14 07 11

« Il faut souffrir pour être belle ! » (Dicton populaire)

 

Corset.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 13/07/2011 sur le site des guides gastronomiques belges DELTA (www.deltaweb.be) :

 

La « Bibliothèque du costume » qui paraît aux Éditions du Rouergue à Rodez s’intéresse à des vêtements traditionnels, envisagés du point de vue historique, symbolique, technique, ainsi qu’à travers leurs avatars dans la mode.

 

Elle s’est enrichie d’un joli petit ouvrage intitulé Corset, rédigé par le créateur de mode Hubert Barrère et par le critique d’art Charles-Hubert Boyer qui racontent avec verve, à travers des portraits inattendus et riches de significations à propos de chaque époque, l’histoire depuis l’Antiquité de ce vêtement issu de l’habit militaire et devenu, au fil du temps et après la perte de son rôle défensif, un objet de séduction féminine.

 

Masque qui cachait autant qu’il désignait ce qu’il soustrayait au regard, le corset au masculin, depuis le Moyen Âge, a protégé les organes vitaux, de batailles en tournois, tout en donnant raideur et virilité.

 

Au féminin, à travers ses méandres de fils et de nœuds, de laçages et d’enfilages, il en est rapidement venu à sanctuariser le « précieux », le corps sexuel mais aussi les élans du cœur.

 

Du pourpoint des aristocrates du XVIsiècle à la robe-corset de métal bleu signée Hubert Barrère en 2007 en passant par les modèles portés jadis par Elisabeth Ire d’Angleterre, Agnès Sorel, Henri III, Marie-Antoinette, Greta Garbo ou Marilyn Monroe et ceux imaginés de nos jours par Azzedine Alaïa, Dolce & Gabbana, Christian Lacroix, Thierry Mugler ou Mister Pearl, la riche iconographie de ce beau-livre invite à un voyage passionnant et inattendu dans les coulisses de la mode.

 

Bernard DELCORD

 

Corset par Hubert Barrère et Charles-Hubert Boyer, Rodez, Éditions du Rouergue, collection « Bibliothèque du costume », avril 2011, 128 pp. en quadrichromie au format 16,5 x 24,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 25 € (prix France)

 

Pour vous, nous avons recopié dans ce livre séduisant les quelques lignes suivantes :

 

De sophistication en condamnation

 

Sous le règne de Louis XV, les robes reprennent une structure plus rigide qui impose un retour au décolleté carré comme à une poitrine aplatie. Pour maintenir le buste droit et faire surgir pudiquement l’amorce de seins toujours couverts, le corset sera ferme, rigide, ajusté, même s’il abandonne le busc pour de nouvelles baleines. On comptera ainsi jusqu’à cent quatre fanons de baleine pour un seul corset, provenant principalement des Pays-Bas qui en organisent le commerce. Quand il est lacé sur le devant on le dit ouvert, dans le dos on le dit fermé. Dans les deux cas, il nécessite le concours de domestiques. Jeunes filles et fillettes se doivent de le porter dès leur plus jeune âge. Et certains modèles s’adaptent à la grossesse par l’ajout de lacets sur les côtés, ou à l’allaitement par des ouvertures sur les seins. À la fin du XVIIIsiècle, si le corset n’escamote plus les seins, c’est pour mieux les comprimer par-dessous de manière à les faire jaillir par-dessus, parfois jusqu’au débordement parmi des flots de mousseline et de dentelle. On appellera « échelle » une suite de nœuds de rubans de grandeur décroissante partant du décolleté qu’elle amplifie jusqu’à la taille qu’elle amincit par effet d’optique. Et si l’envers du corset est en simple toile écrue piquée, l’endroit est de plus en plus raffiné, en damas, satin, faille, soie brochée ou brodée.

 

Avec le règne de Marie-Antoinette à Trianon, les robes s’allègent et les corsets se relâchent à nouveau, sans nul doute sous la pression parallèle de médecins devenus hygiénistes et de nouveaux philosophes anti-corset, dont le célèbre Jean-Jacques Rousseau qui, dans Émile ou De l’éducation, fustige « l’usage de ces corps de baleine » qui coupent la femme en deux « comme une guêpe ». Le naturaliste Buffon condamne de même ce « pressoir à corps ». Aussi, la bergère de cour, à Trianon, se voudra-t-elle bien vite »au naturel » avec son simple petit fichu croisé sur les seins ! La Révolution mettra définitivement le corset au pilori en prônant un retour à un « antique » entièrement revisité et une taille haute. Rubans et plissés soulignent ou séparent alors les seins sur des robes de tulle ou de mousseline, légères et presque transparentes jusqu’à l’avènement de l’impératrice Joséphine qui impose le velours et réintroduit le corset ; pour générer artificiellement des formes « qu’elle n’avait pas naturellement » répondront les critiques !

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29 06 11

Lettres de change… ment

 

12 lettres qui ont changé l'Histoire.gif« Une simple lettre peut être la trame d'une véritable histoire, un tableau ponctuel et circonstancié, restituant des événements aux conséquences insoupçonnées. »

 

Inscrit dans la nouvelle collection duodécimale des éditions Pygmalion, l'essai de Christian Bouyer aborde l'Histoire de France par le biais de douze lettres qui l'ont marquée de leur sceau : la déclaration de guerre de Louis XIII à l'Espagne se fait par le biais désuet d'un (sombre) héraut d'armes à Bruxelles, la fameuse lettre de la marquise de Sévigné à son cousin Coulanges, le 15 décembre 1670, annonce à la fois le mariage de la grande Mademoiselle, cousine de Louis XIV, avec Lauzun et ...son caractère peu probable, la lettre écrite par Marie-Antoinette, quelques instants avant sa mort révèle l'amour qu'elle voue à ses enfants et la nécessaire solidarité qu'elle veut imprimer à leur relation. Faisant figure de testament, l'écrit est beau, digne et émouvant.

 

Et puis, le célèbre « J'accuse » d'Émile Zola, lettre ouverte, parue dans l’Aurore du 13 janvier1898, dénonce la machination ourdie contre le lieutenant-colonel Alfred Dreyfus...

 

Prétextes à l’évocation précise du contexte de leur rédaction – c’est un attrait majeur de l'ouvrage – les 12 lettres rassemblées par Christian Bouyer nous projettent au cœur de l’Histoire de France, éclairés par le regard que les scripteurs lui portent.

 

Apolline ELTER

 

12 lettres qui ont changé l'Histoire par Christian Bouyer, Paris, Éditions Pygmalion, avril 2011, 342 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 20 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19,90 € 

21 06 11

La musique au pas...

 

Scandale musical à Moscou.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 20/06/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Nous avons déjà eu l’occasion de chroniquer ici un ouvrage passionnant de Nicolas Werth à propos des massacres de masse perpétrés par les hommes de Staline dans les années 1930[1]. Cette fois-ci, ce spécialiste de l’URSS nous livre aux éditions Tallandier à Paris, avec Scandale musical à Moscou, 1948, la présentation et la traduction d’un fort bel opus écrit par son aïeul à la fin des années 1940. Alexander Werth, puisque c’est de lui qu’il s’agit, était un journaliste d’origine russe, ayant fui le pays peu après la Révolution d’Octobre pour s’installer au Royaume-Uni. Durant la Seconde Guerre mondiale, il fut l’un des seuls correspondants occidentaux à couvrir le conflit en Union Soviétique, vivant notamment le siège de Leningrad dont il livra un témoignage sidérant. Après la « Grande Guerre Patriotique », Werth resta en poste à Moscou où, bien introduit auprès de la nomenklatura, il fut un témoin privilégié des dernières années du régime stalinien, et notamment de sa politique en matière culturelle sur laquelle il s’arrête dans le présent ouvrage.

 

En ces années d’après-guerre, aucun domaine de la vie culturelle et artistique soviétique n’échappait en effet à la censure du Parti, qui surveillait et punissait ceux qui avaient l’audace de s’écarter du Réalisme Socialiste. Après la peinture, le cinéma et la littérature, ce fut au tour de la musique, pourtant art immatériel par excellence, d’être touchée par cette mise au ban dirigée depuis 1946 par le camarade Andreï Alexandrovitch Jdanov.

 

Dans sa chronique des événements, l’auteur s’attache à démonter les mécanismes qui ont précipité la chute des « Quatre grands » de la symphonie soviétique : Prokofiev, Chostakovitch, Miaskovsky et Khatchatourian. Considérés jusque-là, tant en URSS qu’à l’étranger, comme des noms majeurs de la musique contemporaine en raison de leurs innovations stylistiques, ces compositeurs devinrent presque du jour au lendemain infréquentables car taxés de « formalisme » par les instances du Parti. C’est en effet au cours de la Conférence des Musiciens, tenue durant trois jours de janvier 1948 à Moscou sous la direction de Jdanov lui-même, que la partie se joua contre les Quatre, et que le piège se referma sur eux. S’étant procuré le compte-rendu de cette réunion, Werth en livre une version critiquée.

 

Initiée après la représentation au Bolchoï, à la fin de 1947, de l’opéra La Grande Amitié de Vano Mouradeli, – cependant compositeur de troisième ordre – qui ne plut ni à Staline, ni à Jdanov, cette réunion vit défiler musiciens, directeurs de conservatoires, critiques musicaux, déclarant que la musique soviétique était malade d’influences bourgeoises néfastes qui la détournaient de la voie de la Révolution. Si Mouradeli se fit cracher dessus et dut reconnaître « ses erreurs » et « remercier le Parti de lui avoir ouvert les yeux », le tir de barrage se dirigea très vite vers les Quatre grands. C’est alors un cocktail empoisonné de jalousie et d’ambitions personnelles pour les uns, mêlé à la peur de déplaire pour d’autres, qui fit dire à ceux-là même qui les avaient portés en triomphe que ces quatre compositeurs étaient des musiciens antisocialistes qui s’étaient laissé berner par la musique décadente occidentale, pour ne s’adresser qu’à un public « esthète » et non plus au peuple.

 

Au cours de cette réunion, on détailla dès lors par le menu la notion somme toute très soviétique de « formalisme » dans lequel s’était laissée enfermer la musique soviétique par leur faute, et on préconisa d’en revenir aux grandes symphonies de Tchaïkovski ou de mieux s’inspirer des airs populaires de tous les peuples de l’URSS. Il s’agira dès lors d’abandonner toute innovation en matière musicale, considérée comme « reflet du marasme de la culture bourgeoise occidentale ».

 

L’ensemble des dispositions prises fut consigné dans un décret publié en février 1948 et bientôt reproduit en une de la Pravda. Suite à sa parution, on peut dire qu’au final, ce sont les fourbes qui ont gagné. C’est ainsi que Khrennikov, Zhakarov et Choulaki, des compositeurs médiocres d’hymnes populaires qui mirent un zèle particulier à critiquer cette musique « dégénérée », devinrent les nouveaux dirigeants de l’Union des compositeurs, à la place de… Chostakovitch et Khatchatourian. Les Quatre Grands, quant à eux, durent faire amende honorable en admettant « leurs fautes », sans jamais pouvoir reconquérir l’aura qui aurait dû leur revenir.

 

EUTROPE

 

Scandale musical à Moscou, 1948par Alexander Werth, traduit et présenté par Nicolas Werth, Paris, Éditions Tallandier, septembre 2010, 183 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 15,90 € (prix France)



[1] Voir notre chronique sur L’ivrogne et la marchande de fleurs.

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14 06 11

Quand le ver était dans le fruit…

 

Congo Belgique 1955-1965.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 14/06/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) et a paru dans la livraison de juin 2011 de la revue des Belges d’Afrique EBENE :


Décryptant, dans Congo Belgique 1955-1965 Entre propagande et réalité, un beau livre paru à La Renaissance du Livre à Bruxelles, la manière dont la photographie a rendu compte aux Belges de la métropole de la façon dont ont vécu les Blancs et les Noirs au Congo durant les cinq ans qui ont précédé et qui ont suivi son indépendance, les historiennes du CEGES Anne Cornet et Florence Gillet font œuvre utile tant par la finesse de leurs analyses que par leur connaissance approfondie du sujet.

On pourra discuter de certains aspects très « politiquement corrects » de leur approche, mais leur travail a été rigoureux et il met en lumière les ambigüités qui ont régné à l’époque, tant sur le plan politique que sur celui de la perception par ses acteurs eux- mêmes de la réalité coloniale et postcoloniale.

Sur ce plan, les nombreuses images qu’elles ont rassemblées sont éloquentes, y compris à propos du drame shakespearien qui déboucha sur la dictature implacable du « maréchal » Mobutu.

Un ouvrage indispensable pour tous ceux, et ils sont nombreux, qui cherchent à mieux comprendre la catastrophe de 1960…

 

PÉTRONE

 

Congo Belgique 1955-1965 Entre propagande et réalité, par Anne Cornet et Florence Gillet préface de François Ryckmans, Bruxelles, coédition La Renaissance du Livre/CEGES, décembre 2010, 160 pp. en quadrichromie au format 26 x 26 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39 €

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29 05 11

Les plumes ont la parole

 

Le grand siècle en mémoires.gifDémarche originale et intéressante qui préside à l'anthologie présentée par Thierry Sarmant, conservateur en chef du musée Carnavalet : présenter le Grand Siècle en cédant parole et plume à quelques-uns des mémorialistes, diaristes et épistoliers qui l'ont vécu.

 

« Car aimer les Mémoires, c'est ne pas vouloir choisir entre l'histoire et la littérature, c'est croire que l'une peut concourir à l'autre et inversement. C'est faire le pari que la communion des esprits peut se maintenir, malgré la distance du temps. »

 

Un tel pari ne pouvait que nous séduire, vous l'aurez compris.

 

Déclarons d'emblée que le défi est brillamment relevé : centré sur le long règne solaire de Louis XIV – du décès de son père, en 1643 à 1715, année de son propre trépas –, le recueil est divisé en quatre sections, Le Lever du Soleil, Le Règne glorieux, Tourments et Tourmentes et Déclin d'un âge.

 

Dépouillant – nous lui en savons gré – les colossales Correspondances d'une marquise de Sévigné, d’une Princesse Palatine ou d’un abbé de Choisy, les Mémoires de Saint-Simon et du Cardinal de Retz, le Journal de Dangeau... pour ne citer qu'eux, l'auteur suit chronologiquement les événements marquants du règne du Roi-Soleil et situe chaque extrait dans le contexte précis de l'époque : le mariage du jeune roi avec Marie-Thérèse, infante d'Espagne, l'arrestation, le procès de Nicolas Fouquet et l'avènement corollaire de Colbert, la Guerre de Dévolution, le mariage manqué de la grande Mademoiselle, l'Affaire des Poisons, la répression du protestantisme et la révocation de l'Édit de Nantes, la « grande opération » qui vit le souverain endurer héroïquement le traitement d'une fistule anale, l'entrée en dévotion de ce dernier et son mariage secret avec Madame de Maintenon...

 

Des extraits des Mémoires personnels de Louis XIV, adressés à son fils, le Grand Dauphin, éclairent d'un jour favorable la figure du monarque : « La première [ndlr : précaution] est que le temps que nous donnons à notre amour ne soit jamais pris au préjudice de nos affaires, parce que notre premier objet doit toujours être la conservation de notre gloire et de notre autorité, lesquelles ne peuvent absolument se maintenir que par un travail assidu. »

 

Une anthologie remarquable qui ouvrira le grand public à des saveurs qu'il ne soupçonnait peut-être pas…

 

Apolline ELTER

 

Le grand siècle en mémoires, anthologie présentée par Thierry Sarmant, Perrin, avril 2011, 512 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 24,50 € (prix France)

02 05 11

Un exemple à suivre ?

 

Léon Degrelle et la légion Wallonie.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 30/04/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Édité chez Luc Pire à Liège par votre serviteur, l’essai historique d’Eddy De Bruyne intitulé Léon Degrelle et la Légion Wallonie, la fin d’une légende, qui détaille par le menu l’histoire des « Wallons » engagés au front de l’Est sous l’uniforme boche entre 1941 et 1945, devrait faire quelque bruit dans le landerneau historico-politique belge.

 

C’est que, preuves et témoignages [1] largement inédits à l’appui, l’auteur y tord le cou, une bonne fois pour toutes, des bobards entretenus par le « Beau Léon » à propos de son héroïsme « pur et désintéressé » durant la Seconde Guerre mondiale et quant à son patriotisme belge sourcilleux et visionnaire…

 

On y voit en effet un Léon Degrelle (1906-1994) tel qu’en lui-même : hâbleur, menteur, arriviste, intrigant, opportuniste, traître à ses amis, batteur d’estrade et girouette, servi davantage par la chance que par le courage, jouant la carte de la SS par simple ambition personnelle et n’hésitant pas, le moment venu, à lâcher ses hommes pour sauver sa peau…

 

De quoi faire râler, et c’est tant mieux, les ignares, les sots et les salauds qui chantent sur Internet, en France et en Espagne notamment, les louanges de ce pseudo-héros pour mieux racoler au profit de partis extrémistes où l’on n’a que les modèles qu’on peut…

 

Mais aussi de quoi faire bouillir les flamingants qui y découvriront notamment que les hommes d’une compagnie entière de la Sturmbrigade SS flamande Langemarck ont déserté pour rallier la Légion Wallonie où il se sont sentis bien mieux que chez les Flamands… Un comble ! [2]

 

Et de quoi éclairer les citoyens belges des deux côtés de la frontière linguistique, qui y découvriront que la Légion Wallonie fut commandée par… un extrémiste flamand, John Hagemans, qui fut membre du même parti politique fasciste et collaborationniste [3] que le grand-père du mielleux Bart De Wever [4] et que l’oncle de l’inénarrable Jan Peumans (vous savez bien : l’actuel président du parlement flamand, qui, dès qu’il en a l’occasion, insulte publiquement la mémoire des résistants au nazisme [5]), ces revanchards intéressés [6] qui reprennent aujourd’hui et mot pour mot, au sein de leur puante NV-A, les idées de leurs ascendants méprisables.

 

Le pompon étant – la Belgique est décidément une terre de surréalisme – que ledit John Hagemans rêvait même de devenir… le leader de la jeunesse wallonne !

 

Avant qu’un combattant russe modèle et bien inspiré ait eu l’excellente idée de le descendre…

 

PÉTRONE

 

Léon Degrelle et la légion Wallonie, la fin d’une légende par Eddy De Bruyne, Liège, Éditions Luc Pire, avril 2011, 268 pp. en noir et blanc (dont 16 pp. de photographies) au format 14 x 21,7 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 25 €



[1] Émanant notamment de nombreux légionnaires.

[2] « Les Flamands n’avaient cessé, depuis 1941, de se plaindre de l’ingérence des Allemands, du manque d’autonomie et d’identité culturelle, sans parler des outrages et des affronts qu’ils avaient dû subir tout au long des quatre années de cohabitation. Maint légionnaire flamand en était venu à envier son frère d’armes wallon. Tout ce qui faisait défaut à la Langemarck, un aumônier, un commandement interne dans la langue nationale, des officiers belges, une résistance efficace à l’immixtion des Allemands dans les affaires internes, autant d’éléments qui étaient acquis à la Légion Walloniedepuis août 1941 et laissaient les Flamands rêveurs. Le mécontentement parmi les légionnaires flamands était tel qu’en mars-avril 1945, une compagnie entière, – officiers en tête –, se présenta chez Degrelle afin d’être incorporée dans la Division. »  (p. 220)

[3] C’est-à-dire traître, y compris à la Flandre, appelons un chat un chat.

[4] « Historien » putatif (comme Karl-Theodor zu Guttenberg est docteur ?) mais révisionniste convaincu, Bart De Wever, après avoir qualifié de « gratuites » les excuses du bourgmestre d'Anvers auprès de la communauté juive pour la participation des autorités de la ville à la mise en œuvre du génocide, a déclaré dans « Le Soir » du 2 novembre 2007, être « conscient de la controverse qui divise les historiens sur l'histoire de l'Holocauste, ces dernières décennies », des propos pour lesquels, face au tollé légitime qu’ils ont soulevé, il a promis à la communauté juive de Belgique des excuses publiques qui ne sont jamais venues...

[5] Dans « Le Soir » du 12/02/2010, Jan Peumans, parlant de son oncle Juul Peumans, a déclaré « Jules, un autre frère de mon père, était, lui, instituteur. Un flamingant pur et dur, lui aussi, membre du VNV. Il a été tué sous les yeux de ses élèves, au milieu de la cour de récréation, par des lâches. ». Pour l’édification du lecteur, signalons que Juul Peumans, ce jour-là et les autres, donnait cours… armé ! Avec la bénédiction de l’occupant nazi… Un brave homme, c’est certain… Quelques semaines plus tôt, dans le magazine « Humo », Jan Peumans avait traité les résistants limbourgeois de « crapules de rue » et, un an auparavant, dans le quotidien « Het Laatste Nieuws », il avait utilisé les termes « assassins » et « lâches » pour désigner les authentiques patriotes flamands…

[6] Amnistie = bling-bling pour les ayants-droit, pas vrai ?

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30 01 11

Une histoire belge...

Moresnet neutre.jpgL’article ci-dessous a été mis en ligne le 30/01/2011 sur le site du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be:

 

Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, une petite commune belge des Cantons de l’Est constitua de 1816 à 1919 un État indépendant de 3,5 km², le Moresnet neutre, disposant d’un "gouvernement", d’une monnaie, d’un drapeau, de timbres-postes (pendant deux semaines, du 5 au 19 octobre 1886) et d’une langue nationale… l’espéranto.

 

La raison en est qu’en 1816, le royaume de Prusse et le royaume des Pays-Bas ne trouvèrent pas d'accord sur l'exercice de la souveraineté à exercer sur la municipalité de Moresnet, notamment à cause de la mine de smithsonite (une espèce minérale formée de carbonate de zinc) très importante d'Altenberg (« Vieille Montagne », comme le nom de l’entreprise qui l’exploitait) qui s’y trouvait. La petite ville fut alors scindée en trois parties : Moresnet, intégré aux Pays-Bas, Neu-Moresnet, rattaché à la Prusse, et l’hinterland, qui devint neutre et fut géré conjointement par les deux États.

 

Aux XVIIIe et XIXe siècles, la mine de zinc de Moresnet neutre était la plus riche d’Europe, et plus de deux millions de tonnes de minerai en furent extraites en cinq siècles.

 

Lorsque la mine de la Vieille Montagne fut épuisée en 1885, l’existence même de Moresnet neutre fut remise en question. Plusieurs propositions furent avancées pour y amener de nouvelles activités économiques, telle la création d’un casino.

 

L’initiative la plus remarquable fut avancée par le docteur Wilhelm Molly, qui proposa de faire de Moresnet le premier État utilisant officiellement l’espéranto, sous le nom d’Amikejo, « Lieu d’amitié ».

 

Cependant, ni la Belgique ni l'Allemagne n’avaient abandonné leurs revendications sur le territoire et, vers 1900, à la suite du refus de la Belgique d’ouvrir des négociations sur son statut, les Allemands s’orientèrent vers une politique plus agressive, incluant plusieurs actions de sabotage et d’obstruction administrative. En 1914, pendant le début de la Première Guerre mondiale, l’Allemagne envahit la Belgique et annexa Moresnet en 1915.

 

Après la guerre, le Traité de Versailles établit en 1919 la souveraineté belge sur Moresnet neutre, ainsi que sur le village allemand voisin de Neu-Moresnet. Ces territoires furent de nouveau annexés par l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale puis furent restitués à la Belgique en 1944.

 

Après l'annexion à la Belgique en 1920, la commune prit le nom de La Calamine ou Kelmis ; elle a fusionné en 1977 avec Neu-Moresnet et Hergenrath.

 

Sous le titre Neutral-Moresnet-neutre, l’historien local Leo Wintgens, docteur ès-lettres de l’Université de Liège, a consacré un superbe album en quatre langues (français, allemand, néerlandais et anglais) richement illustré à cette histoire singulière qui mérite incontestablement d’être connue de tous les vrais Belges (il y en a !) et de leurs voisins.

 

Ainsi que de tous les amateurs de surréalisme, bien entendu…

 

Bernard DELCORD

 

Neutral-Moresnet-neutre Échos d’une curiosité européenne  par Leo Wintgens, Aachen, Helios Verlag & Montzen, Centre de recherches linguistiques Obelit, collection « Documents d’Histoire », novembre 2010, 304 pp. en quadrichromie au format 21,5 x 30,5 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 39,90 € à verser au compte ISBN 978-3-86933-024-2 du Centre de recherches linguistiques, rue Gustave Demoulin 34 à 4850 Montzen

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26 01 11

Dans l’enfer du « paradis socialiste »

L’ivrogne et la marchande de fleurs.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 26/01/2011 sur le site du magazine satirique belge Satiricon.be (www.satiricon.be:

 

Les années 1930 furent pour l’URSS celles de la mise en place progressive du système répressif stalinien. Marquées d’une cruauté sans précédant, inscrites sans doute dans « l’extraordinaire brutalité de la décennie maudite », pour reprendre les termes de Pasternak, les opérations de massacres de masse, commencées par la collectivisation forcée au début de ces années, se poursuivirent dans ce qu’on qualifia plus tard de Grande Terreur de 1937-1938.

Longtemps connue sous l’angle de la destruction impitoyable des élites soviétiques (notamment via des vagues de procès truqués, au cours desquels les suspects étaient souvent amenés à faire leur autocritique publique avant d’affronter le peloton d’exécution), cette Terreur bénéficie depuis plusieurs années d’un renouvellement de la recherche historiographique sans cesse enrichie par l’ouverture des archives des anciens services staliniens.

Une facette jusqu’ici totalement méconnue en a ainsi été mise en lumière, celle de la répression de très nombreux citoyens ordinaires, considérés comme « socialement nuisibles », voire « ethniquement suspects » par Moscou.

C’est précisément cette « véritable ingénierie sociale » du système stalinien, responsable de la mort d’environ 900 000 personnes et de l’envoi en camps d’environ 600 000 Soviétiques soupçonnés d’être ennemis du régime, que l’ouvrage passionnant de Nicolas Werth intitulé L’ivrogne et la marchande de fleurs, paru chez Tallandier à Paris, s’efforce de démonter. Une série dantesque de crimes contre l’humanité y défile sous nos yeux, animés par la paranoïa, la folie meurtrière, mais aussi par le racisme du régime du « Petit Père des Peuples ».

Basé sur une documentation riche, notamment composée de nombreuses archives soviétiques encore peu accessibles, L’ivrogne et la marchande de fleurs s’intéresse plus particulièrement à l’ordre 00447 du 30 juillet 1937, intitulé « Opération Koulak », qui décidera, région par région, pour ces individus anonymes, de la fusillade ou de l’envoi en camp pour dix ans, seule alternative en cas d’arrestation.

C’est au sinistre Commissariat du peuple aux Affaires intérieures, le NKVD (par ailleurs plus tard responsable du massacre de Katyn), et à son non moins sinistre chef Nikolaï Iejov qu’échoira la responsabilité de la conduite des opérations –pour lesquelles des quotas d’arrestations et de fusillades fixés par le Kremlin étaient à atteindre– qui seront menées dans un esprit d’émulation mêlant stakhanovisme, sadisme et folie, mais aussi peur de déplaire (et par là même de se retrouver sur la liste des suspects) qui s’emparera des agents locaux (parmi lesquels un certain Nikita Krouchtchev), poussés à faire du zèle et à redemander à Moscou d’autres ordres d’arrestations ou des contingents d’exécutions revus à la hausse.

Dès lors, ce furent bientôt des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards, de tous âges et de toutes régions, qui fournirent leur tribut d’innocents à cette machine de mort, comme ce charretier, cette paysanne, ce berger, cette architecte, cet enfant des rues ou encore cet ivrogne et cette marchande de fleurs, tous accusés de trahison et impitoyablement massacrés pour remplir les quotas, leur vie n’étant plus qu’un numéro dans un registre de la bureaucratie.

L’ouvrage stupéfiant de Nicolas Werth, par ailleurs directeur de recherche au CNRS et l’un des grands spécialistes français de l’URSS d’avant-guerre, trouvera donc tout naturellement sa place –centrale– dans la bibliothèque de l’honnête homme désireux de mieux connaître les coulisses très noires de l’autre grand régime totalitaire (et non moins meurtrier) du XXsiècle.

 

EUTROPE

 

L’ivrogne et la marchande de fleurs, autopsie d’un meurtre de masse 1937-1938 par Nicolas Werth, Paris, Éditions Tallandier, mars 2009, 335 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 23 € (prix France)

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17 01 11

Une mine d’informations…

Les diamants de l'Histoire.gifLe duo Jean-Pierre Guéno-Jérôme Pecnard a encore frappé !

 

Après le somptueux Mémoire du Petit Prince publié l'an passé, le passeur de joyaux et le maquettiste signent un ouvrage en tous points remarquable : à partir de documents manuscrits et de tapuscrits originaux, méconnus de la Grande Histoire, Jean-Pierre Guéno retrace cette dernière, situant avec précision le contexte de leur existence, à savoir la dernière lettre écrite par Louis XVI à la Convention, le 20 janvier 1793, à la veille de son exécution, celle de Marie-Antoinette, soucieuse du sort de ses enfants, le matin qui la verra passer sous la guillotine, l'appel à l'insurrection taché du sang de Maximilien Robespierre, les fragments autographes d'un Victor Hugo et tant d'illustres personnages rendent particulièrement tangible–et émouvant –l'éclairage historique donné.

 

« Chacun des 100 documents rassemblés dans cet ouvrage rend à l'Histoire sa part de vie et d'humanité. Chacun d'entre eux fait le pont entre la petite histoire, celle de la vie quotidienne, et la grande Histoire vulgarisée, celle dont on ne retient parfois que les faits majeurs et les dates essentielles. »

 

Des documents particulièrement mis en valeur à travers les illustrations choisies par l’auteur et une mise en page, signée Jérôme Pecnard, qui relève, elle aussi, de la haute joaillerie.

 

Apolline ELTER

 

Les diamants de l'Histoire par Jean-Pierre Guéno, mise en images de Jérôme Pecnard, Paris, Éditions Jacob Duvernet, octobre 2010, 200 pp. en quadrichromie au format 24,3 x 28,4 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,90 € (prix France)

 

Billet de faveur

 

AE : Jean-Pierre Guéno, vous êtes, selon vos propres termes un « passeur de mémoire ». Les documents que vous glanez offrent un éclairage renouvelé sur l'Histoire. Avez-vous été dérouté par la découverte ou du moins le ton de certaines archives ? Je songe notamment à la lettre –pathétique– par laquelle Joséphine de Beauharnais entérine la dissolution de son mariage, incapable d'assurer la descendance de Napoléon.

 

Jean-Pierre Guéno : À force de vouloir que les sciences dites douces, je veux parler des sciences humaines, singent les sciences exactes, à force de tuer l’émotion que recèle l’Histoire, on finit par vider les sciences humaines de leur part d’humanité, et par transformer l’Histoire en compte rendu d’autopsie… Il n’y a pas de petite et de grande Histoire. Il y a des instants de vie qui font ou ne font pas vibrer et basculer l’Histoire. J’ai voulu réintroduire la vie dans l’Histoire, en partant d’une « pièce à conviction » chargée d’émotion : une toile, une photographie, un manuscrit, un objet, ou la mise en résonnance de deux pièces à conviction. La seule adoption de celle logique a des effets magiques. Dans le cas des relations qui unissent Napoléon à Joséphine, le diamant combine plusieurs facettes : la lettre de renoncement de Joséphine, le pastel du début de leur idylle, où l’on voit Bonaparte et Joséphine en Italie dans une posture digne d’un film intimiste, la toile de la fin de leur idylle où « l’empereur » va opter pour la voie de la descendance et chercher un ventre pour son Aiglon. Le couple est incroyablement moderne. L’histoire ferait aujourd’hui les bonnes pages de Match. Par définition les archives sont troublantes. Il suffit de leur donner l’éclairage qui les « réactualise » et les fait parler au présent, sans pour autant verser dans l’anachronisme. À cet égard, un document fascinant : les petits dessins obsessionnels que réalisait Dreyfus sur l’île du Diable, pour essayer de ne pas sombrer dans la folie, pour canaliser son esprit, pour essayer de ne pas « sortir de la piste » et de ne pas être totalement broyé par l’isolement et par l’incarcération.

 

AE : Le rassemblement, la sélection judicieuse de pareils « diamants », leur confrontation historique et la recherche d'illustrations représentent un travail d'envergure. Comment avez-vous procédé, Jérôme Pecnard et vous, pour mener à bien cette tâche colossale ?

 

Jean-Pierre Guéno : J’ai choisi chaque diamant, et par ailleurs chaque illustration de ce livre. C’est le fruit d’un travail de fouine insomniaque, d’un orpailleur qui guette depuis plus de 20 ans au cœur de ses nuits blanches et de ses passions, les traces croisées de l’histoire et de la vie. Jérôme intervient ensuite avec toute sa sensibilité et son talent pour peupler l’espace vierge de chaque double page avec les mots et les images que j’ai choisies et pour que l’œil et l’imagination du lecteur y trouvent leur compte. Une mise en page qui se voudrait toujours plus lisible, vivante, fluide et percutante. À fleur de peau et d’émotion. Jérôme n’agit pas en maquettiste ordinaire. Je ne travaille à présent qu’avec des éditeurs de beaux-livres qui acceptent de le considérer comme un co-auteur et non comme un maquettiste mercenaire qui serait payé à la pièce usinée, à la double-page. Il s’agit de livrer au lecteur du sur-mesure et non du prêt-à-porter.

 

AE : Certaines confrontations de documents suscitent une interprétation graphologique, telle la signature enfantine de Louis-Charles de France alias Louis XVII apposée sous la dénonciation forcée de sa mère en regard de celle tracée en début de captivité. L'accès aux documents manuscrits a-t-il suscité une meilleure compréhension psychologique, sorte d'intuition graphologique au regard que vous portiez sur leurs scripteurs ?

 

Jean-Pierre Guéno : Les manuscrits ne cessent de révéler les ressorts de l’âme et de l’esprit. Vous citez le diamant sur Louis XVII, la comparaison de deux manuscrits qui révèlent tant de choses sur l’évolution de la psychologie d’un enfant martyrisé : ce « diamant » a un point commun avec le projet de communiqué de presse écrit par Eisenhower la veille du débarquement « en cas d’échec ». « Ike » sait très bien que le Jour J n’est que le premier épisode d’un match sanglant qui va porter d’autres épisodes, d’autres prolongations. (La bataille de Normandie qui a suivi le débarquement a été beaucoup plus longue et sanglante.) Il voudrait donc se projeter dans l’avenir pour y trouver le réconfort moral qu’il souhaite pour pallier ses angoisses. Et il se trompe !!! Au lieu d’écrire « June 5 » il écrit « July 5 ». Les manuscrits de ce livre sont comme les photos, les gravures, les objets présents dans ce livre. Ils révèlent et font de l’Histoire un outil précieux pour mieux comprendre notre présent et pour mieux piloter notre avenir. On a souvent dit du général de Gaulle qu’il était une sorte de devin, qu’il avait des intuitions de génie. C’est faux : il est une incroyable « déducteur », un véritable historien. Chacune de ses « prophéties » n’est en fait que le fruit d’une analyse de l’histoire et de la vie des hommes qui l’ont précédé.  Mon allégorie, ma muse dans ce livre, la petite Clio, celle qui m’aide à  chuchoter mes histoires dans l’oreille du lecteur, m’aide en fait à valoriser le couple réconcilié de l’Histoire et de la vie : son union éclaire notre route ! L’Histoire n’est rien d’autre que la mémoire de notre avenir.

 

AE : Ces Diamants ne composent-ils qu’un épisode éphémère où inaugurent-ils une série ? Pourquoi attendez-vous tant de cette démarche, de cette voie que vous ouvrez ?

 

Jean-Pierre Guéno : Il va de soi que « Les diamants de l’histoire » généreront un tome 2, et ainsi de suite. J’ai déjà rédigé 50% d’un deuxième ouvrage. Les diamants sont là, à l’état brut. Aussi nombreux que les étoiles qui font scintiller nos nuits. Il suffit de les extraire, de les tailler, de les polir. Le livre se termine par un appel au peuple qui va m’aider à extraire les diamants futurs. C’est aussi avec cette mémoire du peuple que je veux tailler ces diamants qu’il génère. Car ce sont surtout les humbles qui font l’Histoire ; ces obscurs qu’étaient nos parents, nos grands-parents et nos ancêtres. J’essaye de le démontrer depuis 14 ans, depuis « Paroles de poilus », avec la collection « Paroles de », en rappelant que l’histoire ne se résume pas à des listes de dates ou de têtes d’affiche. Et j’ai un rêve : que la future « Maison de l’Histoire » préméditée et rêvée pour la France par Nicolas Sarkozy soit alimentée avec cette mémoire des humbles, ne faisant ainsi pas double emploi avec de magnifiques lieux de mémoire déjà mis à la disposition du plus grand nombre. Les musées du futur seront en bonne partie virtuels. Ils réserveront leurs expositions temporaires à la mise en valeur des pièces à conviction, des preuves vécues de l’Histoire, sur des thèmes choisis et qualitatifs. Pour valoriser leurs richesses permanentes, inépuisables, ils réaliseront les noces du pixel et du papier. Nous pourrons les visiter au cœur de nos nuits, depuis chez nous. À condition d’utiliser les outils modernes de transmission de la mémoire et de l’émotion originelle qui lui donne son pouvoir de rayonnement. À l’aube du troisième millénaire, un musée doit être un observatoire permettant de mieux comprendre le passé pour mieux analyser et comprendre le présent et pour mieux piloter notre avenir. Il doit projeter notre mémoire et nos racines dans l’avenir : c’est ainsi que nous transmettrons à nos enfants l’héritage et les points de repère qu’ils méritent et dont ils ont tant besoin, dans un monde de plus en plus formaté, planétaire et standardisé qui doit se méfier de l’amnésie comme de la peste.

Écrit par Brice dans Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

30 12 10

Une fresque dessinée pour Napoléon !

napoleon.jpgC'est le premier ouvrage édité pour Nicolas Dandois, carolorégien issu de l'atelier de BD de Saint-Luc à Bruxelles, et c'est excellent ! Voici le premier tome d'une saga consacrée à Napoléon, intitulé "Eté 1815". Un si beau travail de dessinateur que les planches ont été exposées au Musée Wellington à Waterloo ! On raconte dans ce volume la mort de Napoléon, l'autopsie, etc. ensuite on remonte dans l'Histoire jusqu'à la fin politique de l'empereur après sa défaite. Dans sa demeure de Malmaison, hanté par le souvenir de Joséphine, il ne maîtrise plus son destin... Pierre d'Harville dans la préface écrit : "Oui, Nicolas a de l'audace, c'est bien le rôle d'un auteur de bande dessinée. J'ai aimé les intrigues, les scènes de guerre, les scènes de lit. Napoléon tonne, grogne, sourit parfois, commande souvent." En noir et blanc, les dessins s'inscrivent totalement dans la sensibilité actuelle, même réflexion pour le format. Une formidable façon de redécouvrir ce personnage fascinant et contesté. On attend donc les autres tomes !

Jacques MERCIER

 

Ete 1815, Napoléon - Tome 1, écrit et dessiné par Nicolas Dandois. Editions Des ronds dans l'O. Sept 2010. 160 pp. Format 16,5 cm/24 cm. 16,50 euros.