19 11 12

Amélie Nothomb dans Café de Flore

AMELIE_JACQUES_MOI-1.jpgAmélie Nothomb était l'invitée de Nicky Depasse et Jacques Mercier dans Café de Flore en septembre dernier. En voici le podcast intégral. Au programme : Barbe bleue (dernier roman d'Amélie Nothomb), J'adore ce chapeau (Tornade), Charles Baudelaire (Pléïade), Le bruit du coeur de Jens Christian Grondhal (Folio), La petite fille sans allumettes (Seuil Jeunesse). 

Et bien sûr le Mémo de Jacques Mercier consacré à L'éloge du sublime de Philippe Sollers (Pocket).

Photo : Gianni Candido

Café de Flore, le lundi et le jeudi de 13 à 13.30 sur Radio Judaïca (90.2FM)

17 11 12

« Vive la Belgique chocolatière ! » (Amélie Nothomb)

Pralines et chocolat.jpgS'ouvrant sur une dédicace d'Amélie Nothomb et fort bellement illustré, le nouvel opus de Jacques Mercier s'intitule Pralines et chocolat. Véritable hymne à l'une des plus prestigieuses productions gastronomiques de la Belgique, ce fort beau livre rédigé dans un style succulent a paru à Liège, aux Éditions Luc Pire, et il rassemble un historique de la pénétration du cacao dans nos contrées et dans nos assiettes, un compte rendu des pérégrinations de nos plus grands chocolatiers à la recherche de l'or brun, diverses recettes de pralines complétées de secrets de fabrication révélés pour l'occasion par ces grands maîtres et, last but not least, un répertoire de bonnes adresses en Wallonie et à Bruxelles.

Un ouvrage du meilleur goût !

Bernard DELCORD

Pralines et chocolat par Jacques Mercier, dédicace d'Amélie Nothomb, Liège, Éditions Luc Pire, novembre 2012, 159 pp. en quadrichromie au format 19,50 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 24 €

Pour vous, nous avons recopié dans cet album délicieux la recette suivante, d'Alain Gerbaud :

Tablette aux piments doux

Pour une tablette de chocolat de 200 grammes

Ingrédients :

1 cuiller à café de piment d'Espelette (A.O.C.) en poudre

1/2 cuiller à café de piment du Mexique ou de paprika

1/2 cuiller à café de poivre blanc pour la chaleur qu'il dégage en fin de bouche

200 g de chocolat noir amer à 75% de cacao

Recette :

Faites fondre le chocolat noir au bain-marie.

Versez le chocolat sur une plaque pour le faire refroidir et remuez-le afin qu'il refroidisse de manière uniforme.

Mélangez les trois piments dans un petit récipient puis saupoudrez sur le chocolat fondu.

Mélangez avec un fouet manuel puis tablez le chocolat afin de le tempérer.

Versez dans un moule ou sur du papier sulfurisé en une fine couche.

Laissez refroidir au frigo 30 minutes puis dégustez.

Laissez le chocolat fondre lentement en bouche car les piments ne font leur effet qu'après 30 secondes.

Idéal avec un vin rouge tannique du type cahors, malbec, madiran.

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04 11 12

Le nouveau Chat (Erectus), un nouveau bonheur !

 

ERECTUS-COFFRET.pngComment fait-il, mon ami Philippe Geluck ? Il a du talent depuis toujours, il est doué, il a un humour fabuleux... mais comment fait-il pour garder un tel niveau de qualité et d'intelligence au fil des années, sans fléchir, en rebondissant sur l'actualité, l'évolution des mœurs, des aléas de notre existence sur terre et dans la société ? C'est un grand sujet d'admiration pour moi ! Le nouvel album « Le chat Erectus » ne peut échapper à mes applaudissements (ni le supplément « le chat sapiens » ajouté dans un coffret spécial, ni les DVD avec ses « minutes du Chat » et des magnifique « making off » ...).

 

Pas besoin de longues analyses, mais simplement quelques exemples « picorés » dans ce jardin d'humour, simplement pour vous donner envie de partager ce plaisir rare ! Par exemple, ce décalage surprenant et drôle entre les images tirées de vieilles encyclopédies et le dialogue que Philippe inscrit dans les bulles. On voit Vercingétorix avec son casque à cornes... Un soldat dit : « Vous avez inventé le chapeau et le porte-manteau ». Vercingétorix répond : « Oui, mon vieux et je t'emmerde ! »....

 

Évidemment, toute la philosophie du Chat se révèle partout : « Pourquoi on allonge la vie seulement en prolongeant la vieillesse ? C'est au milieu qu'on devrait ajouter du temps ! » Ou aussi profond : « Pourquoi on n'a pas le droit de représenter Dieu ? Parce qu'on a peur d'être déçus ! ».

J'aime aussi : « Il est aussi difficile de nouer les lacets de celui qui court, que de serrer la main à celui qui applaudit ! »....

 

On peut se retrouver aussi dans la vie réelle, dans la société, comme ce dessin des deux frères Bogdanov et ce texte : « Les frères Bogdanov ont trop joué à tu me tiens par la barbichette ! » Sur la politique belge : « On m'a proposé le rôle de « superbelge »au cinéma, mais je voulais être sûr que le pays existerait toujours à la sortie du film ! »

 

Des basiques, comme des brèves de comptoir parsèment aussi l'album : « Les frères Lumière attiraient les moustiques » ou « Seule au zoo, la girafe croit qu'elle n'est pas en cage » ou « Pourquoi le pessimiste évoque-t-il toujours la fin des haricots et l'optimiste jamais le début ? » ...

 

J'aime aussi les séries sur les vers de terre, les vaches...

J'aime le surréalisme de Philippe qui joue avec le véhicule du dessin lui-même en étirant les cloisons des cases, etc.

J'aime qu'il dépasse aussi parfois les limites, vous découvrirez aisément quelques cases politiquement incorrectes « soft », mais qui mènent à une belle réflexion !

 

Bref, une excellente sortie, une de plus ! A savourer et à offrir pour les fêtes !

 

Jacques MERCIER

 

« Le chat erectus » Album cartonné. 48 pages. Édition Casterman. 10,5 euros. Coffret de luxe « Le chat Erectus » et « Le Chat Sapiens » ainsi que « La semaine du Chat » 2 DVD regroupant 6 heures de programme.

Écrit par Jacques Mercier dans B.D., Belge, Humour, Jacques Mercier | Commentaires (0) |  Facebook | |

28 10 12

J'ai eu bon !

 

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humour marlière.jpgCela fait plusieurs soirs que ce livre m’accompagne avant que je ne sombre avec le sourire dans le sommeil… Déjà le titre m’avait amusé : « Anthologie de l’humour belge », mais plus encore le sous-titre : « Du Prince de Ligne à Philippe Geluck » ! J’avais déjà lu un beau livre sur le thème écrit par Bernard Marlière et sa charmante fille, Corinne, journaliste de talent à l’Avenir ! Avec confiance, je me suis donc lancé dans la lecture : photo, courte biographie et extraits de textes pour chaque personnalité évoquée. Dans l’introduction, l’auteur déclare, ce que nous savons nous les Belges : « Le Belge vit en Absurdie » et « L’ironie, dans ce pays longtemps occupé, n’est autre qu’une arme de défense et de subversion« …

Cela commence par le Prince de Ligne (1735-1814), dont on oublie souvent, il est vrai, ses magnifiques pensées : « Il vaut bien mieux avoir de l’imagination que de la mémoire », par exemple. Et cela se poursuit avec une galerie impressionnante et drôle de ce qu’on a écrit en Belgique ! Charles de Coster, Mademoiselle Beulemans, Arthur Masson, Virgile et ses fables, Pitje Schramouille, Toone, Tchantès… mais aussi Achille Chavée : « Dieu ne va jamais au secours des gens qui savent nager. » Jean-Pierre Verheggen ou Louis Scutenaire, chez qui sans honte j’aime le « L’Autriche. L’homme aussi. », mais bien sûr aussi : « C’est toujours dans le désert qu’on casse sa bouteille d’eau » et « Souvent, au lieu de penser, on se fait des idées » ! On passe en revue les grands de la BD, Hergé, Franquin, Tibet… On aborde les grands de l’humour : Raymond Devos (et Bruno Coppens), Stéphane Steeman… Mais aussi Manu Thoreau, Marc Moulin, Richard Ruben, Albert Cougnet, Marc Herman, François Pirette, Jannin et Liberski, Jean-Luc Fonck, Pïerre Kroll… tous mes amis de la Semaine Infernale… Philippe Geluck a sa place d’honneur ! Et mes rires plusieurs fois m’ont secoué, avec « échange et change » de Laurence Bibot, que j’avais adoré dans le « Jeu des Dictionnaires » ainsi qu’avec Thomas Gunzig  (J’ajoute qu’il est Prix Rossel pour le faire rire !) Il écrit par exemple : « A-t-on déjà calculé l’empreinte écologique de la Saint-Nicolas ? » J’adore ! Mais ses moments d’anthologie, c’est le cas de le dire, sont aussi repris dans les « Fondamentaux », où l’auteur a la gentillesse de me placer (pas pour moi, mais pour tous ceux et celles qui m’ont entouré dans mes émissions), comme « Les élections », qui reste dans les mémoires et commençait ainsi : « Bande de cons ! Pas vous, cher public ! Les autres, les formateurs, informateurs, explorateurs, chef de groupes, présidents de partis flamands, présidents de partis francophones, seconds couteaux, troisièmes couteaux, de gauche, de droite, etc. (… Bande cons, vous n’avez rien gagné du tout … etc. ) ». Et puis son « billet du matin, accueil de Monseigneur Léonard » est une merveille aussi de liberté et d’humour, chers à notre pays. Enfin hier soir, j’ai réveillé la maisonnée en pleurant de rire à la lecture de : « Les Wallonnes… Elles m’excitent ! » Cette lecture fait partie de mes grands moments d’abandon dans le rire, comme les fous rires à Forts en Tête, ceux que je partage encore et encore avec Philippe Geluck ! Mais je vous renvoie au livre superbe de Marlière pour en découvrir le texte sublime !Je peux vous dire, et vous pouvez me croire, que « j’ai eu bon !«

Jacques MERCIER

"Anthologie de l'humour belge" (du Prince de Ligne à Philippe Geluck), Bernard Marlière, Editions Jourdan, 544 pages, 21,90 euros.

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Biographies, Humour, Jacques Mercier, Portraits | Commentaires (0) |  Facebook | |

30 09 12

Le sublime Sollers !

 

sollers sublime.jpgDans ce livre de poche, l'éditeur reprend un texte et trois entretiens inédits de Philippe Sollers et Aliocha Wald Lasowski sous le titre « L'art du sublime »; un titre qui convient si bien au monde de Philippe Sollers ! J'y ai trouvé comme toujours des références, des citations à d'autres qui sont de petits diamants. Par exemple ces deux citations de Van Gogh : « La résignation est ma bête noire » et « Ce qui va rester en moi, c'est la poésie austère de la bruyère et de l'herbe » ! Superbes réflexions. Parcourons les pages et je recopie ce que j'ai marqué : « Au lieu de dire tout le temps que le temps passe, il nous faudrait pouvoir dire qu'il surgit. ». Un peu plus loin, une remarque que j'ai transmise à Amélie Nothomb lors de notre rencontre et qui n'a pu qu'approuver mille fois : « En somme, l'écrivain n'a d'identité qu'intermittente » ! Et aussi ceci « L'artiste regagne, d'année en année, l'innocence enfantine du simple et du profond. » ainsi que « Dans une œuvre d'art digne de ce nom, vous avez à boire, à manger, à toucher, à voir, à écouter, etc. Vous avez les cinq sens. Si vous en supprimez un, si vous vous fixez simplement à l'œil, au piège optique, de nombreuses dimensions culturelles ne sont pas relayées, sauf de façon élémentaire, par une parole vraiment inspirée. » Ainsi au fil de ces entretiens, nous retrouvons tout ce qui fait le talent de Sollers et force notre admiration. « Je ne vis pas à l'ombre des jeunes filles en fleurs, je vis au soleil des femmes qui sont des fleurs ». Et puis comme une sorte de conclusion cette réflexion pêchée cette fois dans la préface écrite par Sollers lui-même pour le livre d'Italo Calvino « Pourquoi lire les classiques ? » : « L'infini de la littérature, malgré la nature et la mort, continue de surplomber l'existence. » Comment ne pas aimer cette idée !

 

Jacques MERCIER

 

« L'art du sublime » essai, Philippe Sollers, suivi de trois entretiens inédits de Aliocha Wald Lasowski avec Philippe Sollers; Édition Agora-Pocket, 2012. 192 pp. Disponible en numérique www.pocket.fr

06 09 12

Des expressions bien colorées !

Expressions Merle.jpgUn vrai plaisir qui se renouvelle de page en page. On rit, on sourit, on apprend aussi. Comme souvent avec le talentueux Pierre Merle, on a l'humour et l'érudition dans cette matière un peu spéciale qui est l'argot. L'auteur a déja écrit quantité d'ouvrages sur la langue, sur la « langue verte », les « injures », mais aussi sur les « tics de langage », le « politiquement correct » et le fabuleux « Précis de français précieux au XXIe siècle ». Parmi les 365 expressions proposées, j'ai aimé en particulier les plus récentes, comme « se mettre virtuel », « Halte au sketch ! », « Mettre la tête en 3D », « Avoir l'oreille Van Gogh », « se la kiffer », « Être sur le toboggan » ou « C'est la louze », que je vous laisse le soin et le bonheur de retrouver dans le livre pour en découvrir le sens. Mais j'ai aussi souri aux expressions dont on s'attend à une explication « verte » ou salace, à tout le moins sexuelle, mais qui n'ont rien de ça, comme « rhabiller la gamine », « se bougnotter les osselets » ou « Taquiner la voisine ». Dans l'ordre c'est « servir une nouvelle tournée », « se salir les mains » et « Faire une fausse note » !!!! Comme quoi ! Notons aussi les géniales illustrations : des gravures détournées avec drôlerie ! On songe aux encyclopédies de mon ami Philippe Geluck ! C'est dire ! Un superbe petit dico bien ficelé, coloré et amusant, qu'on peut ouvrir à n'importe quelle page en étant sûr de sourire... peu de livres peuvent le prétendre !

 

Jacques MERCIER

 

« 365 expressions d'argot expliquées », Pierre Merle, Edition Chëne. 288 pp. Cartonné et coloré, relié mousse et dos rond, 12,7 X 17,8 cm. 15,9 Euros.

28 08 12

En mode veille...

1ère de couverture.JPGVoilà un livre qui change le lecteur et c'est bien la définition d'un bon livre. Martine Garnier vit aux portes des Fagnes, en Belgique, a enseigné durant une vingtaines d'années, avant de se retrouver confrontée à la maladie et aux traitements du CHU de Liège. C'est écrit avec une incroyable maîtrise de la langue, comme celle de placer entre deux paragraphes de courtes incises qui sont les réflexions de l'auteure : "Je n'ai rien dit à personne" ou "N'oublie pas que tu as évité le pire", etc. Il y a des descriptions superbes des choses de la vie et évidemment du quotidien de la maladie. "Je croise d'autres patients, une race à part qui porte bien son nom" écrit-elle. "En mode veille" est un titre magnifique, car c'est ainsi que se présente pour chacun de nous, à des degrés divers, la maladie, l'hospitalisation, notre rapport à la vie réelle dans laquelle on n'est plus vraiment ! On a le récit, la réflexion profonde sur la vie, l'annonce, le traitement, la famille, les amis, les visites, l'espoir... Des échanges de méls qui nous indiquent de plus que c'est là, que c'est vécu, autant que la vision du mariage du prince William à la télévision ! Et puis soudain, ce projet qui surgit, celui d'écrire et qui amène au livre. On comprend toute l'importance de la lecture aussi : "Lire pour m'évader, lire pour oublier, lire la vie des autres", dit-elle. J'aime les citations en exergue des chapitres courts et que les poètes en soient souvent des auteurs, comme René Char : "L'impossible, nous ne l'atteignons pas, mais il nous sert de lanterne." Cette citation de Francis Picabia aussi : "L'optimiste pense qu'une nuit est entourée de deux jours; le pessimiste pense qu'un jour est entouré de deux nuits." J'en ferai bien ma devise ! Et puis, après cette vue vraiment incroyable de l'intérieur de la maladie et de sa compréhension, de ses conséquences, du changement radical que cela apporte, il y a la fin inattendue pour le livre... On sort bouleversé de cette lecture, croyez-moi !

Jacques MERCIER

 

"En mode veille", récit, Martine Garnier, Edilivre, 2012, www.edilivre.com 214 pp. 21,50 euros.

22 08 12

Un regard désarmant sur la vie !

 

Paul.jpgLa notation au verso du recueil de nouvelles de Florence Paul est juste : Nous sommes invités dans « En vie de bonne heure » (ou Envie de bonheur) à partager le regard désarmant de l'auteure. Ce petit livre a déjà quelques mois d'existence, faite d'amitié, de rencontres et même du « prix ex-libris » accordé par les bibliothèques du Brabant Wallon, mais je vous le conseille vivement si vous aimez la belle écriture, simple, naturelle, avec les mots qui conviennent. Si vous aimez les courtes histoires aux retournements ou aux coups de théâtre inattendus ! Si vous aimez notre vie quotidienne, souvent, mais avec ce zeste d'imaginaire propre à notre culture aussi ! Cette Nivelloise peut attiser avec talent notre curiosité d'une nouvelle à l'autre. Mais d'entrée de jeu dans la première nouvelle « Réception au château », elle se joue de nous et nous en sourions, confiants dans la suite des récits ! J'aime qu'elle soit divers personnages, comme cette personne de 88 ans dans « Le ruffian du cimetière » ! « Un âge où l'on parle à soi-même (...) la dernière personne qui peut vous comprendre et même peut-être vous aimer »... superbe ! Ce « ruffian », terme littéraire un peu sorti du langage courant et qui désigne un grand voyou, utilise des sms et écoute de la musique avec des oreillettes sur le banc public ! Les descriptions de la nature dans « Le jardin d'Helena » sont magnifiques ! Belle aussi la description des mineurs dans « la dernière chaise », de ces chaises qu'au bon temps, on remet sur le trottoir devant la maison pour bavarder avec les voisins et les passants ! Et puis nous avons onze ans avec Célestine, et nous avons du chagrin avec elle, car les parents... C'est un peu la suite dans la nouvelle suivante avec « Le psy ». J'ai un faible pour « Chute » qui décrit si bien le point de vue de la personne qui tombe en VTT, comme au ralenti. Et enfin, ce bijou de conclusion : « La petite dernière », dont je vous laisse la surprise. Florence Paul a un style, un ton, une écriture et surtout une talentueuse manière de nous faire partager son texte, ce qui est le propre des vrai(e)s écrivain(e)s !

 

Jacques MERCIER

 

« En vie de bonne heure », nouvelles, Florence Paul, EME Editions (www.intercommunications.be), 80 pp. 15/21,5 cm, couverture et illustrations : Maryse Cheron, 9 euros.(6 euros en version Pdf)

17 08 12

Un grand bonheur de lecture : Amélie !

 

nothomb.jpgLe bonheur de lecture ne s'est pas émoussé, il est resté le même depuis son premier roman. Chaqué été, je ressens le même plaisir fou à découvrir le nouvel ouvrage d'Amélie Nothomb ! « Barbe bleue » m'a accroché dès la première ligne ! On comprend le sens du titre dès qu'on rencontre le propriétaire des lieux : « don Elemirio Nibal y Milcar », un nom à la Nothomb, mais qui fait aussi songer à Hergé. C'est un conte, c'est le bonheur de l'enfance, mais sublimés par l'écriture et le talent de l'auteure. Sans dévoiler quoi que ce soit (oh, que je déteste ces critiques en télé qui passent leur temps – comme pour les films d'ailleurs – à nous raconter l'histoire ; je ne sais si c'est pour prouver qu'ils ont vu et lu ou pour nous gâcher le plaisir de la découverte !), je vous dirai par exemple que le personnage s'appelle Saturnine, qu'elle est belle et belge ! Les allusions parsèment l'ouvrage : l'athénée, « faits divers » de la télé belge, Walibi, les « oiseaux sans tête »... J'ajoute que j'adore l'humour que saupoudre toujours avec volupté, j'imagine, Amélie en écrivant : « nous avons « fait » les chutes du Niagara »... « Par où l'on voir que » à la manière des anciens romans français, etc. On retrouve bien sûr l'univers de Nothomb, comme le champagne ou les noms magiques (ceux des huit femmes). Quelques extraits picorés pour vous : « La cuisine est un art et un pouvoir : il est hors de question que je me soumette à celui de qui que ce soit » (P.14), « Je me méfie de ceux qui se déclarent secrets. Ce sont les mêmes qui, cinq minutes plus tard, vous révèlent les moindres détails de leur vie privée. » (P.41), « A chaque fois, l'amour est neuf. Il faudrait un verbe nouveau à chaque fois. » (P.105), « La béatitude de l'amour ressemble à celle que chacun éprouve en présence de sa couleur préférée. » Mais enfin et surtout une des choses les plus belles qu'il m'ait été donné de lire sur l'amour : « Aimer, c'est accepter d'être Dieu ».

 

Jacques MERCIER

 

« Barbe bleue », Amélie Nothomb, roman. Edition Albin Michel. 174 pp. 16,50 euros.

08 08 12

Le péché originel !

de duve.jpgChristian de Duve est prix Nobel de médecine. Il a cette particularité d'être à la fois un grand biologiste et un moraliste. C'est en le voyant en discussion il y a quelques mois sur un plateau de télévision que j'ai eu envie d'acheter et de replonger dans cet essai, qui date déjà de 2010, mais dont on n'a pas encore parlé sur ce site. Le titre et le sous-titre de l'ouvrage sont évocateurs : "Génétique du péché originel" et "Le poids du passé sur l'avenir de la vie"... Le livre nous offre un panorama magnifique et compréhensible de toute l'histoire de la vie sur notre Terre. Surtout, l'auteur nous initie aux récentes découvertes de la science et c'est à cette lumière qu'on peut encore mieux réfléchir à notre destin. "L'humanité est, de fait, entachée d'un défaut intrinsèque, d'un "péché originel" génétique, qui risque d'entraîner sa perte", lit-on. Ce péché originel n'est sans doute pas celui qu'on soupçonne d'après Christian de Duve ! C'est la sélection naturelle... et la seule possibilité de rédemption à l'égard du péché originel génétique serait dans le pouvoir humain d'agir contre la sélection naturelle. Car nous avons assez d'intelligence et d'adresse pour conquérir le monde, mais "pas assez de sagesse pour gérer les fruits de nos victoires" ! Parmi les solutions : les Eglises, qui sont qualifiées pour sauver l'humanité, la sauvegarde de l'environnement et les femmes ! "Les femmes sont la source principale des stimuli qui façonnent le câblage des cerveaux des bébés. Ainsi sont-elles particulièrement bien placées pour améliorer le monde". Mais leur problème, poursuit l'auteur, est de conquérir le pouvoir sans se conduire comme des hommes. Un essai passionnant pour ceux qui s'intéressent à l'évolution du genre humain, nous !

Jacques MERCIER

 

"Génétique du péché originel", Christian de Duve, Edition Odile Jacob, sciences, 2010, 242 pps. 24 euros.