12 09 08

Entretien avec la princesse

NOTHOMBAvec Le fait du prince, Amélie Nothomb confirme tout le bien qu'on pensait de son inspiration renouvelée après une baisse de pression (cliquez sur la couverture du livre pour lire notre chronique). Vous y retrouverez tout ce qui vous a plu dans ses excellents romans de la décennie précédente avec en plus une touche d'optimisme, un certain ensoleillement qui lui sied très bien.
Bref, Le fait du prince est un thriller qui ne manquera pas de vous surprendre comme cet entretien réalisé autour de la table d'un café de la place Flagey, et après une orgie de frites (avec andalouse et samouraï) comme seuls les Belges et les Ch'tis savent les apprécier.

   AMELIE NOTHOMB – Brice Depasse 1
   AMELIE NOTHOMB – Brice Depasse 2
   AMELIE NOTHOMB – Nicky Depasse

«Le fait du prince», Amélie Nothomb, Albin Michel, 2008, 160p, 15€90

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11 09 08

Un sommet de l’humour anglais

WODEHOUSELes Éditions Omnibus à Paris ont ressorti, sous le titre générique de Jeeves, quatre romans de Pelham Grenville Wodehouse (1881-1975) qui, depuis leur parution (en 1923 pour L’inimitable Jeeves, en 1924 pour Allez-y Jeeves et en 1934 pour Ça va Jeeves ? et Merci, Jeeves !), n’ont cessé de remporter un succès phénoménal aux quatre coins de la planète auprès des amateurs d’humour à la fois pince-sans-rire et délirant. Évoluant dans un univers so British peuplé de jeunes filles – de bonne famille, indeed – énergiques et épuisantes, de leurs tantes redoutables et de leurs oncles débonnaires, le personnage de Jeeves, le génial et flegmatique majordome d’un jeune célibataire oisif et écervelé qui a l’art de se fourrer dans des situations inextricables, a enthousiasmé et fait rire aux larmes des générations de lecteurs éblouis par tant de virtuosité dans l’art de brosser le portrait un brin sarcastique d’une société. Quand on referme cet ouvrage, on ne peut que partager ce commentaire définitif d’un critique littéraire sujet de Sa Gracieuse Majesté : « Il n’y a que deux sortes de lecteurs de Wodehouse, ceux qui l’adorent et ceux qui ne l’ont pas lu ».
Bernard Delcord

Jeeves [L’inimitable Jeeves, Allez-y, Jeeves, Merci, Jeeves !, Ça va, Jeeves ? Préface de François Rivière] par Pelham Grenville Wodehouse, Omnibus, juin 2008, 912 pp., 24 €.

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06 09 08

11 septembre : Don DeLillo & New York

Cosmpolis"Je voulais raconter l'histoire d'un homme qui traverse Manhattan en une journée", explique l'écrivain pour commencer. "Le type en question serait richissime et très cultivé. Il habiterait au sommet du plus haut building du monde, dans un appartement de 48 pièces qui lui aurait coûté plus de 100 millions de dollars, avec bassin à requins et nursery pour barzoïs. Il souffrirait d'une asymétrie de la prostate mais disposerait, dans son avion personnel, de la bombe atomique. Il apparaîtrait comme le maître de l'univers et vivrait pourtant, ce jour-là, l'effondrement d'une utopie "...
Jean-Louis Kuffer
Lire la suite en cliquant sur la couverture du livre ci-contre.

Don_delillo
A propos de l'Homme qui tombe et de son histoire, cliquez sur la couverture du livre ci-contre.

L'homme qui tombe, Don DeLillo, Actes Sud, avril 2008, 297p., 22€00.

Cosmopolis, Don DeLillo, Actes sud, Babel, 2005, 221p., 7€50.

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04 09 08

Où l'on continue à ne pas vous parler de la rentrée littéraire

VERONESEMais de livres essentiels parus cette année comme le Chaos calme de Sandro Veronesi. Ce roman publié au printemps dernier m'a ravie, évadée de la vie quotidienne alors qu'il ne fait que parler de ça. De ce quotidien qui nous fait tous craquer un jour ou l'autre. Le ras-le-bol total, la déconnexion qui nous fait jeter au bac le masque de la vie sociale. Mais tout va bien ! Et vous, ça va ? Non, ça ne va pas pour Pietro Palladini qui s'est réfugié dans le chaos calme. Effondrement ou nouveau départ.
Déjà couronné par les prix Campiello et Viareggio, le presque quinquagénaire florentin Sandro Veronesi (à une lettre près !) s'est vu décerner le prix Strega (le Goncourt italien) pour ce Chaos calme que je vous recommande de ne pas éviter. Lisez-le avant que son adaptation cinématographique (par Antonello Grimaldi) ne sorte sur les écrans en décembre prochain.
Lisez-le, par pitié, s'il vous plaît; il vous évitera peut-être le chaos calme et, à tout le moins, vous fera passer d'excellentes heures de littérature et de divertissement.
Nicky Depasse

Chaos calme, Sandro Veronesi, Grasset, 2008, 504p., 21€90.

VERONESI

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03 09 08

Retour en grande forme

GRANGERetour en très grande forme pour Jean Christophe Grangé, en cette période où les polars laissent pourtant souvent la place à la « grande » littérature. Après une excursion un rien lourdingue dans les méandres de la rédemption, Grangé revient certes en terrain connu, mais dans une formule qu’il connaît à merveille. Soient deux flics totalement atypiques - pensez… un vieux briscard à la retraite et un jeune loup en pleine cure de désintox – lancés dans les méandres d’une enquête criminelle qui mélange politique, ancienne dictature, musique classique et assassin pas comme les autres. Toujours fasciné par le mal et particulièrement la frontière souvent floue qui sépare les actes légitimes de l’illégalité, Grangé sculpte ici une œuvre toute en nerfs, évacuant tout de qui ne concerne pas l’histoire principale. Les digressions sont rares, apportent toujours une info essentielle à la trame et sont amenées dans le feu de l’action… Ou au cœur de conversations souvent tendues entre les deux protagonistes principaux.
Grangé prouve ici, si cela était encore nécessaire, que sa réputation de premier auteur de thriller à la française est loin d’être usurpée. Il a enfoncé les premières portes, avec Les Rivières pourpres avant que d’autres s’engouffrent à plaisir dans la demeure… Mais le seigneur du château est toujours dans la place, cela ne fait aucun doute !
Dr Corthouts

Miserere, Jean-Christophe Grangé,Albin Michel, septembre 2008, 528p., 22€90.

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02 09 08

Dr Corthouts et Mister Werber ?

CORTHOUTSDans l'ensemble, j'apprécie ce que fait Bernard Werber. Je me souviens m'être extasié devant le côté à la fois scienfictionnel et rythmé de ses Fourmis, son talent de conteur s'est développé au fil des récits... Et même si sa série consacrée aux apprentis-dieux sentaient parfois un peu la bidouille et le vite emballé pour respecter une deadline artificiel, jamais, au grand jamais, notre homme n'a été pris en défaut de sincérité. Et c'est donc avec la même sincérité et une bonne dose de naïveté sans doute, qu'il développe sa théorie sur la disparition des livres et surtout le « complot contre l'imaginaire » qui sous-tend le monde de l'édition française. Et là, je me permets d'objecter, je renâcle, je pinaille et je contre argumente, Bernard.
Vous vous trompez de cible et de combat. Ce n'est pas un complot contre l'imaginaire qui bat en brèche les murs de la forteresse littéraire, mais, à mon sens, un complot contre la diversité. Lecteur de polar, critique même de certaines sorties, je suis bien placé pour savoir que l'imaginaire, sous forme de fiction policière, de thriller, de tension, fait bien recette. Quand aux fameuses têtes de gondole des supermarchés, elles font la part belle à Chattam, Levy, Musso, Granger... et vous-même. Pas vraiment ce que l'on peut appeler de la littérature « nombriliste » comme vous la définissez. Et je n'évoque même pas le marché de la Fantasy, en pleine explosion depuis qu'un certain Peter Jackson a jeté des hobbits joufflus sur les écrans de cinéma du monde entier...
Par contre, que le monde de l'édition se décline sur un mode qui ressemble à se méprendre, à celui des vendeurs de savonnette, oui. Que l'obsession des grosses ventes rapides, appuyée sur une même quinte d'auteurs et des dates de sorties programmées comme celle du Beaujolais nouveau, ravage toute tentative d'originalité, oui. Que les mêmes formules soient reprises ad nauseum, afin d'orner tel ou tel bouquin du précieux bandeau rouge proclamant : « le nouveau X », ou « plus fort que Y », oui. Que finalement, le « grand complot » soit celui des tenants d'une certaine paresse de l'esprit et d'une logique pavlovienne opposée à une véritable curiosité pour les choses nouvelles, encore et toujours oui. Je ne pense pas que le monde littéraire mourra d'avoir tué l'imaginaire, il s'étranglera, étouffé par sa propre frilosité et dévoré par ce besoin, quasi fantasmatique, d'avoir la certitude de vendre et rentabiliser un livre avant même que l'auteur, connu cela va sans dire, en ai écrit les premières lignes.
Une des solutions résiderait alors, mais peut-être l'appliquez vous déjà, dans la découverte de nouveaux talents, dans l'idée de mettre votre force commerciale dans la balance pour qu'émerge d'autres raconteurs d'histoires. Et que les linéaires de nos librairies retrouvent un peu de diversité et de couleurs !
Dr Corthouts

Cliquez sur la photo pour regarder l'interview à laquelle Chris Corthouts fait référence.

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02 09 08

Daddy frénésie

daddy-frenesie2En cette rentrée littéraire, la figure du père hante plusieurs romans de femmes. C’est le cas de Daddy frénésie, dans lequel Tristane Banon écrit sur l’absence du père. « Il avait donc décidé de revenir. Après 27 ans de bon et loyal silence, il venait dire bonjour au bébé qui a grandi. » Par hasard, Flore trouve son nom dans une annonce nécrologique. La morte, c’est l’épouse, celle-là même qui a fait fuir cet embryon de père. Soudain, la jeune fille est confrontée à cette question : ça ressemble à quoi, un père ? Elle décide de mener l’enquête et de lier contact avec cet homme qui a fondé une autre famille. Dans ce livre truffé d’humour, l’émotion affleure quand Flore s’exprime comme quand elle avait sept ans, l’âge où elle disait « mon père est mort » pour qu’on la laisse en paix. Soutenue par son ami Charles (un chirurgien qui veut se recycler « dans la liposuccion pour chiens »), Flore progresse dans sa quête et soigne sa peine d’enfant abandonnée. Ce roman léger en apparence renferme une bonne dose d’énergie, de rebondissements et de drôlerie. Pour voir la bande originale de ce livre, cliquez ici.
Valérie Nimal

Daddy frénésie, Tristane Banon, Plon, 189 pages, 21 août 2008, 17,90 euros.

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31 08 08

Entretiens secrets

SHAMIRNous vous proposons de revenir sur cet excellent livre, thriller d'espionnage sur fond d'histoire de l'art (cher au compte en banque de Dan Brown) basé sur des faits réels vécus par l'auteur lui-même, le violoniste virtuose Igal Shamir qui vous gratifiera d'une interprétation de Maurice Ravel, à la fin de cet entretien.

   IGAL SHAMIR – Lire est un plaisir 1
   IGAL SHAMIR – Lire est un plaisir 2
   IGAL SHAMIR – Lire est un plaisir 3
   IGAL SHAMIR – Lire est un plaisir 4

Cliquez sur la couverture pour lire notre article et les coordonnées du Violon d'Hitler.

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24 08 08

L'aventure est la seule réponse à l'ennui

BRANDRETHComment vous parler d'un livre qui possède autant de qualités ?
Oscar Wilde, héros d'un roman policier, d'une fiction victorienne : une grande idée !
L'intrigue est digne d'un Sherlock Holmes. Cela tombe bien, Conan Doyle est aussi un des personnages principaux de ce livre aux côtés du narrateur, Robert Sherard, grand romancier anglais et petit-fils d'un des plus grands poètes britanniques, William Wordsworth.
Vous avez donc compris que les dialogues sortent de l'ordinaire du roman de genre qu'est le polar. Faste, classe, panache, truculence. Là se trouve le trait de génie de Gyles Brandreth, grand connaisseur de la vie du brillant homme d'esprit que fut Oscar Wilde. Car l'idée n'est pas neuve : dans l'excellent "C'était demain", H.G. Wells voyageait dans le temps à la poursuite de son meilleur ami ... Jack L'Eventreur.
Vivre une enquête à la belle époque en compagnie de Sherard, Conan Doyle et Wilde va vous divertir de la plus belle façon qui soit : intelligence, humour et élégance.
Extrêmement brillant.
Je suis comblé.
Brice Depasse

La chronique en live dans le grand Morning de Nostalgie :


Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, Gyles Brandreth, Ed 10:18, 2008, 384p., 13€50.

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24 08 08

De zee, la mer ... j'attends

JAUNIAUXOn a beaucoup parlé cette année dans la presse du roman de Jean Jauniaux car il avait un thème commun avec celui de Dan Franck : la négritude en littérature. Mais à la lecture du très beau Les mots de Maud, il apparaît d'emblée que réduire son roman à ce thème est court voire inutile.
Certes le héros de cette histoire a beaucoup écrit pour les autres dans l'ombre : lettres, discours et un livre pour une mystérieuse femme, noeud de l'intrigue.
Comme dans tous les romans sensibles et intelligents, les thèmes sont nombreux car nos vies d'hommes sont complexes avec leurs fondations, caves et greniers remplis de placards à squelettes.
Le personnage central de Maud est un auteur de romans de gare à succès. Il en a écrit vingt-six dont le titre commence chacun par une des lettres de l'alphabet. Aujourd'hui il prend sa retraite et part, sur sa mobylette, vivre à la Côte. Il va, dans la solitude, se consacrer à l'écriture de "vrais livres". Effacer tous ces romans de gare. Un par un. A rebours, en partant de la lettre Z. Remonter le temps aussi. Inévitablement.

   JEAN JAUNIAUX - Brice Depasse 1
   JEAN JAUNIAUX - Brice Depasse 2

Les mots de Maud, Jean Jauniaux, Ed Luce Wilquin, 2008, 122p., 12€.

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