05 07 09

Au cœur de l’opéra baroque

BAROQUERédigé par Georgie Durosoir, professeur émérite de musicologie à l’université Paris-Sorbonne et chercheur associé au Centre de musique baroque de Versailles, La musique vocale profane au XVIIe siècle qui vient de paraître aux Éditions Klincksieck à Paris constitue un guide tout à fait remarquable qui, en répondant à cinquante questions précises, conduit le lecteur dans les pays auxquels la musique baroque est redevable de ses plus grands chefs-d’œuvre : l’Italie de Monteverdi et de Barberini, la France de Lully, mais aussi l’Angleterre de Purcell. Il l’aide à pénétrer les mentalités de cette époque lointaine, mais si proche de la nôtre par de nombreux aspects de sa sensibilité et de son esthétique. On sort de la lecture de cet ouvrage l’esprit vrombissant aux sons de la basse continue, virevoltant aux effets du madrigal polyphonique, exultant à ceux de la cantate, ébaubi par les machineries d’opéra, ébloui par les splendeurs de Venise, soulevé par les ballets de cour à Versailles, meurtri par les tragédies lyriques et tétanisé par les fureurs du baroque, mais aussi apaisé par les douces pastorales, amusé par l’ego de Lully, enthousiasmé par l’humanisme du dramma per musica florentin…
Proficiat, maestro !
Bernard DELCORD

La musique vocale profane au XVIIe siècle par Georgie Durosoir, Paris, Éditions Klincksieck, juin 2009, 2e édition revue et corrigée (1e édition 1994), collection
« 50 questions », 136 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 21 cm, 16 €

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06 04 09

Rock’n’roll tranquilitude

YSAYEExtraordinaire et évident. Deux mots qu’on a peu l’habitude de voir côte à côté et qui définissent pourtant avec une simplicité bien entendu réductrice mais pourtant pertinente, le parcours de Marc Ysaye.
Extraordinaire, parce qu’il participe tout de même à la destinée d’un groupe de rock wallon qui ira tutoyer les sommets de la réussite artistique et commerciale, pour ensuite devenir LA référence rock dans le monde de la radio belge de la communauté française… et au-délà (ce ne sont pas nos amis du Nord de la France qui me diront le contraire).
Evident, parce qu’au fil de ces souvenirs racontés avec clarté et humour, Marc Ysaye nous apprend à quel point il a toujours su « garder le cap », conserver un regard émerveillé et ouvert, sur un monde pourtant pas toujours reluisant. A la fois pro et fan, il cultive en susune solide dose de modestie, tout en rendant au fil des pages de son ouvrage, hommage à celles et ceux qui l’ont inspiré, aide, épaulé, tout au long de son parcours.
Pas seulement destiné aux amateurs des Classiques du dimanche matin, ouaux aficionados de Machiavel, cette tranche de vie professionnelle et radiophonique prouve en outre que l’on peut rédiger un ouvrage divertissant, informatif et intéressant sans basculer dans l’angiographie nombriliste. Pourtant, quand Phil Collins se souvient devotre prénom, vous avez un peu le droit de vous la jouer. Marc Ysaye, cela ne lui effleure même pas l’esprit ! Rock’n’roll tranquilitude, je vous le disais…
Dr Corthouts

  MARC YSAYE - Christophe Corthouts 1
  MARC YSAYE - Christophe Corthouts 2

foire Livre 09005Photo : Alain Trellu

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02 04 09

A few thousands of hard days night

BEATLESDes décennies de passion et pourtant, il y a toujours des livres ou des DVD qui m'étonnent, me ravissent. Ce beau livre de photos et de textes est un des meilleurs ouvrages que j'ai lues sur les Beatles avec les mémoires de McCartney, le livre de Steve Turner et, bien évidemment, le gigantesque "Beatles Anthology" raconté par eux-mêmes.
Bonus : podcast de la présentation du livre dans le Grand Morning de Nostalgie avec Philippe et Laure.



The Beatles : Quatre garçons dans le vent de Jean-Claude Perrier et Tim Hill, Edition Place des victoires, 2008, 448p., 35€00.

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19 02 09

Souvenirs, souvenirs…

YEYESSpécialiste de l’emploi des onomatopées dans la chanson française (il consacra même un ouvrage au sujet, paru chez Scali en 2007), le parolier (de Marie Laforêt, Magali Noël et Annie Philippe, jadis) Alain Pozzuoli publie ce mois-ci, aux Éditions Pygmalion à Paris, un chouette Dictionnaire des yé-yés à l’usage des fans qui ravira les nostalgiques de l’âge d’or des Adamo, Richard Anthony, Antoine, Claude François, France Gall, Johnny Hallyday, Françoise Hardy, Eddy Mitchell, Dick Rivers, Sheila et autres Sylvie Vartan et réveillera les mânes de vedettes éphémères comme Frank Alamo, Ria Bartok, Claudine Coppin, Larry Greco, Frankie Jordan, Dany Logan, Moustique, Vince Taylor, Rocky Volcano, Zouzou…
Les groupes ne sont pas oubliés (dans l’ouvrage) qui fait la part belle aux Chats Sauvages, aux Chaussettes Noires, aux Fantômes, aux Lionceaux, aux Missiles, aux Parisiennes ou aux Surfs, entre autres.
Et, parce que le phénomène yé-yé n’aurait jamais vu le jour sans l’intervention décisive de la radio, des entrées sont consacrés à d’anciennes gloires du « poste » comme Frank Ténot (« Salut les copains » sur Europe Numéro 1 ») ou le président Rosko (qui marchait sur l’eau à l'antenne de Radio Caroline)…
Conçu à la façon d'une encyclopédie, ce livre sympa présente aussi les films tournés par ces vedettes
(« Bang-Bang », « Cherchez l'idole », « D'où viens-tu Johnny ? », « Patate »…), les adaptations en langues étrangères de leurs tubes ainsi que le catalogue des objets emblématiques et parfois disparus de l'époque : le juke-box, le tournidole, le scopitone, le transistor…
Bernard DELCORD

Dictionnaire des yé-yés à l’usage des fans par Alain Pozzuoli, Paris, Éditions Pygmalion, 2009, 574 pp., 22 €

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10 12 08

50 ans de Johnny

JOHNNYDaniel Angeli, ancien paparazzi devenu photographe officiel de Johnny Hallyday dans les années 90, offre aux fans de l'idole, en cette fin d'année, un très beau livre de photographies.
Ici pas de textes, ni de longues narrations sur les 50 ans de carrière de la star française. Juste du visuel, des images de ses vies, le tout agrémenté de quelques légendes (que l'on déplore parfois erronées, par exemple un Pavillon de Paris de 1979 transformé en Palais des Sports 1972 ou le concert du Foch daté de 1978), ainsi que de quelques mots glissés par le rocker français.
Dès la prise en main, le ton est donné : la couverture est superbe avec un bel effet de relief. Le lecteur est invité à pénétrer dans l'univers de cet artiste dans un livre dont le titre est un nom ... un seul. Nul besoin de spécifier. Quand on écrit "Johnny", on sait de qui l'on parle.
Le livre est scindé en thèmes. La première partie survole, à mon grand regret trop rapidement, les années 60 à 80, laissant un goût amer de trop peu, tant ces superbes clichés en noir et blanc (parfois totalement inédits) ravissent les yeux. Difficile de ne pas se sentir capturé(e), voire aspiré(e), par un Johnny au Palais des Sports en 1969 ou par les photos du Johnny Circus, tournée si mal appréciée à l'époque, et pour laquelle de nombreux fans actuels seraient prêts à se damner afin d'en savourer quelques minutes de live.
Vient ensuite la période Angeli. Différentes facettes de la vie de Johnny sont abordées : le cinéma, les clips, les moteurs, les publicités, les amis et la famille. Partie déjà largement couverte par la médiatisation qui touche tout fait ou geste de Johnny. L'émotion n'est pas toujours au rendez-vous lorsque l'on parcourt ce chapitre ; toutefois, les amateurs de belles photos en prendront plein les yeux et en découvriront de nouvelles.
Cet immense album ne pouvait que se refermer sur un volet scènes et musique ... 50 ans de carrière et de partage avec son public, ça laisse des traces indélébiles.
Livre à placer sous le sapin pour le bonheur des fans ... à côté de celui de Jean-François Chenut, 50 ans de scène et de passion. Ce dernier étant réservé aux fans qui recherchent leurs mémoires écrites par un autre des leurs.
Carine D.S.

Johnny, Daniel Angeli, Michel Lafon, octobre 2008, 251p., coffret cartonné, 39€90.

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29 11 08

Oh yeah !

rockAvec la nouvelle édition de leur Histoire du rock parue aux Éditions Tallandier, les journalistes François Jouffa et Jacques Barsamian ont fait très fort ! En effet, en à peine moins de mille pages vendues à prix démocratique, ils ont réservé un sort glorieux non seulement aux Beatles et aux Stones, à Dylan et à Woodstock, mais aussi au blues, au rythm and blues, à la country, au twist, au surf, aux teenage idols, à la Tamla Motown, aux garage bands, au psychédélisme, à la protest song, au western, à la soul music, au folk rock, au San Francisco sound, à la pop music, aux festivals rock, à l’underground, au hard rock… et à toutes ces choses qui, depuis six décennies, ont révolutionné la manière de chanter, de faire de la musique et de passionner les foules. Recensant 4800 artistes, groupes, producteurs et maisons de disques et des centaines d’extraits d’interviews exclusives auxquelles ont été adjointes 64 pages de photos, cette synthèse plutôt exhaustive ravira les amateurs du genre, stupéfiera ses détracteurs et engendrera tout… sauf la morosité ! Waouw !
Bernard DELCORD

Histoire du rock par François Jouffa et Jacques Barsamian, Paris, Éditions Tallandier, 992 pp., 25 €

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26 11 08

Alors L'ODYSSEE du ROCK, non et Les RACINES du ROCK, oui !

MAZZOLENIDans le Grand Morning, ce matin, la revue de deux ouvrages sur le rock parus chez Hors Collection. Le point commun : l'auteur, Florent Mazzoleni, journaliste et photographe français dont les ouvrages se multiplient actuellement. La différence : la pertinence.

MAZZOLENI_2 Les racines du rocket L'odyssée du rock, Florent Mazzoleni, Hors collection, novembre 2008, 29€90.

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15 11 08

Le retour bâclé ("débaclé"?) de Noir Désir

CANTATComme nous l'avions évoqué lors de notre entretien, Andy Vérol a publié un livre sur Bertrand Cantat/Noir Désir, l'été dernier. Livre dont on parle beaucoup actuellement vu le retour du groupe (qui fait grand bruit). Nous reproduisons ci-dessous l'article qu'il vient de publier à ce sujet, tout en vous recommandant cette biographie non partisane.
Ce retour, que j'ai annoncé dans mon livre, n'a rien de surprenant. Il était déjà signé avec Barclay depuis belle lurette. Il s'agit, selon moi, d'une pure démarche marketing. Les Noir Désir préparent le terrain, observent la réaction, épurent aussi le "problème" Cantat. Ainsi, tout ce qui doit être craché, est balancé entre le 12 et le 13 novembre... Je disais, lors d'une interview hier, que le terme de "polémique" n'a pas lieu d'être. Il s'agit, pour Noir Désir, de vérifier le niveau de brutalité d'une certaine vindicte populiste et médiatique...
Eiffel, qui s'est associé à ce retour, n'est pas un groupe intéressant, véritablement, parce qu'il ne produit que de la "redite pop-rock" anglo-saxonne. C'est dommage justement que ce groupe se soit associé à la démarche marketing de retour de Noir Désir.
Avec ces deux morceaux, les "Noir Dez" reviennent aux fondamentaux, parodiant presque leurs plus vieilles créations...
Egalement, on m'a demandé si le retour de Noir Désir ne comblait pas, en définitive, un vide. Assurément non. Politiquement, ce groupe a toujours été engagé, mais sur des combats très consensuels à gauche (la gauche mollasse comme je dis).
La reprise du Temps des cerises est particulièrement... ridicule. On se croirait revenu à l'époque du "revival pseudo-révolutionnaire" des années Jospin. Entre "Tomber la chemise" et "Commandante Che Guevara", on replonge dans les années où la gauche caviar s'était muée en bourgeoisie bohême..."L'urgence" inscrite dans le communiqué lié à ces deux morceaux est presque risible. La crise, le capitalisme qui vacille, le monde qui s'autodétruit, la famine qui grossit (Une famine obèse oui), les massacres, la destruction de l'environnement sont le contexte qui aurait inspiré ce retour... Mais qui a besoin de la parole de Noir Désir, aujourd'hui, sur ces questions?
Quant à Gagnants / Perdants, c'est tout simplement affligeant, bâclé, mielleux limite. Ce morceau contient tous les éléments de ce que Noir Désir a toujours fait de pire: de la pop linéaire... Le texte est écrit à l'arrache, sans style, et la voix de Cantat est fébrile.
Franchement, c'est très sympa d'avoir offert ces morceaux. L'idée même de payer ça, me rend malade.
Donc ce retour annoncé de Noir Désir n'apporte rien artistiquement, mais il est fondamental pour l'avenir des créations (que j'ose espérer de bien meilleure qualité). Ce retour, même s'il est bâclé, hyper prévisible (contrairement à ce que les gros médias télés gourmands et ignares disent), n'en est pas moins logique et bienvenue.
Noir Désir, c'est un groupe que j'attends sur le plan artistique, musical, peut-être même littéraire (ben oui). Tout le reste importe peu.
Andy Vérol

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14 11 08

Elvis, 1956 : From Memphis to New York

ELVISELVIS, le king en devenir est le plus bel album de photos de l'Histoire du rock.
L'ensemble des photographiess que contient ce livre énorme par son format et l'événement qu'il constitue, a été réalisé en 1956. Elvis a 21 ans. Il est en noir et blanc pour toujours. Il chante ses premiers succès. Il immortalise l'Amérique de cette époque. En concert, avec ses fans, chez ses parents, en studio d'enregistrement, sur un plateau de télé, au restaurant, avec sa petite amie, dans le train, à l'hôtel, Elvis est magnifique. Les photographies d'Alfred Wertheimer sont somptueuses. Une oeuvre respectée, magnifiée par le travail de l'éditeur qui n'a rien laissé au hasard, de l'iconographie à la mise en page en passant par la qualité des papiers et de l'impression. La réussite est parfaite; l'album, historique.
Quand le photographe a autant de génie que son modèle, les mots sont inutiles : si vous pensez que j'exagère, allez dans une librairie, ouvrez ce livre : regardez !
Alors ? Qu'est-ce que je vous disais ?
Brice Depasse

  LA STORY 1956 - Elvis Presley
ELVIS_photo
Elvis : Le King en devenir, Alfred Wertheimer, Luc Pire, novembre 2008, 49€.

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09 11 08

Quand la java s'en va...

JAZZ_NULSLes Éditions First à Paris ont publié tout récemment un excellent Le Jazz pour les Nuls qui ravira les amateurs, passionnera les mélomanes et enchantera les néophytes. Rédigé par Dirk Sutro, chroniqueur de jazz du Los Angeles Times,
et par Stéphane Koechlin, prolixe vulgarisateur musical français, biographe entre autres de Brian Jones, John Lee Hooker, Ben Harper, Bob Dylan et James Brown, cet ouvrage aborde tous les aspects de la musique afro-américaine née dans les champs de coton et les temples protestants du Deep South yankee :
ses origines, son histoire, ses caractéristiques, sa théorie, sa terminologie, ses instruments, ses courants principaux (blues, New Orleans, ragtime, Dixieland, be-bop, hard-bop, cool, avant-garde, free jazz, latin jazz, jazz français et européen…) sans oublier ses innombrables artistes, agissant en bands ou non, comme (par exemple et dans le désordre) Jelly Roll Morton, Duke Ellington, Count Basie, Louis Armstrong, Ella Fitzgerald, John Coltrane, Glenn Miller, Oscar Peterson, Chet Baker, Ornette Coleman, Gene Krupa, Sydney Bechet ou encore Sarah Vaughan, Thelonious Monk, Teddy Wilson, Toots Thielemans, Miles Davis et le clarinettiste (accessoirement cinéaste !) Woody Allen. Cerise sur le gâteau, les annexes fournissent la liste détaillée des cent meilleurs disques de jazz et une liste de sites Internet à tout faire swinguer !
Bernard Delcord

Le Jazz pour les Nuls
par Dirk Sutro & Stéphane Koechlin, Paris, Éditions First, 2008,
418 pp., 22,90 €

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