19 11 11

Pour enrichir son vocabulaire…

 365 gros mots, injures et autres noms d’oiseaux.gif

Le texte ci-dessous a été mis en ligne le 19/11/2011 dans les colonnes du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Saluons comme il se doit la parution aux Éditions First à Paris du calendrier perpétuel de Gilles Guilleron (illustré par Catherine Meurisse) qui s’intitule 365 gros mots, injures et autres noms d’oiseaux et recense « un gros mot par jour pour se défouler toute l’année ».

 

D’« abruti » à « zozo » en passant par « arsouille », « azimuté », « blaireau », « bouffon », « bougre », « boutonneux », « branleur », « branquignol », « canaille », « catin », « chameau », « chiard », « couillon », « cruche », « dégonflé », « demi-portion », « dinde », « empoté », « enfoiré », « fada », « fion », « foutriquet », « glandeur », « gouape », « godiche », « goujat », « gredin », « impuissant », « lèche-cul », « loufoque », « macaque », « morue », « morveux », « nigaud », « ordure », « pécore », « pédale », « peigne-cul », « pétasse », « petzouille », « pignouf », « pisseuse », « plouc », « poufiasse », « raclure », « requin », « ribaude », « scélérat », « tante », « thon », « truie », « turlupin » et autres « vendu » ou « vermine », l’auteur vous permet de jurer et d’injurier toute l'année dans la joie et avec érudition !

 

Car, de chaque gros, il fournit l’étymologie, les origines ; les variantes et les traductions dans les registres courants et soutenus.

 

C’est chié, non ?

 

PÉTRONE

 

365 gros mots, injures et autres noms d’oiseaux par Gilles Guilleron, illustrations de Catherine Meurisse, Paris, Éditions First, octobre 2011, calendrier perpétuel de 183 pp. en bichromie au format 13 x 10,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 9,90 € (prix France)

 

Écrit par Brice dans Humour | Commentaires (0) |  Facebook | |

12 11 11

A table avec Pierre Kroll!

 

KROLL_2011_c1_superlight .jpgPierre Kroll, le célèbre caricaturiste belge nous offre son 17ème recueil annuel.

Un titre accrocheur, sympathique et qui annonce un chouette moment à venir: « Quand est-ce qu'on mange? »

 

Au menu, entrées, plats et desserts qui nous replongent dans les merveilleux repas de cette année. Et il en a eu du pain sur la planche!

Une mise en bouche exceptionnelle avec Ben Laden et sa préface élogieuse sur l'auteur. Le ton est donné et Kroll n'y va pas avec le dos de la cuillère: l'appétit sexuel de DSK et de Berlusconi, la fin (faim) de revanche des Etats-Unis avec l'exécution de Ben Laden, la table des hommes et femmes politiques belges, la faim dans la corne de l'Afrique, et j'en passe. Le tout servi sur un plateau de 96 pages rassemblant environ 200 dessins publiés quotidiennement dans le journal Le Soir, l'hebdomadaire Ciné Télé Revue ou encore réalisés en direct chaque dimanche dans l'émission Mise au point.

 

Bref, un bouillon de culture à consommer sans modération et avec gourmandise.

 

Le dessin retenu par l'auteur lui-même

"Il y a un dessin que je citerai parce que si je peux me permettre je le trouve assez réussi. Il m'a fait un peu rire moi-même en le faisant, ce qui n'est pas le cas de tous mes dessins. C'était lorsque j'ai entendu l'arres1505Kroll.jpgtation de Dominique Strauss Khan à New-York. C'était évidemment un thème facile pour les caricaturistes, ils ont tous plongés dessus. Moi, le tout premier dessin que j'ai fait, une heure après, la victime est d'ailleurs blanche sur mon dessin parce qu'on n'avait pas encore dit qu'elle était noire. C'est cette femme de chambre qui témoigne auprès de la police et qui dit: « il a d'abord essayé de me faire croire qu'il était socialiste ». J'aimais bien ce dessin car il entame, en fait, d'un petit coup comme ça, tout ce qui va être toute la réflexion politique et rigolote sur le problème Strauss Khan. Il était quand même candidat et annoncé vainqueur des présidentielles pour le parti socialiste et il ne le sera manifestement pas. C'est peut-être celui que je retiendrai parce que je le trouve assez réussi et qui n'a pas été fait par d'autres"

 

 

Quand est-ce qu'on mange?, Pierre Kroll, Ed. Renaissance du livre, novembre 2011, 96pp, 20€

 

Écrit par Gwendoline Fusillier dans B.D., Humour | Commentaires (0) |  Facebook | |

27 10 11

Un peu..marteau

 

" Les journalistes, il y en a de deux catégories: ceux qui disent du bien de mes livres (de remarquables professionnels) et puis les autres."

CLOU-C1-C4.jpg

Affranchi du Chat, l'espace de quelques textes d'humeur et  planches de ...salut, Philippe Geluck offre à ses fans  un florilège de considérations pétries d'humour - noir - et d'une mauvaise foi...insurmontable. Des anonymes qui n"ont jamais connu la gloire - et pour cause - aux prisonniers conviés à purger leur peine en des maisons particulières,  l'humoriste belge passe en revue les couacs de nos modes de vie et les résoud ...à coups de massue.  Aucune limite n'est imposée à un humour par trop féroce quelquefois,  qui fait fi des tabous et enfonce le clou un peu trop loin...

 

"Je n'ai jamais aimé les morts. D'abord, je les trouve froids et distants, ensuite,  ils m'emmerdent copieusement"

 

AE

Geluck enfonce le clou. Textes et dessins inadmissibles,  Philippe Geluck, recueil, couverture cartonnée, 26 oct 2011,  144 pp, 18 €

Écrit par Apolline Elter dans B.D., Humour | Commentaires (0) |  Facebook | |

26 10 11

Drague, mode d’emploi

 

Le Petit Don Juan.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 26/10/2011 dans les colonnes du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Présenté par son auteur – si brillant et ô combien regretté – comme un « manuel de séduction à l’usage des hommes », Le Petit Don Juan de Jean Dutourd (1920-2011) qui vient de reparaître aux Éditions Soliflor à Bruxelles (publié en 1950, l’ouvrage était épuisé depuis des lustres mais il n’a pas pris une ride) constitue un véritable festival d’humour subtil et d’intelligence exacerbée, qualités dont ce grand académicien français fit montre de longues années durant, notamment dans ses chroniques vachardes du règne de François Mitterrand mais aussi en participant régulièrement aux « Grosses Têtes » de Philippe Bouvard, la plus populaire et la plus pérenne de toutes les émissions radiophoniques de l’Hexagone depuis l’invention de la TSF.

 

Se donnant comme un cours de stratégie de la séduction (« Quand on ne naît pas séduisant, on n'a pas d'autre choix que de le devenir »), son petit opus envisage tous les aspects de la drague avec une lucidité cynique qui n’a d’égale que l’efficacité roublarde… et l’ironie corrosive.

 

La preuve ?

 

Ces quelques lignes traitant de l’usage de la flatterie à l’égard des dames :

 

« Seules les flatteries énormes, impudiques, incroyables sont efficaces. Les autres, les subtiles, les sincères ne servent à rien : elles passent inaperçues.

 

Voici quelques modèles de flatteries vraiment productives :

 

a) “Comme vous êtes belle.” (Se dit d'emblée, avant toute autre considération. Comparable au pilonnage de l'artillerie avant l'attaque. Frappe de stupeur. N'est jamais mis en doute. Se complète par : “Vous, les femmes ne doivent pas vous aimer beaucoup.”)

 

b) “Vous êtes la femme la plus intelligente d'Europe.” (Ne peut guère se dire avant une petite demi-heure de conversation. L'amener par deux ou trois remarques de cet ordre : “Moi, je serais incapable d'aimer une femme bête.” “Je vous écoute depuis un quart d'heure : vous n'avez pas dit une seule bêtise.”)

 

c) “Vous avez un instinct infaillible.” (Se dit dans tous les cas, absolument. D'un effet certain.)

 

d) “Au fond, vous avez un caractère d'acier.” (S'accompagne ordinairement de : “Tout plie devant vous, rien ne vous résiste, etc.”)

 

e) “Je vous crois capable de férocité terrible comme de bonté surhumaine.” (Pourquoi pas, hein ?)

 

Ceci doit être prononcé avec le plus grand sérieux et appuyé de regards honnêtes. Vous êtes saisi. On ne pense pas à plaisanter quand on est saisi. »

 

Tant il est vrai, comme l’assurait le Dom Juan de Molière en 1665, que « l'hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour vertus. »

 

Et que rien n’a vraiment changé sous le soleil !

 

Sauf la perspicacité féminine, bien entendu…

 

PÉTRONE

 

Le Petit Don Juan par Jean Dutourd, préface de François Taillandier, illustrations de Maurice Henry, Bruxelles, Éditions Soliflor, octobre 2011, 168 pp. en quadrichromie au format 15 x 15 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 15 €

 

Écrit par Brice dans Humour | Commentaires (1) |  Facebook | |

27 09 11

Ridiculus politicae…

Perles parlementaires.gifRassemblant le fruit du travail d'une vie de collectionneur, les Perles parlementaires de Paul Quimper, dont la 3édition vient de paraître aux Éditions Horay à Paris (elles intègrent des bourdes proférées sous la Ve République), brillent de mille feux, ceux de l'éloquence débridée des élus de la Nation quand ils se laissent emporter par le verbe… ou par le fond de leur pensée.

 

Le résultat en est souvent cocasse, voire surprenant :

 

« En République, tous les citoyens sont égals. UNE VOIX A DROITE : Et fraternaux ! »

 

« Les socialistes ont toujours respecté Victor Schoelcher. J'ai d'ailleurs lu avec beaucoup d'intérêt un livre : Il est minuit, docteur Schoelcher ! VOIX AU CENTRE ET A DROITE : Schweitzer !

– Nous n'avons pas la même prononciation. Vous avez celle du Nord, j'ai celle du Midi, mais laissez-moi continuer ! »

 

« En vous écoutant, Monsieur le Secrétaire d'État, j'ai compris que c'était un dialogue de sourds. »

 

« Je demande le maintien de la suppression du rétablissement de ce paragraphe. »

 

« Il faut arriver à recréer davantage d'homogénéité dans cette pyramide, qui n'est pas une pyramide mais un sablier, et la transformer en cylindre. »

 

« Les pays étrangers n'ont pas changé de place, ou alors très peu. »

 

« Les vapeurs d'où sort la foudre sont formées par les larmes de l'innocence. »

 

Des propos que n'eussent bien évidemment pas désavoués le maire de Champignac si cher au cœur d'André Franquin, le génial dessinateur des aventures de Spirou et Fantasio ni notre ami Jean-Pierre Verheggen, orfèvre en textes surréalistes !

 

Bernard DELCORD

 

Perles parlementaires par Paul Quimper, Paris, Éditions Horay, 3édition, septembre 2011, 120 pp. en noir et blanc au format 12 x 12 cm sous couverture brochée en couleurs, 5,90 € (prix France)

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21 09 11

Funny, isn’t it?

 

Le grand livre des histoires drôles 2012.gifRassemblant plus de 1 600 histoires drôles inédites classées par rubrique, d'« Animaux » à « Vie conjugale », Le grand livre des histoires drôles 2012 par Mina & André Guillois paru chez Marabout à Paris constitue la nouvelle édition du recueil annuel (il existe depuis 15 ans) devenu le rendez-vous de la rentrée pour les amateurs d'humour varié et bon enfant.

 

Florilège :

 

–Je vous conseille, dit le serveur du restaurant, la dernière création du chef.

– Vous êtes sûr que c'est la dernière ?

– Absolument sûr. Dès qu'il en aura fini avec votre plat, le patron le flanque à la porte !

 

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Un homme d'affaires, qui ne sort pas du calcul dans lequel il s'est imprudemment lancé, demande à son assistante :

–Mademoiselle Karine, qu'enlèveriez-vous pour obtenir 6,25% de 300 000 euros ?

S hésitation, la jeune femme répond :

–Tout, sauf mes chaussures à talons.

 

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Au cours d'un talk-show à la télévision, un célèbre écrivain est interrogé :

– Aimez-vous la poésie ?

– Beaucoup.

– Avez-vous une œuvre préférée ?

– Oui, un poème de Rimbaud.

– Lequel ?

– Arthur, bien sûr…

 

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Ayant récemment aménagé, une femme téléphone à la supérette locale pour demander :

– À quelle heure fermez-vous ?

– À 20 heures, lui répond la patronne, mais mon mari et moi commençons à regarder les clients de travers à partir de 19 h 45.

 

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– La télévision a diffusé, hier soir, un excellent film d’Alfred Hitchcock, dit une femme à une voisine. Je n’avais pas vécu un pareil suspense depuis le jour où j’avais oublié mon sac chez ma meilleure amie, avec, à l’intérieur, ma carte d’identité mentionnant ma véritable date de naissance.

 

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Un mari bridé par sa femme se fâche pour une fois :

– Prends garde, lui dit-il. Si tu continues à m’exaspérer ainsi, tu risques de faire sortir la bête qui est en moi !

– Surtout pas, proteste-t-elle. J’ai toujours eu peur des souris…

 

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Une femme dit à son mari en lui désignant l’aspirateur qu’elle utilise chaque matin :

– Depuis dix ans que vous vivez dans la même maison, j’ai pensé que ce serait sympathique que vous fassiez connaissance…

 

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Il y en a, on en conviendra, pour tous les goûts !

 

Bernard DELCORD

 

Le grand livre des histoires drôles 2012 par Mina & André Guillois, dessins de Bridenne, Paris, Éditions Marabout, août 2011, 492 pp. en noir et blanc au format 21 x 15,8 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 15,99 € (prix France)

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11 09 11

Tryphon Tournesol & Co

 

Les savants fous.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 10/09/2011 sur le site des guides gastronomiques belges DELTA (www.deltaweb.be) :

 

Laurent Lemire, dans Les savants fous publié par les Éditions Robert Laffont à Paris, se penche avec délectation sur quelques-uns des innombrables dingos que l’on peut croiser au cœur du monde scientifique pris dans son acception la plus pointue…

 

Comme, par exemple, ce mathématicien de la Renaissance qui, ayant calculé la date de sa mort et ne voyant rien venir ce jour-là, se suicida pour ne pas perdre la face – et donc confirma sa prédiction… –, ou son confrère d’aujourd’hui qui réserve toujours deux chambres à l'hôtel – une pour lui, une pour son fantôme ; ou comme ce schizophrène qui a reçu en 1994 le prix Nobel d'économie, alors que quelques années plus tôt, il se prenait pour l’empereur de l’Antarctique ; ce médecin qui préconisait la marche à reculons pour régler les problèmes sociaux ; cet autre qui s'acharna à démontrer que le Christ était un paranoïaque issu d'une famille alcoolique ; ce moine qui inventa des machines volantes dans une geôle du Moyen Âge ou encore ce physicien qui a disparu dans une autre dimension...

 

Quant à l’homme le plus intelligent du monde actuel, Grigory Perelman, un Russe né en 1966, il a démontré l’exactitude de la fameuse conjecture de Poincaré (« une forme quelconque peut constituer une sphère à trois dimensions »). En conséquence, en 2006, il a obtenu la médaille Fields – considérée comme le prix Nobel de mathématiques –, ainsi que, en 2010, le prix du millénaire décerné par l'Institut de mathématiques Clay à Boston, alors que c’est un « geek » aux allures de Raspoutine vivant dans la misère et dans la crasse avec sa vieille maman, qui a refusé la médaille et le million de dollars lié à sa découverte et qui ne publie ses travaux que sur Internet…

 

D'Archimède à nos jours, en passant par le physicien anglais Newton, les mathématiciens français Chasles (qui, grand collectionneur d’autographes, acheta à prix d’or une lettre de Cléopâtre à César rédigée en vieux français…) et américain Post (qui écrivit dans son journal, en date du 3 novembre 1950 : « Je crois que New York risque d’essuyer un bombardement atomique cette nuit, je ne pense pas que cela affectera ma santé »), voici donc une histoire délirante des sciences ressuscitant des personnages fantasques, bizarres et surprenants, qui ont tout bousculé, fait rire ou scandalisé, mais dont chacun a participé, à sa manière, à la grande aventure collective du progrès...

 

Bernard DELCORD

 

Les savants fous par Laurent Lemire, Paris, Éditions Robert Laffont, février 2011, 240 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 21,5 cm sous couverture brochée en bichromie, 19 € (prix France)

 

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage déridant le portrait suivant :

 

En arrière, toute !

 

Dans cette galerie des grands illuminés, P. dit F. Lutterbach est le plus cintré. On ne sait pas s’il était médecin, ni même s’il se cachait sous un pseudonyme. En 1850, cet « homme encore vert, aux dehors un peu grêles, à l’œil un peu enfoncé, mais au sourire des plus aimables » publie un ouvrage dont le titre à rallonge donne le contenu et l’étendue de sa pathologie. Révolution dans la marche ou Cinq Cents Moyens naturels et infaillibles pour trouver le confortable, dans les différentes manières de marcher ; user sa chaussure selon sa volonté, ne pas la déformer, éviter les cors aux pieds ; ne pas se fatiguer en marchant, ainsi qu’en travaillant ; marcher avec assurance sur les chemins glissants ; ne pas se crotter, ou si l’on se crotte par une marche forcée, se décrotter à sec par un exercice agréable sans faire de poussière et sans détériorer l’étoffe ; redresser par la marche la démarche des boiteux, y compris jeux et exercices hygiéniques pour les personnes délicates de tout âge, conserver la vue et lui donner la force de soutenir l’éclat du soleil sans la fatiguer, enfin contribuer puissamment à sa santé, modérément à sa gaîté et quelque peu à sa beauté, rien que par son propre mouvement. Ouf !

 

La grande idée de Lutterbach, la seule, c’est la marche. Il s’est même fait une spécialité de la marche… en arrière. Pour le bien nommé Lutter(back), cette méthode est susceptible de régler bien des problèmes de santé, sans compter les problèmes sociaux. « L’idée de marcher en arrière peut paraître étrange au caractère français, et ne devoir présenter aucune importance. Cependant, si l’on se reporte aux temps de notre plus grande gloire militaire, on verra que quelques-uns de nos généraux de l’Empire se sont immortalisés en faisant des retraites savantes. On concevra toute l’importance que l’on doit apporter dans l’exercice de la marche en arrière, en considérant qu’en cas de retraite, plus en marchant l’on pourra faire face à l’ennemi, plus tôt on sera prêt pour saisir le moment de l’attaque. » On dirait du Pierre Dac. Sauf que l’humour et le non-sens sont ici involontaires, ce qui est encore plus drôle.

Cette amélioration du monde par la marche en arrière, Lutterbach ne la conçoit pas qu’en temps de guerre. « Indépendamment de l’utilité qu’il y aurait à améliorer la marche en arrière pour les temps de guerre, qui pour le bien de l’humanité ne devraient plus se représenter, ne serait-elle pas aussi fort utile en temps de paix ? En effet, n’avons-nous pas vu des officiers de la garde nationale, peu exercés aux évolutions militaires, qui au détour des rues, marchant en arrière pour commander cette manœuvre à leur troupe, ont donné du talon contre le trottoir, et après avoir fait de vains efforts pour se retenir, se sont vus forcés de perdre l’équilibre. »

 

Pour ce doux dingue, l’équilibre du monde pourrait venir de notre capacité à aller de l’avant, mais à reculons…

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11 09 11

Rires ravageurs…

 

Fumisteries, naissance de l’humour moderne 1870-1914.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 10/09/2011 sur le site des guides gastronomiques belges DELTA (www.deltaweb.be) :

 

La fin du XIXsiècle vit d'insolents jeunes Français (les « Vilains Bonshommes », les « Zutistes », les « Hydropathes », les « Fumistes », les « Hirsutes » ou encore les « Incohérents »…) secouer l'ordre établi à la façon d’un cocotier et faire crouler sous les rires les institutions politiques, la morale publique, l’Église, la famille, la patrie, les colonies, l'honorabilité, la science moderne, l’argent, les poètes et les peintres officiels ainsi que le langage lui-même.

 

Ils fréquentaient les alentours du Quartier latin et du Chat Noir montmartrois, et pour eux tout était prétexte à fantaisie, parodie, non-sens et sarcasme.

 

Ils avaient pour nom Alphonse Allais, Guillaume Apollinaire, Jules Barbey d’Aurevilly, Tristan Bernard, Léon Bloy, Georges Courteline, Tristan Corbière, Charles Cros, Georges Darien, Alphonse Daudet, James Ensor, Georges Feydeau, Gustave Flaubert, Xavier Forneret, Georges Fourest, Anatole France, Joris-Karl Huysmans, Alfred Jarry, Lautréamont, Jules Laforgue, Stéphane Mallarmé, Octave Mirbeau, Germain Nouveau, Charles Péguy, Jules Renard, Jean Richepin, Arthur Rimbaud, Henri Rochefort, Edmond Rostand, Erik Satie, Paul Verlaine ou Auguste Villiers de l'Isle-Adam et ils ont inventé l'humour moderne dans tout ce qu'il a de plus subversif, d'inventif, de corrosif et d'irrespectueux.

 

La preuve en est largement administrée dans une monumentale anthologie composée par Daniel Grojnowski & Bernard Sarrazin, qui vient d’être publiée Paris aux Éditions Omnibus. Elle s’intitule Fumisteries, naissance de l’humour moderne 1870-1914 et rassemble 300 textes (récits, contes, poèmes, parodies, aphorismes ou saynètes) souvent grinçants, parfois ébouriffants, souvent dérangeants… mais toujours hilarants !

 

Bernard DELCORD

 

Fumisteries, naissance de l’humour moderne 1870-1914, anthologie composée par Daniel Grojnowski & Bernard Sarrazin, Paris, Éditions Omnibus, juin 2011, 1056 pp. en noir et blanc au format 13 x 19,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie et à rabats, 29 € (prix France)

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11 09 11

« Et tout ça, ça fait d’excellents Français ! » (Maurice Chevalier)

 

Excusez les parents.gifPour la rentrée des classes et afin de combattre la morosité ambiante, les Éditions Horay à Paris ont gratifié le public – et le privé – d’une nouvelle édition (la première date de 1977) en petit format et à petit prix du fameux Excusez les parents de Pierre Ferran, compilation cocasse d’une grosse centaine de mots d’excuses authentiques (pour la plupart rédigés par des parents qui, au vu « de leurs fantaisies orthographiques, de leurs néologismes hardis et de leurs métaphores désopilantes », avaient visiblement davantage d’appétit que d’instruction…), des poulets destinés à justifier l’une ou l’autre absence scolaire plus ou moins licite de leur marmaille…

 

Florilège :

 

«  Monsieur Levasseur,

Sous préteste de géometrie, vous avait demander à vos élèves donc mon aîné de ferre un serment de droite. Je lui interdit. A la proche des elecsion confondet pas politique et géométrie et vous les serment adresset vous a la famille pas aux enfants.

Salutations distinguer. »

 

« Madame,

Yves na pus venir en classe aillant un canari très douloureu au pouce. On la mit dans l'eau boullante mais sa le fet par trop chanter alor j'appele le Docteur. Merci. »

 

« Mr le Directeur,

Jean-Paul s'est couper le doigt sur son cahier. En le soingnant j'ai renverser du mercurocraum dessus, ça fait 3 mer rouge sur la carte. La bonne est celle qui traverse pas la page.

Mme Dadin »

 

« Monsieur,

Théo a manquer l'école pour cause de vert solitaire. Il fésait plus de 3 mètres de la tête aux pieds. On la mit dans un bocal bien prope pour le cas ou ca vous intéresse.

Sentiment distinguer. »

 

« Madame,

Voulait vous laissé sortir Hervé sil demande étant prit de colique et cet pas pour des prunes. »

 

« Monsieur,

Jacques a pas put faire son exercisse de meilleure volonté. Il manquet la bonne page dans le livre que vous lui avait donné et dans la famille on et pas fakir. »

 

« Monsieur l'insiltuteur,

Cécé de traité mon fils le plut jeune d'imbécile malle a prix et mal au truc. »

 

« Mr Pline,

Mon fils ce plaint tous le temps que vous l'apelez Baise au lieut de Blaise et ses copains en dise autant. Cet pas très bien pour un maître de fair de l'esprit sur le dos d'un enfant. Surtout que si on enlaive la même lettre à votre nom ce qui reste et pas telment plus jolie. Merci de vous astenir. »

 

La preuve, en somme, que si, à en croire les détracteurs de l’Éducation nationale, les élèves d’aujourd’hui n’en savent pas plus que leurs parents, ils n’en savent à l’évidence pas moins !

 

Bernard DELCORD

 

Excusez les parents par Pierre Ferran, Paris, Éditions Horay, septembre 2011, 136 pp. au format 12 x 12 cm sous couverture brochée en couleurs, 5,90 € (prix France)

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10 09 11

Ondes de choc pour une décennie agitée

Blog-couv-ONDE-DE-CHOC.jpgPassionné par l'actualité et le dessin, Vadot a décidé de devenir dessinateur de presse à l'âge de 18ans. Dessinateur du Vif/L'Express depuis 1993 et de l'Echo depuis 2008 il nous propose ici un nouveau recueil de 150 dessins qui ont marqués la décennie 2001-2011 dans un bouquin intitulé Ondes de choc.

 

Il nous offre une vision décalée des évènements de ces 10 dernières années qui ont marqués l'esprit collectif.150 dessins classés par ordre chronologique, dix chapitres relatant différents faits d'actualité comme l'intervention de Bush en Afghanistan, la marée noire du Prestige, la présence au second tour de Jean-Marie Lepen, la capture de Saddam Hussein ou encore le Tsunami, la mort de Jean-Paul II...

 

Rencontre avec Nicolas Vadot.

 

Qu'avez-vous voulu montrer à travers ce livre?

J'ai voulu montrer que le monde a changé à vitesse grand V durant cette décennie. Et dans l'histoire moderne, je pense que c'est vraiment une décennie marquante. Le monde s'est un peu cherché pendant 10ans, il y a eu énormément de changements. On est passé d'un monde de Guerre Froide à un monde multipolaires.

 

La boucle est bouclée. On commence avec les attentats du 11 septembre 2001 et on termine par la mort de Ben Laden.

Exactement c'est tout à fait ça. Mais quand Ben Laden est mort on était déjà en train de faire le bouquin mais on va dire que cela m'a bien servi.

Maintenant je dirais que la boucle des attentats du 11 septembre et des années Bush est bouclée en partie. Bush nous a malheureusement laissé un héritage avec lequel on va vivre encore très longtemps. Mais je pense que ce qu'il s'est passé dans le monde arabe est un vecteur d'espoir.

 

Y'a t-il des dessins inédits?

Il y en a peut-être un ou deux. Tout le gros travail, c'était surtout d'élaguer. Il y avait à peu près 6000 dessins. J'ai d'abord fait une pré-sélection et puis j'ai demandé des avis extérieurs.

 

Quels dessins avez-vous privilégiés?

Je n'ai gardé que les dessins qui parlaient de sujets qui ont vraiment frappés la mémoire collective. Il y en a certains que j'aimais beaucoup mais qui étaient sur des sujets plus ponctuels. Je voulais garder cette vertu didactique du livre.

 

Le métier de dessinateur de presse est-il facile en Belgique?

On est parfois censuré mais c'est très rare. On vit dans une démocratie, on contribue à coup de petites pierres à préserver cette démocratie grâce à la liberté d'expression et de la presse.

J'ai de temps en temps des pressions mais c'est quand même assez rare, c'est vrai qu'il y a certaines formes de bienséance à respecter.

 

Qu'est ce qui fait une bonne caricature?

En fait il faut quatre ingrédients; il faut de l'humour si possible, de l'esprit de synthèse, du sens politique et beaucoup de mauvaise foi. Si on arrive à mélanger tout ça, ça marche! Il faut que le dessins marque l'inconscient, il faut que ce soit compréhensible en un clin d'oeil. Il faut vraiment être efficace car il y a beaucoup de concurrence d'images, ce qu'il n'y avait pas il y a 30-40ans.

 

 Vous avez des thèmes fétiches?

Un dessinateur de presse doit être capable de réagir sur tout ce qui se passe dans le monde. J'ai des thèmes que je préfère à d'autres évidemment, la politique internationale notamment. Tout ce qui est belgo-belge je le traite régulièrement mais ce n'est pas ce que je préfère. Et puis le dessin traverse les frontières, c'est un langage universel.

 

Un petit chat accompagne tous vos dessins, d'où vient-il?

Il est là depuis le début! Les gens me disent que j'ai voulu faire comme la souris de Plantu mais il était là avant. Quand j'ai commencé, je mettais un chien mais je n'aime pas les chiens. J'ai donc décidé de mettre un chat. Puis un jour il est devenu vert et voilà. Parfois je l'oublie et les gens sur mon mail; sur Facebook me demande où est le chat. C'est un peu une mascotte et puis il agit comme un gyrophare, il permet de bien dire aux gens même si je traite d'un sujet glauque ce n'est jamais qu'un dessin, d'ailleurs il y a un chat. N'oublions pas non plus que tous les palaces du monde lui sont ouverts, il va partout.

 

Quels sont vos projets?

En tant que dessinateur de presse, il y a toujours le Vif et l'Echo. Avec la Renaissance, on va faire un ou deux bouquins par an. Et puis j'ai la BD avec Maudit Mardi qui vient de sortir aux Editions Sandawe. Je suis également chroniqueur radio pour la RTBF. Une vie bien remplie c'est le moins que l'on puisse dire.

 

En parallèle à la sortie de ce livre, une exposition se tient du 8 septembre 2011 au 31 janvier 2012 au Musée Royal de l'Armée et de l'Histoire militaire de Bruxelles. Le visiteur peut découvrir des caricatures de Vadot mises en parallèles avec des dessins de Marec.

 

Ondes de choc, Nicolas Vadot, Renaissance du livre, septembre 2011, 128pp, 19€

Écrit par Gwendoline Fusillier dans B.D., Humour, Société | Commentaires (0) |  Facebook | |