12 01 12

Le mélange du réel et de l'imaginaire !

Dartelevelle narconews.jpgAvec quel bonheur, j'avais eu l'occasion au début des années 2000 de publier dans la collection "Les Maîtres de l'Imaginaire", et dont j'étais le directeur littéraire, des textes d'Alain Dartevelle ! C'est d'ailleurs lui qui fut à l'origine de mes deux romans différents "L'Année 13" et "Mortes Maisons", rééditées en numérique depuis quelques semaines. Alain Dartevelle est un auteur mutliple. Son premier roman "Script" fut publié chez Denoël dans la collection "Présences du futur" et le suivant "Imago" chez J'ai Lu ! De sérieux références pour un début de carrière littéraire de cet "homme de la poste", où il fit sa carrière ! Les questions que posent les nouvelles de ce nouveau recueil sont actuelles et à peine cachées ! Comment donc a fini cet Etat Belgica dont le sort se décide en un étrange casino ultramoderne ? Barock Obamo fut-il un saint ? Et depuis quand la vision des actualités entraîne-t-elle une addiction extrême ? Parodie évidemment, mais aussi érotisme et fantastique se partagent les sentiments de lecture. A sa manière, chacun de ces récits fait un mélange des genres un mode d'élucidation de ce monde qu'on dit réel.Un extrait pour vous mettre en appétit : "Il est vrai que dans le tourbillon de la passion, nous protégions de moins en moins bien nos secrets. De sorte que nos excursions  éclair en des endroits peu propices à la confidentialité – le parc d’attraction de Fantasyland où nous sommes retombés en enfance le temps d’un week-end, et cette visite des ruines d’Halicarnasse qui me vit, flanquée de mon petit crooner, tirer après nous une meute de paparazzi – ne contribuèrent pas peu à amplifier ce phénomène par lequel une présidente de la République se muait en vedette."

Jacques MERCIER

 Narconews, et autres mauvaises nouvelles du monde, Editions Murmure des soirs, 2011, couv. impr., bande-titre, 87 p. Prix : 14,00 € www.murmuredessoirs.com

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Une vision décalée du futur...

jpg_narconews.jpgAvec "Narconews", son nouveau recueil de nouvelles, Alain Dartevelle nous emmène dans une série de textes fictionnels. Composé de neuf récits décalés se déroulant principalement dans la "Bruocsella" de l'Etat Belgica, ce recueil est très branché sur l'actualité et la situation politique actuelle. L'auteur nous offre certes une vision très pessimiste du futur.

Même s'il n'y a pas de narration à rebondissement, les différents récits mettent en scène un monde imaginaire, une série d'instantanés ironiques, amusants parfois violents. Une narration assez atypique qui mélange le présent et le futur, une histoire entre les deux, à la fois incroyable et pourtant très crédible.

 

Un extrait du cinquième récit intitulé: "Les Beaux restes". Dans celui-ci, on se retrouve à "Bruocsella" à travers les yeux d'un cadre supérieur qui rejoint la capitale par une autoroute dédoublée pour faire place à la circulation privatisée d'un côté et nationale de l'autre.

"Un peu par routine et surtout par aveuglement, incapable qu'il était de réaliser l'ampleur de la déglingue dans laquelle se trouvait le pays, Raymond Van den Branden avait cru bon de prendre l'E40 pour relier Ludwige-sa base logistique du moment- à Bruocsella où l'attendait une réunion de travail déterminante..."


Narconews et autres mauvaises nouvelles du monde, Alain Dartevelle, Ed. Murmure des soirs, Septembre 2011, 87pp, 14€

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Nouvelles, Science-Fiction | Commentaires (0) |  Facebook | |

26 10 11

Déclinaisons sur un même " t'aime "

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      A travers sept nouvelles, Manu Causse explore avec une justesse troublante les joies, les douleurs et les déchirures du couple, cette quête inlassable de l'âme soeur. Une déclinaison brillante sur le même « t'aime », que la trentaine vient ici perturber, pour le meilleur comme pour le pire. Et à chaque âge ses interrogations, son ressenti, ses appréhensions, ses envies. De l'enfant au vieillard en passant par le quadra, l'amour ou le désamour sont des carrefours de l'existence que chacun négocie du mieux qu'il peut.

      Sous la couette à l'effigie de Spiderman, l'enfant ne trouve pas le sommeil. Quelque chose a changé entre ses parents. « Mutation », « avocat », « garde partagée », les mots abscons qu'il surprend dans les conversations alimentent sa peur. Et son père de le réconforter, de le rassurer sur le fait que l'amour parental, contrairement à l'amour conjugal, est indéfectible. Et l'enfant de rêver d'un monde où amour rimerait avec toujours, y compris en couple : « Moi, quand je serai grand, j'aimerais bien avoir aussi de l'amour pour une fille, mais du qui tient, comme celui pour les enfants.» Pensée magique ? Espoir irréaliste? 

 

      Marié depuis douze ans, père de deux enfants, une vie que rien ne semble pouvoir sortir de sa routine, et soudain, une lettre. Sa signataire, une certaine Loena Brens, femme hollandaise rencontrée 17 ans plus tôt. Un amour adolescent, platonique mais ô combien marquant. Malgré les années, l'éloignement, les sentiments peuvent-ils garder leur intensité première? Que peut provoquer le retour d'un premier amour dans la vie d'un trentenaire? 

 

      Quatre-vingt treize ans, un portefeuille avec des photos anciennes aussi précieux qu'un talisman, et des souvenirs qui affleurent. A la maison de repos, au crépuscule de sa vie, le vieil homme n'a pour toute richesse que ses souvenirs. Et parmi eux, celui d'Elvina, son amour, sa lumière, celle qui a bouleversé sa vie au point de le conduire à quitter femme et enfants la trentaine passée... A t-il su rendre ses enfants heureux malgré la séparation? Est-il parvenu à leur montrer son amour ? 

 

      Des questionnements multiples que Manu Causse aborde avec sensibilité et talent. Un recueil mené de haute plume, au cours duquel le lecteur passe du rire aux larmes. Nul doute, chacun s'y retrouvera à un moment ou à un autre, l'âme mise à nu...

 

 

Petit guide des transports à l'usage du trentenaire amoureux, Manu Causse. Editions D'un noir si bleu, septembre 2011, 215 p., 16,50€.


Karine Fléjo

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25 10 11

Réflexions de miroirs

tous_nos_petits_morceaux_01.j_1.jpg" Le pantomime suit son cours: Louison, de dos, gigote péniblement d'un vêtement à l'autre et se retourne vers moi, la grimace fin prête; Elle tord sa bouche,plisse ses yeux, chiffonne son front, fronce ses sourcils, tout cela en alternance, et presque en permanence; je crois n'avoir jamais vu son vrai visage, à supposer qu'il y en ait un derrière ce masque versatile."


Rassemblés dans une cave par une collectionneuse aveugle, des miroirs, animés par des rais de lumière subreptices s'échangent une amène série de ..réflexions. Ils revivent leur vie passée et ces scènes intimes  dont ils ont été les témoins privilégiés.

 

Une dizaine de nouvelles, un point de vue inventif -quelques bribes de phrases en ..miroir -  une plume alerte, subtile et maîtrisée reflètent... une belle surprise de la rentrée littéraire, une oeuvre sur laquelle il est bon de poser son regard.

 

Apolline Elter

 

Tous nos petits morceaux, Emmanuelle Urien, recueil de nouvelles,  Ed. D'un noir si bleu, sept 2011, 178 pp, 16,5€

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15 10 11

Mais si, Mais si...

9782930585055FS.jpg" Le vieil homme qui buvait avec nous ce soir-là ne faisait pas partie de ma troupe. Il n'avait pas non plus l'allure des touristes habituels de mon concurrent. Cheveux et barbe en broussaille, la peau très pâle, un peu moite, il ressemblait à une saucisse de Francfort dont la date de péremption était largement dépassée".

 

Le ton est donné.

 

Pas facile pour le Messie (mais si, c'est lui) d'atterrir  en notre troisième millénaire, embryonnaire. Vieillard barbu, affublé d'un âne, il débarque là où on ne l'attend pas.De toutes façons, on ne l'attend guère et plutôt que d'affronter une opposition musclée, il ne rencontre qu'indifférence feutrée.

 

Dix nouvelles, couronnées d'un retour à Jérusalem, offrent au vieil homme tant d'étapes à travers le monde - Buenos Aires, Bonn, Bruxelles, Odessa, Venise, l'Andalousie ...- à la  rencontre de son prochain et de son quotidien.

 

Loufoque, burlesque  et comique se confrontent que sous-tend une reflexion sur notre société contemporaine: sommes-nous prêts à recevoir le message que le Messie entend nous délivrer?

AE

Messie malgré tout, Alain Berenboom,  recueil de nouvelles, Editions Genèse, sept.2011, 144 pp, 17 €

 

    Billet de faveur

 

AE: Alain Berenboom, "votre" messie, vieux et barbu, symbolise-t-il la (ré)conciliation de la religion juive et catholique? Les catholiques n’attendent pas plutôt le retour d’un homme, jeune  - certes barbu -  âgé de 33 ans?

 

Alain Berenboom: mon personnage est le messie tel que je l’imagine depuis mon enfance, à travers les histoires que me racontaient à ce sujet mon père et la lecture de l’ancien testament.

 

Dans mon esprit, mon propos est plus fantaisiste que religieux. Je ne crois pas (ou alors c’était inconscient) avoir envisagé ces histoires comme portant un message religieux et en tout cas il n’y est pas question dans mon esprit de la religion catholique (le messie à deux ou trois reprises s’étonne d’ailleurs de l’existence de Jésus qu’il ne connait pas apparemment ! )

 

AE: L'indifférence - l'apathie même -  que rencontre le Messie, est-elle plus grand fléau de notre société contemporaine?

 

Alain Berenboom:Non, c’est plutôt le manque de fantaisie. J’aimais bien ce slogan de 1968 : "L’imagination au pouvoir."

 

L’indifférence est le résultat d’un manque de volonté de réfléchir, de se cultiver, d’imaginer, pour relancer la civilisation

 

AE: En quoi consiste votre madeleine de Proust?

 

Alain Berenboom:Le souvenir de ma maman et de mon papa

 

 

16 06 11

Une révélation !

    9782709635172.jpg Le titre à lui-seul nous invite au voyage. Et quels voyages ! A travers onze nouvelles, Sophie Simon nous dépeint des scènes de vie d'une force et d'un réalisme sidérants. Dès les premières lignes, le lecteur est transporté en Amérique, pays de tous les possibles, de tous les rêves, de toutes les illusions, de toutes les extravagances aussi.

     Impossible de rester sur le seuil de ces histoires. Il suffit à l'auteur de quelques mots pour créer un degré d'intimité extraordinaire entre le lecteur et les personnages, pour lui faire visualiser les lieux, pour le propulser au coeur de ces vies. Des vies très différentes les unes des autres. De Peter fils d'agriculteur qui rêve des planches d'Hollywood, à Howard « Dieu du contre-ut » dont le chant ne séduit que son chien et exaspère sa femme, en passant par Sam et Carry ce couple à priori improbable, ou encore au coupable secret de Ed Bookman, chaque personnage est à un virage de son existence. A ce moment précis où tout peut basculer. Vers le meilleur comme vers le pire...

     Si les situations dépeintes diffèrent, tous ont en commun une insatisfaction par rapport à leur vie présente et ce désir prégnant de la faire évoluer, de s'arc-bouter à leurs rêves. Y parviendront-ils ? Se drapent-ils d'illusions ? Impossible de le savoir avant la dernière ligne, tant l'auteur excelle dans l'art de la chute.

     Avec ce premier recueil de nouvelles, tendre, émouvant, attachant, Sophie Simon fait une entrée aussi bien remarquée que remarquable dans le monde littéraire. Une plume trempée à l'encre d'un indéniable talent.

    Une révélation.

 

Karine Fléjo

 

American clichés, de Sophie Simon, Editions J.C. Lattès, avril 2011, 220p, 17€.

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13 06 11

A tire d'elles !

 9782917898321.jpg     Audrey  est une jeune femme pleine de vie, légère, pétillante. Amoureuse. Depuis sa rencontre avec Maxence, elle se sent des ailes.

    Ce nid qu’elle a patiemment construit pour tous deux, brindille après brindille, lui semble indestructible. A l’image de son incommensurable amour. Céline l’eût pourtant mise en garde « Faire confiance aux hommes, c’est déjà se faire tuer un peu »... Et son bonheur d’être fauché en plein vol quand elle apprend que son conjoint est volage. Celui qui les premiers temps la couvrait d’attentions délicates, se montrait fougueux, mieux que personne « connaissait sa note d’O », s’avère collectionner les maîtresses. Leur nid est occupé par des coucous. Menteur, manipulateur, Maxence excelle dans l’art des pirouettes et autres loopings, nie les évidences. Mais les ailes d'Audrey lui en tombent quand elle pense à Elles, ces femmes dont il butine le cœur tandis qu’il lacère le sien. «  La première trahison est celle qui déchire et montre à quel point le cœur est un mécanisme brisé ».

     Les trahisons et pardons se succèderont. A l’instar des années.

     Germe alors dans l’esprit d’Audrey devenue une vieille dame, une malicieuse vengeance, laquelle l’aidera à exterminer hors du nid tous ces petits crimes conjugaux. Car comment pardonner ? « Le mal fait la rendait animale. » Si son cœur est en friche, elle apportera à contrario un soin tout particulier à son jardin, un jardin peuplé de plantes médicinales. Daturas, ellébores, aconits, des poisons insoupçonnés. Un herbier subtil auquel elle réservera un usage non moins subtil…

     Messieurs, Musset ne vous avait-il pas prévenu ? On ne badine pas avec l’amour...

     Eva Lunaba nous offre ici une nouvelle envolée, passionnée et passionnante, que l’on parcourt à tire-d’aile, sous le charme de sa plume émouvante et espiègle. Un délice !

     Volez à toutes plumes vers Les coucous, c'est un véritable cou-coup de coeur !

 

Karine Fléjo

 

 Les coucous, de Eva Lunaba, Editions Volpilière, Février 2011, 46p, 7€. Couverture illustrée par Rachel Bergeret et illustrations intérieures de Aurélie Foin

 

 

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30 03 11

Les instants frivoles de Nathalie Marly


Les instants frivoles de Nathalie Marly par BriceDepasse


Entretien intégral réalisé par Christophe Corthouts pour Livre de Bord sur Liberty TV
Enregistré dans le studio de la Librairie Filigranes lors de la Foire du Livre de Bruxelles 2011.

28 02 11

Voici 25 plaisirs littéraires !

Mini lits.jpgCes "25 minitrips en wagon-lit décapotable" sont 25 plaisirs littéraires magnifiques ! Leur édition est déjà une chose étrange et belle puisqu'au départ ces textes variés ont été publiés sur le site www.onlit.org. C'est un cadeau littéraire aux habituels lecteurs des nouvelles technologies. Leur caractéristique première est d'être courts, mais aussi d'aborder tous les genres en toute liberté ! Mon bonheur de lire a été renouvelé d'un auteur à l'autre, sans fléchissement et c'est déjà fantastique ! A ne pas manquer non plus la présentation en quelques lignes de chaque écrivain(e), insolite, drôle, inventive ! Essayons de survoler le tout : On commence par l'hyperdoué Nicolas Ancion et ses phrases amples qui donnent à voir et à sentir, à ressentir. Félicia Atkinson écrit dans son poème "les girafes au long cou recherchent les feuilles hautes, les feuilles hautes sont assoiffées de lumière (que cherche alors la lumière)..." Alain Bertrand, qui vit à Bastogne, évoque le ski et l'imaginaire. Pierre Borion aime la liberté de l'écriture et dans "Insomnie" il rêve de remplacer le pape ! "Les Françaises ont quelque chose de français qui les rend belles" écrit Frédéric Bourgeois, ce Namurois féru de photos. Lucielle Calmel juxtapose dans "Sud Ouest". Et puis toutes ces affirmations de Corentin Candi : "Corentin Candi ne choisit jamais la bonne fille, à la caisse." ou "Corentin Candi croit à la vie avant la mort." Laurent d'Ursel nous livre un cri, en une phrase de deux pages ! Le Liégeois Serge Delaive propose un joli poème sur l'amour déçu. D'une grande originalité le texte numéroté de Cedric Francis dans la tête d'un coureur cycliste qui pense à "la soeur de Lucien" ! "Je ne suis pas timide mais j'évite de prononcer des mots inutiles" déclare Corentin Jacobs dans sa contribution. Et plus loin : "Une femme est une mouche : pour l'attraper, pas d'hésitation n'est possible sinon elle s'envole !" J'ai adoré (comme beaucoup) le premier roman d'Edgar Kosma ("Eternels instants", analysé ici-même), j'ai aussi apprécié cette présentation par les sens de ses quelques personnages ! J'aime le ton, le vocabulaire de Lario Lacerda. Nous entrons dans le monde culinaire avec beaucoup d'humour et le "chef au chapeau" de Pierre-Brice Lebrun. Dans les "Appauvrismes" de Benoït Leclerc, je retiens "Lis-toi Entre les lignes Tourne sur toi-même Tu feras un singulier livre". Merveilleux texte de Karel Logist, le poète du Fram : cette fille en chemisier sur les affiches et la fin drôle, une vraie chute ! Avec Lucie Lux, nous entrons dans l'érotisme. Des sensations qu'on partage de l'intérieur avec la fille qui s'exhibe ! Sujet culinaire, documenté, avec la recette et les lieux, pour Jacques Raket et les "frivolités de la reine" (nos "choesels") ! Avant le texte halluciné et les musiques citées pour le lire, je ne résiste pas à vous lire dans la notice biographique cette épitaphe "Ci-gît mille édits, / Oh ! / Notre regrettée femme de méninges, / Née d'une maquerelle et d'un séraphin, / Elle vient de jeter l'encre" Et les premières lettres donnent "conne" ! Georges Richardot nous récite des "Il a fait" splendides. Laurence Soetens nous emmène dans le monde de Face Book, de Google et des pseudos. David Spailer allie littérature et polaroïds. J'aime aussi beaucoup "Room 14" de Vincent Tholomé, et sa façon prenante de tisser son texte, monologue, avec des points... Enfin restent Luc Vandermaelen et l'Ardèche, ainsi que Andy Vérol et cet amour terrifiant, brutal et la prison... Quelles heures heureuses j'ai passées à la lecture de ce recueil, que je ne peux que vous recommander chaleureusement !

Jacques MERCIER

 

25 minitrips en wagon-lit décapotable, collectif, Ed. La Renaissance du Livre, collection Grand Miroir, 200 pp, site: www.onlit.org Prix : 16 euros.

 

15 02 11

« Le passeur d’eau, les mains aux rames… » (Émile Verhaeren)

Bruxelles-les-Eaux.jpgParu aux Éditions MaelstrÖmréÉvolution dans une petite collection de booklegs consacrés à la capitale de l’Europe, Bruxelles-les-Eaux rédigé par Évelyne Guzy, par ailleurs directrice d’un essai (Attentats-suicides. Le cas israélo-palestinien publié chez Luc Pire en 2004) et auteure d’un roman (Dans le sang, chez Bernard Gilson en 2009) fait montre d’un joli talent de conteuse.

 

Il s’agit d’un monologue, celui d’un homme pour qui l’eau est toute la vie, en particulier celle du lac du Bois de la Cambre dont l’île abrite le fameux Chalet Robinson –dans les caves duquel il connut l’amour–, au point qu’après en avoir été le passeur jusqu’au 7 octobre 1991 (date de l’incendie qui, pour la deuxième fois, détruisit cette « auberge » célèbre et la barque dans laquelle il officiait), il demeurera durant vingt ans sur un banc en face des ruines calcinées.

 

Jusqu’à la reconstruction du bâtiment, qui déconstruira peut-être son existence…

 

Un texte original, surprenant, déroutant… et joliment troussé !

 

Bernard DELCORD

 

Bruxelles-les-Eaux par Évelyne Guzy, Bruxelles, Éditions MaelstrÖmréÉvolution, collection « Bruxelles se conte – Histoires urbaines à dire », décembre 2010, 30 pp. en noir et blanc au format 12 x 18 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 3 €

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