11 10 14

Avant le retour des beaux jours…

Bruxelles occupée.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 10/10/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

À l’occasion des 70 ans de la Libération de Bruxelles (le 3 septembre 1944), Georges Lebouc a fait paraître chez 180° éditions un passionnant Bruxelles occupée rassemblant nombre de témoignages oraux et écrits de la vie quotidienne dans la ville durant les quatre années de l'Occupation nazie, un sujet jamais vraiment traité jusqu’ici.

Avec la verve qu’on lui connaît, Georges Lebouc ressuscite donc le marché noir de la rue des Radis (né des pénuries et des faiblesses du ravitaillement), le bombardement de l'avenue de la Couronne, la fermeture de l'ULB en raison d'une parodie d'étudiants (celle de l’échec de l’invasion de l’Angleterre par une attaque du Chalet Robinson au Bois de la Cambre), le mitraillage du siège de la Gestapo par l’aviateur Jean de Sélys Longchamps, l’épisode fameux du « faux Soir », le Secours d'Hiver, les coupures de gaz et d'électricité, le faux enterrement d'Hitler dans les Marolles, l'incendie du Palais de Justice, la collaboration, la Résistance, les mesures antisémites et la fuite des Allemands, mais aussi la vie sportive et culturelle (presse, radio, cinéma, théâtre, cirque, chansonniers…) d’une cité à l’esprit résolument frondeur et rigolard.

Une belle œuvre mémorielle !

Bernard DELCORD

Bruxelles occupée ou la vie quotidienne sous l’occupation allemande par Georges Lebouc, Bruxelles, 180°éditions, septembre 2014, 234 pp. en noir et blanc au format 23,7 x 31 cm sous couverture brochée en couleurs, 17 €

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09 10 14

70e anniversaire

_cfimg-3081288704452845291.jpg Paru à l'occasion du 70e anniversaire  de la Libération de la capitale belge, l'essai de Georges Lebouc, nous fait revivre, nourrie de nombreux témoignages et anecdotes - parfois drôles - le quotidien de ses habitants , selon une séquence thématique et chronologique, qui va de l'exode de mai 1940 à la Libération.

Rationnements  - plutôt que famine - phobie de la pénurie,  transformations de jardins en potagers, sentiments variés vis-à-vis de l'Occupant, faits de collaboration ou de résistance - telle la célèbre parution, le 9 novembre 1943 du faux Soir,  création du "Grand Bruxelles" englobant en son territoire 17 autres communes, dérivatifs et divertissements, ... sont présentés dans leurs contextes d'époque et de géographie.

"On raconte aussi que les Bruxellois s'amusaient à brûler à la cigarette les beaux (? ) uniformes des militaires allemands lorsque les trams étaient bondés. Ceci aurait incité les occupants à faire "tram à part", ce dont je n'ai pas eu confirmation"

nous révèle  Georges Lebouc, conscient de l'urgence qu'il y a à consigner ces récits de témoins vivants des événements.

Bruxelles occupée ou la vie quotidienne sous l'occupation allemande, Georges Lebouc, essai, 180° éditions, sept.2014, 236 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

13 09 14

« De la musique avant toute chose. » (Paul Verlaine)

Histoire de la Musique.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 12/09/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Coédité en 2008 par votre serviteur et par Gilbert Labrune des Éditions Larousse à Paris, le texte de l’Histoire de la Musique rédigée par le Liégeois Bernard Wodon est ressorti ces jours-ci dans une version mise à jour, toujours dans la célèbre collection « In Extenso », l’un des fleurons de la grande maison française.

L’auteur, docteur en histoire de l’art de l’UCL, y a accompli une œuvre de titan, puisqu’il y retrace seul et en 11 chapitres 4000 ans d’activités musicales présentées par catégories vocale et instrumentale allant de la musique hellénistique et romaine jusqu’aux compositeurs contemporains en passant par le chant grégorien, le baroque, le répertoire classique et romantique ou le jazz, entre autres.

Rédigé dans une langue accessible à tous, cet ouvrage de référence est une mine d’informations claires et en tout genre, biographiques, historiques, socio-économiques, stylistiques, techniques ou anecdotiques.

Un exemple ?

À sa lecture, j’ai enfin compris le scénario de la Tétralogie de Richard Wagner, et même ce qu’était la musique spectrale de Giacinto Scelsi…

C’est dire !

Bernard DELCORD

Histoire de la Musique par Bernard Wodon, 2e édition mise à jour, Paris, Éditions Larousse, collection « In Extenso », août 2014, 480 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 26,40 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

09 09 14

Palmarès

livre les plus mauvaises meres de l'histoire Quelles dispositions faut-il posséder pour figurer en ce palmarès..affolant? 

Abus d'autorité, d'ambition personnelle, d'intrusion dans la vie de sa progéniture, ... elles sont quelques mères - célèbres - qui ont poussé le sentiment de possession qu'engendre la maternité à son paroxysme.

" Les caractères des enfants de Marie-Thérèse forment une étonnante mosaïque de contrastes. Chacun réagit à la férule maternelle de manière différente, mais soumis et résignés ou révoltés et rancuniers, aucun n'échappa à l'emprise de la forte personnalité de Marie-Thérèse.

Même après le décès de" l'impératrice" , son ombre planera encore sur la destinée de ses descendants

Nourrie d'une ambition politique inouïe et de 16 enfants- dont Marie-Antoinette de France - pour l'assouvir, Marie-Thérèse d'Autriche est le paradigme de la mère-despote. Qualité qu'elle partage avec Olympias, mère d'Alexandre-le-Grand, Agrippine, mère de Néron, Aliénor d'Aquitaine,  Blanche de Castille, Isabelle la Catholique, Catherine et Marie de Médicis.. dont les portraits, bien trempés illustrent des chapitres passionnants à découvrir.

Quant à Anne d'Autriche, elle n'hésite pas à sacrifier Philippe d'Orléans au profit du futur Louis XIV, son autre fils.

Que dire de Louise Athénaïs Claudel, mère mesquine, rigide et revancharde qui s'acharna sur Camille, sa fille mal-aimée au point de la faire interner, trente ans durant

Et d'Arizona Donnie Barker, féroce "Ma Dalton" qui de ses 4 fils , Herman, Llyod, Arthur et Fred fit des délinquants et prit la tête d'un gang sanglant..

Pas très reluisant, tout cela..

Mais intéressant à découvrir, sous la plume alerte et fluide de Louise-Marie Libert.

AE

Les + mauvaises mères de l'Histoire, Louise-Marie Libert, essai, Ed. La boîte à Pandore, juillet 2014, 298 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

31 08 14

À la guerre comme à la guerre…

La guerre totale.jpgAdjoint du maréchal Hindenburg dès le début de la Première Guerre mondiale, Erich Ludendorff (1865-1937) sauve l'Allemagne menacée à l'Est en remportant les batailles de Tannenberg (26-30 août 1914) et des lacs Mazurie (septembre 1914 et février 1915) qui passent pour des chefs-d'œuvre de stratégie. Devenu un héros national, nommé général en chef des armées allemandes (la Deutsches Heer) en 1916 et après avoir été en 1917 l’un des principaux négociateurs du traité de Brest-Litovsk avec la Russie révolutionnaire, c'est lui qui, au printemps 1918, tente l'offensive de la dernière chance sur le front occidental. Ayant échoué, il est démis par le Kaiser Guillaume II.

Erich Ludendorff avait aussi été l’initiateur de la guerre sous-marine à outrance qui entraîna, à terme, l’entrée en guerre des États-Unis.

Après la guerre, il s'engage dans l'extrême droite nationaliste, participe au putsch manqué de Hitler à Munich en 1923, siège au Reichstag l'année suivante comme député nazi. En opposition avec Hitler sur la direction du parti nazi, il se retire de la politique pour se consacrer à l'écriture.

Par ailleurs, en 1925, il fonde avec sa future seconde femme Mathilde von Kemnitz (qu'il épousera en 1926) le Tannenbergbund, mouvement païen de « connaissance de Dieu », qui existe toujours sous le nom de Bund für Deutsche Gotterkenntnis, et dont les membres sont parfois appelés « Ludendorffer ».

En apprenant que son ancien collègue, le maréchal-président Hindenburg, vient d'appeler Hitler à la chancellerie le 30 janvier 1933, Ludendorff lui adresse une lettre de reproche : « Et moi, je vous prédis solennellement que cet homme exécrable entraînera notre nation vers des abîmes de déshonneur […]. Les générations futures vous maudiront dans votre tombe pour ce que vous avez fait ».

Erich Ludendorff meurt le 22 décembre 1937 à l’âge de 72 ans après avoir rejeté, en 1935, l’offre de Hitler lui proposant de l’élever à la dignité de maréchal. Néanmoins, le général eut droit à des funérailles nationales à Munich [1].

Deux ans avant sa mort, il publie La guerre totale, dont la traduction française de 1937 a reparu récemment chez Perrin à Paris, dans l’excellente collection de poche « Tempus », avec une préface de Benoît Lemay, un éminent spécialiste canadien d'histoire militaire et d’histoire de l'Allemagne, ancien professeur à l'université de Laval (Québec), par ailleurs auteur de deux biographies remarquables d’Erich von Manstein, le stratège de Hitler et d’Erwin Rommel.

Écoutons-le :

« Un livre prophétique. Tirant les leçons de la défaite allemande de 1918, La guerre totale annonce les principes de la prochaine blitzkrieg. Inversant la thèse de De la guerre de Clausewitz qu'il prétend critiquer et dépasser, Ludendorff affirme que le politique doit être entièrement subordonné au militaire dans le cadre d'une dictature qui mobilise tous les moyens de production du pays pour gagner la guerre totale à venir.

De même, la guerre ne peut pas être défensive – autre principe clausewitzien –, mais offensive et, sur le plan tactique, le commandement doit rechercher la rupture du front adverse par la concentration de toutes les forces en ses points faibles, sans hésiter à frapper les civils par des bombardements pour démoraliser l'adversaire.

Le succès de cet ouvrage publié en 1935 s'explique par le côté frappant de son titre associé à l'auteur, alors considéré comme un maître-stratège. Analysant les échecs de l'armée allemande pendant la Grande Guerre tant sur le plan stratégique, économique que politique, Ludendorff émet des préconisations qui seront reprises par Hitler quelques années plus tard. »

Ajoutons que la clarté toute prussienne de cet essai aux gutturaux accents barbares, antisémites et antichrétiens l’a rendu compréhensible bien au-delà des galonnés d’état-major – son usage par le caporal Hitler en est la preuve – et applicable bien plus tard que durant la première moitié du siècle passé, hélas…

Bernard DELCORD

La guerre totale par Erich Ludendorff, préface de Benoît Lemay, Paris, Éditions Perrin, collection « Tempus », août 2014, 221 pp. en noir et blanc au format 11,9 x 17,9 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,50 € (prix France)


[1] Source : Wikipedia.

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25 08 14

Paris a toujours été Paris...

Portraits pittoresques de Paris 1867-1893.jpgHistorien, journaliste et lexicographe, Charles Virmaître (1835-1903) fut l'un des grands physiologistes du Paris de la fin du XIXe siècle. Il écrivit une trentaine de livres sur le Paris populaire et celui des marges au temps des grandes mutations haussmanniennes : Les Curiosités de Paris (1868), La Commune à Paris (1871), Paris oublié (1886), Paris Police (1886), Paris qui s'efface (1887), Paris galant (1890), Paris-Impur (1891)... ainsi qu'un Dictionnaire de l'argot fin de siècle (1894).

Les Éditions Omnibus, à Paris elles aussi, ont confié à la critique et biographe dix-neuvièmiste Sandrine Filipetti le soin de réunir un choix de ses textes, choix qui a paru sous le titre de Portraits pittoresques de Paris 1867-1893 dans lequel sont mis en lumière bien des aspects ténébreux de la Ville-Lumière au temps du baron Hausmann.

En voici le sommaire, particulièrement explicite :

PARIS QUI VIENT, PARIS QUI VA

Physionomie de la ville

Restaurants et cafés, caboulots et bouis-bouis

Distractions populaires

Théâtres, caveaux, cirques et artistes

Petits métiers, bonimenteurs et célébrités du Paris-phénomène

Curiosités macabres

LES ARTS ET LES LETTRES

Journalistes et hommes de lettres

La presse

Physiologie des artistes

Des ateliers à l'exposition

LES ESCARPES

L'armée du crime

Arnaques, coups et combines

Les escarpes de salon

Police, surveillance et répression

TROTTOIRS ET LUPANARS

Marmites, proxénètes et michés

Maisons de tolérance

Brasseries-bordels et établissements publics

Prostitution et autorité

« Je fais du document et non de la critique, de l'histoire et non de la théorie », assurait Virmaître avec humilité.

Mais avec quel talent de conteur !

Bernard DELCORD

Portraits pittoresques de Paris 1867-1893 par Charles Virmaître, choix et présentation de Sandrine Filipetti, Paris, Éditions Omnibus, avril 2014, 928 pp. en noir et blanc au format 13 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 31 € (prix France)

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25 07 14

Agapes mémorables...

À table avec les grands personnages de l'histoire.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 25/07/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Spécialiste de l'histoire de l'alimentation, Éric Birlouez est l'auteur d'À table avec les grands personnages de l'histoire, un splendide livre-objet paru à Rennes aux Éditions Ouest-France dans lequel il explique notamment ce que mangeaient les pharaons, les Romains et les rois de France, quels fruits et légumes Christophe Colomb ramena du Nouveau Monde, pourquoi le pape Jean XXII n'acceptait que des mets et des boissons de couleur blanche ou de quoi raffolait l'empereur de Chine Qianlong.

Magnifiquement illustré, fourmillant d'anecdotes et reposant sur des bases historiques sûres, son ouvrage, qui contient aussi 16 fiches recettes sur papier « d'époque » (papyrus, parchemin...), une recette enluminée, un livret des « bonnes manières de table » d'Érasme, un menu du XVIIIe siècle et 4 estampes chinoises, plonge le lecteur dans l'histoire de la gastronomie et lui propose des recettes pour composer des menus d'époque.

Un album en tout point délicieux !

Bernard DELCORD

À table avec les grands personnages de l'histoire par Éric Birlouez, Rennes, Éditions Ouest-France, novembre 2012, 115 pp. en quadrichromie au format 22,5 x 26,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 27 € (prix France)

Voici une recette qu'affectionnait Charles-Quint :

Civet de lapin à la bière

Pour 4 personnes

Préparation : 15 minutes

Cuisson : 30 à 45 minutes

Ingrédients :

4 morceaux de lapin

75 cl de bière forte (une trappiste, par exemple)

1 grosse carotte

2 oignons

1 poireau

2 cuillerées à soupe de miel

Huile d'olive

50 cl de bouillon de bœuf

1 bouquet garni

Sel et poivre

Recette :

Laver, éplucher et couper grossièrement les légumes en morceaux .

Dans une cocotte, faire dorer les morceaux de lapin à l'huile d'olive très chaude.

Ajouter tous les légumes, le miel et laisser caraméliser légèrement.

Retirer les légumes et les morceaux de lapin de la cocotter et réserver.

Déglacer la cocotte à la bière en grattant le fond pour sortir tous les sucs.

Ajouter le bouillon de bœuf, le bouquet garni et assaisonner.

Placer les légumes et le lapin dans le bouillon et laisser mijoter à couvert, dans le four à 180°C (thermostat 6).

Servir avec une purée de pommes de terre.

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29 06 14

Un Balzac du XXIe siècle !

 

Bruno Fuligni.jpg

Photo Louis Monier

© Éditions Horay

Historien, écrivain, haut fonctionnaire à l’Assemblée Nationale française, maître de conférences à Sciences Po et surtout remarquable polygraphe, Bruno Fuligni a fait paraître ou a dirigé une invraisemblable quantité d'ouvrages dont aucun ne manque de tenir le lecteur en éveil et en haleine.

Parmi sa production de ces quatre dernières années (de nombreux ouvrages portant sa signature ayant déjà paru antérieurement), relevons : Dans les archives secrètes de la police (Éditions Gallimard-Folio), Petit dictionnaire des injures politiques (L'Éditeur), Les frasques de la Belle Époque : les plus belles unes du Petit Journal (Éditions Albin Michel), Le livre des espions (Éditions L'Iconoclaste), Le Monde selon Jaurès (Éditions Tallandier), Tour du monde des terres françaises oubliées (Éditions du Trésor), Dans les archives inédites des services secrets – Un siècle d'espionnage français (1870-1989),(Éditions Gallimard-Folio), excusez du peu !

En voici une présentation, avec l'aide des éditeurs :

Dans les archives secrètes de la police

Quatre siècles d'histoire, de crimes et de faits divers

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De l’assassinat d’Henri IV à Mai-68, ce livre raconte quatre siècles de dossiers brûlants. Il plonge dans la grande Histoire : Ravaillac, Louis XVII, Ravachol, la Résistance, la guerre d’Algérie, mais aussi dans le monde de la pègre, des marginaux et des courtisanes (les thèmes abordés sont le vol, le meurtre, la combine, le crime politique, la subversion, l'agitation de la rue, la prostitution, l'homosexualité et l'adultère). Il fait revivre les affaires criminelles qui ont passionné les Français : Landru, Violette Nozières, Petiot, et il dévoile les secrets d’artistes et d’écrivains comme Hugo, Verlaine, Rimbaud, Colette ou Picasso.

L'ouvrage rassemble des contributions d'auteurs nombreux, parmi lesquels le journaliste Frédéric Pagès (du Canard enchaîné) à propos de Landru, l'écrivaine belge Amélie Nothomb, que l'on ne présente plus, sur Violette Nozières, souvent présentée comme la muse parricide des surréalistes, les historiens Jean-Pierre Rioux sur l'assassinat de Jaurès et sur la manifestation des Algériens de Paris en 1961, Michel Winock sur la vague des attentats anarchistes de la fin du XIXe siècle et des débuts du XXe, Pascal Ory sur les activités « antinationales » des surréalistes et sur les attentats de la Résistance durant la Deuxième Guerre mondiale, Jean-Pierre Azéma sur la Shoah en France, Jean Tulard sur la police dans la littérature et le cinéma, le journaliste Jean Lacouture sur une tentative de lynchage de Léon Blum en 1936, Pierre Assouline à propos du Sphinx, un bordel de luxe dans les années 1930...

Petit dictionnaire des injures politiques

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De la naissance de la République à nos jours, un florilège tour à tour amusant, ridicule et parfois terrible de ce que les hommes politiques français ont dit et écrit de leurs adversaires. Tribuns de la Révolution française, anarchistes, francs-maçons, radicaux, communistes, cagoulards, collaborateurs... insulteurs ou insultés, tous ceux qui se sont un jour mêlés de politique défilent dans ce dictionnaire.

Les frasques de la Belle Époque : les plus belles unes du Petit Journal

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L’ogresse de la Goutte d’Or, l’éruption de la Montagne Pelée, les fêtes extraordinaires, la conquête des pôles, l’invention des premiers robots, mais aussi les attentats anarchistes et les crimes rocambolesques : les lecteurs de la Belle-Époque n’ont pas le temps de s’ennuyer grâce aux unes inoubliables du supplément illustré de leur quotidien favori, Le Petit Journal, qui se lance en 1890, dans la publication d’images… en couleurs, et provoque une petite révolution !

Le livre des espions

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Plus de 1000 mots et expressions secrètes des espions d’hier et d’aujourd’hui. Les agents du monde entier usent d’un vocabulaire codé, technique, imagé, parfois pittoresque, souvent romanesque.

Pour la première fois, il est rassemblé dans ce livre, inspiré des documents d’archives, mais aussi des usages contemporains. De A à Z, on trouvera des mots tels que : Aquarium – Baiser de la mort – Carbone blanc – Enigma – Gorge profonde – Grand Jeu – Hirondelle – Harmonica – Intox – Livraison – Minox – Myosotis – Opération humide – Pompe à vélo – Roméo – Sapinière – Stay-behind – Taupe – X-2 – Zombie…

De nombreuses définitions sont illustrées par plus de 150 photographies et objets dont beaucoup proviennent des archives des services de renseignements eux-mêmes.

Conçu à partir des documents trouvés dans les archives des Services secrets français, ce manuel dévoile pour la première fois les techniques du métier, en répondant à des questions comme : « Comment recruter ou former un espion ? Quelles sont les recettes pour se grimer ou rendre son écriture invisible ? Comment endosser une fausse identité ? Quand approcher un agent double ? Comment résister à l’épreuve d’un interrogatoire ?… »

Autant de questions dont les réponses permettent au lecteur d’approcher de près la réalité d’un métier mythique.

Le Monde selon Jaurès

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Qui est vraiment Jean Jaurès ? Quel monde veut-il, cet homme assassiné le 31 juillet 1914, alors qu'il tente « avec une sorte de désespoir » d'empêcher une guerre dont il a pressenti la puissance destructrice ? Ses partisans comme ses adversaires ont salué sa voix d'airain, sa parole ailée, sa force de conviction, son intégrité, mais aussi ce « sens cosmique » par lequel cet intellectuel qui se jette dans le combat politique apporte à la République une pensée originale de l'homme et de l'univers.

Orateur hors pair, capable de parler pendant trois heures sans notes, philosophe engagé, Jean Jaurès a prononcé des discours mémorables : sur l'école, le travail, les retraites, la finance, la corruption, la violence, la justice, les relations franco-allemandes, la place des religions dans la Cité... Celui qui voulait changer la société nous a laissé, dans une langue superbe, des analyses stimulantes qui sont toujours d'actualité.

Au fil des citations, chaque fois replacées dans leur contexte, Bruno Fuligni nous invite à découvrir ses réflexions, ses réparties, ses prophéties, ses avertissements, ses saillies, ses confidences, qui sont autant de clefs pour comprendre le monde d'hier et d'aujourd'hui.

Tour du monde des terres françaises oubliées

Tour du monde des terres françaises oubliées.jpg

L'empire colonial français est mort, mais le drapeau tricolore flotte encore sur nombre de territoires exotiques et bizarres. Sans léser personne, sans opprimer aucun peuple autochtone, l'Hexagone conserve, à l'insu de tous, un petit empire, discret, clandestin, surprenant : l'archipel des Chesterfield, les îlots contestés de Hunter et Matthew, les Domaines français de Sainte- Hélène, l'île basque de Floreana, le Pays Quint, la forêt du Mundat, le Taubergiessel, l'île intermittente de Julia, l'enclave fantôme d'Adulis, l'introuvable île des Démons ou le mystérieux récif Ernest-Legouvé...

Dans les archives inédites des services secrets

Dans les archives inédites des services secrets.jpg

Longtemps inaccessibles, les archives du renseignement français ont été ouvertes à une équipe de chercheurs. Deux années de travail ont été nécessaires pour consulter des centaines de cartons et analyser des milliers de documents. De la défaite de 1870 à la fin de la Guerre froide, ces pages abondamment illustrées retracent les grandes heures de l'espionnage et du contre-espionnage. La naissance des services, l'évolution de leurs techniques, mais aussi leur rôle décisif dans la grande Histoire : l'affaire Dreyfus, la révolution bolchevik, la montée du nazisme, la France libre à Londres, les préparatifs du Débarquement, la guerre d'Algérie, l'affaire Farewell...

On y croisera de grandes figures d'espions comme des séductrices de légende telles que La Païva, Mistinguett, Mata Hari ou Joséphine Baker.

Signalons, pour conclure, que Bruno Fuligni est également :

– co-auteur d’une série de documentaires sur les députés d’autrefois, Les Aventuriers de la République (série en six épisodes réalisée par Jean-Luc Robert et Jean-Michel Gerber en 2004) pour lesquels il a écrit les monologues de Pierre Arditi, Michael Lonsdale, Jean Rochefort, Pierre Richard, Claude Piéplu et Daniel Kamwa,

– auteur du téléfilm La Séparation (réalisé par François Hanss en 2005), avec Pierre Arditi, Claude Rich, Jean-Claude Drouot, Pierre Santini, Michael Lonsdale et Jacques Gallo,

–auteur du téléfilm La Française doit voter ! (réalisé en 2007 par Fabrice Cazeneuve), avec Thierry Frémont et Jean-François Balmer,

– et auteur du clip Le Message (réalisé par François Hanss en 2008), avec la voix de Michel Duchaussoy.

En attendant la prochaine rafale de titres !

Bernard DELCORD

Dans les archives secrètes de la police – Quatre siècles d'histoire, de crimes et de faits divers sous la direction de Bruno Fuligni, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio » (parution princeps aux Éditions L'Iconoclaste, 2010), novembre 2011, 550 pp. en noir et blanc au format 10,8 x 17,9 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,40 € (prix France)

Petit dictionnaire des injures politiques par Bruno Fuligni, Paris, L'Éditeur, novembre 2011, 512 pp. en noir et blanc au format 11 x 19 cm  sous couverture brochée en couleurs, 19 € (prix France)

Les frasques de la Belle Époque : les plus belles unes du Petit Journal par Bruno Fuligni, Paris, Éditions Albin Michel, octobre 2012, 240 pp. en couleurs au format 27,5 x 31,5 cm  sous couverture brochée en quadrichromie, 39,90 € (prix France)

Le livre des espions par Bruno Fuligni, Paris, Éditions L'Iconoclaste, collection « Mémoires », octobre 2012, 355 pp. en noir et blanc au format 13,7 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 17 € (prix France)

Le Monde selon Jaurès – Polémiques, réflexions, discours et prophéties par Bruno Fuligni, Paris, Éditions Tallandier, avril 2014, 215 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 18,90 € (prix France)

Tour du monde des terres françaises oubliées par Bruno Fuligni, illustrations de Sergio Aquindo, Paris, Éditions du Trésor, collection « Connaissance des trésors », avril 2014, 144 pp. en noir et blanc au format 14,7 x 21 cm sous couverture brochée et jaquette en couleurs, cette dernière formant un planisphère, 17 € (prix France)

Dans les archives inédites des services secrets – Un siècle d'espionnage français (1870-1989), nouvelle édition sous la direction de Bruno Fuligni, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio », juin 2014 (parution princeps aux Éditions L'Iconoclaste, 2012) , 669 pp. en noir et blanc au format 10,8 x 17,9 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,90 € (prix France)

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25 06 14

Morts au champ d'horreur...

Charleroi – 21-23 août 1914.jpgDocteur en histoire, Emmanuel Saint-Fuscien enseigne à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales à Paris. Il a publié, rédigé avec Damien Baldin qui donne des cours sur l'histoire de la Première Guerre mondiale dans la même institution, un remarquable essai intitulé Charleroi – 21-23 août 1914 paru chez Tallandier en 2012, mais toujours disponible à la vente.

On se souviendra que Pierre Drieu la Rochelle, qui avait participé à la bataille dite des frontières entre la 5e armée française commandée par le général Lanrezac et la IIe armée allemande sous les ordres du Generaloberst von Bülow, en avait fourni une relation dantesque dans La Comédie de Charleroi, un texte qui pointait avec cynisme et désespoir aussi bien l'incurie de l'état-major de Joffre que l'impréparation des troupes françaises dont les pantalons garance, hérités de 1870, faisaient des cibles de choix et dont l'armement vétuste était inefficace contre les mitrailleuses et les canons allemands.

Nos deux historiens appuient ses dires quant à la puissance de feu des troupes du Reich et ils démontrent en outre la supériorité tactique des généraux du Kaiser en matière de progression systématique et d'engagement au combat.

 

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                                                                                 Karl von Bülow (1846-1921)

Avec un grand sens pédagogique et dans un style d'une belle limpidité, ils décrivent par ailleurs les événements dans les moindres détails, expliquent les erreurs, les aveuglements ou les traits de génie de l'un et l'autre camp tout en rendant justice au général Charles Lanrezac qui, parce qu'il avait compris que son armée risquait de se faire encercler par trois armées allemandes, décida seul le 23 août, en dépit des ordres de Joffre – (adepte passéiste de l'offensive à tout prix), le recul de ses troupes qui purent ensuite enrayer la progression de l'ennemi à l'issue de la bataille de Guise.

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Charles Lanrezac (1852-1925)

Lanrezac contribua ainsi indirectement à la victoire ô combien décisive sur la Marne, quelques jours plus tard. Il fut néanmoins limogé le 3 septembre 1914 et remplacé par Louis Franchet d'Esperey. On lui reprochait entre autres son esprit critique et sa mésentente avec le maréchal anglais French. Désabusé, Lanrezac refusa en 1917 le poste de major général des armées que lui proposait Paul Painlevé, alors ministre de la Guerre.

Il y a 100 ans, la bataille de Charleroi se solda par la mort d'au moins 20 000 soldats français et allemands...

Une commémoration s'impose, à tout le moins par la lecture de l'ouvrage magistral d'Emmanuel Saint-Fuscien et Damien Baldin !

Bernard DELCORD

Charleroi – 21-23 août 1914 par Damien Baldin et Emmanuel Saint-Fuscien, Paris, Éditions Tallandier, collection « L'histoire en batailles », août 2012, 224 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 18,50 € (prix France)

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22 06 14

« Qu'est-ce que la santé ? C'est du chocolat ! » (Anthelme Brillat-Savarin)

Le Goût du chocolat.jpgHistorien de la littérature italienne, essayiste, professeur à l'université de Bologne, Piero Camporesi (1926-1997) a publié une série d'essais majeurs sur l'imaginaire de l'époque moderne : La Chair impassible ; L'Officine des sens : une anthropologie baroque ; La Sève de la vie : symbolisme et magie du sang ; Le Pain sauvage : l'imaginaire de la faim, de la Renaissance au XVIIe siècle ; Les Baumes de l'amour ou encore Les Belles contrées : naissance du paysage italien.

On lui doit aussi, paru pour sa version française chez Tallandier à Paris, dans l'excellente collection « Texto » managée par Jean-Claude Zylberstein, un passionnant essai intitulé Le Goût du chocolat – L'art de vivre au siècle des Lumières qui se penche sur différentes thématiques révélatrices de la profonde modification des mentalités ainsi que des us et coutumes en France et en Italie à l'époque des Montesquieu, Voltaire, Rousseau et autres Madame de Pompadour ou Casanova : l'apparition d'un nouveau savoir-vivre, la tenue de réunions et de salons nocturnes plutôt que diurnes, une révolution dans les cuisines et chez les coiffeurs, l'abandon progressif de l'art baroque pour des formes plus gracieuses et légères, l'émergence de gourmandises nouvelles (parmi lesquelles le « breuvage indien », à savoir le chocolat) ou l'intérêt pour des fruits et des légumes venus de loin.

Voici ce que dit l'éditeur de cet ouvrage joyeusement savant :

« Ce chapitre gourmand de l'histoire des mentalités jette un regard friand sur les arts de la table et les nouvelles pratiques culinaires de l'Europe du XVIIIe siècle. Piero Camporesi y entraîne le lecteur dans une promenade a travers le paysage sensuel de la cuisine des Lumières. L'exotisme et la légèreté succèdent a la barbarie des tablées graisseuses afin d'exalter la finesse des corps. Sous sa plume, la lumière douce des chandeliers anime le chatoiement des couleurs et le ballet des mets. Tel un voyageur gastronome, il présente a travers une myriade de textes inédits les tables modernes et leurs délicieux ordres géométriques. Le raffinement et la sensualité des sociétés galantes s'incarnent dans ce goût du chocolat, auquel on prête les vertus les plus fantaisistes. »

Ce qui n'empêchait nullement la perfidie, comme le montre la citation suivante, particulièrement rosse :

L'abbé Dubos, chanoine de Beauvais, vécut familièrement avec Fontenelle, et ils se disaient amis. Un jour, le chanoine déjeunait en tête à tête avec l'auteur des mondes, et on leur présenta une botte d'asperges.

L'un les voulait assaisonnées d'huile, l'autre d'une vinaigrette. Les deux Socrate (car la sagesse n'exclut point la gourmandise) convinrent de les partager par moitié au profit de chacun. Avant que les deux plats ne fussent préparés, l'abbé Dubos fut frappé d'apoplexie. La domesticité fut en profond émoi. Fontenelle, le créateur des idées fines, fit grande preuve de zèle et courut en haut de l'escalier pour crier, afin que le cuisinier l'entendît : « Toutes les asperges à la vinaigrette, toutes les asperges à la vinaigrette ! » Quand le cadavre eut disparu, Fontenelle se mit à table et mangea toutes les asperges, prouvant par les faits que même l'apoplexie était bonne à quelque chose...

Une autre façon, pour d'aucuns, d'être chocolat !

Bernard DELCORD

Le Goût du chocolat – L'art de vivre au siècle des Lumières par Piero Camporesi, traduit de l'italien par Myriem Bouzaher, Paris, Éditions Tallandier, juin 2008, collection « Texto » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, 267 pp. en noir et blanc au format12 x 18 cm  sous couverture brochée en couleurs, 8,11 € (prix France)

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