19 07 07

Best of : Patrick de Carolis

DECAROLISQuelques jours avant de devenir le président de France Télévisions, Patrick de Carolis publiait un excellent livre dans la veine des meilleurs Castelot et Decaux, "Les demoiselles de Provence", roman historique qui a connu un énorme succès et qui est aujourd'hui disponible chez Pocket.
Quant à la rencontre hors micro, qu'en dire si ce n'est qu'elle ne m'a laissé que de bons souvenirs.
Brice Depasse

PATRICK DE CAROLIS

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (0) |  Facebook | |

17 07 07

La manufacture des rêves

TabucchiL’Italie de Virgile, Dante, Boccace, Calvi, Eco, Baricco, De Luca (pour ne citer qu’eux) nous a prouvé depuis toujours que le livre d’un érudit pouvait offrir plaisir, beauté et humour, bref éradiquer l’ennui de nos vies pour ne laisser place qu’à la joie de lire.
Antonio Tabucchi appartient à cette caste d’écrivains bénis des dieux. Professeur d’université, romancier, chroniqueur, essayiste, traducteur, Tabucchi a maintes fois été récompensé (le Medicis en France), porté à l’écran (Alain Corneau) et monté au théâtre.
« Rêves de rêves » qui reparaît chez Folio est un essai, un morceau de littérature proprement aérien. Un bonheur de retrouvailles artistiques. Depuis Dédale jusqu’à Lautrec, en passant par Goya, Ovide, Rimbaud ou Debussy, Tabucchi imagine les rêves des grands inspirés de ce monde alors qu’ils n’en sont plus. L’extrait ci-dessous, rêve du Caravage, vous convaincra plus que toute autre prose.
Brice depasse

TABUCCHI"La nuit du premier janvier 1599, alors qu’il se trouvait dans le lit d’une prostituée, Michelangelo Merisi, dit le Caravage, peintre et homme irascible, rêva que Dieu lui rendait visite. Dieu lui rendait visite par l’intermédiaire du Christ et pointait le doigt sur lui. Michelangelo était dans une taverne et il jouait à l’argent. Ses compagnons étaient des crapules, certains étaient ivres. Et lui, il n’était pas Michelangelo Merisi, le célèbre peintre, mais un client quelconque, un malandrin. Lorsque Dieu le visita, il était en train de blasphémer le nom du Christ, et il riait. Toi, dit sans rien dire le doigt du Christ. Moi ?, demanda avec stupeur Michelangelo Merisi, mais moi je n’ai pas la vocation d’être un saint, je ne suis qu’un pécheur, je ne peux pas être choisi.
Cependant, le visage du Christ demeurait inflexible, il n’y avait pas moyen d’y échapper. Et sa main tendue ne laissait planer aucun doute.
Michelangelo Merisi baissa la tête et regarda l’argent sur la table. J’ai violé, dit-il, j’ai tué, je suis un homme qui a du sang sur les mains. … Michelangelo Merisi se leva et le suivit. Ils arrivèrent dans une ruelle louche, et Michelangelo Merisi se mit à uriner dans un coin tout le vin qu’il avait bu ce soir-là.
Dieu, pourquoi me cherches-tu ? demanda Michelangelo Merisi au Christ. Le fils de l’homme le regarda sans répondre. Ils se promenèrent le long de la ruelle et débouchèrent sur une place. La place était déserte.
Je suis triste, dit Michelangelo Merisi. Le Christ le regarda et ne répondit pas. Il s’assit sur un banc de pierre et enleva ses sandales. Il se massa les pieds et dit : je suis fatigué. Je suis venu à pied de Palestine pour te chercher.
Michelangelo Merisi était en train de vomir, appuyé à l’angle d’un mur. Mais moi, je suis un pécheur, tu ne dois pas me chercher.
Le Christ s’approcha de lui et lui toucha un bras. C’est moi qui t’ai fait peintre, dit-il, et de toi je veux une peinture, après quoi tu pourras suivre la route de ton destin.
Michelangelo Merisi se nettoya la bouche et demanda : quelle peinture ?
La visite que je t’ai faite ce soir dans la taverne sauf que toi tu seras Mathieu.
D’accord, fit Michelangelo Merisi, je ferai cela. Et il se retourna dans le lit. A cet instant, la prostituée l’embrassa tout en ronflant."

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (0) |  Facebook | |

17 07 07

Best of : Yann Moix

MOIXAu cours de cet été, nous vous invitons à réécouter quelques moments forts des deux premières "saisons" de Lire est un plaisir. Le premier est une nature spectaculaire : Yann Moix. Il y est question de son prochain film avec Poelvoorde mais aussi de Panthéon et Partouz.
Pour réentendre l'entretien intégralement, cliquez sur la couverture.

YANN MOIX - Brice Depasse 2


MOIX2

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (0) |  Facebook | |

17 07 07

Best of : Jean d'Ormesson

dORMESSSONDeux bons moments avec Jean d'Ormesson : le premier en 2006 où il donne son favori pour le Grand Prix du roman de l'Académie française :

JEAN D'ORMESSON - Brice Depasse 3

Et le second, l'année précédente, où il répond aux lecteurs/auditeurs de Lire est un plaisir. Vous n'allez pas être déçus. Cliquez sur la photo pour écouter l'intégralité de notre dernier entretien.
JEAN d'ORMESSON - Brice Depasse

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (0) |  Facebook | |

17 07 07

Best of : Hervé Villard

VILLARD'Hervé Vilard a publié l'an dernier (avec la complicité de Jean-François Kervéan) un livre qui a étonné tout le monde par son style, éblouissant, et son histoire, romanesque : celle de l'enfance et de l'adolescence de René Villard. Il est question dans cet extrait des dîners avec Malraux, à la table du père adoptif du futur chanteur de variétés.
Entretien intégral en cliquant sur la couverture.
Nouveau livre attendu en octobre 2007.

HERVE VILARD - Brice Depasse 3

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (0) |  Facebook | |

16 07 07

Roman à 22 balles

GIESBERT IMMORTELAprès avoir écrit quelques solides best sellers ayant des présidents de la République comme sujet (« La tragédie du Président » fut un des tout grands tirages de 2006) Franz-Olivier Giesbert revient au roman noir. Paradoxal alors que son nom circule parmi les « coupolisables » en 2008.
Direction : la Cannebière. Car New-York, Naples et Palerme n’ont pas le monopole du paradis des auteurs de polars. Marseille a aussi ses salauds, ses criminels ayant pignon sur rue, ses durs à cuire capables de survivre à tout, même à vingt-deux balles dans le buffet.
Vingt-deux balles, c’est ce que s’est pris Charly Garlaban, un des trois caïds qui se partagent Marseille et sa région. Malgré les soixante tours du soleil qu’il affiche au compteur, Charly, la gentille crapule, le méchant sympathique, le victimisé malgré lui, héros du roman, va survivre à ses huit exécuteurs. Et la police de Marseille de le surnommer «l’Immortel ».
Gare donc à ses agresseurs et à leur commanditaire ! Zigzaguant entre les manœuvres du maître d’œuvre de son éradication manquée et l’enquête de la police, l’Immortel remonte à la source du remous qui a troublé l’eau calme du vieux port.
Giesbert avoue une grande tendresse pour Marseille. De la compassion aussi pour ces Marseillais coincés entre les malfrats, les politiciens, les promoteurs immobiliers et le stade de l’O.M..
Avec plus de finesse que l’inspecteur Harry naguère avec la ville de San Francisco, l’auteur de ce roman bâti avec des pierres de la Bonne Mère et parfumé par des idiomes qui fleurent bon les calanques de Cassis, écrit à coup de rafales de mitraillette.
Une lecture d‘été très agréable qui ne vous laissera pas tranquille avant le mot de la fin, même si, comme moi, vous n’êtes pas client de la littérature de genre. Musclé mais savoureux.
Brice Depasse

Extrait :
« Il était dix heures quand Aurélio sortit du bar. Aussitôt, le Boumian démarra, fonça et logea deux balles dans la carcasse du jeune parrain de Marseille, qui tomba raide sur le trottoir. Il avait visé la poitrine. C’est toujours ce qu’il faut faire quand on tire de loin. On a plus de chance d’atteindre la cible. Surtout au 44 Magnum, ça rouinte tout. Le cœur, les poumons se transforment en une soupe grenat que la victime hoquette puis vomit.
Comme prévu, la garde noire du Finisseur lui tira dessus et le motard d’escorte le prit en chasse. Le Boumian descendit le quai, fila dans la rue de République et, après la place Sadi Carnot, tourna à gauche en direction du Panier. C’est le plus vieux quartier de Marseille. Quand les nazis commencèrent à le raser pour éradiquer la vermine et pour en finir avec ses trafics, ils mirent au jour un monde étrange. Un fouillis de boutiques, de cagadous, des fermes et de bordels d’où sortirent des vaches, des putes, des fadas, des anges, des drogués et des truands, dans une odeur de boue, de merde et d’urine. Ils prirent peur et renoncèrent à leur funeste projet.
C’était là, dans les intestins de Marseille, que le Boumian avait passé son enfance. Il en connaissait chaque recoin, les ruelles, les dédales, les fessures. Apparemment, le Toréador aussi connaissait bien le Panier. Il ne se laissa pas semer. »

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (0) |  Facebook | |

10 07 07

Encore vous !

LEVYLe top des ventes (dernière semaine de juin) qui se passe de commentaires :
1 Mes amis, mes amours de Marc Levy (Pocket)
2 L'élégance du hérisson de Muriel Barbery (Gallimard)
3 Seras-tu là ? de Guillaume Musso (XO)
4 Les enfants de la liberté de Marc Levy (Robert Laffont)
Source : Livres Hebdo/ipsos

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (0) |  Facebook | |

08 07 07

727 pour Paris

LIVRESUn nouveau record va être battu. D’après les calendriers de sortie des maisons d’édition, il paraîtra entre août et octobre 727 romans : 493 français et 234 étrangers. C’est 33% de plus qu’il y a dix ans et 5% de plus que l’an dernier alors qu’on avait déjà poussé de grands cris. Et pourtant, à part deux éditeurs, les grandes maisons publieront moins qu’à la rentrée 2006. L’inflation vient donc des « indépendants ».
Seule certitude : beaucoup d’auteurs vendront encore très peu d’exemplaires et de nombreux livres ne seront jamais ouverts.
Parmi ceux qui ne craignent pas le pilon (et qui nous sont déjà parvenus), citons Yasmina Reza, Amélie Nothomb, Maurice Dantec, Olivier Adam ou encore Pierre Péju.
Brice Depasse

Photo : Alain Trellu

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (0) |  Facebook | |

06 07 07

Le roman de Sarkozy

SARKOZYLe livre le plus attendu de la rentrée littéraire de 2007 est sans aucun doute celui de Yasmina Reza, l'auteure de "Art", dont Nicolas Sarkosy a autorisé la présence dans son sillage pendant plusieurs mois de sa campagne électorale.
Le nouveau président de la République aura-t-il à s'en mordre les doigts, c'est tout l'intérêt de la presse (parution du livre chez Flammarion le 23 août) qui d'ici là va en faire ses choux gras. Une belle chasse à l'extrait et aux bonnes pages s'annonce durant l'été.
Sachez d'ores et déjà que la dramaturge s'est consacrée à décrire les états d'âme d'un homme politique à l'approche de la réalisation du rêve, de l'ambition de toute sa vie : la magistrature suprême.
A suivre de très près. Non pas pour le chiffre de vente de ce "L'auble le soir ou la nuit" mais pour le moment de littérature historique instantanée que ce récit pourrait constituer.
Brice Depasse

REZA

Yasmina Reza photographiée par Olivier Roller (cliquez sur le portrait)

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (0) |  Facebook | |

05 07 07

La sélection d'été de Déborah

DEB 1 WIAZEMSKILes meilleures lectures de Déborah de La Licorne à Bruxelles. Des choix que vous pouvez suivre les yeux fermés. Ecoutez, vous l'adopterez !
Premier choix : Jeune Fille de Anne Wiazemski (Gallimard).

DEBORAH - Nicky Depasse 1


Bonus : Interview d'Anne Wiazemski en février dernier par Brice (cliquez sur la couverture).

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (0) |  Facebook | |