13 06 15

Mort, où en est ta victoire ?

La Mort de Napoléon par Simon Leys.jpgParu en 1986, le seul texte de fiction du grand sinologue – et remarquable historien d’art – qu’était notre compatriote Simon Leys (1935-2014), La Mort de Napoléon, a été réédité ces jours-ci aux Impressions Nouvelles dans la collection « Espace Nord » et c’est fort bien, car il s’agit d’un conte philosophique qui eût séduit Voltaire tant sur la forme – parfaite, comme toujours chez cet auteur – que sur le fond, qui s’avère aussi grinçant  qu’hilarant.

En voici l’argument :

« Messieurs-dames, hélas ! l’Empereur vient de mourir ! »

La nouvelle se répand rapidement à travers toute l’Europe. Pourtant, Napoléon n’est pas mort. Après une ingénieuse évasion, il a réussi à regagner la France, laissant un sosie occuper sa place à Sainte-Hélène – et ce n’est que ce dernier qui vient de trépasser. Mal ajusté à son incognito, Napoléon va traverser une série d’étranges épreuves. Confronté à son propre mythe, saura-t-il recouvrer son identité ? Et qui est-il donc, maintenant que l’Empereur est mort ?

Époustouflant d’intelligence et de drôlerie !

Bernard DELCORD

La Mort de Napoléon par Simon Leys, postface de Françoise Chatelain, Bruxelles, Les Impressions Nouvelles, collection « Espace Nord », avril 2015, 144 pp. en noir et blanc au format 12, x 18,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 8 €

26 04 15

La littérature pour tous...

Bescherelle Chronologie de la littérature française  (cover).jpgRédigée par une équipe de docteurs ès lettres et d’agrégés placés sous la direction d’un professeur émérite des universités françaises et s'adressant au vaste public – pas seulement scolaire– aimant la lecture, la Chronologie de la littérature française du Moyen Âge à nos jours constitue bien évidemment un ouvrage d’excellence sur tous les plans (pédagogique, historique, iconographique et vulgarisateur), puisqu’il a paru dans la célébrissime collection « Bescherelle » qui fait les beaux jours de la maison Hatier depuis 1842.

S’ouvrant sur la Séquence de Sainte Eulalie (881-882), premier texte transposé du latin dans ce qui deviendra la langue française, l’ouvrage s'achève avec La Disparition de Jim Sullivan (2013) de Tanguy Viel après avoir détaillé plus de 150 dates clés permettant d'évoquer les auteurs majeurs et les œuvres fondatrices.

L’organisation est claire et la mise en page ingénieuse.

En effet, au début de chaque période, une frise chronologique permet de repérer d’un coup d’œil les œuvres clés et les mouvements littéraires. Elle est suivie de doubles pages présentant auteurs et œuvres, avec des encadrés pour mettre en lumière le contexte culturel. À intervalles réguliers, des dossiers éclairent sur les principaux mouvements littéraires et, à la fin de l'ouvrage, un index très complet facilite la recherche d'une œuvre, d'un auteur ou d'un fait littéraire.

Un ouvrage qui permet de savoir comment Cyrano de Bergerac défia les autorités en 1657, de quelle manière le duc de Saint-Simon fit chuter Louis XIV de son piédestal entre 1691 et 1723, pourquoi Alphonse de Lamartine a fait sensation avec ses Méditations en 1820, avec quelle rigueur la justice condamna Baudelaire pour ses Fleurs du Mal parues en 1857, pourquoi Joris-Karl Huysmans trahit Émile Zola avec son roman À rebours en 1884, ce qu’avait en tête Gabrielle Colette en lançant la mode des garçonnes en 1920, avec quelle vigueur Georges Perec s’en prit à la société de consommation dans Les Choses en 1965, ce que le jury du Nobel voulait couronner en décernant en 2008 son célèbre prix à Jean-Marie Gustave Le Clézio…

Et bien d’autres choses encore !

Bernard DELCORD

Bescherelle Chronologie de la littérature française du Moyen Âge à nos jours, ouvrage collectif sous la direction de Johan Faerber, Paris, Éditions Hatier, collection « Bescherelle », août 2014, 386 pp. en couleurs au format 15 x 22,5 cm sous couverture Integra en quadrichromie, 15,99 € (prix France)

Pour vous, nous avons repris les deux pages relatives à un écrivain belge fort célèbre :

Bescherelle Chronologie de la littérature française  (Simenon 1).jpg

 

Bescherelle Chronologie de la littérature française  (Simenon 2).jpg

 

16 03 15

Enigm-Art

Le Chef d'oeuvre inconnu, suivi de La Messe de l'athée, de Honoré Balzac (de), lu par Michael Lonsdale

Écrit par Apolline Elter dans Littérature générale, Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

22 02 15

Un trio de choc!

9782266247566.jpgEve prend la fuite le jour de son mariage. Sur sa route vers le sud, elle croise le chemin d'Emile. Camionneur, bourru avec un coeur énorme. Après quelques kilomètres ensemble, ils se séparent. Mais leurs destins vont de nouveau se recroiser. La femme déEmile est partie il y a peu, il noie son chagrin dans l'alcool... C'est sans hésiter qu'il accepte d'accompagner Eve  vers la Toscane. Cette dernière qui se fait appeler Angie veut découvrir le secret lié à sa naissance.  Elle veut retrouver sa nounou d'enfance. Sur le chemin, le duo improbable rencontre Azraël, un ancien champion de patinage artistique. Tous à la recherche d'une vérité et d'un nouveau sens, ils vont atterrir dans la ferme d'un vieil anglais. 

Ils sont tous différents, ont tous des histoires différentes mais ont cette chose en commun, ils veulent la vérité sur le passé pour combattre l'avenir. Ensemble, ils vont vivre des histoires loufoques, des situations graves, parfois drôles, émouvantes. 

"Au bout du chemin", est un roman facile à lire abordant de nombreux thèmes; la solitude, l'amitié, la confiance, l'aventure... A certains moments, on sourit, on se met dans la peau de ces trois personnages attachant qui avancent sans se soucier et qui vivent une aventure incroyable. A d'autres, on est ému, solidaire, en colère. 

Je le recommande! 

Au bout du chemin, Patricia Hespel, éd. Les nouveaux auteurs (Pocket), Paris, 380 pages, 2013

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Gwendoline Fusillier, Humour, Littérature générale, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

25 06 14

Une bande d'en foire...

Les Larrons.jpgPublié en 1962, Les Larrons, qui vient de ressortir chez Gallimard à Paris dans un reprint de l'édition française de 1964, est le dernier roman de l'écrivain américain William Faulkner (septembre 1897-juillet 1962, prix Nobel 1949), un des poids lourds de la littérature mondiale d'avant et d'après la Seconde Guerre mondiale.

Contrairement à l'essentiel de ses œuvres précédentes douloureusement dramatiques (Le bruit et la fureur, Sartoris, Tandis que j'agonise, Lumière d'août, Sanctuaire, Parabole...), ce roman joyeux ne recourt pas à des techniques littéraires complexes. C'est pourquoi il est souvent ignoré par les exégètes de Faulkner ou considéré comme un ouvrage mineur dans lequel le grand romancier dit un adieu souriant aux personnages qui, pendant tant d'années, ont été ses compagnons de chaque jour.

Faulkner avait déclaré vouloir finir sa carrière littéraire en écrivant le livre d'or du comté de Yoknapatawpha (nom qu'il donnait dans ses livres au comté de Lafayette, dans l'État du Mississipi, où il passa la plus grande partie de son existence). Il est probable que Les Larrons constitue ce « livre de l'âge d'or ».

Ce roman fut adapté au cinéma en 1969 dans un film réalisé par Mark Rydell avec Steve McQueen et Rupert Crosse.

En voici l'intrigue :

En 1905, le grand-père de Lucius Priest achète une automobile qui sera parmi les premières à apparaître dans la ville de Jefferson (en réalité Oxford, dans le Mississipi). Pendant une absence de son grand-père, le petit garçon et le chauffeur s'emparent de la voiture et partent pour Memphis. Un passager clandestin apparaît en cours de route : Ned, un domestique noir de la famille. Arrivés à Memphis, Lucien et Boon, le chauffeur, s'installent dans une étrange « pension de famille », dont la tenancière est la Miss Reba de Sanctuaire.

S'ensuivront mille péripéties dans un imbroglio de situations hilarantes et paradoxales amenées avec autant de malice que de talent narratif.

Une véritable pinte de bon sang !

Bernard DELCORD

Les Larrons par William Faulkner, traduction de l'anglais par Maurice-Edgar Coindreau et Raymond Girard, Paris, Éditions Gallimard, collection « L'imaginaire », mars 2014, 409 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,90 € (prix France)

24 06 14

Une grande dame des lettres mondiales...

Œuvres romanesques (Selma Lagerlöf).jpgRassemblant La Légende de Gösta Berling, Les Liens invisibles, Le Violon du fou, Le Cocher, Des trolls et des hommes, Le Banni, L'Anneau maudit et Le Livre de Noël, les Œuvres romanesques de l'écrivaine suédoise issue de la région du Varmland, Selma Lagerlöf (1858-1940, Prix Nobel de littérature 1909, mondialement connue pour sa nouvelle intitulée Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède), ont été compilées chez Actes Sud, dans la remarquable collection « Thesaurus », après avoir été excellemment traduites par Marc de Gouvenain, Lena Grumbach, André Bellesort et Michel Praneuf.

En voici les résumés, aimablement communiqués par l'éditeur :

La légende de Gosta Berling (1891) est une saga mettant en scène, dans la première moitié du XIXe siècle, la vie brutale et fantastique d'une petite communauté du Varmland, où Gosta Berling, pasteur défroqué, joueur et débauché, répand joie et douce folie. Un roman étincelant qui a rendu Selma Lagerlöf célèbre.

Recueil de nouvelles mêle récits fantastiques, contes populaires, drames familiaux et nouvelles féministes Les liens invisibles (1894) réunit des textes à la fois tendres, inquiétants et féeriques, inspirés des légendes et de l'histoire du Varmland.

Dans Le violon du fou (1899), Gunnar, loin de chez lui, passe ses journées à jouer du violon au détriment de ses études. Lorsqu'il apprend que le domaine familial est en décrépitude, que sa mère est ruinée, il décide de rentrer, d'oublier sa musique et d'être enfin raisonnable. Confiant, le jeune héritier investit leurs derniers sous dans l'élevage, mais son troupeau est décimé par l'hiver. Impuissant, désespéré et honteux, il perd la raison.

Dans Le cocher (1912), Sœur Edith, une religieuse atteinte de tuberculose, a causé le malheur et la déchéance d'une famille dont elle prétendait arracher le père à l'alcoolisme. À l'agonie et prise de remords, elle fait chercher l'ivrogne. Ce dernier vient juste de mourir. Il a été condamné à conduire le chariot de la mort pendant douze mois, et sa première tâche consistera... à aller chercher sœur Edith.

Dans Des trolls et des hommes (1915-1921), Selma Lagerlöf met ses personnages aux prises avec des trolls ou des génies, des esprits ou des forces mystérieuses de la nature, avec un magnifique talent de conteuse et un profond humanisme.

Le banni (1918) raconte l'histoire d'un jeune homme, jadis confié par des parents trop pauvres à de riches Anglais de passage, qui revient au pays, poursuivi par la malédiction des hommes : lors d'une expédition polaire, il a survécu en mangeant de la chair humaine....

Selon sa volonté, le général Lowenskold fut enterré avec l'anneau d'or orné d'une agate offert par le roi Charles XII. Mais en voulant protéger le corps des détrousseurs, le paysan Bard s'approprie l'anneau. En rentrant chez lui, il découvre sa ferme brûlée et son troupeau décimé. Une terrible malédiction s'abat dès lors sur les possesseurs successifs de L'anneau maudit (1925).

Recueil de récits profondément empreint de foi religieuse, mais aussi de chaleur et de philosophie, Le livre de Noël (1945, posthume) fait émaner ce que l'on appelle volontiers la magie de la Nativité : un mélange de générosité et de mélancolie, de compassion et de joie.

Un auteur d'exception !

Bernard DELCORD

Œuvres romanesques par Selma Lagerlöf, Arles, Éditions Actes Sud, collection « Thesaurus », mai 2014, 1118 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 29 € (prix France)

15 03 14

Une joyeuse prise de tête...

Décollations.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 14/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique :

« Eugénia n’a pas de tête et cela lui convient très bien. Au moins, elle n’a pas la tête des autres, elle n’a pas l’air de famille. Eugénia est libre et sa tête, la tête qu’elle n’a pas, roule sa bosse où elle veut. »

Dans Décollations paru à Lausanne aux Éditions L'Âge d'Homme, un petit bijou de phrases ciselées, Corinne Hoex, qui excelle par ailleurs avec talent à décrire les affres de la filiation douloureuse, livre les réflexions d'une jeune fille bcbg d'antan qui aurait, au sens strict, perdu la tête.

« Où est-elle, bon Dieu, où est-elle ? (...) Languit-elle dans un reliquaire, écrasée de rubis et d'émaux ? (...) S'est-elle laissé réduire par un fier Jivaro ? »

Qu'importe ! Plus besoin de coiffure ni de coiffeur, plus de « tête à droite... Droite ! », plus de longs repas à ingurgiter ni de couleuvres à avaler, plus de pellicules ni de séborrhée, plus de dents à brosser, de narines à curer : « Que de temps gagné pour vivre ! »

Alors qu'auparavant, sa famille lui reprochait de ne pas avoir toute sa tête, d'avoir la tête ailleurs, de ne pas l'avoir sur les épaules...

Désormais, tout va bien.

D'ailleurs, même si « dans le libertinage, j'évite le tête-à-tête. J'esquive aussi le tête-bêche. », c'est pour en venir directement au corps à corps...

Bernard DELCORD

Décollations par Corinne Hoex, Lausanne, Éditions L'Âge d'Homme, collection « La Petite Belgique » dirigée par Jean-Baptiste Baronian et Jacques Booth, mars 2014, 90 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en bichromie, 14 €

29 12 13

L'année dernière à Saint-Idesbald !

jauniaux 2.pngQuelle douce plongée dans ses souvenirs, qui rejoignent, complètent, embellissent les nôtres ! Le talent du créateur est de nous faire sortir de nous, de donner à voir à notre esprit, à notre émotion ! Jean Jauniaux y parvient dans l'excellence avec "L'année dernière à Saint-Idesbald" (dont le nom résonne à la manière d'Alain Resnais). On peut penser qu'il s'agit de nouvelles, d'un roman, d'histoires reliées par Idesbald, le SDF; on peut croire que c'est autobiographique pour tout ce qui concerne la station de la mer du Nord; on peut... Mais cela n'a aucune importance, on se laisse tout de suite emporter par la douceur des phrases, même si le tableau est prosaïque, par l'intérêt de l'histoire, des idées. Dans la préface, Jacques De Decker explique bien cela en une courte phrase : "Lorsque les grands systèmes de référence ont déclaré forfait, il reste l'imaginaire, ce tapis volant, pour prendre de l'altitude et libérer l'esprit". Il écrit aussi : "Ses histoires sont simples et tangibles, et cependant elles nous entraînent ailleurs, par-delà les apparences, à la rencontre de questions vitales". On ne peut mieux traduire ce qu'on ressent à la lecture de cette œuvre !

Combien de moments si bien partagés avec nous, lecteurs : "Sur des toboggans improvisés dans le sable les enfants dévalaient dans des cris de bonheur effrayé." Ou cette découverte  dans l'enfance de la lecture : "Je poursuis ma lecture. De page en page, je me rends compte que les personnages du roman vivent, parlent, bougent. Les paysages sont vrais. Les odeurs, les bruits, les couleurs naissent au fil des phrases." Et cette phrase magnifique de beauté poétique : "Les toits d'ardoise luisants se confondaient avec le deuil de l'horizon"...

Une dernière réflexion, parmi tant d'autres, qui plaît à "Monsieur Dictionnaire" : "Un point d'exclamation sanctionne chaque version linguistique, comme une épée de l'alphabet" ! Superbe !

Jacques MERCIER

"L'Année dernière à Saint-Idesbald" par Jean Jauniaux, édition Avant-propos, 174 pp, 17,95 euros.

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Jacques Mercier, Littérature générale, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

21 11 13

Pour le centenaire d'Albert Camus

Pour le centenaire d'Albert Camus (L'Étranger sous coffret).jpgLe texte ci-dessous a paru dans la lettre d'information de novembre 2013 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Né le 7 novembre 1913 à Mondovi en Algérie, l'écrivain, essayiste et dramaturge Albert Camus aurait eu 100 ans ces jours-ci.

Pour marquer l'événement d'une belle empreinte, son éditeur historique Gallimard a ressorti en version de poche, dans la collection Folio, une bordée de titres célèbres (L'Étranger, dans une version sous étui accompagnée d'un livret de documents d'époque relatifs à la publication de l'ouvrage, Carnets I, II et III, une mine d'informations sur l'élaboration, jour après jour, de la pensée de l'auteur (entre mai 1935 et décembre 1959) et À Combat réunissant l'ensemble de ses articles parus dans le célèbre journal entre 1944 et 1947 à l'époque où il en était à la fois l'éditorialiste et le rédacteur en chef), mais aussi de moins connus comme sa traduction de La Dévotion à la croix de Pedro Calderón de la Barca (1600-1681) ou ses Journaux de voyage à New York en 1946 et en Amérique latine en 1949.

Ajoutez à cela une lecture de La chute par François Berland, longue de 3h20 sur un CD mp3 dans la collection « Écoutez Lire », et vous admettrez que l'événement ne pouvait pas passer inaperçu !

Bernard DELCORD

L'Étranger par Albert Camus, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio », juillet 2013, 192 + 48 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couvertures brochées et coffret en couleurs, 8,70 € (prix France)

Carnets I, II et III par Albert Camus, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio », septembre 2013,. 240, 384 et 384 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couvertures brochées en couleurs, 7 € chacun (prix France)

À Combat par Albert Camus, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio essais », septembre 2013, 779 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,00 € (prix France)

La Dévotion à la croix  de Pedro Calderón de la Barca traduit par Albert Camus, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio théâtre », septembre 2013, 209 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 5,40 € (prix France)

Journaux de voyage par Albert Camus, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio », juillet 2013, 131 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 5,40 € (prix France)

La chute par Albert Camus, texte lu par François Berland, Paris, Éditions Gallimard, collection « Écoutez Lire », septembre 2013, un CD mp3 de 3h20 sous boitier en plastique et en carton, 21,90 € (prix France)

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Pour le centenaire d'Albert Camus (Carnets III).jpg

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Pour le centenaire d'Albert Camus (Journaux de voyage).jpg

25 10 13

Les bonnes recettes de madame Maigret

Simenon et Maigret passent à table.jpgDans Simenon et Maigret passent à table paru aux Éditions de la Table Ronde à Paris, le chroniqueur gastronomique français Robert Courtine (1910-1998), qui tint pendant quarante ans la chronique des bonnes tables dans les colonnes du Monde et qui était un intime de l'écrivain liégeois, a eu la savoureuse idée de fournir la recette des préparations culinaires citées dans les « Maigret » – il y en a au moins une par ouvrage – ainsi que des plats bourgeois mis au pinacle dans le privé par le père du célèbre commissaire.

Les plaisirs gourmands de Simenon et les meilleures recettes de madame Maigret, en quelque sorte, comme le homard à la crème, les escargots à l'alsacienne, la friture de goujons, la brandade de morue, les truites au bleu, le coq au vin blanc, le lapin farci, le bœuf miroton, le hochepot à la gantoise, le fricandeau à l'oseille, la blanquette de veau, les perdreaux au chou, le haricot de mouton, le navarin printanier, la choucroute à la parisienne, la salade de pommes de terre, le gâteau aux fraises, les œufs au lait ou la tarte aux mirabelles...

De la cuisine vintage ô combien délicieuse !

Bernard DELCORD

Simenon et Maigret passent à table par Robert Courtine, avant-propos de Sébastien Lapaque, Paris, Éditions de la Table Ronde, collection « La petite vermillon », septembre 2013, 268 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,70 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage original la recette classique suivante :

ROGNONS D'AGNEAU AU MADÈRE

« – Pourrais-tu dire ce que tu as mangé ?

II répondit, faussement grognon :

– Des rognons d'agneau. »

Maigret et le corps sans tête.

Pour 2 personnes

Ingrédients :

6 rognons d'agneau

1 échalote

75 g de champignons de Paris

35 g de beurre

Quelques brins de persil

1 branche de thym

2 cuillerées à soupe de madère

Sel, poivre.

Recette :

Dépouiller les rognons de leur peau.

Les couper en deux et les dénerver.

Les laver à l'eau courante.

Les essuyer soigneusement puis les couper en lamelles.

Hacher finement l'échalote.

Hacher aussi, séparément, le persil.

Nettoyer et émincer les champignons de Paris.

Les cuire à feu doux avec 10 g de beurre.

Faire chauffer en casserole 25 g de beurre et y faire sauter rapidement les lamelles de rognons, à feu vif, en remuant sans cesse.

Lorsqu'elles ont perdu leur couleur, saler légèrement et retirer sur un plat chaud couvert et mis sur une casserole d'eau chaude.

Remettre la casserole au feu.

Y jeter l'échalote hachée et remuer vivement.

Mouiller avec le madère.

Poivrer.

Ajouter le thym puis les champignons et leur liquide de cuisson, et laisser cuire à feu doux.

Rectifier l'assaisonnement.

Laisser faire quelques bouillons à cette sauce et la verser sur les rognons, dans le plat.

Persiller et servir.

Le conseil de Courtine :

À défaut de madère, on peut utiliser du porto ou, mieux encore, un sherry fino.

Avec les rognons au madère, Maigret boit un hermitage rouge.