01 12 07

Troisième finaliste : Palestine de Hubert Haddad

palestineUn roman qui figurait sur la fameuse seconde liste du Prix Renaudot 2007.

  FRANCOIS-MARIE - Nicky 5

"Palestine", Hubert Haddad, Zulma, 2007, 155p, 15€80.

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01 12 07

Quatrième finaliste : Le canapé rouge de Michèle Lesbre

LESBRE_canape_gdVincent Engel vous en a déjà parlé (cliquez sur la couverture); François-Marie a lui aussi craqué sur ce canapé rouge.

  FRANCOIS-MARIE - Nicky 6

"Le canapé rouge", Michèle Lesbre, Paris : Sabine Wespieser, 2007, 149 p, 17 €

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01 12 07

Le jeu du style et du hasard

FLEISCHER

Par Vincent Engel (visitez son site).

Dans “L’amant en culottes courtes”, Fleischer évoquait son premier amour, à l’âge de 13 ans, pour Barbara, Anglaise de 20 ans rencontrée à Londres. Sept ans plus tard, il la retrouve par hasard, à Londres encore. Brèves et éprouvantes retrouvailles, avant de se reperdre à jamais. Et, pour le jeune homme, une nuit blanche au cours de laquelle il écrit une longue nouvelle.
Voilà ce qui compose ce livre étonnant. Les obscurcissements sont ce que Fleischer réclame, car pour lui, “rien n’a rapport avec rien, ni personne avec personne”. L’écriture n’éclaire pas ; elle met en relief ces “parcelles de nuit individuelles” dont nous avons besoin. Dans un premier texte, où des motifs lancinants viennent tisser l’étrange mélodie de la mémoire, il raconte ces retrouvailles. Un très beau récit, préface à la résurrection de cette nouvelle qui, si elle a été écrite par un plus jeune Fleischer, semble vieillie et datée. A lire pour la clarté de ces obscurcissements.

"Quelques obscurcissements", Alain Fleischer, Seuil, (Fiction & Cie), 2007, 165 p, 15€80.

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29 11 07

Les "freyeurs" de Monseigneur

JOBUn thriller qui nous plonge dans les hautes sphères de l’Eglise catholique et de la mouvance de l’Opus Dei.
Mgr Van Camp brigue la pourpre cardinalice, occupé qu’il est à instruire le dossier de canonisation d’une religieuse belge nommée Freya. Evêque pour le moins de son temps, flanqué d’un ordinateur, d’Internet et d’une secrétaire-canon.
Mais voilà que Freya défrayera la chronique : des accusations et photos confondantes feront l’objet de mails émanant d’un corbeau nommé Corax.
Assisté de l’abbé Turquin, « un vrai converti, du genre qui passe la moitié de sa vie à accumuler de quoi se repentir le reste de ses jours » (p 64) et de Martin Rabe, informaticien bancaire, « (…)brave garçon ! Intelligent et dévoué, qualité rarement assorties. » (p55), Mgr van Camp va tenter de déjouer les menaces du corbeau et l’irritation des autorités vaticanes.
L’enjeu est de taille : il s’agit ni plus ni moins de sauvegarder l’infaillibilité pontificale d’un Jean-Paul II, déjà affaibli par la maladie.
Armel Job a écrit ce nouveau thriller avec un plaisir évident, un sens de la formule, décapant. Telle l’évocation de la mère de l’évêque : « C’était une femme rude qui se saignait aux quatre veines. A force, elle souffrait d’une anémie du sentiment. » (p 100) Il largue ses protagonistes dans des problèmes de conscience inextricables. Le moins qu’on puisse dire est que tout cela n’est pas très catholique…
Apolline Elter.

Les mystères de Sainte Freya, Armel Job, Paris, Robert Laffont, août 2007, 282 p, 19€

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29 11 07

Mieux vaut tard que jamais

STENUITAvec Les frères Y, paru en septembre 2005, Marie-Eve STENUIT signe son premier roman.Comment ai-je pu mettre tant de temps à découvrir ce petit bijou d’écriture ?
Je vous en conseille vivement la lecture.
Le récit se base sur l’histoire, vraie, de frères siamois, nés en Italie, fin du 19 e siècle.Distincts par la seule partie supérieure de leur thorax, Giuliano et Gian-Giuseppe Cotti arborent une configuration en Y : « Lisa avait beau tenter de s’aveugler d’amour maternel, il lui fallait bien admettre qu’elle avait mis au monde un curieux assemblage d’os et de chairs » (p 15).
Et de stigmatiser, dans un style maîtrisé, empreint d’humour et de finesse, le regard que porteront tour à tour la famille, l’entourage, les autorités scientifiques et religieuses sur la monstruosité physique de ce dérodyme. Aimés autant qu’exploités par leurs propres parents, les frères Y seront promenés de foires en exhibitions pendant les vingt premières années de leur existence. Sans y céder, l’auteur nous livre une fresque psychologique éblouissante de ceux qui s’adonnent au voyeurisme.
« L’homme de la rue, par contre, avait des motivations beaucoup moins avouables. Il venait pour le frisson. Pour avoir peur. Ou pour rire. Il venait pour se moquer. Et pour se rassurer. Quoi qu’il pensât de lui-même, en effet, il avait pire en face de lui. Cette constatation réconfortante ne lui coûtait qu’un billet d’entrée, un peu plus s’il souhaitait emporter chez lui une image du « pire » pour en profiter plus longtemps » (p 44)Marie-Eve Sténuit pratique une écriture sobre, truffée d’un humour subtil qui donne à son propos une touche proprement irrésistible. Un livre plaisant qui nous invite, l’air de ne pas y toucher, à nous pencher sur le regard réducteur que nous portons aux incongruités physiques.
Apolline Elter

« Les frères Y », Marie-Eve Stenuit, « Escales du Nord », Le Castor Astral, sept.2005, 225p, 14€25

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24 11 07

Beau comme une fugue infinie

GHATA_Tar_gd

Par Vincent Engel (visitez son site).

Deux musiciens s’affrontent : l’un, Mohsen, aveugle, touche Dieu avec ses notes ; l’autre, Barbe blanche, voyant, s’englue dans le monde et se noie sous les prouesses. Mohsen est doux, il fait des miracles. Barbe blanche est violent, il fait souffrir son entourage.
Le récit envoûtant de Yasmine Ghata s’ouvre sur la mort de Barbe blanche. Ses fils se retrouvent avec son târ, son instrument de musique, qui refuse de jouer pour eux. Ils partent dans le village de Mohsen, mort assassiné des années auparavant, pour changer les cordes…
À travers la magie musicale des voix diverses – les fils de Barbe blanche, le fils de Mohsen, la femme de Barbe blanche –, des secrets de mort et d’amour se dévoilent, des filiations de chair et d’esprit s’affirment, d’autres se délitent.
Une fugue à quatre voix qui ouvre à la sainteté, où la vérité sort du ventre lisse et rond du târ, pure comme une voix d’enfance. Un petit récit qui, grâce à la musique, touche à l’éternité.

"Le târ de mon père", Yasmine Ghata, Paris : Fayard, 2007, 137p, 13 €.

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23 11 07

« On a tué le mauvais cochon »

FEDOROVSKIAvait déclaré Winston Churchill à l’annonce de la mort d’Hitler. Cette phrase terrible en dit long sur celui qui allait encore rester à la barre pendant une petite dizaine d’années : Stalline. Certes, Vladimir Fedorovski n’est pas le premier à se pencher sur le cas du monstre. Mais en le plaçant dans la perspective de l’idéologie blanche et rouge qu’il partagea avec Lénine, Trotski et quelques tsars de sinistre mémoire, perspective qu’il prolonge avec ses successeurs au Kremlin, il rend son ombre à nouveau inquiétante.
Après ses récits sur l’Orient Express ou la Russie insolite, l’ex-diplomate de Brejnev, admirateur de Gorbatchev, offre au grand public (qui le lit nombreux) une lecture très instructive sur le passé et le présent d’un grand peuple qui n’en pas terminé avec la souffrance, même si elle ne sera plus jamais aussi désespérée.
Brice Depasse

  FEDOROVSKI - Brice Depasse 1
  FEDOROVSKI - Brice Depasse 2

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20 11 07

Une rencontre éclatante

POLETBruxelles. La Librairie (Halles des Tanneurs) un mardi pluvieux de novembre.
Une vingtaine de lecteurs, échappés d’une circulation intense, croisent destin et passion de la lecture autour de Grégoire Polet et de son dernier ouvrage, Leurs vies éclatantes (Paris, Gallimard, août 2007).
Le repas a été spécialement conçu selon le principe proustien des « madeleines » qui permettra à l’auteur d’évoquer l’euphorie des crevettes grises, liée à la Mer du Nord de son enfance.
L’écrivain se prêtera au jeu des questions, interprétations et réflexions sur son œuvre avec une courtoisie innée, une joyeuse simplicité, une maturité impressionnante. De ce parti-pris pictural d’exposition - plutôt que d’explication - des personnages et situations découle une richesse d’interprétations hors du commun. Le microcosme de lecteurs présents à la rencontre aura révélé, à souhait, la variété de la palette littéraire poletienne.
Esquisse biographique : Grégoire Polet a 29 ans. Licencié en philologie romane, il partage sa vie actuelle entre Bruxelles et Paris. Marié et papa de deux jeunes garçons, il se consacre désormais à l’écriture et publie son troisième roman chez Gallimard (après Madrid ne dort pas (2005) et Excusez les fautes du copiste (2006)).
Apolline Elter

polet livres

« Leurs vies éclatantes », Grégoire Polet, Gallimard, 469p, 19€95

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20 11 07

Regarde la vague

FR EMMANUELEcoute François Emmanuel faire vibrer des passages du livre, du souffle chaud de sa voix de conteur.
C’est à une présentation de haut vol de « Regarde la vague », le dernier roman de François Emmanuel, que la Librairie Papyrus, à Namur, a convié les lecteurs, ce jeudi 15 novembre. L’analyse de l’œuvre était menée par Denis Riguelle, professeur au collège Saint-Berthuin.
Regarde la vague, ce sont les retrouvailles des cinq enfants Fougeray, à l’occasion des noces de leur frère Olivier, dans la maison familiale qu’ils s’apprêtent à vendre. Œuvre polyphonique, écrite à la troisième personne, par laquelle l’auteur s’efforce d’appréhender la vision du monde de chacun des protagonistes. Deux frères, trois sœurs, quelques personnes hors champ ou qui brillent et ponctuent le roman de leur absence. Une manière de parler ou plutôt une pudeur du non-dit qui tisse la trame des relations familiales. Une suite d’instantanés qui rythment la trame narrative.
Car le rythme est une donnée-clef de l’écriture de François Emmanuel. Il lui arrive de sacrifier à ce credo des passages d’une rare beauté, telle la scène où Marina retrouve son piano et la ferveur, enfouie dans sa mémoire, que suscitait, en elle, la troisième Gnossienne de Satie. Brillante absence d’un roman qui ne l’est pas moins. Révélée aux auditeurs, bijou, tissé de la voix de François Emmanuel.
Une rencontre impressionnante.
Apolline Elter

EMMANUEL

"Regarde la vague", François Emmanuel, Paris : Seuil, 2007, 197p, 17 €

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18 11 07

"J'étais en mon adolescence"

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Par Vincent Engel (visitez son site).

Il faut parfois partir loin pour comprendre ce que l’on a chez soi. Et le perdre tout à fait pour s’assurer de sa valeur.
Le roman de Michèle Lesbre est doux et tendre comme “La prose du transsibérien” de Cendrars. Si le poète a 16 ans quand il part en Russie, la narratrice du “canapé rouge” est une femme mûre à la recherche de Gyl, un amour perdu à Irkoutsk. Tout commence dans un de ces trains russes improbables et lents, qui ressemblent à des hameaux en imperceptible mouvement tellurique.
Proche du but, elle ne rencontrera pas Gyl et sa nouvelle vie ; seul le voyage compte. Et le retour auprès d’une vieille dame, à Paris, voisine d’appartement perdue dans le souvenir de Paul, son fiancé assassiné par les Allemands, Clémence, fiancée éternelle, qui l’attend assise dans son canapé. Rouge comme le communisme de Paul. Comme son sang. Vif comme la mémoire de Clémence et son goût pour la vie, malgré tout. Clémence qui la fait voyager dans Paris et dans le temps, jusqu’au fleuve de l’Amour.

"Le canapé rouge", Michèle Lesbre, Paris : Sabine Wespieser, 2007, 149 p, 17 €

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