11 04 09

Casse-pipe

BOUVARDPhilippe Bouvard se paie ces jours-ci la tête de quelques-uns de ses contemporains en vue dans un amusant recueil de petits textes intitulé Portraits pour la galerie, paru chez Albin Michel. Avec la verve qu’on lui connaît (c’est-à-dire la vacherie : un bouvard n’est-il pas, étymologiquement parlant, une sorte de bovidé ?), il habille pour l’hiver, pour l’année ou pour la vie des célébrités aussi diverses que Lanza del Vasto, l’idole des bo-bos, Salvador Dali, l’autolâtre, Ménie Grégoire, la « petite sœur des pauvres de la bagatelle », Frédéric François, le crooner aux pieds lourds, Paul Bocuse, le chef trigame, Charles Trenet, vrai faux cul et faux fou chantant, Maurice Chevalier, vieillard naïf et vaniteux, Claude François, chanteur communicant et rancunier, Robert Mitchum, acteur déshydraté, Pierre Desproges, comique timide et sinistre, Pierre Sabbagh, roi de la pipe de bois, Georges Simenon, roi de la pipe au Bois, Patrick Bruel, gagneur mauvais perdant, Francis Huster, sorte de Gérard Philipe en bonne santé ou Olivier Besancenot, facteur gauchiste autant que propriétaire cossu… Et même ce pseudo Robin des Bois de Jacques Mesrine qui projetait de le kidnapper ! Si certains des hommes et des femmes qui sont l’objet de ses faire-part s’en tirent avec les honneurs, à l’instar de Mimie Mathy, sa plus grande découverte, ou de Michel Drucker, l’ami de tout le monde et donc de Philippe Bouvard, la plupart d’entre eux se font tirer comme des lapins à une chasse de Serge Dassault… Car l’auteur, en volant avec la sienne dans les plumes de « pipoles » souvent plus pipelettes et peuples que populaires, est demeuré joyeusement fidèle à sa belle et fière devise : « Ni dupe, ni complice » !
Bernard DELCORD

Portraits pour la galerie, par Philippe Bouvard, Paris, Éditions Albin Michel, février 2009, 280 pp. au format 22,5 cm x 14,5 cm, 17 €


Philippe Bouvard Entretien intégral from Brice Depasse on Vimeo.

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09 04 09

Des lettres apocryphes

GUITRYEn publiant – enfin ! – La correspondance de Paul Roulier-Davenel illustrée par l’auteur, les Éditions de Fallois mettent à la disposition de l’amateur un inédit de Sacha Guitry, paru en 1909 sous forme de chroniques dans la revue parisienne Comœdia. L’auteur avait alors 25 ans, l’âge de toutes les audaces, y compris celle de se parodier soi-même, ce qu’il fit avec le talent qu’on lui connaît. Cela donne de fausses lettres hilarantes, sur le théâtre et les femmes, dans lesquelles défile le Tout-Paris littéraire et artistique d’avant-guerre (la première mondiale, que l’on avait crue la « der des der »…) : Alphonse Allais, Tristan Bernard, Henri Bernstein, Alfred Capus, Eugène Demolder, Maurice Donnay, Ernest Faguet, Georges Feydeau, Jules Lemaître, Félix Mayol, Catulle Mendès, Henri de Régnier, Jules Renard, Laurent Tailhade… et l’auteur des jours de l’auteur, Lucien Guitry, bien entendu ! Cela tourne et virevolte avec beaucoup de joie de vivre et davantage encore d’esprit, pour le plus grand plaisir de celui qui tient la plume et de celui ou celle qui en déchiffre et compte les coups, assenés moderato… ma non troppo !
Bernard DELCORD

La correspondance de Paul Roulier-Davenel illustrée par l’auteur par Sacha Guitry, avant-propos de Jean-Laurent Cochet, Paris, Éditions de Fallois, janvier 2009,
155 pp., 18 €

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09 04 09

La Belgique littéraire

decorationPublié chez Luc Pire dans la collection « Espace Nord » à l’initiative des Archives et Musée de la Littérature dirigées par Marc Quaghebeur, le coffret intitulé La Belgique en toutes lettres rassemble trois remarquables florilèges thématiques au format de poche constituant un itinéraire littéraire à travers les paysages, l’Histoire et les hommes d’un pays qui, apparemment, n’existe pas : la Belgique. L’ouvrage rassemble 350 textes d’auteurs divers (il y en a plus de 200 et Alexandre Dumas, Sigmund Freud, Victor Hugo, Paul Verlaine, Charles Baudelaire, Guillaume Apollinaire, Rainer Maria Rilke ou Jean Cocteau y côtoient le prince de Ligne, Émile Verhaeren, Camille Lemonnier, Max Elskamp, Michel de Ghelderode, Henri Michaux, Dominique Rolin, Maurice Carême, Christian Dotremont, Pierre Alechinsky, Georges Simenon, Jacques Brel, Hugo Claus, Françoise Mallet-Joris, Marguerite Yourcenar, Raoul Vaneigem, Jean-Pierre Verheggen, Jean-Philippe Toussaint, Philippe Blasband, Caroline Lamarche, Xavier Hanotte, Patrick Roegiers, Simon Leys, Amélie Nothomb… et même quelques « réprouvés » comme Henri De Man et Robert Poulet) pour leur faire dire ce qui les a intrigués, fascinés ou heurtés entre mer du Nord et Ardennes, entre Campine et Gaume, entre Wallonie, Flandre et Bruxelles. Il y est question de tout : les eaux, la terre, le ciel, les villes et les villages (réels ou utopiques), la nation, l’État, les langues, l’exercice du pouvoir, les colonies, les oppressions et les résistances, les identités, les exclusions, la « belgitude », la famille, l’amour, le travail, les traditions… et aussi le fameux le
« brol bizarre » bien de chez nous, cette attitude face à la vie, au monde et à la mort, dans laquelle les fictions se font plus vraies que le réel, et qu’à Paris on appelle élégamment
« surréalisme belge ».
Bernard DELCORD

La Belgique en toutes lettres par Véronique Jago-Antoine et Hugues Robaye sous la direction de Marc Quaghebeur, Bruxelles, Éditions Luc Pire, octobre 2008, collection « Espace Nord », 3 volumes (I. Le Pays, 284 pp., II. L’Histoire et les hommes, 460 pp., III. Tranches de vie, 304 pp.) au format 12 x 18,5 cm sous coffret, 24 €

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06 04 09

Leçon d’Histoire contemporaine

denis-lehane-un-pays-avant-laubeMagistral. Difficile de trouver un mot plus juste pour définir le nouveau roman de Denis Lehane. Magistral. Tant au point de vue littéraire, qu’au point de vue historique ou encore sentimental. Excellent auteur de polar, plus souvent intéressé par les blessures de ses personnages et les dérives de l’american way of life, Lehane est avant tout un chroniqueur de l’Amérique contemporaine. Le voilà aujourd’hui aux commandes d’une fresque historique, qui dépeint les soubresauts de l’Amérique au sortir de la Première Guerre Mondiale.
Période peu explorée finalement, qui précède la grande dépression et qui voit, déjà, la société américaine souffrir de la redéfinition inévitable de ce soit disant melting pot… dont les influences sont certes multiculturelles… mais jamais /inter/culturelles. Une nuance de taille qui est au cœur d’un roman foisonnant. Entremêlant le destin de personnages réels avec celui de créations fictionnelles à l’épaisseur jamais mise en défaut, Lehane brosse le portrait d’un pays qui n’en finit pas de se battre avec ses démons. Une toile de fond historique qui ne fait que refléter de façon terriblement évidente les actuelles interrogations qui traversent encore les USA de l’après 11 septembre.
Un Pays à L’aube désarçonnera sans aucun doute les lecteurs de Mystic River ou des romans plus « classiques » de Lehane… Mais mérite tout de même un effort… ne serait-ce que pour la puissance de cette chronique d’un passé par certains côtés encore très présent.
Dr Corthouts

Un pays à l'aube, Dennis Lehane, Rivages, janvier 2009, 759p., 23€00.

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06 04 09

Treize à table

invitesParis, rue Las Cases: Monsieur et Madamedu, entendez Thibault et Sophie du Vivier, donnent un dîner, dont tout porte à croire qu'il sera parfait: Ce souci de l'organisation relevait d'un vrai travail. Mais Madamedu avait cette grâce, subtil mélange de finesse et d'intelligence du moment, qui lui permettait le jour venu d'effacer toute trace d'effort dans la préparation de sa soirée.
Des invités triés sur le volet de l'intérêt puisqu'il s'agit d'honorer la présence ... et la bienveillance de George Banon, puissant homme d'affaires. Oui mais voilà que le scenario superbement huilé dérape, au moment de passer à table, par la consternante constatation que le nombre des couverts est de ... 13.
Tandis qu'une solution subtile sauve la situation, Pierre Assouline se plaît à donner, de la tablée, un portrait psycho-sociologique affiné: la conversation se pare de traits de toutes sortes qui en disent long sur la personnalité des convives.
Les apartés, aussi: Depuis quelques années, la dépendance au tabac avait favorisé en tous lieux et en toutes circonstances l'épanouissement naturel d'une communauté d'exclus. La cigarette scellait leur rapprochement."
Apolline Elter

Les invités, Pierre Assouline, roman, Gallimard, mars 2009, 208 pp, 17€90.

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05 04 09

Ça en bouche un coin…

decorationAvec Larlépem-vous louchébem ? qu’il vient de faire paraître chez Horay à Paris avec d’amusantes illustrations de Cabu, David Alliot lève un coin du voile sur l’un des argots les plus difficiles de la capitale française, celui des bouchers.
Né au Moyen Âge, il se répandit par la suite aux abattoirs de la Villette et aux Halles, dans le ventre de Paris, avant de disparaître quand celles-ci s’exilèrent à Rungis. Le louchébem est un lexique technique et professionnel (il y est bien évidemment beaucoup question de la viande et de ses métiers) mixé avec le fameux « largonji » des voyous dont il reprend souvent le fonctionnement. Ainsi, pour y former l’équivalent d’un mot français, il suffit de renvoyer sa première lettre à l’arrière du mot en la remplaçant par un « l » et en la faisant suivre de la terminaison em, atte, oque, é, és, ic, oc, as, qué, quème, uche ou puche (par exemple : « patron » donne « latron » puis « latronpem », « en douce » devient « en loucedé », « pas cher », c'est « pas lerche » et « fou » se transforme en « loufoque »). Pour ce qui concerne les mots de métier, notons par exemple que « gélin » désigne un jeune bœuf de boucherie parfait (et, par extension, un beau jeune homme), qu’un « boyau du cul », côlon du gros intestin utilisé dans l’élaboration des tripes, s’appelle « rosette », et pas qu’à Lyon, lorsqu’il est de porc, et que les « cliquettes » sont les yeux des animaux.
Enfin, relevons combien le succès fut grand, auprès du public, de certains mots du louchébem, en raison de leur reprise au cinéma et dans la littérature, comme ce fut le cas avec les
« valseuses », les « rognons blancs » ou la « barbaque »…
Lercimuche à tous pour votre lentiontatte !
Bernard DELCORD

Larlépem-vous louchébem ? par David Alliot, illustrations en noir de Cabu, Paris, Éditions Horay, mars 2009, 93 pp. au format 16 x 16 cm, couverture bicolore à rabats, 13 €

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05 04 09

Quand on a de l’amour (des mots)

TILLINACLes Éditions André Versaille à Bruxelles ont lancé récemment une nouvelle collection appelée « À s’offrir en partage » dans laquelle on retrouve très joliment présentés au format de poche des textes anciens célèbres proposés par des intellectuels contemporains : La fin de Napoléon de Chateaubriand présenté par Max Gallo, Le bonheur dans le crime de Barbey d’Aurevilly introduit par Denis Tillinac, De l’influence de la démocratie sur les mœurs des Américains de Tocqueville mis en exergue par Élie Barnavi, Florville et Courval du Marquis de Sade expliqué par Michel Delon, Sur Rodin de Rainer Maria Rilke suggéré par Jean Daniel, L’héritage de Maupassant décrit par Pierre Assouline, La plus belle histoire du monde de Kipling dévoilé par Michel Le Bris, Histoire de Noureddin et de la belle persane d’Antoine Galland annoncé par Tahar Ben Jelloun, Les Cenci, histoire d’un parricide de Dumas amené par Jean Lacouture et Le harem du Caire de Nerval décrypté par Henri Mitterand, autant de petits bijoux précieux qui feront scintiller la bibliothèque de l’honnête homme contemporain…
Bernard DELCORD

Collection « À s’offrir en partage », Bruxelles, Éditions André Versaille, 10 titres parus de 96 à 128 pp., 5 € chacun.

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03 04 09

La valeur des hommes

COHENJ'aurais préféré vivre de Thierry Cohen fut le météore inattendu de l'édition Poche l'an dernier et pour cause. Catalogué trop vite dans la veine Marc Lévy en raison du buzz internet qui fit croire à un pseudonyme, Cohen a conquis une grande partie du public de l'auteur d' "Et si c'était vrai". Si le modus operandi est le même, à savoir le page turning, les thèmes abordés par Thierry Cohen sont plus graves ainsi que le traitement qu'il leur apporte. Ce deuxième roman va faire exploser sans aucun doute le lectorat du Lyonnais. Culot et sensibilité caractérisent ce livre grand public qui tire plus du côté de Yasmina Khadra et Harlan Coben que de Marc Lévy (du grand écart !).
Ces raccourcis qui n'ont d'autre but que de vous situer le genre (en quelques mots maladroits) ne peuvent, bien sûr, cerner un auteur qui ne tardera plus à venir au premier rang des best sellers emprunts de sens.
En résumé, Thierry Cohen va faire un malheur. Si vous êtes sceptique, allez chez votre libraire, ouvrez Je le Ferai pour Toi et lisez son prologue : il est court et va vous mettre une claque.


Je le Ferai pour Toi, Thierry Cohen, Flammarion, mars 2009, 435p., 19€90.

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28 03 09

La quintessence du vers français

decorationVoilà que l’on réédite enfin (l’ouvrage avait paru en 1942 et n’avait jamais été republié), aux Éditions de la Table Ronde à Paris et en version de poche qui plus est, l’excellente anthologie de Kléber Haedens (1913-1976) intitulée Poésie française dans laquelle cet élégant aristarque et ce fin romancier présente 120 textes issus de Villon, Scève, Labé, Ronsard, Du Bellay, Garnier, Desportes, Agrippa d’Aubigné, Malherbe, Maynard, Théophile, Corneille, La Fontaine, Racine, Chénier, Latouche, Lamartine, Vigny, Hugo, Musset, Nerval, Baudelaire, Mallarmé, Verlaine, Rimbaud, Péguy, Apollinaire, Claudel, Maurras, Valéry et Cocteau, la quintessence du vers français en quelque sorte, choisis en toute subjectivité avec un sens profond de l’humain et une connaissance intime des mystères de l’art poétique comme en témoigne l’excellent préambule de l’ouvrage.
« Hussard » de la littérature après la guerre avec Nimier, Blondin et Déon, Kléber Haedens avait, avant celle-ci, collaboré à divers journaux de droite et d’Action française avant de devenir, sous l’Occupation, l’un des secrétaires particuliers de Charles Maurras tout en servant de boîte aux lettres aux Mouvements Unis de la Résistance. Il est l’auteur de trois romans mythiques, Adieu au Kentucky (1947), L’été finit sous les tilleuls (Prix Interallié 1966) et Adios (Grand Prix de l’Académie française 1974) ainsi que d’une remarquable Histoire de la littérature française (1943) qui fait encore actuellement les beaux jours de la collection des « Cahiers rouges » chez Grasset. Il fut également éditeur chez Robert Laffont et chroniqueur littéraire d’Aspects de la France quand Pierre Boutang dirigeait cette revue, et il aborde ici les lignes de faîte de la poésie française avec une légèreté insigne doublée d’une profondeur abyssale...
Bernard DELCORD

Poésie française par Kléber Haedens, Paris, Éditions de la Table Ronde, février 2009, collection « La petite vermillon », 207 pp. au format 11 x 17 cm, 8,50 €

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26 03 09

Un autre « Grand Meaulnes »

CLANCIERLe poète limousin Georges-Emmanuel Clancier, à qui l’on doit l’inoubliable et émouvant Pain noir relatant la vie de sa grand-mère, une bergère illettrée, est né le 3 mai 1914, quelques mois avant la disparition à la guerre de l’auteur du Grand Meaulnes, Alain-Fournier, dont le roman initiatique marqua et marque encore tant de jeunes et de moins jeunes lecteurs.
Clancier est lui aussi à l’origine de romans autobiographiques sensibles et subtils, autour de la vie provinciale d’antan, bourgeoise, ouvrière et rurale, centrés sur la découverte du monde des adultes, puis de la littérature et de l’engagement. Ils ont pour titre L’enfant double, (celui qu’il est dans l’appartement de ses parents en ville et, à d’autres moments, au bord des champs, chez ses grands-parents ouvriers), L’Écolier des rêves (où il découvre les livres) et Un jeune homme au secret (mêlant premières amours et montée des périls en Europe), tout en grâces d’écriture, ressuscitant avec brio les ombres anciennes et les saveurs perdues des terroirs de jadis. Car cet ami de Vian, de Queneau, de Leiris, de Roy, qui fut aussi résistant et homme de télévision, s’y entend comme pas deux pour évoquer la vraie vie, les braves gens, les valeurs authentiques, les destinées véritables.
En adjoignant à cette trilogie un roman au titre shakespearien, L’Éternité plus un jour (celui des amours jusqu’à 1968, Prix des Libraires 1970), les Éditions Omnibus à Paris ont pris récemment l’excellente initiative de faire reparaître ces beaux textes sous le titre générique d’Un enfant dans le siècle. Douze cents pages de pur bonheur…
Bernard DELCORD

Un enfant dans le siècle par Georges-Emmanuel Clancier, Paris, Éditions Omnibus, juin 2008, 1280 pp., 28 €

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