13 06 15

Naissance d’une épopée…

Waterloo - Acteurs, historiens, écrivains.jpgLa défaite de Waterloo sonne le glas du Premier Empire et marque la fin des guerres qui secouaient l’Europe depuis 1791. C’est aussi le début d’une légende dorée née sous la plume d’auteurs du XIXe siècle comme Victor Hugo, Lamartine, Balzac, Stendhal, Nerval, Chateaubriand, mais aussi Walter Scott, lord Byron, Conan Doyle ou William Thackeray, et d’historiens comme Lenotre, Guizot ou Albert Sorel sans oublier Las Cases ni Napoléon lui-même qui, depuis son exil de Sainte-Hélène, décrivit par le menu la « bataille de Mont-Saint-Jean ».

C’est ce qu’on lit dans la remarquable anthologie Waterloo – Acteurs, historiens, écrivains établie par l’historien Loris Chavanette qui y a compilé, rédigés aussi bien par des vainqueurs que par des vaincus, de nombreux témoignages, extraits biographiques et textes d’histoire militaire ou politique en plus d’extraits des auteurs cités plus haut, d’une chronologie, de notes explicatives et de cartes de la bataille.

Une mine d’informations aux meilleures sources !

Bernard DELCORD

Waterloo – Acteurs, historiens, écrivains, textes choisis et annotés par Loris Chavanette, préface de Patrice Gueniffey, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio classique », avril 2015, 882 pp. en noir et blanc au format 10,8, x 17,8 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 9,50 € (prix France)

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13 06 15

De Charybde en Scylla…

Napoléon – Du soleil d'Austerlitz au crépuscule de Waterloo.jpgS’adressant aux grands adolescents, mais aussi à un public plus vaste en raison de la qualité de ses illustrations et de la clarté de ses commentaires, l’ouvrage collectif intitulé Napoléon – Du soleil d'Austerlitz au crépuscule de Waterloo, s’il fait la part belle à l’esprit hagiographique en vogue depuis longtemps dans l’Hexagone s’agissant des hauts faits du Petit Caporal – pas un mot, en revanche, sur les sujets qui fâchent comme le pillage de l’Italie, les massacres en Espagne ou le rétablissement de l’esclavage aux Antilles –, trouvera tout naturellement sa place dans la bibliothèque des nombreuses personnes venues assister à la reconstitution de la bataille qui vit la chute de l’Aigle aux griffes acérées…

Bernard DELCORD

Napoléon – Du soleil d'Austerlitz au crépuscule de Waterloo, ouvrage collectif, Paris, Éditions Larousse, collection « Les dossiers de l’histoire », mai 2015, 96 pp. en quadrichromie au format 15,5 x 21,8 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 9,90 € (prix France)

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28 05 15

Ingagnable par les Yankees…

La guerre du Viêt Nam (collection Tempus).jpgDirecteur de recherche au National Security Archive de l'université George Washington, John Prados est unanimement reconnu comme l'un des meilleurs spécialistes de l'histoire diplomatique et militaire américaine. Il est l'auteur d'une quinzaine de livres, dont trois figurent sur les listes du prix Pulitzer et deux ont été traduits en français, Les Guerres secrètes de la CIA (aux Éditions du Toucan) et La Guerre du Viêt Nam, une somme parue aux Éditions Perrin à Paris en 2011 et qui vient de ressortir au format de poche dans leur excellente collection « Tempus ».

Voici ce que nous avions écrit dans ces colonnes à propos de l’édition princeps :

« Dans cette œuvre monumentale, l'auteur fournit le récit complet et une analyse globale de la guerre du Viêt Nam depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à la chute de Saigon en 1975.

On se rappellera que ce conflit demeure, à ce jour, le seul que perdirent les Yankees depuis l'indépendance de leur pays, et que cette raclée leur fut infligée à l'instigation d'un civil, le “général” Vo Nguyên Giap (né en 1911 [1]), un historien autodidacte n'ayant suivi les cours d'aucune académie militaire, mais fervent lecteur de Jules César, de Napoléon et de Clausewitz,qui avait déjà vaincu l'armée française à Dien Bien Phu en 1954.

S'appuyant sur des documents récemment déclassifiés et un large éventail de sources vietnamiennes et internationales, John Prados peint une fresque magistrale où idéologies et armées s'entrechoquent. Il explique comment et pourquoi les différentes présidences américaines, de Truman à Nixon, en passant par Kennedy et Johnson, ont à la fois mal interprété les réalités nord-vietnamiennes, mal compris leurs alliés sud-vietnamiens, méprisé le mouvement anti-guerre et négligé l'impact croissant des médias sur l'opinion.

Engagés dans un conflit qu'ils ne pouvaient gagner, les républicains comme les démocrates n'ont pas su puis pu sortir du scénario tragique dans lequel sombrait l'Amérique. Tour à tour récit enlevé, essai novateur et témoignage personnel émouvant, cet essai brillantissime dresse le bilan définitif d'une guerre novatrice qui bouleversa les États-Unis et modifia l'équilibre planétaire.

Le tout pour pas grand-chose… »

Racontée par le menu, l’histoire d’une tragédie moderne !

Bernard DELCORD

La guerre du Viêt Nam 1945-1975 par John Prados, traduction de Johan-Frédérik Hel Guedj, Paris, Éditions Perrin, collection « Tempus » n°594, avril 2015, 1079 pp. en noir et blanc au format 13 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 16 € (prix France)


[1] Il est mort le 4 octobre 2013 à Hanoï, à l'âge de 102 ans.

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01 03 15

Ténèbres et lumière…

Congo – L'autre histoire.jpgDans un fort essai remarquablement étayé et intitulé Congo – L'autre histoire. De Léopold II, fer de lance de l'antiesclavagisme à l'esclavagisme des multinationales, notre compatriote Charles Léonard s’est lancé dans l’entreprise ô combien complexe de remettre de nombreux points sur les i de l’histoire du Congo belge et de la RDC.

Il est vrai que notre homme, qui maîtrise parfaitement le lingala et voue une amitié sans bornes au Congo et à son peuple, ne manque pas de biscuit puisqu’il œuvra dans ce pays de 1953 à 1993 et qu’il fut la cheville ouvrière des 26 numéros de Conjoncture Économique du Zaïre, la revue de référence en la matière à l'époque, qu'il rédigea de 1961 à 1987.

« Mais, écrit son éditeur, s’agissant de l’histoire coloniale du Congo, Charles Léonard en a eu un jour assez des écrits orientés ainsi que du mea culpa profondément chrétien et frisant le masochisme de la presse européenne en général et belge en particulier.

Cette pensée anticoloniale politiquement correcte, mais loin de l'être toujours historiquement, est le fruit d'auteurs n'ayant souvent jamais vécu en dehors des frontières belges ni au Congo belge. Elle a, nombre de fois, exaspéré les anciens d'Afrique dont les mises au point et protestations ne furent pratiquement jamais prises en considération par les médias belges.

Alors, à 82 ans, il décide de prendre la plume et de raconter le Congo sous un autre angle : oui, la colonisation belge a fait un travail extraordinaire et fut l'une des plus remarquables en Afrique ; non, les Blancs ne sont pas tous d'infâmes exploiteurs ; oui, le Roi Léopold II fut un homme hors du commun, certes pas un saint, mais bien le reflet de la vision de son époque mise en œuvre avec volonté, persévérance et intelligence.

Parce qu’il fut victime de la calomnie anglaise d'abord, belge et internationale ensuite, ce livre veut lui rendre le mérite auquel il a droit : entre autres exploits, Léopold II mit fin à l'esclavagisme arabe en Afrique centrale et promulgua dès 1885 une ordonnance instaurant les bases d'un remarquable code de procédure civile, prélude du futur “Codes et Lois du Congo belge”, seul en son genre à l'époque, et respectueux du droit coutumier de surcroît. Il donna aux Congolais, qui le reconnaissent eux-mêmes, un véritable empire au cœur de l'Afrique, empire doté d’un sous-sol parmi les plus riches au monde.

Ensuite, Charles Léonard raconte l'évolution d'un pays : de l'indépendance aux Kabila père et fils en passant par Kasavubu, Mobutu, les deux guerres à l'Est et jusqu'aux exploiteurs actuels du pays, les nouveaux maîtres du monde que sont les multinationales. »

Ajoutons que le style est alerte, la réflexion subtile, la documentation abondante et les illustrations remarquablement choisies.

Cet ouvrage aux opinions parfois tranchantes – et que nous ne partageons pas forcément – ne pourra que déplaire aux tenants actuels de la pensée unique, à qui il fera pousser des cris d’orfraie.

Ce qui lui donne un attrait supplémentaire !

Bernard DELCORD

Congo – L'autre histoire. De Léopold II, fer de lance de l'antiesclavagisme à l'esclavagisme des multinationales par Charles Léonard, Bruxelles, Éditions Masoin, septembre 2014, 416 pp. + 32 pp. de photographies en noir et blanc au format 16 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 30 €

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22 02 15

"Il faudra leur dire..."

9782221095928.jpgLa nuit du 30 janvier 1944, Ida, âgée de 14 ans est emmenée par trois soldats français. Née en France de parents juifs polonais, elle sera conduite seule vers l'enfer. Drancy, Birkenau, Auschwitz en février 1944, elle affrontera la proximité, la puanteur, la violence des camps. Elle luttera pour ne pas tomber malade du typhus. Elle y restera 17 mois dont deux hivers. Un simple numéro, une seule gamelle, mise au travail, Ida tentera de survivre à l'horreur.Elle échappera à la mort dès son arrivée au camp, tout simplement grâce à une coiffure qui lui donne l'allure d'une adolescente plus âgée. Elle s'en servira par la suite, ce qui la sauvera à plusieurs reprises. 

 

Au fil de ce livre intitulé "J'ai pas pleuré", Ida raconte ses conditions de vie, ses rencontres... Elle évoque régulièrement la chance dont elle a bénéficié. Affectée au commando de pierres, elle finira par travailler dans une usine d'armement. Les conditions de vie sont inhumaines, chaque jour, elle voit des compagnons d'infortune mourir de froid, de fatigue, de douleur... Les moindres détails de la vie au camp sont décrits. En janvier 1945, les Allemands évacuent Auschwitz. S'ensuit la marche de la mort pour Ida. Des kilomètres à marcher, en soutenant les autres qui n'avancent plus et finissent par périr sur le bord du chemin. Mais la maladie la rattrape. Emmenée dans une annexe du camp, elle sera soignée par Wanda, une infirmière déportée pour résistance. Elle cherchera à la revoir après sa libération, mais en vain. Ce n'est qu'en mai 1945, qu'Ida sera véritablement libre par des soldats soviétiques. Rapatriée en France, elle apprendra que son père ne reviendra pas.Haut et fort, elle clamera que si elle a craqué: "j'ai pas pleuré". 

 

Ce livre est né d'une rencontre particulière en 1988. C'était la première fois qu'Ida retournait à Auschwitz, elle a accepté d'accompagner un groupe de lycéens. Elle y rencontre Bertrand Poirot-Delpech. Ce dernier propose d'être son scribe. Ensemble, ils livrent aux lecteurs plus qu'un témoignage mais bien un espace de réflexion sur ce que des humains ont été capables de faire à d'autres humains.Mais il y a aussi tout "l'après". Comment tenter de revivre après tout cela?

L'auteur explique être investie de la mission de transmettre l'histoire. "L'oubli serait aussi intolérable que les faits eux-mêmes. (...) Je n'oublie pas que j'ai reçu une mission sacrée. Je revois les femmes qui me l'ont confiée, en partant pou Revier, l'antichambre de la mort:"Si vous rentrez, il faudra leur dire. Ils ne vous croiront pas, mais il faudra leur dire"."

"J'ai pas pleuré", est un livre poignant ouvrant sur d'autres perspectives de cette page noire de notre histoire. 

 

J'ai pas pleuré, Ida Grinspan et Bertrand Poirot-Delpech, éd. Robert Laffont, 252 pages, Paris, 2002

 

01 02 15

Horreurs inouïes...

Dictionnaire de la Shoah.jpgSous la direction de Georges Bensoussan, historien et responsable éditorial du Mémorial de la Shoah (Paris), de Jean-Marc Dreyfus, spécialiste de l'aryanisation des biens juifs et maître de conférences à l'Université de Manchester, d’Édouard Husson, spécialiste de l'Allemagne nazie, maître de conférences et directeur de recherches à l'Université Paris-Sorbonne, ainsi que de Joël Kotek, spécialiste d'histoire contemporaine, maître de conférences à l'Université libre de Bruxelles et chargé de cours à l'Institut d'Études politiques de Paris, le Dictionnaire de la Shoah reparu chez Larousse dans une nouvelle version à l’occasion du 70e anniversaire de la libération d’Auschwitz a rassemblé une équipe de plus de 70 auteurs, dont des spécialistes allemands, américains, anglais et israéliens.

Une publication salutaire dans le contexte actuel où, sous couvert de critiquer la politique  – pour le moins discutable, il est vrai – de l’État d’Israël et de défendre la création – légitime aux yeux de la communauté internationale en général, et aux nôtres en particulier – d’un État palestinien souverain dans les frontières décidées par l’ONU, d’aucuns n’hésitent pas à afficher des prises de position révisionnistes et négationnistes fondées sur des « études » dénuées de crédibilité mettant en doute la réalité de la tentative d’extermination des Juifs et des Tsiganes d’Europe par les nazis.

Car refuser de reconnaître que trois millions de Juifs ont été assassinés en Pologne, deux millions en URSS, six millions en tout, et que des communautés entières ont été rayées de la carte, et ce, dans le seul but de légitimer un combat politique actuel est tout à la fois immoral, indigne et criminel.

Immoral, parce que cela reviendrait à faire croire que les souffrances endurées aujourd’hui par un peuple précis pourraient annihiler celles subies par un autre dans le passé. On ne sache d’ailleurs pas que les victimes des tentatives génocidaires de la seconde moitié du XXe siècle – au Cambodge, au Rwanda, au Soudan… – se soient fourvoyées dans de semblables errements.

Indigne, parce que le mensonge déconsidère non seulement ceux qui le profèrent en raison d’intérêts partisans (la réhabilitation du nazisme par les révisionnistes d’extrême droite, le travail de sape des fondements moraux de l’État d’Israël par les négationnistes d’extrême gauche soutenus par l’Iran), mais aussi ceux qui le partagent sans même s’apercevoir qu’ils dynamitent ainsi les bases de leur propre cause en la justifiant par un travestissement monstrueux de l’histoire humaine.

Criminel, parce que les crachats ignominieux jetés sur la mémoire de morts prolongent leurs souffrances jusque dans le cœur de leurs descendants qui se retrouvent en situation de victimes expiatoires d’un imbroglio politique à mille lieues de l’antisémitisme européen d’avant 1945 et de la volonté nazie d’extermination des Juifs mise en œuvre entre 1933 et 1945.

En dressant un bilan précis des événements, en analysant les processus de décision, les méthodes, le parcours des principaux bourreaux, mais aussi en ressuscitant les victimes à travers l'évocation de l'effervescence de la vie juive d’avant-guerre, le Dictionnaire de la Shoah permet de mieux cerner l'ampleur gigantesque de la tragédie ainsi que ses prolongements.

Et, on peut l’espérer, de remettre en place les idées de certains agités du bocal…

Bernard DELCORD

Dictionnaire de la Shoah, ouvrage collectif sous la direction de Georges Bensoussan, Jean-Marc Dreyfus, Édouard Husson et Joël Kotek, Paris, Éditions Larousse, collection « À présent », janvier 2015, 638 pp. en noir et blanc + un cahier de 16 pp. de cartes en quadrichromie au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 20,90 € (prix France)

Voici une notice éclairant en partie le conflit actuel entre la Fédération de Russie et l’Ukraine :

Auxiliaires supplétifs

Dans les pays occupés par l'Allemagne, des forces locales se mettent au service de la politique de répression et d'extermination. Ainsi en Belgique, en France ou bien encore aux Pays-Bas, des policiers participent aux rafles. Peu à peu, des unités de volontaires se constituent et mènent la lutte contre les résistants ou pratiquent les arrestations massives de Juifs ; en France, la « police aux questions juives » outrepasse ses attributions et procède également à des arrestations et la milice, créée en janvier 1943, est la force principale derrière les arrestations de Juifs dans les derniers mois de l'Occupation. Dans bien des cas, la déportation ou le massacre de masse perpétrés par les SS, les Einsatzgruppen, les bataillons de la police d'ordre (l'Orpo), la Gestapo ou la Wehrmacht n'auraient pas été possibles sans cette aide. Ces auxiliaires se recrutent souvent dans les partis locaux d'extrême droite et fascisants. Un certain nombre de ces volontaires sont intégrés dans la Waffen-SS.

Dans les pays d'Europe de l'Est, des dizaines de milliers d'hommes furent les auxiliaires zélés des massacres en Ukraine et dans les États baltes en particulier. Aux motivations antisémites s'ajoutèrent souvent un violent anticommunisme ainsi qu'un nationalisme exacerbé. Ainsi dans les pays baltes, le Lietuvu Aktvystu Frontas (LAF, Front des activistes lituaniens) prit part aux pogroms de même que des commandos lettons et estoniens. Organisées en sections et commandos, ces forces supplétives servirent également aux escortes des convois de déportations et participèrent aux massacres. Des unités de Lettons participèrent à l'écrasement de l'insurrection du ghetto de Varsovie en avril 1943.

Dans les centres d'extermination, des auxiliaires furent en charge notamment de la surveillance, comme à Treblinka où les supplétifs ukrainiens, particulièrement violents, étaient plus nombreux que les SS. Eu Pologne, ces auxiliaires connus sous le nom de Trawnikis – du nom du camp de concentration où ils étaient « formés » –jouèrent un rôle de soutien au cours de l'Opération Reinhard.

L'extension de la guerre en Union soviétique nécessita aussi un besoin grandissant de supplétifs pour lutter contre les partisans  ou pour participer à la « Solution finale ». En Ukraine, en Biélorussie et dans les pays baltes, ces bataillons de milices prirent part aux côtés des Einsatzgruppen à la « Shoah par balles ».

28 01 15

Peur, grandeur, barbarie et héroïsme mêlés…

Le sceptre et le sang .jpgAuréolé du succès hautement mérité d'essais comme Louis II de Bavière ou le Roi foudroyé, Sissi ou la Fatalité, La Saga des Romanov, La Saga des Habsbourg, La Saga des Windsor, La Saga des reines et La Saga des favorites, l’écrivain et journaliste (dans les colonnes de Paris Match, du Figaro et de Jours de France, entre autres) Jean des Cars, né en 1943, a publié récemment aux Éditions Perrin à Paris une étude passionnante – elle se lit comme un polar de la meilleure facture – intitulée Le sceptre et le sang, qu’il présente comme suit :

« À l'été 1914, l'Europe est très majoritairement monarchique : sur vingt-deux États, dix-neuf sont des royaumes, des empires, des principautés ou des grands-duchés. Aujourd'hui, ils ne sont plus que dix sur vingt-huit. Les deux guerres mondiales provoquent l'écroulement de quatre empires pour la première (Allemagne, Russie, Autriche-Hongrie, empire ottoman) et de quatre royaumes (Italie, Yougoslavie, Roumanie, Bulgarie) pour la seconde.

Ces souverains, qui étaient-ils ? Et les femmes qui partageaient leur existence, qui étaient-elles ? De l'ambition à l'aveuglement, du courage à la faiblesse, de la jalousie à l'abnégation, quels furent leurs triomphes et leurs échecs ? Comment vécurent-ils leur gloire, leurs épreuves et la montée des extrêmes de l'entre-deux-guerres marquée par l'avènement des totalitarismes ? Étaient-ils conscients des conséquences de leurs actes ? Ou furent-ils incapables d'arrêter l'engrenage des nationalismes ? Quelles furent leurs vies personnelles, leurs amours et leurs passions secrètes ?

Circonstance exceptionnelle : ces monarques, qui vont s'unir, se combattre et parfois se trahir, sont presque tous parents, liés par le sang et leurs mariages respectifs. Ainsi la “guerre des rois” sera-t-elle un incroyable règlement de comptes familial à l'échelle d'un continent puis du monde. »

Le récit enlevé et richement documenté d’un demi-siècle de drames humains, de crimes, de guerres, de défaites, de créations et de disparitions d'États…

Sommaire :

– Les années dangereuses 1908-1914

– Sarajevo entre paix et guerre (28 juin-28 juillet 1914)

– Alliées ? Ennemies ? Neutres ? Les monarchies face à la guerre (1914-1916)

– Le glas des empires (1917-1918)

– Des illusions de la paix à un nouveau cataclysme (1919-1939)

– Quelles monarchies survivront au second séisme ? (1939-1947)

Bernard DELCORD

Le sceptre et le sang par Jean des Cars, Paris, Éditions Perrin, novembre 2014, 474 pp. en noir et blanc + 16 pp. en quadrichromie au format 14 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 23 € (prix France)

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25 01 15

La France allemande...

La Collaboration Vichy Paris Berlin 1940-1945.jpgThomas Fontaine, historien, a soutenu en 2013 une thèse sur la déportation de répression. Fin connaisseur des archives françaises et allemandes, il est aujourd'hui une référence incontournable sur le système d'occupation en France, comme sur la mémoire de la guerre. Denis Peschanski, historien lui aussi, est directeur de recherche au CNRS. Par ses nombreux ouvrages et ses films, il est devenu un spécialiste de renommée internationale sur la France des années noires.

Dans un fort ouvrage intitulé La Collaboration Vichy Paris Berlin 1940-1945 (Paris, Éditions Tallandier), ils se fondent sur près de 600 documents [1] souvent inédits qu’ils présentent et commentent en suivant une trame chronologique, de juin 1940 à avril 1945, pour composer la fresque de l’une des pires péripéties de l’histoire de France.

L’occasion de répondre à des questions comme : qui a eu intérêt à collaborer ? Les Français ou les Allemands ? Qui en furent les acteurs ? Quel rôle ont joué les ultras ? Qui s'est enrichi ? Quelle fut l'ampleur de la collaboration militaire ? Et de la collaboration économique ? Quel rôle a joué Vichy dans la déportation des Juifs de France et dans la répression de la Résistance ? À quel point les intellectuels et les artistes se sont-ils compromis ? Et l’Église catholique ? Qu’en fut-il de la presse écrite et des médias de propagande (radio, cinéma, édition de livres et de bandes dessinées…) ? Et du Service du Travail obligatoire ? Et des organisations de bienfaisance ?

Un livre qui met le doigt où cela fait mal....

Sommaire :

Le choix de la collaboration (juin 1940-janvier 1941)

La collaboration, une priorité de François Darlan (février-juin 1941)

Le tournant de la guerre à l’est (juillet 1941-mars 1942)

Le jeu des dupes (avril-novembre 1942)

Les Allemands passent à l’offensive, Vichy perd la main (novembre 1942-decembre 1943)

Fin de partie (janvier 1944-avril 1945)

Bernard DELCORD

La Collaboration Vichy Paris Berlin 1940-1945 par Thomas Fontaine et Denis Peschanski, préfaces d’Agnès Magnien et Françoise Banat-Berger Paris, Éditions Tallandier, novembre 2014, 320 pp. en quadrichromie au format 25 x 29 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,90 € (prix France)


[1] Affiches, rapports, lettres, journaux intimes, insignes, tracts, procès-verbaux, mains courantes, pièces à conviction, registres d'écrou, albums photographiques, objets… issus entre autres de fonds exceptionnels des Archives nationales, de séries du contre-espionnage encore inexploitées du Service historique de la Défense, de dossiers des Brigades spéciales des Renseignements généraux à la préfecture de police et de pièces d'un des collectionneurs les plus importants de la place de Paris…

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03 01 15

« Le succès consiste à aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme. » (Winston Churchill)

Mémoires de la Grande Guerre 1915-1918 .jpgToujours fort bien inspirée par le fameux gourou de l’édition française Jean-Claude Zylberstein, la maison Tallandier à Paris poursuit la réédition des souvenirs de Winston Churchill (1874-1965) par la publication de ses Mémoires de la Grande Guerre 1915-1918 qui constituent le second volume [1] d'un témoignage irremplaçable sur les coulisses britanniques du premier conflit mondial et sur le déroulement des événements jusqu'en novembre 1918.

Voici ce qu’en dit l'éditeur :

« Ce second volume des Mémoires de la Grande Guerre s'ouvre sur l'année 1915, pour s'achever avec la victoire de 1918. Rendu responsable du sanglant échec de l'opération des Dardanelles, Winston Churchill, alors Premier lord de l'Amirauté, doit démissionner du gouvernement en novembre 1915. Mais il n'en reste pas moins actif et rejoint le front de France. C'est en tant que chef de bataillon réserviste qu'il participe aux combats dans les tranchées des Flandres jusqu'en mai 1916.

Député à la Chambre des Communes, il porte un regard acéré sur cette Europe devenue un immense champ de batailles, et analyse avec justesse les batailles de Verdun et de la Somme. Nommé ministre de l'Armement en juillet 1917, il devient le Carnot de la Grande Guerre, tout en suivant le déroulement des opérations sur le terrain jusqu'à l'armistice final. Churchill se fait le chroniqueur des événements qui ont bouleversé l'Europe et dont il a été le témoin autant que l'acteur.

On y retrouve des jugements bien tranchés sur les hommes politiques et les militaires de l'époque, un ton épique, un style admirable et un humour omniprésent. »

Ce dernier s’avérant d’ailleurs, dans la bouche de Sir Winston, une arme de destruction massive d’une efficacité redoutable…

Bernard DELCORD

Mémoires de la Grande Guerre 1915-1918 par Winston Churchill, préface de François Kersaudy, traduction révisée et annotée par Antoine Capet, Paris, Éditions Tallandier, août 2014, 597 pp. en noir et blanc au format 16,5 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 29,90 € (prix France)


[1] Le premier s’intitule Mémoires de la Grande Guerre 1911-1915.

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17 12 14

la boîte à Pandore

C'est une mine de publications sympathiques que nous propose la maison d'édition franco-belge, La Boîte à Pandore, en cette fin festive d'année..

Certaines trouveront place au pied de votre sapin, qui raviront père, belle-mère, mari ou frère..

Jugez-en

Philosophe, écrivain et docteur en sciences de l'Université de Paris VI, Jean C. Baudet, revisite avec nous "Les + grandes erreurs de la science, conviant Descartes, Newton, Einstein et tant d'autres au tribunal disert et joyeux de ses propres connaissances.

" D'accord, Copernic a révolutionné la vision du monde avec son héliocentrisme. Bien sûr, Newton a tout changé avec l'idée de la gravitation universelle. C'est vrai, Darwin a bouleversé le monde savant - et même le monde inculte- avec sa théorie de l'évolution des espèces et surtout avec l'idée de l'origine animale de l'homme. Mais Einstein est allé au coeur même du savoir humain, refondant entièrement nos idées sur le temps, l'espace, la matière et l'énergie! Il ne fut pas le plus grand physicien du XXe siècle. Il fut le plus grand savant de tous les temps."

Les + grandes erreurs de la science, Jean C. Baudet, essai, Ed. La boîte à Pandore,nov. 2014, 240 pp

 

 Se penchant sur ces femmes qui franchirent le stéréotype macho qui réservait aux hommes les recherches scientifiques, le même Jean C. Baudet, nous propose une galerie de quarante portraits bien trempés et souvent méconnus. Aux côtés d'Emilie, marquise du Châtelet, chère à Voltaire et à quelques autres tempéraments des Lumières, d'Irène Curie,  se succèdent ces noms, aux consonances largement anglo-saxonnes, têtes de chapitres alertes bien ficelés.

Et le philosophe de s'interroger: " N'est-ce pas  justement à cause des progrès mêmes de la science que les femmes ont eu, finalement, accès à la science? "

Il se pourrait.

Les + grandes femmes de la science, Jean C. Baudet, essai, Ed. La boîte à Pandore, nov. 2014, 316 pp

Enfin  Jean C. Baudet dresse, à notre belge fierté, un tableau de l'histoire industrielle du plat pays  et des réalisations de ces ingénieurs dont les patronymes résonnent encore à nos oreilles Ernest Solvay, bien sûr et sa précieuse soude ammoniaquée, Zénobe Gramme et sa dynamo, William et John Cockerill....

Un panorama qui met avant tout  l'accent sur cet ingenium si nécessaire au destin d'un pays

Les + grands ingénieurs belges, Jean C. Baudet, essai, Ed. La boîte à Pandore, sept..2014, 286 pp

 

Si votre intérêt - suspect - vous porte à enquêter sur les assassinats historiques, ceux de Jules César, Guillaume le Taciturne, Henri IV, Gandhi , Raspoutine, Trotsky, John Fitzgerald Kennedy, Martin Luther King, Elisabeth d'Autriche, Indira Gandhi ... vous suivrez allègrement le Docteur Stevens Parissien,  historien britannique, comme son nom l'indique, découvrant les raisons, modus operandi, statuts moraux et impacts politiques de ces mises à mort programmées.

 Les + grands assassinats de l'Histoire - Les morts célèbres qui ont changé le monde, Stevens Parissien, essai, trad., Ed. La boîte à Pandore,  juillet 2014, 320 pp

Et puis, il se pourrait que vous missiez le cap sur un pays qui vous est cher,  dont quelques "grands mystères" ne vont pas manquer de vous surprendre: si vous n'ignorez rien de la naissance d'Audrey Hepburn au 48 de la rue Keyenveld à Bruxelles, ni de sa noble ascendance, du double mariage religieux du roi Léopold avec Blanche Delacroix, baronne de Vaughan , ... vous découvrirez avec curiosité le témoignage de Lucien Durieux, fils aîné de leurs amours, avec émotion, la lettre douloureuse et digne qu'adresse SM la Reine Elisabeth de Belgique à Paul Raynaud, président du Conseil (France) pour restaurer l'honneur bafoué de son fils, SM  le Roi Léopold III

Surprenantes histoires de l'Histoire de Belgique, Cap sur les grands mystères d'un pays que l'on croit connaître, D.- C Luytens, essai, Ed. Jourdan, sept 2014, 246 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |