29 01 12

Comment échapper à la "sélection naturelle" !

jesus darwin.jpgComme il n'y a pas de hasard, il était logique qu'après avoir lu "Jésus" de Petitfils (Voir dans les rubriques précédentes), je suive avec intérêt la présentation du livre "De Jésus à Jésus en passant par Darwin" du professeur Christian de Duve, prix Nobel de médecine. Dans cet essai, relativement court, l'éminent scientifique nous raconte le cheminement de sa croyance depuis le Jésus de son enfance jusqu'aux plus récentes réflexions scientifiques. "Tous ces enseignements étaient présentés dans un contexte religieux que je ne songeais pas à mettre en doute, d'autant plus qu'il répondait sentimentalement à une disposition qui me portait naturellement vers la ferveur." écrit-il. Beaucoup se reconnaîtront ! Et puis : "Il y eut néanmoins un prix à payer : les convictions religieuses qui avaient inspiré mes premières années ne résistèrent pas aux impératifs de raisonnement scientifique, au souci d'une perpétuelle remise en question et au refus des affirmations sans preuve." Et d'expliquer sa vue actuelle de l'évolution de l'espèce humaine. L'auteur raconte la sélection naturelle et notre seul espoir qui est l'épigénétique, le seul espoir de s'opposer à cette loi naturelle. Pour cela, il faut éduquer, avoir des éducateurs et c'est dans ce contexte qu'il présente les maîtres, les guides, les sages et donc Jésus. "Ce que Jésus enseigne, c'est exactement le comportement qu'il faut pour contrecarrer les méfaits de la sélection naturelle et sauver l'humanité de la perte à laquelle ses gènes la condamnent." Christian de Duve nous parle encore de cette notion de "l'ultime réalité", qui englobe l'ensemble de tout ce qui existe; un monde étrange qui pourrait sans doute un jour nous être accessible. Les poètes peuvent parfois y parvenir, par leur capacité émotive. Et de conclure sur le mot "Amour" ! (Une fois encore, j'ai pu immédiatement acheter, télécharger le livre en numérique et le lire... Je ne me lasse pas de cette facilité dans la transmission de l'art !)

Jacques MERCIER

 

"De Jésus à Jésus, en passant par Darwin", par Christian de Duve, Edition Odile Jacob, 2011. 91 pages. Broché: 8,55 euros. Numérique : 6,99 euros sur Kindle.

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26 01 12

Jésus a existé !

Jésus petitfils.jpgC'est un travail remarquable de synthèse historique qu'a réalisé dans "Jésus" Jean-Christian Petitfils ! Se plaçant volontairement en dehors du champ religieux, il a confronté toutes les sources fiables, celles de ses confrères archéologues, ethnologues, etc. et bien entendu celles des textes, s'appuyant en particulier sur l'Evangile de Jean, le témoin privilégié. On apprend, par exemple, que l'expression "fils de Dieu" était largement utilisée avant l'avènement du Christ : "Dans les anciens royaumes d'Israël et de Juda, les rois étaient considérés comme "fils de Dieu"... L'auteur fait la part des choses entre la symbolique, les allégories et ce qui semble la vérité. Ce qui reste est l'essentiel, de toutes façons : "Dieu est amour" écrit dans sa première épître Jean l'évangéliste qui a le mieux compris son message. Sa bonté est infinie. Elle va au-delà de toute représentation." On y apprend aussi (avant la religion) ce qu'est la morale de Jésus : "Jésus vise l'intention qui renferme déjà en elle le mal. C'est dans la haine du prochain, plus encore dans la colère, la rancune, l'animosité que réside la racine du meurtre. C'est cette racine qui doit être éradiquée. D'où la nécessité d'une réconciliation des hommes entre eux, préalables à toute prière." On parle évidemment aussi de l'expression ambigüe "le fils de l'homme", des femmes, de la vie future. Un livre passionnant que j'ai lu (est-ce un détail) avec attention en version numérique ! Cela dit, a-t-on un message, aujourd'hui plus que njamais, plus vital que "Aimons-nous les uns les autres..." ?

Jacques MERCIER

"Jésus", par Jean-Christian Petitfils, Edition Fayard, 2011, 690 pages en version brochée, 23,75 euros.- en version kindle 18,99 euros.

12 01 12

Le mélange du réel et de l'imaginaire !

Dartelevelle narconews.jpgAvec quel bonheur, j'avais eu l'occasion au début des années 2000 de publier dans la collection "Les Maîtres de l'Imaginaire", et dont j'étais le directeur littéraire, des textes d'Alain Dartevelle ! C'est d'ailleurs lui qui fut à l'origine de mes deux romans différents "L'Année 13" et "Mortes Maisons", rééditées en numérique depuis quelques semaines. Alain Dartevelle est un auteur mutliple. Son premier roman "Script" fut publié chez Denoël dans la collection "Présences du futur" et le suivant "Imago" chez J'ai Lu ! De sérieux références pour un début de carrière littéraire de cet "homme de la poste", où il fit sa carrière ! Les questions que posent les nouvelles de ce nouveau recueil sont actuelles et à peine cachées ! Comment donc a fini cet Etat Belgica dont le sort se décide en un étrange casino ultramoderne ? Barock Obamo fut-il un saint ? Et depuis quand la vision des actualités entraîne-t-elle une addiction extrême ? Parodie évidemment, mais aussi érotisme et fantastique se partagent les sentiments de lecture. A sa manière, chacun de ces récits fait un mélange des genres un mode d'élucidation de ce monde qu'on dit réel.Un extrait pour vous mettre en appétit : "Il est vrai que dans le tourbillon de la passion, nous protégions de moins en moins bien nos secrets. De sorte que nos excursions  éclair en des endroits peu propices à la confidentialité – le parc d’attraction de Fantasyland où nous sommes retombés en enfance le temps d’un week-end, et cette visite des ruines d’Halicarnasse qui me vit, flanquée de mon petit crooner, tirer après nous une meute de paparazzi – ne contribuèrent pas peu à amplifier ce phénomène par lequel une présidente de la République se muait en vedette."

Jacques MERCIER

 Narconews, et autres mauvaises nouvelles du monde, Editions Murmure des soirs, 2011, couv. impr., bande-titre, 87 p. Prix : 14,00 € www.murmuredessoirs.com

27 12 11

S'exprimer avec concision, en 13 lignes !

13 lignes.jpgC'est un site, c'est une excellente idée aussi : s'exprimer en 13 lignes ! www.13lignes.be créé par Hugo Poliart. (13lignes.be)?
Le sous-titre du recueil est "c'est suffisant pour résumer la situation" ! Une excellente façon de comprendre l'essentiel, au fond ! Le reste n'est que littérature ! Comme on m'a demandé une préface et que j'en suis très honoré, je vous la recopie ci-dessous (elle compte 13 lignes évidemment !) :

Il ne faut pas être triskaidékaphobe* pour se lancer dans un tel projet ! Au contraire, il faut croire que le nombre treize porte chance. Au fil des pages, on s'aperçoit en tout cas que sont nombreux ceux qui ont eu et ont encore la chance de pouvoir s'exprimer et tout aussi chanceux ceux et celles qui partagent ces minutes de lecture. Car une minute de lecture dans l'océan de la communication, c'est deux fois rien et c'est infini à la fois. Ce n'est qu'une réflexion, qu'une information, qu'un sourire sans doute, mais qui peuvent changer l'existence. Tel est le pouvoir du langage ! Un mot peut transformer la vie, qu'on imaginait toute tracée et peut-être trop lisse ! Une phrase peut métamorphoser une journée, qu'on pensait terne et un peu mélancolique. Un texte peut sans aucun doute décider de notre destin, nous éclairer. Bonne lecture, je promets que l'étonnement sera au rendez-vous !

 *la peur du nombre treize (Merci, Monsieur Dictionnaire !)

13 lignes, Hugo Poliart, Caïra Edition, 2011, 256 pp. 19cm/17cm, 15 euros. 13lignes.be

 

29 11 11

Un explorateur du monde et de l'homme !

jlouis Etienne.jpgJean-Louis Etienne est médecin et explorateur. Il a beaucoup écrit déjà sur ses expéditions et la place de l'homme sur terre et dans l'univers, sa survie. Ce qui est intéressant avec cet auteur (de terrain) c'est qu'il décrit, analyse et livre ensuite sa sagesse. Avant de le suivre vers l'Antarctique, où son prochain périple scientifique va l'entraîner, lisez cet ouvrage, qui se conclut par "L'homme porte en lui l'intelligence de la solution" ! Souvent les textes sont livrés sous forme de réponses à des questions simples posées par vous et moi. Il aborde ainsi l'air, les poissons, l'eau, le climat, la civilisation du carbone, le génie de la nature, le mystère du vivant, etc. Je ne vous proposerai que cet extrait final du livre, adressé aux enfants "Ce sera votre monde !". Parmi les conseils : "Aimer ce que l'on fait et conserver sa liberté de décision", "Persévérer, même si le chemin est difficile... car on construit sa vie sur des réalisations, fussent-elles minimes, et non sur les frustrations de rêves inachevés" et j'aime aussi cette évidence, qu'il faut répéter en notre époque d'apparence et d'image : "Faites attention aux miroirs aux alouettes, une histoire d'amour à Sarcelles vaut bien mieux qu'un chagrin dans un palace à Bora Bora" ! Génial ! Et puis ces derniers conseils, en forme de conclusion : "Soyez inventifs, entreprenants, audacieux, apprenez à vous servir de vos dix doigts pour être plus autonomes, soyez individuellement responsables et collectivement solidaires. Soyez terriens et visez l'univers, il y a matière à explorer pour l'éternité, dans cette autre partie de soi où se cache la solution existentielle." Encore un de ces livres essentiels pour ne pas perdre courage, pour comprendre, pour avancer dans la vie avec les autres.

 

Jacques MERCIER

 

Nouvelles histoires naturelles (Quand l'homme entre en scène), par Jean-Louis Etienne. Edition Jean-Claude Lattès, 2011. 216 pages. 15 euros.

16 11 11

Un magnifique et émouvant témoignage !

nadia salmi.jpgC'est le premier livre de Nadia Salmi et il est magnifique ! C'est un roman, car on romance toujours un peu, les souvenirs se déforment, on ne se souvient pas de tout, mais c'est avant tout un récit poignant et qui nous bouscule avec un talent rare. La mission de Nadia Salmi, qui se découvre (comme dit le bandeau) parmi les 400.000 Français, petite-fille d'un soldat allemand, est de crier son amour, sa compréhension à sa mère ! Après avoir lu en avant-première le manuscrit, je ne peux que vous retranscrire des extraits de la lettre que j'ai envoyée à Nadia Salmi, croisée au hasard d'une interview (elle travaille pour le moment à la télévision à Lille, mais vit à Bruxelles).

Comme te traduire l'émotion que je ressens à la fin de la lecture de "Des étoiles sombres dans le ciel" ? Je suis touché, troublé, ému. C'est magnifiquement rendu. L'histoire multiple, compliquée, terrible est là, sous nos yeux, et avance peu à peu, au rythme des découvertes, des pleurs, mais avec une volonté, une force qui sont si belles. Tu as les mots justes et forts. Des trouvailles tout au long du récit : "Au moment où le stupide petit oiseau est sorti", par exemple. Ou encore le sommeil que Thérèse ne trouve pas avec "un mouton, deux brebis, trois agneaux..."; le jeu des 7 erreurs dans la lettre, la berceuse en ch'ti, ou "chaque jour que Satan fait", ou à la fin les défauts d'Hitler étalés sur la feuille... Et cette oiriginalité page 132 des courts extraits d'avant.
J'aime cette reconstruction, ces lettres, ces photos décrites; avec la documentation, la recherche. Les réflexions qui accompagnent : "Il faudrait pouvoir parler librement, écouter les témoignages des survivants avant qu'ils ne meurent", que nous pouvons appliquer à toutes les situations, même moins tragiques.
Quelques détails encore : la journée érotique et sensuelle sans mots crus. Quelle description !
La tribu, les réponses au questionnaire de Proust.
Le rejet de Noël, l'attirance vers les personnages orphelins.
Le courriel arrivé en Mauritanie.
Bref, tu as compris que je trouvais ton livre remarquable et digne cent fois d'être édité et partagé avec un grand public.

Nadia Salmi est une nouvelle écrivaine, n'en doutons pas ! Je ne peux que vous engager à partager sa création. Vous ne verrez plus le monde, l'humanité, de la même façon. Et c'est ça la qualité d'un livre : sa lecture nous change !
 
Jacques MERCIER
 
Des étoiles sombres dans le ciel, récit, Nadia Salmi, Editions OH !, 264 pp. Photo de couverture de la collection de l'auteur. Prix : 17,90 euros. www.oheditions.com et https://www.facebook.com/nadnad77

23 10 11

Un étonnant dialogue : Femme - Prêtre !

Ringlet - Mannik.jpgElle, c'est Marie-Annick Retif, qui chante depuis longtemps sous le nom de Mannick ; lui, c'est Gabriel Ringlet, vice-recteur de l'Université de Louvain, écrivain et ... libre de sa parole ! "Entre toutes les femmes" emprunte le titre à un poème de Charles Le Quintrec. Nous lisons une conversation détonante, chaleureuse, intéressante, intelligente, émouvante, passionnée autour des chansons de Mannick (évidemment vous pouvez écouter les chansons sur le site de Mannick, mais tous les textes sont repris dans l'ouvrage. Comme dit fort à propos Gabriel : "N'est-ce pas la force du chanson : revêtir parfois le grave dans l'habit musical du léger ?") et d'un classement des femmes en "printanières", "rebelles", "brûlantes", "souffrantes", "subversisves", "désirantes", "prêtresses" et "accouchantes". Chaque chapitre propose une réflexion (et qui décoiffe souvent, tant la vérité de s'exprimer est forte de chaque côté) en se plaçant sous le regard d'une femme : naître, partir, aimer, souffrir, résister, croire, célébrer et mourir. C'est dans l'actualité de notre vie d'être humain, c'est une vision sincère de la femme, c'est aussi une confidence très belle de l'homme et du prêtre. On n'évite pas la sensualité, la prêtrise des femmes, l'euthanasie, etc. Mais c'est bien au-delà : la tendresse, la compassion, la souffrance, le bonheur, la mort, l'amour... C'est d'une très belle écriture, fluide, réelle. Quelques moments picorés ça et là dans ce livre bien plus important qu'il n'y paraît : "Rien n'est pire que le pouvoir qui ne dit pas son nom. Le pouvoir "spirituel" en particulier." J'aime aussi cette référence à Teilhard de Chardin, que j'avais adoré, lorsque j'étais adolescent chez les Jésuites : "Dans la vie, je n'ai jamais rien fait de grand que sous le regard d'une femme." Gabriel Ringlet : "Je suis toujours étonné de voir le peu de liberté que chacun s'autorise". Les deux personnages ne sont pas toujours d'accord, cela va de soi : Gabriel : "Mais ose-t-on encore dire aujourd'hui qu'il est plus important d'être vivant que d'être heureux ?", Mannick : "Je tique sur cette réflexion. J'ai souvent pensé le contraire !" Dans l'actualité aussi après les propos de Mgr Léonard et des directeurs d'école divorcés, puisqu'on cite cette déclaration du Père Charles Delhez : "A être trop rigide, on en arriverait au paradoxe suivant : il vaudrait mieux être un meurtrier repenti qu'un divorcé remarié. Le meurtrier peut sortir de prison, le divorcé non." Sur Dieu : "Je trouve normal que Dieu change de rôle de siècle en siècle et de culture en culture, car le récit continue. Encore faut-il, à travers ces rôles que nous lui prêtons, reconnaître la trace d'authenticité de la divinité." Bien entendu, Mannick s'interroge sur le rôle des femmes dans l'Eglise : "Ai-je bien compris que la domination masculine sur l'ordination date des origines apostoliques et non des origines évangéliques"... En effet ! Notons aussi un bien émouvant témoignage sur Soeur Sourire, dont Gabriel Ringlet a connu le parcours douloureux...

Jacques MERCIER

 

Entre toutes les femmes, Mannick et Gabriel Ringlet, Edition DDB, Desclée de Brouwer, En couverture une huile sur bois de Philippe Ringlet, 334 pages, 18 euros.

20 10 11

Réconcilier la science et Dieu ?

Le Lotus et le Cosmos.jpgLongtemps j'ai cru que les religions remplissaient par des "mystères" nos ignorances scientifiques ; je sais aujourd'hui après la lecture de plusieurs ouvrages passionnants de Trinh Xuan Thuan ("La mélodie secrète" ou "L'infini dans la paume de la main") que la science peut s'accommoder de l'existence d'un Dieu ! Dans "Le Cosmos et le Lotus", sous-titré "Confessions d'un astrophysicien", le célèbre savant d'origine vietnamienne, mais éduqué à la française et formé aux Etats-Unis, explique son parcours professionnel et personnel, mais aussi en deuxième partie de l'ouvrage, il détaille très clairement le point actuel de ses recherches. Le titre le dit, il est imprégné de traditions bouddhiste et confucéenne, mais finalement n'est pas d'accord avec tous leurs préceptes. Il m'est difficile de rendre compte de mes notes de lecture (j'en ai une dizaine de pages, des notations qui me paraissent essentielles pour ma propre compréhension de l'existence), donc j'essaie d'esquisser des pistes. Sur l'unicité de la nature : "La nature est donc belle parce qu'elle possède un ordre, parce qu'elle est régie par des lois. Plus étonnant encore, ces lois peuvent être exprimées en termes mathématiques". L'auteur met aussi en parallèle, ce qui me réjouit, le processus de la création scientifique et celui de la création artistique. "Quand on crée une oeuvre d'art, on a le même sentiment de s'être approché un bref instant de la Vérité éternelle, d'avoir soulevé un modeste pan du Grand Mystère". Sa grande idée est, bien sûr, que tout a été prévu pour que l'homme apparaisse et puisse contempler la création, ici et maintenant. Que nous sommes reliés à tout. "Le simple fait de respirer nous relie à tous les êtres qui ont vécu sur le globe". Mais aussi "Nous descendons tous d'un seul et même organisme, une cellule primitive datant d'environ 3,8 milliards d'années". On connaît un peu cette théorie des atomes qui changent en onde ou en point selon l'observateur. "Ce concept de changement perpétuel et omniprésent rejoint ce que dit la cosmologie moderne : tout bouge, tout change, tout évolue, tout est impermanent, du plus petit atome à l'univers entier en passant par les galaxies, les étoiles et les hommes." Et cette incroyable affirmation, qui nous donne de l'espoir, qui gonfle l'âme : "Si l'univers est aussi vaste, c'est pour permettre notre présence. Si l'univers est tel qu'il est, c'est parce que l'homme est là pour l'observer et se poser des questions." Il reste bien des problèmes à régler (comme l'unification des quatre forces fondamentales dans la nature) et nous connaissons aussi le théorème de Gödel qui dit qu'il existe une limite à notre connaissance d'un système donné, car nous faisons nous-mêmes partice de ce système. L'auteur nous parle encore de tant de choses : de la liberté, de la spiritualité, de la créativité... Un livre qui exalte, qui nous change !

Jacques MERCIER

"Le Cosmos et le Lotus", Trinh Xuan Thuan, édition Albin Michel, 264 pp. 19 euros.

28 09 11

Matière à dispute

matière à dispute.jpgComment ne pas être d'accord avec la manière de voir la langue française expliquée par Zapf Dingbats ? D'autant que ces chroniques sont encadrées d'une préface de Jacques A. Bertrand ("Zapf nous rappelle qu'on ne connaît jamais suffisamment une langue...") et d'une postface de Michel Francard, qui souligne la grande variété de ton de l'ouvrage. Il s'agit donc d'un recueil de chroniques langagières, parues le lundi dans l'Avenir du Luxembourg. Les illustrations originales sont signées Palix. La couverture en donne un exemple significatif ! Pour vous inciter à sourire, à réfléchir, à apprendre autour de la langue, quelques mots de la quatrième de couverture devraient suffire pour vous convaincre : "Il faut veiller sur la langue, surveiller sa marche, son cours, ses écarts, ses flambées". Ou ceci : "La langue sert à faire société. Une phrase est, en résumé, une société ; un modèle de société; société faite de mots; avec ses règles, sa syntaxe." Cette citation aussi d'Alain Duchesne et Thierry Leguay : "Réfléchir sur les mots qui conduisent notre vie permet de mieux sentir le monde et notre destin." On ne peut mieux dire !

Jacques MERCIER

 

Matière à dispute, chroniques langagières, (tome 2) Zapf Dingbats et Palix, Ed Weyrish 2011, 132 pages, 14,5 / 24 cm, Couverture cartonnée. Prix : 19,90 Euros.

24 08 11

Le nouveau Christophe Marmorat : "exaltant" !

Marmorat.jpgLe sixième tome de la série "Ancrage" de Christophe Marmorat est exaltant, enthousiasmant, enrichissant... "La direction des risques" (vivre au féminin masculin) est une de ces lectures qui vous change, vous rend heureux ! Le livre mêle au fond beaucoup de genres : le journal, le dialogue, la nouvelle, les poèmes, le "blog" pour utiliser un terme à la mode... Avec toujours cette musique qui accompagne, qui souligne, qui explique la création de l'auteur. Son procédé consiste, comme vous le savez sans doute, à écouter en boucle un fond sonore qui produit une écriture minimaliste et fluide. Comme il l'écrit dans "A propos de l'écriture musicale" (en écoutant "A song of you" des Carpenters, dont il est question au début du livre) : "Je n'invente rien, je n'imagine rien, non. Je me contente de décrire, de reproduire ce que je vois et ressens (...) Le tempo est une des clés de cette écoute éveillée." On se laisse porter par le rythme de Marmorat, par le fil de ses pensées et nous traversons des paysages magnifiques et des descriptions superbes ("Maintenant il pleut très fort. J'adore ce temps qui nous rend les jours de soleil plus délicieux qu'ils devraient nous paraître, normalement.") : l'égo ("A ceux qui me disent que c'est égocentrique, nombriliste, je réponds qu'avez-vous à apporter de riche aux autres si vous êtes pauvres de vous-mêmes ?", la mort, l'instant esthétique, le discernement (grâce aux Jésuites), l'écriture elle-même ("J'ai observé un phénomène étrange depuis que j'écris et publie mes livres : Je n'ai plus d'âge dans la vie. Je n'ai plus que deux bornes : L'instant et l'infini.")... Et puis nous revient son admiration pour Elodie Frégé ( Mais oui !) et de la poésie aussi, comme ceci : "Mais, / Tu as une longue chevelure brune, / Et des yeux de la même couleur que ces larmes / Qui tapissent le Jardin du Luxembourg à l'automne." Enfin, ce qui semble l'évidence du livre "Vivre au féminin masculin", la part féminine qu'il se découvre : "Le masculin et le féminin existent en grammaire et en médecine." Et n'exisent que là, insiste l'auteur en quête de son identité. Mais le texte est encore riche d'autres réflexions sur des peintres, de textes sur des femmes, du chamanisme, de l'âme et de l'esprit... J'utilise l'adjectif "riche", car en effet on s'en sort enrichi de cette très belle lecture ! Exaltant, oui ! Vraiment ! Et enfin cet "autoportrait" superbe : "Un sourire, De l'enfance. / Un enthousiasme Adolescent. / Des mots Adultes." Qui fait mieux ?

Jacques MERCIER

 

La Direction des risques, vivre au féminin masculin, une écriture musicale de Christophe Marmorat, édition Ancrage 2011. cmarmorat@yahoo.fr 278 pages. 20 Euros.