15 11 14

Un choc de titans…

Noël 44 – La bataille d'Ardenne.jpgÉditée par votre serviteur et publiée aux Éditions de la Renaissance du Livre à Waterloo, la somme pérenne – on en est à la quatrième parution en vingt-quatre ans – que le grand historien militaire américain Charles B. Macdonald (1923-1990) a consacrée, sous le titre Noël 44 – La bataille d'Ardenne, à l’affrontement qui opposa voici 70 ans les troupes alliées aux forces du IIIe Reich sur les territoires belge et luxembourgeois est un livre étonnant à plus d’un égard.

D’abord, et c’est là un phénomène unique, parce que l’auteur participa lui-même en tant que commandant de compagnie du 23e régiment d’infanterie US à certains des combats qu’il décrit et à l’issue desquels il fut décoré de la fameuse Silver Star.

Ensuite, parce que son travail méticuleux, précis et sans concessions – on le tient aux États-Unis pour un modèle de critique historique appliquée, mais il est vrai que l’auteur était historien en chef du prestigieux United States Army Center of Military History à Fort Lesley (Washington D.C.) – rassemble un nombre colossal d’informations détaillées, bien souvent recueillies sur le terrain et auprès d’anciens combattants de deux camps.

Enfin, parce que l’ouvrage connaît un succès constant des deux côtés de l’Atlantique, auprès d’un public régulièrement renouvelé et sans être jamais pris en défaut par les spécialistes.

En voici le pitch :

« Le temps de Noël 1944 et du Nouvel An 1945 demeurera à tout jamais dans le souvenir des habitants d’Houffalize, de Saint-Vith, de Malmédy, de Bastogne, soit de toute l’Ardenne, un long, un très long moment de souffrance.

Quand Hitler lance des troupes extrêmement motivées à travers le Luxembourg avec pour mission de franchir la Meuse et de s’emparer du port d’Anvers, les Américains sont sous l’effet de la plus totale surprise. Charles B MacDonald révèle ici comment la Bataille d’Ardenne, l’une des plus grandes et des plus sanglantes victoires de l’armée U.S., fut tout d’abord la plus spectaculaire des défaites de ses services de renseignements.

Avec un talent incontestable, il fait le récit détaillé du choc formidable, dans la neige et le brouillard, qui oppose les armées allemandes condamnées à vaincre ou mourir aux troupes américaines décidées à leur résister à tout prix.

Connue aux États-Unis sous le nom de Battle of the Bulge, la Bataille du Saillant, et en Europe sous le terme impropre d’Offensive von Rundstedt, la Bataille d’Ardenne fut l’ultime tentative, désespérée, du régime nazi aux abois en vue d’inverser le cours de la guerre.

Comme le démontre l’auteur, elle fut à deux doigts de réussir… »

Soulignons, pour conclure, la qualité de la traduction en langue française, qui a su conserver toute la finesse d’analyse et la précision d’approche de l’auteur, une véritable gageure...

Bernard DELCORD

Noël 44 – La bataille d'Ardenne  par Charles B. MacDonald, traduit de l’américain par Paul Maquet et Josette Maquet-Dubois, Waterloo, La Renaissance du Livre, collection « Voix personnelles », novembre 2014, 635 pp. en noir et blanc au format 16 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 28 €

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12 11 14

La der des ders en 68 épisodes…

Larousse de la Grande Guerre.jpgRédigé par une brochette de spécialistes – parmi lesquels figure la Belge Laurence van Ypersele, professeure d’histoire à l’UCL – sous la direction de Bruno Cabanes et Anne Duménil, le Larousse de la Grande Guerre décrit 68 événements clés, depuis les guerres balkaniques jusqu'à l'occupation de la Ruhr, qui sont autant d’occasions de mener une réflexion plus large sur un thème particulier en s’attachant aux acteurs connus ou anonymes, –soldats des tranchées et populations civiles bombardées, prisonniers et femmes combattantes – tout en abordant les aspects politiques, économiques, sociaux, militaires et techniques de ce qui fut l’une des plus grandes catastrophes humaines de tous les temps..

De plus, la médecine, la religion, l'art, la presse, la religion, l'enfance, la douleur, la mort, thèmes souvent absents des ouvrages traditionnels, prennent ici toute leur place.

Édité en partenariat avec l'Historial de la Grande Guerre de Péronne, l’ouvrage réunit près de 500 documents, dont beaucoup sont inédits, notamment un ensemble de photographies peu ou pas connues, notamment d’objets du quotidien ou commémoratifs, surprenants parfois, émouvants souvent, pour remettre l'humain au centre du récit.

Sommaire détaillé :

– Combats dans les Balkans (18 octobre 1912).

– Trois ans sous les drapeaux (5 août 1913).

– L'archiduc François-Ferdinand est assassiné à Sarajevo (28 juin 1914).

– La France et l'Allemagne mobilisent (1er août 1914).

– Kitchener fait appel aux volontaires (1er août 1914).

– Exactions allemandes en Belgique (23 août 1914).

– Tannenberg (26-30 juin 1914).

– Le « miracle de la Marne » (9 septembre 1914).

– 93 intellectuels allemands pour la guerre (4 octobre 1914).

– De la Suisse a la mer du Nord (11 novembre 1914).

– Première attaque au gaz toxique (22 avril 1915).

– Les Alliés débarquent à Gallipoli (25 avril 1915).

– Jean-Corentin Carré s’engage à 15 ans (21 avril 1915).

– Faim, ersatz et rationnement (2 mai 1915).

– « Plus énergique sera la guerre » : le torpillage du Lusitania (1er mai 1915).

– Le génocide des Arméniens (21 mai 1915).

– Les Allemands entrent dans Varsovie (5 août 1915).

– « Protéger » les frontières de l’empire russe (septembre 1915).

– Zimmerwald : « la voie de la paix et du socialisme » (5-8 septembre 1915).

– Les « fausses nouvelles » du Canard enchaîné (10 septembre 1915).

– D’Artois en Champagne, la percée impossible (25 septembre 1915).

– Edith Cavell, patriote et martyre (12 octobre 1915).

– Ce que coûte la guerre (16 novembre 1915).

– Verdun, sous le feu (21 février 1916).

– Le capitaine de Gaulle est fait prisonnier à Douaumont (2 mars 1916).

– Les Allemands déportent les femmes à Lille (22 avril 1916).

– L’« Insurrection de Pâques » à Dublin (24 avril 1916).

– Le partage du Moyen-Orient (15-16 mai 1916).

– Orages d’acier sur la Somme (1er juillet 1916).

– « Dada, c’est le grand truc » (14 juillet 1916).

– Écrire la guerre (3 août 1916).

– Le Christ apparaît à Claire Ferchaud (28 novembre 1916).

– Sur le front de l’arrière, la mobilisation industrielle (5 décembre 1916).

– La guerre sous-marine devient totale (30 janvier 1917).

– Le glas de la monarchie russe (27 février 1917).

– Terres brûlées dans le nord de la France (16 mars 1917).

– “We won’t come back till it’s over” (2 avril 1917).

– « Plus de boucherie, nous voulons la liberté’ (16 avril 1917).

– La grève des midinettes (11 mai 1917).

– Maria Bochkareva, la Jeanne d’Arc russe (21 juin 1917).

– Bombardements sur Londres (1er juillet 1917).

– « Mon cerveau est tordu comme un fil de fer serré » (23 juillet 1917).

– Les Anglais à l’assaut de Passchendaele (31 juillet 1917).

– Benoît XV écrit aux chefs des nations en guerre (1er août 1917).

– Margaretha Geertruida Zelle, dite Mata Hari (15 octobre 1917).

– Caporetto, débâcle sur le front italien (24 octobre 1917).

– « Tout le pouvoir aux soviets ! » (6 novembre 1917).

– 14 points pour l’après-guerre (8 janvier 1918).

– Paxon, becquetance, cibiches… (février 1918).

– Offensive « Michaël » : le va-tout des Allemands (21 mars 1918).

– Des centaines de milliers de lettres par jour (septembre 1918).

– La grippe espagnole, la pandémie du siècle (octobre 1918).

– Sur les décombres de l’Empire austro-hongrois (28 octobre 1918).

– Le Kaiser abdique ! (9 novembre 1918).

– « Ce jour à jamais mémorable » (11 novembre 1918).

– Droit de vote pour les Allemandes (12 novembre 1918).

– Chasse aux collaborateurs en Belgique (mi-novembre 1918).

– L’Afrique-Orientale allemande capitule (25 novembre 1918).

J’accuse (mars 1919).

– Reconstruire (11 avril 1919).

– Versailles : le triomphe et l’amertume (28 juin 1919).

– Les défilés de la victoire (14 juillet 1919).

– Mutilés, aveugles et gueules cassées (12 mai 1920).

– George V inaugure l’Imperial War Museum (9 juin 1920).

– Des milliers de soldats laissés sans sépulture (11 novembre 1920).

– Des millions de sans-papiers (5 juillet 1922).

– La France occupe la Ruhr (11 janvier 1923).

– Sortir de la Grande Guerre (1927-1928).

Comme il se doit, l’ouvrage se clôt par une bibliographie, une chronologie et un index.

Un livre formidable sur une tragédie qui ne l’est pas moins !

Bernard DELCORD

Larousse de la Grande Guerre, ouvrage collectif sous la direction de Bruno Cabanes et Anne Duménil, préface de Jean-Jacques Becker, Paris, Éditions Larousse, septembre 2014, 265 pp. en quadrichromie au format 24 x 29,3 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,90 € (prix France)

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08 11 14

25 ans déjà..

C'était, il y a 25 ans,  le 9 novembre 1989

Pris au dépourvu d'une annonce dont il découvre le texte lui-même, lors de la conférence de presse qu'il anime,  le camarade Günter Schabowski, porte-parole des autorités est-allemandes va déclencher un mouvement incontrôlé, irrépressible, la chute du mur et à court terme, la réunification des deux Allemagnes.

"C'est ainsi que nous sommes résolus aujourd'hui à adopter une réglementation qui permet à tout citoyen de RDA de quitter le pays en passant par les postes-frontières de la RDA" dit le communiqué. La prise d'effet en sera immédiate, créant panique et liesse, selon les camps.

Analysant jour par jour, les événements de l'automne 1989,  les soubresauts du Rideau de Fer, qui menèrent Egon Krenz  à la soirée fatidique du 9 novembre , les journalistes, Olivier Guez et Jean-Marc Gonin restituent l'ambiance de l'époque et la satisfaction tacite d'un MiKhaïl Gorbachev et de sa politique d'avant-garde.

La chute du mur, Olivier Guez et Jean-Marc Gonin, essai, Ed Fayard, 2009, Le Livre de Poche, 2011, 348 pp

 A découvrir: l'article que consacre votre magazine L'Eventail-web  à la chute du mur, ses enjeux, assorti d'un bref rappel historique des faits. Il est signé.. qu vous savez

Lien: http://www.eventail.be/art-culture/item/806-la-chute-du-m...

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16 10 14

Surprenant..

Conférencier et passionné d"histoires curieuses" de la grande Histoire, Daniel-Charles Luytens révèle, au gré d'un essai ponctué de chapitres courts et alertes, le secrets de quelques énigmes liées, principalement à Adolf Hitler, mais aussi à la seconde guerre mondiale, à Mussolini et même à Staline, dont on apprend que des sosies dûment drillés l'ont remplacé lors de certaines manifestations publiques...

Premier amour autrichien du Fûhrer, ses maîtresses, vraies et fausses, ses admiratrices...  confirment le pouvoir hallucinant de séduction du dictateur (rappelez-vous la lecture du premier essai de Diane Ducret, Femmes de dictateurs - Ed. Perrin, 2011) .

Le témoignage de fidèles de Berchesgarten et des derniers moments d'Hitler  en son bunker, l'auto-analyse de sa défaite à laquelle il se serait livré trois mois avant sa mort.. sont tant de chapitres sidérants. Ils mettent à bas certaines légendes dont celle qui voulait que le Führer ne fût pas mort mais simplement enfui: Heinz Linge, son valet, affirme avoir brûlé son corps, ainsi que celui d'Eva Braun, sitôt après leur mort, devant le fameux Fürherbunker.

Les + étonanntes histoires du IIe Reich, D-C Luytens, essai, Ed. La boîte à Pandore, juillet 2014, 246 pp

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11 10 14

Avant le retour des beaux jours…

Bruxelles occupée.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 10/10/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

À l’occasion des 70 ans de la Libération de Bruxelles (le 3 septembre 1944), Georges Lebouc a fait paraître chez 180° éditions un passionnant Bruxelles occupée rassemblant nombre de témoignages oraux et écrits de la vie quotidienne dans la ville durant les quatre années de l'Occupation nazie, un sujet jamais vraiment traité jusqu’ici.

Avec la verve qu’on lui connaît, Georges Lebouc ressuscite donc le marché noir de la rue des Radis (né des pénuries et des faiblesses du ravitaillement), le bombardement de l'avenue de la Couronne, la fermeture de l'ULB en raison d'une parodie d'étudiants (celle de l’échec de l’invasion de l’Angleterre par une attaque du Chalet Robinson au Bois de la Cambre), le mitraillage du siège de la Gestapo par l’aviateur Jean de Sélys Longchamps, l’épisode fameux du « faux Soir », le Secours d'Hiver, les coupures de gaz et d'électricité, le faux enterrement d'Hitler dans les Marolles, l'incendie du Palais de Justice, la collaboration, la Résistance, les mesures antisémites et la fuite des Allemands, mais aussi la vie sportive et culturelle (presse, radio, cinéma, théâtre, cirque, chansonniers…) d’une cité à l’esprit résolument frondeur et rigolard.

Une belle œuvre mémorielle !

Bernard DELCORD

Bruxelles occupée ou la vie quotidienne sous l’occupation allemande par Georges Lebouc, Bruxelles, 180°éditions, septembre 2014, 234 pp. en noir et blanc au format 23,7 x 31 cm sous couverture brochée en couleurs, 17 €

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09 10 14

70e anniversaire

_cfimg-3081288704452845291.jpg Paru à l'occasion du 70e anniversaire  de la Libération de la capitale belge, l'essai de Georges Lebouc, nous fait revivre, nourrie de nombreux témoignages et anecdotes - parfois drôles - le quotidien de ses habitants , selon une séquence thématique et chronologique, qui va de l'exode de mai 1940 à la Libération.

Rationnements  - plutôt que famine - phobie de la pénurie,  transformations de jardins en potagers, sentiments variés vis-à-vis de l'Occupant, faits de collaboration ou de résistance - telle la célèbre parution, le 9 novembre 1943 du faux Soir,  création du "Grand Bruxelles" englobant en son territoire 17 autres communes, dérivatifs et divertissements, ... sont présentés dans leurs contextes d'époque et de géographie.

"On raconte aussi que les Bruxellois s'amusaient à brûler à la cigarette les beaux (? ) uniformes des militaires allemands lorsque les trams étaient bondés. Ceci aurait incité les occupants à faire "tram à part", ce dont je n'ai pas eu confirmation"

nous révèle  Georges Lebouc, conscient de l'urgence qu'il y a à consigner ces récits de témoins vivants des événements.

Bruxelles occupée ou la vie quotidienne sous l'occupation allemande, Georges Lebouc, essai, 180° éditions, sept.2014, 236 pp

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13 09 14

« De la musique avant toute chose. » (Paul Verlaine)

Histoire de la Musique.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 12/09/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Coédité en 2008 par votre serviteur et par Gilbert Labrune des Éditions Larousse à Paris, le texte de l’Histoire de la Musique rédigée par le Liégeois Bernard Wodon est ressorti ces jours-ci dans une version mise à jour, toujours dans la célèbre collection « In Extenso », l’un des fleurons de la grande maison française.

L’auteur, docteur en histoire de l’art de l’UCL, y a accompli une œuvre de titan, puisqu’il y retrace seul et en 11 chapitres 4000 ans d’activités musicales présentées par catégories vocale et instrumentale allant de la musique hellénistique et romaine jusqu’aux compositeurs contemporains en passant par le chant grégorien, le baroque, le répertoire classique et romantique ou le jazz, entre autres.

Rédigé dans une langue accessible à tous, cet ouvrage de référence est une mine d’informations claires et en tout genre, biographiques, historiques, socio-économiques, stylistiques, techniques ou anecdotiques.

Un exemple ?

À sa lecture, j’ai enfin compris le scénario de la Tétralogie de Richard Wagner, et même ce qu’était la musique spectrale de Giacinto Scelsi…

C’est dire !

Bernard DELCORD

Histoire de la Musique par Bernard Wodon, 2e édition mise à jour, Paris, Éditions Larousse, collection « In Extenso », août 2014, 480 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 26,40 € (prix France)

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09 09 14

Palmarès

livre les plus mauvaises meres de l'histoire Quelles dispositions faut-il posséder pour figurer en ce palmarès..affolant? 

Abus d'autorité, d'ambition personnelle, d'intrusion dans la vie de sa progéniture, ... elles sont quelques mères - célèbres - qui ont poussé le sentiment de possession qu'engendre la maternité à son paroxysme.

" Les caractères des enfants de Marie-Thérèse forment une étonnante mosaïque de contrastes. Chacun réagit à la férule maternelle de manière différente, mais soumis et résignés ou révoltés et rancuniers, aucun n'échappa à l'emprise de la forte personnalité de Marie-Thérèse.

Même après le décès de" l'impératrice" , son ombre planera encore sur la destinée de ses descendants

Nourrie d'une ambition politique inouïe et de 16 enfants- dont Marie-Antoinette de France - pour l'assouvir, Marie-Thérèse d'Autriche est le paradigme de la mère-despote. Qualité qu'elle partage avec Olympias, mère d'Alexandre-le-Grand, Agrippine, mère de Néron, Aliénor d'Aquitaine,  Blanche de Castille, Isabelle la Catholique, Catherine et Marie de Médicis.. dont les portraits, bien trempés illustrent des chapitres passionnants à découvrir.

Quant à Anne d'Autriche, elle n'hésite pas à sacrifier Philippe d'Orléans au profit du futur Louis XIV, son autre fils.

Que dire de Louise Athénaïs Claudel, mère mesquine, rigide et revancharde qui s'acharna sur Camille, sa fille mal-aimée au point de la faire interner, trente ans durant

Et d'Arizona Donnie Barker, féroce "Ma Dalton" qui de ses 4 fils , Herman, Llyod, Arthur et Fred fit des délinquants et prit la tête d'un gang sanglant..

Pas très reluisant, tout cela..

Mais intéressant à découvrir, sous la plume alerte et fluide de Louise-Marie Libert.

AE

Les + mauvaises mères de l'Histoire, Louise-Marie Libert, essai, Ed. La boîte à Pandore, juillet 2014, 298 pp

 

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31 08 14

À la guerre comme à la guerre…

La guerre totale.jpgAdjoint du maréchal Hindenburg dès le début de la Première Guerre mondiale, Erich Ludendorff (1865-1937) sauve l'Allemagne menacée à l'Est en remportant les batailles de Tannenberg (26-30 août 1914) et des lacs Mazurie (septembre 1914 et février 1915) qui passent pour des chefs-d'œuvre de stratégie. Devenu un héros national, nommé général en chef des armées allemandes (la Deutsches Heer) en 1916 et après avoir été en 1917 l’un des principaux négociateurs du traité de Brest-Litovsk avec la Russie révolutionnaire, c'est lui qui, au printemps 1918, tente l'offensive de la dernière chance sur le front occidental. Ayant échoué, il est démis par le Kaiser Guillaume II.

Erich Ludendorff avait aussi été l’initiateur de la guerre sous-marine à outrance qui entraîna, à terme, l’entrée en guerre des États-Unis.

Après la guerre, il s'engage dans l'extrême droite nationaliste, participe au putsch manqué de Hitler à Munich en 1923, siège au Reichstag l'année suivante comme député nazi. En opposition avec Hitler sur la direction du parti nazi, il se retire de la politique pour se consacrer à l'écriture.

Par ailleurs, en 1925, il fonde avec sa future seconde femme Mathilde von Kemnitz (qu'il épousera en 1926) le Tannenbergbund, mouvement païen de « connaissance de Dieu », qui existe toujours sous le nom de Bund für Deutsche Gotterkenntnis, et dont les membres sont parfois appelés « Ludendorffer ».

En apprenant que son ancien collègue, le maréchal-président Hindenburg, vient d'appeler Hitler à la chancellerie le 30 janvier 1933, Ludendorff lui adresse une lettre de reproche : « Et moi, je vous prédis solennellement que cet homme exécrable entraînera notre nation vers des abîmes de déshonneur […]. Les générations futures vous maudiront dans votre tombe pour ce que vous avez fait ».

Erich Ludendorff meurt le 22 décembre 1937 à l’âge de 72 ans après avoir rejeté, en 1935, l’offre de Hitler lui proposant de l’élever à la dignité de maréchal. Néanmoins, le général eut droit à des funérailles nationales à Munich [1].

Deux ans avant sa mort, il publie La guerre totale, dont la traduction française de 1937 a reparu récemment chez Perrin à Paris, dans l’excellente collection de poche « Tempus », avec une préface de Benoît Lemay, un éminent spécialiste canadien d'histoire militaire et d’histoire de l'Allemagne, ancien professeur à l'université de Laval (Québec), par ailleurs auteur de deux biographies remarquables d’Erich von Manstein, le stratège de Hitler et d’Erwin Rommel.

Écoutons-le :

« Un livre prophétique. Tirant les leçons de la défaite allemande de 1918, La guerre totale annonce les principes de la prochaine blitzkrieg. Inversant la thèse de De la guerre de Clausewitz qu'il prétend critiquer et dépasser, Ludendorff affirme que le politique doit être entièrement subordonné au militaire dans le cadre d'une dictature qui mobilise tous les moyens de production du pays pour gagner la guerre totale à venir.

De même, la guerre ne peut pas être défensive – autre principe clausewitzien –, mais offensive et, sur le plan tactique, le commandement doit rechercher la rupture du front adverse par la concentration de toutes les forces en ses points faibles, sans hésiter à frapper les civils par des bombardements pour démoraliser l'adversaire.

Le succès de cet ouvrage publié en 1935 s'explique par le côté frappant de son titre associé à l'auteur, alors considéré comme un maître-stratège. Analysant les échecs de l'armée allemande pendant la Grande Guerre tant sur le plan stratégique, économique que politique, Ludendorff émet des préconisations qui seront reprises par Hitler quelques années plus tard. »

Ajoutons que la clarté toute prussienne de cet essai aux gutturaux accents barbares, antisémites et antichrétiens l’a rendu compréhensible bien au-delà des galonnés d’état-major – son usage par le caporal Hitler en est la preuve – et applicable bien plus tard que durant la première moitié du siècle passé, hélas…

Bernard DELCORD

La guerre totale par Erich Ludendorff, préface de Benoît Lemay, Paris, Éditions Perrin, collection « Tempus », août 2014, 221 pp. en noir et blanc au format 11,9 x 17,9 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,50 € (prix France)


[1] Source : Wikipedia.

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25 08 14

Paris a toujours été Paris...

Portraits pittoresques de Paris 1867-1893.jpgHistorien, journaliste et lexicographe, Charles Virmaître (1835-1903) fut l'un des grands physiologistes du Paris de la fin du XIXe siècle. Il écrivit une trentaine de livres sur le Paris populaire et celui des marges au temps des grandes mutations haussmanniennes : Les Curiosités de Paris (1868), La Commune à Paris (1871), Paris oublié (1886), Paris Police (1886), Paris qui s'efface (1887), Paris galant (1890), Paris-Impur (1891)... ainsi qu'un Dictionnaire de l'argot fin de siècle (1894).

Les Éditions Omnibus, à Paris elles aussi, ont confié à la critique et biographe dix-neuvièmiste Sandrine Filipetti le soin de réunir un choix de ses textes, choix qui a paru sous le titre de Portraits pittoresques de Paris 1867-1893 dans lequel sont mis en lumière bien des aspects ténébreux de la Ville-Lumière au temps du baron Hausmann.

En voici le sommaire, particulièrement explicite :

PARIS QUI VIENT, PARIS QUI VA

Physionomie de la ville

Restaurants et cafés, caboulots et bouis-bouis

Distractions populaires

Théâtres, caveaux, cirques et artistes

Petits métiers, bonimenteurs et célébrités du Paris-phénomène

Curiosités macabres

LES ARTS ET LES LETTRES

Journalistes et hommes de lettres

La presse

Physiologie des artistes

Des ateliers à l'exposition

LES ESCARPES

L'armée du crime

Arnaques, coups et combines

Les escarpes de salon

Police, surveillance et répression

TROTTOIRS ET LUPANARS

Marmites, proxénètes et michés

Maisons de tolérance

Brasseries-bordels et établissements publics

Prostitution et autorité

« Je fais du document et non de la critique, de l'histoire et non de la théorie », assurait Virmaître avec humilité.

Mais avec quel talent de conteur !

Bernard DELCORD

Portraits pittoresques de Paris 1867-1893 par Charles Virmaître, choix et présentation de Sandrine Filipetti, Paris, Éditions Omnibus, avril 2014, 928 pp. en noir et blanc au format 13 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 31 € (prix France)

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