27 08 12

Telle mère, telle fille!

206628_201442319888094_117386424960351_589355_6475342_n.jpgC'est avec grand plaisir que l'on retrouve Sophie Kinsella pour la suite des péripéties de Becky, l'accro du shopping... Après les confessions d'une accro du shopping, l'accro du shopping à Manhattan, dit oui, a une soeur, attend un bébé... Cette fois l'on retrouve Minnie... La jeune enfant du couple Bloomwood-Brandon... Une adorable petite fille déjà accro... au shopping!

Agée d'à peine deux ans, cette petite a déjà un caractère bien trempé et sait ce qu'elle veut! Elle est capable de retourner un magasin si elle n'obtient pas ce qu'elle désire! Capricieuse certes mais une petite fille adorable en fin de compte... Que l'on imagine aisément vêtue des plus grandes marques choisies par sa mère attentionnée. A deux, elles forment un duo de choc qui ferait bien tourner la tête de Luke, le seul homme de la maison.

Le sixième volet de cette série culte nous racontes une fois de plus les aventures hilarantes et émouvantes de Becky, pour qui la vie n'est pas toujours très rose. Des idées folles, une organisation de géant, des situations cocasses mais aussi quelques déceptions... Une nounou trop parfaite pour garder le petit diable, une maison de rêve qui leur passe sous le nez, un air de crise financière qui empêche de faire du shopping...Mais heureusement, Becky a TOUJOURS la solution!

Bref, un roman drôle, émouvant auquel on s'accroche du début à la fin... Un tome 7? D'après moi, le sixième opus laisse penser que oui.

Mini-accro du shopping, Sophie Kinsella, éd. Belfond, Mai 2011, 480pp, 19,30€.

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Humour, Poche, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 04 12

Simple et Efficace !

carter_marque.jpgCe que dit le quatrième de couv’ : A L.A. un ange de plus s'en est allé... Une jeune femme a été retrouvée assassinée, le visage arraché. Mais pour le détective Rob Hunter, le fait le plus marquant se trouve sur la nuque de la victime : un morbide emblème taillé dans ses chairs... La marque du Tueur au double crucifix, arrêté deux ans plus tôt. Hunter repart en chasse. La première pour son nouveau coéquipier. Et peut-être la dernière s'ils ne trouvent pas le lien
entre les victimes...

 

Le plaisir des hasards du net ! Alors que je surfe, à la recherche d’informations sur le devenir de Chris Carter, auteur et producteur de « X-Files », le petit Google me tricote un lien vers un homonyme, auteur de thriller ! Détour par son site, clair et bien fait. Découverte de trois romans… Donc deux sont déjà parus chez nous. La Marque du Tueur s’avère de plus être nouvellement disponible en poche. Le décor est connu : Los Angeles dans toute sa diversité, entre fascination pour le rêve hollywoodien et déchéance des jeunes starlettes tombées dans les griffes des proxénètes. Le drame qui se noue, la poursuite d’un sérial killer retords (ceci dit, je vous l’accorde, les sérial-killers équilibré, aux fantasmes basiques font de moins bons antagonistes…) est l’occasion de découvrir un enquêteur sympathique, Robert Hunter, mélange improbable entre l’âpreté virile d’un John McClane/ Jack Reacher et le génie psychologique d’un Sherlock Holmes et surtout d’entrer de plein pied dans un univers où les frontières entre le bien et le mal se brouillent. Certes, Carter ne vise pas la complexité thématique d’un Michael Connelly. Ici, on reste dans le domaine du roman efficace, du « whodunnit » hérité d’Agatha Christie et d’un développement resserré de l’intrigue. On regrettera peut-être certaine longueur… Et une approche un rien maladroite des fausses pistes proposées aux lecteurs. Mais pour un premier roman, Carter s’en sort avec les honneurs. A découvrir donc.

 

La Marque du Tueur, de Chris Carter. Editions Pocket. 531p.

Écrit par Christophe Collins dans Christophe Collins, Poche, Thriller, Polar | Commentaires (0) |  Facebook | |

14 04 12

Suspense En Tranches

 

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Ce que dit le quatrième de couv’ : Une injection. Sept minutes pour accéder au subconscient d Emily Scott. Un carnet pour décrypter ses visions fantasmagoriques.

Quelques jours pour empêcher le pire. Mais quand les morts suspectes se multiplient, le NYPD se pose une question : Arthur Draken est-il un psychiatre de génie ou un dangereux criminel ?

 

Les tentatives pour transformer l’expérience de lecture et rapprocher le livre d’un objet « multimédias » à la hauteur des évolutions technologiques qui semblent éloigner chaque jour davantage de lecteurs de la chose écrite, seront de plus en plus nombreuses dans les années à venir. Pour arracher l’étiquette de « has-been », de divertissement d’un autre temps qui lui colle parfois à la peau, les éditeurs devront faire un effort. Surtout qu’après la manne des romans pour adolescents (dont le nombre est allé en grandissant... mais les succès à la Harry Potter ou Twilight se comptent tout de même sur les doigts d’une main...), le secteur du livre reste bel et bien en crise. Sérum est-il un pas dans la bonne direction ? L’avenir des chiffres nous le dira. Reste que, paradoxe des paradoxes, Loevenbruck et Mazza tente l’aventure du renouvellement en se tournant résolument vers un mode d’écriture venu tout droit du... passé ! Puisqu’ils remettent au goût du jour pas moins que le roman feuilleton, ses histoires « en tranches » qui apparaissaient dans de nombreux journaux ou encore sous forme de fascicule, à la grande époque de la littérature populaire. Sherlock Holmes, Harry Dickson, Doc  Savage... Mais aussi les romans d’Alexandre Dumas étaient alors livrés au public au compte gouttes, provoquant une ferveur inégalée chez les lecteurs.

Avec Sérum, la référence est évidement télévisuelle (le premier Tome est l’Episode 1 de la Saison 1) mais il ne faut pas avoir étudié les médias en long et en large pour savoir que la petite lucarne a elle-même piqué l’idée de la sérialisation de ses histoires au cinéma d’une part et dans la littérature « pulp » très populaire Outre Atlantique.

Ce premier épisode fait donc office de « pilote » afin de planter le décor (New York et sa proche banlieue), les personnages (flic-mère-divorcée, victime amnésique, némesis énigmatique et tout puissant) et la situation (l’enquête sur une jeune femme amnésique, victime d’une attaque en plein Broocklynn cache bien plus qu’une simple agression et des forces sombres déplacent peu à peu leurs pions sur un vaste échiquier qui échappe au lecteur). Du côté du style, pas de soucis, ça dépote ! Pas un poil de graisse sur ce texte court (c’est le but de l’exercice) qui se dévore en une soirée, sans laisser le moindre répit au lecteur. L’intrigue par contre... Pour un premier volume, la mise en place est peut-être un peu longue et le « suspense » de fin de volume manque d’épaisseur... D’autant que le personnage qui en est le protagoniste est introduit fort tard dans l’épisode. Sans compter que le quatrième de couverture en dit sans doute trop... Voire plus que le premier épisode ! Etrange choix de promo...

On s'arrêtera aussi uelques instants sur les "flashcodes" qui sont présents de loin en loin dans le roman et qui permettent d'avoir accès à des "suppléments" (musiques, éléments de l'enquête etc.) qui permettent de se plonger plus avant dans l'univers du livre. Le tout est de savoir, comme c'était déjà le cas dans la série Level 26, créee par le scénariste des Experts, dans quel mesure la gmnastique nécessaire pour accéder à ces contenus ajoute au plaisir de lecture... Ou brise le rythme et l'immersion... Chacun se fera un avis...

Mais comme dans toute série qui se respecte, l’important est maintenant de voir comment les éléments mis en place vont évoluer, pour donner au lecteur à la fois le plaisir de la surprise... Et l’envie de s’attacher au destin des divers personnages sculptés par les deux auteurs. Dans cet esprit, la mission de ce premier volume, donner envie d’en savoir davantage sur l’univers de Sérum, est clairement remplie.

Dr Corthouts

Serum, de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza. Editions J'ai Lu. 190p.

Écrit par Christophe Collins dans Christophe Collins, Poche, Thriller, Polar | Commentaires (0) |  Facebook | |

02 04 12

C'est dans la poche ! : Faim du monde !

wwz.jpgCe que dit la quatrième de couv’ : La guerre des zombies a eu lieu, manquant d'éradiquer l'humanité. Le narrateur, en mission pour l'ONU, a parcouru le monde pour rencontrer, dans des cités en ruine et dans les territoires les plus inhospitaliers de la planète, les survivants de ces années apocalyptiques. Le mythe des morts vivants revisité sous l'angle de la critique sociale et politique.

 

Les morts-vivants sont en passe de devenir les nouvelles coqueluches du petit monde de l’imaginaire (encore que, moins sexy que les vampires, ils risquent tout de même d’être moins excitants pour les hordes d’adolescentes à peine pubères…) et il est donc de bon aloi de revenir sur un des premiers romans de la « nouvelle vague » à prendre le phénomène à bras-le-corps. Max Brooks, déjà auteur d’un Guide de Survie en Territoire Zombie, laisse ici tomber le ton humoristique pour entreprendre ce qui peut être vu comme un récit « historique/uchronique », une collection de témoignages recueillis après que notre planète ai survécu à une invasion de morts-vivants. Ici, l’important n’est donc pas le « pourquoi » derrière l’épidémie, mais bien le « comment ». Comment les militaires, les gouvernements, des grandes compagnies multinationales, les citoyens, les chefs religieux, ont-ils réagit à ce soudain bouleversements. Dans la plus pure tradition du fantastique, les zombies de Max Brooks sont avant tout un miroir, une surface réfléchissante où nos peurs, nos réflexes, nos aveuglements, se reflètent. De la foi aveugle des militaires en la technologie, au cynisme horriblement moderne d’un roi du marketing, en passant par l’aventure étrangement poétique d’une femme pilote de chasse, les témoignages se suivent et tissent un paysage passionnant, fait d’émotions, d’actions, d’horreur et d’espoir. Au final, on regrette juste que la forme choisie empêche toute structure narrative « évidente », ce qui donne aux derniers chapitres du livre un côté inachevé… à la fois logique, puisque le monde se trouve alors en pleine reconstruction, mais un peu frustrant pour le lecteur happé dans ce tourbillon terriblement réaliste.

N.B. : Les droits du roman on été acheté par Brad Pitt, et le film devrait être sur les écrans en Juillet 2013.

 

World War Z, de Max Brooks, au Livre de Poche. 544 p.  

Dr Corthouts

27 03 12

C'est dans la poche !

fenice.jpgLa sortie de « La Femme au Masque de Chair », la dernière enquête du Commissaire Brunetti au cœur des canaux de Venise, dont je vous reparlerais dans quelques jours, est l’occasion de revenir sur la toute première enquête écrite par Dona Leone, Mort à la Fenice, disponible en poche, chez Points. Lorsqu’un grand chef d’orchestre allemand est retrouvé mort, empoissonné, dans sa loge de La Fenice, l’enquête échoit au Commissaire Guido Brunetti, dont le flair, le sens des relations et l’humanisme font des merveilles dans l’univers feutré de la Cité des Doges. Avec cette toute première enquête, Dona Leon jette les bases de ce qui fait la force de la série : une ambiance délicieusement décalée, des dialogues chargés de double-sens et une intrigue principale qui permet d’aborder, par le biais, de nombreuses questions de société mais aussi de s’interroger sur l’âme humaine dans toute sa complexité. Descendant en ligne droite d’un Simenon, Dona Leon évite les effets faciles (si c’est de l’action, des courses poursuites en vaporetto ou des mafieux armés de UZI que vous attendez, passé votre chemin), mais fait progresser son récits par touches légères, tout en dévoilant avec subtilités les éléments constitutifs de la psychologie du Commissaire Brunetti. Ajoutez à cela un amour évident pour Venise, qui transpire de la moindre description et vous obtenez un premier roman (paru en 1992 dans sa version originale, en 1997 sous nos latitudes) qui se (re)découvre avec plaisir.

Dr Corthouts

 

Mort à la Fenice, Dona Leon. Seuil/Points Policier, 283p

Écrit par Christophe Collins dans Poche, Thriller, Polar | Commentaires (0) |  Facebook | |

07 03 12

Saisi..à point

" La vie était un jeu que les enfants pratiquaient à merveille. Avec eux, il était invincible."

9782253161738FS.jpgVéritable invitation à la métaphore alimentaire, le roman de Martin Provost est saisi (ssant) de merveilleux. Un merveilleux alerte, surprenant, farci d'humour - masculin - de loufoque,  tendresse, surréalisme, ...

Quelle en est l'assiette?

Jeune boucher à Quimper, selon la lignée familiale des Plomeur, André affronte la Grande guerre et les longues ...queues des ménagères, célibataires éphémères.

Son dévouement surpasse celui de la chair bouchère et le promeut, d'un coup, à la tête d'une progéniture nombreuse: déposés par des mères peu enclines à essuyer les foudres d'un mari revenu de la guerre, sept couffins se succèdent  à la porte la boucherie, témoins d'une paternité qu'il va dès lors assumer avec le plus grand sérieux.

"Si André avait appris à se faire respecter d'un froncement de sourcils et aimer d'un simple sourire, il savait aussi d'un geste effacer toutes les craintes"

Il embarque sa progéniture pour l'Amérique à bord du Gretchen, un  Cornu de douze mètres de long, défiant tant la mer que  l'imagination du lecteur..

Un réflexion magique sur la paternité et l'esprit de famille  qui accouchera, en toute logique saugrenue, sur la conception d'un ....hamburger.

Une superbe découverte réalisée grâce à la sélection 2012 du Prix des lecteurs du Livre de Poche

A suivre

AE

Bifteck, Martin Provost, roman, Ed. Phébus 2010, Le Livre de Poche 2012, 122 pp.

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Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Poche | Commentaires (0) |  Facebook | |

29 10 11

Une histoire de coeur et pourtant pas d'amour...

 

le-coeur-d-une-autre.jpgBruce Boutard, un quadragénaire un peu bourru découvre après une partie de tennis qu'il est gravement malade. Seule une greffe du coeur pourrait le sauver. Après quelques temps d'attente et par chance on lui trouve un organe. Mais alors qu'il vient d'être greffé, Bruce change du tout au tout; ses goûts, ses pensées, son caractère... Mais que lui est-il arrivé? Il entreprend de faire quelques recherches sur l'identité de son donneur (chose qui est pourtant anonyme) et découvre que c'est une femme... Il veut savoir, il veut la connaitre et ira jusqu'au bout.


« Le coeur d'une autre » est le 4ème roman de Tatiana de Rosnay. Dans celui-elle aborde un thème assez difficile; la relation entre le receveur et le donneur d'organe. L'angle choisi: la différence des sexes.

 

Un livre prenant, rempli d'émotions avec une pincée d'humour. En effet, dès le début de l'histoire Bruce Boutard apparait comme un macho, désordonné et enfermé dans son petit appartement où il n'a de contact qu'avec le livreur, son fils et Ginette, la patronne du Bistrot en bas de chez lui. Après sa greffe, le voilà métamorphosé, prêt à voyager, à faire le ménage et j'en passe...

«Le coeur d'une autre » c'est aussi une belle leçon de vie d'un homme qui semble totalement désespéré et qui reprend goût au désir de vivre grâce au coeur d'une femme.


Le coeur d'une autre, Tatiana de Rosnay, Éditions Le Livre de Poche, Septembre 2011, 6,5€, 281pp

 

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Poche, Romans, Tatiana de Rosnay | Commentaires (0) |  Facebook | |

26 09 11

Le choc des cultures !

 

9782742771905.jpgDans Le mec de la tombe d’à côté, Katarina Mazetti nous offre une belle réflexion sur le choc des cultures, un sujet assez contemporain.

Rien ne prédestinait l’amour passionné entre Désirée et Benny et pourtant seul un sourire a suffit. Elle, bibliothécaire vit en ville dans un bel appartement épuré, lui, agriculteur vit à la campagne dans une ferme. Ils n’ont rien en commun et n’auraient jamais dû se rencontrer mais voilà presque tous les jours ils se rendent au cimetière. Désirée vient de perdre son mari et Benny pleure le décès de sa maman. Assis côte à côte sur un banc, ils ne se parlent pas, ils s’agacent même mais un jour ils s’échangent un sourire et là tout bascule. Et nous voilà partis pour belle histoire d’amour…

 

Extrait (p.144-145) : « Il nous est arrivé de louer une cassette vidéo. C’est-à-dire, on ne loue pas un film, on ne réussit jamais à se mettre d’accord sur le choix. On en loue toujours deux. Ensuite elle va chercher son fourre-tout fleuri pendant mon film, et moi je m’endors pendant le sien.

On va aussi bien ensemble que de la merde et des pantalons verts, comme disait mon grand-père. »

 

Katarina Mazetti nous emmène à travers un roman drôle, décapant et tendre. Chaque chapitre est raconté en alternance par l’un des deux protagonistes ce qui fait du lecteur le témoin privilégié de ce récit entre deux êtres que tout oppose.

Bref, un roman qui se lit facilement, destiné à tous et qui pose cette question de savoir si deux personnes que tout éloigne peuvent s’aimer ?

 

La suite de ce roman « Le caveau de la famille » est sorti au mois de mars 2011 aux Editions Gaia.

 

Le mec de la tombé d’à côté, Katarina Mazetti, traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus, éd. Actes Sud, Collection Babel, avril 2009, 254 pp, 7,50€.

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Poche, Romans | Commentaires (1) |  Facebook | |

23 06 11

Pleins feux sur l'homme sans lumière !

9782266194853.jpg     Gilbert Pastois vient de perdre la femme qu’il a tant aimée, Jeanne.  Comme cet inconnu croisé dans un café, puis suivi au cimetière, dont il observe depuis au quotidien les moindres faits et gestes. Un intérêt obsessionnel qui trouve ses germes dans le terreau de souffrances communes qu’ils partagent. Il voit en lui un homme miroir. Un autre « condamné » au malheur.

     Car pour Gilbert, la souffrance est génétique.

     Une fatalité.

     Une douleur abyssale l’envahit, qu’il tente de combattre à renfort d’alcool, de cigarettes, de vidéos pornos. Pauvres compagnons d’infortune. Car y a-t-il plus grande souffrance que celle qui à tout moment vous dégoûte sourdement de la vie, sans pour autant vous donner l’envie d’en finir ?

     Le cœur et l’âme en lambeaux, il entreprend alors de se raccrocher au fil ténu de l’existence grâce à l’écrit. Il exorcise ses maux sur des pages bleuies de mots. Des lettres qu’il adresse à cet homme, cet alter ego dont il est intimement convaincu qu’il saura le comprendre, entendre sa détresse muette. Voire y répondre. Certes, il y a un point non négligeable qui les sépare : l’inconnu est veuf, lui non. S’il est seul aujourd’hui, c’est parce que Jeanne l’a quitté. Pire : pour un autre homme. Un homme apte au bonheur, lui.

     Tout au long de ce roman épistolaire, qui noue le lecteur à la gorge, Richard Andrieux maintient le suspens sur cet Autre, ce destinataire des courriers. Est-il né du cerveau malmené de Gilbert ? Existe t-il vraiment ? Et si oui, ce pont d’encre et de papier érigé par Gilbert, accostera t-il sur la rive de l’Autre ?

     Ce roman sombre brille par le talent de l’auteur, sa capacité extraordinaire à créer une très grande intimité entre le personnage et le lecteur. Les lettres délient le cœur de Gilbert, lui offrent le recul nécessaire à l’expression de son mal-être, le temps de choisir les mots sur mesure pour habiller le corps de ses émotions. Elles nous lient à lui, nous le rendent proche, nous touchent tels des uppercuts en plein cœur.

     Si le héros de son roman est convaincu n’avoir jamais su briller, Richard Andrieux, à l'instar de son premier roman 'José', nous offre une plume étincelante qui sait mettre en lumière l'universalité dans ce qu'il y a de plus intime.

Citation : "Qu'y a t-il de plus beau que les souvenirs? Plus le temps passe, et plus on peut les embellir, les déformer à souhait, sans que personne ne s'en rende compte." 

 Karine Fléjo

L'homme sans lumière, de Richard Andrieux, Editions Pocket, mars 2011, 144p, 5,10€.

Écrit par Brice dans Poche | Commentaires (0) |  Facebook | |

23 02 11

Nicky présente "L'ombre du vent" sur Filigranes TV

Filigranes.tv, Nicky Depasse présente, Carlos Ruiz Zafon, "L'ombre du vent", Grasset from Filigranes Tv on Vimeo.

 

Écrit par Brice dans Poche | Commentaires (1) |  Facebook | |