28 02 11

Cours de surf

WEB enjeux de confiance.gifOmniprésente, l’information sur Internet pose le problème de sa fiabilité : ce que l’on y trouve est-il exact, vérifié et recoupé ? Dans bien des cas, la réponse est négative. Mais des processus de validation ont été mis en place progressivement et s’avèrent de plus en plus pertinents.

C’est ce que montre avec beaucoup de clarté un passionnant petit ouvrage intitulé WEB : enjeux de confiance paru tout récemment aux Éditions De Boeck à Louvain-la-Neuve sous la plume de trois spécialistes éminents, Pierre-Jean Benghozi (CNRS et École Polytechnique à Paris), Michelle Bergadaà (Université de Genève) et Erwan Burkhart École romande d’arts et communication, Lausanne).

Dans cet essai enlevé, on trouve un aperçu des dispositifs de création de confiance qui se développent dans la société virtuelle et fournissent différents types de repères : blogs, réseaux sociaux, journalisme citoyen, notations par les utilisateurs, modèles de prescription, de recommandation et de construction de la confiance…

Ces dispositifs sont aussi le support d´enjeux économiques et financiers de plus en plus considérables et se transforment en repères de réflexion et d´action pour les internautes. C´est par exemple le cas des business model des sites d´information, du rôle central des intermédiaires-prescripteurs (comme Google), du poids grandissant des sites d´agrégation de contenus, des nouvelles modalités de protection et de rémunération de la propriété intellectuelle.

Dans ce vade-mecum de l’internaute d’aujourd’hui, les auteurs se penchent aussi avec sagacité sur les problématiques de la réputation (essentielle en matière d’e-business notamment, mais également pour les particuliers quand ils fréquentent des sites comme Facebook), de la cybercriminalité, du phishing, du e-commerce, des comparateurs de prix, des banques en ligne ou du e-voting…

 

Bernard DELCORD

 

WEB : enjeux de confiance par Pierre-Jean Benghozi, Michelle Bergadaà & Erwan Burkhart, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck, collection « Le point sur… », février 2011, 180 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 €

05 08 10

(Presque) simple comme « gout-morg-n » !

Le yiddish sans peine.gifOn ne présente plus la méthode Assimil d’enseignement des langues, qui permet l’auto-apprentissage avec autant d’efficacité que de plaisir.

Son catalogue vient de s’enrichir d’un surprenant Le yiddish, rédigé par Annick Prime-Margules & Nadia Déhan-Rotschild et illustré par Jean-Louis Goussé, grâce auquel, en 85 leçons (accompagnées de 171 exercices et leurs corrigés ainsi que de 2h30 d’enregistrements) l’apprenant débutant ou faux-débutant sera hissé au niveau B2 du Cadre européen des langues au moyen de dialogues vivants, de commentaires culturels bien choisis et, surtout, de ce style unique qui a fait la réputation de l’entreprise.

On sait aussi que quand une langue meurt, c’est une partie de l’histoire de la pensée humaine qui disparaît avec elle. Le yiddish est une langue germanique dérivée du haut-allemand, avec un apport de vocabulaire hébreu et slave, qui a servi d’idiome vernaculaire aux Juifs d'Europe centrale et orientale (ashkénazes) du Moyen Âge. Il est né vers le XIIe siècle, probablement dans les communautés juives prospères de Lotharingie (en Rhénanie), autour de Mayence, Cologne, Spire, Worms et Trèves, et il a été parlé par les deux tiers des Juifs du monde, soit onze millions de personnes à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Depuis le génocide perpétré par les nazis, il est en voie de disparition. On estime que le nombre d’utilisateurs actuels varie entre 500 000 et 800 000, avec moins de 300 000 locuteurs premiers, répartis en Israël et dans la diaspora juive, avec de fortes concentrations à New York (États-Unis), Bnei Brak (Israël) et Anvers (Belgique). Saluons donc l’initiative des auteures, qui visent à la perpétuation d’un patrimoine qui se meurt.

Notons encore que cette langue s’écrit de droite à gauche, en caractères hébraïques, ce qui constitue à l’évidence un double obstacle, mais surmontable par les personnes motivées.

D’avance, « Maz-l-tov » [félicitations] à elles !

Bernard DELCORD

 

Le yiddish par Annick Prime-Margules & Nadia Déhan-Rotschild, illustrations de Jean-Louis Goussé, Paris, Éditions Assimil, collection « Sans peine », mars 2010, 706 pp. en bichromie au format 18 x 23,5 cm accompagnées de 4 CD audio (2h30 d’enregistrements) et d’1 CD mp3 (2h30 d’enregistrements), le tout sous boitier en couleurs, 69,90 € (prix France)

 

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28 05 10

Le chinois ? Ce n’est pas si chinois que ça…

Bescherelle Le chinois pour tousSe situant au niveau A2-B1 du CECR (Cadre européen commun de référence pour les langues), le tout nouveau Bescherelle le chinois pour tous, rédigé par Joël Bellassen & Arnaud Arslangul et publié à Paris aux Éditions Hatier, complète une longue série de Bescherelle consacrés non seulement au français mais aussi à un grand nombre de langues étrangères (l’anglais, l’allemand, l’espagnol, l’italien, le portugais, l’arabe, le latin et même le néerlandais – ce dernier ouvrage ayant été édité jadis par votre serviteur, tout comme le Bescherelle de français destiné aux néerlandophones d’ailleurs). Ce nouvel ouvrage rassemble divers outils permettant la communication en chinois, à savoir les 125 composants les plus fréquents de l’écriture chinoise, une grammaire traitant les points essentiels avec de nombreux exemples concrets, un répertoire de vocabulaire comprenant 3 000 mots et expressions regroupées en 21 thèmes (l’individu, la famille, le corps, les soins quotidiens et la santé, la nourriture, les voyages, le temps qui passe…) et 105 entrées en français pour trouver le mot juste en chinois. De plus, les utilisateurs du livre bénéficient d’un accès gratuit au site www.bescherelle.com où ils trouveront des exercices et des compléments audio. Un outil formidable pour se lancer avec une relative aisance dans l’apprentissage de la langue la plus parlée au monde !
Bernard DELCORD

Bescherelle le chinois pour tous par Joël Bellassen & Arnaud Arslangul, Paris, Éditions Hatier, juin 2010, 336 pp. en quadrichromie au format sous couverture Intégra en couleur, 12,99 € (prix France)

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21 04 10

Un outil précieux

Le point sur le CECREn faisant paraître chez CLE International à Paris une nouvelle édition revue et complétée d’un remarquable petit essai intitulé Le point sur le Cadre européen de référence pour les langues, les professeurs Évelyne Rosen (Université Charles de Gaulle Lille 3) & Claus Reinhardt (Université de Cologne) apportent aux enseignants francophones de langues (romanes, germaniques, slaves, scandinaves ou asiatiques) des précisions précieuses sur les approches pédagogiques préconisées par le Conseil de l’Europe (dans son Cadre européen de référence complété d’un portfolio) en vue d’une meilleure intégration, au sein de l’Union, des pratiques quotidiennes, des méthodologies et des certifications en matière d’enseignement de leurs disciplines. Après avoir rappelé les étapes clés et les raisons de la création de ce Cadre, en avoir précisé les rapports avec l’approche actionnelle, décrit les échelles et les descripteurs et montré l’aspect militant en faveurs du plurilinguisme, les auteurs se sont attelés à une analyse prospective des outils pour la classe (portfolios, listes, référentiels, procédures d’autoévaluation et d’examens) et ont soumis ledit Cadre au feu des questions de sa mise en place et de sa contextualisation. Cet ouvrage parfaitement accessible s’appuie sur des exemples complets et propose des solutions nombreuses et variées. Un must pour tous les passeurs de savoirs et de savoir-faire !
Bernard DELCORD

Le point sur le Cadre européen de référence pour les langues, nouvelle édition revue et complétée, par Évelyne Rosen & Claus Reinhardt, Paris, CLE International, collection
« Didactique des Langues Étrangères », avril 2010, 144 pp. en noir et blanc au format
13 x 19 cm sous couverture brochée en couleur, 16,10 € (prix France)

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08 04 10

My teller is rich!

Thèmes anglais pour toutes les grammairesConsidérée par beaucoup comme quelque peu macaronique, l’œuvre complexe du poète symboliste Stéphane Mallarmé (1842-1898), fortement marquée de l’empreinte hégélienne, est aussi celle d’un… professeur d’anglais qui, pour faire ses classes, avait en 1863 vécu durant quelque mois à Londres avec une Allemande…
« Mallarmé, pour gagne-pain, avait choisi l'emploi de professeur d'anglais », écrivait Paul Valéry en 1937 dans sa préface des Thèmes anglais pour toutes les grammaires qui viennent de reparaître en édition anastatique chez Gallimard à Paris. « Plus d'un de ses anciens élèves vit encore, dont aucun, que je sache, n'a retiré de ses leçons des fruits certains ? L'enseignement des langues, il y a cinquante ans, n'était point ce qu'il est : il admettait, par-ci par-là, la méthode approximative. Le premier maître que j'ai eu, dans mon collège de province, était un brave homme borgne, qui n'avait, de son œil unique, jamais vu un Anglais de sa vie. La prononciation s'en ressentait. Je m'assure que les choses ont beaucoup changé depuis lors. Les rapports de Mallarmé avec sa fonction étaient difficiles. Toutefois, avant qu'il se soit dépris jusqu'au dégoût de sa besogne professionnelle, Mallarmé avait prononcé quelques tentatives d'accommodement avec la pédagogie. Il eut l'idée de composer quelques ouvrages destinés aux personnes qui veulent apprendre l'anglais. Il pouvait s'en promettre un double avantage : d'abord, celui d'accroître un peu ses ressources ; ensuite, il pensait exposer ses vues personnelles sur la langue anglaise et une certaine méthode pour en acquérir la connaissance. »
Il est en tout cas indéniable que la pédagogie mallarméenne ne manque ni d’intelligence ni d’astuce : chaque série de thèmes grammaticaux (il y en a cent) débute par un rappel de la règle et propose des exercices (avec corrigés) regroupant mille problèmes dans des dictons et des phrases typiques au sein desquelles on retrouve l’humour et la virtuosité de L’Après-midi d’un faune, des Dieux antiques, des Divagations et d’Igitur. Sans doute n’apprend-on pas, avec cet ouvrage, à parler l’anglais, mais bien à l’écrire... Et plus que correctement : Mallarmé ne fut-il pas le traducteur des poèmes et du Corbeau d’Edgar Allan Poe, à égalité de talent avec la version française des Histoires extraordinaires et des Nouvelles histoires extraordinaires que l’on doit à Charles Baudelaire ?
Bernard DELCORD

Thèmes anglais pour toutes les grammaires par Stéphane Mallarmé, préface de Paul Valéry, Paris, Éditions Gallimard, collection « L’imaginaire », janvier 2010, 297 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 8,50 €

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10 02 10

Pour faire (c)Horus…

L'égyptien hiéroglyphiquePoursuivant leur campagne de résurrection des langues mortes (elles ont déjà fait paraître un Grec ancien sans peine et un Latin sans peine), les Éditions Assimil à Paris viennent de publier, sous la plume de l’orientaliste monégasque Jean-Pierre Guglielmi, L’Égyptien hiéroglyphique sans peine, un coffret qui propose aux apprenants débutants ou faux débutants une approche vivante de la langue égyptienne classique au travers d’extraits de contes, de « sagesses », de textes sacrés et de stèles autobiographiques. Dans la mesure où cette langue a connu plusieurs stades d'évolution au cours de ses trois millénaires d'histoire, l’auteur a choisi de traiter le « moyen égyptien », c'est-à-dire la langue de la littérature classique (d’environ 2200 à 1500 avant J.-C.) et d'un grand nombre d'inscriptions monumentales.
S’inscrivant dans la pédagogie intuitive de la célébrissime collection « Sans Peine », cette méthode de langue, fort originale à bien des égards, s’articule autour d’une progression grammaticale soigneusement développée en vue de favoriser l’apprentissage, d’exercices corrigés et de révisions systématiques pour consolider les acquis, de notes explicatives et de commentaires culturels abondants, d’un guide pour reproduire soi-même les hiéroglyphes à la main et de ce style humoristique propre à la collection et qui a fait l’une clé de son succès. L’ouvrage s’accompagne de quatre CD audio (dans lesquels les interprètes utilisent la prononciation conventionnelle) qui favorisent la mémorisation du vocabulaire et des structures de la langue. Une parution à marquer d’une pierre blanche (de Rosette, indeed !) et qui fera date !
Bernard DELCORD

L’Égyptien hiéroglyphique par Jean-Pierre Guglielmi, illustrations de J.-L. Goussé, Paris, Éditions Assimil, collection « Sans Peine », février 2010, coffret (1 livre de 864 pp. en bichromie sous couverture brochée à rabats et quadrichromie, complété de 4 CD audio totalisant 2h10’), 72,90 €

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04 11 09

Les 150 clés du succès !

Bien écrire pour réussir ses étudesQuand ils arrivent dans l’enseignement supérieur, bien des étudiants francophones, toutes disciplines confondues, se trouvent confrontés à une dure réalité : celle qui fait que leurs copies se retrouvent aisément disqualifiées au premier coup d’œil pour des motifs qui leur semblent anodins : présentation illisible, fautes de langue ou simple inadéquation entre ce que l’on a voulu dire et ce que l’on a effectivement exprimé… Ils découvrent alors, parfois à leurs lourds dépens, que la qualité de l’expression –sa correction, sa richesse, sa précision– est un gage de réussite essentiel. C’est pourquoi, en commençant leurs études, ils gagneraient à réactiver ou à compléter leurs connaissances dans ce domaine. Le professeur de lettres Jacques Vassevière, qui enseigne en lycée et participe aux travaux de didactique du français à l’Institut national de recherche pédagogique à Paris, s’est attelé à leur fournir l’outil dont ils ont besoin, en faisant paraître chez Armand Colin un petit ouvrage très pratique intitulé Bien écrire pour réussir ses études. On y trouve de nombreux exercices corrigés qui rendent possible un travail autonome ne demandant qu’un peu de bonne volonté et de constance pour progresser rapidement ou pour se remettre à jour. L’ouvrage, qui contient 150 règles et rappels complétés de 150 exercices corrigés, peut aussi être utilisé pour la résolution de problèmes syntaxiques, orthographiques et lexicaux ponctuels, et il prépare efficacement aux examens administratifs de toutes sortes et de tous niveaux.
Bernard DELCORD

Bien écrire pour réussir ses études par Jacques Vassevière sous la direction de Marie Parmentier, Paris, Éditions Armand Colin, juillet 2009, 256 pp. en noir et blanc au format 13 x 18 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 9,90 €

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25 10 09

« Dis-moi comment tu parles, et je te dirai qui tu es »

Bescherelle verbes arabesNombreux sont chez nous les jeunes issus de l’immigration maghrébine qui entretiennent des relations ambiguës avec leur langue d’origine : s’ils la parlent (parfois), ils ne la lisent guère et c’est là un objet de frustration légitime car ils se retrouvent assis entre deux chaises, Maghrébins ici, Européens au pays, et ils ont parfois l’impression d’être de nulle part… Nous ne saurions trop leur recommander l’acquisition (et la consultation régulière) du Bescherelle des verbes arabes que la maison Hatier à Paris a mis naguère sur le marché en collaboration avec l’Institut français d’études arabes de Damas : ils y trouveront, outre les fondements de la grammaire du verbe arabe exposés en français et illustrés de nombreux exemples, 34 tableaux de construction des formes verbo-nominales et, comme pour tout Bescherelle de conjugaison qui se respecte, un index des 10 000 verbes arabes classés par racines et 127 tableaux de modèles de conjugaison avec toutes les formes actives et passives existantes. De quoi favoriser, par une meilleure maîtrise langagière, une perception juste de la culture verbale de ses origines, gage d’une meilleure intégration dans la société francophone occidentale.
Bernard DELCORD
Bescherelle Les verbes arabes par Sam Ammar et Joseph Dichy, Paris, Éditions Hatier, mai 2008, 286 pp. en bichromie au format 14 x 19,5 cm sous couverture Intégra en quadrichromie, 10,50 €

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02 08 09

Les mots qui fâchent ?

100 mots de la police et du crimeLes 100 mots de la police et du crime par Alain Bauer et Émile Pérez qui vient de paraître aux Presses Universitaires de France dans la célèbre collection « Que sais-je ? » est un petit ouvrage tout à la fois initiatique, passionnant et surprenant.
Les auteurs, deux grands spécialistes français de la police et du crime, y définissent brièvement des mots clés de la pratique quotidienne en usage chez les argousins et les robins, dans le but évident d’une meilleure compréhension mutuelle entre ces acteurs de la loi et les citoyens qui les mandatent.
Dans ce petit vade-mecum du délinquant novice, des termes comme “argot”, “bavure”, “contravention”, “indices”, “garde à vue”, “incivilités”, “mandat”, “perquisition”, “prison”, “procès-verbal”, “suspect”, “témoin” ou “uniforme” prennent tout leur sens si on a affaire à la “gendarmerie” ou à la “police” de l’Hexagone.
Bon à savoir et à mettre dans ses valises, avant de partir en vacances sur les routes de France et de Navarre, qui sait ?
Bernard DELCORD

Les 100 mots de la police et du crime par Alain Bauer et Émile Pérez, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Que sais-je ? », mai 2009, 128 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,5 cm sous couverture souple, 9 €

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08 07 09

Une drôle d'histoire belge

ESPERANTOEntre 1816 et 1919, le riche territoire de la petite commune wallonne de Moresnet (aujourd’hui dans l’entité de Plombières) fut un territoire neutre et indépendant de 3,44 km2 et de 250 habitants environ, dont la langue officielle était l’espéranto. On y exploitait alors la mine de zinc de la Vieille Montagne (épuisée en 1885), la plus riche d’Europe, dont on a extrait plus de deux millions de tonnes en cinq siècles, et les Pays-Bas en disputaient la souveraineté à l’Allemagne. Celle-ci annexa le territoire en 1915 et le traité de Versailles établit en 1919 la souveraineté belge sur le Moresnet Neutre ainsi que sur le village allemand voisin de Neu-Moresnet. À nouveau confisquée par l’Allemagne en 1940, la commune fut définitivement restituée à la Belgique en 1944. Sans toutefois battre monnaie, le Moresnet Neutre, qui avait pris le nom espérantiste d’Amikejo (« lieu d’amitié »), arborait son propre drapeau, avait son propre gouvernement et même son hymne national, l’Amikejo Marsch. Il y a donc 90 ans que l’espéranto n’est plus la langue officielle du seul pays pour qui il le fut jamais. Dommage ! On pourra s’en consoler par l’acquisition du coffret de L’espéranto sans peine publié par les Éditions Assimil à Paris, contenant un livre de 98 leçons en 432 pages et 4 CD audio d’une heure chacun, qui permettra aux nostalgiques et aux curieux de se mettre à l’étude (fort aisée au demeurant) de l’idiome construit en 1887 par le docteur Ludwik Zamenhof, un Polonais soucieux d’améliorer la communication et la compréhension entre les peuples. Bien entendu, on retrouvera dans cet ouvrage tout ce qui a fait le succès pérenne de la méthode Assimil : une approche par le dialogue, un choix de situations réalistes, une progression grammaticale bien pensée, une pédagogie en spirale permettant de consolider les acquis et un recours permanent à l’humour bon enfant.
Bernard DELCORD

L’espéranto sans peine par Jean Thierry, Paris, Éditions Assimil, coffret comprenant un livre de 420 pp. et 4 CD audio d’une heure chacun, 69,90 €

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