01 03 15

Ténèbres et lumière…

Congo – L'autre histoire.jpgDans un fort essai remarquablement étayé et intitulé Congo – L'autre histoire. De Léopold II, fer de lance de l'antiesclavagisme à l'esclavagisme des multinationales, notre compatriote Charles Léonard s’est lancé dans l’entreprise ô combien complexe de remettre de nombreux points sur les i de l’histoire du Congo belge et de la RDC.

Il est vrai que notre homme, qui maîtrise parfaitement le lingala et voue une amitié sans bornes au Congo et à son peuple, ne manque pas de biscuit puisqu’il œuvra dans ce pays de 1953 à 1993 et qu’il fut la cheville ouvrière des 26 numéros de Conjoncture Économique du Zaïre, la revue de référence en la matière à l'époque, qu'il rédigea de 1961 à 1987.

« Mais, écrit son éditeur, s’agissant de l’histoire coloniale du Congo, Charles Léonard en a eu un jour assez des écrits orientés ainsi que du mea culpa profondément chrétien et frisant le masochisme de la presse européenne en général et belge en particulier.

Cette pensée anticoloniale politiquement correcte, mais loin de l'être toujours historiquement, est le fruit d'auteurs n'ayant souvent jamais vécu en dehors des frontières belges ni au Congo belge. Elle a, nombre de fois, exaspéré les anciens d'Afrique dont les mises au point et protestations ne furent pratiquement jamais prises en considération par les médias belges.

Alors, à 82 ans, il décide de prendre la plume et de raconter le Congo sous un autre angle : oui, la colonisation belge a fait un travail extraordinaire et fut l'une des plus remarquables en Afrique ; non, les Blancs ne sont pas tous d'infâmes exploiteurs ; oui, le Roi Léopold II fut un homme hors du commun, certes pas un saint, mais bien le reflet de la vision de son époque mise en œuvre avec volonté, persévérance et intelligence.

Parce qu’il fut victime de la calomnie anglaise d'abord, belge et internationale ensuite, ce livre veut lui rendre le mérite auquel il a droit : entre autres exploits, Léopold II mit fin à l'esclavagisme arabe en Afrique centrale et promulgua dès 1885 une ordonnance instaurant les bases d'un remarquable code de procédure civile, prélude du futur “Codes et Lois du Congo belge”, seul en son genre à l'époque, et respectueux du droit coutumier de surcroît. Il donna aux Congolais, qui le reconnaissent eux-mêmes, un véritable empire au cœur de l'Afrique, empire doté d’un sous-sol parmi les plus riches au monde.

Ensuite, Charles Léonard raconte l'évolution d'un pays : de l'indépendance aux Kabila père et fils en passant par Kasavubu, Mobutu, les deux guerres à l'Est et jusqu'aux exploiteurs actuels du pays, les nouveaux maîtres du monde que sont les multinationales. »

Ajoutons que le style est alerte, la réflexion subtile, la documentation abondante et les illustrations remarquablement choisies.

Cet ouvrage aux opinions parfois tranchantes – et que nous ne partageons pas forcément – ne pourra que déplaire aux tenants actuels de la pensée unique, à qui il fera pousser des cris d’orfraie.

Ce qui lui donne un attrait supplémentaire !

Bernard DELCORD

Congo – L'autre histoire. De Léopold II, fer de lance de l'antiesclavagisme à l'esclavagisme des multinationales par Charles Léonard, Bruxelles, Éditions Masoin, septembre 2014, 416 pp. + 32 pp. de photographies en noir et blanc au format 16 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 30 €

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22 02 15

"Il faudra leur dire..."

9782221095928.jpgLa nuit du 30 janvier 1944, Ida, âgée de 14 ans est emmenée par trois soldats français. Née en France de parents juifs polonais, elle sera conduite seule vers l'enfer. Drancy, Birkenau, Auschwitz en février 1944, elle affrontera la proximité, la puanteur, la violence des camps. Elle luttera pour ne pas tomber malade du typhus. Elle y restera 17 mois dont deux hivers. Un simple numéro, une seule gamelle, mise au travail, Ida tentera de survivre à l'horreur.Elle échappera à la mort dès son arrivée au camp, tout simplement grâce à une coiffure qui lui donne l'allure d'une adolescente plus âgée. Elle s'en servira par la suite, ce qui la sauvera à plusieurs reprises. 

 

Au fil de ce livre intitulé "J'ai pas pleuré", Ida raconte ses conditions de vie, ses rencontres... Elle évoque régulièrement la chance dont elle a bénéficié. Affectée au commando de pierres, elle finira par travailler dans une usine d'armement. Les conditions de vie sont inhumaines, chaque jour, elle voit des compagnons d'infortune mourir de froid, de fatigue, de douleur... Les moindres détails de la vie au camp sont décrits. En janvier 1945, les Allemands évacuent Auschwitz. S'ensuit la marche de la mort pour Ida. Des kilomètres à marcher, en soutenant les autres qui n'avancent plus et finissent par périr sur le bord du chemin. Mais la maladie la rattrape. Emmenée dans une annexe du camp, elle sera soignée par Wanda, une infirmière déportée pour résistance. Elle cherchera à la revoir après sa libération, mais en vain. Ce n'est qu'en mai 1945, qu'Ida sera véritablement libre par des soldats soviétiques. Rapatriée en France, elle apprendra que son père ne reviendra pas.Haut et fort, elle clamera que si elle a craqué: "j'ai pas pleuré". 

 

Ce livre est né d'une rencontre particulière en 1988. C'était la première fois qu'Ida retournait à Auschwitz, elle a accepté d'accompagner un groupe de lycéens. Elle y rencontre Bertrand Poirot-Delpech. Ce dernier propose d'être son scribe. Ensemble, ils livrent aux lecteurs plus qu'un témoignage mais bien un espace de réflexion sur ce que des humains ont été capables de faire à d'autres humains.Mais il y a aussi tout "l'après". Comment tenter de revivre après tout cela?

L'auteur explique être investie de la mission de transmettre l'histoire. "L'oubli serait aussi intolérable que les faits eux-mêmes. (...) Je n'oublie pas que j'ai reçu une mission sacrée. Je revois les femmes qui me l'ont confiée, en partant pou Revier, l'antichambre de la mort:"Si vous rentrez, il faudra leur dire. Ils ne vous croiront pas, mais il faudra leur dire"."

"J'ai pas pleuré", est un livre poignant ouvrant sur d'autres perspectives de cette page noire de notre histoire. 

 

J'ai pas pleuré, Ida Grinspan et Bertrand Poirot-Delpech, éd. Robert Laffont, 252 pages, Paris, 2002

 

01 02 15

Horreurs inouïes...

Dictionnaire de la Shoah.jpgSous la direction de Georges Bensoussan, historien et responsable éditorial du Mémorial de la Shoah (Paris), de Jean-Marc Dreyfus, spécialiste de l'aryanisation des biens juifs et maître de conférences à l'Université de Manchester, d’Édouard Husson, spécialiste de l'Allemagne nazie, maître de conférences et directeur de recherches à l'Université Paris-Sorbonne, ainsi que de Joël Kotek, spécialiste d'histoire contemporaine, maître de conférences à l'Université libre de Bruxelles et chargé de cours à l'Institut d'Études politiques de Paris, le Dictionnaire de la Shoah reparu chez Larousse dans une nouvelle version à l’occasion du 70e anniversaire de la libération d’Auschwitz a rassemblé une équipe de plus de 70 auteurs, dont des spécialistes allemands, américains, anglais et israéliens.

Une publication salutaire dans le contexte actuel où, sous couvert de critiquer la politique  – pour le moins discutable, il est vrai – de l’État d’Israël et de défendre la création – légitime aux yeux de la communauté internationale en général, et aux nôtres en particulier – d’un État palestinien souverain dans les frontières décidées par l’ONU, d’aucuns n’hésitent pas à afficher des prises de position révisionnistes et négationnistes fondées sur des « études » dénuées de crédibilité mettant en doute la réalité de la tentative d’extermination des Juifs et des Tsiganes d’Europe par les nazis.

Car refuser de reconnaître que trois millions de Juifs ont été assassinés en Pologne, deux millions en URSS, six millions en tout, et que des communautés entières ont été rayées de la carte, et ce, dans le seul but de légitimer un combat politique actuel est tout à la fois immoral, indigne et criminel.

Immoral, parce que cela reviendrait à faire croire que les souffrances endurées aujourd’hui par un peuple précis pourraient annihiler celles subies par un autre dans le passé. On ne sache d’ailleurs pas que les victimes des tentatives génocidaires de la seconde moitié du XXe siècle – au Cambodge, au Rwanda, au Soudan… – se soient fourvoyées dans de semblables errements.

Indigne, parce que le mensonge déconsidère non seulement ceux qui le profèrent en raison d’intérêts partisans (la réhabilitation du nazisme par les révisionnistes d’extrême droite, le travail de sape des fondements moraux de l’État d’Israël par les négationnistes d’extrême gauche soutenus par l’Iran), mais aussi ceux qui le partagent sans même s’apercevoir qu’ils dynamitent ainsi les bases de leur propre cause en la justifiant par un travestissement monstrueux de l’histoire humaine.

Criminel, parce que les crachats ignominieux jetés sur la mémoire de morts prolongent leurs souffrances jusque dans le cœur de leurs descendants qui se retrouvent en situation de victimes expiatoires d’un imbroglio politique à mille lieues de l’antisémitisme européen d’avant 1945 et de la volonté nazie d’extermination des Juifs mise en œuvre entre 1933 et 1945.

En dressant un bilan précis des événements, en analysant les processus de décision, les méthodes, le parcours des principaux bourreaux, mais aussi en ressuscitant les victimes à travers l'évocation de l'effervescence de la vie juive d’avant-guerre, le Dictionnaire de la Shoah permet de mieux cerner l'ampleur gigantesque de la tragédie ainsi que ses prolongements.

Et, on peut l’espérer, de remettre en place les idées de certains agités du bocal…

Bernard DELCORD

Dictionnaire de la Shoah, ouvrage collectif sous la direction de Georges Bensoussan, Jean-Marc Dreyfus, Édouard Husson et Joël Kotek, Paris, Éditions Larousse, collection « À présent », janvier 2015, 638 pp. en noir et blanc + un cahier de 16 pp. de cartes en quadrichromie au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 20,90 € (prix France)

Voici une notice éclairant en partie le conflit actuel entre la Fédération de Russie et l’Ukraine :

Auxiliaires supplétifs

Dans les pays occupés par l'Allemagne, des forces locales se mettent au service de la politique de répression et d'extermination. Ainsi en Belgique, en France ou bien encore aux Pays-Bas, des policiers participent aux rafles. Peu à peu, des unités de volontaires se constituent et mènent la lutte contre les résistants ou pratiquent les arrestations massives de Juifs ; en France, la « police aux questions juives » outrepasse ses attributions et procède également à des arrestations et la milice, créée en janvier 1943, est la force principale derrière les arrestations de Juifs dans les derniers mois de l'Occupation. Dans bien des cas, la déportation ou le massacre de masse perpétrés par les SS, les Einsatzgruppen, les bataillons de la police d'ordre (l'Orpo), la Gestapo ou la Wehrmacht n'auraient pas été possibles sans cette aide. Ces auxiliaires se recrutent souvent dans les partis locaux d'extrême droite et fascisants. Un certain nombre de ces volontaires sont intégrés dans la Waffen-SS.

Dans les pays d'Europe de l'Est, des dizaines de milliers d'hommes furent les auxiliaires zélés des massacres en Ukraine et dans les États baltes en particulier. Aux motivations antisémites s'ajoutèrent souvent un violent anticommunisme ainsi qu'un nationalisme exacerbé. Ainsi dans les pays baltes, le Lietuvu Aktvystu Frontas (LAF, Front des activistes lituaniens) prit part aux pogroms de même que des commandos lettons et estoniens. Organisées en sections et commandos, ces forces supplétives servirent également aux escortes des convois de déportations et participèrent aux massacres. Des unités de Lettons participèrent à l'écrasement de l'insurrection du ghetto de Varsovie en avril 1943.

Dans les centres d'extermination, des auxiliaires furent en charge notamment de la surveillance, comme à Treblinka où les supplétifs ukrainiens, particulièrement violents, étaient plus nombreux que les SS. Eu Pologne, ces auxiliaires connus sous le nom de Trawnikis – du nom du camp de concentration où ils étaient « formés » –jouèrent un rôle de soutien au cours de l'Opération Reinhard.

L'extension de la guerre en Union soviétique nécessita aussi un besoin grandissant de supplétifs pour lutter contre les partisans  ou pour participer à la « Solution finale ». En Ukraine, en Biélorussie et dans les pays baltes, ces bataillons de milices prirent part aux côtés des Einsatzgruppen à la « Shoah par balles ».

28 01 15

Peur, grandeur, barbarie et héroïsme mêlés…

Le sceptre et le sang .jpgAuréolé du succès hautement mérité d'essais comme Louis II de Bavière ou le Roi foudroyé, Sissi ou la Fatalité, La Saga des Romanov, La Saga des Habsbourg, La Saga des Windsor, La Saga des reines et La Saga des favorites, l’écrivain et journaliste (dans les colonnes de Paris Match, du Figaro et de Jours de France, entre autres) Jean des Cars, né en 1943, a publié récemment aux Éditions Perrin à Paris une étude passionnante – elle se lit comme un polar de la meilleure facture – intitulée Le sceptre et le sang, qu’il présente comme suit :

« À l'été 1914, l'Europe est très majoritairement monarchique : sur vingt-deux États, dix-neuf sont des royaumes, des empires, des principautés ou des grands-duchés. Aujourd'hui, ils ne sont plus que dix sur vingt-huit. Les deux guerres mondiales provoquent l'écroulement de quatre empires pour la première (Allemagne, Russie, Autriche-Hongrie, empire ottoman) et de quatre royaumes (Italie, Yougoslavie, Roumanie, Bulgarie) pour la seconde.

Ces souverains, qui étaient-ils ? Et les femmes qui partageaient leur existence, qui étaient-elles ? De l'ambition à l'aveuglement, du courage à la faiblesse, de la jalousie à l'abnégation, quels furent leurs triomphes et leurs échecs ? Comment vécurent-ils leur gloire, leurs épreuves et la montée des extrêmes de l'entre-deux-guerres marquée par l'avènement des totalitarismes ? Étaient-ils conscients des conséquences de leurs actes ? Ou furent-ils incapables d'arrêter l'engrenage des nationalismes ? Quelles furent leurs vies personnelles, leurs amours et leurs passions secrètes ?

Circonstance exceptionnelle : ces monarques, qui vont s'unir, se combattre et parfois se trahir, sont presque tous parents, liés par le sang et leurs mariages respectifs. Ainsi la “guerre des rois” sera-t-elle un incroyable règlement de comptes familial à l'échelle d'un continent puis du monde. »

Le récit enlevé et richement documenté d’un demi-siècle de drames humains, de crimes, de guerres, de défaites, de créations et de disparitions d'États…

Sommaire :

– Les années dangereuses 1908-1914

– Sarajevo entre paix et guerre (28 juin-28 juillet 1914)

– Alliées ? Ennemies ? Neutres ? Les monarchies face à la guerre (1914-1916)

– Le glas des empires (1917-1918)

– Des illusions de la paix à un nouveau cataclysme (1919-1939)

– Quelles monarchies survivront au second séisme ? (1939-1947)

Bernard DELCORD

Le sceptre et le sang par Jean des Cars, Paris, Éditions Perrin, novembre 2014, 474 pp. en noir et blanc + 16 pp. en quadrichromie au format 14 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 23 € (prix France)

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25 01 15

La France allemande...

La Collaboration Vichy Paris Berlin 1940-1945.jpgThomas Fontaine, historien, a soutenu en 2013 une thèse sur la déportation de répression. Fin connaisseur des archives françaises et allemandes, il est aujourd'hui une référence incontournable sur le système d'occupation en France, comme sur la mémoire de la guerre. Denis Peschanski, historien lui aussi, est directeur de recherche au CNRS. Par ses nombreux ouvrages et ses films, il est devenu un spécialiste de renommée internationale sur la France des années noires.

Dans un fort ouvrage intitulé La Collaboration Vichy Paris Berlin 1940-1945 (Paris, Éditions Tallandier), ils se fondent sur près de 600 documents [1] souvent inédits qu’ils présentent et commentent en suivant une trame chronologique, de juin 1940 à avril 1945, pour composer la fresque de l’une des pires péripéties de l’histoire de France.

L’occasion de répondre à des questions comme : qui a eu intérêt à collaborer ? Les Français ou les Allemands ? Qui en furent les acteurs ? Quel rôle ont joué les ultras ? Qui s'est enrichi ? Quelle fut l'ampleur de la collaboration militaire ? Et de la collaboration économique ? Quel rôle a joué Vichy dans la déportation des Juifs de France et dans la répression de la Résistance ? À quel point les intellectuels et les artistes se sont-ils compromis ? Et l’Église catholique ? Qu’en fut-il de la presse écrite et des médias de propagande (radio, cinéma, édition de livres et de bandes dessinées…) ? Et du Service du Travail obligatoire ? Et des organisations de bienfaisance ?

Un livre qui met le doigt où cela fait mal....

Sommaire :

Le choix de la collaboration (juin 1940-janvier 1941)

La collaboration, une priorité de François Darlan (février-juin 1941)

Le tournant de la guerre à l’est (juillet 1941-mars 1942)

Le jeu des dupes (avril-novembre 1942)

Les Allemands passent à l’offensive, Vichy perd la main (novembre 1942-decembre 1943)

Fin de partie (janvier 1944-avril 1945)

Bernard DELCORD

La Collaboration Vichy Paris Berlin 1940-1945 par Thomas Fontaine et Denis Peschanski, préfaces d’Agnès Magnien et Françoise Banat-Berger Paris, Éditions Tallandier, novembre 2014, 320 pp. en quadrichromie au format 25 x 29 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,90 € (prix France)


[1] Affiches, rapports, lettres, journaux intimes, insignes, tracts, procès-verbaux, mains courantes, pièces à conviction, registres d'écrou, albums photographiques, objets… issus entre autres de fonds exceptionnels des Archives nationales, de séries du contre-espionnage encore inexploitées du Service historique de la Défense, de dossiers des Brigades spéciales des Renseignements généraux à la préfecture de police et de pièces d'un des collectionneurs les plus importants de la place de Paris…

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03 01 15

« Le succès consiste à aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme. » (Winston Churchill)

Mémoires de la Grande Guerre 1915-1918 .jpgToujours fort bien inspirée par le fameux gourou de l’édition française Jean-Claude Zylberstein, la maison Tallandier à Paris poursuit la réédition des souvenirs de Winston Churchill (1874-1965) par la publication de ses Mémoires de la Grande Guerre 1915-1918 qui constituent le second volume [1] d'un témoignage irremplaçable sur les coulisses britanniques du premier conflit mondial et sur le déroulement des événements jusqu'en novembre 1918.

Voici ce qu’en dit l'éditeur :

« Ce second volume des Mémoires de la Grande Guerre s'ouvre sur l'année 1915, pour s'achever avec la victoire de 1918. Rendu responsable du sanglant échec de l'opération des Dardanelles, Winston Churchill, alors Premier lord de l'Amirauté, doit démissionner du gouvernement en novembre 1915. Mais il n'en reste pas moins actif et rejoint le front de France. C'est en tant que chef de bataillon réserviste qu'il participe aux combats dans les tranchées des Flandres jusqu'en mai 1916.

Député à la Chambre des Communes, il porte un regard acéré sur cette Europe devenue un immense champ de batailles, et analyse avec justesse les batailles de Verdun et de la Somme. Nommé ministre de l'Armement en juillet 1917, il devient le Carnot de la Grande Guerre, tout en suivant le déroulement des opérations sur le terrain jusqu'à l'armistice final. Churchill se fait le chroniqueur des événements qui ont bouleversé l'Europe et dont il a été le témoin autant que l'acteur.

On y retrouve des jugements bien tranchés sur les hommes politiques et les militaires de l'époque, un ton épique, un style admirable et un humour omniprésent. »

Ce dernier s’avérant d’ailleurs, dans la bouche de Sir Winston, une arme de destruction massive d’une efficacité redoutable…

Bernard DELCORD

Mémoires de la Grande Guerre 1915-1918 par Winston Churchill, préface de François Kersaudy, traduction révisée et annotée par Antoine Capet, Paris, Éditions Tallandier, août 2014, 597 pp. en noir et blanc au format 16,5 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 29,90 € (prix France)


[1] Le premier s’intitule Mémoires de la Grande Guerre 1911-1915.

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17 12 14

la boîte à Pandore

C'est une mine de publications sympathiques que nous propose la maison d'édition franco-belge, La Boîte à Pandore, en cette fin festive d'année..

Certaines trouveront place au pied de votre sapin, qui raviront père, belle-mère, mari ou frère..

Jugez-en

Philosophe, écrivain et docteur en sciences de l'Université de Paris VI, Jean C. Baudet, revisite avec nous "Les + grandes erreurs de la science, conviant Descartes, Newton, Einstein et tant d'autres au tribunal disert et joyeux de ses propres connaissances.

" D'accord, Copernic a révolutionné la vision du monde avec son héliocentrisme. Bien sûr, Newton a tout changé avec l'idée de la gravitation universelle. C'est vrai, Darwin a bouleversé le monde savant - et même le monde inculte- avec sa théorie de l'évolution des espèces et surtout avec l'idée de l'origine animale de l'homme. Mais Einstein est allé au coeur même du savoir humain, refondant entièrement nos idées sur le temps, l'espace, la matière et l'énergie! Il ne fut pas le plus grand physicien du XXe siècle. Il fut le plus grand savant de tous les temps."

Les + grandes erreurs de la science, Jean C. Baudet, essai, Ed. La boîte à Pandore,nov. 2014, 240 pp

 

 Se penchant sur ces femmes qui franchirent le stéréotype macho qui réservait aux hommes les recherches scientifiques, le même Jean C. Baudet, nous propose une galerie de quarante portraits bien trempés et souvent méconnus. Aux côtés d'Emilie, marquise du Châtelet, chère à Voltaire et à quelques autres tempéraments des Lumières, d'Irène Curie,  se succèdent ces noms, aux consonances largement anglo-saxonnes, têtes de chapitres alertes bien ficelés.

Et le philosophe de s'interroger: " N'est-ce pas  justement à cause des progrès mêmes de la science que les femmes ont eu, finalement, accès à la science? "

Il se pourrait.

Les + grandes femmes de la science, Jean C. Baudet, essai, Ed. La boîte à Pandore, nov. 2014, 316 pp

Enfin  Jean C. Baudet dresse, à notre belge fierté, un tableau de l'histoire industrielle du plat pays  et des réalisations de ces ingénieurs dont les patronymes résonnent encore à nos oreilles Ernest Solvay, bien sûr et sa précieuse soude ammoniaquée, Zénobe Gramme et sa dynamo, William et John Cockerill....

Un panorama qui met avant tout  l'accent sur cet ingenium si nécessaire au destin d'un pays

Les + grands ingénieurs belges, Jean C. Baudet, essai, Ed. La boîte à Pandore, sept..2014, 286 pp

 

Si votre intérêt - suspect - vous porte à enquêter sur les assassinats historiques, ceux de Jules César, Guillaume le Taciturne, Henri IV, Gandhi , Raspoutine, Trotsky, John Fitzgerald Kennedy, Martin Luther King, Elisabeth d'Autriche, Indira Gandhi ... vous suivrez allègrement le Docteur Stevens Parissien,  historien britannique, comme son nom l'indique, découvrant les raisons, modus operandi, statuts moraux et impacts politiques de ces mises à mort programmées.

 Les + grands assassinats de l'Histoire - Les morts célèbres qui ont changé le monde, Stevens Parissien, essai, trad., Ed. La boîte à Pandore,  juillet 2014, 320 pp

Et puis, il se pourrait que vous missiez le cap sur un pays qui vous est cher,  dont quelques "grands mystères" ne vont pas manquer de vous surprendre: si vous n'ignorez rien de la naissance d'Audrey Hepburn au 48 de la rue Keyenveld à Bruxelles, ni de sa noble ascendance, du double mariage religieux du roi Léopold avec Blanche Delacroix, baronne de Vaughan , ... vous découvrirez avec curiosité le témoignage de Lucien Durieux, fils aîné de leurs amours, avec émotion, la lettre douloureuse et digne qu'adresse SM la Reine Elisabeth de Belgique à Paul Raynaud, président du Conseil (France) pour restaurer l'honneur bafoué de son fils, SM  le Roi Léopold III

Surprenantes histoires de l'Histoire de Belgique, Cap sur les grands mystères d'un pays que l'on croit connaître, D.- C Luytens, essai, Ed. Jourdan, sept 2014, 246 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

16 12 14

Royales turbulences

"A part l'exception française, la Première Guerre mondiale naît de l'affrontement de souverains et de leurs gouvernements contre d'autres empereurs, d'autres rois et d'autres cabinets qui s'estiment tenus par leurs alliances et leurs intérêts."

Parti du constat que 19 des 22 Etats qui forment l'Europe de l'été 1914 répondent à un régime monarchique, le spécialiste, passionné des grandes dynasties européennes qu'est Jean des Cars entend poser "un regard essentiellement humain [...] sur deux guerres mondiales et un entre-deux-guerres d'abord prometteur, puis brutal et tourmenté dans la montée des totalitarismes"

De l'écroulement des mondes et émergence des blocs nouveaux, constitués par la paix, l'essai nous promène à travers un demi-siècle de grandes turbulences,  d'alliances, tensions  et de rencontres souveraines,  contées avec vigueur, clarté, brio. 

Il ne subsiste désormais que sept monarchies sur les vingt-huit pays qui constituent l'Union européenne; leur pouvoir est affaibli, balisé sous le terme de  "monarchie constitutionnelle".

Parfois, comme c'est le cas en Belgique, la couronne fait l'union entre des factions fondamentalement opposées.

Consacrant de longues  et bienveillantes pages au destin de notre plat pays, Jean des Cars l'honore d'une connaissance remarquable de notre Histoire. Qu'il en soit remercié.

AE

Le sceptre et le sang. Rois et Reines dans la tourmente des deux guerres mondiales, Jean des Cars, essai, Ed. Perrin, nov. 2014, 480 pp

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01 12 14

L’origine du monde…

La chair interdite.jpgAuteure de films documentaires culturels et animatrice d’émissions dédiées à l’histoire, Diane Ducret est écrivain et essayiste. En 2011, elle publie son premier livre, Femmes de dictateur (aux Éditions Perrin), best-seller en France, en Russie, en Pologne, en Turquie… et traduit dans dix-huit langues.

Elle revient en ce moment sur le devant de la scène éditoriale, chez Albin Michel cette fois, avec La chair interdite, un brillant et pétillant essai racontant le sexe féminin dans tous ses états.

« Chair interdite depuis la naissance de la civilisation, le sexe des femmes nourrit les peurs des hommes, leur fournit plaisir et naissance, attise le désir autant que la haine. Tantôt exilé, maudit, conspué ou consacré, mutilé autant qu’embrassé, il aura toujours quelque chose à se reprocher. Il a dicté ses lois et ses désirs à l’histoire de l’humanité. Quand bien même certains hommes, certaines politiques ou religions tentaient de lui prescrire leurs volontés, leurs fantasmes, leurs interdits. »

Des sulfureuses déesses antiques à la découverte du point G sous la menace des nazis, des malheurs de Voltaire face aux ceintures de chasteté à la création de Playboy en passant par l'identification du plaisir clitoridien à Crémone en 1516 et les clitoridectomies qui s'ensuivront, le sexe imberbe de Kiki de Montparnasse, la tonte des femmes à la Libération ou les « maux de gorge » de Linda Lovelace, l’auteure, sur un ton parfois cru mais toujours passionnant, chante la saga troublante de cette « énigme physique », source de séduction et d’effroi.

Le sommaire du livre fait entendre le ton très personnel d’une jeune femme « venue au monde tandis que Simone de Beauvoir s’éteignait […] persuadée que toutes les représentantes de ce sexe naissaient, comme moi, libres et égales en droits ou presque » :

Première partie

DIVIN ABYSSE

1. Deux siècles moins le quart avant Jésus-Christ

2. La pucelle à l’oreille

3. Colomb n’a pas découvert que l’Amérique

4. La révolution sans culottes

 

Deuxième partie

INDOMPTABLE ORGANE

5. La guerre des boutons de rose

6. Kâma-Sûtra royal pour Victoria

7. Des poilus aux poilues

8. Les suffragettes s’en tamponnent

9. Le petit caporal de Marie Bonaparte

10. Les aiguilles de Cherbourg

11. Demain on rase gratis

12. Les jolies décolonisations de vacances

 

Troisième partie

DIFFICILE LIBERTÉ

13. Le point de non-retour

14. Belles plantes carnivores

15. Gorges chaudes pour guerre froide

16. Guerres pubiennes en Occident

17. Les tribulations d’un sexe chinois en Chine

18. Saigneurs de guerre

19. Chair et paix

 

Un livre à mettre entre les mains de tous les hommes !

Bernard DELCORD

La chair interdite par Diane Ducret, Paris, Éditions Albin Michel, octobre 2014, 365 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,90 € (prix France)

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29 11 14

Dans l’enfer de la rébellion muléliste

L'année du dragon.jpgDans L’année du dragon – Congo 1964 paru aux Éditions Masoin à Bruxelles, l’historien militaire flamand Eddy Hoedt –qui fut para-commando et participa aux combats– décrit, cinquante ans après les faits et heure par heure « la plus spectaculaire opération militaire belge de tous les temps » qui vit l’écrasement de la rébellion sanglante fomentée par Pierre Mulele, Christophe Gbenye et Gaston Soumialot, entre autres.

Voici ce qu’il nous en dit :

« En 1964, la crise congolaise, qui débuta en 1961, après l'assassinat du Premier ministre Patrice Lumumba, va culminer. Les rebelles, qui se nomment eux-mêmes « Simbas » (lion), occupent, sans trouver une quelconque sérieuse opposition, pratiquement un tiers du nord-est du pays. Ils tiennent également sous leur coupe à Stanleyville et à Paulis plus de 5 000 hommes, femmes et enfants, Européens, Asiatiques et Africains. Des exécutions publiques de nombreux Congolais ont lieu régulièrement.

Après que tous les efforts de négociation pour trouver une solution échouent, les puissances occidentales décident, sous la gouverne des États-Unis et de la Belgique, d'assurer une aide militaire au Congo. Cela s'élabore en faisant appel au colonel belge Vandewalle en tant que conseiller personnel du Premier ministre Tshombé.

Petit à petit, au Congo, la 5e Brigade mécanisée est sortie de terre et Vandewalle la nommera rapidement « Ommegang » par allusion au cortège médiéval et folklorique de Bruxelles en raison du caractère hétéroclite de sa composition à la fois en hommes et en matériel.

Le 1er novembre 1964, les colonnes de l'Ommegang se mettent en branle en direction de Stanleyville, où environ 1 600 Belges et non-indigènes, tout comme un nombre important d'autochtones, sont pris en otage par les Simbas. Étant donné la gravité de la situation sur place, les Américains et les Belges décident d'intervenir ensemble militairement en montant une coalition armée.

Dans la nuit du 17 novembre 1964, renforcé par des unités d'appui, le 1er Bataillon de parachutistes de Diest s'envole dans des transports de troupes américains, des C-310 Hercules, pour la base de l'île de l'Ascension. Le 21 novembre, tout le corps armé s'élance vers la base de Kamina au Congo.

De grand matin, le 24 novembre, l'opération « Dragon rouge » prend cours et le 1er Bataillon est parachuté à Stanleyville, créant la joie, mais aussi le drame auprès des otages. De fait, les Simbas rassemblent ceux-ci pour les fusiller avant leur libération et une course contre la mort se joue. Pendant ce temps, les colonnes de l'Ommegang, renforcées par des groupements de mercenaires et de gendarmes katangais, s'approchent de Stanleyville qu'ils atteindront vers midi et ils occuperont les places libérées par les parachutistes. De leur côté, ces derniers se regroupent à l'aéroport pour une nouvelle opération.

Le 26 novembre 1964 est déclenchée l'opération « Dragon noir » parachutant les hommes du 1er Bataillon sur Paulis pour libérer le plus possible de populations menacées. Ensuite, ce fut le retour en Belgique où les troupes furent accueillies en « libérateurs » par une population conquise du fait de leurs actes de bravoure.

Ce livre nous conduit d'heure en heure à travers l'évolution à la fois héroïque, complexe et tragique des événements vécus en République Démocratique du Congo, détaille les engagements et analyse les opérations militaires, grâce de nombreux témoignages recueillis auprès de soldats et d’expatriés ayant échappé à la fournaise de l'est du Congo. »

La préface de l’ouvrage a été rédigée par le baron Patrick Nothomb, qui fut consul de Belgique à Stanleyville en 1964.

Écoutons-le :

« Il ne fait aucun doute que l'opération combinée des parachutistes belges et de la colonne Vandewalle en vue de libérer les milliers d'otages européens, américains, asiatiques et africains prisonniers des Simbas fut menée de façon remarquable. D'une part, les très jeunes paras belges –membres du contingent faisant à ce moment leur service militaire– dirigés par le colonel Laurent, encadrés par une poignée de gradés d'active et largués d'avions pilotés par des militaires américains, exécutèrent parfaitement leur mission à Stanleyville, le 24 novembre 1964 (Dragon rouge), y libérant la toute grande majorité des otages dont, au moment du saut, ils ignoraient les lieux de détention dans une ville inconnue ; et qui accomplirent un exploit plus extraordinaire encore le 26 novembre à Paulis (Dragon noir) y sauvant les otages d'une mort certaine : les Simbas locaux y venaient d'apprendre ce qui s'était passé deux jours auparavant à Stanleyville et ils avaient déjà entamé le massacre systématique des étrangers qu'ils tenaient entre leurs mains.

Tout aussi remarquable fut l'action de la colonne dirigée par le colonel Vandewalle, colonne composée de militaires belges et congolais et de mercenaires de diverses nationalités, qui effectua par voie de terre une percée de 700 kilomètres en trois semaines, libérant au passage de très nombreux otages, pour atteindre Stanleyville le 24 novembre au matin, quelques heures après les parachutistes, à temps pour occuper la capitale rebelle et permettre aux otages de rejoindre l'aéroport en vue de leur évacuation. Les membres de cette colonne restèrent plusieurs mois dans l'Est et le nord-est du Congo, assurant la pacification et sauvant des centaines d'otages retenus dans des petites villes et villages isolés, et dont le cauchemar fut beaucoup plus long que celui de leurs compagnons de misère de Stanleyville et de Paulis.

L'Année du Dragon relate avec un grand luxe de détails les nombreux contacts diplomatiques entrepris par le gouvernement belge avec les dirigeants américains, et ce, dès le mois d'août 1964, en vue d'obtenir le salut des otages.

Enfermés dans la zone rebelle dont les Simbas avaient quasi complètement coupé les moyens de communication avec le reste du monde –ce qui les mit, autant que nous, dans l'ignorance presque totale de la situation prévalant hors des territoires qu'ils avaient conquis (jusqu'à 64% du gigantesque Congo !)–, nous, les otages, n'avions aucune connaissance de ces contacts. C'est ainsi que la lecture de L'Année du Dragon m'a personnellement appris à propos de ceux-ci d'innombrables éléments dont, cinquante ans après, j'ignorais encore l'existence... Il est vrai que l'histoire des événements de 1964 au Congo n'avait pas encore fait l'objet d'une étude historique en profondeur. Eddy Hoedt a donc contribué largement à combler une étonnante lacune !

La lecture de son livre m'a permis de réaliser tout le détail des efforts et démarches entrepris, dès août 1964, par Paul-Henri Spaak, alors ministre des Affaires étrangères, pour venir à notre secours. Ceux qui n'ont pas connu les événements congolais de 1960 et les condamnations internationales dont fut victime notre pays cette année-là ne peuvent mesure l'étendue du courage politique qu'il fallait à un ministre belge pour entreprendre au Congo une opération incontestablement humanitaire quatre ans plus tard seulement...

Merci donc à Paul-Henri Spaak, à son chef de cabinet Étienne Davignon, aux ambassadeurs belge Charles de Kerchove de Denterghem et américain Godley à Léopoldville, à notre conseiller politique au Congo Alfred Cahen et à tous ceux qui ne ménagèrent aucun effort pour assurer notre salut !

Merci également au Premier ministre Théo Lefèvre, qui partagea avec Paul-Henri Spaak la responsabilité politique des opérations de sauvetage des otages et à qui l'on doit (et c'est là un élément capital que m'a fait connaître le livre d'Eddy Hoedt !), grâce à son inébranlable volonté, le maintien de la superbe opération parachutiste « Dragon noir » qui sauva tant d'otages d'une exécution certaine !

Merci aussi aux paras et aux membres de la colonne Vandewalle, avec une pensée émue pour ceux d'entre eux qui perdirent la vie au cours de leurs opérations.

Je ne voudrais pas terminer cette préface sans rendre hommage au courage des milliers d'otages belges et étrangers, civils et religieux, qui vécurent dignement ces événements tragiques, et aux centaines d'entre eux qui y perdirent la vie.

Je voudrais enfin souligner que le calvaire incontestable vécu par les otages s'avéra sans le moindre doute moins atroce que celui auquel durent faire face les populations congolaises des territoires occupés hostiles aux rebelles, et qui furent tout au long de ces mois tragiques, victimes de massacres perpétrés sans la moindre discrimination. Je tiens à saluer leur courage et leur mémoire. »

Le récit d’une épopée guerrière… et humanitaire !

Bernard DELCORD

L’année du dragon – Congo 1964par Eddy Hoedt, préface de Patrick Nothomb, adaptation et traduction française par Baudouin Peeters, Bruxelles, Éditions Masoin, novembre 2014, 256 pp. en noir et blanc (+ 4 pp. de cartes en bichromie) au format 21,5 x 31,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39 €

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |