05 01 08

Adieu Johnny

CARLIER Un bandeau blanc défile au bas de l'écran : " Johnny Hallyday est mort ce soir à son domicile de Marnes-la-Coquette. " Tel est le propos du récit que publie Guy Carlier chez Plon, un livre qu'il est venu présenter dans le Grand Morning de Nostalgie auprès d'Aurore Salsano et d'un Philippe Cantamessa, ravi de le recevoir. La pige de l'entretien intégral ci-dessous :

  GUY CARLIER - CANTAMESSA SALSANO 1
  GUY CARLIER - CANTAMESSA SALSANO 2
  GUY CARLIER - CANTAMESSA SALSANO 3
  GUY CARLIER - CANTAMESSA SALSANO 4
  GUY CARLIER - CANTAMESSA SALSANO 5

«Quelque chose de Johnny», de Guy Carlier, Plon, 2007, 18€00

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04 01 08

Bombay explosive

CHANDRA FrParmi les 547 romans à paraître cet hiver, j’attirerai votre attention sur « Le seigneur de Bombay », le roman fleuve de Vikram Chandra, une des valeurs sûres de la littérature indienne, qui vous invite à descendre dans les bas-fonds de SA ville, Bombay, qui avec ses vingt millions d’habitants, sa multiculturalité et ses bidonvilles n’a pas fini d’inspirer de grands livres (pour preuve le récent et admirable Aucun dieu en vue d’Altaf Tyrewala).
Vikram Chandra a déjà eu les honneurs d’une traduction en français il y a quelques années avec Les tigres d’Allah (ed Ramsay et toujours disponible en Livre de poche), un éblouissant roman dans lequel s’affrontaient un pauvre Afghan (devenu fou de Dieu pendant l’occupation soviétique) et un policier indien anti-terroriste.
En cliquant sur la couverture du livre, vous pouvez regarder la bande-annonce, assez bien réalisée, de ce seigneur de Bombay, une invitation à découvrir un futur grand nom du thriller mondial à la plume redoutable et belle, quelque part entre Yasmina Khadra et Salman Rushdie.
Brice Depasse

CHANDRA Tigres

«Le seigneur de Bombay», Vikram Chandra, Robert Laffont, janvier 2008, 1000p, 24€00

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«Les tigres d’Allah», Vikram Chandra, Livre de poche, 2006, 340p, 6€00

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02 01 08

Entretien avec une Belge méchante

LALANDE« Je n’écris pas loukoum, j’écris féroce, je pratique la chasse aux clichés, aux fausses perles des paresseux… »
Apolline vous a écrit tout le bien que nous pensons du récit autobiographique de Françoise Lalande paru au Grand Miroir. Après l'avoir lue ou pour vous convaincre de la lire, je vous propose d'écouter cet entretien enregistré récemment lors du dernier séjour bruxellois de notre compatriote écrivain expatriée au Maroc.
Nicky Depasse

  FRANCOISE LALANDE - Nicky Depasse 1
  FRANCOISE LALANDE - Nicky Depasse 2

"Une Belge méchante", Françoise Lalande, Le Grand Miroir, Bruxelles, juin 2007, 118 p, 15€

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27 12 07

Twinstin’ by the pool

CHALUMEAUD’entrée de jeu, avec sa couverture bleue de chez piscine et son ciel de carte postale façon Photoshop, le dernier roman de Laurent Chalumeau plante le décor : il va faire chaud, va y avoir de la jolie donzelle (cuisse légèrement découverte, toujours © la couv’) et surtout, il ne va pas falloir se prendre trop au sérieux. De fait les décors, les personnages et les situations comme celles qui s’enfilent façon collier de perles pour mégère à peine apprivoisée dans ce polar corsé font davantage penser au scope d’un Lautner qu’à la plume sombre d’un Connelly.
Jorge l’arnaqueur au grand cœur et Adrien le noble sans terre vont se croiser dans le hall d’un hôtel super-luxueux de la Côté d’Azur pour jouer un remake a peine déguisé d’Amicalement Vôtre, avec gangsters louches, italienne calypige et ancien flic pourri jusqu’au trognon. Tous lancés comme des billes de flipper par l’appât d’un petit pactole de 500.000 euros engrangé, distraitement, par un hôtelier pas trop branché carte bleue !
En quelque sorte la routine pour un polar estampillé « variation sur le thème de l’arnaque ». Si ce n’est qu’au commencement était le verbe. Et le verbe, le Chalumeau, il l’a fleuri, relevé, varié, drôle, cynique, violent, référentiel, tonique, sexy, foisonnant, gouleyant et sévèrement burné ! Ce qui, d’un trait de plume, vous forge la différence entre un roman de gare torché à la va vite et une excursion jouissive aux frontières du réel, dans un monde où se télescopent Audiard (référence mille fois entendue, mais ici mille fois justifiée) et la génération Canal Plus. Mais ce qui ajoute encore de la force à l’écriture de Laurent (permettre que je vous appelle Laurent ?) c’est la véracité des sentiments et des émotions qui traversent l’esprit de ses personnages. Les situations ont beau être « bigger than life » et les retournements narratifs sortis tout droit du sac à malices d’un feuilletoniste de génie, le fond de sauce ne manque jamais de consistance. Et les réflexions sur la vanité des plus riches, la difficulté de survivre dans un monde de requin et l’éternel fossé entre les classes s’inscrivent intelligemment en filigrane dans la trame du roman.
Bref, ce livre est drôle, ce livre est bon et en plus, ce livre est loin d’être con.
Dr Corthouts

« Les arnaqueurs aussi », Laurent Chalumeau, Grasset, octobre 2007, 451p, 20€90

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27 12 07

Chérie, j'ai retréci !

brucknerEntre deux essais, Pascal Bruckner se divertit d'un roman ... dérangeant, c'est le mot. Lunes de fiel, L'amour du prochain, .... Mon petit mari met en scène Léon, médecin parisien, marié à Solange, dentiste, une femme qui mesure 15 centimètres de plus que lui. Pour le moment. Car à la naissance de chaque nouvel héritier, Léon perd entre 40 et 80 centimètres (seul son sexe demeure dans son pristin état). Cette évolution complètement anormale ne semble perturber Solange que le jour où Léon se trouve réduit à la taille d'un soldat de plomb : dix centimètres (son sexe ayant alors disparu, faut-il chercher un lien de cause à effet ...).
Comme toujours, belle écriture, récit captivant, mais histoire perturbante. Qu'est-ce qui peut donc faire courir Pascal Bruckner dans ses récréations romanesques ?

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  PASCAL BRUCKNER - Nicky Depasse 2

«Mon petit mari», Pascal Bruckner, Grasset, novembre 2007, 213p, 13€90

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Photo : Nicolas Wibaut

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26 12 07

Disparition de Julien Gracq

GRACQ 1Julien Gracq, Louis Poirier, l'auteur du fameux "Rivages des Syrtes", écrivain culte par excellence, s'est éteint samedi dernier à l'âge de 97 ans des suites d'un malaise.
Né le 27 juillet 1910 dans le village de Saint-Florent-le-Vieil où il s’est éteint, Julien Gracq figurait parmi les très grands écrivains francais. Cet homme, pour qui l’au-delà n’était pas une préoccupation, aura publié 19 livres : poésie, théâtre, critiques, omans, essais, nouvelles, etc... Son dernier, Entretiens,paru en 2002, et comme dans ses précédents livres, était un travail d'édition à l'ancienne, sur des feuillets non massicotés, que le lecteur doit ouvrir au coupe-papier.
Jamais édité en poche, ses textes n'ont connu que des tirages limités, ce qui ne l'a pas empêché d'acquérir un immense prestige auprès d'un public averti.
En 1938, il présente en vain le manuscrit de "Au château d'Argol" à la NRF (Gallimard). Il s'adresse alors à l'éditeur et libraire José Corti, à qui il restera fidèle durant toute sa vie. En 1939, après avoir rencontré André Breton, chef de file du surréalisme, il devient un compagnon de route du mouvement dont il s'éloigne cependant assez vite.
Ses oeuvres complètes sont publiées dans la collection prestigieuse de Gallimard "La Pléiade".
Source : AFP

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26 12 07

1951 : Gracq c/Goncourt

GRACQ SYRTES"J'appartiens à l'une des plus vieilles familles d'Orsenna. Je garde de mon enfance le souvenir d'années tranquilles, de calme et de plénitude entre le vieux palais de San Domenico et la maison des champs, au bord de la Zenta"
"Le rivage des Syrtes"
, troisième roman de Julien Gracq, paraît en 1951, treize ans après le premier, "Au château d'Argol".
Accueilli de manière contrastée par la critique lors de l’automne 1951, la rumeur court qu’il « serait menacé d'un Goncourt ». Menacé car, avant même d'être cité pour le prix, l'auteur avait publiquement annoncé qu'il le refuserait. Il venait d'écrire "La littérature à l'estomac", un essai sur les moeurs littéraires contemporaines dans lequel il regrettait qu'on s'intéresse plus à l'auteur qu'aux livres et dénonçait l'incompétence des jurys littéraires et les préjugés de la critique.
Malgré tout, l’académie Goncourt lui accorde le prix. Pendant qu’un de ses jurés, Raymond Queneau, annonce le nom du lauréat, celui-ci tient une conférence de presse dans laquelle il regrette que le jury n'ait pas tenu compte de mon attitude. « Ce n'est pas que je sois impressionné par une détermination ferme. Je reconnais aussi volontiers - si je n'aime pas les prix - qu'il y a parmi eux certains suffrages qu'aucun écrivain n'a le droit de récuser sans une intolérable grossièreté ».
GRACQ 1951Son éditeur refusera aussi le prix, à sa manière, en refusant de placer le traditionnel bandeau rouge « Prix Goncourt ».
L’affaire fera grand bruit. Et puis le calme, puis l’oubli : 110.000 exemplaires du roman seront vendus en 1951 et seulement 175 l’année suivante.
En un peu plus d'un demi-siècle, le livre s'est vendu à environ 300.000 exemplaires. Il n'y a pas d'édition de poche. La seule autre édition est celle de la Pléiade, à laquelle l’auteur a consenti en 1989.
Source : AFP

«Le Rivage des Syrtes», Julien Gracq, Ed. Jose Corti, 1989, 321p, 20€00

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24 12 07

Moi, Jésus

SINOUEJe n'aurais pas pu trouver un meilleur titre d'article; on ne pourra pas trouver de meilleur titre à un livre sur CE sujet. Et ce "Moi" n'est pas surfait puisque le lecteur assiste dans le roman de Sinoué à la rédaction de l'évangile par Jésus lui-même écrivant à la première personne du singulier. Un étonnant Jésus qui, s'il va dans le même sens que la majorité des essais publiés aujourd'hui, dépasse leur propos tout en ne tournant qu'autour des écritures. Non Jésus n'est pas mort sur la croix. Oui on lui a volé sa mort. Mais qui ? Ses disciples ? Sa mère ? Judas ? Pilate ? Joseph d'Arimathie ? Ou alors quelqu'un d'autre, quelqu'un que nous connaissons tous et qui trouve un intérêt dans la mort de Jésus mais aussi dans sa survie.
Je vous le dis, étonnant.
Brice Depasse

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  GILBERT SINOUE - Brice Depasse 2

«Moi, Jésus», de Gilbert Sinoué, Albin Michel, 296p, octobre 2007, 19€00

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Photo : Alain Trellu

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16 12 07

Retour à Khaboul

HOSSEINIUn titre rayonnant pour le deuxième roman de Khaled Hosseini, l'auteur magistral des "Cerfs-volants de Kaboul" (cliquez sur la couverture pour en lire la critique par Vincent Engel). Sa signification ne s'éclaire cependant qu'à la fin de l'ouvrage, quand un formidable renouveau de vie s'annonce sur Kaboul.
Mille soleils splendides, c'est le destin parallèle et puis croisé de deux petites filles, devenus femmes, Mariam et Laila, dans l'enfer de Kaboul, des frustrations, des brutalités répétées, de la domination des hommes - pas tous heureusement - et des talibans.
C'est aussi l'histoire d'une amitié rare et loyale entre ces deux rivales que la jalousie devrait opposer puisqu'elles sont affublées du même mari, Rachid, sinistrement mâle, commun et violent. Décidément, Khaled Hosseini apparaît comme le chantre de l'amitié, explorant ce sentiment avec une rare acuité. On retrouve dans la relation qui unit Mariam à Laila cette puissance d'introspection qui avait élevé "Les Cerfs-volants de Kaboul" au rang de roman essentiel.
C'est enfin la belle histoire de l'amour qui unit Laila à Tariq et qui porte en elle ce germe de Paradis dont Kaboul paraît, tout au long du roman, tellement dépourvu.
Apolline Elter


«Mille soleils splendides», de Khaled Hosseini, Belfond, octobre 2007, 238p, 6€90

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16 12 07

Optimiste chagrin

PENNACRenaudotOn serait tenté de dire que c'est un cas d'école : le Prix Renaudot 2007 se vend mieux que le Goncourt. L'obtention des prix n'a pas renversé la vapeur en faveur de Gilles Leroy. Apolline Elter revient sur ce Chagrin d'école qui a remporté un vif succès dès sa parution, tendance qui se confirme avec le bouche-à-oreille.

Je ne vous le cache pas : j'ai du mal à considérer que Daniel Pennacchioni - as Pennac - fut un vrai cancre. Il s'en est trop bien, trop vite remis. La chose paraît suspecte.
"Le fait est que le bonnet d'âne se porte volontiers a posteriori." (p 95) .
Il me semblait aussi.
Il n'empêche, "Chagrin d'école" devrait figurer au chevet de bien des enseignants, surtout s'ils furent des élèves brillants. L'auteur y dispense les conseils, astuces, réflexions, fruits d'une longue et riche expérience pédagogique.
La plume est maîtrisée, teintée d'humour et de réalisme : "Rassurez-vous, en faisant travailler vos enfants, nous n'entamons pas votre capital d'inquiétude maternelle" (p 161). Voilà qui nous apaise.
L'ouvrage se conclut par la représentation allégorique de la rentrée scolaire en un départ d'hirondelles en septembre. Certaines ratent leur envol et se fracassent contre les fenêtres. Et de conclure : "Une hirondelle assommée est une hirondelle à ranimer, point final."
Apolline Elter

«Chagrin d'école», de Daniel Pennac, Gallimard, octobre 2007, 304p, 19€00

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