66257.jpgQui n'a rêvé de refaire le cours de l'Histoire?

 

Stéphane de Lobkowicz le réalise qui nous propose un roman "uchronique", ressuscitant la Reine Astrid de l'accident automobile de Küssnacht, tandis que son royal époux décède sur le coup.

 

Une inversion des rôles qui change le cours des événements et d'une Histoire belge que l'auteur imagine avec une fougue jubilatoire :  attendant la majorité de Baudouin, âgé de 4 ans à l'époque, la Reine Elisabeth accepte d'assurer la régence du Royaume. La guerre 40-45 la propulse Commandant en Chef de l'Armée, rôle qu'elle assume avec autorité et courage. Exilée en Espagne et à Londres, la famille royale aura la grande joie de s'adjoindre les services d'une gouvernante, hors pair, une certaine Lilian Baels....

 

Dotée d'une connaissance aiguë de cette période de l'Histoire, Stéphane de Lobkowicz s'offre le plaisir visible de la réorganiser. Les lecteurs un peu perdus - dont je suis - pourront remettre leurs pendules à l'heure des faits avérés en découvrant l'annexe rédigée par Charles de Trazegnies, en fin d'ouvrage , " Les faits tels qu'ils se sont réellement produits et succédés dans le temps."

 

Dès lors, autant savourer en toute sérénité , le mauvais quart d'heure que la Reine Elisabeth fait passer à Hitler, l'invectivant en son dialecte bavarois natal, le lapin que le Prince Charles pose à l'Occupant (allemand) et le cri (du coeur) d'un certain Jules Lahaut....

 

Apolline Elter

 

La reine Astrid n'est pas morte à Küssnacht, Stéphane de Lobkowicz, roman historique (uchronique), Editions de l'Arbre, novembre 2011, 332 pp, 18,9 €

 

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23 11 11

« Hôtel Rwanda » à Berlin

Refuge en enfer.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 23/11/2011 dans les colonnes du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Le 24 avril 1945, des soldats russes prennent le contrôle du quartier Wedding à Berlin et découvrent un bâtiment à peu près intact abritant plusieurs centaines de personnes – médecins, infirmières, malades, personnel non médical, et un groupe d'individus hétérogène. Un homme s'avance : « Ceci est l'hôpital juif. Nous sommes juifs ». Les Russes sont incrédules, persuadés que tous les Juifs d'Allemagne étaient morts.

 

L’ouvrage de Daniel B. Silver intitulé Refuge en enfer paru chez André Versaille à Bruxelles narre par le menu comment un hôpital de Berlin qui abritait des centaines de Juifs – pour la plupart mariés à des non-Juifs – a survécu au cœur du cyclone nazi, parce qu’il avait été maintenu en service par la Gestapo à des fins de propagande certes, mais aussi en raison d’une conjonction de facteurs comme la bureaucratie et la convoitise immobilière des services d’Himmler opposés à ceux d’Eichmann, la rivalité entre l’Académie de médecine de la jeunesse et le RSHA et, surtout, grâce aux capacités manœuvrières du médecin-chef de l'hôpital, le Dr Walter Lustig, un Juif allemand qui, à force d’adresse, de ruses et de persuasion, protégea de la déportation les membres clés de son équipe et garda l’hôpital en état de marche tout en favorisant la fuite ou la simple survie d’un certain nombre de ses patients.

 

Pour fonder son récit captivant, Daniel B. Silver a mené une enquête fouillée, appuyée sur des interviews de personnes ayant vécu ou travaillé durant toute la guerre ou une partie de celle-ci dans l'enceinte de l'hôpital, et ces témoignages ont été complétés et recoupés grâce notamment aux mémoires de Hilde Kahan, la secrétaire du Dr Lustig.

 

Dont il ressort l’existence de nombreux points communs entre Walter Lustig et Paul Rusesabagina qui, en 1994, sauva du génocide à la machette pas moins de 1266 personnes réfugiées dans l’enceinte de l’Hôtel des Mille Collines à Kigali.

 

Les derniers des Justes ?

 

PÉTRONE

 

Refuge en enfer par Daniel B. Silver, Bruxelles, André Versaille éditeur, août 2011, 302 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 21,90 €

 

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22 11 11

Renaissance et exécution…

Giordano Bruno.gifL'article ci-dessous a paru dans la newsletter de novembre 2011 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'avoir été mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

 

Dans Giordano Bruno - La vie tragique du précurseur de Galilée, un récit haletant paru à Bruxelles aux éditions André Versaille, le biographe français Jean Rocchi explique avec beaucoup de talent comment et pourquoi, le 17 février 1600, les soldats de l'Inquisition ont conduit au bûcher, après de longues années de procès, ce frère dominicain né cinquante-deux ans auparavant à Nola, un village du sud de l’Italie aux pieds du Vésuve, qui avait défendu la vision hérétique d'un univers infini et d'un ciel peuplé de cent mille soleils.

 

Doté d’une intelligence exceptionnelle et d’un goût irrésistible pour la provocation, le premier cosmologue italien moderne, disciple de Copernic, était un esprit rebelle aux dogmes de l’Église catholique et du calvinisme, ce qui lui valut les foudres des autorités religieuses et universitaires de son temps, mais aussi l’admiration de quelques grands penseurs et hommes politiques, comme le podestat vénitien Zuane Mocenigo qui le fit venir à la Sérénissime en 1591 pour y enseigner l'art de la mémoire et la géométrie – ce qui ne l’empêcha pas de livrer Giordano Bruno à l’Inquisition vaticane le 23 mai 1592.

 

Soumis à des interrogatoires interminables et à la torture, celui qui, au cours d’une vie d’errance à travers l’Europe, avait eu notamment l’honneur d’enseigner en 1582 au collège de Cambrai (le futur Collège de France) à Paris et pour qui Henri III avait ensuite créé à la Sorbonne une chaire « extraordinaire », fut brûlé nu sur le Campo dei Fiori à Rome en sacrifiant sa vie à la vérité après avoir obstinément refusé d'abjurer ses idées.

 

Qui avaient cependant – Dieu merci ! – grandement fait leur chemin, ainsi que l’explique l’historienne des idées Gisèle Venet, professeur émérite à la Sorbonne Nouvelle, dans la postface éclairée qu’elle a donnée à ce récit de vie riche en bruit, en fureur et en rebondissements…

 

Bernard DELCORD

 

Giordano Bruno - La vie tragique du précurseur de Galilée par Jean Rocchi, postface de Gisèle Venet, Bruxelles, André Versaille éditeur, collection « Des hommes dans l’histoire », août 2011, 262 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 22,90 €

 

Pout vous, nous avons recopié dans ce récit passionnant ces quelques lignes édifiantes :

 

Comment le saint tribunal en vint à la torture…

 

Ce même jour de septembre, les révérends pères et prélats présents à la séance du saint tribunal font un tour de table. Le procureur fiscal Giulio Monterenzi, donnant le ton, estime que, pour la première partie du procès, la culpabilité de Bruno n'est pas encore été établie sur les propositions qu'on lui reproche. Il demande qu'« il soit torturé sur les autres propositions ». Le deuxième orateur, le R.P. Marcello Filonardo, assesseur du tribunal, dit la même chose : le frère Giordano ne peut pas encore être considéré comme confondu. « Il faut néanmoins qu'il soit torturé fortement et qu'on lui fixe un terme pour se repentir. » Le commissaire général du Saint-Office, le R.P. Alberta da Fiorenzuola, est du même avis : « Étant donné l'infamie de cet homme, étant donné qu'on ne peut avoir contre lui d'autres témoins que des criminels emprisonnés, et qu'il n'est pas près d'être confondu sur certains points, il faut le torturer fortement sur ces questions et sur les questions où il a déjà été confondu ». Le R.P. Petrus Millinus est exactement du même avis. Le R.P. frère Ippolito Maria Beccaria en rajoute, demandant « qu'il soit torturé non seulement une fois, mais plutôt deux fois et qu'il soit jugé sur le contenu de ses aveux ». Dernier à s'exprimer, le R.P. Anselmus Dandinus demande aussi « la torture, sur le chef d'accusation de la Trinité, et, si les réponses ne satisfaisaient pas », suggère « qu'on le livre au bras séculier ».

 

Le Très Saint-Père Clément VIII, arrivé de Monte Cavallo, écoute la lecture des votes des révérends pères et prélats, docteurs en théologie et en droit, et décrète et ordonne « qu'on fixe un terme à Bruno pour se repentir en ce qui concerne les sujets sur lesquels il a avoué et qu'entre-temps on étudie bien les dires des témoins et ses confessions: que sa cause soit de nouveau présentée ».

 

Ainsi la tragédie se prolongeait et cette lenteur de procédure faisait partie de la mise en scène : il fallait une apparence de recherche avant de condamner. Avec la cruauté des intentions, les compléments ‘information confirmaient, paradoxalement, l’échec des révérends et prélats : après huit années de détention et de procès, ils n'avaient pas réussi à soumettre le philosophe.

 

Le lendemain, 10 septembre, le Nolain entendit une rumeur montée de la ville, le bruissement indistinct d'une foule du côté sud, près de Tor di Nona, cris, appels, gens remuants, amassés là, sur les berges du Tibre. Hurlements. Un tenaillement probablement. Une foule sans doute considérable. Bruno tendit l'oreille. Tant de spectateurs... Des cris, des hurlements, des gens devaient se noyer. Des décollations bien sûr. Toute l'animalité de la ville devait être au rendez-vous... Bruno comprit les moments de stupeur de la populace, par deux fois, au bruit sec d'une lame sur un billot, petit claquement effrayant qu'il avait maintes fois entendu depuis des années. Le canon tonna juste au-dessus de sa tête, à quelques toises de sa geôle, sur la terrasse de Saint-Ange, suivi d'un autre coup mat et d'une grande stupeur collective : une troisième décapitation, sans doute...

 

Bruno n'allait pas tarder à apprendre les raisons de l'agitation : les tortures et la décapitation des enfants Cenci, en application d'un « motu proprio » du pape. Béatrice et ses deux frères, fils d'une très riche famille romaine, accusés sans preuve d'avoir assassiné leur père.

 

Pour Bruno, les juges allaient donc utiliser la peine vive pour lui arracher des confessions. La torture est une pratique courante dans ce genre d'affaire. Le Manuel des inquisiteurs qui en « réglemente » l'usage n'était pas équivoque : on torture l'accusé vacillant dans ses réponses, qui affirme tantôt ceci, tantôt le contraire, tout en niant les chefs les plus importants. Bruno nie l'essentiel et discute des diffamations. On torture un diffamé même s'il a contre lui un seul témoin à charge. Bruno en a plusieurs. On torture le diffamé contre lequel on a réussi à établir plusieurs indices. Bruno a tous ses écrits contre lui. On ne torture que les prêtres infâmes. Les révérends et les prélats de l'Inquisition l'estiment « coupable » et « infâme ».

 

Sa Sainteté ordonna la suite des recherches. Une semaine après le sinistre tour de table, le tribunal s'imagina avoir fait plier l'accusé. Le Nolain aurait enfin reconnu ses « erreurs ». Il lui restait quarante jours pour se mettre à genoux en l'église Santa Maria sopra Minerva et renier, en grande pompe, toute son œuvre.

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22 11 11

Le pas si bon vieux temps…

Les vies secrètes du vieux Paris.gifL'article ci-dessous a paru dans la newsletter de novembre 2011 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'avoir été mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

 

Sous-titré Le livre d'or des petites gens, des mauvais garçons et des filles de joie, l’ouvrage de Philippe Mellot intitulé Les vies secrètes du vieux Paris, qui a paru récemment aux Éditions Omnibus, fait revivre avec brio, surgie des bas-fonds de Pantruche, une vaste galerie de personnages répondant aux doux noms de la mère Cloporte, Cunégonde Grimard, Marie la Malice, Poil aux Pattes, Tampon et l'Anguille, la mère Moskow ou encore La Colique...

 

À leurs côtés sont réunis quelques stupéfiants héros de la vie parisienne : saltimbanques, cabaretiers, camelots, éleveur d'escargots, professeur de cris, montreur de lièvre, réveilleuses, chasseurs de chauves-souris, fabricants de chapelure, d'asticots ou d'os de jambonneau... des entrepreneurs à l'imagination prodigieuse dont les pratiques ont, pour la plupart, disparu des rues de la capitale française.

 

Ces caractères si pittoresques, l’auteur les a traqués dans les quartiers populaires jusqu'aux barrières de Paris où s'étendaient les paysages étranges et désolés des bords de la Bièvre, des fortifications, des carrières d'Amérique ou encore des cités de chiffonniers.

 

Près de 400 photographies, dessins et affiches, pour beaucoup inédits, illustrent cette exploration des quartiers pauvres et ténébreux de la « Ville-lumière » telle qu’ils étaient il y a cent ou cent cinquante ans.

 

Une plongée passionnante derrière le miroir aux alouettes !

 

Bernard DELCORD

 

Les vies secrètes du vieux Paris par Philippe Mellot, Paris, Éditions Omnibus, octobre 2011, 240 pp. en quadrichromie au format 19 x 25,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 31 € (prix France)

 

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage édifiant les quelques lignes suivantes :

 
 

Une industrie très particulière

 

Le trucage des denrées au XIXsiècle était un véritable sport national que les autorités ne parvenaient le plus souvent pas à endiguer. Si ça n'était sans doute pas une spécificité parisienne, les industriels de la capitale montraient toutefois des trésors d'ingéniosité pour flouer leur clientèle, généralement modeste car les plus riches disposaient d'un palais à qui on ne la faisait pas. Remarqué par Pierre-Léonce Imbert, le nommé Louis Z... était un de ces petits malins, un habitué d'un marchand de gros bleu de la rue Saint-Médard :

 

« C’était un de ces vieux cacochymes inutiles, ruinés par le libertinage, parasites fixés aux flancs de leur famille comme des poux à la peau des gueux espagnols ; semi-gâteux dont chacun souhaite la mort, et qui, l'âme au bout de la langue, toujours près de cracher leur dernière salive, vivent ou languissent presque autant de lunes que Mathusalem pour l'ennui de leur entourage.

 

Louis Z..., qui entretenait une maîtresse, se procurait des ressources assez considérables au moyen d'une industrie des plus curieuses, qu'il exploitait de compte à demi avec le mastroquet propriétaire de l'immeuble. Je le voyais pénétrer souvent dans l'arrière-boutique, et chaque jour, vers midi, une dizaine d'individus venaient lui apporter des sacs qu'il pesait aussitôt et payait de vingt-cinq à soixante centimes l'un, mais davantage, rarement moins.

 

Les sacs mystérieux contenaient des restes de pain ramassés un peu partout, mais principalement sur les tas d'ordures et dans les caisses que les ménagères déposent le matin, pour les boueurs, sur le pas de leur porte. Toutes les espèces de pain s'y trouvaient représentées. Il y avait des morceaux si durs qu'à les mordre un dogue se fût cassé les dents. D'autres, couvert d'une moisissure verdâtre, aussi longue que la barbe d'un patriarche, eussent fait les délices d'un botaniste. Beaucoup, recueillis au fond des cabarets, avaient des taches de vin. Quelques-uns, découpés en tartines, étaient encore enduits de la confiture qu'avaient négligemment léchée des enfants gâtés.

 

Après avoir pesé ces ignobles croûtes, à demi mâchées pour la plupart et rejetées par suite d'un engouement subit, Z... les transportait dans une cour obscure dans un hangar où deux compères allaient les transformer en... chapelure.

 

Un triage succinct était fait par un manchot, qui poussait de son pied nu, – si l'on peut appeler nu un pied recouvert d'une véritable chaussette de crasse – d'un côté, les bribes brûlées produisant une belle chapelure brune, de l'autre, les miettes moins cuites réservées à la confection d'une jolie chapelure blonde. Deux camarades de Z…, tournant chacun une roue, mettaient en branle une machine assez semblable aux moulins à café des grandes maisons d'épicerie. Assis sur des escabeaux, ils abaissaient et redressaient leur torse avec la régularité d'automates articulés au coccyx. Le plus vieux, affligé d'un nez violâtre d'ivrogne, superbement veiné d'indigo comme une agate précieuse, bavait continuellement sur la mouture; le moins âgé chiquait et crachait sur les tas avec la même insouciance. – Peuh ! disait-il, c'est les bourgeois qui mangent ça !

 

Détail supplémentaire, les rats, dont le quartier est infesté, ont complètement disparu de la fabrique de chapelure ! »

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19 11 11

La bataille de trop ?

 Le dernier assaut.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 19/11/2011 dans les colonnes du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Constituant une profonde remise en question, l’essai de l’historien britannique Charles Whiting intitulé Le dernier assaut qui vient de paraître aux Éditions Luc Pire à Liège dans une collection dirigée et éditée par votre serviteur jette un fameux pavé dans la mare.

 

Car les historiens de la Deuxième Guerre mondiale ont généralement admis que les Américains furent complètement surpris par la dernière offensive allemande, la percée d’Ardenne en décembre 1944, connue comme la Bataille d’Ardenne ou Bataille du Saillant.

 

Mais furent-ils réellement pris de court ? Dans cette remarquable réévaluation des jours dramatiques qui précédèrent le dernier Noël de la guerre, Charles Whiting affirme qu’ils ne le furent probablement pas. La question suivante vient alors à l’esprit : « Si les Américains savaient que les Allemands arrivaient, pourquoi ne renforcèrent-ils pas leurs troupes dans le secteur faiblement défendu de l’Ardenne ? »

 

Pourquoi, en effet !

 

Ce qui est certain, c’est que, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les détenteurs des archives officielles relatives à cette page d’histoire se sont toujours opposés à tout examen de celles-ci, en dépit du Freedom of Information Act.

 

L’auteur soulève donc une autre question : « Quelqu’un essaierait-il de cacher quelque chose et pourquoi ? »

 

Sur la base de ce qu’il a pu recueillir dans des documents non encore classés et à partir des renseignements fournis par les nombreux survivants des combats avec lesquels il est entré en contact, Charles Whiting tente de répondre à ces questions.

 

Ce faisant, il suggère que, si et quand toutes les informations concernant la Bataille d’Ardenne seront rendues disponibles, il faudra peut-être reconsidérer sérieusement cette campagne brève mais sanglante dans laquelle des milliers de jeunes soldats américains perdirent la vie, à un moment où beaucoup estimaient la guerre comme pratiquement gagnée…

 

PÉTRONE

 

Le dernier assaut par Charles Whiting, ouvrage traduit de l’anglais par Paul Maquet et Josette Maquet-Dubois, Liège, Éditions Luc Pire, 302 pp. de texte + 16 pp. de photographies en noir et blanc au format 14 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 28 €

 

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12 11 11

Quand la parole était aux actes…

 

Les Français parlent aux Français (1941-1942).jpgL’ouvrage intitulé Les Français parlent aux Français 1941-1942, présenté par Jacques Pessis et qui vient de paraître aux Éditions Omnibus à Paris constitue le deuxième tome d’une série de documents historiques exceptionnels proposant un choix inédit des meilleurs textes de la mythique émission éponyme diffusée sur Radio Londres entre juin 1940 et octobre 1944.

 

Le premier volume s’arrêtait au 18 juin 1941, un an après le fameux appel du général de Gaulle qui marqua la naissance de la France Libre. Le deuxième va du 19 juin 1941 à fin novembre 1942 et commente les événements de l’époque : l’attaque de l’URSS par les Allemands et les premiers revers des armées de l’Axe confrontées à l’hiver russe, les succès des forces alliées en Afrique du Nord, le durcissement de la mainmise nazie sur le territoire français et la résistance qui s’organise, les persécutions des Juifs et les rafles, les déportations (en particulier en Europe de l'Est), le STO...

 

Malgré le brouillage et les arrestations, l'audience grandit sur le continent, alors que la résistance s'organise et que la guerre, désormais mondiale après l'engagement des États-Unis, est à un tournant.

 

Sous la plume de personnalités telles que René Cassin, Georges Bernanos, Miriam Cendrars, Jacques Maritain, Georges Boris, Jules Romains, Jacques Soustelle – et même Winston Churchill–, de chroniqueurs réguliers tels que Maurice Schumann, Michel Saint-Denis alias Jacques Duchesne, Jean Oberlé, Henri Hauck, Pierre Maillaud alias Pierre Bourdan, François Quilici, Paul Bonifas, on découvre, jour après jour, la réalité du conflit par des commentaires de l’actualité, messages de résistance et d’espoir autant qu’efficace contre-propagande à l’idéologie nazie et vichyste. Des encadrés historiques proposent mois par mois un résumé de la situation du moment ainsi que des gros plans sur des personnalités (Pierre Brossolette, Honoré d’Estienne d’Orves, le général Georges Catroux, Pierre Billotte, Franck Bauer, Jean Moulin, Emmanuel d’Astier de la Vigerie…).

 

Les voix de la liberté…

 

Bernard DELCORD

 

Les Français parlent aux Français 1941-1942 présenté par Jacques Pessis, préface de Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Paris, octobre 2011, Éditions Omnibus en association avec la Fondation Charles-de-Gaulle, 1600 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 19,8 cm sous couverture brochée à rabats et en quadrichromie, 34 € (prix France)

 

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11 11 11

Morceaux de bravoure…

 Stratèges.gifGuerriers implacables ou soldats de carrière prudents et dévoués, monarques ou citoyens ordinaires poussés par les circonstances au premier plan de la guerre, les maîtres de la stratégie militaire ont marqué l’histoire d’une empreinte indélébile.

 

Certains appréciaient le combat, d'autres cherchaient avant tout à limiter les pertes humaines, et tous ont vu leur action modifiée de manière radicale par les innovations technologiques et les changements sociopolitiques.

 

Somptueusement illustré et parcourant la période allant de l’Égypte et de la Grèce antique à l'époque contemporaine, le beau livre intitulé Stratèges qui vient de paraître chez Flammarion à Paris brosse le portrait de plus de 240 commandants militaires de génie ayant mené leurs troupes sur l'un ou l'autre des cinq continents : Ramsès II, Alexandre le Grand, Hannibal, Vercingétorix, Jules César, Attila, Bélisaire, Charlemagne, Charles Martel, Guillaume le Conquérant, Frédéric Barberousse, Saladin, Richard Cœur de Lion, Le Cid, Gengis Khan, Tamerlan, le samouraï Taira Tomomori, Bertrand du Guesclin, Alexandre Nevski, Suleyman le Magnifique, Hernan Cortés, François Ier, Frédéric le Grand, le duc de Marlborough, George Washington, Napoléon Bonaparte, Horatio Nelson, le duc de Wellington, Ulysses S. Grant, Geronimo, Giuseppe Garibaldi, Hubert Lyautey, les deux Helmuth von Moltke, Joseph Joffre, Ferdinand Foch, Philippe Pétain, Pancho Villa, Mustafa Kemal Atatürk, Francisco Franco, Georgi Joukov, Erwin Rommel, Bernard Montgomery, Chester Nimitz, Douglas MacArthur, George S. Patton, l’amiral Yamamoto, Ernesto « Che » Guevara, Vo Nguyen Giap, Moshe Dayan, Yasser Arafat, Norman Schwartzkopf et même… Oussama ben Laden...

 

L'ouvrage relate leurs hauts faits les plus mémorables et analyse les tactiques qui leur ont assuré la victoire, tandis que de nombreux schémas permettent de comprendre le déroulement des batailles clés.

 

Les passionnés d’exploits belliqueux comme ceux qui ne le sont pas – « À la guerre comme à la guerre… »- trouveront dans ces pages héroïques une somme précieuse de renseignements historiques précis, de biographies succinctes et d'anecdotes militaires éclairantes ainsi qu’une iconographie remarquable, fort bellement mise en valeur.


Bernard DELCORD


Stratèges de l’Antiquité à nos jours, ouvrage collectif, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2011, 360 pp. en quadrichromie au format 26 x 30,8 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 40 € (prix France)

 

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06 10 11

Territoires de la mémoire

 

Les lieux de l’histoire de France.gifEn collaboration avec les guides Michelin qui en ont rédigé le texte, les Éditions Gallimard ont fait paraître au format de poche un passionnant inventaire à double entrée (chronologique et alphabétique) intitulé Les lieux de l’histoire de France. De la Préhistoire à 1945 dans lequel les promeneurs dans l’hexagone trouveront des explications succinctes sur les traces qu’y a laissées le passé : grottes, rues, ruines, vestiges, châteaux, églises, chapelles, bâtiments administratifs, plaques, objets commémoratifs, statues, mémoriaux, sites guerriers ou paysages champêtres retournés à l'agriculture après avoir été labourés par les guerres…

 

Un ouvrage à placer en permanence dans la boîte à gants de la voiture !

 

Bernard DELCORD

 

Les lieux de l’histoire de France. De la Préhistoire à 1945, Paris, Éditions Gallimard, collection « folio histoire », mai 2011, 450 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,7 cm sous couverture brochée en bichromie, 9,90 € (prix France)

 

Pour vous, nous avons recopié dans ce vaste répertoire documentaire le texte suivant :

 

La reddition de Calais

(3 août 1347)

 

La proximité des côtes anglaises a présidé à la destinée de Calais. Située sur le « pas » (détroit) auquel elle a donné son nom, la ville est le premier port de France et le deuxième au monde pour le trafic des voyageurs. Depuis l'époque des conflits impliquant la France et l'Angleterre, jusqu'à la dernière guerre mondiale, Calais est une porte stratégique entre les deux pays. Après sa victoire de Calais, Édouard III veut terminer sa « chevauchée », nous dirions aujourd'hui un raid en profondeur, en embarquant à Calais.

Le roi anglais entame le siège de la place le 3 septembre 1346. Onze mois plus tard, le gouverneur résiste toujours. Affamés, les assiégés sont néanmoins obligés de capituler. Le roi d'Angleterre accepte de laisser la vie sauve aux Calaisiens à condition que six bourgeois se sacrifient et se livrent « les chefs nus, les pieds déchaux, la hart (corde) au col, les clefs de la ville en leurs mains ». Menés au bourreau par Eustache de Saint-Pierre, en chemise, les héros se présentent devant le roi. La reine, Philippa de Hainaut pâlit : « Ah, gentil sire, depuis que j'ay passé la mer en grand péril, je ne vous ay rien demandé ; si vous prye et requier à jointes mains, que pour l'amour du filz de Nostre Dame vous veuilliez avoir merci d'eulx ». Les six notables repartent saufs... mais humiliés. Cet épisode, parmi les plus illustres de la guerre de Cent Ans, est peut-être tout droit sorti de l'imagination du chroniqueur Froissart, protégé de Philippa. En 1558, après deux cent dix ans de domination britannique, Calais est reconquise par le duc de Guise. C'est un coup mortel pour la reine d'Angleterre, Marie Tudor, qui déclare : « Si l'on ouvrait mon cœur, on y trouverait gravé le nom de Calais ».

 

Monument des Bourgeois de Calais

 

Cette œuvre de Rodin a été inaugurée en juin 1895 en présence de Félix Faure, président de la République, sur l'emplacement des anciennes fortifications. C'est la seule œuvre de Rodin qui fut exposée de son vivant. Ces six effigies de bronze grandeur nature, frémissantes de vie et d’émotion, hautaines et tendues, veines et muscles gonflés, sont l'aboutissement de dix années d'études et de recherches du sculpteur. Ce groupe exprime la noblesse héroïque de ces hommes, contraints à s'humilier devant le roi d'Angleterre.

 

Place d' Armes

 

Elle se situe au cœur du Calais médiéval, détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. Culminant à 38 mètres au-dessus du niveau de la mer, la tour du Guet (XIIIsiècle) permettait de surveiller les menaces ennemies et de guetter les incendies. Depuis cette tour, le gouverneur, Jean de Vienne, proposa la capitulation de la place forte et fit connaître les conditions imposées par Édouard aux Calaisiens. Elle servit de phare au XIXe siècle, et fut successivement support au télégraphe Chappe, poste de télégraphe optique pour le génie et colombier militaire. La cloche posée au sol date de 1770.

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27 09 11

« Qui a le droit avec soi peut aller le front haut. » (Sophocle)

Les 100 dates du droit.gifProfesseur à la Faculté de droit de Montpellier I, ancien recteur d'Académie et ancien professeur à l'Université Panthéon-Assas (Paris), Jean-Marie Carbasse vient de faire paraître dans la capitale française, aux Presses universitaires de France, dans la fameuse collection "Que sais-je ?", un petit essai intitulé Les 100 dates du droit dans lequel il rappelle que le droit d'aujourd'hui est le résultat d'une histoire faite de codes, de textes fondamentaux, de concepts, d'usages, d'institutions, de jurisprudence, mais aussi d'événements politiques et d'évolutions sociales, histoire sur laquelle les juristes s'appuient encore aujourd'hui pour proposer des solutions, parce que c'est à la lumière de ces savoirs divers et anciens que se construit la compréhension du droit contemporain.

 

Depuis les « Lois d'Ur-Nammu » (v. 2100-2050 av. J.-C.) jusqu'à la toute récente « Question prioritaire de constitutionnalité » (2010), il a donc entrepris de présenter et d'expliciter avec pédagogie et clarté, le(s) sens de 100 dates essentielles à une bonne « culture juridique ».

Un ouvrage essentiel pour tous les professionnels de la chose juridique, mais aussi un outil de démocratie à l'usage de chacun d'entre nous…

 

Bernard DELCORD

 

Les 100 dates du droit par Jean-Marie Carbasse, Paris, Éditions des Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », juin 2011, 127 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,6 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 9 € (prix France)

 

Les 100 dates :

v. 2100-2050 : Lois d’Ur-Nammu – v. 1750 : « Code » de Hammourabi – Fin du XIIIe siècle av. J.-C. : Moïse reçoit les Tables de la Loi – 970 ?-931 ? : (Jugement de) Salomon – 621 : « Lois » de Dracon – 594-593 : « Lois » de Solon – 451-450 av. J.-C. : Loi des Douze Tables277-213 ? : Loi Aquilia27 av. J.-C. - 14 après J.-C. : Leges Juliaev. 46 après J.-C. : Sénatus consulte Velleien – 130 : Rédaction définitive de l’Édit du préteur – 212 : Édit de Caracalla – 228-229 : Mort d’Ulpien – 311-313 : « Édit » de Milan – 438 : Code théodosien – 476 : Code d’Euric – v. 502 : Loi des Burgondes – 506 : Bréviaire d’Alaric – 507-511 : Promulgation de la Loi salique par Clovis – 528-533 : La compilation de Justinien – 622 : Hégire – 789 : Admonitio generalis de Charlemagne – v. 1100-1150 : Débuts de l’école juridique de Bologne – 1140-1150 : Décret de Gratien – 1163-1173 : Usages de Barcelone – 1215 : Grande Charte du royaume d’Angleterre – 1220-1235 : Sachsenspiegelv. 1230-1240 : La Grande Glose – 1231 : Constitutions de Melfi – 1234 : Décrétales de Grégoire IX – 1254 : Ordonnance de Saint-Louis pour la réforme du royaume – v. 1260 : Les Siete partidas1274 : Saint Thomas d’Aquin – 1283 : Philippe de Beaumanoir, Les Coutumes de Beauvaisis1347 : Mort de Bartole – 1454, avril : Ordonnance de Montils-lès-Tours1532 : Constitutio criminalis carolina1539 : Ordonnance de Villers-Cotterêts – 1566 : Mort de Charles Du Moulin – 1566 : Édits de Moulins sur le domaine public – 1576 : Jean Bodin, Les Six Livres de la République1579 : Ordonnance de Blois – 1580 : « Nouvelle coutume » de Paris1590 : Mort de Jacques Cujas – 1598 : Édit de Nantes – 1623 : Hugo Grotius, De jure pacis ac belli1641 : Édit de Saint-Germain – 1651 : Hobbes, Léviathan1667 : Ordonnance civile – 1670 : Ordonnance criminelle – 1673 : Ordonnance du commerce – 1679, avril : Édit sur l’enseignement du droit – 1679 : Habeas Corpus Act1681 : Ordonnance de la Marine – 1685 : Code Noir – 1689 : Jean Domat, Les Lois civiles dans leur ordre naturel1689 : Bill of Rights1690 : Locke, Deux traités du Gouvernement civil1731-1747 : Ordonnances du Chancelier d’Aguesseau – 1748 : L’Esprit des Lois1762 : Le Contrat social1764 : Beccaria, Des délits et des peines1776 (4 juillet) : Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique – 1786 : La Leopoldina1787 : Code pénal de l’empereur Joseph II – 1789, août : Déclaration des droits de l’homme et du citoyen – 1790 (16-24 août) : Loi sur l’organisation judiciaire – 1791 (3 septembre) : Première constitution écrite de la France – 1791 (25 septembre-6 octobre) : Premier code pénal français – 1794 : Codification du droit prussien – 1800 (17 février = 28 pluviôse an VIII) : Loi concernant la division du territoire de la République et de l'administration – 1801 : Concordat – 1804 : Le Code civil des Français – 1806 : Le code de procédure civile – 1807 : Le code de commerce – 1808 : Le Code d’instruction criminelle – 1810 : Le Code pénal – 1811 : Le Code civil autrichien – 1814 : Friedrich Carl von Savigny, Vom Beruf unserer Zeit für Gesetzgebung und Rechtswissenschaft1832 : Loi de réforme du code pénal – 1841 : Loi sur le travail des enfants – 1848 (4 mars et 27 avril) : abolition de l’esclavage – 1867 : Loi sur les Sociétés anonymes – 1873 (8 février) : Arrêt Blanco – 1881 (29 juillet) : Loi sur la liberté de la presse – 1884 (21 mars) : Loi sur la liberté syndicale – 1886 (1ermai) : Journée de huit heures aux États-Unis – 1900 : Code civil de l’Empire allemand (BGB) – 1901 : Loi sur la liberté d’association – 1905 : Loi du 9 décembre portant séparation des Églises et de l’État – 1945 (8 août) : Création du tribunal de Nuremberg – 1948 (10 décembre) : Déclaration universelle des droits de l’homme – 1950 : Convention européenne des droits de l’homme (4 novembre 1950) – 1957 (25 mars) : Traité de Rome – 1958 : Constitution de la Cinquième République – 1981 : Abolition de la peine de mort en France – 1986 (26 février) : Acte unique européen – 1990-2008 : Lois dites « mémorielles » – 1993 : Traité de Maastricht – 2010 : Question prioritaire de constitutionnalité.

 

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22 09 11

Convers(at)ion

9782350871745.jpgImaginez l'(amène) conversation qu'ont pu mener Bonaparte, alors premier Consul et Jean-Jacques Régis de Cambacérès,  son deuxième Consul, une soirée de l'hiver 1803-1804, tandis que se profile, dans le chef du premier, la perpective de l'Empire.

 

 Ou plutôt, n'imaginez pas, Jean d'Ormesson l'a fait pour vous et avec quel brio. ...

 

 "Napoléon perce sous Bonaparte" : Le Consul avoue à son fidèle allié, son ambition pour la France - qu'il estime avoir sauvé de la ruine- et pour lui-même:

 

" Bonaparte:

Il ne restait plus rien debout après vingt ans de médiocrité et dix ans de désordre. Je voulais faire de grandes choses, et qui durent. Je rêvais d'une chevalerie républicaine pour récompenser le mérite méprisé par nos rois, traîné dans le sang par les jacobins: j'ai créé la légion d'honneur. Je réclamais un recueil de lois digne de Moïse, de Solon, de Justinien: j'ai imposé le Code civil, rédigé, grâce à vous, dans un style capable de faire pâlir d'envie les poètes et les romanciers..."

" Je veux rétablir une monarchie qui soit républicaine. Et ma République à moi est romaine, militaire, guerrière, conquérante. Mon modèle n'est pas Versailles, mon modèle est Rome. Et mon modèle n'est pas les Bourbons, mon modèle est César"

 

S'il a librement inventé les complaisantes répliques de Cambacérès, l'Académicien attribue au Premier Consul des phrases et pensées réellement formulées, puisées dans les archives de l'époque. Voilà qui  rend la démarche intéressante et promeut le lecteur, spectateur d'un moment-clef de l'histoire de France.

 

"Napoléon n'est le fils que de ses propres oeuvres. Il s'engendre lui-même. Il est un mythe vivant, une légende qui se crée, un dieu en train de surgir. Il est cette chose si rare à la source de toute grandeur dans la politique, dans l'art, dans la littérature, dans la science: une ambition au moment même où elle se change en histoire, un rêve sur le point de devenir réalité."

 

Apolline Elter

La Conversation, Jean d'Ormesson, dialogue (théâtral), Editions Héloïse d'Ormesson, septembre 2011, 122 pp, 15 €