18 05 15

L'heure de la Renarde

_renarde.jpgIsabelle Grenez rêve depuis toujours d'écrire. Aujourd'hui, cette Bruxelloise sort son premier roman "L'heure de la renarde".

Le décor est une ville de province, où se situe une moutarderie, une propriété où des renards ont élu domicile. C'est d'ailleurs Fabienne Bister qui signe la préface.

On assiste ici à un retour, un retour à la terre et à ses origines, un rendez-vous mère-fille... Un seul court extrait pour vous donner le ton et le style d'Isabelle : "Je retrouvais la maison, enfin, comme on pose son pied dans l'empreinte qu'on a laissée sur la terre molle lors de son précédent passage, comme on revient dans un refuge dont la cheminée crépite encore, comme on revit le goût sucré des fraises des bois qui fondent dans la bouche".

Un roman à découvrir pour l'été !

Jacques MERCIER

"L'heure de la renarde", roman d'Isabelle Grenez, Editions Jacques Flament, 240 pp. 15 euros. Photo de couverture C: Florence Baecke.

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14 05 15

Des mots croisés intelligents...

 

_mots croisés .jpgDans cette collections géniale "Le goût des mots", dirigée par Philippe Delerm, on propose pour cet été de faire des mots-croisés, quasi à l'ancienne ! Sur du papier... mais un papier spécial où vous pourrez gommer vos hésitations. J'adore cette idée qu'à l'époque du numérique, on ait envie de continuer à chercher des mots dans des cases blanches, glissées entre les noires, comme les touches du clavier d'un vieux piano. Il s'agit de la deuxième édition de 80 grilles (avec leurs solutions) tirées du journal "Le Monde" et qui sont créées par le cruciverbiste Philippe Dupuis, maître en la matière (et dans ce journal depuis 1997).

"Pal mal de culture, et davantage encore de malice sont requis, mais pas de quoi enquiquiner les autres, si ce n'est pour feindre d'échapper à la jubilation solitaire en interrogeant de temps à autre l'entourage. Sans succès le plus souvent" écrit Delerm.

Je vous laisse méditer sur la première définition du premier mot horizontal du premier mots-croisés du petit livre : "Rentre dedans" en 12 lettres...

Bon amusement !


Jacques MERCIER

"Les mots croisés du Journal le Monde", Grilles de Philippe Dupuis. 112 pages. 5,99 euros.

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07 05 15

Un très grand livre ! Cosmos...

 

_cosmos.jpgVoici un très grand livre ! Un de ceux qui peuvent bouleverser notre façon de penser, changer notre existence. A nouveau, je ne veux pas trop vous en dire, sinon qu'on peut comprendre à la fois que Michel Onfray est le philosophe, penseur, français le plus lu et aussi celui qui est le plus mal accueilli par les « pouvoirs » en place, dans tous les domaines...

J'espère que ces quelques mots appelleront votre curiosité...

Voici quelques phrases, choisies parmi les pages de notes que j'ai écrites en parcourant « Cosmos ».

 

« Nous nous détachons de plus en plus du réel pour nous contenter de jouir des images que nous nous faisons de lui. »

 

 

« Un rapport sain, apaisé, joyeux, courtois avec soi, les autres et le monde. Voilà vers quoi devrait tendre toute culture. »

 

Proverbe manouche : « Tout ce qui n'est pas donné est perdu. »

 

« Lentes, les émissions de télévision en direct étaient majoritaires au début de ce média ; trépidantes, elles sont devenues minoritaires, voire inexistantes. »

 

« La raison permettait la réflexion et s'adressait à l'intelligence de l'auditeur ou du spectateur ; la passion n'autorise que l'affect binaire, aimer ou détester, adorer ou haïr, kiffer ou niquer en vocabulaire postmoderne – le tout dans un faux temps, virtuel, devenu vrai, réel. »

 

« La confusion des temps empêche de partir à la recherche du temps perdu et de jouir du temps retrouvé, elle interdit qu'on connaisse la douceur de la nostalgie et la violence du désir des choses à venir. »

 

Spinoza : « Les hommes se croient libres parce qu'ils ignorent les causes qui les déterminent. »

 

« Le sexe, le sang, la mort : aucun animal n'y échappe ; les humains non plus, bien évidemment, eux encore moins que d'autres, même si certains d'entre eux montrent qu'ils le peuvent en indexant plus leur vie sur Eros que sur Thanatos – la tâche de toute philosophie digne de ce nom. »

 

« Les religions du Livre n'aiment et ne célèbrent que ce qui n'aime pas la vie.

 

Pour Celse : les animaux manifestent de l'intelligence ; ils construisent et bâtissent des cités comme les hommes ; ils témoignent de compassion envers leurs semblables ; ils s'avèrent prévoyants et sont donc capables de se projeter dans le futur ; ils enterrent leurs morts ; ils communiquent et disposent d'un langage qui leur permet d'échanger des informations sans se tromper ; ils disposent d'un savoir médicinal assimilable à de la magie ; ils prévoient l'avenir ; ils passent des contrats et honorent leurs serments ; ils se montrent doués de pitié filiale.

 

Le païen Celse n'avait pas mis de livres entre le monde et lui, il le voyait tel qu'en lui-même l'éternité ne l'a pas changé.

 

 

« Le nez dans les livres, les hommes ont cessé de le lever vers les étoiles. L'invention du livre éloigne le monde. La bibliothèque détourne du cosmos. »

 

« On découvrira que les intuitions atomistes d'il y a 25 siècles se trouvent globalement corroborées par les récentes découvertes scientifiques en la matière – alors que, depuis 2000 ans, la science n'a jamais confirmé une seule hypothèse chrétienne et les a même toutes invalidées – la géologie déclasse la thèse chrétienne de l'âge du monde, l'astronomie celle du géocentrisme, la psychologie celle du libre arbitre, le naturalisme darwinien celle de l'origine divine de l'hommes, l'astrophysique celle de l'origine créationniste du monde, etc. »

 

 

« Jésus, n'ayant jamais existé historiquement mais ayant été fabriqué par des juifs qui pensaient que le Messie annoncé était venu et qu'il était tellement vrai que ce qui fut prédit dans les textes s'est réalisé dans l'histoire, a généré une façon d'être, de penser, de peindre, de sculpter.

 

Le corps chrétien s'est construit sur cette fiction devenue réalité par la volonté des constructeurs de la mythologie chrétienne. »

 

« Constantin convertit l'Empire à la secte chrétienne en fabriquant du même coup la civilisation européenne. Les artistes furent les acteurs majeurs de cette scène historique, spirituelle, religieuse, idéologique.

 

Arcimboldo paraît être le premier à échapper à l'art chrétien. On ne trouve rien, dans sa trentaine de toiles connues, qui rappelle de près ou de loin le christianisme. »

 

« Le sublime surgit dans la résolution d'une tension entre l'individu et le cosmos. »

 

Michel Onfray dit qu'il s'agit ici de son « premier livre » (après 80 autres), je dirais qu'il est le plus important. Il s'agit d'une philosophie personnelle de la nature. Une sagesse humaine en harmonie avec le monde, tel est le propos.

 

Jacques MERCIER

 

« Cosmos », « Une ontologie matérialiste », Michel Onfray, Ed Flammarion 2015, 568 pp. 22,90 euros.

 

04 05 15

Le dernier Mystère de Sollers !

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Pour définir ce dernier ouvrage de Philippe Sollers « L'école du mystère », il suffit de vous détailler les titres de toutes ses parties (des chapitres?) : Messe, Fanny, Jazz ( « Le Saint-Esprit souffle où il veut, à travers tous les instruments et toutes les syllabes »), école, obscénité, dieux, exclusion, feu, tombeau, Manon, Marilyn, sport, duras, fumée, tippi, singuliers, appels, Odette, nervure, société, critiques, sans-souci, muse, prière.

C'est un foisonnement intelligent et passionnant. Il n'est pas étonnant que l'écriture soir au centre des réflexions : « Presque personne ne semble se douter que l'écriture, comme l'amour, la musique, les échecs, les mathématiques, est un sport de haut niveau. »

Pas surprenant non plus de retrouver ses auteurs favoris : « Lisez attentivement cette phrase, et, même, apprenez-la par cœur : « Ce tintement rebondissant, ferrugineux, intarissable, criard et frais de la petite sonnette. » (la porte du jardin de Combray, dans Proust « à la recherche du temps perdu »)

Mais je recopie quelques phrases du « chapitre » « Nervure » pour vous donner l'envie de découvrir, à votre manière personnelle, avec vos propres références, le tout ! : « La « nervure » consiste à savoir se déplacer à travers les cinq sens. Le mouvement d'abord : se faufiler, se glisser, s'éclipser, devenir invisible (en se montrant parfois à l'excès), faire volte-face, tourner casaque, déserter, mentir. Marcher souvent pieds nus dans le noir, écouter les murs, les parquets, les tapis, les dallages. Choisir des angles de vue selon les couleurs, toucher du bois, discerner les odeurs, saisir des parfums de femmes dans le cou ou derrière les oreilles. Éprouver en profondeur la toile, le coton, la soie, les feuilles, les galets, le velours. Écouter, du plus près possible, la main gauche d'un grand pianiste. Entrer dans le noir nocturne des arbres, pour mieux voir leur vert des matins d'été : Être assis négligemment au bord de la fosse qu'on a fait creuser pour vous enterrer, et, là, surprise dans le film, allumer une cigarette. Être somnambule très tôt, noter ses rêves, s'endormir n'importe où en trois minutes, être sourd quand il faut, mais rester attentif au moindre changement d'accent dans les mots. Être familier de toutes les fenêtres et de toutes les portes. Garder son enfance au bout des doigts, surtout, mystère de la foi. »

Jacques MERCIER

« L'école du mystère », Philippe Sollers. Gallimard 2015. 158 pp. 17,50 euros.

 

 

 

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24 04 15

La liberté, c'est la poésie !

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Le mot « liberté » est un mot sacré qui n'est jamais si bien utilisé que par les poètes. Philippe Colmant est un poète. On trouve dans ce recueil deux des plus belles définitions de cet état, de cette vocation, de ce vice impuni : « Les poètes sont des nomades / Dans les sables mouvants / Du temps qui fuit sans cesse », mais aussi « Poètes, / Va-nu-pieds qui marchez / Sur les tessons de verre/ De vos cœurs éclatés » !

 

>Les poèmes sont souvent de facture classique, parfois ce sont de courts textes inspirés qui s'évadent de ce cadre. Et cela donne des instants de jubilation : « Aimer l'arbre / Lui parler »...

 

Les poèmes sont aussi des jeux autour des mots, des rapprochements de sens, de syllabes, de racines. Car c'est bien la poésie qui s'occupe le mieux de la langue française, du langage, de la recherche profonde du sens : « La nuit tombe sur ces tombeaux » ou « Et je ris de me voir / Si gai en ce mouroir » ou « Le fruit vert de nos pêchers de jeunesse » ou cette magnifique trouvaille « Le phare tourne de l’œil » ou enfin « Trop de censure / Trop de sang sur / Les murs ». Remarquables mouvements des mots qui remuent nos âmes.

 

Notons, au passage, que si le surréaliste Yves Bossut compara le poète Philippe Colmant à un violoniste « qui effleure le sens des mots, les caresse, les organise », on en retrouve ici un écho : « En posant l'arc-en-ciel / Sur les cordes de pluie / Du violon des jours ».

 

De temps à autre le poète se fait chair et parle de « toucher les seins nus de l'indicible » ou évoque « votre corps aux courbes devinées ». Mais l'essentiel est consacré aux barbelés qui entourent et blessent la liberté : les génocides, les camps, la diaspora des peuples, les fusillés, « les hurlements du souvenir ». Le poète est alors terriblement humain et solidaire. Il met ses armes au service pacifique de la mémoire. Et tous les grands thèmes, le temps qui passe et la solitude, par exemple, apparaissent alors dans les écrits : « Le temps est barbelé et déchire les chairs ». Nous savons que pour un arbre soit majestueux et superbe, il faut soigner ses racines autant que ses branches.

 

Du premier au dernier poème, nous vibrons avec l'auteur, je dirais « naturellement ». Tout est déjà dit dans le premier texte : « A la dérive » , car on y trouve avec ce langage unique qu'est la poésie – qui montre, suggère, explicite, bien mieux que de longs essais – notre situation d'être humain, ici, sur cette terre.

 

Mais tout n'est pas encore dit avec le dernier texte « Vouloir », car il faut « rebâtir des ruines un palais / Pour vivre comme un roi et non plus un valet. » Par la fenêtre ouverte, c'est un nouveau paysage qui s'ouvre sous nos yeux. Le livre nous a changés, nous sommes différents, c'est l'alchimie de la belle poésie de Philippe Colmant !

 

Jacques MERCIER

"Chants barbelés", Philippe Colmant. 2015. 70 pp. Philippe.colmant@gmail.com

 

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15 04 15

Ecoutez L'art de la fugue avec Philippe Sollers

Philippe Sollers, Fugues, Folio, Gallimard

 

Philippe Sollers est un des auteurs fétiches de Jacques Mercier.

Mine inépuisable de citations, approche transversale de la culture, à tout le moins non conformiste, Philippe Sollers est un des grands intellectuels éclairés du XX° siècle qui n'en finit pas d'éblouir et surtout de montrer la voie en ce XXI° siècle.

Ce nouveau mémo est consacré à l'une de ses dernières publications, Fugues, en format de poche.

Ce volume est la suite logique de La Guerre du Goût (1994), d'Éloge de l'infini (2001) et de Discours Parfait (2010), soit une compilation d'articles, d'interviews et d'essais.

Jamais trois sans quatre. 


podcast

 

Fugues, Philippe Sollers, Folio, Gallimard, décembre 2013, 1312 pages, 14€90.

 

Le Mémo de Jacques Mercier est diffusé dans le Café de Flore de Nicky Depasse, le jeudi entre 13 et 15 heures sur Radio Judaïca en Belgique sur 90.2 FM.

Jacques Mercier, Nicky Depasse, Judaica 

20 03 15

Une ex, un chat... un réel et grand plaisir de lecture !

 

onlit_45_chat_2D_V4.pngBenoit D essaie tant bien que mal de se reconstruire une vie sentimentale. Voilà bientôt deux ans que Patricia l’a quitté, lui laissant son chat pour solde de tout compte. Le narrateur était loin d’imaginer que ce félin l’emporterait dans une série de situations plus improbables les unes que les autres : filatures nocturnes, courses-poursuites à travers les rues de la ville et rencontres insolites qui le mèneront droit en enfer !

 

Comment le chat de mon ex est devenu mon ex-chat , le dernier roman de Edgar Kosma, vous emmène dans un univers loufoque où la mécanique de l’absurde, tel un tramway lancé à folle allure, écrase tout sur son passage. Dans un style direct et contemporain, ce roman traite avec une double dose d’humour des sujets les plus essentiels de l’existence : les femmes et les chats.

 

Cette présentation sur le site de OnLit éditions est parfaite ! Ajoutons-y la critique de «Le Carnet les Instants » : « L’humour de l’auteur, mêlant drôlerie cynique et comique de situation, est pour beaucoup dans la réussite de ce livre. La lecture de ce récit sera d’autant plus savoureuse pour les Bruxellois car Edgar Kosma entraîne son lecteur dans une ville dont celui-ci reconnaîtra avec plaisir les lieux et l’ambiance. Un roman urbain, dans lequel l’environnement joue un rôle actif. Un livre à conseiller à tous les usagers de la STIB célibataires qui n’aiment pas les chats. Et à tous les autres."

Puisque ce site s'appelle « Lire est un plaisir », laissez-moi témoigner de mon plaisir fou dans la découverte de ce roman. J'en avais le loisir lors d'un long voyage en train vers Luxemourg (pour « la Langue française en fête » chez les traducteurs de la Cour des Comptes européenne!). Et c'est alors qu'on se rend compte du bienfait de la lecture numérique ! D'ailleurs on trouve un joli dialogue sur la Toile, alors qu'ils communiquent via un site de rencontre :

 Ego_239 : Salut Tristana78 !

Tristana78 : Hello Ego_239 !

La manière d'écrire, de décrire, de nous plonger dans le rêve, dans la vie, est jouissive ! Voici quelques extraits : « Le souvenir d'un rêve toujours présent lui remonte sans détour des entrailles jusqu'aux extrémités de son cerveau. » Ou «Les pires abrutis peuvent parfois, par chance ou malentendu, avoir raison. Le plus important est qu'il ne le sache jamais. »  

La description du chat est incroyable et vous donne une bonne idée du style du livre : « Un animal au pelage noir comme un écran de télévision éteint et brillant comme un écran de télévision allumé fait alors son entrée dans la pièce. »

Edgar Kosma s'amuse à multiplier les façons d'écrire, par exemple, de longues périodes proustiennes : « Et à peine le gardien a-t-il raccroché que Benoit D se met à courir à toute vitesse dans la direction opposée d'où il est arrivé dans un noir presque absolu qui ne le garantit d'aucune manière de ne pas se fracasser contre le tronc d'un de ces grands arbres dont il n'a jamais pris le temps d'apprendre le nom alors qu'il connaissait par coeur les noms de toutes les équipes de foot. »

Et la poésie ? Elle est aussi présente. Un livre complet, je vous dis !

 « De l'autre côté de la vitre, une lune incomplète éclaire la rue déserte. »

Jacques MERCIER

 « Comment le chat de mon ex est devenu mon ex-chat », roman, Edgar Kosma. Editions OnLit 130 pp. Numérique 5,99 euros – Papier 12 euros.

 

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03 03 15

SNCB Mon amour !

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 Voilà un livre qui nous change les idées dans ce monde un peu embrumé ! Voilà un rayon de soleil jubilatoire !

Nancy Vilbajo nous fait vivre sa vie de « navetteuse » (un terme bien belge, par ailleurs!), celle qui fait aller-retour tous les jours en train entre Binche, sa ville, et Bruxelles, où elle travaille. « SNCB, mon amour », ce sont les mémoires d'une navetteuse avec des illustrations remarquables et drôles de François Bouton.

Cela commence par une joyeuse nomenclature des passagers habituels de tels trains : le narcoleptique, le bio-bobo-antidéo, etc. Avec chaque fois « Mon conseil » à mourir de rire !

Cela continue avec, comme les statuts sur Face Book (qu'on retrouve parfois d'ailleurs), sous une forme quotidienne de petit rapport, suivi du « Hashtag »... Le tout illustré, entrecoupé de réflexions, d'explications, de digressions les plus insolites et amusantes les unes que les autres.

Quelques exemples :

JUL 8 : Nancy V : le train est arrivé avec une minute D'AVANCE ! Ca annonce une invasion extra-terrestre, croyez-moi ! H : fermezlesvolets.

JUL 11 : Nancy V : Entendu à l'instant même dans le train : « Terminus... La température au sol est de 28 degrés centigrades ! » Malin, va... H : KennedyAirPort

AUG 5 : Nancy V : va rimer, attention... « Tous ces trains à l'heure, c'est comme au bon vieux temps de la vapeur ! » H : çarimeçarame

OCT 17 : Nancy V : Nous avions la Bataille de l'Yser. Nous avions Sarajevo. Nous avions le Darfour. Aujourd'hui, nous avons la ligne Bruxelles-Binche ! Pour mes compagnons de combat et moi : courage et abnégation. H : commeen14

NOV 27 : Nancy V : La SNCB est très consciencieuse : elle s'entraîne déjà pour les perturbations de demain : H : admiration

NOV 28 : Nancy V : A la SNCB, c'est déjà Noël ! Tu arrives à l'avance pour ne pas rater ton train et tu sautes in extremis dans le train précédent qui vient d'arriver très en retard. H : espacetemps

Et puis, j'aime cette émotion décrite quand, changeant de boulot et se servant dorénavant de sa voiture, Nancy se trompe et se rend à la gare, l'émotion !

Un excellent petit livre à lire dans le train et partout !

 

Jacques MERCIER

 

« SNCB mon amour », « Mémoires d'une navetteuse », Nancy Vilbajo, illustrations Fraçois Bouton, Editions du Basson, 6001 Marcinelle. Www.editionsdubasson.com 14X20,5. 120 pp. 18 euros.

 

 

 

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02 03 15

Légitime démence, pas qu'un joli titre !

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C'est passionnant quand dans un roman, on découvre de telles phrases : « Donc l'amour n'est pas juste une histoire de sentiments, mais bien un incident qui doit tomber à un moment précis dans la vie. Le coup de foudre, d'accord, mais pas n'importe quand ! » ou celle-ci : « Je ne crée pas pour pouvoir me dire que je suis génial, mais parce que je suis satisfait qu'à chaque intervention une chose nouvelle naisse. Transporté de bonheur à l'idée d'accoucher une oeuvre ! »

Elles se trouvent dans « Légitime démence » de Nathalie Marly.

On se souvient du charisme de l'auteur lorsqu'elle présentait « Appel à témoins » sur la RTBF. Depuis, elle est spécialiste dans la transmission des entreprises familiales et en communication d'entreprise et dirige sa propre société. Mais Nathalie écrit aussi... et bien ! J'avais aimé « Au nom du père » en 99 et « Instants frivoles » en 2010. J'aime le langage vrai, vivant, de ce nouveau roman.

Et même parfois un dialogue comme celui-ci : « Hé, Msieur Loïc, ça ba ? / ! Todo bien Juanito ! Y tu qué tal ? »

Une relation d'amour qui tourne mal : Loïc et Julie. Trois jours de tsunami conjugal et pour nous, lecteurs, des questions, des plongées dans nos propres existences !

Isabelle Lemaire dans « La Libre » comparait ce roman à « Lune de fiel » de Pascal Bruckner. « En moins trash ! » Un beau compliment !

 

Jacques MERCIER

 « Légitime démence », Nathalie Marly, roman,. Editions Dricot. 226 pp. 15 euros.

 

 

 

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18 02 15

Meurtre au pays des Francs…

La francisque de Tournai.jpgMouscronnois formé chez les jésuites à Tournai, Jacques Mercier – que l’on ne présentera pas, tant est grande sa célébrité en Belgique francophone – a fait paraître récemment aux Éditions Luc Pire à Liège son cinquantième ouvrage, un roman policier cette fois, La francique de Tournai, dans une collection où le patrimoine historique et architectural de notre pays est particulièrement mis en évidence.

Voici le résumé qu’il en donne :

« Daniel, Tournaisien d’origine, sillonne l’Europe à la recherche de haches et de francisques pour enrichir sa collection. Il profite de ses nombreux voyages pour développer des activités mystérieuses. Mais, de retour à Tournai, à l’ombre des géants Jean Noté et Christine de Lalaing, machination et vengeance s’entremêleront. De la gare au beffroi, du quai Donat Casterman à la cathédrale, c’est lors d’un week-end de fête que se dénouera l’intrigue… »

On sait l’attention que notre Maître Jacques porte à la qualité de la langue française et le souci de perfection dans les détails qui l’a animé tout au long de sa carrière à la radio, à la télévision et dans la presse.

On ne s’étonnera donc pas de les retrouver dans son texte, qui est avant tout une belle ode à la première capitale franque de Childéric et de Clovis ainsi qu’un chant d’amour de la cité dont la cathédrale fameuse marie cinq splendides tours romanes à un superbe chœur gothique et renferme un trésor somptueux.

Une histoire passionnante dans une riche histoire…

Bernard DELCORD

La francisque de Tournai par Jacques Mercier, Liège, Éditions Luc Pire, collection « Romans de gare – Kill and read », octobre 2014, 130 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 €