19 10 08

Les lectures de Julien Clerc

JOHNSONA l'occasion de la sortie de Où s'en vont les avions ?, Julien Clerc a répondu à mes questions sur Nostalgie. Le hasard de l'une d'entre elles nous a conduit sur le terrain de la littérature. Le chanteur s'est révélé, on pouvait s'y attendre, très intéressant et passionné.

  JULIEN CLERC - Brice Depasse

Arbre de fumée, Denis Johnson, Christian Bourgeois éditeur, août 2008, 679p., 28€.

Kiffe kiffe demain, Faïza Guène, Livre de poche, 2005, 188p., 5€00.

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19 10 08

Mais qui est le commandant Bill ?

JOBMai 1940. Durant la brève campagne des 18 jours de l'armée belge contre celle du III° reich, un avion de reconnaissance allemand tombe dans la forêt des Ardennes à proximité d'une clairière où se sont réfugiés les habitants d'un petit village craignant les massacres comme en 14.
Un officier allemand qui aurait préféré rester chez lui, un collabo de façade, un ancien combattant, un jeune déserteur, une soldatesque germanique qui a encore la fleur au bout fusil, des villageois perdus dans la tourmente, tous ces gens vont être acteurs et spectateurs d'un premier drame de l'occupation. La faute à personne, la faute au rôle que l'on doit tenir parce qu'on est en guerre. Et puis l'Amour au beau milieu. Un Amour vraiment impossible. La faute à tout ça.
Un excellent Armel Job après Sainte Freya et Les fausses innocences.

  ARMEL JOB - Brice Depasse 1
  ARMEL JOB - Brice Depasse 2

Le commandant Bill, Armel Job, Mijade, août 2008, 190p., 8€00.

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17 10 08

Une bible musicale

decorationRédigée par le Liégeois (d'origine hutoise) Bernard Wodon qui enseigne à Bruxelles et dans sa ville d'adoption, et éditée par votre serviteur en tandem avec l’excellent Gilbert Labrune à Paris, l’Histoire de la Musique qui vient de paraître chez Larousse est un ouvrage de référence qui couvre toutes les époques : de la musique hellénique et romaine au chant grégorien, du baroque au répertoire classique et romantique, jusqu’à la musique contemporaine
et actuelle. Il fait la part belle à la vie et à l’œuvre des grands compositeurs, certes, mais il sert aussi au mélomane de fil d’Ariane à travers le labyrinthe des périodes, des écoles et des styles de plus de 4000 ans d’histoire de la musique occidentale. Thrènes, oratorios, motets, messes, cantates, opéras, ballets, symphonies, contes radiophoniques, dodécaphonisme, mais aussi Palestrina, de Lassus, Bach, Vivaldi, Lulli, Mozart, Beethoven, Grétry, Franck, Stockhausen, Boulez, les Beatles et les Rolling Stones,
sans oublier Verdi, Debussy, Saint-Saëns, Ravel, Bartok, Schönberg, Absil, Chostakovitch, Django Reinhardt ou Louis Armstrong et on en passe : tout, ou presque, est mis en lumière et en perspective dans cette vaste somme musicologique destinée au grand public de tous les âges, celui que la belle et bonne musique enchante !
Bernard Delcord

Histoire de la musique par Bernard Wodon, Paris, Éditions Larousse, coll. « In extenso », 480 pp., 26 €

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17 10 08

La maison des temps rompus

quivigercoverIntime, secret. Féminin par essence. C’est un livre dont le vent tourne les pages, pas un vent comme d’habitude, un vent crémeux sur une peau nouvelle. Comme un effleurement graduel amical. Un livre écrit par une femme, pour murer sa solitude dans une maison où elle vient d’emménager. Une maison si possible au bord de la mer, cachée dans les dunes, comme antidote à l’étroitesse d’horizon. Un lieu magique qui n’existe que pour certains initiés, une boîte à histoire qui s’ouvrirait comme un pop up et dont sortiraient des personnages lumineux. Plusieurs destins se croisent dans cette fable teintée de merveilleux. Quatre femmes y vivent l’expérience de la maternité et partagent amitié, solidarité. Vie et mort ouvrent et ferment ce conte peuplé de mères et de jeunes filles courageuses. Comme Lucie, qui s’affaire à laisser derrière elle la petite enfance, cette peau désormais trop étroite, usée jusqu’aux genoux. Ou Claire, qui a peur de l’avenir et essaie de lui parler avant de s’endormir. L’auteure de ce livre, Pascale Quiviger, pour qui la poésie est le refuge de toutes les vies, le bon sens son naufrage, la réalité son épave, est née au Québec et publie pour la première fois en France. L’occasion de célébrer sa plume langoureuse, délicate, enchanteresse. Si vous rêvez d’ambiance feutrée, d’odeur de pain grillé, de feu ouvert, du bruit des feuilles mortes, enrobez-vous d’un châle, lovez-vous dans un canapé et lisez ceci.
Valérie Nimal


La maison des temps rompus, Pascale Quiviger, Editions du Panama, août 2008, 192 pages, 18,5 euros.

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16 10 08

Comme si c'était hier

NAPOLEONL’Empire d’hier, c’est la France et même l’Europe d’aujourd’hui ! En tout cas en ce qui concerne l’organisation politique et administrative. Pour s’en convaincre, il suffit de se référer à un remarquable ouvrage de synthèse paru récemment aux Éditions Tallandier à Paris dans la « Bibliothèque napoléonienne ».
Rédigé par un groupe d’éminents spécialistes sous la direction de l’historien Thierry Lentz, il s’agit d’un fort dictionnaire intitulé Quand Napoléon inventait la France dont les 800 entrées sont consacrées aux institutions politiques, administratives et de cour du Consulat et de l’Empire, qui ont ensuite fait florès un peu partout en Occident.
De l’Académie de législation aux Voyages officiels de l’empereur en passant par l’Académie impériale de musique, l’Administration des ponts et chaussées, le Baccalauréat, la Banque de France, le Bureau de la statistique, le Cadastre, les Centimes additionnels, la Chambre du conseil (en matière criminelle), les Conseils de fabrique d’Église, la Cour des comptes, la Direction générale de l’enregistrement et des domaines, les Départements, arrondissements communaux et cantons, l’École normale supérieure, l’École polytechnique, la Légion d’honneur, la Liste civile du chef de l’État, la Loi sur les établissements industriels insalubres, la Loterie nationale, les Lycées, le Tableau des avocats, les Vicaires généraux… sans oublier le Conseil des finances ou la Gendarmerie, tout est passé au crible dans une langue accessible et dans une perspective résolument didactique dans le meilleur sens du terme. L’ouvrage est complété des 9 principaux textes constitutionnels français d’alors, ainsi que de cartes et de tableaux. Une bible pour qui veut comprendre l’origine des institutions en Europe.
Bernard Delcord

Quand Napoléon inventait la France par Pierre Branda, Pierre-François Pinaud & Clémence Zacharie, sous la direction de Thierry Lentz, Paris, Éditions Tallandier, coll. « Bibliothèque napoléonienne », 2008, 773 pp., 49 €

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11 10 08

Fenêtre sur vies

DIOMEFatou Diome, comme Dominique Fabre, observe les Français qui vivent ensemble. Ensemble ? Disons au même endroit. Ou presque. Des villes, des quartiers, des immeubles à appartements multiples. Un empilement de lieux de vie. Des vies toutes différentes. L'héroïne de Inassouvies, nos vies a, en observant l'immeuble d'en face, croisé le destin de celle qu'elle nomme Félicité, une vieille dame, veuve, que ses héritiers vont, malgré elle, placer dans une maison de retraite.

  FATOU DIOME - Brice Depasse 1
  FATOU DIOME - Brice Depasse 2

A propos du "cadavre collectif", Mais qui a tué Milena Verdi :

  FATOU DIOME - Brice Depasse 3

Brice Depasse

Inassouvies, nos vies, Fatou Diome, Flammarion, août 2008, 280p., 19€00 env.

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08 10 08

Les écrits d’un baroudeur

ARNAUDPersonne n’a oublié l’extraordinaire roman de Georges Arnaud paru en 1950 sous le titre du Salaire de la peur et dont l’adaptation par Henri-Georges Clouzot en 1952 fournit à Yves Montand l’un de ses plus grands rôles au cinéma. C’est que cet ouvrage qui narrait le dramatique périple sud-américain d’un camion chargé de nitroglycérine sentait le vécu, et pour cause !
L’auteur, de son vrai nom Henri Girard, avait déjà pas mal bourlingué quand il le rédigea (né en 1917, engagé volontaire en 1940, accusé du meurtre de son père en 1941, emprisonné durant 19 mois puis acquitté, il s’était exilé au Guatemala en 1947 pour en revenir en 1949 après avoir exercé les métiers de barman, chercheur d’or et… chauffeur de poids lourds). En 1953, il publie Prisons 53, une enquête retentissante contre le système carcéral français, menée à la demande du journal L’Aurore. Il se range ensuite aux côtés du FLN algérien avec Jacques Vergès (1958), est poursuivi en justice (1961) et s’exile à nouveau, à Alger puis en Espagne, avant de décéder à Barcelone en 1987.
Il avait été journaliste d’investigation pour Combat, Le Monde, L’Express, France Soir, Les Lettres françaises, El Moudjahid et Révolution africaine et la plupart de ses textes littéraires devenaient difficiles à trouver. Fort heureusement, les Éditions Omnibus à Paris viennent de compiler en un fort volume sept œuvres passionnantes de ce tropical tramp à la langue bien pendue, au style picaresque et coloré, qui savait si bien redonner vie ses semblables et les hisser
à l’universel. Un Faulkner de gauche, en quelque sorte… À (re)lire absolument !
Bernard Delcord

Georges Arnaud, Le Salaire de la peur et autres œuvres (Le Voyage du mauvais larron, Les Oreilles sur le dos, La Plus grande pente, Les Aveux les plus doux, Prisons 53 et Mon Procès), Paris, Éditions Omnibus, 2008, 1024 pp., 28 €.

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08 10 08

Ce matin sur Nostalgie

SAINTEX_LETTRES Dans le Grand Morning avec Philippe et LaureLettres à l'inconnue de St Exupéry et trois nouveautés chez Pocket : Next de Michael Crichton, Nous sommes tous des playmobiles de Nicolas Ancion et La catin d'Iny Lorentz.

  GRAND MORNING - St Exupéry et nouveautés Pocket

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03 10 08

Le coeur glacé d'Almudena Grandes

grandes3Grandiose, ce roman d’Almudena Grandes ! Tout y est : style, rythme, structure, talent, ambition. Le cœur glacé retrace la vie de deux familles espagnoles, de la guerre civile à nos jours. Deux familles opposées, liées par de lourds secrets et de sinistres affaires. Pour connaître ce qu’ont subi les Espagnols pendant toutes ces années ― terreur, misère, culpabilité, honte ―, il faut se plonger dans les 1000 pages de cette saga. Elle foisonne de faits historiques et de personnages au destin tragique. Les Fernandez, par exemple, exilés à Paris, qui font la fête à la mort de Franco. Parce que nous sommes espagnols et que les Espagnols ne peuvent jamais être entièrement heureux, une variété domestiquée et ivre de désespoir se penchait sur les commissures des lèvres, l’humidité des yeux, les arêtes du visage de ces hommes secs, consumés, épuisés par l’exercice constant de leur dureté, qui levaient un verre pour recommencer, l’un après l’autre, "morte la bête, mort le venin". Ce venin glace les cœurs, y compris celui du personnage central, Álvaro. A l’enterrement de son père Julio Carrión, Álvaro remarque une femme inconnue dans l’assemblée. Rachel Fernandez. Une passion nait et avec elle, les zones d’ombres sur la fortune paternelle s’éclaircissent. Le Cœur glacé, captivant de bout en bout, fut un énorme succès en Espagne. L’excellente traduction contribue au plaisir de cette lecture, malgré les redondances, parfois lancinantes ou obsessionnelles. Grandes vous emporte et ne vous lâche plus.

Valérie Nimal


Le cœur glacé, Almudena Grandes, traduit de l’espagnol par Marianne Millon, Lattès, 1076 pages, 35 euros.

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01 10 08

Le dico, c'est hype !

larousseillustre2009Waouh ! Ce matin, sur mon bureau tout déjeté, m’attend le nouveau Petit Larousse Illustré 2009. Surprise ! Qui a déposé cet objet là ? Est-ce la réceptionniste, slameuse à ses heures, ou mon collègue Hubert qui aime compétitionner et courir chercher le courrier ? En feuilletant le dico, je découvre les nouveaux mots de 2008. A la machine à café, je tombe sur ce type insortable mais sexy comme Brad Pitt. Il décrète qu’il n’a pas « envie d’écrire un article sur un dictionnaire. A toi, cette fois ! » Moi, la journaliste hyperactive d’une rédaction qui vient de lancer un féminin ? Parler d’un dictionnaire ? « Il faut mutualiser vos compétences », suggère le directeur de marketing qui attend que le café coule, la bouche pleine de croquants appétissants.
Ca doit faire cinq minutes qu’Hubert agite sa touillette dans son café, quand il bredouille « je dois partir plus tôt, à cause d’une séance de luminothérapie prescrite par le médecin du travail ». Essorée par une réunion portant sur l’animation de la blogosphère, je réplique : Déstresse, Hubert ! Le dico, c’est hype ! Or, je sais que je vais me régaler à pondre ce papier. Ce soir, après mon cours de mbalax, je me glisserai au lit avec le Petit Larousse Illustré et j’éplucherai avec bonheur les nouveautés (comme quand j’étais enfant et que je les apprenais par cœur). Car, contrairement aux idées reçues, il n’y a rien de plus jubilatoire qu’un dictionnaire. Et qu’on ne vienne pas me dire que je ne fais rien pour mousser la vente des dicos !
Valérie Nimal

PS : Vous aurez sûrement remarqué que, dans ce texte, les nouveaux mots du Petit Larousse Illustré sont en italique;-)

Le Petit Larousse illustré 2009, 15 x 23 cm, 1 920 pages, 29,90 €

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