17 08 06

Les polars vénitiens de Donna Leon

C'est avec ce roman que Donna Leon acquis une renommée de bon aloi, en particulier en Allemagne ou le livre fit un très beau tirage. Il faut dire que la victime, le chef d'orchestre Wellauer, nous rappelle irrésistiblement un autre chef d'orchestre ayant dirigé longtemps l'orchestre philarmonique de Berlin, etc.
Sur la quatrième de couverture, on peut lire :"Les amateurs d'opéra sont réunis à la Fenice de Venise où ce soir-là, Wellauer, le célébrissime chef d'orchestre allemand, dirige La Traviata. La sonnerie annonçant la fin de l'entracte retentit, les spectateurs regagnent leur place, les musiciens s'installent, les brouhahas cessent, tout le monde attend le retour du maestro. Les minutes passent, le silence devient pesant, Wellauer n'est toujours pas là... il gît dans sa loge, mort. Le commissaire Guido Brunetti, aussitôt dépêché sur les lieux, conclut rapidement à un empoisonnement au cyanure. Le très respecté musicien avait-il des ennemis ? Dans les coulisses de l'opéra, Guido Brunetti découvre l'envers du décor."
Le suspense ne se dément pas et la chute assez terrifiante. Quant à venise, elle est omniprésente. Un régal. (Gérard Laurent)

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17 08 06

Seule Venise

Il y a des livres comme ça dont on ralentit la lecture après avoir jaugé le nombre de pages restant, pour en prolonger le plaisir. "Seule venise" de Claude Gallay est de ces livres là. Un roman qui n'a l'air de rien, une histoire qui tient en quelques mots, une femme de quarante ans, quittée, qui se réfugie à venise pour survivre. Voilà. C'est tout. Ou presque. Quelques personnages dans la pension, une danseuse, un général en fin de vie, et au dehors un libraire dont on ne saura pas grand chose sauf qu'il la tirera lentement par les cheveux pour la ramener du côté des vivants.
Il y a aussi cette langue singulière, hachée. Ces descriptions au trait, fines et précises, comme gravées en taille-douce. Venise enfin, hivernale, déserte, habitée seulement de vénitiens réfugiés dans leur ville et de voyageurs échoués là et qui n'ont pas eu la force encore de repartir.
J'ai beaucoup aimé ce petit livre et le goût de sel et d'humidité qu'il laisse sur les lèvres comme sur les murs rongés des palais.
Je vous le recommande. (Gérard Laurent)

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17 08 06

Arnaud Delalande : Le piège de Dante

Venise dans les années 1750, des meurtres rituels et atroces, calqués sur les châtiments de l'Enfer de Dante (ce qui n'est pas sans nous rappeler Seven et ses meurtres calqués sur les péchés capitaux), une description minutieuse de la ville et de ses arcanes politiques, un enquêteur libéré par le doge pour mener l'enquête et voisin de cellule d'un certain Giacomo Casanova. Bref un très bon livre que vous dévorerez sans pouvoir en lever le nez avant la dernière page. (Gérard Laurent)

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17 08 06

Venise, ville fermée ..

Venise, ville fermée, elle se laisse clicher, visiter, traverser, mais elle se refuse. Rien de plus émouvant, dans les vieilles photos de la fin du siècle dernier ou du début du nôtre (qui s’achève, à son tour en queue depoisson) que les moments où la foule est dehors, soudain noire, passionnée, sans âge, pour les vrais évènements collectifs (ils sont rares. Venise est une ville où l’on est seul comme nulle part ailleurs) : marchés processions, régates, visite annuelle rendue aux morts. Ils sont au large, les morts, dans l’île de Saint-Michel, on y allait autrefois par un de bateau sur l’eau, cette île est un négatif de la ville. Les morts soutiennent Venise de loin, ils sont en transit, comme les vivants, ils flottent, comme eux, dans une parenthèse de surface.
Cercueil couché, barques, rameurs debout …. La rame, mieux encore que la gondole, est un autre emblème de Venise, elle appelle tout de suite avec cette réminiscence enfuies l’Odyssée.
Ulysse est vénitien, aucun doute, je n’ai jamais mieux lu qu’à Venise Homère ou la Bible.
Les mots, ici, veulent vivre, résonner, se recharger, parler d’eux-mêmes comme s’ils étaient prononcés par l’air, comme s’ils émanaient directement de lui, sens rythme, musique.
Du bon usage de Venise : choisir son quartier, son pont, son ponton, son quai, son jardin, ne plus en bouger, lire ou écrire. On circule les premières fois que l’on vient, on court partout, on veut tout voir. Ensuite, à quoi bon ? la partie est aussi grande et profonde que le tout, l’ensemble est présent dans chaque fragment, comme dans un bon livre, un bon tableau, un bon madrigal, un bon concerto. Matin, matinée, midi, début d’après-midi, fin d’après-midi, soirée, nuit, autant de théâtres indépendants dans le théâtre, aucune progression, cercles, sphères. La pointe de la douane de mer, avec son globe d’or, résume cette stabilité de compas.

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16 08 06

Les mémoires d'un célèbre Vénitien

Carlo Goldoni, grand admirateur de Molière, révolutionna le théâtre italien en écrivant l'ensemble des dialogues d'une pièce. Rompant avec le principe du canevas qui laissait toute la latitude aux comédiens de la Comedia dell arte, Goldoni sera incompris par le public et le métier. Contemporain de géants comme Tieoplo, Canaletto et Longhi, Carlo Goldoni croisera le chemin d'une autre légende : Antonio Vivaldi. Le compte qu'il en fait prouve qu'un artiste peut également ne rien entendre à l'art des autres.

"Le noble Grimani, propriétaire du théâtre de Saint-Samuel, faisait représenter dans cette saison un opéra pour son compte, et, comme il m’avait promis de m’attacher à ce spectacle, il me tient parole. Ce n’était pas un nouveau drame qu’on devait donner cette année là, mais on avait choisi la Griselda opéra d’Apostolo Zeno et de Pariati, qui travaillaient ensemble avant que Zeno parti pour Vienne au service de l’Empereur, et le compositeur que devait le mettre en musique était l’abbé Vivaldi, qu’on appelait, à cause de sa chevelure, il Prete rosso, (le prêtre roux). Il était plus connu par ce sobriquet que par son nom de famille. Cet ecclésiastique, excellent joueur de violon et compositeur médiocre, avait élevé et formé pour le chant Mademoiselle Giraud, jeune chanteuse née à Venise, mais fille d’un perruquier français.
Elle n’était pas jolie, mais elle avait des grâces, une taille mignonne, de beaux yeux, de beaux cheveux, une bouche charmante, peu de voix, mais beaucoup de jeu. C’était elle qui devait représenter le rôle de Griselda. M.
Grimani, l’envoya chez les musiciens pour faire dans cet opéra les changements nécessaires, soit pour raccourcir le drame, soit pour changer la position et le caractère des airs au gré des acteurs et du compositeur.
J’allai donc chez l’abbé Vivaldi ; je me fis annoncer de la part de Son Excellence Grimani ; je le trouvai entouré de musique et le bréviaire à la main. Il se lève, il fait le signe de la croix en long et en large, met son bréviaire de côté, et me fait le compliment ordinaire : « quel est le motif qui me procure le plaisir de vous voir, Monsieur ? – Son Excellence Grimani m’a chargé des changements que vous croyez nécessaire dans l’opéra de la prochaine foire.
Je viens vois, Monsieur, quelles sont vos intentions.
- ah, ah, vous êtes chargé, Monsieur, des changements dans l’opéra de Griselda ?
- M. Lalli n’est donc plus attaché aux spectacles de M. Grimani ?
– M. Lalli, qui est fort âgé, jouira toujours des profits, des épîtres dédicatoires et de la vente des livres, dont je ne me soucie pas. J’aurai le plaisir de m’occuper dans un exercice qui doit m’amuser et j’aurai l’honneur de commencer sous les ordres de M. Vivaldi. ( L’abbé reprend son bréviaire, fait encore un signe de croix et ne répond pas ). – Monsieur, lui dis-je, je ne voudrais pas vous distraire de votre occupation religieuse ; je reviendrai dans un autre moment. - Je sais bien, mon cher Monsieur que vous avez du talent pour la poésie ; j’ai vu votre Bélisaire, qui m’a fait beaucoup de plaisir, mais c’est bien différent. On peut faire une tragédie, un poème épique, si vous voulez, et ne pas savoir faire un quatrain musical.
– faites-moi le plaisir de me faire voir votre drame. – oui, oui, je veux bien ; où est donc fourrée Griselda ? elle était ici … deus in adjutorium meum inatendue. Domine…. Domine…. Domine…. elle était ici toute à l’heure.
Domine ad adjuvandum…. Ah ! la voici. Voyez, Monsieur, cette scène entre Gualtiero et Griselda ; c’est une scène intéressante, touchante. L’acteur y a placé à la fin un air pathétique, mais Mademoiselle Giraud n’aime pas le chant langoureux ; elle voulait un morceau d’expression, d’agitation, un air qui exprime la passion par des moyens différents, par des mots, par exemple, entrecoupés, par des soupirs élancés, avec de l’action, du mouvement ; je ne sais pas si vous comprenez. – Oui, Monsieur, je comprends très bien ; d’ailleurs j’ai eu l’honneur d’entendre Mademoiselle Giraud ; je sais que sa voix n’est pas assez forte…. - comment Monsieur, vous insultez mon écolière ? Elle est bonne à tout, elle chante tout. – Oui, Monsieur, vous avez raison ; donnez-moi le livre, laissez-moi faire. – Non, Monsieur, je ne puis pas m’en défaire, j’en ai besoin, et je suis pressé. – Eh bien, Monsieur, si vous êtes pressé, prêtez-le-moi un instant, et sur-le-champ je vais vous satisfaire. – Sur-le-champ ? – Oui, Monsieur, sur-le-champ. » L’abbé en se moquant de moi, me présente le drame, me donne du papier et un écritoire, reprend son bréviaire et récite les psaumes et les hymnes en se promenant.
Je relis la scène que je connaissais déjà ; je fais la récapitulation de ce que le musicien distrait, et en moins d’un quart d’heure je couche sur le papier un air de huit vers partagé en deux parties ; j’appelle mon ecclésiastique, et je lui fais voir mon ouvrage. Vivaldi lit, il déride son front, il relit, il fait des cris de joie, il jette son office par terre, il appelle Mademoiselle Giraud. Elle vient « Ah, lui dit-il, voilà un homme, rare, voilà un poète excellent ; lisez cet air ; c’est Monsieur qui l’a fait ici, sans bouger, en moins d’un quart d’heure. » Et, en revenant à moi : « Ah Monsieur, je vous demande pardon ; et il m’embrasse, et il proteste qu’il n’aurait jamais d’autre poète que moi.

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16 08 06

Voyage à Venise

Jean Giono, le plus sédentaire d'entre les écrivains, ne quitta que très peu sa provençale Manosque. Pourtant, en 1954, l'année où il rentre à l'académie Goncourt, Giono publie le récit de son voyage en Italie, livre qui figure encore aujourd'hui parmi les classiques du genre.

"Nous sommes prévenus de l’arrivée du vaporetto par le halètement que j’ai entendu toute à l’heure. Le ponton où nous attendons tangue sous nos pieds à son approche comme si nous étions en pleine mer.
On embarque plus facilement qu’on ne monte en autobus ailleurs, mais, tout de suite après, c’est le bateau, pour si petit qu’il soit, avec tout l’appareil mélancolique habituel.
Oui : pour s’engager sur dix mètres d’une eau qui a à peine un mètre cinquante de profondeur on est joué dans les hasards.
On sent qu’on est sur une matière qui ne se porte que par artifice ; ce n’est plus le pavé qui n’engloutit rien, sauf intervention du diable (et c’est très rare).
Si l’on ne comprend pas ce que je dis, il faut observer les petits amoureux de Venise quand ils se séparent après le rendez-vous du soir. Je veux parler de l’ouvrier plombier, du manœuvre maçon ou du petit télégraphiste. C’est Paul et Virginie. C’est la mort dans l’âme. L’un est dans un bateau, l’autre est resté sur l’estacade. On peut vraiment parler de consternation sur le visage. On ne sent jamais cette fin de tout à Paris ou à Londres, nulle par sur terre ferme où l’on ne sait qu’à défaut de moyens mécaniques, on aurait toujours en dernier ressort, la ressource de courir pour rejoindre celle qu’on aime.
Ici, il y a, tout le long du jour, cent petites séparations définitives de cette sorte. C’est comme une source de mélancolie pour tout le monde. Comme on craint le ridicule, on l’attribue à l’air des lagunes."

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16 08 06

Histoire de Venise

Alvise Zorzi appartient à une des plus anciennes familles de Venise. Il s'en fait un des plus ardents défenseurs et a publié un livre de référence (disponible chez Perrin) pour tout connaître de son histoire depuis les premiers visiteurs grecs au IV° siècle avant J-C à l'arrivée brutale de Napoléon en passant par Marco Polo.
Avec ce livre et le Könneman (Art et architecture), vous aurez tout en main pour connaître et comprendre Venise.

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15 08 06

Recueils vénitiens

Ces deux indispensables recueils d'extraits de romans et nouvelles sur Venise sont admirables. Agnès Michaux, avec son Roman de Venise, compile les plus beaux extraits de la littérature mondiale sur tous les thèmes vénitiens (Albin Michel). De Carlo Gozzi à Jean Giono en passant par d'Ormesson et Hemmingway, de Lorenzo Da Ponte à Goethe, tout le gotha des écrivains qui ont admiré, vécu, transpiré la Sérénissime s'y retrouve. Jean-Noël Mouret a, peu de temps après, réalisé la même opération littéraire en format de poche (Mercure de France). Il a agrémenté son livre d'un très utile glossaire vénitien qui vous explique en quelques mots le sens des campi et fondamente, sestiere et bauta.

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15 08 06

Tornade sur Venise

Découvert peu avant la Foire, ce roman de Roma Bognolo est un petit bijou d'intrigue amoureuse sur fond de catastrophe à la Sérénissime. John Ellyton, l'éditeur, vous en parle.

JOHN ELLYTON - Brice Depasse 1

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15 08 06

L'aube ne viendra pas à Venise

Que vous ayez aiméluadoréentenduparler "Retour à Montechiaro" (dont il est le prototype et le point de départ de la saga) ou pas encore, je vous conseille ardemment ce pur bonheur qu'est "Un jour, ce sera l'aube" de Vincent Engel. Un seul bémol : la couverture qui n'est pas à la hauteur et ne reflète pas le contenu de ce très brillant "premier" roman aujourd'hui réédité.

VINCENT ENGEL - Brice Depasse 1

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