24 04 15

Post Punk Story

Post Punk, Pierre Mikailoff, Pierre Terrasson, Carpentier

Je voudrais aujourd’hui vous parler d’un livre illustré épatant qui vient de sortir et qui se nomme Post-Punk 1978-1985.

Le podcast de la séquence diffusée sur Nostalgie le 16 avril :


podcast

Texte intégral :

Oh ! Pas de panique ! Au cas où vous croiriez qu’il s’agit de musique de sauvage avec des guitares électriques saturées et des hurlements hystériques, détrompez-vous. Et c’est justement tout l’intérêt de ce beau livre de Pierre Mikaïloff et Pierre Terrasson. Le premier est un journaliste musical et auteur on ne peut plus crédible, le second un des plus grands photographes de la scène rock française.

Pourquoi je vous dis de ne pas paniquer et bien parce le Post-Punk désigne la musique de ces artistes qui après deux ans de violence spontanée ont délaissé le blouson noir et les épingles à nourrice pour devenir les artisans de la pop d’un nouvel âge. En clair ils ont pour noms Blondie, Indochine, Police, Cure, U2, Clash, Simple Minds, les Pretenders ou encore Billy Idol.

Comme Orchestral Manœuvres et Depeche Mode, ils ont tous deux grands modèles qui étaient là bien avant la foudroyante vague punk : Kraftwerk et David Bowie. Le moins qu’on puisse dire c’est que ça s’entend.

L’occasion de se rappeler dans ce livre que presque tous les membres de Culture Club viennent de groupes ou de milieux punks. Et oui ! Ou que Captain Sensible n’est autre que le bassiste du groupe The Damned, le premier groupe punk à avoir publié un album en 1976. Un pionnier et pas le plus cool de la bande. Oui sans la mouvement punk nous n’aurions pas écouté les fabuleux disques des Talking heads, de Joe Jackson, d’Etienne Daho, de Madness, des Rita Mitsouko ou encore de Nina Hagen.

Justement, vous avez sûrement dû être frappé par tous ces groupes punks qui se sont mis à jouer du reggae à partir de 1978. C’est le cas des Clash, les premiers, puis de Police ou encore des Specials. La raison est toute simple : les musiciens punks viennent des quartiers défavorisés de Londres qui sont aussi peuplés de Jamaïcains. La proximité des deux communautés et les propos politiques qu’on retrouve chez beaucoup d’artistes jamaïcains feront le reste. Le reggae a été une des portes de sortie de la récréation punk.

Alors c’est vrai que passer des tenues crasseuses, des pantalons déchirés et des percings aux complets vestons, aux déguisements hauts en couleurs, perruques et maquillages est bien singulier et spectaculaire comme dans le cas de Steve Strange et de son groupe Visage.

Enfin dernière chose et pas des moindres, ce livre témoigne des rapports étroits que le post-punk alias la new wave a entretenu avec la France. Il omet juste que la Belgique fut la première terre d’asile de ce mouvement à l’étranger mais bon, on n’en voudra pas à leurs auteurs. En tout cas, j’ai fait un beau voyage dans ce livre très richement illustré de photos qui pour une fois n’ont pas déjà été mille fois vues et revues, un beau voyage dans ces années 80 qui ont été si musicalement révolutionnaire et révolutionnairement musicales.

Post Punk 1978-1985, Pierre Mikaïloff et Pierre Terrasson, Editions Carpentier, mars 2015, 29,90€ env.

18 04 15

Un compositeur grandement inspiré...

Alexandre Scriabine .jpgÉcrivain, poète, éditeur et organisateur de festivals, Jean-Yves Clément, à qui l’on doit divers ouvrages (Les Deux Ames de Frédéric Chopin, 2010, Franz Liszt, 2011, De l'aube à midi, 2013), a publié récemment chez Actes Sud une biographie du musicien russe Alexandre Scriabine (1872-1915).

Personnalité singulière par le symbolisme flamboyant de son langage musical et atypique par le refus de toute référence au folklore national, Alexandre Scriabine, mort il y a un siècle tout juste, peut être qualifié de mystique de l'extase influencé par la théosophie [1].

Il laisse une œuvre profondément originale d'où se détachent son imposant corpus de dix sonates pour piano, son Poème divin (1903-1904), son Poème de l'extase pour grand orchestre (1904-1907), son Prométhée ou le Poème du feu (1908-1910) pour grand orchestre avec orgue, chœurs, piano et clavier à lumières ainsi que de nombreux préludes, 9 impromptus, 21 mazurkas, 3 valses, 3 nocturnes et 26 études au style virtuose et coloré.

Sa dernière œuvre, Le Mystère (commencée en 1903), qui fut aussi son projet le plus ambitieux, est restée inachevée en raison du décès subit d’Alexandre Scriabine à l’âge de 43 ans [2].

Voici ce que dit Jean-Yves Clément de ce compositeur au talent visionnaire :

« L'œuvre de Scriabine est l'une des plus originales de toute la musique ; totalement révolutionnaire, au même titre que celles de Schönberg, Bartók, Prokofiev ou Stravinski, bousculant de manière irréversible la tonalité, inventant comme Chopin ses propres formes, développant une esthétique de la miniature en droite ligne des tentatives du dernier Liszt, exploitant des horizons harmoniques et des espaces sonores inédits dont Messiaen se souviendra, pour ne rien dire de Berg, Szymanowski, ou de compositeurs plus proches de nous, tels Stockhausen ou Cage, Scriabine fait poser à la musique des questions qu'elle ne se posait pas avant lui.

Créateur à la charnière du bousculement des mondes entre XIXe et XXe siècles, partagé entre romantisme total et modernisme radical, mystique absolu et prophète d'un nouveau monde, Scriabine a fait de l'art une sorte de religion et d'initiation magique appelées à transformer la vie.

Cent ans après sa mort, il est plus que jamais notre contemporain. »

Relevons, pour l’anecdote, que de 1908 à 1909, Alexandre Scriabine habita au 45, rue de la Réforme à Bruxelles, après une grande succession de concerts donnés à Paris avec Diaghilev et ses Ballets russes.

À l'instar de tous les volumes de la collection « Classica », cette biographie à rebondissements est en outre enrichie d'un double index, de repères bibliographiques et d'une discographie.

Bernard DELCORD

Alexandre Scriabine par Jean-Yves Clément, Arles, Actes Sud, collection « Classica », janvier 2015, 194 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 18,50 € (prix France)


[1] Système philosophique ésotérique à travers lequel l'être humain tente de connaître « le Divin » et les mystères de la Vérité. (Source : Wikipédia.)

[2] Source : Wikipédia.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Musique | Commentaires (0) |  Facebook | |

07 02 15

Musique... maestros !

Joseph Haydn.jpg

Frédéric Gonin est professeur agrégé d'éducation musicale et chercheur associé (Lyon, CNRS). Docteur ès lettres et arts, il a fait ses études à Lyon, où il a obtenu un diplôme national d'études supérieures musicales en écriture. Il a consacré sa thèse de doctorat à l'écriture de la fugue chez les classiques viennois, Mozart et Haydn en particulier.

C’est donc très logiquement qu’il a fait paraître en Arles chez Actes Sud, dans la collection « Classica », un passionnant Joseph Haydn qui remet en perspective la vie et l’œuvre de ce compositeur capital dans l'histoire de la musique occidentale.

« Dans l'esprit du public, rappelle Frédéric Gonin, Joseph Haydn (1732-1809) demeure encore aujourd'hui à l'ombre de ses illustres cadets viennois : Mozart et Beethoven. C'est oublier que, de son vivant, Haydn était considéré comme le compositeur le plus talentueux de sa génération. Fondamentalement sédentaire, menant une vie rangée et bien peu romanesque, il a pourtant su bâtir une œuvre variée, riche [1] et personnelle, acclamée à juste titre aux quatre coins de l'Europe. Mozart le considérait d'ailleurs comme son père spirituel, et Beethoven, un temps son élève, s'est fondamentalement inspiré de sa science de la composition, à la fois sensible et intelligente. »

Rimski-Korsakov.jpg

De son côté, Xavier Lacavalerie, ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, a été grand reporter à Télérama et il collabora régulièrement à la revue Classica. Il est l’auteur, chez le même éditeur, d’une biographie du musicien russe Nikolaï Rimski-Korsakov.

« Selon un cliché qui a la vie dure, Rimski-Korsakov (1844-1908) serait l'auteur de quelques pièces pour orchestre (Schéhérazade, Capriccio espagnol, La Grande Pâque russe...) trop populaires pour être honnêtes. Lui qui a édité la partition de Boris Godounov serait également coupable d'avoir mutilé les œuvres de ses compatriotes Alexandre Borodine ou Modeste Moussorgski... Ce livre entend réfuter ce fatras d'accusations et de jugements à l'emporte-pièce qui ne résistent guère à l'analyse.

À qui sait aller au-delà des apparences ou des présupposés, Rimski-Korsakov apparaît tel qu'il est : un homme attachant, qui occupa discrètement une place essentielle dans la grande aventure musicale de la Russie de la seconde moitié du XIXe siècle, auteur de mélodies, musiques de chambre, symphonies, et de nombreux opéras, qui mirent des décennies à s'imposer au répertoire et qui sont d'admirables réussites, comme Kitège ou son chant du cygne, l'ébouriffant Coq d'or. » [2]

Igor Stravinski.jpg

Enfin, Bertrand Dermoncourt est directeur de la rédaction de la revue Classica et critique musical à L'Express. Il s’est penché, quant à lui, sur la vie et l’œuvre d’Igor Stravinski (1882-1971) dont il écrit qu’il « aura été le Picasso de la musique du XXe siècle. Explorateur de lui-même, doré d'une rare aptitude à changer de modèle et de forme tout en maintenant intact son style, il se livra à une perpétuelle réinvention. Russe symboliste et avant-gardiste dans les années 1910, l'auteur du Sacre du printemps inventa ensuite de nouvelles manières, volontairement cosmopolites, impersonnelles et antiromantiques. Particulièrement complexes, sinon paradoxaux, l'homme et l'œuvre [3] sont replacés dans leur contexte, riche de rencontres fructueuses et d'enjeux toujours brûlants. »

Comme tous les volumes de la collection « Classica », ces trois ouvrages sont enrichis d'un index, de repères bibliographiques et d'une discographie.

Bernard DELCORD

Joseph Haydnpar Frédéric Gonin, Arles, Actes Sud, collection « Classica », octobre 2014, 160 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 16,50 € (prix France)

Rimski-Korsakovpar Xavier Lacavalerie, Arles, Actes Sud, collection « Classica », octobre 2013, 199 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 20 € (prix France)

Igor Stravinskipar Bertrand Dermoncourt, Arles, Actes Sud, collection « Classica », mai 2013, 205 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 18,50 € (prix France)


[1] Avec 107 symphonies, 16 ouvertures, 24 divertimenti, 8 nocturnes, 6 scherzandos, 83 quatuors à cordes, 11 divertimenti à trois voix, 31 trios à cordes, 6 duos pour violon et alto, 4 concertos pour violon, 2 pour violoncelle, 1 pour contrebasse, 3 pour cor, 1 pour trompette, 1 pour flûte, 5 pour lire organizzate, 8 marches, diverses danses, menuets, allemandes, trios, œuvres diverses pour baryton (octuors, quintettes, duos), 126 trios pour baryton, 3 concertos pour baryton, 16 concertinos pour clavier et cordes, 45 trios avec clavier, 62 sonates pour clavier, diverses pièces pour clavier, 11 concertos pour clavier, des pièces pour horloge musicale, Les Sept Dernières Paroles du Christ en croix (version originale et transcriptions), des duos, trios et quatuors vocaux, 3 oratorios (Il ritorno di Tobia, La Création, Les Saisons), 14 messes, des œuvres religieuses diverses, 11 cantates et chœurs profanes avec orchestre, 24 airs profanes avec orchestre, des lieder avec accompagnement de piano, des cantates et chœurs avec instruments, 10 canons religieux et 47 canons profanes, 13 opéras italiens, des opéras pour marionnettes et singspiels, des musiques de scène, des arrangements et des pasticcios…

[2] Opéras : La Pskovitaine ou La Jeune Fille de Pskov (1873), Nuit de mai (1880), La Demoiselle des neiges (1880-1881), Mlada (1889-1890), La Nuit de Noël (1895), Sadko  (1896), Mozart et Salieri (1897), La Fiancée du tsar (1898), Le Conte du tsar Saltan (1899-1900), Servilia (1902), Kachtcheï l'immortel (1901-1902), Pan Voyevoda (1904), La Légende de la ville invisible de Kitège et de la demoiselle Fevronia (1904), Le Coq d'or (1906-1907). Œuvres orchestrales et concertantes : Symphonie no1 en mi mineur (1861-65, rév.1884), Ouverture sur trois thèmes russes (1866, rév.1879-80), Sadko, poème symphonique (1867, rév.1869-92), Fantaisie sur des thèmes serbes (1867, rév.1886-87), Symphonie no2 « Antar » (1868, rév.1875-97), Symphonie no3 en ut majeur (1866-73, rév.1886), Concerto pour trombone et musique militaire (1877), Variations pour hautbois et musique militaire (1877), Concerto pour clarinette et musique militaire (1878), Skazka (« Conte de Fée », 1879-80), Concerto pour piano en ut dièse mineur (1882-83), Sinfonietta sur des thèmes russes (1880-84), Fantaisie de concert sur deux thèmes russes pour violon et orchestre (1886-87), Capriccio espagnol (1887), Schéhérazade, suite symphonique (1888), La Grande Pâque russe (1888), Souvenirs de trois chants polonais pour violon et orchestre (1888), Sérénade pour violoncelle et orchestre (1893, orchestration, 1903), Le Vol du Bourdon, interlude musical tiré de l’opéra Tsar Saltan (1899), Au tombeau, déploration sur la mort de Mitrofan Belaïeff pour orchestre (1904), Doubinouchka, poème symphonique (1905-06). Œuvres chorales : Le Dit d’Alexis, homme de Dieu pour chœur et orchestre (1878), Svitezianka pour soprano et ténor, chœur mixte et orchestre (1897), Le Dit d’Oleg le Sage pour voix d’hommes et orchestre (1899), Extrait d’Homère, prélude-cantate pour voix de femmes et orchestre (1901). Mélodies : Quatre Romances, op. 2 (1865-66), Quatre Romances, op. 3 (1866), Quatre Romances, op. 4 (1866), Quatre Romances, op. 7 (1867), Six Romances, op. 8 (1868-70), Deux Romances, op. 25 (1870-76), Quatre Romances, op. 26 (1882), Quatre Romances, op. 27 (1883), Quatre Romances, op. 39 (1897), Quatre Romances, op. 40 (1897), Quatre Romances, op. 41 (1897), Quatre Romances, op. 42 (1897), Quatre Romances, op. 43 « Au Printemps » (1897), Cinq Romances, op. 45 « Au Poète » (1897), Cinq Romances, op. 46 « Au bord de la mer » (1897), Quatre Romances, op. 50 (1897-98), Cinq Romances, op. 51 (1897), Quatre Romances, op. 55 (1897-98), Deux Romances, op. 56 (1898), Antchar, drevo smerti, air de concert pour basse et orchestre (1897), Prorok (« Le Prophète »), air de concert pour basse et orchestre (1897). Musique pour piano : Quatre pièces pour piano (1875), Trois pièces pour piano (1876). Musique de chambre : Quatuor à cordes en fa majeur (1875), Sextuor à cordes en la majeur (1876), Quintette pour piano et vents en si bémol majeur (1876), Allegro pour quatuor à cordes (1882), Trio pour piano et cordes en ut mineur (1897).

[3] Tarantella, œuvre inédite pour piano (1898), Nuages d'orage, romance pour voix et piano (1902), Scherzo pour piano (1902), Sonate pour piano en fa dièse mineur (1904), Cantate, œuvre perdue pour chœur mixte et piano (1904), Les Champignons vont à la guerre pour basse et piano (1904), Conductor and Tarantula, œuvre perdue pour voix et piano (1906), Symphonie en mi bémol, op. 1 pour orchestre (1907-1913), Faune et bergère, op. 2, trois mélodies sur des textes de Pouchkine pour mezzo-soprano et orchestre (1907), Pastorale, chant sans paroles pour soprano et piano (1907), Pastorale, chant sans paroles pour soprano, hautbois, cor anglais, clarinette et basson (1923), Pastorale, chant sans paroles pour violon, ensemble instrumental ou piano (1933), Deux Mélodies, op. 6 pour mezzo-soprano et piano (1907-1908), Scherzo fantastique, op. 3 pour orchestre (1908-1930), Feu d'artifice, op. 4, fantaisie pour grand orchestre (1908), Chant funèbre, op. 5, œuvre perdue pour instruments à vent (1908), Quatre Études, op. 7 pour piano (1908), Kobold (Grieg), orchestration, œuvre inédite (1909), Nocturne en la bémol, orchestration de l'op. 32 n°2 de Chopin, œuvre inédite pour orchestre (1909), Valse brillante en mi bémol, orchestration de l'op. 18 de Chopin, œuvre inédite                 pour violon et orchestre(1909), Mephistopheles' Lied vom Floh, transcription de l'op. 75 n°3 de Beethoven pour basse et orchestre(1909), Chanson de Méphistophélès dans la cave d'Auerbach (Moussorgski), transcription pour baryton ou basse et orchestre (1910), L'Oiseau de feu, conte dansé en deux tableaux d'après un conte national russe pour orchestre (1910/1919), L'Oiseau de feu, suite symphonique (1911-1919-1945), Deux Poèmes de Paul Verlaine, op. 9 pour baryton et piano(1910), Deux Poèmes de Paul Verlaine, op. 9 pour baryton et petit orchestre(1951), Petrouchka, scènes burlesques en quatre tableaux pour orchestre (1911-1945 ; 1947-1965), Petrouchka, suite symphonique pour orchestre (1911-1947), Trois Mouvements de Petrouchka pour piano (1921), Deux Poèmes de Constantin Balmont pour voix aiguë et piano (1911-1947), Deux Poèmes de Constantin Balmont pour voix aiguë, 2 flûtes, 2 clarinettes, piano et quatuor à cordes (1954), Zvezdoliki (« Le Roi des Étoiles »), cantate pour chœur d'hommes et orchestre (1911-1912), Trois Poésies de la lyrique japonaise pour voix aiguë et piano ou 2 flûtes, 2 clarinettes, piano et quatuor à cordes, (1913), Le Sacre du printemps, tableaux de la Russie païenne en deux parties pour orchestre (1913-1947-1967), Trois petites chansons (Souvenir de mon enfance) pour voix et piano (1913), Trois petites chansons (Souvenir de mon enfance) pour voix et petit orchestre (1929-1930), La Khovanchtchina (Moussorgski), orchestration, avec Maurice Ravel (1913), Le Rossignol, conte lyrique en trois actes d'après Andersen, pour voix et orchestre (1908-1914-1962), Trois Pièces pour quatuor à cordes (1914-1918), Pribaoutki, chansons plaisantes pour voix et 8 instruments (1914), Valse des fleurs (Tchaïkovski), arrangement pour 2 pianos (1914), Trois Pièces faciles, Main gauche facile pour piano à quatre mains (1914-1915), Souvenir d'une marche boche pour piano (1915), Berceuses du chat pour contralto et 3 clarinettes (1915-1916), Renard, histoire burlesque chantée et jouée pour 2 ténors, 2 basses et ensemble instrumental (1916), Cinq Pièces faciles Main droite facile pour piano à quatre mains (1917), Le Chant du rossignol, poème symphonique (1917), Trois Histoires pour enfants pour voix et  piano (1915-1917), Tilim-bom pour voix et orchestre (1923), Valse pour les enfants pour piano (1916-1917), Pour Picasso pour clarinette (1917), Chant des bateliers de la Volga, orchestration pour vents et batterie  (1917), Quatre Chants paysans russes pour chœur de femmes (1914-1917), Quatre Chants paysans russes pour chœur de femmes et 4 cors (1954), Canons pour deux cors, œuvre perdue (1917), Madrid, étude pour pianola (1917), Berceuse pour voix et piano (1917), L'Histoire du soldat lue, jouée et dansée par 3 récitants et 7 instrumentistes (1918), L'Histoire du soldat, suite de concert pour clarinette, basson, cornet à piston, trombone, violon, contrebasse et batterie (1920), Ragtime pour 11 instruments (1918), Trois Pièces pour clarinette seule (1918), Prologue de Boris Godounov (Moussorgski), arrangement pour piano (1918), Lied ohne Namen pour 2 bassons(1918), La Marseillaise (Rouget de Lisle), arrangement pour violon (1919), Quatre Chants russes pour voix et piano (1918-1919), Piano-rag-music (1919), Pulcinella, ballet en un acte, d'après des thèmes et des fragments musicaux de Pergolèse pour soprano, ténor, basse et petit orchestre (1920-1965), Pulcinella, suite d'orchestre (1922-1949), Suite italienne pour violoncelle et piano (1932), Suite italienne pour violon et piano (1933), Concertino pour quatuor à cordes (1920), Concertino pour douze instruments, transcription pour ensemble de chambre du précédent (1952), Symphonies d'instruments à vent (1920-1947), Les Cinq Doigts, huit petites pièces très faciles sur cinq notes pour piano (1921), Variation de la fée des lilas de La Belle au bois dormant (Tchaïkovski), arrangement pour orchestre (1921), Entr'acte de La Belle au bois dormant (Tchaïkovski), arrangement pour violon et orchestre (1921), Suite n°2 pour petit orchestre  (1921), Mavra, opéra bouffe en un acte d'après Pouchkine pour voix et orchestre (1922-1947), Les Noces, scènes chorégraphiques russes avec chant et musique pour voix, chœur mixte, 4 pianos et percussions (1917-1923), Octuor pour instruments à vent (1923-1952), Concerto pour piano et instruments à vent (1924-1950), Sonate pour piano (1924), Sérénade en la pour piano (1925), Suite n°1 pour petit orchestre (1925), Otche Nash' (Pater Noster) pour chœur mixte (1926-1949), Œdipus Rex, opéra-oratorio en deux actes d'après Sophocle, pour récitant, voix et orchestre (1927-1948), Apollon musagète, ballet en deux tableaux pour orchestre à cordes (1928/1947), Quatre Études pour orchestre (1914-1929), Le Baiser de la fée, ballet allégorique en quatre tableaux pour orchestre (1928-1950), Capriccio pour piano et orchestre (1929-1949), Symphonie de psaumes pour chœurs et orchestre (1930-1948), Concerto en ré pour violon et orchestre (1931), Duo concertant pour violon et piano (1932), Simbol' vyeri (Credo) pour chœur mixte (1932-1949-1964), Perséphone, mélodrame en trois tableaux d'André Gide pour récitante, ténor, chœurs et orchestre (1934-1949), Bogoroditse D'vo (Ave Maria) pour chœur mixte (1934-1949), Divertimento extrait du Baiser de la fée pour orchestre (1934), Divertimento pour violon et piano (1934), Concerto pour deux pianos solo (1935), Jeu de cartes, ballet en trois donnes pour orchestre (1936), Petit Ramusianum Harmonique, trois quatrains pour voix seules (1937), Concerto en mi bémol Dumbarton Oaks pour orchestre de chambre (1938), Symphonie en ut pour orchestre (1940), Tango pour orchestre (1940), The Star-Spangled Banner (Smith), orchestration de l'hymne national américain pour chœur et orchestre (1941), Bluebird, pas-de-deux de La Belle au bois dormant (Tchaïkovski), transcription pour petit orchestre (1941), Danses concertantes pour orchestre de chambre (1942), Circus Polka composée pour un jeune éléphant pour orchestre (1942), Quatre Impressions norvégiennes pour orchestre (1942), Ode, chant élégiaque en trois parties pour orchestre (1943), Babel, cantate pour chœur d'hommes, orchestre et récitant (1944), Sonate pour deux pianos (1944), Scherzo à la russe pour ensemble de jazz (1944), Scherzo à la russe (transcription du précédent) pour orchestre (1945), Scènes de ballet pour orchestre (1944), Élégie pour alto (ou violon) seul (1944), Symphonie en trois mouvements pour orchestre (1945), Ebony, concerto pour clarinette et ensemble de jazz (1945), Concerto en ré pour orchestre à cordes (1946/1946), Hommage à Nadia Boulanger pour 2 voix (1947), Orphée, ballet en trois scènes pour orchestre (1947), Messe pour chœur mixte et 2 quintettes à vent (1948), The Rake's Progress (« La Carrière d'un libertin »), opéra en trois actes (1948-1951), Cantate pour soprano, ténor, chœur de femmes et petit ensemble instrumental (1952), Septuor pour clarinette, cor, basson, piano, violon, alto et violoncelle (1953), Præludium pour ensemble de jazz (1953), Trois Chants de W. Shakespeare pour mezzo-soprano, flûte, clarinette et alto (1953), In memoriam Dylan Thomas pour ténor, quatuor à cordes et 4 trombones (1954), Quatre Chants pour chant, flûte, harpe et guitare (1954), Greeting Prelude pour orchestre (1955), Canticum Sacrum ad honorem Sancti Marci nominis pour ténor, baryton, chœur mixte et orchestre (1955), Variations canoniques sur le choral de Noël « Von Himmel hoch da komm ich her » (J.-S. Bach) pour chœurs et orchestre (1956), Agon, ballet pour douze danseurs et orchestre (1957), Threni : id est Lamentationes Jeremiæ prophetæ pour 6 solistes, chœurs mixtes et orchestre (1958), Mouvements pour piano et orchestre (1959), Épitaphe à la mémoire du prince de Fürstenberg pour flûte, clarinette et harpe (1959), Tres sacræ cantiones (Gesualdo) pour chœur mixte et orchestre (1959), Double canon pour quatuor à cordes (1959), Monumentum pro Gesualdo di Venosa ad CD Annum, trois madrigaux de Gesualdo pour orchestre (1960), A Sermon, a Narrative and a Prayer, cantate pour contralto, ténor, récitant, chœur mixte et orchestre (1961), Anthem The Dove descending breaks the air pour chœur (1962), Huit Miniatures instrumentales pour 15 instruments (1962), The Flood (« Le Déluge »), jeu musical pour voix et orchestre (1962), Abraham et Isaac, ballade sacrée pour baryton et orchestre de chambre (1963), Canzonetta, transcription de l'opus 42a de Sibelius pour clarinette, clarinette basse, 4 cors, harpe et contrebasse (1963), Élégie pour J. F. K. pour baryton (ou mezzo-soprano) et 3 clarinettes (1964), Fanfare pour un nouveau théâtre pour 2 trompettes (1964), Variations Aldous Huxley in memoriam pour orchestre (1964), Introïtus T. S. Eliot in memoriam pour chœur d'hommes et ensemble de chambre (1965), Canon pour Introduction de concert ou Encore pour orchestre (1965), Requiem canticles pour contralto, basse, chœur mixte et orchestre (1966), The Owl and the Pussy-cat (« Le Hibou et le chat »), chant et piano (1966), Deux chants sacrés (Wolf) pour mezzo-soprano, 3 clarinettes, 2 cors, 2 violons, alto, violoncelle et contrebasse (1968), Quatre Préludes et Fugues (J.-S. Bach), transcription des préludes et fugues n°10 du Livre I, n°6 du Livre II et n° 24 et 4 du Livre I du Clavier bien tempéré, œuvre inachevée pour 3 clarinettes, 2 bassons et cordes.

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28 12 14

A Wonderful Story!

Légendes par Brice Depasse.jpgRéalisateur et narrateur de La Story (depuis 2001) et de Pop Culture (depuis 2010), les chroniques phares qui font un tabac auprès des auditeurs de Nostalgie, Brice Depasse a, dans ce cadre, eu l’occasion de faire d’innombrables rencontres marquantes autant que passionnantes.

Désireux de les partager avec son public, il a fait paraître récemment aux Éditions Lamiroy à Bruxelles un fort sympathique ouvrage intitulé Légendes – 50 ans de Story dans lequel il mêle, de 1962 à 2014, annales d’histoire musicale et récit de vie personnelle…

Un patchwork tissé autour des Rolling Stones, des Beatles, de Walt Disney, de La Grande Vadrouille, de Jerry Lewis, des Wallace Collection, de la pochette d’Abbey Road, de David Bowie, Michel Polnareff, 10cc, Maurane, Plastic Bertrand, Lou Deprijk, Le Seigneur des Anneaux, de l’assassinat de John Lennon, des radios libres, de Michel Sardou, des Clash, d’Elton John, Gilbert Montagné, du Grand Jojo, de U2, Mylène Farmer, La Danse des Canards, Benny B, des Scorpions, de Michael Jackson, Quentin Tarentino, Patrick Bruel, Frédéric François, Eddy Mitchell, Antoine de Caunes, Jean-Pierre Castaldi, Henri Salvador, Ozark Henry, Michel Fugain, des Simple Minds, de Bob Marley, Larry Schiller, Daniel Auteuil, Sttellla, des frères Jackson, des Blues Brothers…

Brice “The Nice”, en quelque sorte !

Bernard DELCORD

Légendes – 50 ans de Story par Brice Depasse, préface de Marc Vossen, postface de Joël Habay, Bruxelles, Éditions Lamiroy, décembre 2014, 179 pp. en noir et blanc au format 12,3 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 20 €

08 12 14

Le « prince de la nuit et des angoisses »

Lou Reed. On the Wild Side.jpgRévélé par le Velvet Underground, groupe emblématique des années 1960 dont il a composé la majorité des titres, et après avoir également mené une brillante carrière solo, Lou Reed, né à New York le 2 mars 1942 et y décédé le 27 octobre 2013, était l'un des plus grands compositeurs de rock du XXe siècle

Laurent Rieppi lui a consacré récemment, parue à la Renaissance du livre à Waterloo, une biographie discographique intitulée Lou Reed. On the Wild Side qui retrace la genèse de chacun de ses albums, du premier opus du Velvet Underground en 1967 à la sortie de Lulu en 2011, composé avec le groupe Metallica.

L’ouvrage fourmille d’anecdotes et de témoignages exclusifs de proches collaborateurs de l’artiste (musiciens, producteurs, ingénieurs du son...) qui montrent un homme strict et exigeant avec ses musiciens, mais aussi très généreux et capable d'ouvrir son cœur.

L’auteur raconte l’histoire du « prince de la nuit et des angoisses », comme l'appelait Andy Warhol, à travers sa musique et ses textes qui lui permettent de décrire ses amours, ses joies, ses déceptions, ses blessures, ses combats, tout comme sa passion irrépressible pour la guitare et le rock'n'roll.

Un livre qui dépote !

Bernard DELCORD

Lou Reed. On the Wild Side par Laurent Rieppi, Waterloo, Éditions de la Renaissance du livre, octobre 2014, 192 pp. en noir et blanc au format 15 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 19 €

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08 12 14

Un grand maître de la musique…

Musiciens d'autrefois par Romain Rolland.jpgAmi de Richard Strauss, agrégé d’histoire et Prix Nobel de littérature en 1915 pour son immense Jean-Christophe en dix volumes, connu par ailleurs pour son œuvre plus qu’abondante et ses débats avec Sigmund Freud, Herman Hesse et Stefan Zweig, l’écrivain pacifiste français Romain Rolland (1866-1944) était aussi un grand connaisseur de la musique occidentale et de ses artistes – il fut le biographe de Beethoven (en 1903), de Haendel (en 1910), entre autres.

On doit par ailleurs à cet ancien élève de l'École normale supérieure Les Origines du théâtre lyrique moderne (1895), une thèse de doctorat érudite récompensée par un prix de l'Académie française publiée ensuite sous le titre Histoire de l'opéra avant Lully et Scarlatti, ou encore Musiciens d'aujourd'hui (1908), ainsi qu’un époustouflant Musiciens d’autrefois paru en 1908 et dans une version définitive en 1924.

Par cette expression, Romain Rolland désigne la culture musicale précédant le romantisme triomphant de son temps, c'est-à-dire pour l'essentiel la musique italienne des XVIIe et XVIIIe siècles et son importation en France, plus précisément l'histoire de l'évolution des formes dramatiques sur près de deux siècles.

C’est la version de 1924 que les Éditions Actes Sud en Arles ont ressortie ces jours-ci, dans laquelle il traite de l’opéra avant l'opéra, de L'Orfeo de Luigi Rossi, de Lully, de Gluck, de Grétry et de Mozart d’après ses lettres, avec un profond souci de la précision historique et une grande acuité de jugement.

De nombreuses données y sont réunies, d'autant plus intéressantes que certaines des questions soulevées et des observations de l'auteur n'ont rien perdu de leur actualité.

Passionnant !

Bernard DELCORD

Musiciens d'autrefois par Romain Rolland, préface de Gilles Cantagrel, Arles, Éditions Actes Sud, collection « Musique », novembre 2014, 286 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 27 € (prix France)

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03 12 13

« Toute confidence exige d'être méritée. » (Jean-Claude Pirotte)

Confidences sur la musique.jpgTantôt admirée, tantôt vilipendée, l'œuvre d'Igor Stravinski (1882-1971) n’a cessé de faire l’objet d’interprétations et de commentaires tranchés.

Dans ses Confidences sur la musique. Propos recueillis (1912-1939), un recueil de textes et d'entretiens choisis, édités et annotés par la musicologue belge Valérie Dufour – chercheuse au FNRS, elle enseigne à l'Université libre de Bruxelles – paru en Arles aux Éditions Actes Sud, le compositeur de L'Oiseau de feu (1910), Petrouchka (1911) et Le Sacre du printemps (1913) se livre longuement sur ses conceptions artistiques et autres.

L’ouvrage rassemble des écrits que le musicien et chef d'orchestre a publiés dans la presse avant 1940 et un choix d’entretiens accordés à la même époque par celui qui assurait que « le seul véritable commentaire d'un morceau de musique est un autre morceau de musique ».

Par le biais de ses attachements, de ses rejets et de son besoin de se faire entendre au-delà de sa musique, il y donne son approche de la modernité, de la révolution russe, de Constantinople, de l’inspiration, de la radio, du cinéma, du disque, du jazz, de Bach, de Tchaïkovski, de Picasso, de la France, de l’ordre, du christianisme ou de la beauté.

Un livre qui sonne juste !

Bernard DELCORD

Confidences sur la musique Propos recueillis (1912-1939) par Igor Stravinski, textes et entretiens choisis, édités et annotés par Valérie Dufour, Arles, Éditions Actes Sud, octobre 2013, 411 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 21,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 25 € (prix France)

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08 11 13

Jouer sur les mots...

elisa.jpgElisaH. joue sur les mots et les maux, sur "autant" et "au temps" ! Dans "Au temps m'emportent les mots", c'est une voix personnelle, douce, tendre et terriblement vraie qui se fait entendre, réellement entendre puisque nous avons un livret et un CD à écouter ! ElisaH est apparue sur la toile en juillet 2012 pour écrire de la poésie et échanger ses émotions. Ce sont les internautes fidèles eux-mêmes qui ont financé cette aventure éditoriale, comme c'est souvent le cas aujourd'hui... et tant mieux ! Moi-même j'avais écrit en son temps sur sa page "Passion est un mot qui se lie, qui se lit !" Originaire de la Drôme des Collines, elle pourrait être d'ailleurs, de partout, tant ses mots nous parlent. Elle commence par écrire : "Je suis une simple plume... parsemée sur la toile... parfois redevenant poussière d'étoiles..." Les photos sont magnifiques et révèlent aussi la beauté blonde de l'auteure, signées Thierry Tijeras et sur le CD les musiques soulignent sa voix, signées cette fois Devadip Gmasart. J'aime ceci, un exemple parmi d'autres : "Ma pensée à la nuit hurle en silence l'extase du silence gracieux..."

Jacques MERCIER

 

"Au temps m'emportent les mots" par ElisaH, www.les-passions-d-elisah.com et www.facebook.com/LesPassionsDElisah

Auto-édition 24,90 euros. CD : 14,90 euros.  

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03 11 13

Du new avec de l'old ?

Brassens.jpg

Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 26/10/2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Le refrain de la nouvelle chanson à succès de Paul McCartney intitulée New présente de troublantes similitudes avec celui d'une chanson de Georges Brassens, Sauf le respect que je vous dois...

Bien qu'il s'agisse là, nous en sommes persuadé, d'un pur hasard et non pas d'un plagiat, on ne félicitera pas l'équivalent british de la Sabam et de la Sacem à qui ont été remises les partitions : cette boîte n'a, à l'évidence, pas fait son job de recherche quant à leur originalité.

Et espérons pour Sir Paul que les héritiers du poète sétois ne lui intenteront pas un procès, car ils auraient toutes chance de le remporter, à l'instar de celui du mari de Line Renaud, Loulou Gasté, contre Morris Albert pour sa chanson Feelings (1977) qui ressemblait à Pour toi (1956)...

Bernard DELCORD

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26 08 13

Grandeur et décadence...

Prokofiev.jpgAdmirablement rédigée par Laetitia Le Guay et parue en Arles chez Actes Sud, la biographie de Serge Prokofiev (1891-1953) est, comme toujours dans la collection « Classica », enrichie d’un index, de repères bibliographiques et d’une discographie

On doit à Serge Prokofiev de nombreuses œuvres musicales allant de la symphonie au concerto, à la sonate ou au conte musical (Pierre et le Loup pour un théâtre d’enfants moscovite), de la musique de chambre ou de film (d’Alexandre Nevski et d’Ivan le Terrible, les chefs-d'œuvre d'Eisenstein, notamment) à des opéras (Guerre et Paix d'après Tolstoï) ou des ballets (Cendrillon, Roméo et Juliette...) et il a été reconnu de son vivant comme un artiste d'avant-garde très créatif.

De 1918 à 1936, il passa de nombreuses années en dehors de son pays avant de se laisser convaincre de revenir en URSS où il fut à la fois honoré (Prix Staline en 1943, « Artiste du Peuple » de la République socialiste fédérative soviétique de Russie en 1947, Prix Lénine en 1957, à titre posthume) et persécuté (en 1948, on l'accusa de « formalisme », c'est-à-dire de céder trop « aux impulsions "dégénérées" de l’Ouest », ce qui l'incita à produire des œuvres sans intérêt à la gloire du régime mais ne lui évita pas les purges staliniennes et de finir sa vie dans la misère ; paradoxe de l'Histoire, il mourut le même jour que Staline...).

Écoutons l'auteure :

« Étrange destin que celui de Serge Prokofiev, talent précoce qui fit sensation dans la Russie du dernier tsar par ses œuvres iconoclastes et sa virtuosité pianistique. Curieuse fortune que celle d’un musicien "solaire", salué comme tel par les poètes et les interprètes, mais dont la vie, à l’approche de la trentaine, entra dans une difficulté définitive. Après son départ de Russie au printemps 1918, Prokofiev ne connut plus jamais la facilité de ses débuts.

Avec son retour en URSS en 1936, il éprouva le tragique stalinien. La musique de Prokofiev est indépendance. Son refus des écoles et des théories se manifesta dès la jeunesse ("je déteste l’imitation", dit-il) et se maintint sa vie durant, autant qu’il fut possible, dans les dernières années, sous l’étau du "réalisme socialiste".

Il se définit dans un rapport à l’héritage classique, qu’il revisitait sans complexe, avec tour à tour facétie, poésie, tendresse, ou sarcasme.

Le fracas percussif, le piment de la dissonance, le martèlement rythmique furent les traits les plus marquants d’une écriture qui en a bien d’autres, à commencer par sa richesse d’invention mélodique. [Il] fait ainsi cohabiter l’éclat de rire avec la plainte, les déguisements loufoques avec des accents sombres. Les Tragiques et les Comiques dialoguent, la veine lyrique et la veine épique se côtoient, mais le mot de la fin revient à Arlequin : au costume bariolé, à l’humour, au saut de côté, dans un rapport à l’existence, ludique ou théâtral, mais profondément humain. »

Car, comme nous le confia un jour l'historien Henri Guillemin à propos d'un grand poète, « il est des génies dont l'œuvre est impérissable, mais à qui on eût refusé de serrer la main... »

Bernard DELCORD

Serge Prokofiev par Laetitia Le Guay, Arles, Actes Sud, collection « Classica », janvier 2012, 254 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19 € (prix France)

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