13 07 13

Des nouvelles qui fascinent !

marmorat couve.jpgNous connaissons déjà Christophe Marmorat pour "Ancrage", où l'auteur mêle d'une manière si talentueuse la musique et le texte, voici des nouvelles qui sont toutes des interrogations : Qui suis-je ? Qui sommes-nous ? On balance entre le passé et le XXIe siècle. On pense parfois à Jean Ray - et Dieu sait si en Belgique, on adore le surréalisme et le fantastique de ce maître ! -, parfois on rejoint Rimbaud. Un bien joli voisinage ! Une quête initiatique, certes, mais aussi la recherche de la motivation de la création littéraire. L'auteur s'explique dans l'avant-propos : "Ces textes ont tous été écrits lors d'une période d'exploration personnelle, et de lâcher prise, menée avec la psychanallyste Marie-Claude D., le professeur de chant variété Jacques M. et la conteuse et coach en créativité, Catherine Passever... ". Histoire de nous rendre plus complices encore de sa création littéraire sans aucun doute; elle se promène dans l'inconscient, dans les rêves, les fantasmes, l'érotisme, la perversion aussi. Dans la préface, Jean-Yves Malherbe conclut par "Tout le doute existentiel contemporain est là !" Le recueil commence par ces phrases, comme elles accrochent ! "Voici l'histoire d'une quête, celle de mon vrai nom... Il était à peine 6 heures lorsque je fermais la porte de ma maison, rejoignant le vieux pick-up Honda garé devant le garage..." (La parole des Anciens).

 

Jacques MERCIER

 

"La Parole des Anciens", Récits,n Christophe Marmorat, www.christophemarmorat.com 134 pp. 67 euros.

Écrit par Jacques Mercier dans Jacques Mercier, Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

22 08 12

Un regard désarmant sur la vie !

 

Paul.jpgLa notation au verso du recueil de nouvelles de Florence Paul est juste : Nous sommes invités dans « En vie de bonne heure » (ou Envie de bonheur) à partager le regard désarmant de l'auteure. Ce petit livre a déjà quelques mois d'existence, faite d'amitié, de rencontres et même du « prix ex-libris » accordé par les bibliothèques du Brabant Wallon, mais je vous le conseille vivement si vous aimez la belle écriture, simple, naturelle, avec les mots qui conviennent. Si vous aimez les courtes histoires aux retournements ou aux coups de théâtre inattendus ! Si vous aimez notre vie quotidienne, souvent, mais avec ce zeste d'imaginaire propre à notre culture aussi ! Cette Nivelloise peut attiser avec talent notre curiosité d'une nouvelle à l'autre. Mais d'entrée de jeu dans la première nouvelle « Réception au château », elle se joue de nous et nous en sourions, confiants dans la suite des récits ! J'aime qu'elle soit divers personnages, comme cette personne de 88 ans dans « Le ruffian du cimetière » ! « Un âge où l'on parle à soi-même (...) la dernière personne qui peut vous comprendre et même peut-être vous aimer »... superbe ! Ce « ruffian », terme littéraire un peu sorti du langage courant et qui désigne un grand voyou, utilise des sms et écoute de la musique avec des oreillettes sur le banc public ! Les descriptions de la nature dans « Le jardin d'Helena » sont magnifiques ! Belle aussi la description des mineurs dans « la dernière chaise », de ces chaises qu'au bon temps, on remet sur le trottoir devant la maison pour bavarder avec les voisins et les passants ! Et puis nous avons onze ans avec Célestine, et nous avons du chagrin avec elle, car les parents... C'est un peu la suite dans la nouvelle suivante avec « Le psy ». J'ai un faible pour « Chute » qui décrit si bien le point de vue de la personne qui tombe en VTT, comme au ralenti. Et enfin, ce bijou de conclusion : « La petite dernière », dont je vous laisse la surprise. Florence Paul a un style, un ton, une écriture et surtout une talentueuse manière de nous faire partager son texte, ce qui est le propre des vrai(e)s écrivain(e)s !

 

Jacques MERCIER

 

« En vie de bonne heure », nouvelles, Florence Paul, EME Editions (www.intercommunications.be), 80 pp. 15/21,5 cm, couverture et illustrations : Maryse Cheron, 9 euros.(6 euros en version Pdf)

09 04 12

Du Dickens à la sauce ketchup...

Le rapt de l’éléphant blanc.gifLe texte ci-dessous a été envoyé dans la newsletter de mars 2012 des guides gastronomiques DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

La compilation de soixante textes facétieux (1) de Mark Twain (1835-1910) parue aux Éditions Omnibus à Paris sous le titre Le rapt de l’éléphant blanc et autres nouvelles est un pur bonheur pour les amateurs d'humour subtil et un peu déjanté : ils y croiseront une grenouille de compétition, une montre hystérique, un fantôme maladroit et encombrant, une dinde facétieuse et une foule de personnages pittoresques dans des situations absurdes nées de l'imagination fantaisiste de l'auteur à qui Ernest Hemingway avait attribué la paternité de la littérature yankee.

C'est que le chantre du Mississipi – avec Les Aventures de Tom Sawyer (1876) et sa suite, Les Aventures de Huckleberry Finn (1885) –, avait la plume bien pendue et la créativité chevillée à icelle comme un Colt à la ceinture de Lucky Luke, teintée de cette fausse naïveté et enluminée de quelques vacheries, un procédé littéraire forcément en vogue dans la patrie de Lincoln, de Martin Luther King... et d'Al Capone.

Et un pur festival de l'esprit !

Bernard DELCORD

Le rapt de l’éléphant blanc et autres nouvelles par Mark Twain, préface de Delphine Louis-Dimitrov, Paris, Éditions Omnibus, avril 2010, 870 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 19,8 cm sous couverture brochée en quadrichromie et à rabats, 27,50 € (prix France)

 

(1) La célèbre grenouille sauteuse du comté de Calaveras ; Histoire du méchant petit garçon ; Du cannibalisme dans le train ; Une journée à Niagara ; La légende de la Vénus du Capitole ; Le journalisme dans le Tennessee ; Un rêve étrange ; Le grand contrat pour la fourniture de bœuf en conserve ; Comment je devins directeur d'un journal d'agriculture ; Un roman du Moyen Âge ; Ma montre ; Économie politique ; Science contre hasard ; Histoire du bon petit garçon ; Les obsèques de Buck Fanshaw ; L'histoire du vieux bélier ; Tom Quartz ; Un procès ; Les tribulations de Simon Erickson ; Une histoire vraie ; La famille McWilliams et le croup membraneux ; Quelques fables édifiantes pour les enfants sages ; Le marchand d'échos ; Les amours d'Alonzo Fitz Clarence et de Rosannah Ethelton ; Edward Mills et George Benton ; L'homme qui descendit au Gadsby ; Madame McWilliams et la foudre ; Ce qui sidéra les geais bleus ; Une bien curieuse expérience ; Histoire de l'invalide ; La famille McWilliams et les signaux d'alarme ; Le rapt de l'éléphant blanc ; Une foi trop ardente ; La confession d'un mourant ; La fable du professeur ; Le fantôme de l'homme pétrifié ; Question de chance ; Le guide amateur ; L'histoire du Californien ; Le journal d'Adam et Ève ; Le roman de l'Esquimaude ; Mort ou vivant ?  ; Un pari de milliardaires ; Cecil Rhodes et le squale ; La blague qui fit la fortune d'Ed ; Une histoire sans fin ; L'homme qui corrompit Hadleyburg ; Le disque de la mort ; Deux petites histoires ; Le passeport russe ; Une histoire policière à double détente ; Les cinq dons de la vie ; Enfer ou paradis ?  ; Mémoires d'une chienne ; Le legs de 30 000 dollars ; Le récit d'un cheval ; Le chasseur et la dinde machiavélique ; La visite au ciel du capitaine Tempête ; Une fable ; Le mystérieux étranger, le tout complété par le fameux Comment raconter une histoire.

Écrit par Brice dans Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

31 03 12

Petites histoires extraordinaires du quotidien...

image13521.jpg"Soignez-moi", un premier recueil de nouvelles pour une jeune écrivain belge, Aurélia Demarlier. Diplômée en philosophie, elle se définit très justement comme "la fille qui avait une plume à la place du coeur." Lauréate du Prix Jeune Ecrivain en 2011 pour sa première nouvelle "la tartine", elle s'est lancée dans l'écriture d'un recueil plus complet et à juste titre!

"Soignez-moi" n'est pas un livre ordinaire... Malgré son titre, il ne nous raconte pas ces petites histoires d'hôpitaux mais nous parle de personnes... à priori "normales" qui un jour se trouvent confrontées à des situations farfelues...

Au fil des pages et de ces neuf nouvelles, on suit les histoires de Juliette, Iris, Hortense et bien d'autres... Des histoires étranges, mystérieuses mais très drôles et touchantes... Peut-on imaginer un jour que votre chaine Hi-Fi vous donne des ordres, que vous ne voyez que la vie non pas en rose mais en mauve? Vous avez une meilleure amie qui nourrit son ego par le reflet de votre visage? Tant d'histoires qui poussent à la réflexion et à l'affection pour ces personnages...

 Ma préférée? "Increvable". Une histoire assez banale en somme mais qui nous rapproche de la réalité.. Avec cette jeune maman qui pour faire plaisir à sa fille lui achète un hamster... Une durée de vie de 2-3 ans à priori... Mais... comme les choses ne tournent pas rond, ce hamster est "increvable". Un récit amusant, drôle et même touchant... On sourit, on rit et on s'identifie... "Cela fait huit ans que Désiré (nom ingénieusement choisi par ma fille) parcourt deux kilomètres de steppes toutes les nuits, faisant grincer sa roue dans un tintamarre criminel. Ma fille ayant besoin de sommeil, je me suis sacrifiée pour accueillir Désiré dans ma chambre. En effet, il s'agissait du seul lieu de résidence jugé salubre à la lumière des critères dictatoriaux établis par la Biblie du Hamster..."

 Bref, "Soignez-moi" est un recueil de nouvelles passionnant dont on a beaucoup de mal à décrocher une fois commencé... Je le conseille vivement à tous ceux qui veulent passer un excellent moment de détente...

Soignez-moi, Aurélia Demarlier, éd.Kiroraphaires, 2012, 223pp, 22,45€.

 N"hésitez pas à jeter un oeil sur le blog de l'écrivain: http://www.lesmotsdaurelia.net

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Belge, Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

26 03 12

Un recueil -gigogne

9782021046953.jpg

"Oui, je le dis: combiner du Laspallières, c'est être un écrivain. C'est dans cet esprit qu'il a conçu son oeuvre: comme une bibliothèque ouverte où les hommes de bonne volonté peuvent puiser pour écrire, dès lors qu'ils ont du courage, du caractère et un peu de talent."

Retrouvant son cher Pierre Gould - le héros récurrent des Contes carnivores - le narrateur est invité à découvrir les sections de son étrange bibliothèque: les ouvrages écrits par des amnésiques côtoient ceux qui tuent le lecteur, le font mourir d'ennui,  lui insufflent de l'énergie, exigent un dress code, se prêtent, en vraies gigognes à une infinité de lectures et ceux qui se sont vus renier par leurs auteurs, ou dont le contenu s'évapore, faute d'être consulté.

Nouvelles, fables, allégorie de l'écriture,  les chapitres consacrés à la littérature et son absurdité jubilatoire sont coupés des récits de découvertes de villes imaginaires - ville-miroir, ville soporifique, hypermnésique... - et de travers de société pour le moins déconcertants: échangisme...d'identité, multiplication de celles-ci, rajeunissements intempestifs, ....

Renouant avec la veine drôlissime des "Contes carnivores" (Le Seuil 2008 - Prix Rossel) et celle d'un Petit Prince, en voyage en Absurdie,  l'écrivain belge  - il enseigne le Droit à Dijon - mène à son comble, avec une rigueur cartésienne,  la logique de raisonnements loufoques.

Quiriny rime avec… génie.

Apolline Elter

Une collection très particulière, Bernard Quiriny, nouvelles, mars 2012, 186 pp, 17 €

 

Prolongation de lecture:

 

AE, Bernard Quiriny, la visite de la bibliothèque de Pierre Gould dévoile une série important e de pistes de romans. C’est le côté « gigogne » d’Une collection très particulière ? 

 

Bernard Quiriny : D’une certaine manière, oui : ce livre possède un côté « malle aux trésors », ainsi qu’un côté Rubik’s Cube. Mais je crois que les faux romans inventoriés par Gould sont destinés à demeurer à l’état imaginaire. A moins qu’un auteur désoeuvré ne veuille les écrire…

 

AE :  Enrique Vila –Matas avait signé la préface des Contes carnivores. Est-il meilleur hommage que d’évoquer La Lecture assassine,  « un livre qui tue ses lecteurs. »

 

Bernard Quiriny : Non seulement il m’avait fait l’honneur de préfacer « Contes carnivores », mais il m’a cité dans son « Journal Volubile ». La moindre des choses était de l’inclure à mon tour dans ce livre, comme je l’avais déjà fait dans « L’Angoisse… ». Disons que c’est une sorte de correspondance implicite transportée par livres.

 

AE : Un écrivain a-t-il toujours besoin d’un  « caillou dans sa chaussure pour le faire boiter » ?

 

Bernard Quiriny : Je n’en suis pas sûr. C’est une théorie de Gould, mais elle ne me convainc qu’à moitié. Personnellement, le moindre caillou dans ma chaussure aurait tendance à me paralyser. Ce qui me permet, pour une fois, de n’être pas d’accord avec lui.

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

31 01 12

Les jolis délires de Jean-Luc !

Fonck Reveillez vous.jpgVoilà un livre qui fait du bien ! Qui vous fait sourire, rire, revenir en arrière pour être sûr que vous avez bien saisi l'allusion, le calembour, le jeu de mot... Et c'est du Jean-Luc Fonck ! C'est dire que plus c'est "vaseux", mieux c'est ! Du plaisir à longueur de phrases, de pages, d'histoires ! Le titre est bien à la mesure du propos : "Rêvéveillez-moi" ! Il s'agit de 25 courts texte qui racontent chacun un rêve. Un rêve où l'auteur se retrouve chien, poisson, fermier ou même Laura Ingalls ! Comme toujours, Jean-Luc, qu'on le veuille ou non, que l'on le ressente ou pas, va plus loin que l'anecdote. Je l'ai comparé, dès que j'eus l'honneur de lire ces premiers écrits en avant-première (c'était à la fois dans la DH et dans "Le jeu des Dictionnaires"), à un Boris Vian belge. Je pensais à l'imagination, au délire, mais aussi à l'aspect plus littéraire et de fond. Alors, laissons-nous aller, quel que soit le degré de lecture, aux jeux de mots. Rencontrons donc, prenons l'exemple du rêve où Jean-Luc est chien, en début de volume : "Shirley Basset, Joe Cocker, Danois Summer, La Bande à Basile ("C'est le chenil qui redémarre..."), Michel Berger... et Desireless, parce que tous les chiens qui veulent sortir désirent laisse !" Pour s'endormir le soir, il y a pas meilleure lecture ! Et puisqu'il faut une âme d'enfant, l'édition propose - en sus - de feuilletter très vite les pages pour voir la photo de Jean-Luc s'animer... Vous vous souvenez de votre enfance ? C'est aussi un grand jeu de références musicales et télévisuelles ! Sacré Jean-Luc ! Encore une fois bravo !

Jacques MERCIER

 

"Rêvéveillez-moi", Jean-Luc Fonck, Luc Pire éditions(Editions Naimette), 2012, 160 pages, www.sttellla.be

Écrit par Jacques Mercier dans Humour, Jacques Mercier, Nouvelles | Commentaires (1) |  Facebook | |

12 01 12

Le mélange du réel et de l'imaginaire !

Dartelevelle narconews.jpgAvec quel bonheur, j'avais eu l'occasion au début des années 2000 de publier dans la collection "Les Maîtres de l'Imaginaire", et dont j'étais le directeur littéraire, des textes d'Alain Dartevelle ! C'est d'ailleurs lui qui fut à l'origine de mes deux romans différents "L'Année 13" et "Mortes Maisons", rééditées en numérique depuis quelques semaines. Alain Dartevelle est un auteur mutliple. Son premier roman "Script" fut publié chez Denoël dans la collection "Présences du futur" et le suivant "Imago" chez J'ai Lu ! De sérieux références pour un début de carrière littéraire de cet "homme de la poste", où il fit sa carrière ! Les questions que posent les nouvelles de ce nouveau recueil sont actuelles et à peine cachées ! Comment donc a fini cet Etat Belgica dont le sort se décide en un étrange casino ultramoderne ? Barock Obamo fut-il un saint ? Et depuis quand la vision des actualités entraîne-t-elle une addiction extrême ? Parodie évidemment, mais aussi érotisme et fantastique se partagent les sentiments de lecture. A sa manière, chacun de ces récits fait un mélange des genres un mode d'élucidation de ce monde qu'on dit réel.Un extrait pour vous mettre en appétit : "Il est vrai que dans le tourbillon de la passion, nous protégions de moins en moins bien nos secrets. De sorte que nos excursions  éclair en des endroits peu propices à la confidentialité – le parc d’attraction de Fantasyland où nous sommes retombés en enfance le temps d’un week-end, et cette visite des ruines d’Halicarnasse qui me vit, flanquée de mon petit crooner, tirer après nous une meute de paparazzi – ne contribuèrent pas peu à amplifier ce phénomène par lequel une présidente de la République se muait en vedette."

Jacques MERCIER

 Narconews, et autres mauvaises nouvelles du monde, Editions Murmure des soirs, 2011, couv. impr., bande-titre, 87 p. Prix : 14,00 € www.murmuredessoirs.com

12 11 11

Une vision décalée du futur...

jpg_narconews.jpgAvec "Narconews", son nouveau recueil de nouvelles, Alain Dartevelle nous emmène dans une série de textes fictionnels. Composé de neuf récits décalés se déroulant principalement dans la "Bruocsella" de l'Etat Belgica, ce recueil est très branché sur l'actualité et la situation politique actuelle. L'auteur nous offre certes une vision très pessimiste du futur.

Même s'il n'y a pas de narration à rebondissement, les différents récits mettent en scène un monde imaginaire, une série d'instantanés ironiques, amusants parfois violents. Une narration assez atypique qui mélange le présent et le futur, une histoire entre les deux, à la fois incroyable et pourtant très crédible.

 

Un extrait du cinquième récit intitulé: "Les Beaux restes". Dans celui-ci, on se retrouve à "Bruocsella" à travers les yeux d'un cadre supérieur qui rejoint la capitale par une autoroute dédoublée pour faire place à la circulation privatisée d'un côté et nationale de l'autre.

"Un peu par routine et surtout par aveuglement, incapable qu'il était de réaliser l'ampleur de la déglingue dans laquelle se trouvait le pays, Raymond Van den Branden avait cru bon de prendre l'E40 pour relier Ludwige-sa base logistique du moment- à Bruocsella où l'attendait une réunion de travail déterminante..."


Narconews et autres mauvaises nouvelles du monde, Alain Dartevelle, Ed. Murmure des soirs, Septembre 2011, 87pp, 14€

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Nouvelles, Science-Fiction | Commentaires (0) |  Facebook | |

26 10 11

Déclinaisons sur un même " t'aime "

v_book_72.jpg

      A travers sept nouvelles, Manu Causse explore avec une justesse troublante les joies, les douleurs et les déchirures du couple, cette quête inlassable de l'âme soeur. Une déclinaison brillante sur le même « t'aime », que la trentaine vient ici perturber, pour le meilleur comme pour le pire. Et à chaque âge ses interrogations, son ressenti, ses appréhensions, ses envies. De l'enfant au vieillard en passant par le quadra, l'amour ou le désamour sont des carrefours de l'existence que chacun négocie du mieux qu'il peut.

      Sous la couette à l'effigie de Spiderman, l'enfant ne trouve pas le sommeil. Quelque chose a changé entre ses parents. « Mutation », « avocat », « garde partagée », les mots abscons qu'il surprend dans les conversations alimentent sa peur. Et son père de le réconforter, de le rassurer sur le fait que l'amour parental, contrairement à l'amour conjugal, est indéfectible. Et l'enfant de rêver d'un monde où amour rimerait avec toujours, y compris en couple : « Moi, quand je serai grand, j'aimerais bien avoir aussi de l'amour pour une fille, mais du qui tient, comme celui pour les enfants.» Pensée magique ? Espoir irréaliste? 

 

      Marié depuis douze ans, père de deux enfants, une vie que rien ne semble pouvoir sortir de sa routine, et soudain, une lettre. Sa signataire, une certaine Loena Brens, femme hollandaise rencontrée 17 ans plus tôt. Un amour adolescent, platonique mais ô combien marquant. Malgré les années, l'éloignement, les sentiments peuvent-ils garder leur intensité première? Que peut provoquer le retour d'un premier amour dans la vie d'un trentenaire? 

 

      Quatre-vingt treize ans, un portefeuille avec des photos anciennes aussi précieux qu'un talisman, et des souvenirs qui affleurent. A la maison de repos, au crépuscule de sa vie, le vieil homme n'a pour toute richesse que ses souvenirs. Et parmi eux, celui d'Elvina, son amour, sa lumière, celle qui a bouleversé sa vie au point de le conduire à quitter femme et enfants la trentaine passée... A t-il su rendre ses enfants heureux malgré la séparation? Est-il parvenu à leur montrer son amour ? 

 

      Des questionnements multiples que Manu Causse aborde avec sensibilité et talent. Un recueil mené de haute plume, au cours duquel le lecteur passe du rire aux larmes. Nul doute, chacun s'y retrouvera à un moment ou à un autre, l'âme mise à nu...

 

 

Petit guide des transports à l'usage du trentenaire amoureux, Manu Causse. Editions D'un noir si bleu, septembre 2011, 215 p., 16,50€.


Karine Fléjo

Écrit par Brice dans Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

25 10 11

Réflexions de miroirs

tous_nos_petits_morceaux_01.j_1.jpg" Le pantomime suit son cours: Louison, de dos, gigote péniblement d'un vêtement à l'autre et se retourne vers moi, la grimace fin prête; Elle tord sa bouche,plisse ses yeux, chiffonne son front, fronce ses sourcils, tout cela en alternance, et presque en permanence; je crois n'avoir jamais vu son vrai visage, à supposer qu'il y en ait un derrière ce masque versatile."


Rassemblés dans une cave par une collectionneuse aveugle, des miroirs, animés par des rais de lumière subreptices s'échangent une amène série de ..réflexions. Ils revivent leur vie passée et ces scènes intimes  dont ils ont été les témoins privilégiés.

 

Une dizaine de nouvelles, un point de vue inventif -quelques bribes de phrases en ..miroir -  une plume alerte, subtile et maîtrisée reflètent... une belle surprise de la rentrée littéraire, une oeuvre sur laquelle il est bon de poser son regard.

 

Apolline Elter

 

Tous nos petits morceaux, Emmanuelle Urien, recueil de nouvelles,  Ed. D'un noir si bleu, sept 2011, 178 pp, 16,5€

Écrit par Apolline Elter dans Nouvelles, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |