23 11 16

Une fresque balzacienne…

La Story - Le meilleur de la Légende.jpgC’est depuis 2001 – 15 ans déjà… tempus fugit ! – que Brice Depasse produit et anime chaque jour La Story sur Nostalgie Belgique, une chronique musicale consacrée à la culture pop dans son acception la plus large.

Pour cet anniversaire, il a rassemblé la quintessence des 4 500 chroniques qu’il a lues à l’antenne dans un livre passionnant intitulé La Story - Le meilleur de la Légende, paru aux Éditions de la Renaissance du Livre à Bruxelles.

Dans ce pavé (plus de 520 pages bien tassées), il évoque avec brio et dans un style très enlevé d’innombrables épisodes de la vie et de la carrière de non moins innombrables vedettes des sixties jusqu’à nos jours, comme Bob Dylan, David Bowie, les Beatles, les Rolling Stones, Jimi Hendrix, les Pink Floyd, les Sex Pistols, The Clash, Kurt Cobain, Prince, Johnny Hallyday, Freddie Mercury, Michel Polnareff, Peter Gabriel, Serge Gainsbourg, Eric Clapton, Billy Joel, Sting, Renaud, The Police, William Sheller ou encore Plastic Bertrand [1] pour n’en citer qu’une infime partie, ainsi que de personnages, d’événements ou de phénomènes marquants des dernières décennies à l’instar de Coluche, Woody Allen, Jerry Lewis, Mad Max ou l’émergence du synthétiseur...

Le tout narré avec verve, talent et conviction…

Du grand art… pour l’art !

Bernard DELCORD

La Story - Le meilleur de la Légende par Brice Depasse, Bruxelles, Éditions Renaissance du Livre, novembre 2016, 523 pp. en noir et blanc au format 15 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 24,90 €

 

[1] Que Coluche appelait Carton Marcel dans sa fameuse émission sur Europe 1 à la fin des années 1970…

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02 11 16

L'électrochoc entre la chanson française et le rock !

 

bigot je t'aime.jpgYves Bigot dans « Je t'aime moi non plus », le premier des deux volumes d'une histoire de la chanson française et du rock, nous propose un livre magistral. Tout y est : l'analyse de plus d'un demi-siècle de musique chez nous, les exemples, les interviews, les références. L'introduction seule mérite d'être lue par tous, mais surtout sans doute par ceux qui aiment et le rock et la chanson ! En voici quelques extraits :

« Ce generation gap, le premier connu de l'histoire de l'humanité, prise de pouvoir de la culture par la jeunesse du monde, forte d'une éducation sans pareille, d'une rare période de paix et de plein-emploi, de croissance euphorique, de mobilité sociale inédite, ne s'exprimera nulle part plus fortement que dans sa musique et va engendrer un schisme et une frustration. »

Bien sûr, tout ce qui concerne l'utilisation de la langue française et les raisons des difficultés à la chanter en rythme y est évoqué !

« Je mesure mieux encore à quel point le français, si riche, si précis, si précieux, si complet si parfait, si exigeant, si sexy dit-on, doit impérieusement être défendu, protégé, revendiqué, mais aussi parfois dé ringardisé. »

ou

« Les fréquences du français sont réduites, concentrées entre 1000 et 2000 hertz (soit le nombre de vibrations par seconde qui confèrent au son sa hauteur, du grave à l'aigu), ce qui noie facilement dans celles des instruments, alors que celles de l'anglais notamment lui permettent de passer plus facilement par-dessus celles des guitares électriques... »

Ou encore

« On ne saurait donc s('étonner de la sacralisation des auteurs-compositeurs-interprètes des années 50/60 qui prolongent la tradition poétique de la lignée Villon-Ronsard-Hugo-Rimbaud à peine retouchée music-hall fantaisiste et jazz par Trenet (puis Bécaud, Salvador et Nougaro)... »

Pour tomber sur cette si belle phrase :

« Le française, une langue qui raisonne plus qu'elle ne résonne. »

 

Je pourrais multiplier à l'infini les extraits, souvent drôles avec ce clin d’œil qui caractérise la personnalité brillante de l'auteur :

 

« Chaque groupe en tournée, tout au long des années 70, 80 et 90, parfois encore aujourd'hui, saura immédiatement qu'il est en France en entendant le public taper dans les mains à contretemps, quand ça n'est pas carrément à côté. »

Comme l'indique le titre, le premier des artistes analysé en détails est Serge Gainsbourg : « Pour les Britanniques, Gainsbourg est un Dylan français (pour sa virtuosité avec les mots), avec la personnalité d'un Miles Davis (pour sa distance cynique, narquoise, et son attitude cool suprême), vieux et déglingué à la Tom Waits. »

Vient ensuite Claude Nougaro :

« Nous n'avons pas toujours été si complices. Que du contraire, comme on dit à Bruxelles... »

Suivent Hugues Aufray, Nino Ferrer, Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Dick Rivers, Sylvie Vartan, Salvatore Adamo (On s'aperçoit combien l'auteur a saisi l'essence même de la Belgique, dans ses différences et ses qualités), Arno, Jacques Dutronc, Françoise Hardy, Ronnie Bird, Claude François, Michel Berger (auquel Yves Bigot a déjà consacré un livre), Christophe, Joe Dassin, Mort Shuman, Antoine, etc.

 

Yves Bigot a vécu cette histoire en direct. Sa carrière est complète : radio, presse, télévision, maison de disques.

 

Jacques MERCIER


« Je t'aime moi non plus » (les amours de la chanson française et du rock), Yves Bigot, essai, (volume 1 – de Gainsbourg à Goldman) Ed Don Quichotte 2016, 436 pp, format 22,5X14 cm, Broché : 19,90 euros ; Kindle : 13,99 euros.

 

05 10 16

Invitation à tous les accrocs aux belles histoires de la légende

SABAM.jpgLa SABAM vous invite ce 13 octobre à un événement gratuit où vous serez bien reçu. C'est déjà pas mal, non ?
Ensuite, nous n'avons rien à vous vendre.
Mieux, vous pourrez remporter le nouveau livre de Brice Depasse, La Story, qui sortira le 3 novembre, ainsi que L'Almanach Pop Rock d'Eric Laforge. Il y aura 2 x 30 gagnants tirés au sort.
Enfin, vous pouvez venir accompagné de 1, 2 ou 3 personnes.
On s'y retrouve ? Ce sera aussi l'occasion de boire un verre ensemble.
L'inscription est gratuite mais indispensable auprès de l'organisatrice : sylvie.godefroid@sabam.be
L'animation sera (vachement bien, comme toujours) assurée par Eric Russon.

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22 08 16

Le roi de la comédie musicale...

Mr Gershwin – Les gratte-ciel de la musique.jpegIntitulé Mr Gershwin – Les gratte-ciels de la musique, le conte musical de Susie Morgenstern illustré par Sébastien Mourrain publié à Paris aux Éditions Didier Jeunesse est une belle réussite, propre à faire découvrir par les jeunes et les moins jeunes l’univers créatif de l’un des plus grands compositeurs américains du XXe siècle, né et 1898 et mort en 1937 des suites d'une désastreuse intervention chirurgicale au cerveau.

En voici l’argument :

« La famille Gershwin fait l’acquisition d’un piano. La mère, Rose, veut faire de son fils aîné Israël, dit Ira, un grand musicien. Mais voilà que George, le fils cadet, s’installe devant l’instrument et se met à jouer…

Et le piano sentimental de relater la vie du jeune George Gershwin, enfant dissipé de Brooklyn, qui devint un immense musicien. Un destin extraordinaire porté par la voix chaude et facétieuse de Susie Morgenstern, et une occasion unique de découvrir les plus belles comédies musicales de Broadway ! De Rhapsody in Blue à Un américain à Paris, en passant par Porgy and Bess, sans oublier les débuts déjà prometteurs et moins connus de Gershwin.

À travers le regard bienveillant d'un piano complice et admirateur, Susie Morgenstern qui, avec son accent américain aux teintes chaudes, campe avec brio une mère drolatique, redonne vie à ce musicien touche-à-tout, de ses débuts à Tin Pan Alley jusqu'aux grands chemins de la comédie musicale. Gershwin vit, compose et expérimente sans cesse, ne veut pas perdre de temps et fait sonner son piano comme personne, nous portant au-delà des flèches des gratte-ciels. »

Les illustrations de Sébastien Mourrain reconstituent à merveille l'univers du New York des années 1920 et 1930.

Une belle œuvre initiatique !

Liste des chansons :

1 - LE PIANO * Girl Crazy (ouverture) * Sweet and Low-Down 2 – IRA * Prélude pour piano n°3 3 – GEORGE * Prélude pour piano n°1 * Sweet and Low-Down 4 – MORRIS * When Do We Dance? 5 – ROSE Humoresque de Dvorak * When You Want ‘em, You Can’t Get ‘em * Tra-la-la 6 - LE PROFESSEUR * Tra-la-la (instrumental) * I Got Rhythm 7 – BROADWAY * I Got Rhythm (variations) Mazel tov, Malcolm Laws, Nainita Desai * Hello Good Mornin’ 8 – FRANCES Freylekhs, Robin Jeffrey, Roddy Skeaping * ’S Wonderful 9 - TIN PAN ALLEY * The Supreme Court Judges * Street Exhibit 10 – HARLEM * The Real American Folk Song * Fascinating Rhythm 11 - NEW YORK * Swanee * Rhapsody in Blue * I’ll Build a Stairway to Paradise 12 – PARIS * An American in Paris

Titres en versions intégrales :

13– * Rhapsody in Blue (16’27) 14 – * Summertime (4’49) 15 – * I got plenty o ’ Nuttin ’ (2’52) 16 – * I got rhythm (3’46) 17 – * Heaven on Earth (2’11)

Bernard DELCORD

Mr Gershwin – Les gratte-ciels de la musique, un conte musical de Susie Morgenstern illustré par Sébastien Mourrain, Paris, Éditions Didier Jeunesse, collection « Un livre, un CD », septembre 2015, 48 pp. en quadrichromie au format 27,5 x 27,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 23,80 € (prix France)

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15 04 16

« Mon rêve : être joué n'importe où, mais pas à l'Opéra. » (Erik Satie)

Erik Satie.jpgRomaric Gergorin est critique littéraire et musical. Il a collaboré à de nombreuses publications, notamment Le Monde des livres, Le Nouvel Observateur, Les Inrockuptibles, Paris Match, L'Événement du jeudi et Classica.

Il a fait paraître récemment chez Actes Sud une biographie d’Erik Satie (né il y a 150 ans) d’une belle originalité et d’une grande profondeur, mettant en lumière le génie provocateur d’un compositeur hors normes, alliant maestria et sens de la modernité, ironie féroce et douceur musicale, inventivité et alcoolisme, engagement politique et dandysme, lumière et misère…

Écoutons Romaric Gergorin :

« Erik Satie (1866-1925) demeure à jamais l'auteur d'une poignée d'œuvres phares, les Gnossiennes, les Gymnopédies ou Parade. Après avoir trouvé dans de courtes pièces pour piano une simplicité radicale qui annonce l'épure d'un certain XXe siècle, Satie s'enfonce dans les mystères de l'ésotérisme, vu comme un terrain d'expérimentation, puis s'éclipse à Arcueil. Relancé par Ravel, cherchant une esthétique hors de l'influence de son ami Debussy, il devient progressivement, à partir des années 1910 et jusqu'à sa mort, un chef de file de la modernité, inventeur de la musique d'ameublement, compagnon de route de Picasso, Picabia, Cocteau, Tzara ou Duchamp. »

Et voici la conclusion de son ouvrage :

« [Satie] avait vécu de nombreuses vies, de Honfleur à Arcueil. Il avait connu la bohème de Montmartre, le symbolisme, les Arts incohérents, les barbichus fin de siècle, l'ésotérisme, les rosicruciens, l'alchimie, l'impressionnisme, la Belle Époque, la guerre de 1914, l'humorisme, le communisme, le fauvisme, le music-hall, le jazz, le dodécaphonisme, le cubisme, Montparnasse, les Ballets russes, les Années folles, les Ballets suédois, le dadaïsme, le cinéma.

Du Chat Noir au Bœuf Sur le Toit, il avait traversé bien des époques et connu toutes les modes, mais n'avait jamais inscrit sa musique dans celles de son temps, et c'est peut-être ce qui la fait ne pas vieillir. Toujours il était reparti de zéro, et avait su trouver par un renouvellement complet de son écriture à chaque fois de nouvelles formes musicales inattendues.

Après avoir connu l'échec, l'indifférence, déchaîné les haines, les sarcasmes, les passions démesurées, après être tombé dans l'oubli, le mépris, être redevenu à la mode, après avoir été sous-évalué, surévalué, ignoré, adoré, récupéré, Satie est aujourd'hui devenu un mythe errant, sans identité propre. Ayant cherché à pénétrer l'épaisseur du temps comme sa surface, ayant construit des durées pour le déboîter, le diffracter, il a réussi à sortir sa musique de l'histoire ; et, le temps retrouvé, il était parti. »

Ajoutons que bien des titres du catalogue de ses œuvres, que nous reproduisons ci-dessous, sont extrêmement parlants…

À l'instar de tous les volumes de la collection « Classica », cette biographie passionnante est en outre enrichie d'un double index, de repères bibliographiques et d'une discographie.

Bernard DELCORD

Erik Satie par Romaric Gergorin, Arles, Actes Sud, collection « Classica », mars 2016, 171 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 18 € (prix France)

Catalogue des œuvres d’Erik Satie [1]

Musique pour piano :

Allegro (1884)

Fantaisie-valse (1884)

Valse-ballet (1884)

Ogives I, II, III, IV pour piano (1886)

Trois sarabandes I, II, III (1887)

Gymnopédies (en grec « fêtes des enfants nus ») I, II et III (1888)

Gnossiennes I, II, III, IV, V, VI, VII (1890)

Fête donnée par des chevaliers normands en l’honneur d’une jeune demoiselle (1892)

Prélude d’Éginhard (1892)

Préludes du Fils des étoiles (1892)

Danses gothiques (1893)

Prière (1893)

Vexations (1893)

Pièces froides – trois airs à fuir (1897)

Pièces froides – trois danses de travers (1897)

Prélude de la porte héroïque du ciel (1897)

Jack in the Box (1899)

Rêverie du pauvre (1900)

The Angora Ox (1901)

The Dreamy Fisch (1901)

Poudre d’or (1902)

Trois morceaux en forme de poire, pour piano à quatre mains (1903)

Le Piccadilly (1904)

Prélude en tapisserie (1906)

Nouvelles pièces froides (1907)

Aperçus désagréables (Pastorale, Choral, Fugue), pour piano à 4 mains (1908-1912)

Deux rêveries nocturnes (1910)

En habits de cheval, pour piano à 4 mains (1911)

Véritables préludes flasques (pour un chien) (1912)

Croquis et agaceries d’un gros bonhomme en bois (1913)

Vieux Sequins et Vieilles Cuirasses (1913)

Embryons desséchés (1913)

Descriptions automatiques (1913)

Enfantines (1913)

Les pantins dansent (1913)

Sports et Divertissements (1914)

Choses vues à droite et à gauche (sans lunettes) (1914)

Heures séculaires (1914)

Les Trois Valses distinguées du précieux dégoûté (1914)

Avant-dernières Pensées (1915)

Sonatine bureaucratique (1917)

Trois petites pièces montées, pour piano à quatre mains (1919)

Nocturnes I, II, III, IV, V (1919)

Verset laïque et somptueux (1920)

Musique vocale :

Le Fils des étoiles, drame symphonique (1891)

Messe des pauvres, pour grand orgue et chœur (1895)

Socrate, drame symphonique pour soliste et orchestre (1918)

Mélodies :

Trois mélodies : Les Anges, Élégie, Sylvie (1886-1887)

Trois autres mélodies : Chanson, Chanson médiévale, Les Fleurs (1886-1887)

Je te veux, valse chantée (1897)

Tendrement (1902)

La Diva de l'Empire. Intermezzo américain (1904)

Allons-y Chochotte (1905)

L'omnibus automobile (1905)

Chez le docteur (1905)

Trois mélodies sans paroles : Rambouillet, Les Oiseaux, Marienbad (1905)

Trois poèmes d'amour : Ne suis que grain de sable, Suis chauve de naissance, Ta parure est secrète (1914)

Trois mélodies : La Statue de bronze, Daphénéo, Le Chapelier (1916)

Quatre petites mélodies : Élégie, Danseuse, Chanson, Adieu (1920)

Les Ludions : Air du rat, Spleen, La Grenouille américaine, Air du poète, Chanson du chat (1923)

Musique de scène :

Parade, ballet de Léonide Massine pour les Ballets russes (1917)

Le Piège de Méduse, théâtre (1914)

Mercure, ballet (1924)

Relâche, ballet de Jean Börlin pour les Ballets suédois, incluant le film de René Clair Entr’acte dont la musique a été composée par Satie (1924)

Jack in the Box, ballet (1926)

Musique d'ameublement :

Chez le bistrot (1920)

Un salon (1920)

Carrelage phonique (1923)

Tapisserie en fer forgé (1923)

Tenture de cabinet préfectoral (1923)

Autres :

Sonneries de la Rose + Croix, pour harpes et trompettes (1892)

Upsud, ballet chrétien pour théâtre d’ombres (1892)

Geneviève de Brabant, musique pour théâtre d’ombres (1899)

La Belle Excentrique (1920-1921)

Sonnerie pour réveiller le bon gros Roi des Singes (lequel ne dort toujours que d’un œil pour deux trompettes (1921)

La Statue retrouvée, divertissement pour orgue et trompette (1923)

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Erik_Satie#.C3.89crits... et l’ouvrage de Romaric Gerorin.

11 04 16

Moonlight Serenades…

Jazz sous la lune.jpgAprès le succès des Plus Belles Berceuses jazz, le guitariste de jazz français Misja Fitzgerald Michel [1] propose, toujours chez Didier Jeunesse à Paris, un bel album illustré accompagné d’un CD intitulé Jazz sous la lune, berceuses et standards jazz réunissant 14 autres morceaux des années 1950 et 1960, à savoir des ballades, des chansons d'amour et des chants de Noël.

On y retrouve notamment les voix magnifiques d’Ella Fitzgerald, de Billie Holiday, de Nina Simone, d’Eartha Kitt, d’Audrey Hepburn, du Golden Gate Quartet, de Louis Armstrong ou encore de Ray Charles pour un moment d'écoute [2] inoubliable.

Liste des chansons et des interprètes :

Winter Wonderland par Louis Armstrong, Willow Weep for Me par Billie Holiday, Come Rain, or Come Shine par Sarah Vaughan, It Might As Well Be Spring par Nina Simone, Winter Weather par Fats Waller, Let It Snow! par Vaughn Monroe, Moon River par Audrey Hepburn, Stormy Weather par The Golden Gate Quartet, Santa Baby par Eartha Kitt, Blue Moon par Mel Tormé, Snow Is Falling par Ray Charles, What Are You Doing New Year’s Eve par Ella Fitzgerald, Gone With the Wind par Julie London, December par Kay Starr

Bernard DELCORD

 azz sous la lune, berceuses et standards jazz sélectionnés par Misja Fitzgerald Michel, traductions de Valérie Rouzeau, illustrations d’Ilya Green, Paris, Éditions Didier Jeunesse, collection « Un livre, un CD », octobre 2015, 47 pp. en quadrichromie au format 27,3 x 27,3 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 23,80 € (prix France)

 

[1] Né en 1973, Misja Fitzgerald Michel a été élève de la classe de jazz de François Jeanneau au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Il a ensuite étudié en 1993 à la New School (New York) auprès de Jim Hall, Billy Harper et Kenny Werner. C’est aujourd'hui l'un des meilleurs compositeurs de guitare du jazz actuel dans la lignée de Pat Metheny et Jim Hall. Il a été nominé aux Djangos d'or de la guitare 2006 pour le disque Encounter ainsi qu'aux Victoires du jazz 2012 pour son album Time of No Reply.

[2] 43,27 minutes.

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12 02 16

« J’avais foi en la possibilité d’une chose de ce genre ! » (Friedrich Nietzsche à propos de Carmen)

Georges Bizet.jpgNé en 1970, le polytechnicien, haut fonctionnaire, critique musical et biographe français Jérôme Bastianelli a participé aux dictionnaires Tout Mozart de A à Z, Tout Bach et Tout Verdi (Robert Laffont, collection « Bouquins », 2006, 2009 et 2013) et édité les textes de Proust sur Ruskin. Il écrit régulièrement dans le magazine Diapason et est également l'auteur de biographies de Federico Mompou (Payot, Lausanne, 2003), Félix Mendelssohn (Actes Sud, 2008) et Piotr Ilitch Tchaïkovski (Actes Sud, 2012). Il occupe actuellement les fonctions de directeur général délégué au musée du quai Branly.

Il a fait paraître récemment chez Actes Sud, dans la fameuse collection « Classica », un épatant Georges Bizet dans lequel il se penche sur la destinée et l’œuvre du compositeur né le 25 octobre 1838 à Paris et mort d’un infarctus le 3 juin 1875 à Bougival (Seine-et-Oise) à l’âge de 36 ans, surtout connu pour l’opéra Les Pêcheurs de perles (1863), la musique de scène L’Arlésienne et l’opéra-comique Carmen (1875), adapté de la nouvelle de Prosper Mérimée.

Voici ce que l’auteur nous dit de son ouvrage :

« Pour le biographe, Bizet représente un cas un peu particulier. Durant sa vie, hélas trop courte, on ne note rien de très aventureux. Ce qui fait l'intérêt de son parcours, ce sont les doutes, les renoncements, pour ne pas dire les compromissions qui le parsèment, jusqu'au chef-d'œuvre final qu'est Carmen.

Malgré ses facilités artistiques, il passa son existence à chercher la clé de la réussite, écartant plus ou moins inconsciemment celles que la vie lui tendait.

Articulé en quatre chapitres, notre portrait· reprend, avant d'analyser l'avènement de L'Arlésienne et de Carmen, chacune de ces possibilités avortées, classées par genre musical : symphoniste de génie, pianiste virtuose, compositeur lyrique indécis.

À chaque étape de ce parcours, on verra apparaître des signes semblant annoncer Carmen. Méfions-nous pourtant d'une lecture a posteriori, qui ne verrait dans la vie de Bizet qu'un tortueux cheminement vers le chef-d'œuvre. Cherchons-y au contraire les traces de ce qu'auraient été les œuvres géniales qui seraient venues après Carmen si Bizet n'était pas mort si tôt. »

Hélas…

À l'instar de tous les volumes de la collection « Classica », cette biographie à rebondissements est en outre enrichie d'un double index, de repères bibliographiques et d'une discographie.

Bernard DELCORD

Georges Bizet par Jérôme Bastianelli, Arles, Actes Sud, collection « Classica », septembre 2015, 167 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 17,80 € (prix France)

Catalogue des œuvres de Georges Bizet

Œuvres lyriques :

Le Docteur Miracle, opérette (1856)

Don Procopio, opéra-bouffe (1858-59), créé en 1906

La Prêtresse, opérette inachevée

Les Pêcheurs de perles, opéra (1863)

Ivan IV, (1862-65) créé en 1946

La Jolie Fille de Perth, opéra (1866)

Noé, opéra de Fromental Halévy achevé par Georges Bizet (1869)

Djamileh, opéra en un acte (1871)

L'Arlésienne, musique de scène (1872) (il a ensuite fait une suite de l'arlésienne pour la pièce d'Alphonse Daudet)

Carmen, opéra-comique (1875)

Musique pour orchestre :

Symphonie en ut majeur (1855)

Ouverture (1855)

Suite d'orchestre : Scherzo et Andante, Marche funèbre (1860-1861)

Six Chants du Rhin (1865)

Marche funèbre (1868-69)

Symphonie « Roma » ou Souvenirs de Rome (1860-68, révisée en 1871)

Jeux d'enfants, suite orchestrale tirée des n°2, 3, 6, 11 et 12 de la Suite pour piano à quatre mains (1872)

L'Arlésienne, suite n°1 (1872) – La suite n°2 a été orchestrée après la mort du compositeur par Ernest Guiraud.

Patrie, ouverture symphonique (1873)

Musique pour piano :

Grande valse de concert en mi bémol (1854)

Nocturne en fa majeur (1854)

Trois esquisses musicales (1858)

Chants du Rhin (1865)

Variations chromatiques de concert (1868)

Nocturne en ré majeur (1868)

Jeux d'enfants, douze pièces pour duo ou piano à quatre mains (1871)

Musique chorale :

Valse en sol majeur, pour chœur mixte et orchestre (1855)

La Chanson du Rouet, pour voix solo et chœur mixte (1857)

Clovis et Clotilde, cantate (1857)

Te Deum, pour soprano, ténor, chœur mixte et orchestre (1858)

Vasco de Gama, ode-symphonie (1859-60)

La mort s'avance, pour chœur mixte et orchestre (1869)

Mélodies :

Vieille Chanson (1865)

Après l'hiver (1866)

Feuilles d'album, six chansons (1866)

Chants des Pyrénées, six chansons folkloriques (1867)

Berceuse (1868)

La Coccinelle (1868)

Sérénade : Ô, quand je dors (1870)

Absence (1872)

Chant d'amour (1872)

Écrits :

Lettres à un ami, 1865-1872 [1]

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Bizet

22 09 15

Musique : rythme et émotion

 

 

 

_musique beuzen.jpgL'auteur, Jean-Noël Beuzen, est violoniste dans l'Orchestre symphonique du rail, mais est psychiatre, ancien attaché à l'hôpital Sainte-Anne ! Il nous propose un extraordinaire voyage aux confins de trois territoires : la musique, l'émotion et la folie.

 

Tout d'abord, soulignons le style direct et simple ; loin des périodes littéraires et des métaphores. L'auteur définit d'ailleurs son ouvrage comme un album de photos qui montreraient les moments de rencontre entre une folie et une musique.

 

J'aime que le livre commence par le carnaval ! En place de l'explication traditionnelle du mot (carrus navalis, ce bateau porté en procession), il nous livre : « Une autre explication, qui paraît plus crédible, lui donne pour origine la locution « carnem levare » (en italien « carne vale », « adieu la viande »!), se rapportant à la tradition médiévale de clore la période précédant le carême par des fêtes et des libations, avant de faire quarante jours de pénitence par le jeûne et les privations. »

 

Voici quelques extraits pris dans la lecture :

 

« Nous n'avons pas d'émotions « gratuites », pour notre simple plaisir, détachées d'un contexte, d'une trajectoire. Nos émotions s’inscrivent dans une longue histoire qui débute dans la nuit des temps, et la musique les accompagne depuis le début. »

 

Plus étonnant encore :

 

« Pour la musique, nos deux cerveaux sont impliqués : le cerveau gauche prend en charge le rythme, tandis que la mélodie et l'harmonie sont du ressort du cerveau droit. »

 

« Le plaisir est ainsi fait qu'il est difficile de l'en passer une fois qu'on l'a connu. »

 

La musique est-elle universelle ?

 

« Un des critères qui fait que la musique est universelle est le rythme. Le battement est universel. Tout bat et tout est rythmé dans l'univers. »

 

Et de nuancer :

 

« Si la musique occidentale véhicule des émotions, la musique, dans d'autres cultures, possède des fonctions différentes : elle accompagne les rituels ou rythme le travail. »

 

A propos de la sonate de Vinteuil, que Marcel Proust écoutait durant son enfance :

 

« Pour Proust, le compositeur exprime dans chaque phrase, dans chaque thème, une véritable idée qui permet l'accès à un univers à la fois éternel et personnel, profond, enfoui, inaccessible à l'intelligence mais bien réel, celui de l'art qui dure, contrairement à l'amour. »

 

Une des plus belles définitions de l'audition de la musique :

 

« Écouter de la musique, c'est comme marcher dans un paysage familier, dans lequel pourtant tout peut changer en permanence sans que, pour autant, le paysage devienne étranger. »

 

« La musique est un pont entre les hommes, elle est aussi un pont entre soi et ses mondes, l'actuel et les imaginaires, en nous mettant en résonance avec eux. »

 

On trouve aussi dans le livre des analyses de morceaux célèbres, évidemment des avis sur le jazz et d'autres réflexions fort pertinentes sur l'influence de la musique sur nos comportements. Ainsi une analyse des ventes dans les grandes surfaces selon le genre de musique et le rythme...

 

Pour conclure, une citation de Shakespeare dans «  Le marchand de Venise » : « L'homme qui n'a pas de musique en lui et qui n'est pas ému par le concert des sons harmonieux est propre aux trahisons, aux stratagèmes et aux rapines. »

 

Jacques MERCIER

 

« La musique, entre génie créateur et vertu thérapeutique », Essai, Jean-Noël Beuzen, Odile Jacob, 2015, 284 pp. 24 euros.

 

11 08 15

« Si le rap excelle, le jazz en est l'étincelle. » (MC Solaar)

La Discothèque idéale du jazz.jpgMembre de l'Académie du jazz, Jean-Pierre Jackson est né en 1947. Ex-instituteur et autodidacte, éditeur, batteur de jazz, cinéaste, cinéphile, il a aussi écrit des livres sur le serial américain (Jayne Mansfield, Mizoguchi, Russ Meyer) et traduit des philosophes (Spinoza, Hume, Locke, Schopenhauer). Il collabore au magazine Classica et il a publié, chez Actes Sud, Charlie Parker (2005), Miles Davis (2007), Benny Goodman (2010) et Oscar Peterson (2012).

Il a aussi fait paraître chez le même éditeur La Discothèque idéale du jazz, dans laquelle il présente une sélection commentée d’extraits de l’œuvre des plus grands (Miles Davis, John Coltrane, Thelonious Monk, Louis Armstrong, Bud Powell, Charlie Parker, Bill Evans, Duke Ellington, Ornette Coleman, Dizzy Gillespie ou encore Lester Young), mais aussi de « disques qui ont subi avec succès l'épreuve du temps, dont la fréquentation assidue, même récente, révèle à chaque écoute de nouvelles beautés » à l’instar de diverses productions de Keith Jarrett, Gerry Mulligan, Oscar Peterson, Erroll Garner, Wes Montgomery, Jelly Roll Morton, voire d’Enrico Pieranunzi ou Martial Solal, sans oublier les Belges Django Reinhardt et Toots Thielemans, tout en s'adressant plus particulièrement aux mélomanes attachés à la musique classique à qui il veut montrer les similitudes entre le répertoire qu’ils affectionnent et le jazz qu’il connaît sur le bout des doigts...

Un livre qui swingue !

Bernard DELCORD

La Discothèque idéale du jazzpar Jean-Pierre Jackson, Arles, Actes Sud, collection « Classica », janvier 2015, 214 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19 € (prix France)

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28 07 15

Pour des nuits enchanteresses…

Les plus belles berceuses jazz.jpgSélectionnées par le guitariste de jazz français Misja Fitzgerald Michel, Les plus belles berceuses jazz (paru chez Didier Jeunesse à Paris) réunit, dans un bel album illustré complété d’un CD audio, 15 chansons douces à la beauté intemporelle, interprétées par les plus belles voix de l'âge d'or du jazz américain : Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Sarah Vaughan, Nat King Cole, Chet Baker, Judy Garland, Frank Sinatra…

Il s’agit de grands standards, mais aussi de titres moins connus, servis par des voix chaudes et sensuelles, qui font de chaque morceau un moment d'une infinie douceur…

Pour le plus grand bonheur des bébés et de leurs parents !

Liste des chansons et des interprètes :

Russian Lullaby (Ella Fitzgerald) – Lullaby of Birdland (Sarah Vaughan) – Once upon a Time a Summertime (Blossom Dearie) – Lullaby in Blue (Debbie Reynolds et Eddie Fischer) – Dreams are made for Children (Ella Fitzgerald) – Go to Sleep (My Sleepy Head) (Nat King Cole) – Over the Rainbow (Judy Garland) – Goodnight my love (Sarah Vaughan) – My Funny Valentine (Chet Baker) – Hit the Road to Dreamland (Mel Tormé) – Summertime (Peggy Lee) – Lullaby of the leaves (June Christy) – Looking for a Boy (Chris Connor) – God Bless the Child (Billie Holiday) – Brahms’s Lullaby (Frank Sinatra)

Bernard DELCORD

Les plus belles berceuses jazz  sélectionnées par Misja Fitzgerald Michel, traductions de Valérie Rouzeau, illustrations d’Ilya Green, Paris, Éditions Didier Jeunesse, collection « Un livre, un CD », octobre 2012, 48 pp. en quadrichromie au format 27,3 x 27,3 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 23,80 € (prix France)

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