17 11 09

When Zuckerman went back to NYC

ROTHOn retrouve ici, immédiatement portée par un grand souffle narratif en dépit de la fragilité physique du narrateur, ce qu'on pourrait dire la suite de la magistrale trilogie amorcée avec Pastorale américaine, redéployée ensuite dans J'ai épousé un communiste et dans La Tache, grand massif romanesque revisitant le deuxième demi-siècle de la vie aux Etats-Unis, dont Zuckerman (double de Philip Roth) reste évidemment le meneur de jeu. Comme dans les romans susnommés, la grande affaire d'Exit le fantôme est un rendez-vous avec le temps, lorsque le protagoniste retrouve New York après plus de dix ans d'exil dans sa thébaïde des Berkshires. Après les générations antérieures, c'est ici à la fois en amont et en aval que le rescapé du cancer poursuit sa conversation avec des amis perdus (le magnifique écrivain mentor-ami Lonoff et la femme qui lui survit) et d'autres plus jeunes qu'il rencontre (un couple d'écrivains et un terrifiant raseur vampirique), sur fond de réélection déprimante... Le Prix Nobel de littérature 2009 n'aurait pu tomber mieux que sur lui.
Jean-Louis KUFFER

Exit le fantôme, Philip Roth, Gallimard, octobre 2009, 329p., 21€00.

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15 11 09

Mémoires d'occupation

CHALANDONAprès le troublant Mon Traître, sondant les abysses d'une relation amicale sur fond de guerre civile irlandaise, c'est toujours dans l'équivoque des conduites personnelles sur fond d'Histoire, avec une grand hache, que Sorj Chalandon nous entraîne au fil d'une petite histoire tortueuse à souhait. Le roman s'ouvre sur ce pénible moment que représente la mort d'un proche (ici le père du narrateur) marquée par le sentiment lancinant d'un rendez-vous manqué, et d'autant plus que le défunt, taiseux, avait des choses à raconter de son passé de Résistant. Or c'est avec un autre présumé héros que le protagoniste, journaliste de seconde zone recyclé dans la rédaction de bios d'inconnus en veine de confessions, explore ce passé de l'Occupation en France, non sans surprises à la clef, où l'interrogation se porte avec force sur la légende de chacun et ce que cachent les monuments vénérés. Autre surprise pour qui ne la connaît pas encore: l'écriture de Sorj Chalandon, à la découpe remarquable, aux rythmes singuliers et aux formules souvent frappantes, prégnantes, mordantes même, et poétiques à la fois.
Jean-Louis KUFFER

  SORJ CHALANDON - Brice Depasse 1
  SORJ CHALANDON - Brice Depasse 2

La légende de nos pères, Sorj Chalandon, Grasset, août 2009, 253p., 17€90.

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14 11 09

Rien de grave 2

JUSTINE LEVYEt puis il y a les moments où je n'en peux plus de cette maman qui n'en finit pas de mourir
Mauvaise fille? Et mauvaise maman tant qu'on y est. Tout porte à croire que Louise - la narratrice - est tout le contraire du portrait qu'elle se prête... Tandis que sa mère, l'ex-mannequin Isabelle Doutreligne, se meurt des suites d'un cancer, Louise, enceinte d'Angèle, accède peu à peu au statut de maman. Le récit se fait culpabilité, rongé d'une tumeur qui jaillit à chaque phrase et qui s'amplifie à mesure que la grossesse de la vie  à venir évince celle de sa mère.
Si Justine Levy pratique une écriture quelque peu emportée et syncopée, jetant sur papier des émotions à l'état brut,  sa sensibilité exacerbée, truffée de quelques notes de dérision, la rendent généreuse et sincère et par là, réellement émouvante.
Apolline ELTER

Mauvaise fille, Justine Lévy, roman, Stock, septembre 2009, 198 pp, 16 €

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14 11 09

Prisonniers dans Bagdad café

NOLLETUn premier roman, une nouvelle voix singulière dans l'écriture française. Ne vous fiez pas à son physique : un garçon manqué se cache dans l'esprit d'Estelle Nollet. Dès les premières pages d'On ne boit pas les rats-kangourous, vous verrez que l'auteure écrit comme un homme. On se situe quelques part entre Paul Auster pour l'imaginaire et McCarthy pour la violence des sentiments et des états-d'âme.

  ESTELLE NOLLET - Brice Depasse

estelle-nolletOn ne boit pas les rats-kangourous, Estelle Nollet, Albin Michel, août 2009, 336p., 19€50

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14 11 09

Le plus beau bateau de l'âge d'or

PECASSOUAu fil des parutions et d'un succès grandissant, Bernadette Pecassou-Camebrac est devenue une valeur sûre du roman d'amour historique. Si elle quitte aujourd'hui le Sud-Ouest auquel elle est tant attachée, l'auteure reste sur l'Atlantique avec La passagère du France. Une jeune journaliste a un rendez-vous inattendu avec l'amour lors du voyage inaugural du roi des paquebots. Reconstitution romanesque de ce géant des murs sur lequel vont se côtoyer pendant une semaine stars, affairistes, politiques, marins et personnel de bord.
Une belle histoire populaire, un Titanic avec happy-end qui ranime une grande époque mais où le drame social est tout aussi présent.

  Bernadette PECASSOU-CAMEBRAC - Brice Depasse 1
  Bernadette PECASSOU-CAMEBRAC - Brice Depasse 2

La passagère du France, Bernadette Pécassou-Camebrac, Flammarion, octobre 2009, 347p., 21€00.

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10 11 09

Le disparu

Sylvie-Germain---Hors-ChampCoïncidence en liaison probable avec l’esprit du temps sensible au thème de la disparition (l’homme perdu dans la foule ou la femme constatant qu’on ne la voit plus au de-là de la cinquantaine…), Sylvie Germain, après L’Inaperçu, revient au thème de l’effacement, ici jusqu’à la dissolution finale du protagoniste, Aurélien de son prénom. Le roman part très bien, notamment avec de superbes page retrouvées du journal de son frère Noël, tabassé par des brutes est vivant désormais comme un presque légume, sur les bienfaits de la lecture et le bel avenir qu’il a devant lui… Du côté d’Aurélien, en une semaine, son sentiment de disparaître progressivement aux yeux des autres est bien perceptible, tout en restant un peu extérieur et par trop démonstratif. On a connu la romancière plus subtilement investie par son sujet, et son écriture moins « faite »…
Jean-Louis KUFFER

  Sylvie GERMAIN - Brice Depasse 1
  Sylvie GERMAIN - Brice Depasse 2

Hors champ, Sylvie Germain, Albin Michel, août 2009, 195p., 15€00.

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07 11 09

Ils n'ont rien fait !

JanKarskiLes Alliés n'ont rien fait pour sauver les Juifs européens de l'extermination. Ni Roesevelt ni surtout Anthony Eden ne firent quoi que ce soit pour anticiper l'accueil des Juifs avant le génocide ni dès qu'ils furent au courant du génocide en cours (dès 1943, le massacre de plus d'un million et demi de Juifs était connu), malgré les protestations de Churchill. Or l'action d'un homme, résistant polonais envoyé en mission dans le ghetto de Varsovie, en 1942, puis chargé de dire ce qui s'y passait aux leaders juifs du monde entier, aux Alliés et au gouvernement polonais en exil à Londres, aide à mieux discerner la stratégie clairement établie du "monde libre", fondée sur une sorte de déni d'urgence et de report à l'heure des comptes. Ce personnage, Jan Karski, apparaît à la fin du film Shoah de Claude Lanzmann, au fil d'un épisode réellement bouleversant. À la mémoire de ce "juste", en combinant faits avérés, chronique historique à plusieurs entrées, et développements relevant de la fiction où il endosse littéralement la peau de Karski - pour lui faire dire des choses qui peuvent parfois se discuter -, l'essayiste-romancier Yannick Haenel accomplit un travail de remémoration d'autant plus nécessaire que l'héroïsme et les souffrances du peuple polonais restent souvent occultés, comme on l'a vu récemment lors de la projection du film Katyn de Wajda. Malgré les spéculations de l'auteur, son ouvrage a le premier mérite, comme Les Bienveillantes de Jonathan Littell, de travailler la mémoire du XXe siècle, non pour se complaire dans la mauvaise conscience à bon marché mais pour rappeler ce qui fut et reste le propre de notre ingénieuse espèce...
Jean-Louis KUFFER

Jan Karski, Yannick Haenel, L'Infini (Gallimard), septembre 2009, 186p., 16€50.

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05 11 09

L’édition à succès ou les fruits du hasard

Zylberstein Jean-ClaudeEn visite récemment à Bruxelles, l’éditeur parisien Jean-Claude Zylberstein nous a accordé un entretien à bâtons rompus à propos de sa profession et de sa carrière.

Comment êtes-vous devenu éditeur ?

Par hasard ! Je suis issu d’une famille de petits commerçants juifs d’origine polonaise et, ayant dû me soustraire avec eux aux poursuites des Allemands durant l’Occupation, j’ai beaucoup lu le magazine L'Illustration qui m’a fait découvrir la littérature à travers l’œuvre de Jules Verne, de Jack London et d’Alexandre Dumas. Après la guerre et des études secondaires aux lycées Voltaire à Paris et Lakanal à Sceaux, je me suis orienté vers les sciences pour obtenir un diplôme de physique, de chimie et de biologie. C’est à cette époque que j’ai eu dans les mains, tout à fait fortuitement, un texte de Jean Paulhan. Ce fut comme une révélation ! Par la suite, je suis entré en contact avec lui, puis j’ai été amené, par hasard toujours, à m’occuper, pour le Cercle du livre précieux, de l’édition du premier volume de ses œuvres complètes. Parallèlement, j’écrivais ça et là des piges sur la musique de jazz. C’est pourquoi, et parce qu’il n’y avait personne pour le faire, on me demanda à France Observateur de chroniquer… les romans policiers !

Et c’était parti…

Tout en poursuivant mes collaborations épisodiques au Magazine littéraire, à France-Soir ou à Combat, je suis passé au Nouvel Observateur de Jean Daniel en mai 1967, où j’ai continué à parler de disques de jazz et de romans policiers jusqu’en 1986. C’est à cette époque, en 1967, que je suis devenu lecteur chez Gallimard, puis que je suis passé aux Presses de la Cité (où j’ai eu quelques difficultés avec le patron, difficultés qui ont été aplanies par une intervention de Georges Simenon himselfen ma faveur…) avant d’entamer, sur le tard, des études de droit (j’obtiendrai mon diplôme d’avocat en 1973). Je me suis alors spécialisé dans les domaines du droit d'auteur et du droit de la presse.

Vous ne quittiez pas le domaine éditorial…

Non ! Je suis devenu avocat à la cour d’appel de Paris à partir de 1973, où j’ai notamment plaidé dans des affaires de plagiat ainsi que pour défendre les intérêts de Françoise Sagan ou des héritiers de Jacques Brel, par exemple. Et je suis encore avocat aujourd’hui. Mais, en 1970, j’ai rencontré Bernard de Fallois qui présidait alors aux destinées du Groupe Hachette. J’étais alors conseiller littéraire pour Le Livre de Poche (je le suis resté jusqu’en 1975) et Bernard de Fallois cherchait quelqu’un pour s’y occuper de collections policières, ce que j’ai fait. Par la suite, quand il quitta Hachette pour les Presses de la Cité, je l’y ai suivi pour m’occuper de littérature étrangère chez Julliard et chez 10/18.

C’est alors que la grande aventure commence…

En effet ! Naissent alors chez 10/18 les collections « Domaine étranger », tournée vers les meilleurs textes de la fiction internationale contemporaine, et « Grands détectives » dans laquelle je publie des auteurs inédits comme Ellis Peters ou Robert van Gulik ou des écrivains quelque peu oubliés comme Dashiell Hammett ou William Irish.

Et c’est le succès pérenne…

Oui. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, et c’est le cas de le dire ! Depuis mars 2007, je dirige chez Tallandier à Paris une collection de poche appelée « Texto », consacrée à l'Histoire justement, avec notamment des rééditions d'ouvrages devenus introuvables comme l’Histoire de France de Jacques Bainville, l'autobiographie de jeunesse ou les discours de guerre de Winston Churchill. « Texto » reprend aussi des textes fondamentaux comme Les « Remontrances » de Malesherbes, le Marcel Proust de George D. Painter ou Les années du cauchemar de William Shirer.

Tous ouvrages dont nous avons parlé ici avec enthousiasme, tant il est vrai que les publications historiques de la maison Tallandier font autorité, tout en demeurant accessibles à un large public de non-spécialistes ! Merci, Jean-Claude Zylberstein…

Interview : Bernard DELCORD

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03 11 09

Les raisons de la colère

D'une guerre l'autreNatif de Saint-Brieuc dans les Côtes d’Armor, Louis Guilloux (1899-1980) est un auteur majeur de l’entre-deux-guerres et après. On lui doit des romans remarquables comme La maison du peuple (1927, réédité en 1953 avec une préface d’Albert Camus), Compagnons (1931) ou encore Le sang noir (1935), des textes fameux où il s’en prend aux va-t-en-guerre de tout poil mais aussi à sa ville qu’il rebaptise du doux nom de « Kloportgorod », tout un programme… Ancré à gauche, il a été secrétaire du 1er Congrès mondial des écrivains antifascistes en 1935, puis responsable du Secours Rouge International (plus tard Secours populaire), venu en aide aux réfugiés de l'Allemagne hitlérienne, puis aux républicains espagnols. Il fut aussi le traducteur de John Steinbeck. Les Éditions Gallimard ont entrepris, sous le titre générique de D’une guerre l’autre, de faire reparaître ses textes essentiels dans leur belle collection « Quarto ». La maison du peuple y figure, retraçant la geste de son père, humble cordonnier et militant socialiste, qui triompha aux élections de 1908 grâce à une coalition avec des bourgeois « progressistes », coalition aussitôt dénoncée par ceux-ci une fois parvenus au pouvoir. Rejeté dans l’opposition, Guilloux père n’eut de cesse de vouloir bâtir une maison du peuple qui ne fut jamais édifiée en raison de la déclaration de guerre d’août 1914. Dans Le sang noir, son chef-d’œuvre, l’auteur décrit les affres d’un professeur de philosophie inspiré par son maître Georges Palante (d’origine belge, 1862-1925), M. Merlin dit Cripure (à cause de la Critique de la raison pure de Kant) qui, dans une ville de l’arrière un jour de 1917, sera poussé au suicide par la cruauté de ses élèves et par l’attitude ignoble des « patriotes » de tout acabit qui lui font face et salissent son honneur. On le voit, Louis Guilloux ne se gênait pas pour dénoncer les trahisons des carriéristes politiques, les affres de la misère ou la bêtise des « patriotes » (Ainsi, dans Le sang noir, Cripure rêvera de mettre « un brin de persil dans les narines » des conscrits braillards…). Un honnête homme, assurément !
Bernard DELCORD

D’une guerre l’autre, romans et récits accompagnés de 50 documents par Louis Guilloux, Paris, Éditions Gallimard, collection « Quarto », septembre 2009, 1120pp. en noir et blanc sous couverture brochée en quadrichromie au format 14 x 20,5 cm, 29 €

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01 11 09

Marie Ndiaye goncourtisée

Marie_NDiayeRomancière pur-sang, gagnante du Goncourt 2009, elle a dominé la rentrée avec ses Trois femmes puissantes.
Cette petite bonne femme a l’étoffe d’une grande romancière, se dit-on en lisant Trois femmes puissantes, huit ans après Rosie Carpe qui lui valut le Prix Femina 2001, un début de notoriété publique et l’indépendance financière. Ecrivain de race dès son premier livre, cette bonne élève de mère française et de père sénégalais entra à dix-huit ans dans la prestigieuse écurie de Jérôme Lindon, aux éditions de Minuit, avec un livre intitulé Quant au riche avenir et cousu d’une seule phrase, plus chic tu meurs. Neuf ouvrages, fictions et théâtre, suivirent à la même enseigne, ses pièces (vues en nos régions) entrèrent au répertoire de la Comédie-Française et, surtout, l’écrivain évolua sans discontinuer, se fit moins « littéraire », plus en phase avec le monde et le traduisant de plus en plus librement avec un grand art de « médium ».
Son dernier roman, à cet égard, saisit par la pâte humaine de ses personnages et l’empathie profonde avec laquelle elle en retrace les destinées, sur fond de déracinement et d’humiliations vécues par des femmes et des hommes de notre temps. On pense à l’immense V.S. Naipaul, Nobel de littérature 2003, en lisant Trois femmes puissantes, et parfois à la Duras « annamite» ou au Simenon « africain », pour son écriture ou pour ses atmosphères et ses coups de sonde dans la psychologie conflictuelle des protagonistes. Une certaine magie, des oiseaux plus ou moins inquiétants et des dérives au bord des gouffres de la folie et du meurtre imprègnent en outre le roman de leur inquiétante étrangeté, dont on ressort ému et « sonné ».
La première histoire de ce triptyque marque les retrouvailles de Norah, Sénégalaise devenue avocate à Paris, convoquée par son père despote (et non moins déchu) à Dakar où elle est censée défendre son frère qui s’accuse du meurtre de sa belle-mère et amante. Mais la vérité, manipulée par le terrible patriarche déchu, reste à démêler…
Non moins retors, Rudy Descas, le prof blanc du lycée Mermoz de Dakar, qui a séduit la jeune Fanta et lui a fait miroiter un avenir meilleur en France, se retrouve là dans la peau d’un déclassé minable, entre sa femme dépitée qui le rejette et sa mère fondue en mystique débile.
Enfin, le plus triste sort est vécu par Khady Demba, entr’aperçue dans la première histoire et retrouvée dans une accablante suite d’épisodes au fil desquels, après la mort prématurée de son mari la laissant sans enfant, elle va vivre le calvaire des « damnés de la terre » en quête de lendemains qui chantent.
Or, sans préjugés politiquement corrects, remarquable par sa façon de percevoir les moindres mouvements affectifs de ses personnages, en relation avec leurs démêlés économiques, Marie Ndiaye brosse des portraits qui saisissent par leur caractère quasi symbolique et par leur vibration personnelle. Avec des vues pénétrantes sur le chantage affectif à base de calcul, la tyrannie douce ou le charme destructeur, notamment, la romancière justifie implicitement son titre en suggérant que la vraie puissance est, plus que force imposée: confiance inébranlable en soi et en la vie…
Jean-Louis KUFFER

Trois femmes puissantes, Marie Ndiaye, Gallimard, août 2009, 316p, 19€00.

Cliquez sur la couverture pour accéder au pertinent et excellent blog de Jean-Louis Kuffer.

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