15 07 08

Un génie (mé)connu

mendelssohnJérôme Bastianelli, critique musical du magazine parisien Diapason, livre chez Actes Sud en Arles, dans la collection
« Classica », une biographie élégante et très documentée intitulée Félix Mendelssohn, dans laquelle il ressuscite le pendant allemand de Mozart, enfant prodige lui aussi, et compositeur prolixe à la courte vie (38 ans). Si elle valut à son auteur, du vivant de celui-ci, un succès retentissant et continu, l’œuvre de Félix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847) connut les affres du purgatoire dès après son décès, et jusqu’à nos jours. Pourtant, les dons exceptionnels de ce fils d’un bourgeois de Hambourg lui avaient valu, dès l’âge de 12 ans, l’appui de Goethe et de Weber, quelques mois à peine avant qu’il achève un cycle de quatuors pour piano et cordes. À 15 ans, il compose sa Première symphonie et donne des concerts en Suisse, puis à Paris.
À 16 ans, il a terminé son Octuor à cordes et à 17 ans l’ouverture du Songe d’une nuit d’été, d’après Shakespeare. À 20 ans, il dirige avec un succès immense la Passion selon saint Matthieu de Bach et l’année suivante il compose sa fameuse symphonie religieuse “Réformation”. On lui doit aussi des ouvertures, des oratorios, des concertos pour violon et pour piano, de la musique de chambre, des pièces pour piano et pour orgue, des lieder, des motets pour solistes et chœur à 4 voix pour l’Église anglaise, des psaumes, un Te Deum
Très proche (comme Mozart de la sienne) de sa sœur Fanny, il meurt des suites d’une hémorragie cérébrale, moins de six mois après la mort brutale de celle-ci.
L’œuvre de ce « bel incident de la musique allemande » (dixit Nietzsche), aux confins du Classicisme et du Romantisme, tout en nuances et en suavité, mérite la plus haute considération. Écoutez-la donc, vous crierez, vous aussi, au génie !
Bernard Delcord

Félix Mendelssohn par Jérôme Bastianelli, Arles, Actes Sud, 2008, 150 pp., 16 €.
Le texte de cet ouvrage est enrichi d’une chronologie, d’une bibliographie, d’une discographie et d’un index.

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22 06 08

Chi va piano…

Enseignement vivant du pianoLes Éditions Modulaires Européennes établies à Fernelmont en Belgique ont pris l’excellente initiative d’éditer une traduction française de L’enseignement vivant du piano par Margit Varró, un ouvrage d’apprentissage écrit en hongrois aux alentours de 1921, publié en 1928 puis dans une traduction allemande en 1929 (à Berlin, chez Simrock, où elle est encore au catalogue en 2008 !) et dont Béla Bartók assurait qu’il « est d’une valeur extraordinaire et ne sera jamais daté ».
À tel point que quand il voulut rééditer sa propre méthode intitulée Zongoraiskola (1913), Bartók prit l’avis de Margit Varró qui formula un grand nombre de remarques. « J’ai écrit de nombreuses pièces du Mikrokosmos en les prenant en considération », écrivit plus tard le grand compositeur magyar. Quelle référence !
L’auteure professa à Budapest jusqu’en 1936 puis durant
60 ans à Chicago où elle a acquis une belle réputation de pianiste et de pédagogue. Sa méthode, particulièrement subtile, s’adresse aussi bien aux enfants qu’aux adultes et aux débutants autant qu’aux virtuoses, fussent-ils surdoués ! Elle vise non seulement à développer la technique de son utilisateur, mais aussi à élargir son intelligence musicale, son oreille, son goût et son jugement, tout en lui désapprenant les mauvaises habitudes techniques et en fournissant les bases d’une approche psychologique de la relation professeur-élève. L’ouvrage se clôt par une passionnante approche des troubles psychiques du jeu pianistique et de leur traitement, d’une modernité incontestable.
Bernard Delcord

Margit VARRÓ, L’enseignement vivant du piano Sa méthode et sa psychologie, traduit de l’allemand par Edith Karinthi, Fernelmont, Éditions Modulaires Européennes (E.M.E.), 2008, 239 pp. grand format, 34,00 €

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10 04 08

Scoop : Francis Cabrel, écrivain

CABRELDes roses et des orties, est le bouquet de chansons de Cabrel le plus abouti de sa carrière. Impressionnant par la qualité de textes qu'on ne connaissait plus depuis ... Brel. Bien sûr, cela fait trente ans que l'artiste aligne des chansons définitives, des textes imparables sur la société, des chansons d'amour belles à décourager des générations de poètes.
Mais la densité atteinte dans les huit titres originaux et les trois emprunts au folklore rock américain (Dylan, Fogerty, Cale) est sans précédent.
Notre intérêt commun pour le rock'n'roll et la littérature contemporaine a-t-il incité Francis Cabrel à me faire cette révélation, oui, il compte publier un roman dans un futur proche ?
Au-delà du scoop, ce qui me rend heureux, c'est la perspective de la lecture du premier roman d'un homme mûr pour une oeuvre majeure.

  FRANCIS CABREL - Brice Depasse

CABREL Gassian

Des roses et des orties , Francis Cabrel, Sony BMG, avril 2008, 15€99

Commander «Des roses et des orties»

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18 03 08

Il était une voix

RUGGIERI CALLASPavarotti voulait égaler Caruso. Nul doute que des Dessay, Bartoli ou Migenes ont rêvé le succès et la gloire de Maria Callas.
Eve "Musique au Coeur" Ruggieri s'est penchée sur le destin de la petite grecque, premier rôle à l'opéra à 18 ans, plus grande diva de l'histoire récente du monde lyrique.
Le résultat (intéressant) de sa recherche n'est pas à voir sur France 2 mais à lire chez Michel Lafon ou encore à écouter sur Lire est un plaisir. Un entretien à bâtons rompus enregistré dans le paquebot lors du tournage de "50° Nord".

  EVE RUGGIERI - Brice Depasse 1
  EVE RUGGIERI - Brice Depasse 2

« La CALLAS », Eve Ruggieri, Michel Lafon, 325p., 2007, 18€50.

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éve Ruggierie01
Photo : Alain Trellu

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18 03 08

La bella e la diva

RUGGIERI PAVAROTTIUn avenir que nous ne connaîtrons pas (dans 150 ans ..., merci Raphaël) dira si Luciano Pavarotti a réalisé son rêve d'enfance qui était d'égaler Caruso dont on parle aujourd'hui encore. Sa carrière fût, comme sa voix, énorme. Ses rencontres et entretiens télévisés avec Pavarotti donnent à Eve Ruggieri une légitimité supplémentaire à raconter le destin hors du commun du petit enfant de Modène.

  EVE RUGGIERI - Brice Depasse 3

Pavarotti, Eve Ruggieri, Michel Lafon, 303p., 2007, 19€.

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Photo : Alain Trellu

éve Ruggierie06

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04 03 08

Au bout de New York

MARCADEQuand il évoque ses voyages au bout de New York et presque au bout de nulle part, Philippe Marcadé a dans la plume la verve de ceux qui n’envisagent que de beaux lendemains. Et on le comprend ! À lire ce récit de ses errances New-Yorkaises lorsqu’il entend célébrer ses dix-sept ans en se jetant sur la route façon Kerouac, Marcadé semble avoir vécu mille vies, des existences de dix fois rien dans lesquelles il y a dix fois tout…
Suivant les préceptes de l’auteur des « Clochards célestes » et de « Sur la route », Marcadé se lance sur les trottoirs avec comme unique horizon le modèle d’ « Easy Rider ». Il y croisera de loin, et même parfois de plus près, une jeune starlette nommée Madonna, un punk en pleine tourmente du nom de Sid Vicious, un rasta-man qui fume et enfume nommé Bob Marley, et même une toujours belle Debbie Harry. Marcadé ne signe pas un bouquin qui se la raconte, mais bien un récit haletant qui raconte des histoires, sans jamais céder à l’ego tout puissant. Roman qui s’écoute autant qu’il se lit, « Au-delà de l’avenue D » ne se revendique cependant pas comme une énième histoire des bas-fonds du punk ou du rock dans le New-York cradingue des seventies. Certains ouvrages l’ont fait bien mieux, notamment la bible absolue « Please Kill me » de Legs McNeil. Non, ici, Marcadé raconte ses errances à lui, d’un point de vue fort, personnel et évidemment subjectif. Vous l’aurez compris : l’avenue D est à la croisée des chemins entre des anecdotes incroyables, une narration qui ne se perd jamais en chemin et une joie de vivre communicative de la part d’un auteur qui ne se met jamais en valeur… comme pour mieux ressortir en ombre chinoise.
FVDC

«Au-delà de l'Avenue D. New York City 1972-1982», Philippe Marcadé, Scali, août 2007, 269p, 24€00

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05 09 07

Blue note story

GERBER MILES
Alain Gerber, Miles, Fayard, pp 398, 24€.

  FRANCOIS-MARIE BIRONEAU - Nicky Depasse 5


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25 07 07

Jazz a la tarde

ARMASLe Cubain Erick de Armas, l'auteur de "Elena est restée ... Papa aussi" (écoutez son entretien avec Brice au sujet de ce très beau roman paru chez Actes Sud en cliquant sur sa couverture) n'est pas seulement docteur en médecine, il est aussi musicien, chanteur et poète. Son album (pour la petite histoire, enregistré à Bruxelles avec le génial jazzman David Lynx) est une merveille. A la faveur de l'été, je vous en propose un extrait. Poussez le volume. Sirotez votre boisson préférée et écoutez cette perle jusqu'au bout. (album "Alvio y recuerdo", distribué par Harmonia Mundi).
Nicky Depasse

ERICK DE ARMAS - Nuestras huellas


ARMAS CD

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24 06 07

Fin de bail

FOCCROULLE LABORVous savez la passion que Vincent Engel, Nicky et moi nourrissons pour la Musique. Bernard Foccroulle quitte le théâtre de la Monnaie, l'opéra de Bruxelles, pour Aix-en-Provence, le berceau des Rougon-Macquart d'Emile Zola. Nicky était, bien évidemment présente lors de la fête organisée à la Monnaie à cette occasion.
Nous profitons de cette occasion pour vous recommander l'intégrale Buxtehude pour grandes orgues que Bernard Foccroulle vient de publier chez Ricercar.

BERNARD FOCCROULLE - Nicky Depasse


Bernard_Foccroulle

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12 06 07

Parenthèse musicale (parce que nous aimons ça !)

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