27 01 11

Vivre est un art !

petit traité.jpgLes livres (des manuels de vie) de Frédéric Lenoir sont tous et longtemps classés dans les listes des meilleures ventes. C'est normal dans cette existence qui est au XXIe siècle plus incohérente que jamais et à la recherche permanente de sens. Que faisons-nous ici ? Qui sommes-nous ? L'auteur nous explique le propos en deux phrases : "Exister est un fait, vivre est un art. Tout le chemin de la vie, c'est passer de l'ignorance à la connaissance, de la peur à l'amour." Le livre s'intitule Petit traité de vie intérieure et il s'agit bien de ça : de la philosophie, de la spiritualité (doit-on encore dissocier nécessairement les deux ?) pour tout le monde. La recette comporte six points. 1 : S'aimer, accepter ce qui est inéluctable, n'agir que sur ce qui est transformable. 2 : Avoir foi en la vie, et donc pouvoir aussi lâcher-prise. 3 : Etre responsable de sa vie. 4 : Avoir du temps libre, ne pas tout le temps s'occuper, être léger, futile parfois. 5 : Etre parfois dans le silence, la méditation. Et 6 : Faire confiance en son intuition, connaissance et discernement... Pour mieux nous expliquer, l'auteur s'appuie sur la pensée des êtres exceptionnels : de Jésus à Spinoza, de Conficius à Lévinas. Ne manquez surtout pas l'addendum, un dialogue entre Socrate et Jacques Séguéla autour de la "vie réussie" et de sa définition, qui vaut son pesant de sourires. Où l'on parle évidemment de la montre du publicitaire ! Ne manquez pas non plus l'apologie de l'Abbé Pierre, superbe ! Et pour les pessimistes voici une phrase parmi des dizaines d'autres aussi encourageantes : "Toute action en faveur de la vie, aussi minime soit-elle, est une manière de nous relier au monde et de signifier notre refus de la violence et de la desctruction. Plus nous serons nombreux à agir ainsi, plus le monde aura des chances de changer."

Jacques MERCIER

 

Petit traité de vie intérieure, par Frédéric Lenoir. Edition Plon, 2010. 200 pages. 18 euros.

08 01 11

Tous mortels !

ragon.jpgLe livre "Ils se croyaient illustres et immortels..." de Michel Ragon est à la fois une vue très intéressante sur la fin de vie de quelques hommes illustres, mais aussi et surtout un livre qui fait réfléchir aux valeurs importantes. Parmi celles-ci la gloire, la fortune et le pouvoir, on le sait, n'ont qu'une place toute relative ! Et surtout ne durent que le temps d'une mode (cela revient parfois) mais dans les exemples de Ragon même pas le temps de toute une vie. Les anecdotes sont bien choisies et nous rendent proches Descartes, Pound, Clemenceau, Dumas ou Sagan. J'aime les citations en exergue. Gustave Flaubert : "On est reconnu pendant cinq ans, dix ans, quinze ans (c'est déjà beaucoup) puis tout sombre, hommes et livres". Louis-Ferdinand Céline : "On n'est plus qu'un vieux réverbère à souvenirs au coin d'une rue où il ne passe déjà presque plus personne." Petit livre sur l'illusion, sur le temps qui passe, sur l'aspect dérisoire des choses matérielles. La vie c'est ce que l'on est et pas ce que l'on a, j'ai toujours en tête cette phrase et Michel Ragon nous la remet en mémoire de bien belle façon ! Ajoutons sans être aussi pessimiste aujourd'hui ce que Charles De Gaulle écrivait : "La vieillesse est un naufrage" pour être complet.

Tant qu'il est temps, essayons de faire le tri dans les valeurs proposées et choisissons bien !

Jacques MERCIER

 

Ils se croyaient illustres et immortels... par Michel Ragon. Edition Albin Michel 2011. 162 pp. Format 13cm/18,5cm. 15 euros.

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30 12 10

Une fresque dessinée pour Napoléon !

napoleon.jpgC'est le premier ouvrage édité pour Nicolas Dandois, carolorégien issu de l'atelier de BD de Saint-Luc à Bruxelles, et c'est excellent ! Voici le premier tome d'une saga consacrée à Napoléon, intitulé "Eté 1815". Un si beau travail de dessinateur que les planches ont été exposées au Musée Wellington à Waterloo ! On raconte dans ce volume la mort de Napoléon, l'autopsie, etc. ensuite on remonte dans l'Histoire jusqu'à la fin politique de l'empereur après sa défaite. Dans sa demeure de Malmaison, hanté par le souvenir de Joséphine, il ne maîtrise plus son destin... Pierre d'Harville dans la préface écrit : "Oui, Nicolas a de l'audace, c'est bien le rôle d'un auteur de bande dessinée. J'ai aimé les intrigues, les scènes de guerre, les scènes de lit. Napoléon tonne, grogne, sourit parfois, commande souvent." En noir et blanc, les dessins s'inscrivent totalement dans la sensibilité actuelle, même réflexion pour le format. Une formidable façon de redécouvrir ce personnage fascinant et contesté. On attend donc les autres tomes !

Jacques MERCIER

 

Ete 1815, Napoléon - Tome 1, écrit et dessiné par Nicolas Dandois. Editions Des ronds dans l'O. Sept 2010. 160 pp. Format 16,5 cm/24 cm. 16,50 euros.

28 12 10

Inventer sa vie !

lavilliers.jpgQuel livre étrange ! Une biographie de Bernard Lavilliers, d'abord acceptée, puis refusée, puis poursuivie par Michel Kremer, critique musical... Etrange parce qu'on y retrouve vraiment - avec admiration - tout le parcours de Bernard Lavilliers, ses disques, ses motivations... mais aussi ses mensonges : les inventions auxquelles - moi-même dans les années 70 - tout le monde a cru ! Il ne fut pas boxeur, il n'eut pas une enfance malheureuse, il ne fut pas chauffeur de poids lourd en Amazonie... et même, oui, il a copié, plagié beaucoup de textes de poètes qu'il aimait ! Le résultat est trouble : ce n'est pas qu'on ne l'aime plus, mais comme s'il nous avait trompé, il faut qu'on tolère, accepte et pardonne... Ce serait dommage de ne retenir que ses erreurs, car le livre est surtout une excellente analyse de sa place dans la chanson française. L'auteur cite d'ailleurs cette déclaration de Blaise Cendrars à propos de son célèbre roman "Le Transsibérien" : "Qu'importe si j'ai pris ce train, puisque je l'ai fait prendre à des milliers de gens." En effet ! On comprend bien le processus de création de Lavilliers : "Lavilliers aime écrire en état d'urgence..."mais ne pas tout raconter" explique-t-il lui-même dans une interview "La chanson aime le non-dit, le non-lieu et les personnages secrets. Elle aime le flou, ce qui se passe ailleurs, de l'autre côté de la logique." Je ne connais pas beaucoup de plus juste définition de l'écriture d'un texte de chanson. On croise dans le livre Nicoletta (idées noires), Ray Barretto, Corto Maltese, Léo Ferré... et ses femmes, Lisa, Evelyne... Tout le parcours incroyable du petit Stéphanois, né Bernard Oulion, devenu Bernard Lavilliers.

Jacques MERCIER

Les vies liées de Lavilliers, par Michel Kemper. Edition Flammarion. Collection pop culture. novembre 2010. 388 pp. 20 euros.

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25 12 10

Philo pour jeunes !

Ferry philosophie.jpgTu es jeune ? Tu veux aimer la philo ? Lis-moi ! C'est à peu près le message de Luc Ferry dans cet ouvrage "Apprendre à vivre" et sous-titré "Traité de philosophie à l'usage des jeunes générations", qui vient d'être réédité en collection de poche. Ancien ministre de l'Education nationale française, le philosophe a un sens admirable de la pédagogie. Il nous conduit ici, en nous tutoyant, à travers toutes les grandes écoles philosophiques. C'est une introduction remarquable à une étude plus poussée, une synthèse magnifique ! Pourquoi ce livre ? Luc Ferry s'en explique dans l'avant-propos : "D'abord, égoïstement, parce que le spectacle le plus sublime peut devenir une souffrance si l'on n'a pas la chance d'avoir à ses côtés quelqu'un pour le partager". C'est donc au partage de ses connaissances que nous invite l'auteur. Il nous explique en termes simples le parcours en trois étapes de la philosophie : la théorie, la morale et l'éthique et finalement la conquête de la sagesse. Au passage, on glane des phrases de philosophes évidemment. De Sénèque, au hasard : "Il faut retrancher ces deux choses : la crainte de l'avenir, le souvenir de maux anciens. Ceux-ci ne me concernent plus et l'avenir ne me concerne pas encore". Et ceci "Tandis qu'on attend de vivre, la vie passe." Au moment de parler de Jean-Jacques Rousseau, on lit le statut de l'homme par rapport à l'animal : "Au contraire, l'homme va se définir à la fois par sa liberté, par sa capacité de s'arracher au programme de l'instinct naturel et, du coup aussi, par sa faculté d'avoir une histoire dont l'évolution est a priori indéfinie." Kant, Descartes, ils défilent tous avec leurs idées transcrites simplement. Il s'attarde avec raison sur "le cas Nietzsche", dont il dit : "On peut ne pas partager ses idées, on peut même les détester, mais on ne peut plus penser après lui comme avant. Là est le signe incontestable du génie." Une idée parmi d'autres dans sa philosophie : "Dans le conflit entre la raison et les passions, ne pas choisir les secondes au détriment de la première, sous peine de sombrer dans la pure et simple "bêtise"." L'idée actuelle de Luc Ferry est optimiste, remplie d'espoir (voir son livre "la révolution de l'amour") et elle s'annonçait déjà dans ce livre-ci : "L'urgence n'est certes plus de s'en prendre à des "pouvoirs" désormais introuvables tant le cours de l'histoire est devenu mécanique et anonyme, mais au contraire, de faire surgir de nouvelles idées, voire de nouveaux idéaux, afin de retrouver un minimum de pouvoir sur le cours du monde." Et de terminer par l'idée maîtresse du respect d'autrui !

Jacques MERCIER

 

Apprendre à vivre, par Luc Ferry. Edition J'ai lu, 2010 (édition orig. Plon 2006). Format de poche. 314 pages. 7 euros.

02 12 10

Une merveille de tendresse !

livrejacques.jpgC'est un petit livre intemporel, pour ne pas dire éternel. C'est un livre de tendresse. Certains n'hésitent pas à parler d'un nouveau "Petit Prince" ! "Dis, est-ce que ça repousse les ailes" de Brigitte Jacques L. est, en effet, un moment de grand bonheur de lecture et de poésie (dans un sens de climat poétique, de conte, d'invention). Un plaisir composé de lumière, de poésie, d'émerveillement : les dessins, le texte et sa disposition, sa simplicité, tout contribue à rendre cette découverte inoubliable. Yves Duteil, qui s'y connaît en enfance et en tendresse dans ses propres créations, a écrit une sorte d'éditorial d'après lecture, et ses mots traduisent le même sentiment partagé par tous les lecteurs (très nombreux déjà), grands et petits. Un extrait pour tépoigner de cette profondeur du texte : "Le regard que l'on pose sur lui / Un jardin a besoin de se sentir regardé avec amour pour être beau / quelles que soient ses saisons / quel que soit le terrain / quelles que soient ses pousses / à ces regards-là / il fleurit / à ces regards-là / il donne des fleurs inattendues simplement parce qu'il se sent aimé." En cette période de fêtes d'enfance, de naissance et d'innocence, c'est le cadeau idéal; presque pour équilibrer les jouets plus prosaïques...

Jacques MERCIER

Dis, est-ce que ça repousse les ailes ? de Brigitte Jacques L. Edition Fidélité Jeunesse. Broché. 84 pages. 16 euros. Rens : www.dismelodie.be

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30 11 10

Comprendre la honte !

Cyrulnik honte.jpgLe neuropsychiatre Boris Cyrulnik aborde aujourd'hui le problème de la honte. Dans "Mourir de dire - La honte", l'auteur de tant d'essais magnifiques ("Parler d'amour au bord du gouffre", "De chair et d'âme", etc.) analyse ce "poison de l'existence" qui nous atteint tous plus ou moins. De celui qui rougit à la victime de la pédophilie, hélas bien à l'ordre du jour. Quelques phrases notées tout d'abord : "Les mots sont des morceaux d'affection qui transportent parfois un peu d'information." (P.7) Dans le chapitre "sortir de la honte", on lit : "La réussite n'est pas toujours une preuve d'épanouissement, elle est souvent même le bénéfice secondaire d'une souffrance cachée." (P.38). Dans la section "La mort dans l'âme", cette évidence qu'il est bon de se redire : "Ce n'est pas l'échec qui provoque la honte, c'est le sentiment d'échec, ce qui n'est pas pareil." (P.76) Ceci qui devrait être une devise : "On n'éprouve la honte que si l'on souhaite préserver son amour-propre sous le regard de ceux auxquels on donne le pouvoir de nous rabaisser" (P. 242). C'est une approche actuelle, inédite, nourrie des dernières études de la science que nous propose Boris Cyrulnik. On sait que les animaux n'éprouvent pas la honte et qu'elle est, chez l'homme, la preuve d'un bon développement intellectuel et affectif. Il faut donc bien distinguer les honteux, qui se soucient de l'autre, et les pervers, qui n'incluent pas l'autre dans leur univers. L'auteur revient sur son enfance juive, il fut un des trois rescapés de la rafle des enfants bordelais en 1944 ; Si on témoigne, explique-t-il, on transmet son, traumatisme; si on se tait, on transmet l'angoisse du silence. L'auteur est devenu psychiatre pour essayer de tout comprendre. Ce qui est impossible, mais l'incite néanmoins à l'optimisme. De livre en livre, il réinvente une manière plus harmonieuse de vivre ensemble. Il mise sur l'humanité de l'homme en quelque sorte. Après John Bowlby, qui a introduit le terme dans ses écrits sur l'attachement, en France, c'est Boris Cyrulnik qui développe le concept de "résilience" (reprendre vie après un malheur) en psychologie. Dans cet ouvrage, Boris Cyrulnik nous engage à dépasser la culpabilité et à retrouver force, fierté et liberté.

Jacques MERCIER

Mourir de Dire La Honte, par Boris Cyrulnik. Edition Odile Jacob. En couverture : la réprimande, d'Edouard Frère. 264 pages. 22,50 euros.

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26 11 10

Au fil des musiques : les mots !

Mormorat  La fille du froid.jpg Voici donc le quatrième tome de la série, déjà évoquée ici, de recueils "Ancrage", où Christophe Marmorat lie si intimement musique et texte. C'est un nouvel enchantement ! Un livre complet où se mélangent poésie, musique, philosophie, réflexion, description, émotion. Tout d'abord l'auteur s'explique sur le choc de la chanson "Les rideaux" d'Elodie Frégé. J'aime aussi que cela commence par un retour à l'enfance "sensation douce, puis chaude". Oh, cette surimpression de mots différents collés sur ceux de "Autumn Leaves" (version chantée par Eva Cassidy) : une merveille ! Ses souvenirs égrenés et toujours la musique, une création née, dit-il, de la lecture de Proust et de Bergson. Comme j'aurais aimé écrire un aussi incroyable début de texte que "Je suis né vieux et dans une certaine solitude"... Dans ses "tentatives philosophiques", il évoque la beauté des corps et des âmes. Il parle aussi de la guerre, puis nous vient "La fille du froid", et sa photo en noir et blanc "une lourde capeline entoure ses épaules". La Fille du Froid va accoucher d'Ange, se retrouve sur scène, plonge dans la mer... et toujours la qualité de l'écriture :  "tu seras la couturière des sourires glacés". Ensuite il y aura des textes pour des figures féminines : Aurèle ("Aurèle Louve, à pas de loup"), Lucie, Isabelle, Julie, Béa.. et même des instants érotiques avant un dernier conseil (provisoire puisque nous attendons les trois derniers volumes) : "Vivez pour ce moment où vos yeux se poseront sur la grâce" !

Jacques MERCIER

La Fille du Froid, suivi de "Poèmes pour Aurèle" par Christophe Marmorat, 228 pages, édition par l'auteur, coll. Ancrage. 18 euros. cmarmorat@yahoo.fr - Libris Agora Louise.

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26 11 10

Les poètes sont immortels !

piqué des vers.jpg  C'est rappelé dans la préface de cette superbe anthologie : "Longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dans les rues" (Trenet) ! La poésie et l'amour sauvent le monde, vient d'écrire Jean d'Ormesson dans son dernier livre. Tout cela annonce bien ce "Piqués des vers" qui fête le 300° numéro de la collection Espacxe Nord, aujourd'hui à la Renaissance du Livre ! Immortels les poètes belges repis ici le sont d'une certaine manière puisqu'on n'y a indiqué que leur année de naissance (et on les trouve dans cet ordre chronologique) mais pas d'autre date, histoire d'imaginer qu'ils sont tous encore vivants ! (j'ai le grand honneur d'y avoir un poème, j'en rougis de bonheur!). Colette Nys-Mazure parle de la "contagion du poème". Elle explique qu'il faut arracher la poésie à la tour d'ivoire dans laquelle on l'enferme, souvent contre le gré de poètes. "La poésie est tout sauf une décoration de l'existence" écrit-elle fort élégamment "Substantielle, elle aide à vivre; et celui qui l'écrit et ceux qui la lisent." Son conseil ? "Apprendre par coeur et par corps ces poèmes, se les redire ici et là, en chemin ou dans une salle d'attente, quel plaisir sans ombre ! Je crois à ces mots qui permettent de tendre une main et de traverser la nuit sans mourir." Magnifique ! Le recueil fort bien mis en page commence par Emille Verhaeren (1855) et se termine par Kathleen Dor (1983). Les auteurs revendiquent le choix des coups de coeur et proposent dans ce bouquet de grands noms, des redécouvertes et de délicieuses surprises. J'ouvre au hasard : Evelyne Wilwerth "Elle tourna le dos / aux colloques/ et ôta ses chaussures. / Ses pieds / apprivoisèrent l'herbe. / Elle sut / qu'elle avait échappé / de justesse / à la mort."

Jacques MERCIER

Piqué des vers ! Colette Nys-Mazure et Christian Libens. Edition Renaissance du Livre. Collection Espace Nord. 416 pages. Couverture Olivier Brunet. 12 euros.

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08 11 10

Vertigineux !

Univers.jpg Voici donc les dernières perspectives vertigineuses que nous offre la cosmologie contemporaine ! Embarquement immédiat, attachons nos ceintures ! C'est passionnant ! Notre guide, Etienne Klein, dirige le laboratoire de recherche sur les sciences de la matière au Commissariat à l'énergie atomique. Bien des réflexions et des recherches commencent avec Galilée... "C'est parce qu'il est l'un des rares à intriquer ces deux questions - Comment l'univers est-il apparu et pourquoi est-il apparu ? - que le problème de l'origine nous oblige à sonder les capacités ultimes de la science." Avant d'entrer dans cette exposition des thèses en présence et donc de nous faire une idée, si possible, l'auteur nous demande d'avoir à l'esprit trois choses essentielles : Un : L'univers, dans son idée moderne, est lié à une unité et à des lois (les mathématiques). Deux : L'univers peut être objet de science (la science ne s'occupe que des choses dont l'existence physique ou matérielle est avérée). Une idée jeune de moins d'un siècle, grâce à Einstein, à Hubble, etc. Trois : L'univers a une histoire, qui ne se réduit pas qu'à ses constituants (depuis Lemaître). On parle donc du Big Bang, qui ne serait donc plus une explosion initiale, mais un épisode traversé par l'univers... etc. J'aime ces repères tel celui-ci : "Un constat s'impose. Les lois physiques sont "hors du temps", au sens où elles ne changent pas au cours du temps : elles étaient les mêmes dans l'univers primordial qu'aujourd'hui. L'univers, lui, a changé. Plus précisément, les conditions physiques au sein de l'univers n'ont cessé d'évoluer." Cette évolution, on a peu l'habitude d'en tenir compte dans le monde occidental, alors qu'en Chine, par exemple : "La vie et le monde sont en transition continue et ne peuvent être dits que sous l'angle d'un perpétuel devenir." A vous de découvrir ce livre passionnant. Sachez encore que l'horizon que visent les scientifiques aujourd'hui est la découverte d'une "théorie du tout" (le mariage de la physique quantique et de la relativité générale)... Vertigineux, je vous le disais !

Jacques MERCIER

 

Discours sur l'origine de l'univers, par Etienne Klein, Edition Flammarion/NBS, 182 pages. 17 euros (prix France)