09 04 13

L'animal est-il une personne ?

Yves Christen, animal, personneC'est une question abondamment posée depuis que l'homme a fait allaince avec les animaux, depuis que l'homme a oublié qu'il fut aussi un animal.

Jacques Mercier revient aujourd'hui sur ce sujet grâce au livre passionnant d'Yves Christen.

Ecoutez : 


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Jacques Mercier, Memo, Nicky Depasse, JudaicaLe Mémo de Jacques Mercier dans le Café de Flore de Nicky Depasse, le lundi et le jeudi à 13 heures sur Radio Judaïca, 90.2 FM.

05 04 13

L'odeur du temps selon Jean d'O

Jean dormesson, odeur, tempsC'est à un défilé de bons mots et belles phrases que vous convie Jacques Mercier.

En compagnie de Nicky Depasse, Jacques vous emmène dans les pages d'Odeur du temps, un des deux recueils d'articles que le plus aimé des académiciens a publié chez sa fille Héloïse et que vous pouvez trouver en édition poche chez Pocket.


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Memo, Jacques Mercier, Jean d'ormesson, nicky depasse

Le Mémo de Jacques Mercier dans le Café de Flore de Nicky Depasse, le lundi et le jeudi à 13 heures sur Radio Judaïca, 90.2 FM.

04 04 13

Que faisiez-vous avant le Big Bang ?

Edgar Gunzig.jpgVous allez en apprendre beaucoup dans ce nouveau Mémo de Jacques Mercier tout en vous amusant. Des choses hallucinantes sur la création de l'univers, bien sûr, mais aussi sur Edgar Gunzig.

Ecoutez, c'était dans Café de Flore, en mars dernier.


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NICKY JACQUES 2.jpgCafé de Flore, une émission de Nicky Depasse, chaque lundi et jeudi à 13 heures sur Radio Judaïca.

 

Photo : Gianni Candido

03 04 13

Le courage de la différence

Wanda, sibérie, Anvers, Jerzy, HildebrandDans son Mémo du 18 mars, Jacques Mercier vous convie sur les pas de Wanda, une femme juive au destin singulier qui l'a menée jusqu'en Sibérie avec son fils, Jerzy Hildebrand, auteur de ce livre.

Ecoutez :


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Wanda, sibérie, Anvers, Jerzy, HildebrandLe Mémo de Jacques Mercier, avec Nicky Depasse, tous les lundis et jeudis dans Café de Flore à 13 heures sur Radio Judaïca, 90.2 FM ou en streaming en cliquant ici.

24 03 13

Les fenêtres murmurent

Dulle GrietDans son Mémo, Jacques Mercier fait l'apologie du roman de Dulle Griet, Les fenêtres murmurent, un roman publié aux Presses de la Cité.

Le Mémo de Jacques Mercier dans le Café de Flore de Nicky Depasse, le lundi et le jeudi à 13 heures sur Radio Judaïca, 90.2 FM.


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20 03 13

Une fresque fantastique et magnifique !

 

d_un-certain_fevrier.jpgEnfin ! Avec quelle impatience nous attendions l'écrivain(e) qui poursuivrait cette merveilleuse lignée des « Maîtres de l'Imaginaire » ! Nancy Vilbajo non seulement s'inscrit dans ce réalisme poétique, qu'illustrent bien des auteurs (Jean Ray, Thomas Owen, Jean-Baptiste Baronian, Jean Muno, André-Marcel Adamek, pour ne citer qu'eux), mais elle rejoint aussi le cercle fermé du « Fantastique féminin », qualifié par Anne Richter, fine analyste, d'art sauvage !

 

« Tout ce dont je suis sûr » dit un des personnages « c'est que parfois, il faut accepter de traverser cet impossible univers, celui qui n'est pas soumis aux servitudes du début et de la fin ».

 

C'est une fresque magnifique qui commence avant l'humanité et qui se poursuit dans l'épopée d'une ville, jamais nommée – il n'en est nul besoin, vous la connaissez ! -, mais qui est révélée ici dans toute sa beauté, son histoire, sa violence et son mystère, ses amours, ses traditions, son architecture et sa musique. « Nous sommes tous à la recherche d'un endroit, qui pour y bâtir son foyer, qui pour s'y recueillir, qui pour y mourir » dit d'emblée l'auteure. Mais la ville de ce livre « D'un certain février » est vivante, les veines gonflées du sang de la musique...

Une superbe phrase décrit ce rapport ville-musique-histoire... : « A chaque fois, c'était pareil, elle avait l'impression que ses racines lui sortaient des jambes et l'envoyaient puiser toutes ses forces dans une mystérieuse mémoire collective ».

 

Nous suivons ainsi l'histoire des personnages, des « élus » liés au-delà des générations et qui nous emmènent dans un fantastique flamboyant, poétique, lyrique, dont on peut difficilement se détacher une fois la lecture entamée. Et je vous rassure déjà : la finale est grandiose !

Les récits de Nancy Vilbajo nous font entrer dans une multitude d'émotions palpables par le miracle de ses mots et de son style : la peur, par exemple, comme dans « La nuit des goules », où le naturel des dialogues contraste avec l'effroi.

La mort est aussi un des sujets principaux du livre. « La mort nous fascine alors que nous habitons un monde qui ne tourne que pour ce qui vit », observe l'auteure. Ou ailleurs cette si juste ntotation : « Une nuit sans rêve c'est l'apéritif de la mort ».

La mort et son corollaire la guerre : « Sans prévoir, la guerre se dénuda sous mes yeux. Comme elle était laide sans son masque de bravoure ! »

Mais dans ce tableau de la vie et de la mort, on trouve aussi l'enfance et ses « contes de fée », la nature et ses jardins, le sourire de l'humour et les secrets. Le secret ! On trouve aussi comme nom propre d'un personnage « Secret ». Mais secret est un mot magique, qui parcourt comme une vibration invisible toute la lecture.

 

C'est un livre original, qui comporte par exemple en son sein une courte nouvelle de Gérard Prévot, sans doute un des plus grands et des plus méconnus Maîtres de l'Imaginaire belge, un de nos grands auteurs fantastiques. Ce n'est pas un hasard puisqu'il est né dans cette même ville. Avec quel talent Nancy Vilbajo parvient à l'intégrer dans sa propre odyssée !

 

N'en doutez pas, nous sommes ici en présence d'une grande écrivaine et d'un grand livre ! Un de ceux qu'appelait de ses vœux Friedrich Nietzsche dans « Le gai savoir » : « Qu'importe un livre qui ne sait même pas nous transporter au-delà de tous les livres ? » Ou comme ceux définis par Jean d'Ormesson dans « C'est une chose étrange à la fin que le monde » : « Les bons livres sont ceux qui changent un peu leurs lecteurs. » Croyez-moi, vous ne serez plus les mêmes après avoir lu cet ouvrage aux résonnances infinies, comme l'écho des tambours...

 

Jacques Mercier

"D"un certain février". Nancy Vilbajo. Editions Murmures des soirs. Collection "Fantastique", 20X15. broché. 338p. 20 euros. 

           

 

17 03 13

Le roman du parfum dans le Mémo de Jacques Mercier

Marmet, Pascal, Roman, parfum, rocherJacques Mercier s'est enivré du "Roman du parfum" de Pascal Marmet.

Il vous en parlait ce jeudi dans Café de Flore avec Nicky Depasse sur Radio Judaïca.


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Jacques Mercier, Nicky Depasse, Memo, JudaicaLe Mémo de Jacques Mercier, tous les lundis et jeudis dans Café de Flore à 13 heures sur Radio Judaïca, 90.2 FM ou en streaming en cliquant sur la photo ci-contre.


 

14 02 13

Les chercheurs d'éternité !

 

120928 Chercheurs d'éternité  - communiqué de presse - Copie.pdf - Adobe Reader.JPGUne incroyable épopée d'aujourd'hui nous est racontée de l'intérieur et nous ne pouvons qu'être enthousiasmés par ce livre. Il s'agit dans "Les chercheurs d'éternité" de Johan-Frédérik Hel Guedj de nous livrer de A à Z la construction et l'installation de la première station polaire zéro Émission en Antarctique. L'auteur nous donne le récit de cette incroyable aventure menée sous la direction d'Alain Hubert. Nous vivons les premiers survols en biplan du lieu jusqu'à l'inauguration rocambolesque de la station. Alain Hubert écrit dans la sa préface à propos de "Princess Élisabeth" : "Son existence est celle d'un éclaireur : elle ouvre des voies nouvelles, elle déchiffre un territoire encore largement vierge et, en auscultant l"Inlandsis, le continent antarctique, elle décrypte l'avenir de la planète, ses chances et ses dangers." La présentation personnelle de l'auteur, au début du récit, donne tout de suite le ton de l'ouvrage passionnant et qui ne manque pas d'humour : "Je fuis le froid. J'étudie à l'air stable des bibliothèques. Je gagne ma croûte à la chaleur des fourneaux." C'est comme une énigme du sphinx ! L'auteur va s'insérer dans l'histoire comme cuisinier et comme un descendant du baron Gaston de Gerlache de Gomery, qui conduisit l'expédition de la base Roi Baudouin en 1957 ! Cela nous vaut la découverte d'un testament et de ses codicilles, dignes d'une histoire de Tintin. Il y a bien sûr une énigme, une histoire de chiens retrouvés morts... L'auteur tient une sorte de journal de bord et lit parfois en parallèle, précisément, les archives de 1957. On découvre des personnalités pittoresques à bord du cargo, tel le "Révérend" qui aime philosopher et dit : "La connaissance vient à celui qui ne cherche pas à comprendre." On est à l'intérieur de l'aventure, réellement. Nous vibrons à la lecture de "66 degrés 33 minutes 44 secondes : Nous avons franchi le cercle polaire" ! On est émus par le discours de bienvenue d'Alain Hubert, couvert d'un bonnet vert à pompon et qui rappelle les règles sur place : "Ici, c'est le socle du monde. Je vous invite à respecter trois règles : veillez sur vous-même, veillez sur les autres et ne faites jamais rien seul" ! On vit donc le voyage, la construction, l'installation. Avec tout ce qu'on peut imaginer, et bien plus ! "Quand le vent souffle, c'est le vacarme. Le vent est un boxeur aux mille poings qui frappe sur la toile tendue et possède un jeu de jambes et une allonge d'enfer." Bien sûr on découvre au détour d'une des merveilleuses pages la signification du titre : "Quand le soleil est à la même hauteur sur l'horizon, on ne sait plus s'il est midi ou minuit. Dès lors, il n'y a plus d'heure. Dès lors, au Pôle, on ne cherche plus l'éternité, on l'a trouvée !" Enfin, après tant de péripéties, prosaïques parfois, en février 2008 : "La carène s'habille. Le ventre voûté se pare de reflets. Les courbes s'allongent et s'affinent" et en mars : "L'échafaudage démonté, elle étire ses jambes blanches. un jeu de miroir entre le ventre en inox, la neige et les montagnes. Un vaisseau spatial en sustentation quelques mètres au-dessus des rochers d'une planète"... Et puis aussi une escalade magnifique, un retour à Bruxelles, un coup de théâtre dans le testament... J'aime cette description de notre grand aventurier maître d’œuvre : "Mister Alain Hubert n'est pas puritain, il est réservé. Il n'est pas contre la fête, il est contre l'excès. Le seul qu'il connaisse, c'est l'excès d'effort". Suivez ce récit extra-ordinaire de ces chercheurs d'éternité, vous y trouverez ce supplément d'âme qui manque tellement au quotidien de nos vies enfouies dans le bruit et la vitesse !

 

Jacques MERCIER

 

"Les chercheurs d'éternité" par Johan-Frédérik Hel Guedj, Genèse Édition, 288 pp, Format 15X23 cm, 24,50 euros.

 

 

08 02 13

Tout, tout, tout sur les parfums...

parfum marmet_0001.jpgPascal Marmet nous offre un livre complet : un roman, une histoire, de la presque vraie vie, de l'information... Tout, tout, vous saurez tout sur les parfums ! On lit ce "Roman du Parfum" de plusieurs manières simultanées, c'est fantastique ! L'auteur explique dans l'introduction le fonctionnement de son livre, l'explication de l'intervention en fil rouge de l'acteur Tony Curtis (et nous vivons avec lui une histoire plus authentique que la vraie vie sans aucun doute, tant est grand le talent de l'auteur !) et de la narratrice, "nez" chez les grands parfumeurs, la belle Sabrina. Les premières pages dans l'aéroport avec Sabrina qui "sent" vraiment les moindres parfums, odeurs, qu'elle croise sont magistrales et nous forcent à avancer au plus vite dans la connaissance du sujet. J'aime quand elle raconte son amour de la lecture, page 17 : "Lire fut ma câlinothérapie, mon espace de soin, la cathédrale où j'édifiais mon être, le palais de mots qui tapissait mon mur intérieur". J'aime aussi ce qui déclencha son don : "La première fois où je pris conscience du royaume des odeurs, ce fut sous un tilleul." Et d'expliciter quelques lignes plus loin : "Quand l'orage d'un gris anthracite a menacé, le ciel s'est plombé. C'est alors que des seaux d'eau ont traversé le ciel. Au milieu de cette approximative nuit, l'arbre a irradié comme s'il avait emprisonné du soleil dans ses feuilles. Une cascade d'effluves et de bienfaits s'est répandue sur mon front. Je buvais cette odeur, m'en empreignais jusqu'à l'ivresse, je m'y noyais". On suit toute l'histoire des parfums, on apprend ou réapprend toute l'histoire de la création des grands parfums. Qui sait que c'est Ibn Sina, l'inventeur des essences essentielles ? Que Giovanni Maria Farina est l'inventeur de l'eau de Cologne ? etc. L'humour n'est pas absent, comme de faire faire dire "je n'en ai rien à cirer" à un cireur de chaussures de Broadway ! La philosophie non plus n'est pas absente : "Je crois aussi qu'il faut rester un débutant éternel et ne pas se prendre pour Dieu", lit-on. Ou ceci : "L'audace est toute l'histoire de ma vie parce qu'on ne découvre pas de terre nouvelle sans consentir à perdre de vue les rivages de nos certitudes." Et puis cette formidable mine de renseignements sur l'aventure du parfum. Par exemple : "Lorsque Poppée décède, Néron l'incendiaire fit brûler le stock annuel de cannelle importée de Ceylan juste pour noyer son chagrin dans cet arôme"... Ou ceci à propos d'Estée Lauder : "Un jour, par colère, elle a cassé la bouteille du parfum dans un magasin. Pendant plusieurs jours, les clientes ont réclamé ce parfum et il a fait sa fortune" ! C'est à un merveilleux voyage que vous invite Pascal Marmet, respirez bien !

 

Jacques MERCIER

 

"Le Roman du Parfum", Pascal Marmet, Editions du Rocher, 266 pages. 20,20 euros.

Écrit par Jacques Mercier dans Histoire, Jacques Mercier, Patrimoine, Romans, Société | Commentaires (1) |  Facebook | |

02 02 13

Les mystères de Bruxelles ! Un régal !

 

dulle griet.jpgDéjà le pseudonyme « Dulle Griet » choisi par cet auteur bruxellois me plaît beaucoup. Dulle Griet c'est Margot la Folle qu'on trouve au milieu du tableau de Bruegel. Elle est l'incarnation de l'avidité furieuse et se dirige vers l'enfer pour y mettre son butin en sécurité ! Sous ce joli pseudonyme se cache un lauréat de plusieurs prix littéraires et surtout un excellent auteur de polars. Il nous a déjà livré « Petits meurtres chez ces gens-là » et cette fois, il s'agit de « Les fenêtres murmurent » dans la collection « Les Mystères de Bruxelles ». Étrangement sur la couverture on découvre le célèbre Gille de Binche et son masque et pas une vue de Bruxelles, mais bien entendu le récit nous en donnera la raison. Le livre commence par « Vé van Boma, patate mè saucisse », qu'on se doit de renvoyer en note en bas de page pour traduire « Vive Bonne-Maman... » ! Outre le bonheur pour nous de découvrir les décors typiques de la capitale de l'Europe, ainsi que son patois, l'histoire elle-même nous tient en haleine : Que s'est-il passé dans la rue Porselein, à Anderlecht ? L'inspecteur Lilas Klaus et son partenaire Serge Zwanze (en bruxellois, c'est la blague typique du coin !) vont essayer d'élucider les énigmes en cette période de carnaval 2012, car on suit de jour en jour, avec la mention des dates, l'avancée palpitante de l'histoire. Une petite interrogation à l'auteur : il parle de « brise-lames », d'Ostende, de James Ensor dans les premières pages, dans un souffle magique ; mais le « brise-larmes » qui apparaît tout-à-coup est-il conscient ou une jolie faute typographique ? Je penche pour la volonté de glisser ce néologisme poétique ! Pour vous donner le ton, quelques phrases cueillies dans le feu de l'action : « Elle songe qu'il n'existe pas meilleure protection contre la tentation que la conviction de n'être soi-même une tentation pour personne » C'est à propos d'une femme qui ne se trouve pas belle. Et un peu plus loin : « Aussi, il faut bien l'avouer, parce que la réalité a beau être une sacrée garce, les rêves et les illusions ont la vie dure et ne meurent jamais tout à fait. » Ici on a le ton « policier » si particulier au genre et la réflexion qui en fait un grand roman, au-delà des anecdotes. C'est Érasme que Dulle Griet a choisi de mettre en exergue avec cette phrase : « La perversité des méchants a plus d'effet que la sympathie des bons » !

 

Jacques MERCIER

 

« Les fenêtres murmurent », par Dulle Griet, Collection « Les Mystères de Bruxelles », Éditions Presses de la cité, 2013, 308 pp. 20,50 euros.

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