12 02 08

Les Bienveillantes courent toujours

LITTELLL'événement 2006 (avec le carton de L'élégance du hérisson de Muriel Barbery), "Les bienveillantes" de Jonathan Littell paraît aujourd'hui en poche chez Folio.
Un livre qui avait soulevé mon enthousiasme dès les premières pages, en septembre de l'an dernier :
"Lisez ces lignes ! Lisez ce livre ! Ce premier roman de Jonathan Littell (déjà sélectionné par l’Académie Goncourt) est vertigineux. Allez chez votre libraire, ouvrez le premier chapitre (Toccata), n'importe où et lisez ! Vous comprenez maintenant.
Jonathan Littell (39 ans) est l’auteur du livre de toute une vie, celui d’un homme qui a mis une éternité de réflexion avant de raconter sa guerre. La seconde. Mondiale. Celle des Allemands. Celle qu’il a vécue. Comment jeune étudiant en droit, il a adhéré au SS. Comment il a accompli les pires atrocités, en a été le complice, en croyant faire son devoir. Il ne demande aucune excuse, aucun pardon. Il ne donne aucune justification, reconnaît l’horreur, l’indicible. Il fait pire : il explique, il raconte. Il donne à hauteur d’homme une vision de la guerre des vaincus. Voyage au bout du désastre.
Chaque mot est pesé. Chaque phrase est précise. Le film se déroule, implacable, jour après jour, pendant des centaines de pages, des milliers de faits. Car cette horreur quotidienne (et absolue) a été pour ces soldats un travail ! Epouvantable, impardonnable mais vrai.
La question du génie est posée. Comment peut-on aller jusqu’au bout de la réalité quotidienne sans l’avoir vécue ? Comment peut-on mener une réflexion aussi profonde sur un passé qui n’est pas le sien ?
Si Jonathan Littell a véritablement fait œuvre créatrice, je dis, j’écris, je hurle que nous sommes face à un auteur d’exception, à un roman monumental.Goncourt ! "

Enfin, voici ce que nous en disions avec Jean d'Ormesson :

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"Les bienveillantes" de Jonathan Littell, Folio, 1456pp , février 2008, 12€00.

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12 02 08

Un ovni littéraire

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Par Vincent Engel (visitez son site).

Voilà un livre qui ne ressemble à aucun autre. Pour son sujet d’abord: l’histoire d’un accordéoniste-batteur hors du commun, Louis Mellyne, qui n’a jamais fait ce qu’il fallait pour se hisser au sommet. Ouvrier, soldat, concierge. Toujours musicien. Jamais star. Qui n’a jamais quitté sa Lorraine belge, sauf pour faire la guerre en Corée.
L’écriture ensuite: Lucien Putz épouse les syncopes, les cadences, les rythmes du jazz et en fait la véritable musique de la vie de Louis. Et la voix du narrateur qui se fond à celle de Louis, des glissements d’une personne à l’autre au sein d’une même phrase pour raconter une vie marquée elle aussi par les syncopes et les cadences terribles de la mort – sa soeur jumelle pendant l’exode de 1940, la guerre en Corée, une mère impitoyable.
Un livre qui déroutera sans doute, voire qui rebutera. Mais à mes yeux, un des plus étonnants que j’ai lus depuis longtemps. Car rien n’est plus précieux qu’une écriture qui se marie à la musique.

Les tambours de Louis, Lucien Putz, Namur : Les éditions namuroises, 2007. 330 p. 20 €

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05 02 08

Mordillat est un génie

MORDILLATGérard Mordillat appartient à la race des écrivains qui font mentir ceux qui disent délaisser la littérature française parce que nombriliste et dépourvue de rythme, incapable de captiver le lecteur. Au sein de ce petit groupe, il y a ceux qui s'offrent le luxe d'écrire merveilleusement.
Le plaisir d'une histoire intelligente, diaboliquement construite allié à celui d'une forme élégante et recherchée, voilà ce que vous réserve Notre part des ténèbres. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, il s'agit d'un roman fleuve. Mordillat fait durer le plaisir.
Une centaine d'employés et ouvriers d'une entreprise technologique de pointe prennent le contrôle, le soir de la St Sylvestre, du paquebot Nausicaa pour entraîner ses passagers vers le grand Nord. A bord, quelques invités vedettes (Jean Reno, Gérard Depardieu, Sophie Marceau) venus rehausser de leur présence la fête que les dirigeants du FII, un fonds d'investissement, offrent à leurs actionnaires et investisseurs à l'occasion de bénéfices records. Des bénéfices qui sont réalisés sur le démantèlement d'entreprises du type de celles qui emploient la centaine de pirates improvisés décidés à montrer au monde de la finance et aux épargnants que si on ne fait pas d'omelettes sans casser des oeufs, ils peuvent aussi un jour se retrouver dans la poêle.
De multiples personnages, une absence de totale de dichotomie bons/méchants, un rythme soutenu servi par une écriture directe, enfin un noeud (marin) de destins et de valeurs, la machine à éclairer notre part des ténèbres est vraiment parfaite. Et Mordillat est un génie.
Brice Depasse

  GERARD MORDILLAT - Brice Depasse 1
  GERARD MORDILLAT - Brice Depasse 2

« Notre part des ténèbres », de Gérard Mordillat, Calmann-Lévy, 487p, 2007, 21€90

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Photo : Nicolas Wibaut

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05 02 08

Longue distance

OUTERS "L'idée d'être un jour le père d'un enfant ne m'était jamais venue à l'esprit. Jusqu'à cette soirée d'automne où Julie m'annonça qu'elle était enceinte(...). Je suis enceinte, trois mots qui m'avaient mué en géniteur."
C'est à un beau, très beau périple à travers l 'Amérique des années quatre-vingts - Etats-Unis, Mexique et Canada - que Jean-Luc Outers nous emmène, avec son roman, tout frais paru, Le voyage de Luca.
Julie et Marian, le narrateur, décident de "mettre entre la Belgique et nous un océan de distance" (p 32).C'est ainsi qu'ils embarquent Luca, leur bébé de quelques mois, dans le cocon d'une camionnette jaune vif, à la conquête du Nouveau Continent.
" La date du retour était indécise, fixée par l'épuisement graduel de notre compte en banque." (p 64)
On savait que Jean-Luc Outers avait la plume maîtrisée, sobre et superbe, on la découvre truculente, faite d'humour contenu, proprement irrésistible.
La trame narrative est entrecoupée de la relation de séances chez une thérapeute familiale. L'enjeu du récit devient étiologique: il s'agit de découvrir, quelque vingt ans plus tard, l'origine du mal-être de Luca.
La facture austère du livre ne doit pas dérouter : on entre dans le récit comme dans l'avenante camionnette, pour un parcours de trente mille kilomètres, sept mois et trois cent une pages de pur bonheur.
Ce livre figurera parmi mes lectures majeures de 2008.
Apolline Elter

«Le voyage de Luca », Jean-Luc Outers, Actes Sud, Un endroit où aller, Janvier 2008, 301p, 19€80

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02 02 08

Requiem à trois voix

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Par Vincent Engel (visitez son site).

Étonnant roman que cette “heure pour l’éternité”: autour du lit de mort du général Leclerc envoyé par Napoléon à Saint-Domingue pour mater la rébellion nègre, trois voix se succèdent: celle de Pauline Bonaparte, future veuve et éternelle libertine; celle d’Oriana, la servante de Pauline; et celle du mourant et du dialogue fantasmé avec son adversaire, Toussaint Louverture, général noir décidé à défendre les citoyens noirs que Napoléon veut ramener à l’esclavage.
Les débauches et les dérèglements de Pauline ne sont ici que le reflet individuel et charnel d’une Révolution généreuse en sa source, mais dévoyée par Napoléon et confisquée par une bourgeoisie réactionnaire. Individuellement, ces excès conduisent Pauline a prendre conscience du malheur qui s’abat sur les Noirs des territoires français et à trahir les siens sans rien gagner, sinon une lucidité impitoyable; collectivement, ils mènent la République à renier ses idéaux et à basculer dans l’Empire.
Un roman passionné sur une page d’Histoire terrible et passionnante.

Une heure pour l’éternité, Jean-Claude Fignolé, Paris : Sabine Wespieser, 2008. 468 p. 25 €

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31 01 08

Sorcières et Renaissance

AGUILERACe très bon roman de Juan Miguel Aguilera nous plonge dans les temps troublés qui ont secoué l’Europe au début du XVIème siècle. Tandis que le vent nouveau de l’Humanisme souffle sur le continent, alimenté par les écrits ou les prises de positions d’individus tels qu’Erasme ou Copernic, le Moyen-Age n’est pas encore tout à fait éteint. Les sorciers, bien que pourchassés par l’Inquisition, sont encore nombreux et leur influence loin d’être négligeable. A tel point qu’un complot visant la personne du futur Empereur Charles Quint, qui fera bien des misères par la suite à François Ier, s’avère relever de la magie la plus noire. Le jeune souverain a en effet été choisi, bien à son insu, pour accueillir l’esprit d’une entité maléfique destinée à régner sur le monde durant un millénaire…
Luis Vives, l’un des deux personnages centraux de ce récit haletant, n’a aucune idée, quand le roman s’ouvre, de ce qui se trame en sourdine, ni du rôle qu’il aura à jouer dans les événements à venir. Il est tout entier occupé à la rédaction d’un traité consacré à l’âme, sur lequel il peine depuis plusieurs années déjà – traité qui l’amènera à effectuer un ensemble de découvertes qui feront de lui l’un des pères fondateurs de la psychologie moderne. Exilé malgré lui à Louvain, en pays bourguignon, il se voit soudain recruté par le confident du roi. Ce dernier lui demande de les accompagner en Espagne (le pays natal de Luis), à bord de la flotte somptueuse affrétée à cet effet. Il souhaite en effet le voir confirmer la folie de la mère du souverain, chose nécessaire à la prise de fonction effective de ce dernier – ainsi qu’à l’accomplissements de ses plans secrets.
L’autre personnage central de cette histoire, c’est Céleste, une jeune et modeste sorcière qui se retrouve du jour au lendemain contrainte, suite à une prophétie, à prendre la route. Elle rencontre bientôt Hieronymus Bosch, le célèbre peintre, juste avant que de mystérieux individus ne l’occissent en son atelier et ne manquent de peu d’en faire autant avec elle. Son chemin croise alors celui de Luis Vives, qu’elle accompagne jusqu’en terre ibérique afin de démêler les fils des manigances ourdies dans l’ombre par une engeance éprise de pouvoir.
L’univers que nous dépeint Juan Miguel Aguilera relève tout à la fois du domaine de l’Histoire et de celui du fantastique. Le « Annwn » - la dimension magique de l’Inframonde chère aux sorcières, issue de la mythologie celtique galloise - n’a rien ici d’une fantaisie, ni les esprits qui s’en échappent d’ailleurs. Quant aux décoctions et autres envoûtements concoctés par leurs soins, leur influence sur le monde que nous habitons est bien réelle. Foi chrétienne et panthéon païen s’affrontent avec virulence, dans un combat souterrain qui concerne tous les habitants de l’époque, des plus humbles jusqu’aux têtes couronnées.
La description de ce conflit est effectuée avec brio par l’auteur, qui n’oublie pas de creuser la psychologie de ses personnages, rendus très sympathiques. Comme dans tout bon roman, c’est le cœur un peu lourd que l’on referme le livre une fois terminé, contraint de dire adieu à ces créations auxquelles on a eu le temps de s’attacher, chemin faisant.
Du très bel ouvrage.

Franck Boulègue

Juan Miguel Aguilera, Le Sommeil de la Raison, Traduction : Antoine Martin, Couverture : Jérôme Bosch, 576p, Livre de poche, 2007, 7€50.

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31 01 08

Carnaval à Fada N’Gourma

carnaval Fada n'gourmaUn beau récit que signe Xavier Deutsch, aux Editions Couleurs livres.
Quatre mercenaires sont envoyés au Burkina Faso avec mission d'en ramener la belle, princière, Poulote - le féminin de Peul- Africa, laquelle vit dans le village de Fada N' Gourma.
D'une écriture précise, avenante, rompue aux rythmes et intonations d'Afrique de l'Ouest, Xavier Deutsch fustige le colonialisme et pose, de manière subtile, la question de la coopération. Ses limites, ses chausse-trappe, ses enjeux: " Mais ça suffit. Ces gens, désormais, on leur parle et on les regarde comme des partenaires. On a démoli leur continent, leurs savanes, leurs forêts, maintenant, on va les aider à reconstruire. Mais en leur demandant leur opinion, et c'est ça qui change tout, crétin." ( p 68)
La question aussi des rapports entre ethnies, en l'occurrence, les Peuls et les Gourmantchés.
Les rapports, enfin, à la famille, au temps et autres notions fondamentales qui nous distinguent tant , Occidentaux et Africains : " ...ils ne subissent pas le temps, ils le créent. (...) ils le secrètent à la façon d'une substance qui leur appartient " p 39
"La digue, quand sera-t-elle terminée demande l'Européen, anxieux, l'oeil sur sa montre, sur son échéancier, sur le calendrier des pluies. Elle sera terminée lorsque les ouvriers auront achevé de la construire, répond l'Africain" (p 40)
Apolline Elter

Carnaval à Fada N'Gourma, Xavier Deutsch, Charleroi, Couleur Livres, novembre 2007, 96 pp .

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30 01 08

Matha my dear

MARY HIGGINS CLARKAvec un peu de retard, voici-voilà un regard en quelques lignes sur un « nouveau » roman de Mary Higgins Clark... Enfin, pas vraiment nouveau, ni roman, cet ouvrage est en fait la première oeuvre publiée par Clark avant qu'elle devienne la reine incontestée du polar inoffensif. Avec plusieurs années d'avance sur la télévision, Mary invente ici le « docu-fiction » version papier, puisqu'elle met en scène la relation, réelle, qui unit George Washington et son épouse Martha. Dans un ensemble romancé, qui prouve déjà a quel point la grande dame du suspense savait manier la plume, ce livre mêle la grande et la petite histoire en une lecture agréable.
Évidemment, pas question ici de révélation de dernière minute ou de coups tordus... George Washington a beau alimenter les fantasmes de Benjamin Gates, il reste un personnage historique hors du commun... mais point détenteur du trésor des templiers !
Dr Corthouts

« Le roman de George et Martha », de Mary Higgins Clark, Albin Michel, 251p, novembre 2007, 18€50

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29 01 08

L'espoir d'être aimée en chemin

ZALBERGDerrière ce titre singulier (et judicieux), vous allez découvrir une des perles de cette rentrée d’hiver. La mère horizontale, c’est le naufrage d’une deuxième génération de femmes victimes du vide affectif maternel. Le triste parcours de Sabine, fille d’une famille aisée, qui tombe vainement dans la dépravation sexuelle et la toxicomanie pour attirer l’attention d’une mère distante, absente. Sabine rencontre le bon Samaritain qui l’épouse. Elle tente de remonter la pente. Pour lui et pour l’enfant qu’elle porte : Fleur, la narratrice qui ne connaîtra qu’une mère horizontale.
Ce roman court et dense, à la narration fluide, au propos dramatique n’est pas larmoyant. Car si la mère horizontale connaît un destin de Gervaise, la rédemption est au bout du chemin.
Il y a du Nothomb ou du Sagan dans cet univers littéraire vif et neuf. Avec ce cinquième roman, Carole Zalberg ouvre une nouvelle voie dans la littérature française.
Brice Depasse

  CAROLE ZALBERG - Brice Depasse 1
  CAROLE ZALBERG - Brice Depasse 2

« La mère horizontale » de Carole Zalberg, Albin Michel, 206p, janvier 2008, 15€00

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29 01 08

Un conte fantastique

STENUITVous plaît-il d’imaginer le travail de l’écriture ? De songer aux délices de l’écrivain tandis qu’il distille clins d’yeux et facéties ?
Il suffit, pour s’en convaincre de découvrir Le Bataillon des Bronzes, signé Marie-Eve Sténuit, lequel vient de paraître aux Editions du Castor astral.
« Bruxelles, par une belle nuit d’été de l’an 2003, 23 heures 59 minutes et 59 secondes, … », le temps se fige pour les vivants , tandis que sept statues de bronze, le Roi-Chevalier, Thijl Ulenspiegel et son amie Nele –seule femme du contingent – le jeune Julien dit le Manneken-pis, Everard ‘t Serclaes, Godefroid de Bouillon et l’Homme de l’Atlantide, la toute récente œuvre du sculpteur Luk Van Soom, entrent en action et forment un escadron aux fins de combattre un mystérieux envahisseur bovin. C’est Albert Ier qui prend la direction des opérations, l’espace d’une seconde.
Et chacun d’opposer son âge, son époque, sa démarche, son langage dans cette croisade contemporaine, conte fantastique aux allures loufoques et saugrenues : « Le croisé allait en tête. Les sabots puissants de sa formidable monture se posaient sur le pavé sans que résonnassent ses fers. ‘t Serclaes, allongé en travers de l’encolure, retenait ses plaintes dans sa bouche torturée. Venaient ensuite Thyl et sa Nele, marchant à pas feutrés en se tenant la main. Au milieu de la colonne progressait le roi Albert, suivi de Manneken-Pis, courant, pissant et sautillant. L’Homme de l’Atlantide fermait la marche, posant avec délice ses grands pieds pélagiques dans les petites flaques laissées par Petit Julien. » (p 59)
A n’en point douter : pour Marie-Eve Sténuit, écrire est un plaisir…
Apolline Elter

Le Bataillon des bronzes, Marie-Eve Sténuit, Bordeaux, le Castor astral, coll. « Escales des Lettres », janvier 2008, 149 pp, 13€00.

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