28 01 16

Le merveilleux "LUDICTIONNAIRE"

_ludictionnaire.jpgOn en n'attendait pas moins de Bruno Coppens : un merveilleux Ludictionnaire, qui propose des définitions de noms propres, de noms communs, d'expressions latines et françaises. Je qualifiais souvent sur antenne Bruno Coppens, habitué des délires verbaux, de "nouveau Raymond Devos". Je maintiens, mais il va plus loin que son maître : alors que Devos jouait autour de quelques jeux de mots pour en faire un sketch, Bruno ne cesse de penser en mots, en les triturant, en leur faisant dire plus que ce qu'ils sont, mais toujours avec un humour fou. Il fait partie, comme Geluck, de ces personnes qui font des gags qu'on aurait aimé faire, mais surtout auxquels ont s'en veut de ne pas avoir pensé avant eux ! Voici quelques exemples, au hasard :

Adulte : Adolescent ayant mis l'acné sous le paillasson.

Alzheimer : Magasin d'efface et à trappes.

Humour : Essuie-glace que l'on actionne lorsqu'on roule dans une tempête de neige. Cela ne supprime pas la tempête mais cela permet d'avancer.

Et un petit nom propre pour la route !

Obama (Barack) : Vedette de la série télé "Desperate house white", l'histoire d'un couple errant dans la Maison Blanche et suscitant les plus grands espoirs. Dans les saisons 1 et 2, Obama réussira à débarrasser la planète de ben Laden, à rafler le prix Nobel de la paix et à négocier un accord avec l'Iran. Il n'y aura hélas pas de troisième saison. Mais le couple demeure charismatique au point qu'on l'appela "le couple le plus belge de la planète, les "Barack Michelle" !

Vous pouvez retrouver Bruno sur scène et à la radio dans "Un samedi d'enfer" ou "les Cafés serrés".

Jacques MERCIER

Ludictionnaire, Bruno Coppens, Ed. racine, 160 pp. 14,95 euros.

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Dictionnaires, Humour, Jacques Mercier, Langues | Commentaires (0) |  Facebook | |

20 01 16

Michel Onfray ou l'intuition du monde

 

_onfray analyse.jpgIl ne m'étonne pas que Adeline Baldacchino, poétesse elle-même, auteure d'un ouvrage sur Max-Pol Fouchet, entre autres, se soit intéressée à Michel Onfray, philosophe et poète. Dans Michel Onfray ou l'intuition du monde, l'auteure explore trois aspects de l’œuvre : poétique, érotique et éthique.

Au début du livre, dans le chapitre « Genèse », Adeline Baldacchino explique qu'elle a voulu « prendre par la main les néophytes pour les « conduire jusqu'au secret des œuvres » ». Pourquoi lier philosophie et poésie ? Elle écrit : « La philosophie et la poésie, quand elles ne renoncent pas à être populaires, quand elles n'ont pas honte de s'offrir au commun des mortels, atteignent au plus haut de leur mission. »

Ou encore : « Procédant d'un même ressort initial, poètes et philosophes tentent pourtant d'accéder par des voies divergentes au même objectif : mieux vivre, qui est à la fois mieux sentir et mieux comprendre. »

Voici ce que cherche la poésie : « D'abord vivre ; pour écrire ensuite. » dit Onfray. A propos d'une forme de poésie, j'adore cette image de Michel Onfray : « Pour écrire des haïkus, il faut être dans le monde, présent au monde comme on surveille le lait sur le feu – dans l'attente du débordement. »

On sait combien Michel Onfray est particulier, tellement qu'il est devenu une cible visée de partout, ou plutôt des milieux « autorisés », comme on disait, et dans les médias surtout. Au point que l'auteur a refusé d'y passer pour la promotion de son prochain livre. Pour avoir vu quelques interviews de lui, je le comprends. L'agressivité qu'on a à son encontre n'a d'égale que la force de son propos. (Comme j'ai adoré « Cosmos », première partie de sa grande œuvre!)

« Michel Onfray est suspect, gênant parce qu'il lit trop et trop vite, écrit trop et encore plus vite. »

Mais évidemment, il s'agit de Michel Onfray, le plus grand philosophe français vivant, ô combien vivant !

« Chacun sent confusément qu'il n'est pas besoin de renoncer à la douceur pour atteindre à la puissance, à la rêverie pour se revendiquer de la rigueur, à l'imaginaire pour enquêter sur le réel. »

Onfray est un cas à part, non assimilable aux autres. L'auteure écrit : « Foncièrement différent car il tentait ce coup de force d'être à la fois un pédagogue au sens le plus classique de l'éducation populaire, un philosophe engagé dans la vie de la cité au sens le plus politique du terme et un écrivain au sens le plus littéraire et poétique du mot. »

Vous découvrirez avec volupté je pense cet essai passionnant et jubilatoire. Avec des citations superbes comme :

« Les poètes n'ont pas de pudeur à l'égard de leurs sentiments : ils les exploitent. » (Nietzsche)

« Le temps ne dure qu'en inventant. » (Gaston Bachelard)

« La poésie fait ramifier le sens du mot en l'entourant d'une atmosphère d'images. » (Bachelard)

« Les impostures de la poésie : Il s'agit de dire ce que tout le monde éprouve, mais d'une façon dont personne ne l'ait encore fait et qui en même temps parle avec éloquence au cœur de chacun. » (Roger Caillois)

Cette réflexion encore : « Écrire s'installe toujours dans l'espace d'une déchirure. » !

A mes débuts, je fus reçu par Alain Bosquet, qui serait un jour « intellocrate » à Paris. Il avait aimé mes poèmes. Un autre jour, Raymond Devos, natif de Mouscron comme moi, me fit l'apologie de Bachelard et j'achetai trois ou quatre de ses ouvrages magnifiques. C'est pourquoi cette anecdote rapportée dans le livre me touche beaucoup :

Un jour, Bachelard écrit au poète Alain Bosquet : « A vous lire, s'exaspère ma boulimie cosmique ».

Merci à Adeline Baldacchino pour cette approche superbe de ce grand philosophe. « Le propre des grandes œuvres » dit-elle « est de dégager un sentiment de générosité » ! Tellement juste.

 

Jacques MERCIER

 

« Michel Onfray (ou l'intuition du monde) », Adeline Baldacchino, Le Passeur éditeur 2016, 240 pp, 18 euros.

12 01 16

Nous aimer !

_ravaisson .jpgCette phrase du philosophe Félix Ravaisson est magnifique : « La pensée est une fleur de courte durée ». L'excellent livre « Testament philosophique » a été publié après sa mort en 1901. J'y trouve beaucoup de raisons d'espérer. Alors je partage avec vous ces instants rares.

Félix Ravaisson explique la vie en prenant comme principe créateur le battement.

« Le battement c'est élévation et abaissement, sursum et deorsum, autrement dit éveil et sommeil, vie et mort. »

J'aime aussi qu'il parle du mouvement et fait référence à Michel-Ange et à Léonard de Vinci : « Toute forme, a dit Michel-Ange, est serpentine, et le serpentement est différent selon les conformations et les instincts. Observe, dit Léonard de Vinci, le serpentement de toute chose. »

Mais sa proposition est surtout : « Aimez et la grâce vous sera donnée par surcroît. »

Voici encore deux citations :

« C'est pourquoi la poésie est chose plus philosophique et plus sérieuse que l'histoire, car l'histoire dit ce qui est, la poésie ce qui doit être. » (Aristote)

« Nous ne sommes au monde pour autre chose que pour aimer ». (Pascal)

Il est des soirs où la lecture nous réconcilie avec le monde !

 

Jacques MERCIER

 

« Testament philosophique », Félix Ravaisson, Editions Allia, 2008, 126 pp. 6,10 euros.

 

29 12 15

La chronique de Jean d'Ormesson : un régal !

_dormesson journal.jpgCe recueil d'articles écrits d'une plume talentueuse « Dieu, les affaires et nous », c'est la chronique d'un demi-siècle que nous propose Jean d'Ormesson. Dans la préface, Jacques Julliard explicite : « Quelle chance vous avez de croire, disent les bonnes gens, mais que c'est difficile ! Ils ne savent pas qu'il est non moins difficile de croire. Miterrand, comme d'Ormesson, eux, le savent. Ils ont l'athéisme ctaholique, comme un Rocard ou un Jospin ont l'athéiosme protestant. N'imaginez pas que lma différence soit négligeable : c'est toute la sensibilité de la personne qui se trouve imprégnée par les orientations religieuses de base, même chez les incroyants. » et de poursuivre : « Alors il ne suffit pas d'avoir du talent, du charme et de la chance. Il faut encore, par ces temps de conformisme morose, avoir le courage d'être heureux. »

Dans la première partie, l'auteur nous donne un choix de « moments » : Quelques phrases picorées en 1984 :

« Nous sortons d'un univers qui valait ce qu'il valait. Plein de privilèges, d'injustices et d'inégalités, il vivait au moins dans l'impatience de l'avenir et dans l'espérance de l'amélioration. C'est ce qu'on appelait le progrès. »

« Les vieilles vertus d'autrefois – le respect pour les anciens, la tradition, la famillle, l'exaltation du travail, la patrie – sont tombées au rang de sarcasmes, de matières à plaisanterie, de lubies malfaisantes. »

« La vie est merveilleuse ; il faut tout trouver en toi-même : la justice, le bonheur, la simplicité, la grandeur. Et alors, peut-être, tu reconstruiras le monde. »

Quelques autres éblouissements écrits dans Le Figaro :

En 1993 :

« Ce n'est pas leur origine, c'est leur seul comportement qui met une différence entre les hommes. »

En 2000 :

« Il est trop facile de ne tolérer que les idées et les mots sur lesquels on est tous d'accord. »

En 2002 :

(Après que Jospin soit battu par Le Pen) « La première des leçons est, une fois de plus, le caractère intuile ou néfaste des sondages. Relayés sans relâche par les médias qui partagent leurs responsabilités, ils donnent des informations toujours exactes, mais qui ne répondent jamais à la réalité. »

Dans la deuxième partie intitulée « L'histoire que nous vivons », voici encore un extrait d'article publié en 2011 :

« Il semble que notre monde moderne soit devenu non seulement, comme nous l'a appris Edgar Morin, d'une compléxité toujours croissante, mais aussi d'une imprévisibilkité assez surprenante. »

Une incroyable traversée de notre temps effectuée en compagnie d'un très grand écrivain-éditorialiste !

 

Jacques MERCIER

 

« Dieu, les affaires et nous », chronique, Jean d'Ormesson, préface de Jacques Julliard, Edition Robert Laffont, 2015, 668 pages, 24 euros.

 

 

17 12 15

L'idée de Dieu, l'idée de l'âme

_vieilliard baron tourpê.jpgCe n'est pas un livre facile, mais quel bonheur de suivre ce dialogue entre le docteur en philosophie, Emmanuel Tourpe, et le professeur émérite de philosophie, en particulier la philosophie de la religion, connu pour ses travaux sur l'idéalisme allemand (Novalis, Hördelin), sur Bergson et Lavelle, qu'est Jean-Louis Vieillard-Baron. « L'idée de Dieu, l'idée de l'âme » passe en revue sa vie, ses études, ses oeuvres, ses idées.

Voici ce qu'il dit de la religion : « La religion chrétienne a joué un rôle dans ma vocation philosophique ; car elle avait deux atouts à mes yeux, sa doctrine, intellectuellement très attrayante, très axée sur les mystères de l'existence, et très spéculative aussi avec la prodigieuse élaboration de la Trinité, et la prière comme exercice spirituel, dépouillement de l'âme devant Dieu. J'étais beaucoup moins sensible, à tort certainement, à l'aspect communautaire, à l’Église comme union institutionnelle des croyants, à l'aspect sacramentel aussi. »

Il est intéressant de suivre et de comprendre aussi sa manière d'étudier. Il dit « Concentrer son attention, c'est cela qui est une vraie décision philosophique. » Et ceci qui est superbe : « Très tôt j'ai eu la chance de me jeter à l'eau pour apprendre à nager, tant bien que mal, souvent mal, mais parfois bien. Au moins, j'ai eu la satisfaction, comme Montaigne, de me faire une vérité à moi. Je pressentais que je ne pouvais être sage que par moi-même. Il a fallu beaucoup de temps pour y parvenir. »

A propos du temps : « Mais, entre le temps physique des choses et le temps vécu de la conscience, il y a deux intermédiaires instructifs : le temps biologique, qui est le temps de la croissance et du vieillissement, et le temps social, qui est le temps de la vie en commun. Le premier nous ouvre vers le temps cosmique ; le second nous oriente vers l'histoire des hommes. »

« C'est le passé qui, s'il est évoqué, et quand nous le rappelons, devient présent. »

Bien sûr à propos de l'âme : « Nous avons à faire une essence de l’existence qui nous est donnée. »

Et surtout : « En fait, c'est tout au cours de notre vie qui nous constituons notre âme et l'éternisons. Plus nous sommes engagés dans les affaires du monde et plus nous nous éloignons de notre âme. Il faut une certaine sagesse pour savoir prendre sa place dans l’éternité. »

Tout ce qui concerne l'art et les artistes m'a particulièrement intéressé, voici, par exemple : « Je ne suis pas certain que les artistes soient bien conscients de tout ce qu'ils mettent dans leur art. Mais je suis certain d'une chose : c'est que les artistes médiocres n'attachent d'importance qu'à la technique de leur art, alors que les vrais artistes ont une pensée personnelle vigoureuse et profonde. »

Et : « L'appréciation des oeuvres d'art est difficile et exigeante ; certains n'aiment ni les musées ni les salles de concert. »

Et : « Dans ce domaine, la connaissance ne nuit pas à l'émotion, heureusement. »

Et surtout : « Dans notre univers médiatique, la culture reste l'élément le plus déterminant de l’émancipation individuelle et collective. »

Cette phrase de Rainer Maria Rilke dans « Lettres à un jeune poète », que vous connaissez peut-être, devrait nous apparaître à tout moment de doute dans nos métiers de création : « La critique est la pire ennemie de l'art, car ce qui convient aux œuvres d'art, ce n'est pas la critique, mais l'amour. »

Bonne découverte ! Je ne vous donne encore qu'une phrase essentielle :

« C'est à nous qu'il appartient d'avoir une âme en réalisant notre vocation personnelle. »

 

Jacques MERCIER

 

« L'idée de Dieu, l'idée de l'âme », Essai, Jean-Louis Vieillard-Baron et Emmanuel Tourpe. 192 pp. Les dialogues des petits Platons 2014. 18 euros.

14 12 15

Les sensuels fantasmes...

_hoex.jpgC'est un de ces bonheurs de lecture qui nous arrivent de temps à autre, surtout quand c'est – non pas le hasard ! - la chance qui préside à la rencontre. Nicky Depasse recevait Corinne Hoex dans son émission matinale sur Radio Judaïca, alors que cette fois-là je donnais en direct mon « Mémo » hebdomadaire (C'est-à-dire mes phrases picorées dans un livre que j'apprécie). Je ne connaissais Corinne Hoex que par certains recueils de poèmes, toujours si bien soulignés par des illustrations choisies, mais je ne l'avais jamais croisée et surtout je n'avais pas encore lu son dernier ouvrage Valets de nuit  !

Ce sont plus de trente rêves, des fantasmes, mais le mot n'est pas approprié, c'est mieux que cela, c'est plus élégant, moins agressif. C'est poétique, comme l'est depuis longtemps, notre tradition de l'imaginaire poétique belge. Tout est possible, c'est ainsi que nous pouvons vivre sans être étouffé par la petitesse du pays. Ces récits cours sont imaginés avec un horloger, un fourreur, un géographe, un pompiste, etc. Le sculpteur propose une fin géniale, je vous conseille ce texte pour l'humour. Mais tous sont intéressants et jouissifs. « Le vigile » par exemple.

Chaque texte est précédé d'une citation adéquate et c'est une entrée en matière délicieuse. Le style est simple, clair, évident et appelle à la suite de la lecture.

« Hypocrisie » de Félicien Rops a été choisi pour la couverture. Quel merveilleux choix ! Ces fesses de femme qu'entoure un loup de carnaval. Laissons-vous emporter par ces histoires, par ces mondes étranges, qui sont bien féminins dans leur univers, mais qui nous touchent tant aussi ! J'ai parlé de « bonheur » et de « jouissif », on est dans le propos !

 

Jacques MERCIER

 

Valets de nuit, nouvelles, Corinne Hoex Collection « Traverses », édition Impressions Nouvelles. 160 pages. 14 euros.

 

 

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05 12 15

Rien de nouveau sous le soleil...

JUGEND.jpg

Dessin inédit de Johan de Moor.

29 11 15

Une incroyable aventure

_germe.jpgGhislaine Jermé a choisi de se consacrer à l'écriture, à l'âge de la retraite. Excellente idée, les projets et leurs réalisations prolongent nos vies et permettent de transmettre aux générations suivantes. Mais en réalité, elle écrit depuis son adolescence et l'on sent son appétit d'écrire intact ? Son premier roman s'appelait « Le soleil de mes rêves » très justement ! Le second s'appelle « Je ne suis pas un monstre ». Au rythme d'un par an, c'est une Incroyable aventure au pays des Societs, comme Tintin, qu'elle a choisi cette fois de partager. Un frère et une soeur décident de partir en vacances en Sibérie. Sont-ils d'innocents touristes ou des transfuges ? Pour quelles raisons les services secrets russes et britanniques sont-ils sur leurs traces ? Toutes les réponses vous seront données.

Ghislaine Jermé a le talent de bien décrire, de nous emmener dans l'action même grâce à des courts paragraphes espacés, qui sont comme un halètrement, une respiration rapide du lecteur qui suit le déroulement de l'histoire. Les très nombreux dialogues donnent une réalité à l'histoire.

Si vous aimez l'aventure, vous serez servi !

 

Jacques MERCIER

 

Incroyable aventure, roman, Ghislaine Jermé, Chat Ailé édition, 318 pp. 18 euros. Www.chataile.com distribué par Maison de la Poésie d'Amay.

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29 11 15

La poésie est une symphonie

_symphonia.jpgSymphonia humana propose des poèmes extraits des six premiers recueils de Philippe Colmant. Une symphonie ! Embelli encore par des photographies faites par l'auteur, qui décidément a beaucoup de talents, le livre est un enchantement. Ce que devrait être tout recueil de poésie.

Dans sa préface, Yves Bossut écrit : « Il s'assied au bord du silence pour écouter les trompettes de la vie et de la mort, de l'amour et de la détresse, celles de l'humanité. »

La phrase mise en exergue définit son titre :

« A l'Homme en quête d'âme

qui accroche tant bien que mal

ses notes fragiles et éphémères

(et des silences assourdissants)

à la portée du monde. »

Nous sommes mis dans les conditions d'écoute et de lecture, de vision et de silence. Et voici les poèmes...

Un seul exemple : « Chanter l'arbre » qui commence ainsi :

Sentinelle du vide,

Orphelin dans sa terre,

Gardien du temps trop long.

Laissez vous aller à la symphonie des poèmes de Philippe Colmant, c'est une musique qui restera longtemps dans votre âme...

 

Jacques MERCIER

 

Symphonia humana, poèmes, Philippe Colmant, préface de Yves Bossut, Demdel éditions, 116 pages, 12 euros. Www.demdel-editions.com

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24 11 15

Soyons "ZEN" !

_zen.jpgLe premier roman de Maxence Fermine fut un énorme succès : « Neige ». Paru en 1999, le roman fut traduit en 17 langues. Ce roman initiatique raconte l'histoire de Yuko, un jeune japonais qui compose des haïkus. Depuis lors, Maxence Ferine a écrit une petite vingtaine d'ouvrages, dont « L'apiculteur », « Opium », « La petite marchande de rêves » etc. Il vit en Savoie et se consacre à l'écriture.

Vous qui êtes troublé par le monde tel qu'on nous le présente dans les médias, vous qui êtes assourdis par le brouhaha des moyens de communications, « Zen » un livre qui va vous faire du bien ! Un beau livre, simple, clair, magnifique, tant dans le fond que dans la forme. La mise en page des phrases est magnifique, tout comme le style de l'auteur, entre poésie et récit. Une seule illustration au centre du roman en souligne sa beauté.

Voici un exemple : l'entièreté du chapitre 8 :  

« Être attentif à une branche prise dans le vent du matin. Observer le mouvement de la brume et des nuages. Vivre les lieux. Respirer les parfums de la nature. Saisir l'instant.

Puis s'enfermer dans son atelier. Et reproduire en un trait unique les nuances de la réalité.

Travail solitaire.

Souffle divin.

Comme tous les artistes sur cette terre, changer le monde de façon invisible.

Et cependant évidente. »

C'est l'histoire de Kuro, calligraphiste, et de Yuna, son élève. J'ai un peu de mal à extraire de l'ensemble quelques phrases qui donnent le ton.

« Matin de mai chaud et ensoleillé. Le chant des oiseaux dans les arbres. Musique harmonieuse. Dans le jardin zen, le champ de gravier forme des vagues d'écume. Mer blanche. »

« La musique la plus difficile à créer, mais certainement la plus belle, est celle du silence. »

« Yuna, elle, attend que la toile du silence se déchire d'elle-même. »

Voilà un bon livre, voilà ce qu'on attend aussi de la littérature et de ses écrivains. Merci !

 

Jacques MERCIER

 

« Zen », roman, Maxence Fermine, édition Michel Lafon, 138 pp. 14, 95 euros

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