25 10 16

Un humoriste décapant…

Courteline Qui suis-je.jpgJacqueline Blancart-Cassou, agrégée de lettres classiques et docteur d’État, est professeure honoraire à l’université Paris XIII-Nord. S’intéressant à la littérature dramatique et, en particulier, au comique, elle a consacré sa thèse au Rire de Michel de Ghelderode. Elle est l’auteur d’ouvrages sur les œuvres de ce dernier, de Jean Anouilh, de Georges Feydeau, d’Eugène Labiche, et de nombreux articles concernant divers dramaturges des XIXe et XXe siècles. Elle a reçu en 2004 la première édition du prix triennal attribué par la Fondation internationale Michel de Ghelderode.

On lui doit aussi, paru chez Pardès à Grez-sur-Loing, un passionnant Courteline Qui suis-je ?, petit essai biographique et critique très documenté et abondamment illustré dans lequel elle se penche sur la destinée personnelle et littéraire d’un des orfèvres de l’humour théâtral français de la Belle Époque

Voici la présentation qu’elle nous en donne :

« Georges Moineau est né à Tours, fils d’un auteur connu de chroniques judiciaires, qui signe Jules Moinaux. Élevé d’abord dans cette ville chez ses grands-parents, il vit ensuite à Paris, puis sera interne durant six années au collège de Meaux. Réformé après un bref service militaire, il devient employé de bureau [1], mais peu assidu à ce travail.

Sous le nom de Courteline, il écrit des chroniques dans des journaux, et les développe sous forme de contes ou de romans ; il fonde la revue Paris-Moderne [2] ; il fait la satire de la vie militaire, dans Les Gaîtés de l’escadron (1886) et Le Train de 8 h 47 (1891), et de l’administration dans Messieurs les ronds-de-cuir (1893).

En 1892, il rencontre sa première compagne, qui lui donnera deux enfants, et se tourne vers le théâtre. Dans de courtes comédies, il évoque des relations de couples (Boubouroche, La Peur des coups) et se moque de la police et de la Loi (Le commissaire est bon enfant, Les Balances).

Georges Courteline circa 1890.jpg

 Georges Courteline (vers 1890)

Devenu veuf, il se remarie. Il fait jouer une comédie, La Paix chez soi, puis un pastiche de Molière, La Conversion d’Alceste, écrit un roman, Les Linottes (1912), enfin La Philosophie de Georges Courteline (1917).

Il est promu commandeur de la Légion d’honneur [3] et élu à l’Académie Goncourt [4]. Mais sa santé est atteinte : il doit subir l’amputation d’une jambe [5] et, quatre ans plus tard, de l’autre ; il ne survivra pas à la seconde opération. Il meurt le 25 juin 1929.

Son œuvre abondante, précise et vivace dans la raillerie, en fait l’égal d’un Feydeau ou d’un Labiche. »

On ajoutera que Courteline, tout commandeur de la Légion d’honneur qu’il fut, était un grand amateur de canulars – on lui doit, par exemple, l’invention du déconomètre – ainsi qu’un académicien Goncourt fort peu conformiste, comme en témoignent ses armoiries et sa devise reproduites dans l’ouvrage de Madame Blancart-Cassou, et que nous nous faisons un plaisir de livrer à l’admiration de nos lecteurs :

Courteline (armoiries et devise).jpg

Un bien vaste programme, comme l’a dit un jour Charles de Gaulle en découvrant l’inscription « Mort aux cons ! » sur une Jeep de la 2e division blindée du général Leclerc, qui fut la première à entrer dans Paris, le 24 août 1944, lors de la bataille pour la libération de la capitale française…

Bernard DELCORD

Courteline Qui suis-je ? par Jacqueline Blancard-Cassou, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », août 2016, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

Quelques citations de Georges Courteline :

« Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet. »

« L’administration est un lieu où les gens qui arrivent en retard croisent dans l'escalier ceux qui partent en avance. »

« Obliger les hommes à se laver et ne point leur donner de serviettes, toute l’ânerie militaire est là. »

« Il y a deux sortes de femmes : celles qu'on compromet et celles qui vous compromettent. »

« Un des plus clairs effets de la présence d'un enfant dans un ménage est de rendre complètement idiots de braves gens qui sans lui n'auraient été que de simples imbéciles. »

« Neuf fois sur dix, la loi, cette bonne fille, sourit à celui qui la viole. »

« Il n ' y a pas de milieu dans la vie : dès qu'on n'est plus jeune, on est vieux, et au-dessus de quarante ans, on est tous du même âge. »

« Il est étrange qu'un seul terme exprime la Peur de la mort, la Peur de la souffrance, la Peur du ridicule, la Peur d'être cocu et la Peur des souris, ces divers sentiments de l'âme n'ayant aucun rapport entre eux. »

« Je veux être enterré avec une brosse à habits pour quand je tomberai en poussière. »

 

[1] En 1880, comme expéditionnaire au ministère de l'Intérieur, à la Direction générale des cultes, où, ça ne s’invente pas, il a pour directeur Charles Dumay, un anticlérical convaincu…

[2] En 1881.

[3] En 1921.

[4] Le 24 novembre 1926.

[5] La droite, le 5 janvier 1925, en raison d’une gangrène sèche consécutive d’une inflammation de l'orteil compliquée par le diabète.

05 10 16

Chroniques d'un avocat...

walgraffe.gif"Voici le trou, voici l'échelle: descendez", est le premier livre de René Walgraffe. Avocat dans la région couvinoise, l'homme de loi arrive tout doucement au terme de sa carrière... 

Il a décidé à travers ce livre, de faire une sorte de bilan. Au travers de 17 nouvelles, il revient sur des affaires qui ont marqué sa carrière d'avocat mais aussi de curateur. Volontairement des noms ont été changés, des situations ont été romancées, des dossiers ont été mélangés. Mais nul doute que certains se reconnaitront. Des situations cocasses, des dossiers durs comme les affaires de moeurs, des trahisons, des faillites, toutes sortes de sujets sont évoqués. Du moins nanti, au criminel en passant par le politique, de la victime au coupable, il a défendu toutes les classes de la société. 

Au fil de ces petites histoires, on est littéralement plongé dans la vie quotidienne de l'avocat couvinois. Avec son franc-parlé, il n'a pas peur parfois de dépeindre un portrait peu élogieux de certains confrères. "Les confrères qui pratiquent l'alpinisme ensemble m'ont toujours paru faire preuve de beaucoup d'inconscience, à moins d'être le premier de cordée, et encore", écrira-t-il. René Walgraffe amène également à réfléchir sur le fonctionnement de la justice belge actuelle. 

Le ton humoristique, parfois cru, caustique, croustillant mais humain pousse le lecteur à ne pas refermer le bouquin de sitôt. A lire sans modération!  

"Voici le trou, voici l'échelle: descendez", René Walgraffe, éd. Amalthée, 2016, 192 pages, 13,30euros

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Gwendoline Fusillier, Humour, Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

15 04 16

Un pastiche impayable à 8 euros…

Un humour impossible.jpgExemple parfait de l’imposture littéraire germanopratine, Christine Angot (1959-) a pondu une « œuvre » à la fois lamentable, horripilante et involontairement désopilante en publiant des livres tordus portant exclusivement sur elle-même (Sujet Angot, 1998, L'Inceste, 1999, Pourquoi le Brésil ?, 2002, Rendez-vous [1], 2006, Une semaine de vacances, 2012 ou encore Un amour impossible, 2015), des textes mal fichus et sans grand intérêt dont le succès commercial – indéniable, celui-là – résulte essentiellement de l’agressivité et de la morgue dont leur auteure fait régulièrement preuve dans la presse et sur les plateaux de télévision.

De leur côté, les Éditions Onlit à Bruxelles ont fait paraître, sous la plume de « Christine Anglot » et sous le titre Un humour impossible, un pastiche admirable et en tout point réussi de son dernier factum, dans lequel on retrouve le « style » chaotique et laborieux, les tics d’écriture, la ponctuation indigente, la logorrhée monomaniaque et le vide intellectuel abyssal caractéristiques des productions de la fée Carabosse qui se prend pour Cendrillon.

Un intense moment de franche rigolade !

Bernard DELCORD

Un humour impossible par Christine Anglot, Bruxelles, Éditions Onlit, mars 2016, 52 pp. en noir et blanc au format 12 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 8 €

Extrait :

Sans mon père, je serais pas été devenu un écrivain. UNE aigrie vaine. Je serais été à la sécurité sociale comme ma mère qui y était. Et mon père se moquait d’elle. Il faisait des blagues pas très fines sur le trou de la sécu. Le trou de la sécu c’est cochon disait-il. Quand ma mère me l’avait raconté, sur le moment j’avais pas compris l’alluvion.

Mais là, à ce moment du livre, je suis encore la petite fille. La narratrice c’est Christine, la petite fille c’est Moi. Quand je dis je, c’est la narratrice qui parle mais moi c’est la petite fille. Elle s’appelle Christine aussi. C’est compliqué. On se mélange. C’est rapport à l’imagination, j’en ai aucune alors je donne toujours les noms des gens vrais. Et quand je, la narratrice, parle de la petite fille, je dis elle pour pas confondre. Avec Moi qui est je. Mais elle pourrait dire je puisque elle, c’est moi. Et le pire c’est quand je dis Christine. Personne comprend si je parle d’elle, de moi, de je ou de la narratrice. Ou de Christine !

J’aurais pu appeler la narratrice Charlotte, Christelle ou Sophie. Parce que je peux pas changer le nom de moi. Moi c’est Christine. J’aurais dit la narratrice c’est Charlotte (ou Christelle ou Sophie ou Elisabeth ou Albert, non pas Albert, Albert ça pourrait être un narrateur mais pas une narratrice) mais là pour faire plus simple je dis la narratrice c’est Christine, mais c’est pas plus simple parce que tout le monde confond la narratrice avec Moi qui est je et la petite fille. C’est grave ? Non, c’est pas grave parce que tout le monde s’en fout.

En plus c’est de plus en plus compliqué parce que le temps passe et que la petite fille est plus si petite, elle grandit et elle devient chiante, comme moi, c’est normal puisque c’est je que je suis moi Christine la narratrice.

Mais la petite fille est plus petite mais elle est restée une fille. Heureusement, si elle avait changé de sexe, je, elle, moi, Christine, la narratrice et nous, personne y comprendrait encore moins que rien si c’est possible.

Donc quand je dis je, moi, la narratrice, Christine c’est la petite fille mais c’est plus la petite fille parce qu’elle, je, moi, en fait est devenue moins petite, elle est une préadolescente, parce qu’elle va bientôt avoir mes règles. Pas mes règles de français, bien sûr, celles-là je les ai jamais eues. Mais les autres, là, je les ai. Comme le temps pax !

 

[1] Nous avons à l’époque rendu compte de la parution de cet ouvrage en intitulant notre chronique : N’y allez pas !

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03 04 16

Attrape-gogos...

Les perles des réclames publicitaires.jpgL’ouvrage collectif paru aux Éditions Larousse à Paris dans la collection « Les petits bêtisiers » sous le titre Les perles des réclames publicitaires propose 200 publicités de jadis, toutes authentiques et plus saugrenues les unes que les autres, vantant par exemple des lotions pour faire repousser les cheveux, des liqueurs qui font maigrir ou encore des gilets en poils de chats radioactifs,

En voici quelques-unes :

« Si vous voulez rester toujours jeune et mince, prenez le Thé mexicain du Dr Jawas. »

« Vos cheveux tiendront si vous employez la nouvelle création de Joséphine Baker, le Bakerfix brillantiné ! »

« Revitalisez vos cheveux blancs avec le peigne du Docteur Nigris, garni de son huile végétale balsamique. »

« Le moulin à café électrique Rotary, le plus beau cadeau dont on puisse rêver, parce qu’il fait plaisir à toute la famille ! »

 « Enfin, se purger devient agréable pour tous avec la Limonette ! »

« Guérison des hémorroïdes par l’antirroïde, huile indienne ! »

« Aïe ! ma dent ! Dentobrol supprime tous les maux de dents, une goutte suffit. Produit scientifique et inoffensif. »

« Pour déboucher vos éviers et lavabos, utilisez Laxabo, le ramoneur des lavabos ! Action instantanée, dépense insignifiante. Méfiez-vous des contrefaçons ! »

« À tous vos animaux, donnez peu mais donnez bon, donnez Morupur, huile de foie de morue garantie pure. »

« Le tir est une distraction des plus agréables. Pour vous permettre de le pratiquer chez vous sans danger, achetez une carabine de précision à gaz liquéfié, pour le tir à balles. »

En faisant la comparaison avec la pub contemporaine, force est de constater qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil des marchands de camelote…

Bernard DELCORD

Les perles des réclames publicitaires, ouvrage collectif sous la direction de Carine Girac-Marinier, Paris, Éditions Larousse, collection « Les petits bêtisiers », janvier 2015, 127 pp. en noir et blanc au format 12, x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 5,90 € (prix France)

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28 02 16

En voiture, Simone…

Les petites âneries du permis de conduire.jpgDans Les petites âneries du permis de conduire publié à Paris chez François Bourin Éditeur, un petit livre illustré fort amusant, Didier Angheben, Franck Perriard et Karine Vidonne, tous trois moniteurs d’auto-école en France, ont tressé un collier des meilleures perles entendues dans l’exercice de leurs fonctions.

Florilège :

Position R comme rapide :

– Est-ce que les limitations de vitesse sont valables aussi pour les marches arrière ?

C’est mieux ainsi :

– Pour freiner, je suis obligé d’arrêter d’accélérer ?

Café du commerce :

– On m’a dit qu’à un stop, il faut que les quatre roues soient arrêtées et qu’à un cédez-le-passage, deux seulement.

La charrue avant les bœufs :

– Je me dis que, comme je n’arrive pas à apprendre à conduire, je devrais devenir moniteur. Peut-être que ça m’aiderait.

Ça passe ou ça casse :

Est-ce qu’on peut passer de la deuxième à la troisième sans reculer ?

C’est pas moi, c’est elle :

Dans une rue étroite, la roue avant droite frotte la bordure. L’élève questionne son moniteur :

– C’est moi qui ai fait ça ?

– Non, non, c’est la bordure qui a bougé…

– Ouf, tu me rassures !

Sage précaution :

Le moniteur :

– Dans quelles conditions doit-on contrôler la pression des pneus ?

L’élève :

– À l’arrêt !

Un petit bouquin qui consolera bien des profs de lycée, qui se sentiront moins seuls dans l’adversité !

Bernard DELCORD

Les petites âneries du permis de conduire par Didier Angheben, Franck Perriard et Karine Vidonne, Paris, Éditions François Bourin, collection « Humour », février 2016, 128 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 16 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,90 € (prix France)

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01 02 16

« Des moutons dirigés par un lion sont plus redoutables que des lions dirigés par un âne. » (Douglas MacArthur)

Les bourdes militaires.jpgLe troisième numéro de la revue « Folle Histoire » dirigée par Bruno Fuligni aux Éditions Prisma à Gennevilliers est consacré aux Bourdes militaires et il s’avère parfaitement réjouissant tout en donnant une fois de plus raison à Georges Clemenceau qui assurait que « la guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires » !

Écoutons Bruno Fuligni :

« Des guerres ont été déclenchées pour un seau, un cochon, une taxe sur le whisky ou un match de football. Une bombe atomique a rasé Hiroshima à cause d'une mauvaise traduction. La principauté du Liechtenstein fut envahie par erreur. Et si la guerre anglo-zanzibarite n'a duré que trente-huit minutes, celle qui opposa les îles Sorlingues aux Pays-Bas s'étala sur 335 ans, si bien que plus personne ne se souvenait du conflit en cours quand des érudits proposèrent de signer le traité de paix qui y mettrait fin, en 1986.

Stratèges fous, tacticiens idiots, putschistes maladroits, assassins en uniforme, inventeurs d'engins délirants : l'art militaire présente une fantastique galerie de modèles à ne pas suivre.

Autant d'histoires qui paraîtraient risibles, si elles n'avaient causé des millions de morts ! »

Une pierre blanche dans le jardin des pacifistes !

Bernard DELCORD

Les Bourdes militaires, ouvrage collectif sous la direction de Bruno Fuligni, Gennevilliers, Éditions Prisma, mai 2015, 210 pp. en noir et blanc au format 15,4 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 17,50 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié ces quelques lignes écrites par Bruno Fuligni :

La guerre des Gâteaux (1838-1839) – La France se sucre

Indépendant en 1821, le Mexique est perpétuellement secoué de révoltes et de pronunciamientos. Les finances du nouvel État, désastreuses, ne permettent guère de régler les engagements internationaux et, quand la France du roi Louis­ Philippe demande en plus qu'on indemnise les ressortissants français dont les biens ont été détruits dans les émeutes, c'est non.

Paris exige 600 000 pesos pourtant, et ne veut pas céder. Un pâtissier français de Veracruz, en particulier, se trouve lésé, si bien que la flotte française, en mars 1838, fait le blocus du port. Les tractations s'éternisant, c'est la poudre qu'on fera parler : le 27 novembre 1838, les canonniers français bombardent le fort de Saint-Jean-d'Ulloa, qui doit se rendre.

Cette canonnade demeurera le seul fait d'armes de la guerre des Gâteaux, ainsi qu'on surnomme bientôt cette action de recouvrement en faveur d'un pâtissier. Elle fera quatre-vingt-quinze morts du côté mexicain, douze chez les Français, ainsi que des centaines de blessés. Parmi ceux-ci, le général Antonio López de Santa Anna, l'ancien dictateur, le vainqueur d'Alamo. Après avoir échoué à conquérir le Texas, il a perdu la faveur des Mexicains, mais ce fin politique a décidé de se refaire en prenant le commandement des troupes mexicaines de Veracruz. Il laisse une jambe dans la bataille, membre martyr qu'il va enterrer en grande pompe, avec les honneurs militaires. Héros national pour sa résistance aux Français dans la guerra de los Pasteles, il sera de nouveau porté au pouvoir en 1840.

La France, entre-temps, aura obtenu, le 3 septembre 1839, la signature d'un traité de paix garantissant le versement par le Mexique d'une indemnité de réparation. Pour les vétérans de la guerre des Gâteaux, la Monnaie de Paris émettra une médaille commémorative – même pas en chocolat.

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28 01 16

Le merveilleux "LUDICTIONNAIRE"

_ludictionnaire.jpgOn en n'attendait pas moins de Bruno Coppens : un merveilleux Ludictionnaire, qui propose des définitions de noms propres, de noms communs, d'expressions latines et françaises. Je qualifiais souvent sur antenne Bruno Coppens, habitué des délires verbaux, de "nouveau Raymond Devos". Je maintiens, mais il va plus loin que son maître : alors que Devos jouait autour de quelques jeux de mots pour en faire un sketch, Bruno ne cesse de penser en mots, en les triturant, en leur faisant dire plus que ce qu'ils sont, mais toujours avec un humour fou. Il fait partie, comme Geluck, de ces personnes qui font des gags qu'on aurait aimé faire, mais surtout auxquels ont s'en veut de ne pas avoir pensé avant eux ! Voici quelques exemples, au hasard :

Adulte : Adolescent ayant mis l'acné sous le paillasson.

Alzheimer : Magasin d'efface et à trappes.

Humour : Essuie-glace que l'on actionne lorsqu'on roule dans une tempête de neige. Cela ne supprime pas la tempête mais cela permet d'avancer.

Et un petit nom propre pour la route !

Obama (Barack) : Vedette de la série télé "Desperate house white", l'histoire d'un couple errant dans la Maison Blanche et suscitant les plus grands espoirs. Dans les saisons 1 et 2, Obama réussira à débarrasser la planète de ben Laden, à rafler le prix Nobel de la paix et à négocier un accord avec l'Iran. Il n'y aura hélas pas de troisième saison. Mais le couple demeure charismatique au point qu'on l'appela "le couple le plus belge de la planète, les "Barack Michelle" !

Vous pouvez retrouver Bruno sur scène et à la radio dans "Un samedi d'enfer" ou "les Cafés serrés".

Jacques MERCIER

Ludictionnaire, Bruno Coppens, Ed. racine, 160 pp. 14,95 euros.

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Dictionnaires, Humour, Jacques Mercier, Langues | Commentaires (0) |  Facebook | |

17 01 16

Tiens, voilà du boudin…

Signé Furax - Le Boudin sacré.jpgPierre Dac (1893-1975) est le créateur d'un humour qu'il qualifiait lui-même de « loufoque ». Révélé au music-hall dans les années 1920, il triomphe bientôt à la radio et il crée le journal L'Os à moelle en 1938. Résistant gaulliste, il bataillera joyeusement durant les heures sombres contre les nazis et leurs valets collaborationnistes dans les émissions françaises de Radio-Londres [1] et il sévira plus que jamais sur les ondes de l'après-guerre avec son comparse Francis Blanche.

Francis Blanche (1921-1974) fut quant à lui un humoriste tout-terrain : acteur (Babette s'en va-t-en guerre, Les Tontons flingueurs, Les Barbouzes, Belle de jour…), homme de scène et de radio (Les Branquignols, Les Escargots meurent debout, les impostures téléphoniques), scénariste (La Grande Bouffe), chansonnier, auteur et inoubliable complice de Pierre Dac pour les feuilletons radio (Malheur aux barbus, Signé Furax, Bons baisers de partout) et les sketchs (Le sâr Rabindranath Duval)

Diffusés d'octobre 1956 à juin 1957 sur la jeune station de radio française Europe n°1, les 250 épisodes du Boudin sacré [2], constituant la première saison sur quatre de Signé Furax (et récemment réédités chez Omnibus à Paris) remporteront un succès colossal – on se souvient que Guy Mollet, alors président du Conseil, au cours d'un débat houleux à l'assemblée nationale, lança aux députés : « Continuez sans moi, je vous quitte, je vais écouter Furax ».

Voici le pitch de cette saga débridée, cousine rigolarde des aventures de Fantômas, de Rocambole et d’Arsène Lupin :

On a volé des monuments qui font la gloire de la France, remplacés par des imitations en staff : l'obélisque de la Concorde, le Lion de Belfort, les grilles de la place Stanislas à Nancy…

Qui est derrière cet ignoble forfait ? Les détectives Black & White, le professeur Hardy-Petit, le commissaire Socrate et d'autres mènent l'enquête, qui les conduira sur la piste de Furax et de la terrible secte des Babus, adorateurs du Goudgouz, le Boudin Sacré.

Nos héros sillonneront la planète, de Madagascar à Yadupour, capitale du Filekistan, et ils voyageront dans le temps…

Jeux de mots navrants, situations absurdes, dialogues délirants, tous les ingrédients de l'humour du duo Dac-Blanche sont là…

Et cela décoiffe même les chauves !

Bernard DELCORD

Signé Furax – Le Boudin sacré par Pierre Dac et Francis Blanche, présentation de Jacques Pessis, Paris, Éditions Omnibus, février 2015, 800 pp. en noir et blanc au format 13 x 19,6 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 26 € (prix France)

 

[1] Il est l’auteur du fameux slogan : « Radio-Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand » chanté sur l’air de La Cucaracha et que la France occupée reprendra en chœur – in petto, of course !

[2] Première saison sur quatre, soit 9 880 minutes d’émission en tout…

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12 01 16

« Femme tentée et femme vaincue, c'est tout un. » (Marivaux)

Les pubs que vous ne verrez plus jamais – Tome 4 (cover).jpg

Dans Les pubs que vous ne verrez plus jamais – Tome 4 : spécial ah, les filles ! (Paris, Éditions Hugo Desinge), Annie Pastor se penche cette fois sur l’image de la femme, ses combats, ses avancées et ses échecs à travers le prisme de 100 ans de publicités sexistes, ordinaires ou extraordinaires.

Une belle occasion de regarder à travers le temps comment la femme a été perçue par notre société, car, selon les époques, elle est apparue sous des jours fort différents.

Les pubs que vous ne verrez plus jamais – Tome 4 (We Can Do It).jpg

Nous pouvons le faire ! (1943)

En résumant, on pourrait dire que la femme des années 1920 est séductrice, celle des années 1950 est consommatrice et celle des années 1970 est sexuellement libérée.

Les pubs que vous ne verrez plus jamais – Tome 4 (Marine Midland).jpg

La publicité étant un miroir assez peu subtil de son époque, on trouve dans cette compilation des images qui ont mal vieilli, ce qui en fait d’ailleurs tout l’intérêt... pour une lecture entre sourire et rejet !

Bernard DELCORD

Les pubs que vous ne verrez plus jamais – Tome 4 : spécial ah, les filles ! par Annie Pastor, Paris, Éditions Hugo Desinge, octobre 2015, 176 pp. en quadrichromie au format 17 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,99 € (prix France)

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23 12 15

Casse-pipe…

Trous de balles.jpg

En se gaussant une nouvelle fois du personnel politique belge et de la situation internationale dans un recueil de dessins de presse paru aux Éditions de la Renaissance du Livre à Bruxelles sous un titre relevant du diagnostic – Trous de balles –, le caricaturiste Frédéric duBus a encore fait mouche, comme à son habitude.

Car son talent est immense à croquer en quelques traits une situation imaginaire, et pourtant plus vraie que nature, parfaitement révélatrice d’une situation politique et des arrière-pensées de celles et ceux qui en sont les protagonistes, animés par l’ambition, la vanité, l’arrogance, la fatuité, la cuistrerie, la sottise, la vacuité et/ou la duplicité.

Et le lecteur de se gausser par son entremise du flingage des Bart De Wever, Louis Michel, Joëlle Milquet, Elio Di Rupo, Theo Francken, Laurette Onkelinx, Marc Uyttendaele, Mgr Léonard, Paul Magnette, Emir Kir, Rudy Demotte, Didier Reynders, Kris Peeters, Jan Jambon, Mahinur Özdemir, Marc Goblet et autres Maggie De Block, avec un grand sourire et une belle impertinence…

duBus 1.jpg

Sans oublier Éric Zemmour, Jean-Marie Le Pen, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Alexis Tsipras et Benjamin Netanyahou…

Et ces fléaux que sont le djihadisme, le terrorisme et la FGTB !

Bernard DELCORD

Trous de balles par Frédéric duBus, Bruxelles, Éditions de la Renaissance du Livre, octobre 2015, 64 pp. en quadrichromie au format 30,5 x 21,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 15,90 €

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