28 01 16

Le merveilleux "LUDICTIONNAIRE"

_ludictionnaire.jpgOn en n'attendait pas moins de Bruno Coppens : un merveilleux Ludictionnaire, qui propose des définitions de noms propres, de noms communs, d'expressions latines et françaises. Je qualifiais souvent sur antenne Bruno Coppens, habitué des délires verbaux, de "nouveau Raymond Devos". Je maintiens, mais il va plus loin que son maître : alors que Devos jouait autour de quelques jeux de mots pour en faire un sketch, Bruno ne cesse de penser en mots, en les triturant, en leur faisant dire plus que ce qu'ils sont, mais toujours avec un humour fou. Il fait partie, comme Geluck, de ces personnes qui font des gags qu'on aurait aimé faire, mais surtout auxquels ont s'en veut de ne pas avoir pensé avant eux ! Voici quelques exemples, au hasard :

Adulte : Adolescent ayant mis l'acné sous le paillasson.

Alzheimer : Magasin d'efface et à trappes.

Humour : Essuie-glace que l'on actionne lorsqu'on roule dans une tempête de neige. Cela ne supprime pas la tempête mais cela permet d'avancer.

Et un petit nom propre pour la route !

Obama (Barack) : Vedette de la série télé "Desperate house white", l'histoire d'un couple errant dans la Maison Blanche et suscitant les plus grands espoirs. Dans les saisons 1 et 2, Obama réussira à débarrasser la planète de ben Laden, à rafler le prix Nobel de la paix et à négocier un accord avec l'Iran. Il n'y aura hélas pas de troisième saison. Mais le couple demeure charismatique au point qu'on l'appela "le couple le plus belge de la planète, les "Barack Michelle" !

Vous pouvez retrouver Bruno sur scène et à la radio dans "Un samedi d'enfer" ou "les Cafés serrés".

Jacques MERCIER

Ludictionnaire, Bruno Coppens, Ed. racine, 160 pp. 14,95 euros.

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Dictionnaires, Humour, Jacques Mercier, Langues | Commentaires (0) |  Facebook | |

17 01 16

Tiens, voilà du boudin…

Signé Furax - Le Boudin sacré.jpgPierre Dac (1893-1975) est le créateur d'un humour qu'il qualifiait lui-même de « loufoque ». Révélé au music-hall dans les années 1920, il triomphe bientôt à la radio et il crée le journal L'Os à moelle en 1938. Résistant gaulliste, il bataillera joyeusement durant les heures sombres contre les nazis et leurs valets collaborationnistes dans les émissions françaises de Radio-Londres [1] et il sévira plus que jamais sur les ondes de l'après-guerre avec son comparse Francis Blanche.

Francis Blanche (1921-1974) fut quant à lui un humoriste tout-terrain : acteur (Babette s'en va-t-en guerre, Les Tontons flingueurs, Les Barbouzes, Belle de jour…), homme de scène et de radio (Les Branquignols, Les Escargots meurent debout, les impostures téléphoniques), scénariste (La Grande Bouffe), chansonnier, auteur et inoubliable complice de Pierre Dac pour les feuilletons radio (Malheur aux barbus, Signé Furax, Bons baisers de partout) et les sketchs (Le sâr Rabindranath Duval)

Diffusés d'octobre 1956 à juin 1957 sur la jeune station de radio française Europe n°1, les 250 épisodes du Boudin sacré [2], constituant la première saison sur quatre de Signé Furax (et récemment réédités chez Omnibus à Paris) remporteront un succès colossal – on se souvient que Guy Mollet, alors président du Conseil, au cours d'un débat houleux à l'assemblée nationale, lança aux députés : « Continuez sans moi, je vous quitte, je vais écouter Furax ».

Voici le pitch de cette saga débridée, cousine rigolarde des aventures de Fantômas, de Rocambole et d’Arsène Lupin :

On a volé des monuments qui font la gloire de la France, remplacés par des imitations en staff : l'obélisque de la Concorde, le Lion de Belfort, les grilles de la place Stanislas à Nancy…

Qui est derrière cet ignoble forfait ? Les détectives Black & White, le professeur Hardy-Petit, le commissaire Socrate et d'autres mènent l'enquête, qui les conduira sur la piste de Furax et de la terrible secte des Babus, adorateurs du Goudgouz, le Boudin Sacré.

Nos héros sillonneront la planète, de Madagascar à Yadupour, capitale du Filekistan, et ils voyageront dans le temps…

Jeux de mots navrants, situations absurdes, dialogues délirants, tous les ingrédients de l'humour du duo Dac-Blanche sont là…

Et cela décoiffe même les chauves !

Bernard DELCORD

Signé Furax – Le Boudin sacré par Pierre Dac et Francis Blanche, présentation de Jacques Pessis, Paris, Éditions Omnibus, février 2015, 800 pp. en noir et blanc au format 13 x 19,6 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 26 € (prix France)

 

[1] Il est l’auteur du fameux slogan : « Radio-Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand » chanté sur l’air de La Cucaracha et que la France occupée reprendra en chœur – in petto, of course !

[2] Première saison sur quatre, soit 9 880 minutes d’émission en tout…

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12 01 16

« Femme tentée et femme vaincue, c'est tout un. » (Marivaux)

Les pubs que vous ne verrez plus jamais – Tome 4 (cover).jpg

Dans Les pubs que vous ne verrez plus jamais – Tome 4 : spécial ah, les filles ! (Paris, Éditions Hugo Desinge), Annie Pastor se penche cette fois sur l’image de la femme, ses combats, ses avancées et ses échecs à travers le prisme de 100 ans de publicités sexistes, ordinaires ou extraordinaires.

Une belle occasion de regarder à travers le temps comment la femme a été perçue par notre société, car, selon les époques, elle est apparue sous des jours fort différents.

Les pubs que vous ne verrez plus jamais – Tome 4 (We Can Do It).jpg

Nous pouvons le faire ! (1943)

En résumant, on pourrait dire que la femme des années 1920 est séductrice, celle des années 1950 est consommatrice et celle des années 1970 est sexuellement libérée.

Les pubs que vous ne verrez plus jamais – Tome 4 (Marine Midland).jpg

La publicité étant un miroir assez peu subtil de son époque, on trouve dans cette compilation des images qui ont mal vieilli, ce qui en fait d’ailleurs tout l’intérêt... pour une lecture entre sourire et rejet !

Bernard DELCORD

Les pubs que vous ne verrez plus jamais – Tome 4 : spécial ah, les filles ! par Annie Pastor, Paris, Éditions Hugo Desinge, octobre 2015, 176 pp. en quadrichromie au format 17 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,99 € (prix France)

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23 12 15

Casse-pipe…

Trous de balles.jpg

En se gaussant une nouvelle fois du personnel politique belge et de la situation internationale dans un recueil de dessins de presse paru aux Éditions de la Renaissance du Livre à Bruxelles sous un titre relevant du diagnostic – Trous de balles –, le caricaturiste Frédéric duBus a encore fait mouche, comme à son habitude.

Car son talent est immense à croquer en quelques traits une situation imaginaire, et pourtant plus vraie que nature, parfaitement révélatrice d’une situation politique et des arrière-pensées de celles et ceux qui en sont les protagonistes, animés par l’ambition, la vanité, l’arrogance, la fatuité, la cuistrerie, la sottise, la vacuité et/ou la duplicité.

Et le lecteur de se gausser par son entremise du flingage des Bart De Wever, Louis Michel, Joëlle Milquet, Elio Di Rupo, Theo Francken, Laurette Onkelinx, Marc Uyttendaele, Mgr Léonard, Paul Magnette, Emir Kir, Rudy Demotte, Didier Reynders, Kris Peeters, Jan Jambon, Mahinur Özdemir, Marc Goblet et autres Maggie De Block, avec un grand sourire et une belle impertinence…

duBus 1.jpg

Sans oublier Éric Zemmour, Jean-Marie Le Pen, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Alexis Tsipras et Benjamin Netanyahou…

Et ces fléaux que sont le djihadisme, le terrorisme et la FGTB !

Bernard DELCORD

Trous de balles par Frédéric duBus, Bruxelles, Éditions de la Renaissance du Livre, octobre 2015, 64 pp. en quadrichromie au format 30,5 x 21,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 15,90 €

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20 07 15

Contre la rage verte !

Petit traité d’anti-écologie à l’usage des lecteurs méchants.jpgIl est toujours surprenant de constater que d’aucuns s’essaient à débattre avec sérieux des épouvantails catastrophistes que les intégristes de l’écologie politique brandissent en conclusion de leur prêchi-prêcha mêlant trouille et diabolisation du contradicteur sous un vernis de démonstrations pseudo-scientifiques…

Heureusement, certains esprits éclairés évitent ce travers.

Ayant déjà fait paraître coup sur coup en 2013 aux Belles Lettres à Paris un hilarant Égalité, taxes, bisous ainsi qu’un désopilant Petit dictionnaire incorrect mais vaillamment illustré (avec Olivier Vitri), H 16 – dont on se régale de la prose assassine sur le blog H16free.com – a lancé chez le même éditeur un nouveau brûlot encore plus politiquement incorrect, intitulé Petit traité d’anti-écologie à l’usage des lecteurs méchants qui fera grincer des dents les ayatollahs du réchauffisme, les tartuffes de la décroissance et les adorateurs bigots de la Planète – qui n’est, rappelons-le au passage, qu’une simple planète, sans majuscule déifiante…

Cognant dur là où cela fait mal, l’auteur, après avoir tordu le cou de quelques lieux communs erronés colportés par les salafistes verts, explique avec gouaille pourquoi le réchauffement climatique, dont on nous assure la voix tremblante qu’il est à nos portes, n’en finit pas d’arriver – l’apocalypse climatique ayant été annoncée successivement pour 2010, puis 2012, puis 2016, pour le plus grand profit de ses prédicateurs, comme le bug de l’an 2000 (qui n’eut pas lieu, bien entendu) a rempli les poches des pythonisses de l’informatique…

H 16 explique ensuite pourquoi on ne manquera jamais d’énergie bon marché, avant de dresser avec une joyeuse férocité la typologie des fluffies, « ces gentils petits altermondialistes duveteux toujours à la pointe du combat pour la nature et contre l’humanité ».

Un livre à savourer, ligne après ligne, en pleine nature et sous le soleil !

Bernard DELCORD

Petit traité d’anti-écologie à l’usage des lecteurs méchants par H 16, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Les insoumis », mai 2015, 110 pp. en noir et blanc au format 9 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié les quelques lignes suivantes, joyeusement provocatrices :

En réalité, le réchauffement climatique est en panne

Vous n'en entendrez probablement parler ni dans les jolies pages « Planète » d'un journal Le Monde transi d'amour pour les thèses réchauffistes, ni dans celles consacrées à la terre d'un Libération en phase terminale, ni même, soyons honnête, dans le reste d'une presse tout acquise aux escrocs de la climatologie politique, mais pourtant cette nouvelle mériterait de faire les gros titres : le réchauffement climatique est en panne depuis plus de seize ans.

Oh, ce n'est pas moi qui le dis.

Ce n 'est pas non plus l'une de ces misérables sectes crypta-négationnistes du climat qui osent publier pamphlets sur articles séditieux, décrivant en détail les magouilles et abominations scientifiques auxquelles se livrent certains chercheurs subventionnés pour tenter d'apeurer une population en lui prédisant un futur à base de rôtisserie planétaire, d'inondations bibliques et d'ouragans cyclopéens. Bien sûr, ces sectes n'hésiteront pas à relayer la nouvelle […], sans prendre la peine de ménager les tristes existences de tous ceux qui dépendent de façon cruciale d'une croyance ferme et résolue dans le dogme climatique.

Ce n'est pas non plus le résultat du travail d'un étudiant boutonneux dans le garage parental, fruit laborieux de bricolages statistiques douteux visant à prouver des choses incroyables à la face du monde.

Non.

La nouvelle est en fait sortie très discrètement du Met Office britannique en octobre 2012, sans le moindre battage médiatique, ni le moindre relais de la presse.

C'est intéressant puisque le Met Office est celui-là même qui, dans des précédents rapports, annonçait – en fanfare cette fois-ci – que la terre se réchauffait ou que l'année 2010 était la plus chaude jamais enregistrée.

Du reste, si l'on faisait les petits calculs en arrêtant les données à fin 2010, on observe bien un très léger réchauffement depuis 1997. Réchauffement qui s'évapore si l'on tient compte des dernières données collectées et qui permettent, de surcroît, de boucler une période de seize ans.

Cette période de seize ans n’est pas anodine, puisque c'est à partir d'une même période de seize ans, cette fois-ci de 1980 à 1996, qu'un réchauffement climatique a été observé et massivement médiatisé par toute une troupe de politiciens dont l'agenda collectiviste et interventionniste a pu ainsi se nourrir pendant les années qui suivirent.

Évidemment, à l'époque, cette accumulation de données sur une telle période était pertinente et permettait de prouver que le réchauffement déboulait, avec toute une cohorte de catastrophes au bout si, « tous ensemble », on ne mettait pas un terme rapide à notre méchante existence.

À présent, ces mêmes seize années sont – bien sûr – insuffisantes pour déduire quoi que ce soit. Tout juste le maintenant célèbre Phil Jones, directeur de recherche en climatologie à East Anglia, et mouillé jusqu'au cou dans les histoires de Climategate, accepte-t-il d'admettre que tout cela montre qu'on ne comprend pas encore assez les variabilités naturelles.

D'autres chercheurs (pas soupçonnés de corruption ou de magouilles antiscientifiques) sont, eux, obligés d'arriver à la conclusion logique que les modèles climatiques utilisés jusqu'à présent sont profondément viciés : après tout, ils prédisaient un furieux réchauffement pour la période en question, certainement pas une stagnation.

Caramba, donc, encore raté…

01 07 15

Poilade garantie…

L'Os libre.jpgPierre Dac (1893-1975) est le créateur d'un humour très particulier qu'il qualifie de loufoque, à base de non-sens, de contrepieds, de jeux de mots et d'aphorismes aussi définitifs qu'absurdes.

Révélé au music-hall dans les années 1920, il triomphe à la radio dans les années 1930 avant de fonder L'Os à Moelle en 1938.

D'origine juive (son vrai nom est André Isaac), il entre dans la Résistance avant de rejoindre de Gaulle en Angleterre. Il y sera la voix de la France dans « Les Français parlent aux Français » sur Radio-Londres. De retour au pays en 1944, il reprend ses activités à la radio et relance son journal, sous le titre de L'Os libre.

À partir d'octobre 1945 et jusqu'en octobre 1947, Pierre Dac et ses complices s'en donnent à cœur joie en posant leur regard de loufoques sur un pays en pleine reconstruction, miné par les pénuries et l'instabilité politique – sans oublier les chroniques qui avaient fait la gloire de L'Os à Moelle d'avant-guerre : les recettes de cuisine extravagantes, les publicités délirantes, les romans-feuilletons farfelus et les fameuses petites annonces.

Il rencontre ensuite Francis Blanche avec qui il créera notamment le célébrissime sketch du « Sâr Rabindranath Duval », puis les feuilletons Signé Furax et Bons baisers de partout à la radio, qui connaîtront un immense succès.

Il meurt en 1975, auréolé d'une gloire qui a traversé les générations. Son influence sur ses successeurs est considérable et des humoristes du langage tels que Pierre Desproges ou Raymond Devos lui doivent beaucoup.

Quarante ans après son décès, les Éditions Omnibus à Paris ont fait paraître sous le titre L'Os libre – 11 octobre 1945-15 octobre 1947 une anthologie qui regroupe les meilleurs articles des 102 numéros de L'Os libre en les situant dans leur contexte historique.

Entre les propos de Léopold Sparadrap, le feuilleton à rebondissements d’Alexandre Dumat de Mysène, l’appel à la révolution en liquette, un édito sur une maison à louer et à blâmer, la présentation d’un stylo facile à construire, un reportage au Salon du piéton ou la recette de la crème au plâtre, les occasions y fourmillent, de rire un bon coup !

Bernard DELCORD

L'Os libre – 11 octobre 1945-15 octobre 1947 par Pierre Dac, préface de Jacques Pessis, Paris, Éditions Omnibus, février 2015, 1 024 pp. en noir et blanc au format 14,6 x 20,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 28 € (prix France)

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07 06 15

Horresco referens [1] !

Petite galerie des horreurs culinaires (cover).jpgLa collection « Petite galerie des horreurs », dirigée aux Éditions Tana à Paris par Raphaële Vidaling, constitue un catalogue humoristique d'images désuètes ou de cartes postales de mauvais goût qui circulaient sans complexe au siècle passé ou qui sévissaient ingénument dans les pages publicitaires des magazines d’alors.

Elle rassemble quelques ouvrages aux titres évocateurs : Petite galerie des horreurs capillaires, Petite galerie des horreurs postales, Petite galerie des horreurs romantiques, Petite galerie des horreurs musicales… ainsi qu’une Petite galerie des horreurs culinaires où 120 images vintage sont présentées comme s'il s'agissait d'un vrai livre pratique pour apprendre à cuisiner de façon ringarde en 80 leçons.

Les reproductions photographiques sont drôles et le texte qui les commente totalement décalé : « Les menus de grands soirs se moulent au Tupperware », « aligne tes petits roulés comme ta raie sur le côté », « si ton plat à l'air dégueulasse, dispose-le en rosace », « la vie serait un conte de fée si tout pouvait être en gelée », « bénie soit la mayo qui rend les plats plus beaux » (voir infra)…

De précieux conseils pour réaliser des plats bien peu appétissants !

Bernard DELCORD

Petite galerie des horreurs culinaires par Raphaële Vidaling, Paris, Éditions Tana, collection « Petite galerie des horreurs », novembre 2014, 96 pp. en quadrichromie au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,95 € (prix France)

En voici deux extraits :

Petite galerie des horreurs culinaires (mayo).jpg

 

Petite galerie des horreurs culinaires (gelée).jpg

 

[1] Citation latine : « Je frémis en le racontant ! »

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30 05 15

Science non infuse…

Brèves de copies de Bac (tome 2).jpgL’hilarant petit ouvrage intitulé Brèves de copies de Bac publié chez Chiflet & Cie à Paris en mai 2013 ayant remporté un vif succès, la maison d’édition a remis le couvert cette année avec un deuxième tome proposant une large sélection de bourdes, boulettes, bévues et autres cancreries ayant suscité la joie des correcteurs d’examens et prouvant que les jeunes ont chaque année davantage d’appétit que d’instruction.

Qu’on en juge :

On appelle bisexuels ceux qui se reproduisent deux fois par an.

Le lièvre et la torture.

Les bateliers de la vodka.

L’abri ne fait pas le moine.

Les tremblements de terre comme celui de Haïti ravagent et ruinent l’Afrique et font qu’elle a dû mal à émerger.

Le plus grand peintre allemand est Jérôme Boche.

En justice, le pourvoi en castration permet d’aller à la cour.

La Chine a trois religions : le taoïsme, le kungfusianisme et le bouddhisme.

On voit bien le racisme dans le nom que l’on a donné aux pays africains comme le Monte-negro.

On l’a appelée bombe H car elle a été inventée par l’ingénieur Hiroshima.

Au début, on aurait donné à Hitler le bon dieu sans profession.

Le cheval transpirait et faisait de la vapeur quand il tirait les wagons, d’où le cheval-vapeur.

Jacques Chirac a dit que le gouvernement précédent a été laxatif dans la conduite de l’État.

Et enfin, dans ma conclusion, je serai circoncis.

Bigre !

Bernard DELCORD

Brèves de copies de Bac (tome 2)sous la direction de Sophie Le Flour, Paris, Éditions Chiflet et Cie, mai 2015, 126 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 17,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 € (prix France)

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25 05 15

Le sens de « l’humort »…

Ça n'langage que moi.jpgAncien élève de Raoul Vaneigem à l'École normale de Nivelles, Jean-Pierre Verheggen a marché dans les pas de son maître en publiant moult ouvrages aux titres décapants, reflets de sa belgitude rigolarde affirmée, parmi lesquels Le degré Zorro de l'écriture (1978), Divan le Terrible (1979), Ninietzsche peu d’chien (1983), Artaud Rimbur (1990), Debord, les mous (1996), Opéré-bouffe (1996), Ridiculum vitae (2001), Sodome et Grammaire (2009) ou encore Un jour, je serai Prix Nobelge (2013) ont marqué les esprits et fait rire – souvent jaune – dans les doctes cénacles où trônent pompeusement tant de vaniteux sorbonnards, sorbonagres et autres sorbonnicoles...

En 2009, un choix de ses textes, réunis, portés à la scène et interprétés par son ami Jacques Bonnaffé a valu à ce dernier un Molière pour L'Oral et Hardi, sans que grand monde se soit aperçu qu’y étaient compilés les discours du maire de Champignac, l’élucubrant politicien local des aventures de Spirou et Fantasio quand elles étaient dessinées par Franquin...

Traitant du grand âge et de ses déboires, Jean-Pierre Verheggen nous revient ces jours-ci chez Gallimard avec un Ça n’langage que moi  où l'humour mène à « l'humort » et où la langue devient « langoisse », tant elle se focalise sur la menace du grand saut.

Car de quoi ci-gît-il ? On en fait de moins en moins, on moinsit… On trouille à mort, on angoisse à crever ! On s’écrie : “Lâge-moi les baskets !” On se dit qu’un monument “funérire” nous conviendrait.

En attendant, on prie pour les saints, en commençant par saint Doux, une crème d’homme… On se souvient que panem et circenses, à peine né, on est circoncis… On se régale d’une plie qui ne rompt pas, d’un gardon de café ou d’un homard m’a tuer. On s’écrie : “Faites l’amour, pas la gueule !” On demande : “Comment ça va, Jehova ? Comme j’te pousse ? ”

Et on perd souvent la tête, même si – comme dit Scutenaire – “personne ne nous la rapporte“.

Avant d’étouffer, totalement ”occis-gêné”…

Bernard DELCORD

Ça n'langage que moi par Jean-Pierre Verheggen, Paris, Éditions Gallimard, mai 2015, 119 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en bichromie, 13,90 € (prix France)

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28 03 15

Vive la bagnole !

SNCB mon amour (cover).jpgSous-titré Mémoires d’une navetteuse, le désopilant recueil de posts quotidiens mis sur les réseaux sociaux par Nancy Vilbajo quand elle fut usagère – trois longues et pénibles années durant – de la Société nationale des Chemins de fer belges (qui, à l’instar de toutes les administrations, considère le mot « client » comme une ineptie sociale, voire une grossièreté libérale, c’est bien connu…), SNCB mon amour paru aux Éditions du Basson à Marcinelle détaille par le menu la vie de ceux qui, chaque jour dans notre pays, s’en vont au boulot et en reviennent dans l’invention de George Stephenson [1].

Un festival de trains brinquebalants, en retard, annulés, en grève, en panne, roulant au ralenti parce qu’il pleut, parce qu’il gèle, parce qu’il y a du vent, parce qu’il y a du brouillard, parce qu’il y a des feuilles mortes, parce qu’il fait beau ou tout bonnement sans raison…

Et une galerie de portraits de préposés arrogants et incompétents, de chefs de gare ahuris, d’accompagnateurs de train tonitruants, voire ivres, de voix off inaudibles ou incompréhensibles, mais aussi d’usagers (pour eux, c’est vrai, le mot « client » n’a guère de sens…) hagards, mal lavés, mal réveillés, somnolents, gémissants, péteurs, ronfleurs, renifleurs, baveux, dont certains se coupent les ongles, se curent les oreilles, dévorent de grand matin des sandwiches au salami à l’ail, claironnent leur vie intime au téléphone ou font savoir à l’assemblée que leur partenaire malade a « déjanté les chiottes » du train de 7h56.

Sans oublier l’odeur, les tags, les graffitis, les détritus, les vitres, les sièges et les couloirs sales, les attentes aux guichets, les bousculades, les voyages debout, les pieds écrasés, la promiscuité, les gosses casse-pieds et mal élevés, les ados grossiers, les pickpockets,

Un zoo humain dont les bobos écolos n’ont pas idée !

Bernard DELCORD

SNCB mon amour – Mémoires d’une navetteuse par Nancy Vilbajo, illustrations de François Bouton, Marcinelle, Éditions du Basson, février 2015, 117 pp. en quadrichromie au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 18 €

Et un exemple valant mieux qu’un long discours :

Carte Mobib

JUL 2

NANCY V

Mobib Day 1

Après 10 minutes de file, on me dit : « Moi, je fais pas ça, tu sais madame ! Tu dois aller à guichet 2 ! » Et c'est écrit quelque part que t'es pas foutu de remplacer ma Mobib ? Et c'est reparti pour 10 minutes au milieu des touristes et des gamins hurlants.

#fonttouschier

JUL 3

NANCY V

Mobib Day 2

Gare du Midi. File au guichet et je  ne vous raconte pas le cheptel : « C'est pas moi qui fait ça, allez au guichet STIB ! » File au guichet STIB : « C'est pas moi qui fait ça, allez à la Bootik ! » File à la Bootik : « C'est lié à un abonnement SNCB, c'est pas moi qui fait ça, allez au guichet SNCB ! »

Et c'est à cette minute précise que mon venin est sorti !

# brefj'aigueulé

JUL 4

NANCY V

Mobib Day 3

J'ai acheté un ticket 10 voyages...

#burnout

LA LOGIQUE DES AUTRES

 

La carte Mobib est un abonnement qui permet d'utiliser les transports en commun de Bruxelles (la STIB). Dans mon cas, elle était associée à l'abonnement de train (la SNCB). Et ce qui devait arriver est forcément arrivé, j’ai perdu ma carte Mobib !

Peu importe, il suffit de se rendre au guichet de la gare et d'en demander une autre. Oui, mais cela, c'est dans le monde des elfes et des licornes. Moi, je vous parle des chemins de fer...

Bref, après avoir passé trois matinées à courir de guichet en guichet, de guichetier grossier à guichetier de mauvaise foi, j'ai fini par craquer et j'ai acheté un carnet de tickets STIB.

Je commençais à désespérer, m'imaginant passer ma vie à composter les sales petits tickets jaunes quand, un beau matin, je fus prise d'une frénétique curiosité ethnologique. Partant quelques minutes plus tôt de la maison, je fis un arrêt au guichet de la jolie petite gare de Binche. Dernier terminus avant la France. Rails qui s'arrêtent au milieu de nulle part pour se transformer en chemins de promenades silencieux et reposants. Hall qui sert de tournage aux films rétro. Enfin, vous l'aurez compris : ma petite gare est tout sauf une plate-forme de bus de métropole.

Taquine, je demande au guichetier :

– Bonjour, pouvez-vous remplacer ma carte Mobib, j'ai perdu l'ancienne !

Je m'attendais à un refus, voire à une fin de non-recevoir bien légitime, mais sa réponse fut tout autre...

– Avec plaisir ! [Trois minutes d'encodage.] La voici ! Bon voyage !

Trois minutes ! Il m'aura finalement fallu trois misérables minutes pour obtenir une nouvelle Mobib qui ne sert qu'à voyager intra-muros à cinquante kilomètres de là...

Et tu t'étonnes qu'on frôle le burnout, toi ?



[1] La ligne du chemin de fer de Stockton et Darlington, longue de 40 km et inaugurée le 27 septembre 1825 avec la Locomotion n°1 de George Stephenson, fut la première au monde permettant le transport commercial de passagers avec des locomotives à vapeur.

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