02 02 13

Les mystères de Bruxelles ! Un régal !

 

dulle griet.jpgDéjà le pseudonyme « Dulle Griet » choisi par cet auteur bruxellois me plaît beaucoup. Dulle Griet c'est Margot la Folle qu'on trouve au milieu du tableau de Bruegel. Elle est l'incarnation de l'avidité furieuse et se dirige vers l'enfer pour y mettre son butin en sécurité ! Sous ce joli pseudonyme se cache un lauréat de plusieurs prix littéraires et surtout un excellent auteur de polars. Il nous a déjà livré « Petits meurtres chez ces gens-là » et cette fois, il s'agit de « Les fenêtres murmurent » dans la collection « Les Mystères de Bruxelles ». Étrangement sur la couverture on découvre le célèbre Gille de Binche et son masque et pas une vue de Bruxelles, mais bien entendu le récit nous en donnera la raison. Le livre commence par « Vé van Boma, patate mè saucisse », qu'on se doit de renvoyer en note en bas de page pour traduire « Vive Bonne-Maman... » ! Outre le bonheur pour nous de découvrir les décors typiques de la capitale de l'Europe, ainsi que son patois, l'histoire elle-même nous tient en haleine : Que s'est-il passé dans la rue Porselein, à Anderlecht ? L'inspecteur Lilas Klaus et son partenaire Serge Zwanze (en bruxellois, c'est la blague typique du coin !) vont essayer d'élucider les énigmes en cette période de carnaval 2012, car on suit de jour en jour, avec la mention des dates, l'avancée palpitante de l'histoire. Une petite interrogation à l'auteur : il parle de « brise-lames », d'Ostende, de James Ensor dans les premières pages, dans un souffle magique ; mais le « brise-larmes » qui apparaît tout-à-coup est-il conscient ou une jolie faute typographique ? Je penche pour la volonté de glisser ce néologisme poétique ! Pour vous donner le ton, quelques phrases cueillies dans le feu de l'action : « Elle songe qu'il n'existe pas meilleure protection contre la tentation que la conviction de n'être soi-même une tentation pour personne » C'est à propos d'une femme qui ne se trouve pas belle. Et un peu plus loin : « Aussi, il faut bien l'avouer, parce que la réalité a beau être une sacrée garce, les rêves et les illusions ont la vie dure et ne meurent jamais tout à fait. » Ici on a le ton « policier » si particulier au genre et la réflexion qui en fait un grand roman, au-delà des anecdotes. C'est Érasme que Dulle Griet a choisi de mettre en exergue avec cette phrase : « La perversité des méchants a plus d'effet que la sympathie des bons » !

 

Jacques MERCIER

 

« Les fenêtres murmurent », par Dulle Griet, Collection « Les Mystères de Bruxelles », Éditions Presses de la cité, 2013, 308 pp. 20,50 euros.

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21 01 13

To be or not to be bobo !

bobos.jpgIl est difficile de réussir la transposition de chroniques faites pour l'antenne, dans ce cas-ci la radio, dans un livre écrit. Pourtant en l'occurence, c'est non seulement jouissif mais cela prend une nouvelle dimension. Grâce aussi sans doute aux dessins de Nicolas Vadot qui soulignent si bien les propos. Donc, Myriam Leroy dans l'émission d'Olivier Monssens, qui préface l'ouvrage, "On n'est pas rentré" de la Première propose régulièrement une rubrique sur "Les Bobos". Dans l'avant-propos, Olivier cite Burgalat de passage sur antenne qui déclara "To be or not to be bobo" ! Pour rappel, le bobo est donc le "bourgeois-bohême". Pour le définir je prends cet extrait de la quatrième de couverture : "Sociostyle apparu il y a une dizaine d'années, le bobo est aujourd'hui au sommet de sa gloire. Pur produit de notre temps, agaçant et attachant à la fois, il n'est pas à une absurdité près. Il mange local mais voyage lointain, il s'habille vintage mais cher, il milite pour davantage de mixité sociale mais met ses enfants à l'école Decroly..." On découvre donc les travers et le charme des bobos comme les Martine : à la mer, à la ferme... Ici "les Bobos et..." les congés, les Flamands, et bébés, et cinéma, et musique... et puis j'ai eu la surprise (on ne me l'avait pas dit) de me découvrir cité trois fois dans la chronique "Les bobos et les réseaux sociaux" ! Myriam Leroy raconte que le Bobo n'est pas très Face Book, mais "lorsqu'il s'abaisse à faire un tour sur Face Book, il observe toujours ce même rituel : lire les statuts de Jacques Mercier, qui lui font croire à un monde meilleur (exemple : "Quand vous prenez conscience que rien ne vous manque, le monde entier vous appartient, dixit Lao-Tseu)." Et je vous laisse découvrir la suite. Ce monde des Bobos très bien décrit, avec l'intelligence et l'humour qu'on connaît à Myriam Leroy (par ailleurs, spécialiste des séries en DVD !), bénéficie ausi d'une édition vraiment très soignée, mise en page, caractères, illustrations, etc. Un livre à boire par petites gorgées jusqu'à l'ivresse !

Jacques MERCIER

"Les Bobos" (la révolution sans effort), par Myriam Leroy, La Renaissance du Livre, 128 pp. Illustrations de Vadot.

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21 01 13

Un road "tripes" !

Mad, Jo.jpgComme l'indique l'éditeur, il s'agit d'un "road tripes". J'adore quand on joue sur les mots de cette façon ! Les personnages sont pittoresques et tellement vrais ! On vit l'histoire, on la ressent, grâce à l'écriture de Fanny Lalande. "Mad, Jo et Ciao" c'est un périple dans le monde des routiers. Mad vit dans son camion depuis quinze ans. Son boulot est de conduire des moutons à l'abattoir ! Voilà un bon départ ! Il s'arrête chez Jo, de temps en temps. Il croise aussi Ciao, un vieux fou qui hante les stations-services et les aires de repos. Voilà pour définir en un mot les trois personnages qui font le titre du livre. Les chapitres sont sous-titrés d'un morceau de musique qui peut nous accompagner ou souligner l'action : des Animals et "The House of the Rising Sun" à "Don't be cruel" d'Elvis Presley ! Quelques mots pour situer le style : "L'odeur du bitume chaud mélangée à ncelle de la station-service m'apaisait" ! Toute une ambiance, non ? Un excellent choix de Xavier Vanvaerenbergh, le directeur de collection.

 

Jacques MERCIER

 

"Mad, Jo et Ciao", Fanny Lalande, Kerditions, 240 pp, format poche, 12 euros. www.kerditions.eu

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11 01 13

Nos origines

 

origines.jpgNotre univers remonte à quelque 14 milliards d'années. Toutes les sciences, de l'astronomie à la neurobiologie, de la physique à la chimie, mais aussi l'anthropologie, la primatologie, la géologie, tentent d'élaborer notre histoire. Trinh Xuan Thuan nous raconte le plus simplement possible cette grande fresque magnifique. On passe de la double hélice de l'ADN aux nébuleuses bariolées. Cela concerne l'homme, bien sûr, on se souvenant de ce que 50 milliards est le nombre total d'individus à avoir jamais vécu sur Terre depuis l'aube de l'humanité. On doit aussi savoir qu'une cellule vivante est une communauté élaborée et fonctionnelle de grosses molécules appelées protéines. Il y a plus de molécules dans une cellule que d'humains sur la Terre. Et si l'on reste dans les nombres « astronomiques », il faut savoir que dans notre corps, organisme d'une complexité inouïe et résultat de l'union de 10.000 milliards de cellules (cent fois plus que le nombre d'étoiles dans une galaxie !)... Sachons aussi que la biologie moléculaire nous dit sans équivoque que tous les êtres vivants sur Terre – humains, animaux, insectes, plantes ou fleurs – descendent d'un seul et même ancêtre. « Comment les premiers acides aminés sont-ils apparus sur Terre ? Sont-ils nés sur place ou tombés du ciel, voilà qui reste un mystère. Il existe vingt types différents d'acides aminés : ils sont les mêmes partout, aussi bien chez l'être humain que chez la bactérie, le dauphin, la libellule ou la rose» écrit l'auteur. J'aime aussi cette comparaison musicale que je ne lis que pour la première fois chez un scientifique : « La nature est comme le joueur de jazz : une fois un thème principal établi – ici la mise en place, dans les organismes, de mécanismes permettant de se reproduire et d'échanger de l'oxygène, de la nourriture et des déchets avec le milieu extérieur -, elle brode à l'infini sur ce thème pour inventer la nouveauté. » Bref, vous l'aurez compris : un livre complet et passionnant qui nous permet d'être et de réfléchir à ce qu'est « être » ! Une réflexion qui ne peut que rendre toute chose relative et même... nous rendre optimiste !

 

 

Jacques MERCIER

 

 

 

« Origines », « La nostalgie des commencements », Trinh Xuan Thuan, Ed Folio, essais. 546 pp. Édition 2010 mise à jour.

 

24 12 12

Les couleurs de la poésie

 

thomassettie.jpgA 12 ans déjà, Monique Thomassettie écrit une première pièce de théâtre ! A 16 ans, un de ses poèmes est publié dans Le Soir ! Bien plus tard, en 1995 son poème si joliment intitulé « De blancs oiseaux boivent la lumière » est un Grand Prix International de la Société des Poètes et Artistes en France... Mais l'auteure est aussi une artiste-peintre. Elle explique que la tension est la même dans ces deux activités de création. Elle veut créer une harmonie, un équilibre dans sa vie comme dans ses oeuvres. « Au rythme de l'équilibre », ce nouveau recueil, est une proposition de moments de poésie et de couleurs, de formes, de tableaux. On s'y plonge avec un grand bonheur. Le but est atteint : nous emmener dans un ailleurs ! « Telle mon ombre / lorsque me pousse au dos / ma lumière, / ma vision me précède. » ou « Si les sorcières sèment l'épreuve, / je serai ma propre sorcière// Dans mes roues / je mets les bâtons / de mes points d'exclamation !// Et pourtant / ma terre / roule en mon univers. » On se laisse porter par les mots, par les images qu'ils suscitent, par l'émotion qu'ils suggèrent et font naître en nous. Les mots sont simples et pourtant ils recèlent mille harmoniques. « La tristesse / est l'ombre portée / du poème » écrit Monique Thomassetie. Mais l'auteure parle surtout de joie de vivre, d'espérance, de renouvellement. Elle a cette joie, cet amour qui seuls peuvent nous emporter plus loin dans l'existence, sans nous immobiliser ! J'aime ces deux vers en particulier : « Qui rêve de clair et tendre matin / attend encor de naître » J'aime aussi l'orthographe poétique (ah, la licence !) d'encor !

 

« Au rythme d'un équilibre », de Monique Thomassetie. Poèmes. Editions M.E.O. 2012. 100 pp. 16 euros. www.meo-edition.eu

 

 

 

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13 12 12

Soyons heureux et joyeux !

 

bonheur misrahi.jpgC'est un livre court, mais à la fois touffu et clair. L'auteur est un philosophe actuel qui prône le bonheur ! Rien que pour cela on doit le saluer. Mais il nous apporte bien plus encore : une explication intelligente de cet optimisme qui guide certains d'entre nous et qui est justifié. Il commence par faire référence à Spinoza : « Le désir est, pour Spinoza, l'essence de l'homme, et il est désir de la joie. Seul le désir de la joie peut motiver le travail de la raison. » Robert Misrahi pose encore quelques constats : « L'histoire est créée, non pas les dogmes et les idéologies figées, mais par les utopies rêvées et mises en œuvre par les individus. » ou « Il n'y a pas en l'esprit humain d'autre réalité fondamentale que le désir : il est l'origine et la source en même temps que le but et le terme. Il est la vie et le mouvement, mais aussi le terme et la destination. » Le philosophe décrit alors le mouvement de la création dans lequel se trouve notre bonheur. Il englobe beaucoup de choses rencontrées dans notre vie quotidienne : « C'est ce libre mouvement créateur de sens, poursuivant une joie sensible, qu'on peut observer aussi bien dans la recherche d'un emploi que dans la préparation d'un voyage, dans la fabrication culinaire que dans la création des jardins, dans l'amour d'un autre que dans la composition musicale. » Pour ma part, au fil des pages, j'y découvre des idées rencontrées dans la lecture d'autres philosophes et qui semblent rassemblées ici dans une vue cohérente de notre vie. La notion que nous sommes à la fois la vie et le temps. La notion que notre existence est tissée d'états d'âme et d'instants fulgurants de bonheur, qui s'intègrent dans notre personnalité, l'enrichissent, la transforment. Robert Misrahi l'explique clairement : « C'est ainsi que les « instants parfaits », les moments bouleversants de grande exaltation (tels le choc esthétique d'un paysage solaire fulgurant et rouge sous les tropiques, ou le ravissement fugitif d'un marché coloré dans un village, ou l'adéquation soudaine d'une rencontre), loin d'être des moments nostalgiques nécessairement appelés à disparaître, sont bien plutôt les nourritures affectives et esthétiques qui fondent et qui tissent notre personnalité, nourritures spirituelles qui elles-mêmes ne livrent leurs vertus que sur la base d'une personnalité et d'une culture qui en sont les conditions de possibilité. » L'auteur insiste sur la joie de découvrir par la philosophie le sens de la vie, mais aussi sur l'essentielle nécessité d'aimer. Car ainsi on s'ouvre à des plaisirs neufs qui enrichissent l'existence. Bref, un petit manuel du mieux vivre ! Par les temps de crise, de pessimisme, c'est une lecture vraiment enthousiasmante !

 

Jacques MERCIER

 

« Le Bonheur » Essai sur la joie, par Robert Misrahi. Éditions Cécile Defaut 2012. 146 pp. Format poche. 14 euros.

25 11 12

Philippe Geluck au Café de Flore

Philippe Geluck, Jacques Mercier, Le chat, chat, nicky depasseJeudi 22 novembre, Philippe Geluck était l'invité spécial de Nicky Depasse et Jacques Mercier dans Café de Flore. 

Nous vous proposons l'intégralité de cette joyeuse émission en podcast où il va, bien sûr être question de Chat erectus, le 17ème album du Chat. Vous y apprendrez ainsi qu'il est aussi difficile de nouer les lacets d'un homme qui court que de serrer la main à celui qui applaudit et bien d'autres choses essentielles de la vie auxquelles personne avant le chat de Geluck n'avait encore pensé.

Il y est aussi accessoirement question de Virginia Wolf, du Petit Biscuit (Didier Jeunesse) et Jacques Brel, la valse à mille temps (éd du dos d'âne).

Bon amusement à l'écoute de cette émission placée sous le signe du fou rire avec un Jacques Mercier particulièrement rieur.

Café de Flore, l'actualité du livre sur Radio Judaïca (Bruxelles 90.2 FM), le lundi et le jeudi de 13 à 13.30.


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Photo : Gianni Candido

20 11 12

Café de Flore N°7 : podcast intégral

541239_4110891565136_1557657725_n.jpgCafé de Flore, émission littéraire de Radio Judaïca, le lundi et le jeudi de 13 à 13.30 
Présenté par Nicky Depasse 
Avec Jacques Mercier et son "Mémo", aujourd'hui consacré à Michel Serres 
Invités : 
Sylvie Ohayon (Les bourgeoises ed. Robert Laffont) 
François Weyergans (Royale romance ed. Juliard) 
Au menu : 
Bel Ami de Maupassant (Folio) 
Des journées dans les arbres de Marguerite Duras (Folio) 
Emission du 4 octobre 2012

 

19 11 12

Café de Flore du 12 novembre

261925_4095851349140_2096556246_n.jpgInvité : Achdé (dessinateur) pour le nouveau Lucky Luke (Cavalier seul).

Les chroniques de Nicky : Le poids du pallion d'Erri De Luca (Ecoutez Lire, Gallimard), La nuit sera calme de Romain Gary (Folio), Marie fait la cuisine (Ed. du Chêne)  

La Minute des enfants consacrée à Mon grand-père devenu ours (Sarbacane) et Alors je m'en vais (Pastel). 

Et bien sûr le Mémo de Jacques Mercier consacré  au Cosmos et le lotus de Trinh Xuan Thuan (Albin Michel). 

Photo : Gianni Candido

Café de Flore, le lundi et le jeudi de 13 à 13.30 sur Radio Judaïca 

1ère partie : L'invité, Achdé 

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2ème partie : Les chroniques de Nicky et La minute des enfants

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3ème partie : Le Mémo de Jacques Mercier
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19 11 12

Amélie Nothomb dans Café de Flore

AMELIE_JACQUES_MOI-1.jpgAmélie Nothomb était l'invitée de Nicky Depasse et Jacques Mercier dans Café de Flore en septembre dernier. En voici le podcast intégral. Au programme : Barbe bleue (dernier roman d'Amélie Nothomb), J'adore ce chapeau (Tornade), Charles Baudelaire (Pléïade), Le bruit du coeur de Jens Christian Grondhal (Folio), La petite fille sans allumettes (Seuil Jeunesse). 

Et bien sûr le Mémo de Jacques Mercier consacré à L'éloge du sublime de Philippe Sollers (Pocket).

Photo : Gianni Candido

Café de Flore, le lundi et le jeudi de 13 à 13.30 sur Radio Judaïca (90.2FM)