22 08 16

Le roi de la comédie musicale...

Mr Gershwin – Les gratte-ciel de la musique.jpegIntitulé Mr Gershwin – Les gratte-ciels de la musique, le conte musical de Susie Morgenstern illustré par Sébastien Mourrain publié à Paris aux Éditions Didier Jeunesse est une belle réussite, propre à faire découvrir par les jeunes et les moins jeunes l’univers créatif de l’un des plus grands compositeurs américains du XXe siècle, né et 1898 et mort en 1937 des suites d'une désastreuse intervention chirurgicale au cerveau.

En voici l’argument :

« La famille Gershwin fait l’acquisition d’un piano. La mère, Rose, veut faire de son fils aîné Israël, dit Ira, un grand musicien. Mais voilà que George, le fils cadet, s’installe devant l’instrument et se met à jouer…

Et le piano sentimental de relater la vie du jeune George Gershwin, enfant dissipé de Brooklyn, qui devint un immense musicien. Un destin extraordinaire porté par la voix chaude et facétieuse de Susie Morgenstern, et une occasion unique de découvrir les plus belles comédies musicales de Broadway ! De Rhapsody in Blue à Un américain à Paris, en passant par Porgy and Bess, sans oublier les débuts déjà prometteurs et moins connus de Gershwin.

À travers le regard bienveillant d'un piano complice et admirateur, Susie Morgenstern qui, avec son accent américain aux teintes chaudes, campe avec brio une mère drolatique, redonne vie à ce musicien touche-à-tout, de ses débuts à Tin Pan Alley jusqu'aux grands chemins de la comédie musicale. Gershwin vit, compose et expérimente sans cesse, ne veut pas perdre de temps et fait sonner son piano comme personne, nous portant au-delà des flèches des gratte-ciels. »

Les illustrations de Sébastien Mourrain reconstituent à merveille l'univers du New York des années 1920 et 1930.

Une belle œuvre initiatique !

Liste des chansons :

1 - LE PIANO * Girl Crazy (ouverture) * Sweet and Low-Down 2 – IRA * Prélude pour piano n°3 3 – GEORGE * Prélude pour piano n°1 * Sweet and Low-Down 4 – MORRIS * When Do We Dance? 5 – ROSE Humoresque de Dvorak * When You Want ‘em, You Can’t Get ‘em * Tra-la-la 6 - LE PROFESSEUR * Tra-la-la (instrumental) * I Got Rhythm 7 – BROADWAY * I Got Rhythm (variations) Mazel tov, Malcolm Laws, Nainita Desai * Hello Good Mornin’ 8 – FRANCES Freylekhs, Robin Jeffrey, Roddy Skeaping * ’S Wonderful 9 - TIN PAN ALLEY * The Supreme Court Judges * Street Exhibit 10 – HARLEM * The Real American Folk Song * Fascinating Rhythm 11 - NEW YORK * Swanee * Rhapsody in Blue * I’ll Build a Stairway to Paradise 12 – PARIS * An American in Paris

Titres en versions intégrales :

13– * Rhapsody in Blue (16’27) 14 – * Summertime (4’49) 15 – * I got plenty o ’ Nuttin ’ (2’52) 16 – * I got rhythm (3’46) 17 – * Heaven on Earth (2’11)

Bernard DELCORD

Mr Gershwin – Les gratte-ciels de la musique, un conte musical de Susie Morgenstern illustré par Sébastien Mourrain, Paris, Éditions Didier Jeunesse, collection « Un livre, un CD », septembre 2015, 48 pp. en quadrichromie au format 27,5 x 27,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 23,80 € (prix France)

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15 04 16

« Mon rêve : être joué n'importe où, mais pas à l'Opéra. » (Erik Satie)

Erik Satie.jpgRomaric Gergorin est critique littéraire et musical. Il a collaboré à de nombreuses publications, notamment Le Monde des livres, Le Nouvel Observateur, Les Inrockuptibles, Paris Match, L'Événement du jeudi et Classica.

Il a fait paraître récemment chez Actes Sud une biographie d’Erik Satie (né il y a 150 ans) d’une belle originalité et d’une grande profondeur, mettant en lumière le génie provocateur d’un compositeur hors normes, alliant maestria et sens de la modernité, ironie féroce et douceur musicale, inventivité et alcoolisme, engagement politique et dandysme, lumière et misère…

Écoutons Romaric Gergorin :

« Erik Satie (1866-1925) demeure à jamais l'auteur d'une poignée d'œuvres phares, les Gnossiennes, les Gymnopédies ou Parade. Après avoir trouvé dans de courtes pièces pour piano une simplicité radicale qui annonce l'épure d'un certain XXe siècle, Satie s'enfonce dans les mystères de l'ésotérisme, vu comme un terrain d'expérimentation, puis s'éclipse à Arcueil. Relancé par Ravel, cherchant une esthétique hors de l'influence de son ami Debussy, il devient progressivement, à partir des années 1910 et jusqu'à sa mort, un chef de file de la modernité, inventeur de la musique d'ameublement, compagnon de route de Picasso, Picabia, Cocteau, Tzara ou Duchamp. »

Et voici la conclusion de son ouvrage :

« [Satie] avait vécu de nombreuses vies, de Honfleur à Arcueil. Il avait connu la bohème de Montmartre, le symbolisme, les Arts incohérents, les barbichus fin de siècle, l'ésotérisme, les rosicruciens, l'alchimie, l'impressionnisme, la Belle Époque, la guerre de 1914, l'humorisme, le communisme, le fauvisme, le music-hall, le jazz, le dodécaphonisme, le cubisme, Montparnasse, les Ballets russes, les Années folles, les Ballets suédois, le dadaïsme, le cinéma.

Du Chat Noir au Bœuf Sur le Toit, il avait traversé bien des époques et connu toutes les modes, mais n'avait jamais inscrit sa musique dans celles de son temps, et c'est peut-être ce qui la fait ne pas vieillir. Toujours il était reparti de zéro, et avait su trouver par un renouvellement complet de son écriture à chaque fois de nouvelles formes musicales inattendues.

Après avoir connu l'échec, l'indifférence, déchaîné les haines, les sarcasmes, les passions démesurées, après être tombé dans l'oubli, le mépris, être redevenu à la mode, après avoir été sous-évalué, surévalué, ignoré, adoré, récupéré, Satie est aujourd'hui devenu un mythe errant, sans identité propre. Ayant cherché à pénétrer l'épaisseur du temps comme sa surface, ayant construit des durées pour le déboîter, le diffracter, il a réussi à sortir sa musique de l'histoire ; et, le temps retrouvé, il était parti. »

Ajoutons que bien des titres du catalogue de ses œuvres, que nous reproduisons ci-dessous, sont extrêmement parlants…

À l'instar de tous les volumes de la collection « Classica », cette biographie passionnante est en outre enrichie d'un double index, de repères bibliographiques et d'une discographie.

Bernard DELCORD

Erik Satie par Romaric Gergorin, Arles, Actes Sud, collection « Classica », mars 2016, 171 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 18 € (prix France)

Catalogue des œuvres d’Erik Satie [1]

Musique pour piano :

Allegro (1884)

Fantaisie-valse (1884)

Valse-ballet (1884)

Ogives I, II, III, IV pour piano (1886)

Trois sarabandes I, II, III (1887)

Gymnopédies (en grec « fêtes des enfants nus ») I, II et III (1888)

Gnossiennes I, II, III, IV, V, VI, VII (1890)

Fête donnée par des chevaliers normands en l’honneur d’une jeune demoiselle (1892)

Prélude d’Éginhard (1892)

Préludes du Fils des étoiles (1892)

Danses gothiques (1893)

Prière (1893)

Vexations (1893)

Pièces froides – trois airs à fuir (1897)

Pièces froides – trois danses de travers (1897)

Prélude de la porte héroïque du ciel (1897)

Jack in the Box (1899)

Rêverie du pauvre (1900)

The Angora Ox (1901)

The Dreamy Fisch (1901)

Poudre d’or (1902)

Trois morceaux en forme de poire, pour piano à quatre mains (1903)

Le Piccadilly (1904)

Prélude en tapisserie (1906)

Nouvelles pièces froides (1907)

Aperçus désagréables (Pastorale, Choral, Fugue), pour piano à 4 mains (1908-1912)

Deux rêveries nocturnes (1910)

En habits de cheval, pour piano à 4 mains (1911)

Véritables préludes flasques (pour un chien) (1912)

Croquis et agaceries d’un gros bonhomme en bois (1913)

Vieux Sequins et Vieilles Cuirasses (1913)

Embryons desséchés (1913)

Descriptions automatiques (1913)

Enfantines (1913)

Les pantins dansent (1913)

Sports et Divertissements (1914)

Choses vues à droite et à gauche (sans lunettes) (1914)

Heures séculaires (1914)

Les Trois Valses distinguées du précieux dégoûté (1914)

Avant-dernières Pensées (1915)

Sonatine bureaucratique (1917)

Trois petites pièces montées, pour piano à quatre mains (1919)

Nocturnes I, II, III, IV, V (1919)

Verset laïque et somptueux (1920)

Musique vocale :

Le Fils des étoiles, drame symphonique (1891)

Messe des pauvres, pour grand orgue et chœur (1895)

Socrate, drame symphonique pour soliste et orchestre (1918)

Mélodies :

Trois mélodies : Les Anges, Élégie, Sylvie (1886-1887)

Trois autres mélodies : Chanson, Chanson médiévale, Les Fleurs (1886-1887)

Je te veux, valse chantée (1897)

Tendrement (1902)

La Diva de l'Empire. Intermezzo américain (1904)

Allons-y Chochotte (1905)

L'omnibus automobile (1905)

Chez le docteur (1905)

Trois mélodies sans paroles : Rambouillet, Les Oiseaux, Marienbad (1905)

Trois poèmes d'amour : Ne suis que grain de sable, Suis chauve de naissance, Ta parure est secrète (1914)

Trois mélodies : La Statue de bronze, Daphénéo, Le Chapelier (1916)

Quatre petites mélodies : Élégie, Danseuse, Chanson, Adieu (1920)

Les Ludions : Air du rat, Spleen, La Grenouille américaine, Air du poète, Chanson du chat (1923)

Musique de scène :

Parade, ballet de Léonide Massine pour les Ballets russes (1917)

Le Piège de Méduse, théâtre (1914)

Mercure, ballet (1924)

Relâche, ballet de Jean Börlin pour les Ballets suédois, incluant le film de René Clair Entr’acte dont la musique a été composée par Satie (1924)

Jack in the Box, ballet (1926)

Musique d'ameublement :

Chez le bistrot (1920)

Un salon (1920)

Carrelage phonique (1923)

Tapisserie en fer forgé (1923)

Tenture de cabinet préfectoral (1923)

Autres :

Sonneries de la Rose + Croix, pour harpes et trompettes (1892)

Upsud, ballet chrétien pour théâtre d’ombres (1892)

Geneviève de Brabant, musique pour théâtre d’ombres (1899)

La Belle Excentrique (1920-1921)

Sonnerie pour réveiller le bon gros Roi des Singes (lequel ne dort toujours que d’un œil pour deux trompettes (1921)

La Statue retrouvée, divertissement pour orgue et trompette (1923)

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Erik_Satie#.C3.89crits... et l’ouvrage de Romaric Gerorin.

11 04 16

Moonlight Serenades…

Jazz sous la lune.jpgAprès le succès des Plus Belles Berceuses jazz, le guitariste de jazz français Misja Fitzgerald Michel [1] propose, toujours chez Didier Jeunesse à Paris, un bel album illustré accompagné d’un CD intitulé Jazz sous la lune, berceuses et standards jazz réunissant 14 autres morceaux des années 1950 et 1960, à savoir des ballades, des chansons d'amour et des chants de Noël.

On y retrouve notamment les voix magnifiques d’Ella Fitzgerald, de Billie Holiday, de Nina Simone, d’Eartha Kitt, d’Audrey Hepburn, du Golden Gate Quartet, de Louis Armstrong ou encore de Ray Charles pour un moment d'écoute [2] inoubliable.

Liste des chansons et des interprètes :

Winter Wonderland par Louis Armstrong, Willow Weep for Me par Billie Holiday, Come Rain, or Come Shine par Sarah Vaughan, It Might As Well Be Spring par Nina Simone, Winter Weather par Fats Waller, Let It Snow! par Vaughn Monroe, Moon River par Audrey Hepburn, Stormy Weather par The Golden Gate Quartet, Santa Baby par Eartha Kitt, Blue Moon par Mel Tormé, Snow Is Falling par Ray Charles, What Are You Doing New Year’s Eve par Ella Fitzgerald, Gone With the Wind par Julie London, December par Kay Starr

Bernard DELCORD

 azz sous la lune, berceuses et standards jazz sélectionnés par Misja Fitzgerald Michel, traductions de Valérie Rouzeau, illustrations d’Ilya Green, Paris, Éditions Didier Jeunesse, collection « Un livre, un CD », octobre 2015, 47 pp. en quadrichromie au format 27,3 x 27,3 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 23,80 € (prix France)

 

[1] Né en 1973, Misja Fitzgerald Michel a été élève de la classe de jazz de François Jeanneau au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Il a ensuite étudié en 1993 à la New School (New York) auprès de Jim Hall, Billy Harper et Kenny Werner. C’est aujourd'hui l'un des meilleurs compositeurs de guitare du jazz actuel dans la lignée de Pat Metheny et Jim Hall. Il a été nominé aux Djangos d'or de la guitare 2006 pour le disque Encounter ainsi qu'aux Victoires du jazz 2012 pour son album Time of No Reply.

[2] 43,27 minutes.

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12 02 16

« J’avais foi en la possibilité d’une chose de ce genre ! » (Friedrich Nietzsche à propos de Carmen)

Georges Bizet.jpgNé en 1970, le polytechnicien, haut fonctionnaire, critique musical et biographe français Jérôme Bastianelli a participé aux dictionnaires Tout Mozart de A à Z, Tout Bach et Tout Verdi (Robert Laffont, collection « Bouquins », 2006, 2009 et 2013) et édité les textes de Proust sur Ruskin. Il écrit régulièrement dans le magazine Diapason et est également l'auteur de biographies de Federico Mompou (Payot, Lausanne, 2003), Félix Mendelssohn (Actes Sud, 2008) et Piotr Ilitch Tchaïkovski (Actes Sud, 2012). Il occupe actuellement les fonctions de directeur général délégué au musée du quai Branly.

Il a fait paraître récemment chez Actes Sud, dans la fameuse collection « Classica », un épatant Georges Bizet dans lequel il se penche sur la destinée et l’œuvre du compositeur né le 25 octobre 1838 à Paris et mort d’un infarctus le 3 juin 1875 à Bougival (Seine-et-Oise) à l’âge de 36 ans, surtout connu pour l’opéra Les Pêcheurs de perles (1863), la musique de scène L’Arlésienne et l’opéra-comique Carmen (1875), adapté de la nouvelle de Prosper Mérimée.

Voici ce que l’auteur nous dit de son ouvrage :

« Pour le biographe, Bizet représente un cas un peu particulier. Durant sa vie, hélas trop courte, on ne note rien de très aventureux. Ce qui fait l'intérêt de son parcours, ce sont les doutes, les renoncements, pour ne pas dire les compromissions qui le parsèment, jusqu'au chef-d'œuvre final qu'est Carmen.

Malgré ses facilités artistiques, il passa son existence à chercher la clé de la réussite, écartant plus ou moins inconsciemment celles que la vie lui tendait.

Articulé en quatre chapitres, notre portrait· reprend, avant d'analyser l'avènement de L'Arlésienne et de Carmen, chacune de ces possibilités avortées, classées par genre musical : symphoniste de génie, pianiste virtuose, compositeur lyrique indécis.

À chaque étape de ce parcours, on verra apparaître des signes semblant annoncer Carmen. Méfions-nous pourtant d'une lecture a posteriori, qui ne verrait dans la vie de Bizet qu'un tortueux cheminement vers le chef-d'œuvre. Cherchons-y au contraire les traces de ce qu'auraient été les œuvres géniales qui seraient venues après Carmen si Bizet n'était pas mort si tôt. »

Hélas…

À l'instar de tous les volumes de la collection « Classica », cette biographie à rebondissements est en outre enrichie d'un double index, de repères bibliographiques et d'une discographie.

Bernard DELCORD

Georges Bizet par Jérôme Bastianelli, Arles, Actes Sud, collection « Classica », septembre 2015, 167 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 17,80 € (prix France)

Catalogue des œuvres de Georges Bizet

Œuvres lyriques :

Le Docteur Miracle, opérette (1856)

Don Procopio, opéra-bouffe (1858-59), créé en 1906

La Prêtresse, opérette inachevée

Les Pêcheurs de perles, opéra (1863)

Ivan IV, (1862-65) créé en 1946

La Jolie Fille de Perth, opéra (1866)

Noé, opéra de Fromental Halévy achevé par Georges Bizet (1869)

Djamileh, opéra en un acte (1871)

L'Arlésienne, musique de scène (1872) (il a ensuite fait une suite de l'arlésienne pour la pièce d'Alphonse Daudet)

Carmen, opéra-comique (1875)

Musique pour orchestre :

Symphonie en ut majeur (1855)

Ouverture (1855)

Suite d'orchestre : Scherzo et Andante, Marche funèbre (1860-1861)

Six Chants du Rhin (1865)

Marche funèbre (1868-69)

Symphonie « Roma » ou Souvenirs de Rome (1860-68, révisée en 1871)

Jeux d'enfants, suite orchestrale tirée des n°2, 3, 6, 11 et 12 de la Suite pour piano à quatre mains (1872)

L'Arlésienne, suite n°1 (1872) – La suite n°2 a été orchestrée après la mort du compositeur par Ernest Guiraud.

Patrie, ouverture symphonique (1873)

Musique pour piano :

Grande valse de concert en mi bémol (1854)

Nocturne en fa majeur (1854)

Trois esquisses musicales (1858)

Chants du Rhin (1865)

Variations chromatiques de concert (1868)

Nocturne en ré majeur (1868)

Jeux d'enfants, douze pièces pour duo ou piano à quatre mains (1871)

Musique chorale :

Valse en sol majeur, pour chœur mixte et orchestre (1855)

La Chanson du Rouet, pour voix solo et chœur mixte (1857)

Clovis et Clotilde, cantate (1857)

Te Deum, pour soprano, ténor, chœur mixte et orchestre (1858)

Vasco de Gama, ode-symphonie (1859-60)

La mort s'avance, pour chœur mixte et orchestre (1869)

Mélodies :

Vieille Chanson (1865)

Après l'hiver (1866)

Feuilles d'album, six chansons (1866)

Chants des Pyrénées, six chansons folkloriques (1867)

Berceuse (1868)

La Coccinelle (1868)

Sérénade : Ô, quand je dors (1870)

Absence (1872)

Chant d'amour (1872)

Écrits :

Lettres à un ami, 1865-1872 [1]

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Bizet

22 09 15

Musique : rythme et émotion

 

 

 

_musique beuzen.jpgL'auteur, Jean-Noël Beuzen, est violoniste dans l'Orchestre symphonique du rail, mais est psychiatre, ancien attaché à l'hôpital Sainte-Anne ! Il nous propose un extraordinaire voyage aux confins de trois territoires : la musique, l'émotion et la folie.

 

Tout d'abord, soulignons le style direct et simple ; loin des périodes littéraires et des métaphores. L'auteur définit d'ailleurs son ouvrage comme un album de photos qui montreraient les moments de rencontre entre une folie et une musique.

 

J'aime que le livre commence par le carnaval ! En place de l'explication traditionnelle du mot (carrus navalis, ce bateau porté en procession), il nous livre : « Une autre explication, qui paraît plus crédible, lui donne pour origine la locution « carnem levare » (en italien « carne vale », « adieu la viande »!), se rapportant à la tradition médiévale de clore la période précédant le carême par des fêtes et des libations, avant de faire quarante jours de pénitence par le jeûne et les privations. »

 

Voici quelques extraits pris dans la lecture :

 

« Nous n'avons pas d'émotions « gratuites », pour notre simple plaisir, détachées d'un contexte, d'une trajectoire. Nos émotions s’inscrivent dans une longue histoire qui débute dans la nuit des temps, et la musique les accompagne depuis le début. »

 

Plus étonnant encore :

 

« Pour la musique, nos deux cerveaux sont impliqués : le cerveau gauche prend en charge le rythme, tandis que la mélodie et l'harmonie sont du ressort du cerveau droit. »

 

« Le plaisir est ainsi fait qu'il est difficile de l'en passer une fois qu'on l'a connu. »

 

La musique est-elle universelle ?

 

« Un des critères qui fait que la musique est universelle est le rythme. Le battement est universel. Tout bat et tout est rythmé dans l'univers. »

 

Et de nuancer :

 

« Si la musique occidentale véhicule des émotions, la musique, dans d'autres cultures, possède des fonctions différentes : elle accompagne les rituels ou rythme le travail. »

 

A propos de la sonate de Vinteuil, que Marcel Proust écoutait durant son enfance :

 

« Pour Proust, le compositeur exprime dans chaque phrase, dans chaque thème, une véritable idée qui permet l'accès à un univers à la fois éternel et personnel, profond, enfoui, inaccessible à l'intelligence mais bien réel, celui de l'art qui dure, contrairement à l'amour. »

 

Une des plus belles définitions de l'audition de la musique :

 

« Écouter de la musique, c'est comme marcher dans un paysage familier, dans lequel pourtant tout peut changer en permanence sans que, pour autant, le paysage devienne étranger. »

 

« La musique est un pont entre les hommes, elle est aussi un pont entre soi et ses mondes, l'actuel et les imaginaires, en nous mettant en résonance avec eux. »

 

On trouve aussi dans le livre des analyses de morceaux célèbres, évidemment des avis sur le jazz et d'autres réflexions fort pertinentes sur l'influence de la musique sur nos comportements. Ainsi une analyse des ventes dans les grandes surfaces selon le genre de musique et le rythme...

 

Pour conclure, une citation de Shakespeare dans «  Le marchand de Venise » : « L'homme qui n'a pas de musique en lui et qui n'est pas ému par le concert des sons harmonieux est propre aux trahisons, aux stratagèmes et aux rapines. »

 

Jacques MERCIER

 

« La musique, entre génie créateur et vertu thérapeutique », Essai, Jean-Noël Beuzen, Odile Jacob, 2015, 284 pp. 24 euros.

 

11 08 15

« Si le rap excelle, le jazz en est l'étincelle. » (MC Solaar)

La Discothèque idéale du jazz.jpgMembre de l'Académie du jazz, Jean-Pierre Jackson est né en 1947. Ex-instituteur et autodidacte, éditeur, batteur de jazz, cinéaste, cinéphile, il a aussi écrit des livres sur le serial américain (Jayne Mansfield, Mizoguchi, Russ Meyer) et traduit des philosophes (Spinoza, Hume, Locke, Schopenhauer). Il collabore au magazine Classica et il a publié, chez Actes Sud, Charlie Parker (2005), Miles Davis (2007), Benny Goodman (2010) et Oscar Peterson (2012).

Il a aussi fait paraître chez le même éditeur La Discothèque idéale du jazz, dans laquelle il présente une sélection commentée d’extraits de l’œuvre des plus grands (Miles Davis, John Coltrane, Thelonious Monk, Louis Armstrong, Bud Powell, Charlie Parker, Bill Evans, Duke Ellington, Ornette Coleman, Dizzy Gillespie ou encore Lester Young), mais aussi de « disques qui ont subi avec succès l'épreuve du temps, dont la fréquentation assidue, même récente, révèle à chaque écoute de nouvelles beautés » à l’instar de diverses productions de Keith Jarrett, Gerry Mulligan, Oscar Peterson, Erroll Garner, Wes Montgomery, Jelly Roll Morton, voire d’Enrico Pieranunzi ou Martial Solal, sans oublier les Belges Django Reinhardt et Toots Thielemans, tout en s'adressant plus particulièrement aux mélomanes attachés à la musique classique à qui il veut montrer les similitudes entre le répertoire qu’ils affectionnent et le jazz qu’il connaît sur le bout des doigts...

Un livre qui swingue !

Bernard DELCORD

La Discothèque idéale du jazzpar Jean-Pierre Jackson, Arles, Actes Sud, collection « Classica », janvier 2015, 214 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19 € (prix France)

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28 07 15

Pour des nuits enchanteresses…

Les plus belles berceuses jazz.jpgSélectionnées par le guitariste de jazz français Misja Fitzgerald Michel, Les plus belles berceuses jazz (paru chez Didier Jeunesse à Paris) réunit, dans un bel album illustré complété d’un CD audio, 15 chansons douces à la beauté intemporelle, interprétées par les plus belles voix de l'âge d'or du jazz américain : Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Sarah Vaughan, Nat King Cole, Chet Baker, Judy Garland, Frank Sinatra…

Il s’agit de grands standards, mais aussi de titres moins connus, servis par des voix chaudes et sensuelles, qui font de chaque morceau un moment d'une infinie douceur…

Pour le plus grand bonheur des bébés et de leurs parents !

Liste des chansons et des interprètes :

Russian Lullaby (Ella Fitzgerald) – Lullaby of Birdland (Sarah Vaughan) – Once upon a Time a Summertime (Blossom Dearie) – Lullaby in Blue (Debbie Reynolds et Eddie Fischer) – Dreams are made for Children (Ella Fitzgerald) – Go to Sleep (My Sleepy Head) (Nat King Cole) – Over the Rainbow (Judy Garland) – Goodnight my love (Sarah Vaughan) – My Funny Valentine (Chet Baker) – Hit the Road to Dreamland (Mel Tormé) – Summertime (Peggy Lee) – Lullaby of the leaves (June Christy) – Looking for a Boy (Chris Connor) – God Bless the Child (Billie Holiday) – Brahms’s Lullaby (Frank Sinatra)

Bernard DELCORD

Les plus belles berceuses jazz  sélectionnées par Misja Fitzgerald Michel, traductions de Valérie Rouzeau, illustrations d’Ilya Green, Paris, Éditions Didier Jeunesse, collection « Un livre, un CD », octobre 2012, 48 pp. en quadrichromie au format 27,3 x 27,3 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 23,80 € (prix France)

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24 04 15

Post Punk Story

Post Punk, Pierre Mikailoff, Pierre Terrasson, Carpentier

Je voudrais aujourd’hui vous parler d’un livre illustré épatant qui vient de sortir et qui se nomme Post-Punk 1978-1985.

Le podcast de la séquence diffusée sur Nostalgie le 16 avril :


podcast

Texte intégral :

Oh ! Pas de panique ! Au cas où vous croiriez qu’il s’agit de musique de sauvage avec des guitares électriques saturées et des hurlements hystériques, détrompez-vous. Et c’est justement tout l’intérêt de ce beau livre de Pierre Mikaïloff et Pierre Terrasson. Le premier est un journaliste musical et auteur on ne peut plus crédible, le second un des plus grands photographes de la scène rock française.

Pourquoi je vous dis de ne pas paniquer et bien parce le Post-Punk désigne la musique de ces artistes qui après deux ans de violence spontanée ont délaissé le blouson noir et les épingles à nourrice pour devenir les artisans de la pop d’un nouvel âge. En clair ils ont pour noms Blondie, Indochine, Police, Cure, U2, Clash, Simple Minds, les Pretenders ou encore Billy Idol.

Comme Orchestral Manœuvres et Depeche Mode, ils ont tous deux grands modèles qui étaient là bien avant la foudroyante vague punk : Kraftwerk et David Bowie. Le moins qu’on puisse dire c’est que ça s’entend.

L’occasion de se rappeler dans ce livre que presque tous les membres de Culture Club viennent de groupes ou de milieux punks. Et oui ! Ou que Captain Sensible n’est autre que le bassiste du groupe The Damned, le premier groupe punk à avoir publié un album en 1976. Un pionnier et pas le plus cool de la bande. Oui sans la mouvement punk nous n’aurions pas écouté les fabuleux disques des Talking heads, de Joe Jackson, d’Etienne Daho, de Madness, des Rita Mitsouko ou encore de Nina Hagen.

Justement, vous avez sûrement dû être frappé par tous ces groupes punks qui se sont mis à jouer du reggae à partir de 1978. C’est le cas des Clash, les premiers, puis de Police ou encore des Specials. La raison est toute simple : les musiciens punks viennent des quartiers défavorisés de Londres qui sont aussi peuplés de Jamaïcains. La proximité des deux communautés et les propos politiques qu’on retrouve chez beaucoup d’artistes jamaïcains feront le reste. Le reggae a été une des portes de sortie de la récréation punk.

Alors c’est vrai que passer des tenues crasseuses, des pantalons déchirés et des percings aux complets vestons, aux déguisements hauts en couleurs, perruques et maquillages est bien singulier et spectaculaire comme dans le cas de Steve Strange et de son groupe Visage.

Enfin dernière chose et pas des moindres, ce livre témoigne des rapports étroits que le post-punk alias la new wave a entretenu avec la France. Il omet juste que la Belgique fut la première terre d’asile de ce mouvement à l’étranger mais bon, on n’en voudra pas à leurs auteurs. En tout cas, j’ai fait un beau voyage dans ce livre très richement illustré de photos qui pour une fois n’ont pas déjà été mille fois vues et revues, un beau voyage dans ces années 80 qui ont été si musicalement révolutionnaire et révolutionnairement musicales.

Post Punk 1978-1985, Pierre Mikaïloff et Pierre Terrasson, Editions Carpentier, mars 2015, 29,90€ env.

18 04 15

Un compositeur grandement inspiré...

Alexandre Scriabine .jpgÉcrivain, poète, éditeur et organisateur de festivals, Jean-Yves Clément, à qui l’on doit divers ouvrages (Les Deux Ames de Frédéric Chopin, 2010, Franz Liszt, 2011, De l'aube à midi, 2013), a publié récemment chez Actes Sud une biographie du musicien russe Alexandre Scriabine (1872-1915).

Personnalité singulière par le symbolisme flamboyant de son langage musical et atypique par le refus de toute référence au folklore national, Alexandre Scriabine, mort il y a un siècle tout juste, peut être qualifié de mystique de l'extase influencé par la théosophie [1].

Il laisse une œuvre profondément originale d'où se détachent son imposant corpus de dix sonates pour piano, son Poème divin (1903-1904), son Poème de l'extase pour grand orchestre (1904-1907), son Prométhée ou le Poème du feu (1908-1910) pour grand orchestre avec orgue, chœurs, piano et clavier à lumières ainsi que de nombreux préludes, 9 impromptus, 21 mazurkas, 3 valses, 3 nocturnes et 26 études au style virtuose et coloré.

Sa dernière œuvre, Le Mystère (commencée en 1903), qui fut aussi son projet le plus ambitieux, est restée inachevée en raison du décès subit d’Alexandre Scriabine à l’âge de 43 ans [2].

Voici ce que dit Jean-Yves Clément de ce compositeur au talent visionnaire :

« L'œuvre de Scriabine est l'une des plus originales de toute la musique ; totalement révolutionnaire, au même titre que celles de Schönberg, Bartók, Prokofiev ou Stravinski, bousculant de manière irréversible la tonalité, inventant comme Chopin ses propres formes, développant une esthétique de la miniature en droite ligne des tentatives du dernier Liszt, exploitant des horizons harmoniques et des espaces sonores inédits dont Messiaen se souviendra, pour ne rien dire de Berg, Szymanowski, ou de compositeurs plus proches de nous, tels Stockhausen ou Cage, Scriabine fait poser à la musique des questions qu'elle ne se posait pas avant lui.

Créateur à la charnière du bousculement des mondes entre XIXe et XXe siècles, partagé entre romantisme total et modernisme radical, mystique absolu et prophète d'un nouveau monde, Scriabine a fait de l'art une sorte de religion et d'initiation magique appelées à transformer la vie.

Cent ans après sa mort, il est plus que jamais notre contemporain. »

Relevons, pour l’anecdote, que de 1908 à 1909, Alexandre Scriabine habita au 45, rue de la Réforme à Bruxelles, après une grande succession de concerts donnés à Paris avec Diaghilev et ses Ballets russes.

À l'instar de tous les volumes de la collection « Classica », cette biographie à rebondissements est en outre enrichie d'un double index, de repères bibliographiques et d'une discographie.

Bernard DELCORD

Alexandre Scriabine par Jean-Yves Clément, Arles, Actes Sud, collection « Classica », janvier 2015, 194 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 18,50 € (prix France)


[1] Système philosophique ésotérique à travers lequel l'être humain tente de connaître « le Divin » et les mystères de la Vérité. (Source : Wikipédia.)

[2] Source : Wikipédia.

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07 02 15

Musique... maestros !

Joseph Haydn.jpg

Frédéric Gonin est professeur agrégé d'éducation musicale et chercheur associé (Lyon, CNRS). Docteur ès lettres et arts, il a fait ses études à Lyon, où il a obtenu un diplôme national d'études supérieures musicales en écriture. Il a consacré sa thèse de doctorat à l'écriture de la fugue chez les classiques viennois, Mozart et Haydn en particulier.

C’est donc très logiquement qu’il a fait paraître en Arles chez Actes Sud, dans la collection « Classica », un passionnant Joseph Haydn qui remet en perspective la vie et l’œuvre de ce compositeur capital dans l'histoire de la musique occidentale.

« Dans l'esprit du public, rappelle Frédéric Gonin, Joseph Haydn (1732-1809) demeure encore aujourd'hui à l'ombre de ses illustres cadets viennois : Mozart et Beethoven. C'est oublier que, de son vivant, Haydn était considéré comme le compositeur le plus talentueux de sa génération. Fondamentalement sédentaire, menant une vie rangée et bien peu romanesque, il a pourtant su bâtir une œuvre variée, riche [1] et personnelle, acclamée à juste titre aux quatre coins de l'Europe. Mozart le considérait d'ailleurs comme son père spirituel, et Beethoven, un temps son élève, s'est fondamentalement inspiré de sa science de la composition, à la fois sensible et intelligente. »

Rimski-Korsakov.jpg

De son côté, Xavier Lacavalerie, ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, a été grand reporter à Télérama et il collabora régulièrement à la revue Classica. Il est l’auteur, chez le même éditeur, d’une biographie du musicien russe Nikolaï Rimski-Korsakov.

« Selon un cliché qui a la vie dure, Rimski-Korsakov (1844-1908) serait l'auteur de quelques pièces pour orchestre (Schéhérazade, Capriccio espagnol, La Grande Pâque russe...) trop populaires pour être honnêtes. Lui qui a édité la partition de Boris Godounov serait également coupable d'avoir mutilé les œuvres de ses compatriotes Alexandre Borodine ou Modeste Moussorgski... Ce livre entend réfuter ce fatras d'accusations et de jugements à l'emporte-pièce qui ne résistent guère à l'analyse.

À qui sait aller au-delà des apparences ou des présupposés, Rimski-Korsakov apparaît tel qu'il est : un homme attachant, qui occupa discrètement une place essentielle dans la grande aventure musicale de la Russie de la seconde moitié du XIXe siècle, auteur de mélodies, musiques de chambre, symphonies, et de nombreux opéras, qui mirent des décennies à s'imposer au répertoire et qui sont d'admirables réussites, comme Kitège ou son chant du cygne, l'ébouriffant Coq d'or. » [2]

Igor Stravinski.jpg

Enfin, Bertrand Dermoncourt est directeur de la rédaction de la revue Classica et critique musical à L'Express. Il s’est penché, quant à lui, sur la vie et l’œuvre d’Igor Stravinski (1882-1971) dont il écrit qu’il « aura été le Picasso de la musique du XXe siècle. Explorateur de lui-même, doré d'une rare aptitude à changer de modèle et de forme tout en maintenant intact son style, il se livra à une perpétuelle réinvention. Russe symboliste et avant-gardiste dans les années 1910, l'auteur du Sacre du printemps inventa ensuite de nouvelles manières, volontairement cosmopolites, impersonnelles et antiromantiques. Particulièrement complexes, sinon paradoxaux, l'homme et l'œuvre [3] sont replacés dans leur contexte, riche de rencontres fructueuses et d'enjeux toujours brûlants. »

Comme tous les volumes de la collection « Classica », ces trois ouvrages sont enrichis d'un index, de repères bibliographiques et d'une discographie.

Bernard DELCORD

Joseph Haydnpar Frédéric Gonin, Arles, Actes Sud, collection « Classica », octobre 2014, 160 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 16,50 € (prix France)

Rimski-Korsakovpar Xavier Lacavalerie, Arles, Actes Sud, collection « Classica », octobre 2013, 199 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 20 € (prix France)

Igor Stravinskipar Bertrand Dermoncourt, Arles, Actes Sud, collection « Classica », mai 2013, 205 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 18,50 € (prix France)


[1] Avec 107 symphonies, 16 ouvertures, 24 divertimenti, 8 nocturnes, 6 scherzandos, 83 quatuors à cordes, 11 divertimenti à trois voix, 31 trios à cordes, 6 duos pour violon et alto, 4 concertos pour violon, 2 pour violoncelle, 1 pour contrebasse, 3 pour cor, 1 pour trompette, 1 pour flûte, 5 pour lire organizzate, 8 marches, diverses danses, menuets, allemandes, trios, œuvres diverses pour baryton (octuors, quintettes, duos), 126 trios pour baryton, 3 concertos pour baryton, 16 concertinos pour clavier et cordes, 45 trios avec clavier, 62 sonates pour clavier, diverses pièces pour clavier, 11 concertos pour clavier, des pièces pour horloge musicale, Les Sept Dernières Paroles du Christ en croix (version originale et transcriptions), des duos, trios et quatuors vocaux, 3 oratorios (Il ritorno di Tobia, La Création, Les Saisons), 14 messes, des œuvres religieuses diverses, 11 cantates et chœurs profanes avec orchestre, 24 airs profanes avec orchestre, des lieder avec accompagnement de piano, des cantates et chœurs avec instruments, 10 canons religieux et 47 canons profanes, 13 opéras italiens, des opéras pour marionnettes et singspiels, des musiques de scène, des arrangements et des pasticcios…

[2] Opéras : La Pskovitaine ou La Jeune Fille de Pskov (1873), Nuit de mai (1880), La Demoiselle des neiges (1880-1881), Mlada (1889-1890), La Nuit de Noël (1895), Sadko  (1896), Mozart et Salieri (1897), La Fiancée du tsar (1898), Le Conte du tsar Saltan (1899-1900), Servilia (1902), Kachtcheï l'immortel (1901-1902), Pan Voyevoda (1904), La Légende de la ville invisible de Kitège et de la demoiselle Fevronia (1904), Le Coq d'or (1906-1907). Œuvres orchestrales et concertantes : Symphonie no1 en mi mineur (1861-65, rév.1884), Ouverture sur trois thèmes russes (1866, rév.1879-80), Sadko, poème symphonique (1867, rév.1869-92), Fantaisie sur des thèmes serbes (1867, rév.1886-87), Symphonie no2 « Antar » (1868, rév.1875-97), Symphonie no3 en ut majeur (1866-73, rév.1886), Concerto pour trombone et musique militaire (1877), Variations pour hautbois et musique militaire (1877), Concerto pour clarinette et musique militaire (1878), Skazka (« Conte de Fée », 1879-80), Concerto pour piano en ut dièse mineur (1882-83), Sinfonietta sur des thèmes russes (1880-84), Fantaisie de concert sur deux thèmes russes pour violon et orchestre (1886-87), Capriccio espagnol (1887), Schéhérazade, suite symphonique (1888), La Grande Pâque russe (1888), Souvenirs de trois chants polonais pour violon et orchestre (1888), Sérénade pour violoncelle et orchestre (1893, orchestration, 1903), Le Vol du Bourdon, interlude musical tiré de l’opéra Tsar Saltan (1899), Au tombeau, déploration sur la mort de Mitrofan Belaïeff pour orchestre (1904), Doubinouchka, poème symphonique (1905-06). Œuvres chorales : Le Dit d’Alexis, homme de Dieu pour chœur et orchestre (1878), Svitezianka pour soprano et ténor, chœur mixte et orchestre (1897), Le Dit d’Oleg le Sage pour voix d’hommes et orchestre (1899), Extrait d’Homère, prélude-cantate pour voix de femmes et orchestre (1901). Mélodies : Quatre Romances, op. 2 (1865-66), Quatre Romances, op. 3 (1866), Quatre Romances, op. 4 (1866), Quatre Romances, op. 7 (1867), Six Romances, op. 8 (1868-70), Deux Romances, op. 25 (1870-76), Quatre Romances, op. 26 (1882), Quatre Romances, op. 27 (1883), Quatre Romances, op. 39 (1897), Quatre Romances, op. 40 (1897), Quatre Romances, op. 41 (1897), Quatre Romances, op. 42 (1897), Quatre Romances, op. 43 « Au Printemps » (1897), Cinq Romances, op. 45 « Au Poète » (1897), Cinq Romances, op. 46 « Au bord de la mer » (1897), Quatre Romances, op. 50 (1897-98), Cinq Romances, op. 51 (1897), Quatre Romances, op. 55 (1897-98), Deux Romances, op. 56 (1898), Antchar, drevo smerti, air de concert pour basse et orchestre (1897), Prorok (« Le Prophète »), air de concert pour basse et orchestre (1897). Musique pour piano : Quatre pièces pour piano (1875), Trois pièces pour piano (1876). Musique de chambre : Quatuor à cordes en fa majeur (1875), Sextuor à cordes en la majeur (1876), Quintette pour piano et vents en si bémol majeur (1876), Allegro pour quatuor à cordes (1882), Trio pour piano et cordes en ut mineur (1897).

[3] Tarantella, œuvre inédite pour piano (1898), Nuages d'orage, romance pour voix et piano (1902), Scherzo pour piano (1902), Sonate pour piano en fa dièse mineur (1904), Cantate, œuvre perdue pour chœur mixte et piano (1904), Les Champignons vont à la guerre pour basse et piano (1904), Conductor and Tarantula, œuvre perdue pour voix et piano (1906), Symphonie en mi bémol, op. 1 pour orchestre (1907-1913), Faune et bergère, op. 2, trois mélodies sur des textes de Pouchkine pour mezzo-soprano et orchestre (1907), Pastorale, chant sans paroles pour soprano et piano (1907), Pastorale, chant sans paroles pour soprano, hautbois, cor anglais, clarinette et basson (1923), Pastorale, chant sans paroles pour violon, ensemble instrumental ou piano (1933), Deux Mélodies, op. 6 pour mezzo-soprano et piano (1907-1908), Scherzo fantastique, op. 3 pour orchestre (1908-1930), Feu d'artifice, op. 4, fantaisie pour grand orchestre (1908), Chant funèbre, op. 5, œuvre perdue pour instruments à vent (1908), Quatre Études, op. 7 pour piano (1908), Kobold (Grieg), orchestration, œuvre inédite (1909), Nocturne en la bémol, orchestration de l'op. 32 n°2 de Chopin, œuvre inédite pour orchestre (1909), Valse brillante en mi bémol, orchestration de l'op. 18 de Chopin, œuvre inédite                 pour violon et orchestre(1909), Mephistopheles' Lied vom Floh, transcription de l'op. 75 n°3 de Beethoven pour basse et orchestre(1909), Chanson de Méphistophélès dans la cave d'Auerbach (Moussorgski), transcription pour baryton ou basse et orchestre (1910), L'Oiseau de feu, conte dansé en deux tableaux d'après un conte national russe pour orchestre (1910/1919), L'Oiseau de feu, suite symphonique (1911-1919-1945), Deux Poèmes de Paul Verlaine, op. 9 pour baryton et piano(1910), Deux Poèmes de Paul Verlaine, op. 9 pour baryton et petit orchestre(1951), Petrouchka, scènes burlesques en quatre tableaux pour orchestre (1911-1945 ; 1947-1965), Petrouchka, suite symphonique pour orchestre (1911-1947), Trois Mouvements de Petrouchka pour piano (1921), Deux Poèmes de Constantin Balmont pour voix aiguë et piano (1911-1947), Deux Poèmes de Constantin Balmont pour voix aiguë, 2 flûtes, 2 clarinettes, piano et quatuor à cordes (1954), Zvezdoliki (« Le Roi des Étoiles »), cantate pour chœur d'hommes et orchestre (1911-1912), Trois Poésies de la lyrique japonaise pour voix aiguë et piano ou 2 flûtes, 2 clarinettes, piano et quatuor à cordes, (1913), Le Sacre du printemps, tableaux de la Russie païenne en deux parties pour orchestre (1913-1947-1967), Trois petites chansons (Souvenir de mon enfance) pour voix et piano (1913), Trois petites chansons (Souvenir de mon enfance) pour voix et petit orchestre (1929-1930), La Khovanchtchina (Moussorgski), orchestration, avec Maurice Ravel (1913), Le Rossignol, conte lyrique en trois actes d'après Andersen, pour voix et orchestre (1908-1914-1962), Trois Pièces pour quatuor à cordes (1914-1918), Pribaoutki, chansons plaisantes pour voix et 8 instruments (1914), Valse des fleurs (Tchaïkovski), arrangement pour 2 pianos (1914), Trois Pièces faciles, Main gauche facile pour piano à quatre mains (1914-1915), Souvenir d'une marche boche pour piano (1915), Berceuses du chat pour contralto et 3 clarinettes (1915-1916), Renard, histoire burlesque chantée et jouée pour 2 ténors, 2 basses et ensemble instrumental (1916), Cinq Pièces faciles Main droite facile pour piano à quatre mains (1917), Le Chant du rossignol, poème symphonique (1917), Trois Histoires pour enfants pour voix et  piano (1915-1917), Tilim-bom pour voix et orchestre (1923), Valse pour les enfants pour piano (1916-1917), Pour Picasso pour clarinette (1917), Chant des bateliers de la Volga, orchestration pour vents et batterie  (1917), Quatre Chants paysans russes pour chœur de femmes (1914-1917), Quatre Chants paysans russes pour chœur de femmes et 4 cors (1954), Canons pour deux cors, œuvre perdue (1917), Madrid, étude pour pianola (1917), Berceuse pour voix et piano (1917), L'Histoire du soldat lue, jouée et dansée par 3 récitants et 7 instrumentistes (1918), L'Histoire du soldat, suite de concert pour clarinette, basson, cornet à piston, trombone, violon, contrebasse et batterie (1920), Ragtime pour 11 instruments (1918), Trois Pièces pour clarinette seule (1918), Prologue de Boris Godounov (Moussorgski), arrangement pour piano (1918), Lied ohne Namen pour 2 bassons(1918), La Marseillaise (Rouget de Lisle), arrangement pour violon (1919), Quatre Chants russes pour voix et piano (1918-1919), Piano-rag-music (1919), Pulcinella, ballet en un acte, d'après des thèmes et des fragments musicaux de Pergolèse pour soprano, ténor, basse et petit orchestre (1920-1965), Pulcinella, suite d'orchestre (1922-1949), Suite italienne pour violoncelle et piano (1932), Suite italienne pour violon et piano (1933), Concertino pour quatuor à cordes (1920), Concertino pour douze instruments, transcription pour ensemble de chambre du précédent (1952), Symphonies d'instruments à vent (1920-1947), Les Cinq Doigts, huit petites pièces très faciles sur cinq notes pour piano (1921), Variation de la fée des lilas de La Belle au bois dormant (Tchaïkovski), arrangement pour orchestre (1921), Entr'acte de La Belle au bois dormant (Tchaïkovski), arrangement pour violon et orchestre (1921), Suite n°2 pour petit orchestre  (1921), Mavra, opéra bouffe en un acte d'après Pouchkine pour voix et orchestre (1922-1947), Les Noces, scènes chorégraphiques russes avec chant et musique pour voix, chœur mixte, 4 pianos et percussions (1917-1923), Octuor pour instruments à vent (1923-1952), Concerto pour piano et instruments à vent (1924-1950), Sonate pour piano (1924), Sérénade en la pour piano (1925), Suite n°1 pour petit orchestre (1925), Otche Nash' (Pater Noster) pour chœur mixte (1926-1949), Œdipus Rex, opéra-oratorio en deux actes d'après Sophocle, pour récitant, voix et orchestre (1927-1948), Apollon musagète, ballet en deux tableaux pour orchestre à cordes (1928/1947), Quatre Études pour orchestre (1914-1929), Le Baiser de la fée, ballet allégorique en quatre tableaux pour orchestre (1928-1950), Capriccio pour piano et orchestre (1929-1949), Symphonie de psaumes pour chœurs et orchestre (1930-1948), Concerto en ré pour violon et orchestre (1931), Duo concertant pour violon et piano (1932), Simbol' vyeri (Credo) pour chœur mixte (1932-1949-1964), Perséphone, mélodrame en trois tableaux d'André Gide pour récitante, ténor, chœurs et orchestre (1934-1949), Bogoroditse D'vo (Ave Maria) pour chœur mixte (1934-1949), Divertimento extrait du Baiser de la fée pour orchestre (1934), Divertimento pour violon et piano (1934), Concerto pour deux pianos solo (1935), Jeu de cartes, ballet en trois donnes pour orchestre (1936), Petit Ramusianum Harmonique, trois quatrains pour voix seules (1937), Concerto en mi bémol Dumbarton Oaks pour orchestre de chambre (1938), Symphonie en ut pour orchestre (1940), Tango pour orchestre (1940), The Star-Spangled Banner (Smith), orchestration de l'hymne national américain pour chœur et orchestre (1941), Bluebird, pas-de-deux de La Belle au bois dormant (Tchaïkovski), transcription pour petit orchestre (1941), Danses concertantes pour orchestre de chambre (1942), Circus Polka composée pour un jeune éléphant pour orchestre (1942), Quatre Impressions norvégiennes pour orchestre (1942), Ode, chant élégiaque en trois parties pour orchestre (1943), Babel, cantate pour chœur d'hommes, orchestre et récitant (1944), Sonate pour deux pianos (1944), Scherzo à la russe pour ensemble de jazz (1944), Scherzo à la russe (transcription du précédent) pour orchestre (1945), Scènes de ballet pour orchestre (1944), Élégie pour alto (ou violon) seul (1944), Symphonie en trois mouvements pour orchestre (1945), Ebony, concerto pour clarinette et ensemble de jazz (1945), Concerto en ré pour orchestre à cordes (1946/1946), Hommage à Nadia Boulanger pour 2 voix (1947), Orphée, ballet en trois scènes pour orchestre (1947), Messe pour chœur mixte et 2 quintettes à vent (1948), The Rake's Progress (« La Carrière d'un libertin »), opéra en trois actes (1948-1951), Cantate pour soprano, ténor, chœur de femmes et petit ensemble instrumental (1952), Septuor pour clarinette, cor, basson, piano, violon, alto et violoncelle (1953), Præludium pour ensemble de jazz (1953), Trois Chants de W. Shakespeare pour mezzo-soprano, flûte, clarinette et alto (1953), In memoriam Dylan Thomas pour ténor, quatuor à cordes et 4 trombones (1954), Quatre Chants pour chant, flûte, harpe et guitare (1954), Greeting Prelude pour orchestre (1955), Canticum Sacrum ad honorem Sancti Marci nominis pour ténor, baryton, chœur mixte et orchestre (1955), Variations canoniques sur le choral de Noël « Von Himmel hoch da komm ich her » (J.-S. Bach) pour chœurs et orchestre (1956), Agon, ballet pour douze danseurs et orchestre (1957), Threni : id est Lamentationes Jeremiæ prophetæ pour 6 solistes, chœurs mixtes et orchestre (1958), Mouvements pour piano et orchestre (1959), Épitaphe à la mémoire du prince de Fürstenberg pour flûte, clarinette et harpe (1959), Tres sacræ cantiones (Gesualdo) pour chœur mixte et orchestre (1959), Double canon pour quatuor à cordes (1959), Monumentum pro Gesualdo di Venosa ad CD Annum, trois madrigaux de Gesualdo pour orchestre (1960), A Sermon, a Narrative and a Prayer, cantate pour contralto, ténor, récitant, chœur mixte et orchestre (1961), Anthem The Dove descending breaks the air pour chœur (1962), Huit Miniatures instrumentales pour 15 instruments (1962), The Flood (« Le Déluge »), jeu musical pour voix et orchestre (1962), Abraham et Isaac, ballade sacrée pour baryton et orchestre de chambre (1963), Canzonetta, transcription de l'opus 42a de Sibelius pour clarinette, clarinette basse, 4 cors, harpe et contrebasse (1963), Élégie pour J. F. K. pour baryton (ou mezzo-soprano) et 3 clarinettes (1964), Fanfare pour un nouveau théâtre pour 2 trompettes (1964), Variations Aldous Huxley in memoriam pour orchestre (1964), Introïtus T. S. Eliot in memoriam pour chœur d'hommes et ensemble de chambre (1965), Canon pour Introduction de concert ou Encore pour orchestre (1965), Requiem canticles pour contralto, basse, chœur mixte et orchestre (1966), The Owl and the Pussy-cat (« Le Hibou et le chat »), chant et piano (1966), Deux chants sacrés (Wolf) pour mezzo-soprano, 3 clarinettes, 2 cors, 2 violons, alto, violoncelle et contrebasse (1968), Quatre Préludes et Fugues (J.-S. Bach), transcription des préludes et fugues n°10 du Livre I, n°6 du Livre II et n° 24 et 4 du Livre I du Clavier bien tempéré, œuvre inachevée pour 3 clarinettes, 2 bassons et cordes.

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