23 05 12

Il faut tout réinventer !

Serres poucette.jpgMichel Serres expose, une fois de plus, l'état des lieux de notre civilisation avec lucidité, avec générosité et aussi avec poésie. Jusque dans le titre : "Petite Poucette" faisant allusion au conte mais aussi aux pouces utilisés avec tant de virtuosité par les jeunes utilisateurs des iPhones et autres liseuses ! "Sans que nous nous en apercevions, un nouvel humain est né, pendant un intervalle bref, celui qui nous sépare des années 1970." C'est la troisième grand révolution de la société occidentale que nous vivons en ce moment : après le passage de l'oral à l'écrit, celui de l'écrit à l'imprimerie, nous en sommes à celui de l'imprimerie à l'immatériel. Une nouvelle époque où tous nous avons voix au chapitre ! Michel Serres reprend point par point ce qui bouleverse la société actuelle : Par exemple, la connaissance "Pour le temps d'écoute et de vision, la séduction et l'importance, les médias se sont saisis depuis longtemps de la fonction d'enseignement."... avec une description des lieux qu'il connaît bien, comme professeur à Stanford University : "Les étudiants bavardent, dans un brouhaha, parce que tout le monde a déjà le savoir annoncé. En entier. A disposition. Accessible par Web, Wikipédia, portable, par n'importe quel portail. Expliqué, documenté, illustré, sans plus d'erreurs que dans les meilleures encyclopédies. Nul n'a plus besoin des porte-voix d'antan, sauf si l'un, original et rare, invente" et d'expliquer que tout le savoir est à portée de chacun. "Le seul acte intellectuel authentique, c'est l'invention. Préférons donc le labyrinthe des puces électroniques"! Retenons encore deux choses, pour nous qui sommes abreuvés d'informations et qui sur-consommons de la politique : "Concentrée dans les médias, l'offre politique meurt; bien qu'elle ne sache ni ne puisse encore s'exprimer, la demande politique, énorme, se lève et presse. La voix vote en permanence." Et enfin cette superbe image : "Les grandes institutions, dont le volume occupe encore tout le décor et le rideau de ce que nous appelons encore notre société, alors qu'elle se réduit à une scène qui perd tous les jours quelque plausible densité, en ne prenant même plus la peine de renouveler le spectacle et en écrasant de médiocrité un peuple finaud, ces grandes institutions, j'aime le redire, ressemblent aux étoiles dont nous recevons la lumière, mais dont l'astrophysique calcule qu'elles moururent voici longtemps." Quel magnifique destin que celui de ce philosophe, un Michel Serres qui parvient à mettre en mots, en phrases compréhensibles ce malaise que nous ressentons tous face à l'accélération des moyens de communication, de la mondialisation, de la perte des repères ! Merci.

Jacques MERCIER

"Petite Poucette" par Michel Serres, Edition le Pommier, 2012. 84 pp. 9,50 euros.

16 04 12

21 morceaux de nostalgie !

Ysaye making of 2.jpgEt voici le "Making of" 2, soit 21 albums de légende, présentés par Marc Ysaye. Un livre à regarder, à écouter aussi. Grâce au batteur de Machiavel (Ah, quand on parle de légende ! 15 albums depuis 1976 !), animateur puis légitimement directeur de Classis 21 sur les ondes de la RTBF, on relit l'histoire de 21 albums rock exceptionnels. Comme le dit Jean-Paul Philippot (le boss de la RTBF) dans la préface : "Ce sont finalement des parcelles de notre vie qui se trouvent ici rappelées, évoquées, ressuscitées. Et la musique emporte avec elle des passions, des frissons, des images, des instants dont nous aimons nous souvenir un peu ou parler parfois." Ca commence (mais y-a-t-il un ordre à faire dans nos coups de coeur ?) par "Back in Black" de AC/DC et ça se termine avec "The River" de Bruce Springsteen (je parlais de "boss" !). Entretemps, cette promenade instructive et gourmande passe par Bowie, Clapton, les Beatles, les Who, les Eagles ou U2 ! Rappelons que c'est en 2005 que Marc Ysaye crée avec Laurent Rieppi cette émission "Makinf of" une des émissions les plus podcastées des radios de la RTBF... (à une époque pas si lointaine, il y avaient aussi "La semaine infernale" et "Le Jeu des Dictionnaires" ;) ). Bonne lecture ET bonne écoute. C'est l'occasion de raviver les couleurs de nos souvenirs !

Jacques MERCIER

 

"Making of 2" 21 albums de légende, par Marc Ysaye, Editions RTBF/Racine, Couverture brochée, 136 pages, 14,95 euros.

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19 02 10

Regardez nos dernières émissions d'un seul clic

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17 02 10

Rencontrez Michel Serres ce vendredi

Flyer Serres

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31 01 10

Bernard Pivot le passeur

PIVOT DVDEntretien de Jean-Louis KUFFER avec Bernard PIVOT à propos des Grands Entretiens réunis, par Gallimard et l’INA, sur 10 DVD : avec Albert Cohen, Françoise Dolto, Georges Dumézil, Marguerite Duras, Louis Guilloux, Marcel Jouhandeau, Claude Lévi-Strauss, Vladimir Nabokov, Georges Simenon, Marguerite Yourcenar + un ouvage tiré des Archives du Monde, réunissant des articles sur les écrivains concernés, des textes de ceux-ci et autres entretiens parus dans Le Monde.

C’est une belle contribution à la mémoire littéraire du XXe siècle littéraire que représente le coffret réunissant dix grands entretiens de Bernard Pivot avec quelques-uns des derniers « monstres sacrés » de la littérature et des sciences humaines.
Pour évoquer ce coffret riche de conversations diversement intéressantes et parfois inénarrables (à commencer par le numéro de prestidigitateur verbal d’un Nabokov), j’avais envie d’aller à la rencontre du plus jovial des interlocuteurs d’écrivains, débarqué à Paris en 1958 avec le rêve d’y devenir chroniqueur sportif, et engagé au Figaro littéraire sur sa bonne mine frottée d’excellence connaissance... des vins.
L’homme, après une belle carrière de passeur, actuellement académicien Goncourt, n’a rien perdu de sa vivacité et de sa bonhomie. La rencontre date de ce 28 janvier 2010, à Paris.
- Y a-t-il un livre, ou un écrivain, qui vous ait marqué dans vos jeunes années.
- En fait, je l’ai dit et répété, j’ai très peu lu en mon adolescence. Les premiers livres que j’ai lus, avec une conscience de ce qu’est un livre et de ce qu’on appelle la littérature, c’est Les enfants du bon Dieu d’Antoine Blondin, vers 18 ans. Avant, j’avais pas mal lu jusqu’à l’âge de dix ans, malgré le peu de livres que nous avions en ces temps de guerre, mais par la suite j’ai surtout joué au football. Tout de même, un auteur qui m’a charmé, dans ma jeunesse, c’est Félicien Marceau, avec Bergère légère, Capri petite île, Les élans du cœur, des choses comme ça ; et puis Aragon, pour ses poésies d’amour. Donc je ne peux pas dire qu’il y ait un livre, à cette époque, qui m’ait bouleversé. Les auteurs que je vous ai cités, mais aussi Vialatte ou Camus, n’ont cessé ensuite de m’accompagner. Ce qui est curieux, dans mon parcours atypique, c’est que j’étais plus intéressé par le style des écrivains que par le contenu de leurs livres. Si j’avais écrit, j’aurais voulu écrire comme Blondin. À savoir : raconter avec humour, et une certaine drôlerie, les chagrins de la vie. Cela étant, l’auteur que j’ai découvert à huit ou neuf ans et qui ne m’a jamais quitté, c’est La Fontaine. Je vivais alors dans une ferme et le fait que des animaux parlent m’a stupéfié, surtout des animaux inconnus. J’ai mémorisé beaucoup de fables, et je les apprenais crayon en main, comme je l’ai fait toute ma vie, notant les mots dont je ne savais pas le sens, que je découvrais ensuite dans mon Petit Larousse avant d’en émailler mes rédactions, surprenant parfois l’instituteur par un usage plus ou moins fantaisiste.
- Quand et comment êtes vous devenu un vrai lecteur ?
- À partir du moment où, en 1958, j’ai été engagé par le Figaro littéraire, après quoi je me suis mis à lire comme un fou. Je n’avais rien lu de Céline, ni de Yourcenar ni des écrivains dont on parlait à l’époque, j’avais tout à rattraper. Je rêvais d’un poste à L’Equipe, mais le hasard m’a fait devenir courriériste littéraire au Figaro, grâce à ma connaissance du vin et au bon souvenir que le rédacteur en chef avait de Lyon et du Beaujolais… C’est ainsi que j’ai commencé de courir après l’information littéraire et de converser avec les écrivains, comme je n’ai cessé de le faire.
- Quelles rencontres vous ont marqué en vos débuts ?
- J’ai rencontré Michel Tournier alors qu’il était encore éditeur. J’aimais beaucoup aller dans son bureau, chez Plon, recueillir des informations, et puis j’ai été ébloui lorsqu’il a publié son premier livre, Vendredi ou les limbes du Pacifique. N’ayant aucun préjugé je m’amusais autant à rencontrer Robert Merle que Robbe-Grillet. J’ai aussi rencontré Jérôme Lindon, éditeur du Nouveau Roman, qui m’a dit un jour qu’il n’y avait rien de plus triste qu’un best seller qui ne se vend pas… Par ailleurs, j’aimais bien parler des coulisses de la vie littéraire, des élections à l’Académie ou des dessous des prix littéraires.
- Comment vous est venu le désir de la télévision ?
- On est venu me chercher. Des écrivains avaient dit, à Jacqueline Baudrier qui cherchait quelqu’un, que je pourrais peut-être faire l’affaire, et c’est comme ça qu’est né Ouvrez les guillements, lancé sans maquette et sans répétition, en direct. C’était une émission assez éclatée, avec des interventions de Michel Lancelot sur la science fiction, André Bourin et Gilles Lapouge sur la littérature ou Jean-Pierre Melville sur le cinéma. L’exercice a duré un peu moins de deux ans, jusqu’à la fameuse réforme de l’ORTF. Ensuite, quand Marcel Jullian m’a appelé sur la Deuxième chaîne, j’ai proposé tout naturellement une émission thématique, pour pallier la dispersion d’Ouvrez les guillemets, et ce fut Apostrophes.
- On parle toujours de l’impact inégalé d’Apostrophes. À quoi l’attribuez-vous ?
- Si l’on en parle avec une certaine nostalgie, c’est que l’heure de passage (21h45) était favorable, qu’il y avait plus de grandes figures littéraires qu’aujourd’hui. Les Yourcenar, Simenon, Duras, Cohen, étaient des mythes vivants, et c’est évidemment ce qui m’a amené aux grands entretiens. Par ailleurs, le fait que je n’aie pas fait d’études supérieures de lettres facilitait ma complicité avec le grand public. Mon statut de provincial pas vraiment de la paroisse parisienne faisait que j’étais une sorte de téléspectateur averti plus qu’un intellectuel ou qu’un écrivain. Et puis il y avait le sérieux du travail. Les écrivains et le public me faisaient confiance, parce que je lisais les livres dont je parlais. Pierre Nora a écrit, assez justement, que j’étais devenu l’interprète de la curiosité populaire.
- Vous avez évoqué les « monstres sacrés » de l’époque. Quels critères ont déterminé vos choix pour les grands entretiens, . à commencer par Albert Cohen ?
- Comme j’adorais Belle du Seigneur, et qu’Albert Cohen refusait toute interview, je n’ai cessé d’insister jusqu’à ce qu’un de vos confrères proche de l’écrivain, Gérard Valbert, permette enfin cette rencontre mémorable. Quant à Duras, c’était un monument vivant, et Nabokov représentait l’un des plus grands écrivains du XXe siècle. En revanche, j’ai échoué dans mes tentatives de rencontrer René Char, Cioran ou Julien Gracq. Aujourd’hui, je regrette tout particulièrement qu’il n’y ait aucun document substantiel sur René Char. Je regrette beaucoup, aussi, de n’avoir pas fait de tête-à-tête avec Romain Gary.
- Mais vous vous êtes amplement rattrapé avec Soljenitsyne !
- Oui, j’ai suivi tout son itinéraire d’exilé. Cela a commencé à la parution de L’Archipel du Goulag, en 1974, qui a donné lieu à un débat très vif où Alain Bosquet et Max-Pol Fouchet se sont déchaînés ! Puis il a été viré de l’URSS et je l’ai accueilli une première fois sur le plateau d’Apostrophes. Ensuite je suis allé lui rendre visite aux Etats-Unis, puis je l’ai reçu à son retour d’Amérique et, après la chute du mur de Berlin, je lui ai rendu une dernière visite dans sa datcha proche de Moscou. Tout ce temps-là, il est resté le même, humainement très agréable et d’une grande précision au travail.
- Comment vous êtes-vous préparé à ces rencontres ?
- Par un très grand travail. Vous pouvez vous imaginer qu’interroger un Georges Dumézil, sans aucune connaissance préalable de la linguistique, n’est pas une sinécure. Pareil pour un Lévi-Strauss. Mais je tenais à de tels entretiens à caractère scientifique, qui touchent quand même de près à la littérature et à l’anthropologie. On ne quittait pas le domaine du langage et des mots, et c’était touchant d’entendre Dumézil évoquer sa rencontre du lendemain avec le dernier locuteur d’une langue en voie de disparition sur terre…Ce qui m’intéressait, aussi, c’était de parler de ce qui fonde la recherche de ces grands savants, sans entrer dans le détail. Rencontrer Dumézil, adorable dans son contact personnel, au milieu des ses livres empilés et débordant littéralement de partout, reste aussi un grand souvenir. Là-dessus, j’aurais eu plus de peine à rencontrer un Einstein, faute de compétence… Question travail, même si j’avais un assistant précieux en la personne de Pierre Boncenne, jamais je n’ai travaillé sur des fiches établies par d’autres.
- Et Simenon ?
- Le souvenir de notre deuxième entretien, à Lausanne, reste marqué par une émotion particulière puisqu’il venait de publier Le Livre de Marie-Jo, consacré au suicide de sa fille. C’était un homme très simple, et je me souviens qu’à un moment donné il a enclenché un magnétophone sur lequel était enregistrée la voix de Marie-Jo. J’en ai eu le souffle coupé…
- L’an passé ont paru deux livres, de Richard Millet et Tzvetan Todorov, établissant un bilan catastrophiste de la littérature française. Qu’en pensez-vous ?
- S’il n’y a plus guère de grands écrivains tels que ceux dont nous parlions tout à l’heure, nous avons quand même un Le Clézio couronné par le Nobel de littérature, notamment. Je pense qu’il faut toujours être prudent en la matière. Stendhal, de son vivant, ne fut reconnu que par un Balzac, et peut-être sommes-nous aussi myopes. Cependant je pense qu’effectivement nous ne sommes pas dans une période de plein emploi du roman, si j’ose dire, qui nous mette dans l’embarras pour attribuer le Goncourt. Nous ne sommes plus dans les grandes années du XIXe ou même de l’entre-deux guerres. Le roman se porte bien en apparence, en tout cas il abonde plus que jamais, mais on peut se demander aussi s’il n’y a pas une fatigue du genre, autant chez les lecteurs que chez les critiques et chez les auteurs ? Je me pose la question, mais je n’ai pas de réponse…
- On a vu, ces dernières années, des romans de francophones accéder aux plus grands prix, d’Alain Mabanckou à Dany Laferrière, en passant par Nancy Huston et Marie Ndaye ? Ce phénomène vous réjouit-il ?
- Bien entendu, et d’autant plus qu’une certaine mode privilégie plutôt les auteurs étrangers, à commencer par les Anglo-saxons. J’ai d’ailleurs toujours tâché de rester attentif aux littératures de la francophonie, même si d’aucuns ont trouvé cette attention insuffisante, mais c’est le fait du centralisme parisien de l’édition…
- En tant qu’académicien Goncourt, êtes-vous exposé à de fortes pressions ?

- Bien entendu, mais je m’en suis toujours prémuni farouchement, et les gens savent mon sale caractère en la matière, et ce n’est pas d’aujourd’hui. Les auteurs auxquels il est arrivé de m’appeler directement sont tombés sur un os, et les doléances des éditeurs s’arrêtaient à mon assistante.
- A contrario, on a souvent parlé du manque d’indépendance de certains membres de l’Académie Goncourt…
- C’est vrai que certains jurés, naguère, votaient systématiquement pour leur éditeur, mais ce n’est plus le cas à l’heure qu’il est.
- Quels livres de la cuvée 2009 vous ont-ils particulièrement intéressé ?
- La vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint, La Délicatesse de David Foenkinos, ou le roman de Laurent Mauvignier, Des hommes, et les Listes de Charles Dantzig.
- Des grandes rencontres que vous avez faites, laquelle vous a marqué le plus ?
- Celle d’Alexandre Soljenitsyne, c’est évident, qui n’était pas qu’un grand écrivain mais un acteur majeur du XXe siècle. Je me suis trouvé devant quelqu’un qui avait participé directement au renversement d’un régime dictatorial et qui était, aussi, un homme rayonnant, d’une stature et d’une présence exceptionnelles. Mais j’ai beaucoup apprécié, aussi le fait d’être reçu par Marguerite Yourcenar. Enfin, j’ai été très touché de retrouver, lors de ma dernière visite à Georges Simenon, qui avait tant écrit et roulé sa bosse, un homme brisé par la mort de son enfant. Je me rappelle cette dernière visite comme un choc. Pas un choc lié à la seule littérature mais à la vie même.
- Quels auteurs aimez-vous relire ?
- La correspondance de Voltaire, et les pamphlets de Paul-Louis Courier, hélas introuvables aujourd’hui. J’aime beaucoup revenir aussi à Rousseau, à cause de son style, et cela m’arrive souvent de reprendre une pièce de Molière et, hop, d’en relire une ou deux scènes… enfin, la correspondance de Céline, de Flaubert ou de Madame de Sévigné m'enchantent également. Je trouve ces écrits, lancés au fil de la plume, parfaits de naturel et de style…

PIVOTPropos recueillis par Jean-Louis KUFFER

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25 12 09

Joyeux Noël

NICKYC'est le jour du monde, le jour des promesses
Un jour d'amour qui marque nos faiblesses
Celui qui range la mauvaise humeur dans un coin du grenier
Un jour qui place l'âme à coté de l'hiver, mais ferme la porte
aux choses qui nous laissent parfois de glace.

Je suis le témoin de mes sens, de mes émotions, de mes intuitions, de mes pensées.
J'esquisse la forme de leur extase : une radieuse et bouleversante fête, Noël, précieux cordial de la sagesse.

Nicky DEPASSE

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25 12 09

Liste de Noël

KUFFER…Enfin s’il y a pas là-haut de café crème, Seigneur, si c’est non fumeurs et ni chiens ni chats, s’il y a pas de juke-box avec Gracias a la vida ou n’importe quoi de Brassens ou de Brel ou de Bashung ou de Neil Young ou de Bob Dylan ou de Lady Day ou de Ludwig Van ou d'Amadeus ou de Puccini ou de Schubert ou de Purcell ou d'Arvo Pärt, si les romans à l'Index du Grand Inquisiteur le sont toujours, si les petits carnets persos et les câlins du matins sont défendus, s’il y a pas de square ou de bar où rencontrer les poètes des cercles disparus, j'entends: Sappho ou Carson McCullers ou Flannery O'Connor ou Annie Dillard ou Emily Dickinson ou Umberto Saba ou Rainer Maria Rilke ou Dylan Thomas ou Robert Walser ou Novalis ou Verlaine ou Lorca ou Cavafy ou Juan Carlos Onetti et toute la bande qui nous a aidés à supporter ou à maudire ou à aimer le drôle de monde où te voici jeté - s’il y a pas tout ça, Jésus, dans ton Paradis, je te le mets sous le sapin pour plus tard...
Jean-Louis KUFFER

Image : Philip Seelen

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09 10 09

L’affaire Mitterrand ou le réveil des délateurs

MITTERRANDProfondément dérangés par les dessous de "l'affaire" Mitterrand, nous reprenons ci-dessous l'article de notre excellent confrère suisse, Jean-Louis Kuffer qui a su mettre des mots sur nos états d'âme.
L’arrestation de Roman Polanski à son arrivée en Suisse où il était invité pour y être honoré, au Festival du cinéma de Zurich, avec la bénédiction du Chef de l’Office fédéral de la Culture, le candide Jean-Frédéric Jauslin tout fier de lui rendre hommage, laisse une impression de dégoût accentuée par le comportement hypocrite et lâche de nos plus hautes autorités. La façon dont nos vertueux ministres se sont défilés en se rejetant la responsabilité les uns sur les autres, invoquant « l’État de droit » pour justifier l’extradition du cinéaste alors qu’ils savent si bien, au déni de l’équité dont ils se targuent, fermer les yeux en d’autres cas (on se rappelle la protection dont ont bénéficié le financier milliardaire Marc Rich ou le dictateur Mobutu, entre autres), est aussi peu glorieuse que le désastre diplomatique avec la Lybie qui a vu le président de la Confédération ramper devant le dictateur Khadafi.
Au nombre des effets collatéraux de cette triste affaire, la campagne de dénigrement visant aujourd’hui Frédéric Mitterrand, qui a « osé » se prononcer en faveur de Roman Polanski, passe les bornes de l’indignité. Autant l’affaire Polanski est délicate et compliquée, autant la délation visant le ministre de la culture française suscite la crainte de voir s’étendre, en Europe, les manifestations les plus odieuses du politiquement correct à l’américaine. À cet égard, la lecture du dernier essai de Pascal Bruckner, Le paradoxe amoureux, paru chez Grasset, où il évoque notamment les dérives du puritanisme américain en matière de surveillance et de punition, laisse présager des lendemains qui déchantent.À partir de rumeurs infondées, sur la base de quelques pages d’un livre où Frédéric Mitterrand, sans s’en vanter, fait état de relations sexuelles tarifées avec des jeunes Thaïlandais majeurs et consentants, le ministre a soudain été décrit comme un apologiste de la pédophilie indigne de sa fonction. Or ce qui est bien plus indigne, de la part de ceux qui l’attaquent, est d’opérer un amalgame immédiat entre homosexualité et pédophilie, dans la meilleure tradition homophobe. Les hyènes qui se déchaînent auront du moins le mérite de nous prémunir contre l’hystérie à venir d’un puritanisme qui, loin de défendre la vertu, fait le lit de la médiocrité et de la tartufferie. Un autre bon contrepoison à recommander enfin : la lecture de La Tyrannie du plaisir (Seuil, 1998) de Jean-Claude Guillebaud, qui oppose la réflexion équilibrée au délire confus…
Jean-Louis Kuffer

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12 09 09

Souriez, vous êtes filmés !

Trellu185Alain Trellu, Monsieur Images de Lire est un plaisir vient de mettre son site de photos en ligne.
Payez-vous une tranche de beauté, visitez-le en cliquant sur son autoportrait ! Il a aussi bien fréquenté Serge Gainsbourg, Jacques Mayol, Haroun Tazieff, les routes d'Afrique et la banquise du pôle nord.
Et faites passer l'info si vous avez aimé le voyage : http://www.trellu.com/

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21 07 09

Vacances, j'oublie tout

Lire est un plaisir, La petite histoire des grandes chansons et La musique des mots continuent tout cet été grâce aux joies du différé et à la diligence de nos amis Bernard Delcord, Benoît Dumont et l'équipe matinale de Nostalgie.
Nous sommes actuellement en Namibie où nous enregistrons émissions spéciales et reportages en compagnie et autour du peintre Juan Kiti grâce à Liberty TV et aux Leading Lodges of Africa.
Nous vous invitons à suivre le périple de plusieurs milliers de km à travers les déserts du Kalahari et du Namib, les réserves et la côte atlantique. Rushes, écrits et photos vous attendent sur notre blog en cliquant sur la photo ci-dessous.

ETOSHA

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