20 04 13

Un beau ridiculum vitae...

Un jour, je serai Prix Nobelge.jpgLe texte ci-dessous a paru le 20 avril 2013 dans l'édition belge de l'hebdomadaire Marianne :

Ayant décidé non pas de poétiser plus haut que son luth, mais d'aller à la postérité (contrairement à Alphonse Allais qui préférait aller hériter à la poste), notre compatriote – par ailleurs ni con ni patriote – Jean-Pierre Verheggen s'est fendu, chez Gallimard à Paris, d'Un jour, je serai prix Nobelge, un texte par lequel il postule à la plus haute distinction honorifique de Ce (petit et plat) Pays qui donna à la francophonie ses lettres de noblesse par l'entremise des chansons du Grand Jojo, des cours de savoir-vivre de Jef Kazak et de la prose politique du maire de Champignac.

Si la concurrence est rude, notre homme ne manque pas d'arguments, excipant qu'il peut d'un ridiculum vitae à faire pâlir le Baudelaine de Coluche ou le Rimbot de Guy Bedos, qui ne sont pourtant pas de la petite bière !

Qu'on en juge :

Il croule sous les honneurs, comme le Prix « Marins d'eau douce » dans le cadre des « Voyageurs étonnés d'être à Saint-Malo » ou le Grand Prix Jean de La Fontaine décerné par l'Académie de Fontaine-l'Évêque pour « Le rat Deville et le rat Duchamp ».

Il fut conseiller conjugal pour familles de mots recomposées. Il s'est penché, pour le Journal international de l'Automobile Club, sur « Les problèmes de stationnement à Mégara ». Il a chanté les vertus et la suavité incomparables du pet de nonne, ce beignet soufflé en alizé de bure. Il est l'auteur du fameux Casse-toi, vieille Muse ! Il a narré les aventures méconnues de Popeye privé d'épinards et d'Icare dans son jus...

Voici quelques perles parmi ses hilarantes traductions gréco-latines : – Festina lente : Tina est un peu lente de la fesse. – Verba volant, scripta manent  : quand Verba est au volant et Scripta aux manettes, c'est dans le fossé direct ! – Gnôthi seauton : à force de te goinfrer de gnocchi, tu vas bientôt peser cinq à six tonnes. – Carpe diem : Dieu a pêché gros ! – Castigat ridendo mores : même quand on le castra pour affaire de mœurs, il se bidonnait...

Pas de toute, à l'en croire, il finira dans les Emmanuelle scolaires !

Bernard DELCORD

Un jour, je serai prix Nobelge par Jean-Pierre Verheggen, Paris, Éditions Gallimard, avril 2013, 132 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 15,90 € (prix France)

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16 04 13

« Kangourou, puce géante » (Jules Renard)

Histoires naturelles.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la newsletter d'avril 2013 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

En 1894, l'écrivain français Jules Renard (18-1910) faisait paraître son célèbre roman autobiographique Poil de carotte, mais aussi les savoureuses Histoires naturelles que les Éditions Soliflor à Bruxelles ont eu l'excellente idée de remettre ces jours-ci sur le marché, dans une version merveilleusement illustrée par Benjamin Rabier (1864-1939).

Un petit bijou livresque qui permet de découvrir une facette plus tendre d'un écrivain souvent sarcastique et drôle, ami en son temps d' Alphonse Allais, d'Edmond Rostand, de Courteline, des Goncourt, de Tristan Bernard, de Lucien Guitry, d'Octave Mirbeau ou de Sarah Bernhardt et connu aujourd'hui du grand public par les fréquentes citations de son œuvre dans la très populaire émission « Les grosses têtes » de Philippe Bouvard...

Bernard DELCORD

Histoires naturelles par Jules Renard, illustrations de Benjamin Rabier, Bruxelles, Éditions Soliflor, novembre 2012, 167 pp. en quadrichromie au format 15 x 15 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 15 €

Pour vous, nous avons extrait de cet ouvrage souriant les quelques brèves observations suivantes :

L'écureuil

Du panache ! Du panache ! Oui, sans doute ; mais, mon petit ami, ce n'est pas là que ça se met.

Le cafard

Noir et collé comme un trou de serrure.

Le ver luisant

Que se passe-t-il ? Neuf heures du soir et il y a encore de la lumière chez lui.

La baleine

Elle a bien dans la bouche de quoi se faire un corset, mais avec ce tour de taille....

Le brochet

Immobile à l'ombre d'un saule, c'est le poignard dissimulé au flanc du vieux bandit.

Les fourmis

Chacune d'elles ressemble au chiffre 3. Et il y en a i il y en a ! Il y en a 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3... jusqu'à l'infini.

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21 01 13

To be or not to be bobo !

bobos.jpgIl est difficile de réussir la transposition de chroniques faites pour l'antenne, dans ce cas-ci la radio, dans un livre écrit. Pourtant en l'occurence, c'est non seulement jouissif mais cela prend une nouvelle dimension. Grâce aussi sans doute aux dessins de Nicolas Vadot qui soulignent si bien les propos. Donc, Myriam Leroy dans l'émission d'Olivier Monssens, qui préface l'ouvrage, "On n'est pas rentré" de la Première propose régulièrement une rubrique sur "Les Bobos". Dans l'avant-propos, Olivier cite Burgalat de passage sur antenne qui déclara "To be or not to be bobo" ! Pour rappel, le bobo est donc le "bourgeois-bohême". Pour le définir je prends cet extrait de la quatrième de couverture : "Sociostyle apparu il y a une dizaine d'années, le bobo est aujourd'hui au sommet de sa gloire. Pur produit de notre temps, agaçant et attachant à la fois, il n'est pas à une absurdité près. Il mange local mais voyage lointain, il s'habille vintage mais cher, il milite pour davantage de mixité sociale mais met ses enfants à l'école Decroly..." On découvre donc les travers et le charme des bobos comme les Martine : à la mer, à la ferme... Ici "les Bobos et..." les congés, les Flamands, et bébés, et cinéma, et musique... et puis j'ai eu la surprise (on ne me l'avait pas dit) de me découvrir cité trois fois dans la chronique "Les bobos et les réseaux sociaux" ! Myriam Leroy raconte que le Bobo n'est pas très Face Book, mais "lorsqu'il s'abaisse à faire un tour sur Face Book, il observe toujours ce même rituel : lire les statuts de Jacques Mercier, qui lui font croire à un monde meilleur (exemple : "Quand vous prenez conscience que rien ne vous manque, le monde entier vous appartient, dixit Lao-Tseu)." Et je vous laisse découvrir la suite. Ce monde des Bobos très bien décrit, avec l'intelligence et l'humour qu'on connaît à Myriam Leroy (par ailleurs, spécialiste des séries en DVD !), bénéficie ausi d'une édition vraiment très soignée, mise en page, caractères, illustrations, etc. Un livre à boire par petites gorgées jusqu'à l'ivresse !

Jacques MERCIER

"Les Bobos" (la révolution sans effort), par Myriam Leroy, La Renaissance du Livre, 128 pp. Illustrations de Vadot.

Écrit par Jacques Mercier dans Humour, Jacques Mercier, Médias, Société | Commentaires (2) |  Facebook | |

22 12 12

Éclats de rire assurés !

Dictionnaire amoureux de l'Humour.gifLe Dictionnaire amoureux de l'Humour que Jean-Loup Chiflet a fait paraître récemment aux Éditions Plon à Paris est un véritable petit bijou d'inventivité, de drôlerie et d'esprit !

De Rabelais à Fernand Raynaud, de Montesquieu à Coluche, de Voltaire à Georges Wolinski, de Diderot à Jean Yanne, de Gustave Flaubert à Valérie Lemercier, d'Anatole France aux Monty Python, de Georges Feydeau à Frédéric Dard, de Jules Renard à Bourvil, des Pataphysiciens aux Oulipiens et de Molière à Antoine Blondin, sans oublier Jonathan Swift, Talleyrand, Winston Churchill, Sacha Guitry, Pierre Dac, Alexandre Vialatte, Jules Romains, Francis Ponge, Jacques Prévert, Eugène Ionesco, Woody Allen, Georges Perec, Emil Cioran, Le Canard enchaîné, Charlie Hebdo, Pierre Desproges, Philippe Geluck, les surréalistes belges et tant d'autres, l'auteur a essayé d'analyser le mécanisme complexe de l'humour : s'agit-il vraiment d'un « excès de sérieux », comme le pensait Tristan Bernard, ou d'une « tentative pour décaper les grands sentiments de leur connerie » comme le laissait plutôt entendre Raymond Queneau ?

Vaste débat...

En voici quelques arguments :

S'agissant, par exemple, de jeux de mots : « Madame Bovary passait son temps à tromper l'ennui et son mari. » (Gustave Flaubert) ; « En voyant le lit vide, il le devint. » (Ponson du Terrail) ; « À défaut de sonnettes, ils tirent la langue. » (Paul Valéry).

De définitions de mots croisés : « N'est baisée que par des hommes du monde – Main (Max Favalelli) ; « A réussi à se caser comme nègre en littérature – Tom » (Robert Scipion) ; « Mesure de redressement –aphrodisiaque » (Léo Campion).

De leçons de vie : « Je me serais bien suicidé, mais j'étais en analyse avec un freudien de stricte obédience, et ils vous font payer les séances manquées. » (Woody Allen) ; « En France, le ridicule ne tue pas. On en vit. » (Henri Jeanson) ; « Comment rira celui qui mourra le dernier ? » (Jacques Sternberg).

De constats scientifiques : « Tout corps plongé dans une baignoire reçoit un coup de téléphone. » (Francis Blanche)

De slogans politiques : « Le Bas-Var aux Bas-Varois ! » (Alphonse Allais)

De beauté féminine : « Elle était vraiment très belle ; même les valises qu'elle avait sous les yeux venaient de chez Gucci. » (Kenny Everett)

D'histoire « C'est en 1967 que Magritte cassa sa pipe. » (Alain Dantinne)

D'autodérision : « Je suis aveugle, mais on trouve toujours plus malheureux que soi... J'aurais pu être noir. » (Ray Charles)

Et de constats de toutes sortes : « Les marmottes qui pissent au lit passent un sale hiver. » (Vincent Haudiquet) ; « Le problème des vacances, c'est qu'on ne peut pas téléphoner du bureau. » (Jean-Jacques Vanier) ; « Lorsque les gens mangent, ils en profitent pour alimenter la conversation. » (Raymond Devos)

De quoi convaincre les esprits les plus chagrins !

Bernard DELCORD

Dictionnaire amoureux de l'Humour par Jean-Loup Chiflet, dessins d'Alain Bouldouyre, Paris, Éditions Plon, collection « Dictionnaires amoureux », novembre 2012, 706 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 24 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Humour | Commentaires (0) |  Facebook | |

17 12 12

C'est pour rire tout de suite et pour emballer...

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Actualité des beaux livres oblige, nous remplaçons cette semaine encorel'édition de nos blondes pensées du lundi, par la chronique d'un ouvrage qui les remplace avantageusement.

 

De tous les peuples de la Gaule, les Belges ne sont pas les moins rieurs.  Ils rient même de très bon coeur. 

"L'humour belge existe bel et bien: les francophones septentrionaux, séparés de l'Hexagone au motif que Bonaparte et Grouchy n'utilisaient pas de téléphones portables à Waterloo, se sont façonné une manière d'être, de penser et de rire qui n'appartient qu'à eux."

Des illustres "classiques" de l'humour belge, Bossemans et Koppenolle, Beuuulemans et compagnie, à la génération qui sévit aujourd'hui, Geluck, "Taloches" et ..compagnie, Bernard Marlière recueille un florilège d'extraits, sketchs, aphorismes, .....dont certaines nous reviennent à l'esprit, hilarantes madeleines enfouies dans  nos zygomatiques.

"L'humour est une façon de se tirer d'embarras sans se tirer d'affaire" 

affirmait Scutenaire. Est-il meilleure défintion de notre manière de vivre, de gouverner.

Jef Kazak, Hergé, Manu Thoreau (le faux Monsieur Sécurité), Stéphane Steeman, Paolo Doss, Jannin et Liberski, Bruno Coppens, Raymond Devos, Thomaz Gunzig ... et Tiyl Uilenspiegel ne diront pas le contraire qui vous convient en une joyeuse "Absurdie" de bons mots.

AE

Anthologie de l'humour belge. Du Prince de Ligne à Philippe Geluck, Bernard Marlière, ed. Jourdan, novembre 2012, 544 pp, 21,9 €

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Humour | Commentaires (0) |  Facebook | |

21 11 12

(Sou)rires so British...

Humour anglais 2013 (éphémérides Assimil).gifAvant de publier sa première méthode Assimil en 1929, Alphonse Chérel avait imaginé des calendriers proposant une leçon de langue par jour.

Renouant avec ces débuts après plus de huit décennies, les Éditions Assimil à Paris proposent désormais à la vente une collection appelée « Les éphémérides Assimil », d'astucieux calendriers de bureau parmi lesquels un Humour anglais 2013 par Valérie Hanol, illustré en couleurs de dessins très vintage, mais aussi, en anglais traduits ensuite en français, de puns (des jeux de mots, des doubles sens), de funny jokes (des blagues souvent entendues dans les pubs), d'understatements (des sous-entendus, de doux euphémismes, voire des litotes qui illustrent bien le flegme britannique), des limericks (poèmes de 4 ou 5 vers), de riddles (devinettes sous forme de questions/réponses), de witty quotes (citations ou mots d'esprit d'auteurs britanniques, souvent cinglants), de proverbs (proverbes savoureux, sélectionnés parmi le folklore irlandais ou écossais) ainsi que de spoonerisms (une sorte de contrepèteries inventées par révérend Spooner), ces procédés typiques qui expriment l'humour si particulier des sujets de Sa Gracieuse Majesté.

Le tout agrémenté, ici et là, de courts rappels grammaticaux.

Florilège : « Quiconque est allé dans une école privée anglaise se sentira toujours comme chez lui en prison » (Evelyn Waugh) ; « Quand un homme ouvre la portière à sa femme, c'est soit une nouvelle voiture, soit une nouvelle femme » (le prince Filip) ; « Le café en Angleterre a toujours le goût d'une expérience chimique » (Agatha Christie) ; « Je ne vois pas la différence entre un Picasso et un accident de voiture » (Mr Bean) ; « Un gouvernement qui dépouille Pierre pour habiller Paul pourra toujours compter sur le soutien de Paul » (George Bernard Shaw) ; « Riez et le monde rit avec vous. Ronflez et vous dormez seul » (Anthony Burgess).

Funny, isn't it?

Bernard DELCORD

Humour anglais 2013 par Valérie Hanol, Paris, Éditions Assimil, collection « Les éphémérides Assimil », septembre 2012, 365 pp. en quadrichromie au format 15 x 13 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,95 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Humour | Commentaires (0) |  Facebook | |

04 11 12

Le nouveau Chat (Erectus), un nouveau bonheur !

 

ERECTUS-COFFRET.pngComment fait-il, mon ami Philippe Geluck ? Il a du talent depuis toujours, il est doué, il a un humour fabuleux... mais comment fait-il pour garder un tel niveau de qualité et d'intelligence au fil des années, sans fléchir, en rebondissant sur l'actualité, l'évolution des mœurs, des aléas de notre existence sur terre et dans la société ? C'est un grand sujet d'admiration pour moi ! Le nouvel album « Le chat Erectus » ne peut échapper à mes applaudissements (ni le supplément « le chat sapiens » ajouté dans un coffret spécial, ni les DVD avec ses « minutes du Chat » et des magnifique « making off » ...).

 

Pas besoin de longues analyses, mais simplement quelques exemples « picorés » dans ce jardin d'humour, simplement pour vous donner envie de partager ce plaisir rare ! Par exemple, ce décalage surprenant et drôle entre les images tirées de vieilles encyclopédies et le dialogue que Philippe inscrit dans les bulles. On voit Vercingétorix avec son casque à cornes... Un soldat dit : « Vous avez inventé le chapeau et le porte-manteau ». Vercingétorix répond : « Oui, mon vieux et je t'emmerde ! »....

 

Évidemment, toute la philosophie du Chat se révèle partout : « Pourquoi on allonge la vie seulement en prolongeant la vieillesse ? C'est au milieu qu'on devrait ajouter du temps ! » Ou aussi profond : « Pourquoi on n'a pas le droit de représenter Dieu ? Parce qu'on a peur d'être déçus ! ».

J'aime aussi : « Il est aussi difficile de nouer les lacets de celui qui court, que de serrer la main à celui qui applaudit ! »....

 

On peut se retrouver aussi dans la vie réelle, dans la société, comme ce dessin des deux frères Bogdanov et ce texte : « Les frères Bogdanov ont trop joué à tu me tiens par la barbichette ! » Sur la politique belge : « On m'a proposé le rôle de « superbelge »au cinéma, mais je voulais être sûr que le pays existerait toujours à la sortie du film ! »

 

Des basiques, comme des brèves de comptoir parsèment aussi l'album : « Les frères Lumière attiraient les moustiques » ou « Seule au zoo, la girafe croit qu'elle n'est pas en cage » ou « Pourquoi le pessimiste évoque-t-il toujours la fin des haricots et l'optimiste jamais le début ? » ...

 

J'aime aussi les séries sur les vers de terre, les vaches...

J'aime le surréalisme de Philippe qui joue avec le véhicule du dessin lui-même en étirant les cloisons des cases, etc.

J'aime qu'il dépasse aussi parfois les limites, vous découvrirez aisément quelques cases politiquement incorrectes « soft », mais qui mènent à une belle réflexion !

 

Bref, une excellente sortie, une de plus ! A savourer et à offrir pour les fêtes !

 

Jacques MERCIER

 

« Le chat erectus » Album cartonné. 48 pages. Édition Casterman. 10,5 euros. Coffret de luxe « Le chat Erectus » et « Le Chat Sapiens » ainsi que « La semaine du Chat » 2 DVD regroupant 6 heures de programme.

Écrit par Jacques Mercier dans B.D., Belge, Humour, Jacques Mercier | Commentaires (0) |  Facebook | |

29 10 12

On a tous un "Bobo" en nous...

bobos2.jpg

Première expérience dans le monde des livres pour Myriam Leroy. La jeune femme bien connue pour ses chroniques sur Pure FM "Myriam Leroy n'aime pas" mais aussi dans la presse écrite, sort son premier bouquin, "Les Bobos, la révolution sans effort". Une compilation de ses chroniques sur La Première concernant le phénomène "Bourgeois Bohème".

 Un livre drôle à l'image de son auteur, qui dresse le portrait de ces personnes hors du commun. Au fil des chapitres, on apprend à les connaître en vacances, dans leur quotidien, leurs relations avec les autres... Des traits de caractère parfois absurdes, des situations abracadabrantes qui nous rappellent qu'au fond, on est tous un peu "bobo" dans l'âme...

Pour la jeune femme, le Bobo est principalement bruxellois, aime aller bruncher le dimanche, mange local, s'habille au marché Vintage de la Place Sainte-Catherine... et j'en passe... Si tout au long des pages, vous vous sentez proche de la description, c'est certainement que vous êtes un tant soit peu, un peu des leurs... Mais attention, ce n'est pas une tare!

Un livre amusant avec une description sarcastique, piquante mais très tendre... Bref, un livre qui vaut le détour et qu'il faut lire...

MyriamLeroy nous en parle...

Pourquoi avoir décidé d'écrire un livre?

Ce livre est une compilation de mes chroniques dans l'émission On n'est pas rentré sur la Première. En fait, un jour, NicolasVadot qui est chroniqueur dans l'émission m'a dit: "si tu décides de publier tes chroniques, je serais ravi de les illustrer". C'était très flatteur de sa part. C'est ainsi que l'aventure a commencé. Je n'avais pas de contact dans les maisons d'édition et il a fait en sorte que le livre soit publié.

Vous dressez un portrait peu flatteur des "Bobos"...

Je pense justement que non. Ce bouquin est très tendre, je les aime beaucoup. Et puis, je m'inspire beaucoup de moi et de ma petite sœur. C'est la "Bobo" par excellence, authentique. Je pense que c'est un clin d'œil malicieux! Mieux vaut être bourgeois et bohème que pauvre et polluant! 

Myriam Leroy, un peu "Bobo"?

Oui... Je n'aime pas la télévision, je fais attention dans mon alimentation à manger local, bio, je ne mets pas le chauffage... Mais dès que j'en ai l'occasion, je prends le premier avion pour partir loin... C'est hyper-cliché! Il m'est déjà arrivé de taper sur Google "dictature+jolis paysages" pour savoir dans quel pays j'allais partir pour découvrir de jolis paysages... (Rires).

Vous avez d'autres projets dans l'écriture?

Rien de très concret... J'ai écrit un roman mais il est dans le fond d'un tiroir et une pièce de théâtre... Il faut voir si elle plaira au commanditaire... Le projet qui me tient à cœur pour l'instant, ce sont les nouveaux podcasts développés par le Focus Vif... (Focus Store) Nous prenons des sujets culturels d'actualité et nous en débattons avec les autres journalistes du magazine.

Pour vous donner un petit avant-goût du livre de MyriamLeroy, regardez le teaser...


 

"Les Bobos, la révolution sans effort", Myriam Leroy, Ed. Renaissance du Livre, Octobre 2012, 128pp, 9,99€.

A noter: le bouquin ne se trouve pas dans les supermarchés car les supermarchés, ça n'est pas "Bobo"!

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Belge, Humour, Littérature générale, Portraits | Commentaires (0) |  Facebook | |

28 10 12

J'ai eu bon !

 

[Modifier]

humour marlière.jpgCela fait plusieurs soirs que ce livre m’accompagne avant que je ne sombre avec le sourire dans le sommeil… Déjà le titre m’avait amusé : « Anthologie de l’humour belge », mais plus encore le sous-titre : « Du Prince de Ligne à Philippe Geluck » ! J’avais déjà lu un beau livre sur le thème écrit par Bernard Marlière et sa charmante fille, Corinne, journaliste de talent à l’Avenir ! Avec confiance, je me suis donc lancé dans la lecture : photo, courte biographie et extraits de textes pour chaque personnalité évoquée. Dans l’introduction, l’auteur déclare, ce que nous savons nous les Belges : « Le Belge vit en Absurdie » et « L’ironie, dans ce pays longtemps occupé, n’est autre qu’une arme de défense et de subversion« …

Cela commence par le Prince de Ligne (1735-1814), dont on oublie souvent, il est vrai, ses magnifiques pensées : « Il vaut bien mieux avoir de l’imagination que de la mémoire », par exemple. Et cela se poursuit avec une galerie impressionnante et drôle de ce qu’on a écrit en Belgique ! Charles de Coster, Mademoiselle Beulemans, Arthur Masson, Virgile et ses fables, Pitje Schramouille, Toone, Tchantès… mais aussi Achille Chavée : « Dieu ne va jamais au secours des gens qui savent nager. » Jean-Pierre Verheggen ou Louis Scutenaire, chez qui sans honte j’aime le « L’Autriche. L’homme aussi. », mais bien sûr aussi : « C’est toujours dans le désert qu’on casse sa bouteille d’eau » et « Souvent, au lieu de penser, on se fait des idées » ! On passe en revue les grands de la BD, Hergé, Franquin, Tibet… On aborde les grands de l’humour : Raymond Devos (et Bruno Coppens), Stéphane Steeman… Mais aussi Manu Thoreau, Marc Moulin, Richard Ruben, Albert Cougnet, Marc Herman, François Pirette, Jannin et Liberski, Jean-Luc Fonck, Pïerre Kroll… tous mes amis de la Semaine Infernale… Philippe Geluck a sa place d’honneur ! Et mes rires plusieurs fois m’ont secoué, avec « échange et change » de Laurence Bibot, que j’avais adoré dans le « Jeu des Dictionnaires » ainsi qu’avec Thomas Gunzig  (J’ajoute qu’il est Prix Rossel pour le faire rire !) Il écrit par exemple : « A-t-on déjà calculé l’empreinte écologique de la Saint-Nicolas ? » J’adore ! Mais ses moments d’anthologie, c’est le cas de le dire, sont aussi repris dans les « Fondamentaux », où l’auteur a la gentillesse de me placer (pas pour moi, mais pour tous ceux et celles qui m’ont entouré dans mes émissions), comme « Les élections », qui reste dans les mémoires et commençait ainsi : « Bande de cons ! Pas vous, cher public ! Les autres, les formateurs, informateurs, explorateurs, chef de groupes, présidents de partis flamands, présidents de partis francophones, seconds couteaux, troisièmes couteaux, de gauche, de droite, etc. (… Bande cons, vous n’avez rien gagné du tout … etc. ) ». Et puis son « billet du matin, accueil de Monseigneur Léonard » est une merveille aussi de liberté et d’humour, chers à notre pays. Enfin hier soir, j’ai réveillé la maisonnée en pleurant de rire à la lecture de : « Les Wallonnes… Elles m’excitent ! » Cette lecture fait partie de mes grands moments d’abandon dans le rire, comme les fous rires à Forts en Tête, ceux que je partage encore et encore avec Philippe Geluck ! Mais je vous renvoie au livre superbe de Marlière pour en découvrir le texte sublime !Je peux vous dire, et vous pouvez me croire, que « j’ai eu bon !«

Jacques MERCIER

"Anthologie de l'humour belge" (du Prince de Ligne à Philippe Geluck), Bernard Marlière, Editions Jourdan, 544 pages, 21,90 euros.

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Biographies, Humour, Jacques Mercier, Portraits | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 10 12

Pour en finir avec la morosité ambiante...

Dieu, Shakespeare et moi.gifRassemblant divers textes allumés du cinéaste-humoriste Woody Allen, le petit ouvrage intitulé Dieu, Shakespeare et moi suivi de Pour en finir une bonne fois pour toutes avec la culture paru jadis dans une version collector aux Éditions Points à Paris (mais dont le contenu est toujours disponible en format de poche chez le même éditeur) constitue une véritable pinte de bon sang pour qui aime l'humour juif déjanté, tout à la fois absurde, subtil et ahurissant.

Car comment ne pas s'effondrer de rire quand l'auteur présente sa Sélection du Allen's Digest, quand il se penche sur Le génie irlandais, quand il propose un Guide pour l'amateur de ballets, quand il explique ce qui se serait passé Si les impressionnistes avaient été dentistes, quand il livre ses Manuscrits retrouvés dans une boîte de petits pois, quand il évoque Le bon vieux temps et quand il fournit ses recettes Pour en finir avec la critique freudienne, Pour en finir avec la Mafia, Pour en finir avec la biographie (en détaillant La vie d'un sandwich), Pour en finir avec la tradition judaïque, Pour en finir avec les régimes basses calories (via les Réflexions du suralimenté), Pour en finir avec les spectacles de mime (en prônant un conseil : Parlez un peu plus fort, s'il vous plaît), Pour en finir avec l'histoire des grandes découvertes humaines (grâce à La découverte de la fausse tache d'encre et son utilisation), entre autres.

Par exemple, quand il s'extasie devant le fait que « L'univers n'est jamais qu'une idée fugitive dans l'esprit de Dieu », il rectifie aussitôt le tir en ajoutant « pensée joliment inquiétante, pour peu que vous veniez d'acheter une maison à crédit ». Ou quand il implore le Ciel : « Mon Dieu, Mon Dieu ! Qu'as-Tu fait la semaine dernière ? ». Ou encore quand il constate que « les méchants ont sans doute compris quelque chose que les bons ignorent ».

Les réflexions philosophiques ne l'empêchent nullement de se livrer à des considérations pratiques. Ainsi, afin de rendre plus efficace l'aide aux démunis, il propose que soit créé un cours supplémentaire dans la formation des assistants sociaux, intitulé Comment reconnaître un Noir. À l'intention des étudiants, il détaille sa technique pour lire Les Frères Karamazov en quinze minutes. Et aux contestataires, il enseigne comment manifester assis.

Car il ne faut pas baisser les bras, en dépit de la dureté de la vie qui fait que « non seulement Dieu n'existe pas, mais essayez d'avoir un plombier le week-end ! ».

Bernard DELCORD

Dieu, Shakespeare et moi suivi de Pour en finir une bonne fois pour toutes avec la culture par Woody Allen, édition collector à tirage limité, Paris, Éditions Points, mai 2009, 362 pp. en noir et blanc au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 10,00 € (prix France)

Écrit par Brice dans Humour | Commentaires (1) |  Facebook | |