06 02 09

Une lecture impérative

SINOUEAlors venez, crevez l'abcès et, comme je l'ai fait, entrez dans ce livre et vivez l'impensable.
L'invitation est signée Charles Aznavour : crever l'abcès pour éviter de devenir le complice silencieux des négationnistes, pour donner une sépulture aux morts.
Erevan. Le grand roman d'un peuple.
Un "roman vrai", basé sur des faits majeurs avérés, des personnages existants, nourri d’ une bibliographie impressionnante.
Gilbert Sinoué nous emmène dans l'Empire turc du début XXe, à Erzeroum, ville d'Anatolie orientale. Nous voici plongés dans le quotidien de la famille Tomassian, arménienne de sang. De ce sang qui unit trois générations et qui bientôt coulera à flots.
Constantinople, 1914. Prenant prétexte de la guerre mondiale et d’une supposée trahison de la minorité arménienne, un triumvirat ittihadiste démoniaque, constitué de dirigeants de l’Empire ottoman, Enver Pacha, Talaat et Djemal Pacha, en programme la disparition.
Parce que l'Histoire a démontré que chaque fois que ce pays est entré en guerre il s'est retourné contre nous, les Arméniens, obsédé par la crainte que nous le poignardions dans le dos.
Le lecteur assiste, impuissant, à la dépossession progressive des droits élémentaires et biens de la population arménienne pour en arriver à sa déportation massive et assassine, en 1915, par convois de trains et de charrettes. Un scenario qui évoque de façon saisissante le génocide juif qui aura lieu quelque trente ans plus tard.
Une minorité devient toujours, tôt ou tard, le bouc émissaire de quelqu'un.
Si Gilbert Sinoué signe une nouvelle oeuvre littéraire - on retrouve avec bonheur l'élégance de sa plume et la subtilité de tournures orientales - il fait aussi oeuvre humanitaire, nous rappelant au devoir de mémoire, tout douloureux soit-il.
Apolline Elter

Erevan, Arménie : Le grand roman d'un peuple, Gilbert Sinoué, Flammarion, janvier 2009, 356 pp, 21€00.

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02 02 09

Les cavaliers de l'an mil galopent toujours

PERRIERDans Maudit soit ..., le quatrième tome des cavaliers de l'an mil, Marcel Louis Perrier, qui a maintenu son héros, en vie et en un seul morceau, jusqu'au couronnement d'Hugues Capet, le patriarche des rois de France, nous narre la suite de l'affrontement entre le clan de Loup et Foulques Nera, avec force horions et rebondissements. Si la formule est connue depuis Alexandre Dumas, l'originalité de l'oeuvre (extrêmement bien documentée et racontée) de Marcel Louis Perrier est de nous faire découvrir sous le couvert de l'aventure, une période ignorée de l'Histoire et quasi absente de l'archéologie : les années 900 et le début du XI° siècle.
Une édition en livre de poche de cette saga devrait sans nul doute rencontrer un grand succès.

  MARCEL LOUIS PERRIER - Brice Depasse 1
  MARCEL LOUIS PERRIER - Brice Depasse 2

Les cavaliers de l'an mil, Marcel Louis Perrier, Editions du Lutrin, novembre 2008, 24€00.

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02 02 09

De l'art de faire la guerre dans la dentelle

decorationAyant rallié la capitale britannique en 1943, après bien des vicissitudes (il s’appelait en réalité André Isaac), l’humoriste Pierre Dac, l’immortel auteur du journal ô combien farfelu L’Os à Moelle qui avait fait s’esclaffer la France d’avant-guerre, se mit au service de la très gaulliste Radio Londres pour fustiger, en textes et en chansons, l'occupant nazi et ses collaborateurs. Usant de l’humour et de la dérision avec un talent certain, il mit les rieurs de son côté et du côté des Alliés (notamment en inventant des jingles comme, sur l’air de la Cucaracha à propos de la plus importante radio collaborationniste française, « Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand ») avant de se muer en correspondant de guerre puis, une fois la paix revenue, en directeur d’un nouveau journal parisien, L'Os libre, (sous-titré « Contre tout ce qui est pour – Pour tout ce qui est contre ») dont il fit paraître 102 numéros, jusqu'en 1947 avec, entre autres, la complicité de Bourvil et Francis Blanche.
Dans la France en reconstruction minée par l'instabilité politique et les pénuries, Pierre Dac et ses complices s'en donnent à coeur joie dans ses colonnes pour porter sur les événements un regard parfaitement loufoque.
Ainsi en est-il par exemple d’une offre d’emploi, libellée comme suit : « Grande maroquinerie demande crocodile démonstrateur présenté par ses parents. Pas saurien s’abstenir » ou du feuilleton policier qui détaille par le menu les enquêtes de l’inspecteur Poileau Luc.
Dans chaque numéro, un éditorial pastichant un auteur célèbre façon Sartre, Dostoïevski, Madame de Sévigné, Sully Prudhomme ou encore Alphonse Allais, la rubrique sentimentale « L’Os de cœur » et des articles au titre alléchant : « Le chant du coke », « Les vignes du baigneur », « Le jour de foire est arrivé », « Du beau, du bon débonnaire », « La première auberge de vieillesse » ou « Fresne’s
cancan ».
Sous le titre de Drôle de guerre, les Éditions Omnibus à Paris viennent d’en publier de très larges extraits, choisis et présentés par Jacques Pessis. Cette anthologie regroupe les textes de Londres et les meilleurs articles de L'Os libre situés dans leur contexte historique.
À lire d’urgence en ces nouveaux temps de marasme : poilade garantie !
Bernard DELCORD

Drôle de guerre par Pierre Dac, Choix et présentation de Jacques Pessis, Paris, Éditions Omnibus, 2008, 1184 pp., 28 €

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29 01 09

Pour l'amour de Fidel

EDUARDO MANETPour fêter cinquante ans de dictature à Cuba, Fidel Castro sera heureux d'apprendre qu'un de ses dissidents pense toujours à lui. Eduardo Manet raconte en effet l'histoire romancée de la maîtresse du commandant Castro. Comment il l'a séduite, il y a un demi-siècle. Comment il l'a abandonnée, quelques mois plus tard. Et comment elle a du vivre avec son souvenir. Jusqu'au jour où ...
Même si le petit bout de la lorgnette de la passion amoureuse nous fait découvrir un Castro plus sympathique, le naturel revient très vite au galop. La seule bague que le leader maximo ait jamais passée à son doigt doit être celle de ses cigares Roméo et Juliette. Personnage de malheur, figure romanesque.
Le tableau est admirablement peint par l'auteur D'amour et d'exil, un écrivain que j'aime tout autant retrouver devant un micro qu'entre ses lignes.
L'histoire est belle; elle est sans doute véridique. Le roman, lui, est très beau.

  EDUARDO MANET - Brice Depasse 1
  EDUARDO MANET - Brice Depasse 2
  EDUARDO MANET - Brice Depasse 3

En bonus, un extrait de la conversation hors antenne pour savoir à qui Eduardo fait allusion dans la première partie de l'interview :

  EDUARDO MANET - Brice Depasse 0

Edouardo Manet02Photo : Alain Trellu

La maîtresse du commandant Castro, Eduardo Manet, Robert Laffont, janvier 2009, 456p., 21€00.

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28 01 09

Des petites touches d’humanité

NYS_MAZUREColette Nys-Mazure est connue pour sa poésie et ses recueils de textes courts sensibles, engagés dans une foi et une humanité qui ne laissent pas indifférents : on adore ou on rejette, tant il est vrai que de nos jours, l’expression de ses convictions religieuses peut davantage choquer certains que celle de ses habitudes sexuelles. Avec “Perdre pied”, Nys-Mazure entrouvre la porte du roman avec bonheur. Sur une plage du Nord, des inconnus vont se rencontrer, se côtoyer, se découvrir. Loin des repères du quotidien, les défenses s’estompent et chacun s’ouvre au risque de la découverte de l’autre. De l’autre et de soi. Dans ce petit microcosme, chaque lecteur pourra se reconnaître à travers tel ou tel personnage, mais surtout à travers telle ou telle situation. Celles qui dévoilent nos faiblesses et nos qualités, à nous d’abord, aux autres ensuite.
Et puis vient la fin de l’été, la fin des vacances, des parenthèses. Le quotidien reprendra chacun, personnages et lecteurs. A chacun de voir ce qui aura changé...
Vincent ENGEL

Perdre pied, Colette Nys-Mazure, Paris : Desclée de Brouwer, novembre 2008, 149p., (Littérature ouverte), 13€00

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25 01 09

Où il est encore question de Quiriny, le fabuleux

QUIRINYQuand j’ai appris que le Prix Rossel 2008 (un peu l’équivalent belge du Prix Goncourt) était attribué à un recueil de nouvelles fantastiques, mon sang n’a fait qu’un tour et je me suis précipité chez mon libraire. Un prix décerné à un livre relevant des littératures de l’Imaginaire : voilà qui est assez rare que pour être souligné !
Bernard Quiriny est Français mais né en Belgique (en 1978), et ces Contes carnivores est son deuxième ouvrage après L’Angoisse de la dernière phrase, paru chez Phébus en 2005. Après dévoration immédiate (comme le conseille la bande publicitaire), je dois avouer que ce recueil est tout à fait remarquable. Il ne s’agit pas de fantastique traditionnel, mais plutôt de ’réalisme magique’ ou de ’merveilleux’ au sens latino-américain. De ces quatorze nouvelles, certains textes ne sont d’ailleurs pas vraiment du fantastique, mais ils sont étranges, insolites. La marge est étroite.
Prenons quelques exemples. Pour faire l’amour avec une jolie jeune fille rencontrée par hasard, vous devez... la peler car sa peau est... Sanguine, conte initial. Un évêque vit avec deux corps et se transpose tantôt dans l’un tantôt dans l’autre (L’épiscopat d’Argentine). La langue des Yapous est totalement incompréhensible car reposant uniquement sur des malentendus (Quiproquopolis). Une société d’admirateurs de marées noires s’est constituée, et ses membres courent d’une catastrophe à l’autre pour en juger l’esthétique (Marées noires). Un critique musical n’écoute pas la musique, mais... la sent, à l’odeur (Chroniques musicales : Synesthésie). Un peintre renommé couronne son oeuvre en se faisant tuer en plein vernissage : le tableau criblé de son sang est à présent terminé (Souvenirs d’un tueur à gages : Autoportrait). Le ’zveck’ est un alcool très dangereux : il ne tue pas, mais rend saoûl pour la vie (Une beuverie pour toujours).
Tout ceci vous démontre le talent infiniment varié de Bernard Quiriny : il détache de la réalité l’élément qui constituera le fil de son idée et en orne sa fantaisie. Quelques récits sont tout de même de pure obédience fantastique, tel Qui habet aures, l’histoire d’un homme qui entend les pensées des autres quand elles le concernent directement. Et lorsqu’il entendra la voix d’une femme qui l’aime, mais dont il ignore tout, le drame s’enclenche... Mélanges amoureux racontent les complexes circonvolutions d’un personnage marié, et amoureux de trois autres femmes, dont le reflet se révèle dans les miroirs de chacune... des autres. Un peintre sur oeufs est amené un jour à illustrer un oeuf... né d’une femme (L’oiseau rare). Quant à la nouvelle titulaire, qui conclut le volume, qu’il me suffise de vous dire qu’elle relate la troublante relation entre un botaniste et ses dionées qui, comme chacun le sait, sont des plantes... je n’irai pas plus loin.
Chaque nouvelle est courte, et écrite à la pointe sèche, souvent caustique. Deux d’entre elles se subdivisent en sous-nouvelles : Chroniques musicales, et Souvenirs d’un tueur à gages. Ah, il y a aussi une mini-série de notices biographiques d’écrivains imaginaires. Et puis, qui est ce Pierre Gould, qui apparaît de façon récurrente ? Vous le voyez, ce livre est une mine de fascinations curieuses de toutes sortes, et qui hantent l’esprit longtemps après lecture. La préface d’Enrique Vila-Matas est aussi mystérieuse que les textes qu’elle introduit. Ce Prix Rossel, amplement mérité, est une véritable découverte, qui réjouira tout ceux qui souhaitent un fantastique « neuf » !
Bruno Peeters

Contes carnivores, Bernard QUIRINY, Editions du Seuil, 2008, 250p., 18€.

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25 01 09

Drames, remords et rédemptions

decorationLes Éditions Omnibus à Paris ressortent, dans la traduction de Pierre Pascal (1890-1983) à qui l'on doit également les notes et l'appareil critique, les deux premiers grands romans de Dostoïevski, Crime et châtiment (1867), dans lequel Raskolnikov, un ex-étudiant désargenté, après avoir assassiné de sang-froid une vieille usurière, se trouve rongé par la culpabilité avant de trouver dans la confession l'apaisement de sa conscience, et L’Idiot (1869) où l’on voit le prince Mychkine arriver à Saint-Pétersbourg où il se mêle à la haute société russe, décadente, cupide et hypocrite, qu’il parviendra à illuminer et à transformer par sa bonté et sa naïveté.
Remarquable observateur de l’âme humaine, de ses vanités, de ses aspirations et de ses déchirements, Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski (1821-1881), ce joueur invétéré doté d’une bien faible constitution, cet épileptique dont la santé avait été ruinée par quatre ans de déportation en Sibérie, ce solitaire malheureux au caractère
farouche, rêvait, à l’instar du Don Quichote de Jacques Brel, d’atteindre un jour « l’inaccessible
étoile ».
Il a d’ailleurs dit un jour de L’Idiot que « l'idée essentielle de ce roman consiste à représenter un homme absolument excellent. Rien n'est plus difficile au monde ».
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a fait mouche !
Bernard DELCORD

Crime et Châtiment et L’Idiot par Fédor Dostoïevski, Paris, Éditions Omnibus, septembre 2008, 1280 pp., 28 €

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23 01 09

Piège en cul de sac

KENNEDYQuelle n'avait pas été ma surprise de découvrir que Kennedy avait ouvert le feu de son oeuvre avec un roman de genre noir de noir, mâtiné d'une solide couche de violence graphique.
Cul de Sac, aujourd'hui réédité dans une nouvelle traduction sous le titre de Piège nuptial, raconte comment un journaliste en mal d'expérience décide de traverser l'Australie... Et finit entre les griffes d'une communauté de fracassés du bulbe tout droit sortis d'une série « b » horrifique des années quatre-vingt. Rien que ça !
Avec un humour ravageur, un sens du rythme et de l'étude des caractère, Kennedy nous offre une sorte de métaphore effrayante sur une civilisation en fin de course, où la déliquescence économique finit par mener à un repli sur soi et un modèle de société où les pires dérives s'installent sous couvert d'une nécessaire survie.
Difficile de ne pas voir dans cette histoire apparemment taillée pour le public amateur de frissons sanglants - quelques scènes sont à ce titre plutôt gratinées - une profonde réflexion sur l'état de notre civilisation occidentale, bouffée de l'intérieur par ses propres contradictions et nourries de telles peurs irrationnelles qu'elle finit par refuser tout apport extérieur pour enrichir son patrimoine.La force de Kennedy réside évidemment dans la subtilité avec laquelle il joue avec les codes du roman de genre afin de mettre en avant des thèmes qui lui sont chers, comme la perte des repères, la remise en question de nos valeurs purement matérialistes ou la duplicité trop courante des donneurs de leçons, sans jamais devenir moralisateur.Une preuve que le roman de genre est souvent empreint d'une richesse et de multiples niveaux de lecture que d'aucuns lui refusent encore trop souvent.
Dr Corthouts

Piège nuptial, Douglas Kennedy, Belfond, novembre 2008, 265p., inclus un très bon reportage sur l'auteur en DVD.

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22 01 09

Plusieurs jours pour s'en remettre

POLET- Emmène-moi à New York!
C'est à Barcelone, dans la chaleur du mois d'août et des quartiers populaires, que Grégoire Polet emmène le lecteur, pour son quatrième roman. Un roman dur, bouleversant, campé sur fond de prostitution, de solitude et d'abandon. Vingt-quatre heures de la vie de Chucho, orphelin qui du haut de ses onze ans se met en tête de débarquer à New York, d'y découvrir sa véritable maman. Il tente de convaincre Hans, providentiel touriste allemand du bien-fondé de sa démarche.
"Il ne se rend pas compte qu'il a faim, car la faim est l'état propre au désir et au rêve, que le désir et le rêve entretiennent et préservent. Le désir brûlant de vie n'aime que le jeûne (...) Léger, euphorique, Chucho veut rentrer chez lui par les quartiers riches et, tant qu'à faire, passer par l'hôtel de toutes les promesses."
Et le lecteur se prend à la quête, naïvement, douloureusement, en dépit du garde-fou que constitue la fiction. Il cède à la tendresse paternelle dont Grégoire Polet entoure le portrait de Chucho et de la Dumbre, vieille mastodonte enfoncée dans sa corpulence et son inactivité, elle, qui cinq jours sur sept "veille sur sa lampe à huile, sa manie".
Et si la flamme vacillante de la lampe à huile était la seule lueur d'espoir, de réelle solidarité entre les écorchés du rêve, de la vie?
Apolline Elter

Chucho, Grégoire Polet, Gallimard, janvier 2009, 121 pp, 14 €

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21 01 09

Une longue et belle histoire

LIVREBruno Blasselle, le patron de la bibliothèque de l’Arsenal à Paris, a procédé récemment à la mise à jour et à la refonte en un seul volume des petits essais intitulés À pleines pages et Le triomphe de l’édition parus il y a dix ans déjà aux Éditions Gallimard dans la collection « Découvertes ».
Cela donne aujourd’hui chez le même éditeur et dans la même collection une merveilleuse Histoire du livre brillamment exposée et somptueusement illustrée, qui mène le lecteur de l’invention du volumen médiéval à celle de l’ouvrage numérique téléchargeable sur Internet en passant par le codex, un ensemble de cahiers de parchemin pliés et cousus succédant au rouleau de papyrus, par la Bible de Gutenberg de 1454, par la diffusion des idées de la Réforme et de la Contre-Réforme, mais aussi la censure d’État imposée par Colbert, la création des livres pratiques et des almanachs, la rédaction de l’Encyclopédie de Diderot ou du Don Quichote de Cervantès, la naissance des bibliothèques publiques, les progrès de l’imprimerie, l’émergence du métier d’éditeur, l’apparition des manuels scolaires, le succès des premiers romans pour enfants (de la comtesse de Ségur) et pour grands adolescents (rédigés par Jules Verne), l’intérêt pour les revues littéraires (Revue Blanche, Nouvelle Revue Française) ou encore pour l’attribution des prix littéraires.
Avec plus de 60 000 titres publiés en 2007 et 470 millions d'exemplaires vendus la même année, il est par ailleurs indéniable que le livre connaît actuellement un essor exponentiel dont l’émergence des nouveaux supports, tel le livre électronique, étendra encore la diffusion.
Voilà une longue histoire qui n’est pas près de s’arrêter…
Bernard DELCORD

Histoire du livre par Bruno Blasselle, Paris, Éditions Gallimard, décembre 2008, collection « Découvertes Histoire », titre hors série, 320 pp., 19,90 €

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