08 09 07

The days after

FOERParution en poche du "Extrèmement fort et incroyablement près" de Jonathan Safran Foer, un livre qui vous entraîne un peu partout dans le New-York de l'après 11 septembre à travers le regard d'un petit graçon qui a perdu son père dans les attentats. Ecoutez ce que Régis Delcourt en disait lors de la sortie du livre l'an dernier chez L'Olivier.

  POINT VIRGULE REGIS DELCOURT 5


"Extrèmement fort et incroyablement près", Jonathan Safran Foer, Points, 460p, 8€.

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07 09 07

Un serveur à Asnières

FABREDominique Fabre fait partie des auteurs que le grand public doit encore absolument découvrir, lire en grand nombre. L'homme est professeur d'anglais, l'écrivain est un magicien du quotidien. Son style est simple, les gens qu'il met en scène aussi. Il ne se passe jamais rien d'extraordinaire dans sa banlieue. Mais la toile sociale qui relie les dizaines d'acteurs du quotidien de Pierre, barman à Asnières, est une merveille de joaillerie, fragile comme le destin des petits. Si vous n'avez encore jamais ouvert un livre de Dominique Fabre, faites-le d'urgence et pourquoi pas, en commençant par cette serveuse (qui est nouvelle).

DOMINIQUE FABRE - Brice Depasse 1
DOMINIQUE FABRE - Brice Depasse 2


"La serveuse était nouvelle", Dominique Fabre, Pocket, 5€80.

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07 09 07

Les sirènes de Bagdad (et de Beyrouth)

KHADRAYasmina Khadra nous a ouvert les yeux avec les hirondelles de Kaboul avant de nous traumatiser avec l’attentat, un livre qui a connu en 2005 un succès retentissants et ô combien mérité.
Avec ce nouvel épisode pathétique du clash occidento-oriental qui paraît aujourd'hui en poche, l'écrivain algérien ouvre une nouvelle porte (mais à quel prix !) à l'entente et la compréhension entre nos deux belles civilisations. Prenez la peine et le temps, si pas de le lire, au moins de l'écouter !

YASMINA KHADRA - Brice Depasse 1
YASMINA KHADRA - Brice Depasse 2


"Les sirènes de Bagdad", Yasmina Khadra, Pocket, 6€30.

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02 09 07

Lettre ouverte à Ben Laden

INCENDIAIREDu printemps jusqu’à l’hiver, une mère rédige un lettre émouvante, drôle et réaliste à Oussama Ben Laden pour lui expliquer sa vie, avant et après un attentat terroriste dans lequel son mari et son fils de quatre ans ont perdu la vie. Par amour, pour survivre à cette horreur (dans laquelle ont péri plus de mille Londoniens) mais aussi pour se libérer de ses erreurs, cette femme écrit dans le but que plus jamais une chose pareille ne se reproduise.
Ce roman de Chris Cleave est éblouissant, bouleversant, génialissime.
Paru au Livre de Poche, il a été sélectionné en juillet pour entrer en lice pour le prix des lecteurs 2007.
Jamais un livre ne m’avait donné la chair de poule : celui-ci est le premier.
Nicky Depasse

Extraits :
« Je t’écrirai pour te montrer le vide que tu as laissé en me prenant mon gamin. Je t’écrirai pour que tu puisses regarder au fond de mon existence vide et que tu voies exactement ce qu’est un gamin à la forme du trou qu’il laisse derrière lui. Je veux que tu sentes ce trou dans ton cœur que tu le caresses de tes mains et que tu te coupes les doigts sur ses arêtes tranchantes. »
« Vu de l’extérieur Londres a l’air riche mais la plupart d’entre nous on est drôlement pauvres. J’ai vu la vidéo que tu as enregistrée Oussama celle où tu parlais de la décadence de l’Ouest. Tu pensais peut-être aux quartiers ouest de Londres. On n’est pas tous comme ça tu sais. Londres est une menteuse qui sourit de toutes ses dents. Ses incisives sont nickel mais ses molaires sont pourries et elles puent de la gueule. »

« Incendiaire » , Chris Cleave, Livre de poche, 310 pp, 6,50 €.


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25 08 07

La Terre et l'Oeuvre

CUECOQuand un artiste qui s'ignore, un jardinier, entre au service d'un artiste de renom, un peintre parisien, des idées s'échangent sur les salades, les toiles, l'alcool, la vie, l'art, l'amour, ...
Quand Mr Dupinceau se trouve être le copain d'enfance de monsieur Dujardin, il se pourrait bien que la camaderie d'enfance se transforme en amitié au fil de leurs discussions. Chacun va apprendre de l'autre : la Terre et l'Oeuvre.
Si, comme beaucoup, vous avez aimé cette année "L'élégance du hérisson", vous apprécierez la simplicité et l'intelligence de ce livre (paru il y a quelques années, déjà) qui parle de la vie des hommes.
Est-ce parce que Herni Cueco est lui-même un peintre de renom, qu'il n'a pas donné le premier rôle dans ces dialogues ? Peut-être. Jean Becker, le cinéaste, a rétabli l'équilibre entre les eux personnages dans le film (cliquez sur la couverture).
"Dialogue avec mon jardinier " est le livre d'un homme de soixante-dix ans qui en sait beaucoup (déjà?) sur la vie. C'est tout simplement (et avant tout) un livre qui vous fera du bien.
Brice Depasse

HENRI CUECO

"Dialogue avec mon jardinier ", Henri Cueco, Points, nouvelle édition avec l'affiche du film en couverture, 6 €.

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20 08 07

Une vie sans histoire

GRONDAHLIrene Beckman a tout : travail, famille, richesse. Et pourtant. Un soir, elle découvre l'impensable : son mari la trompe. Coup dur à cinquante-six ans. D'autant plus que sa mère devant subir une opération chirurgicale difficile lui a remis une lettre à n'ouvrir qu'en cas de malheur. Vu la situation, Irene craque, ouvre la lettre et apprend de la main de sa mère que son père ne fut pas celui qu'elle a toute sa vie appelé papa.
Après "Piazza Bucarest", "Sous un autre jour" est le second roman de Grondahl que je découvre cette année. Belles histoires, belle écriture. Lire Jens Christian Grondahl est un ravissement. La Scandinavie regorge de richesses littéraires. Le Danemark nous offre depuis quelques années un beau joyau pour un si petit pays.
Nicky Depasse

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20 08 07

"Hérisson - 1" ou "Le ventre du gastronome"

BARBERYMuriel Barbery, vous connaissez.
Réaction classique : sitôt la lecture de « L’élégance du hérisson » achevée, vous voulez tout connaître d’elle. Partant, vous découvrez « Une gourmandise », son premier roman, publié en 2000 chez Gallimard, traduit en 12 langues et déjà truffé de prix littéraires.
Avec « Une gourmandise », on assiste aux dernières quarante-huit heures du monarque absolu de la gastronomie. L’action, si l’on peut dire, se déroule, dans un immeuble, rue de Grenelle, dont la concierge se prénomme Renée… L’agonie du narrateur évoque celle de Monsieur Arthens (L’élégance du hérisson, cliquez sur la couverture ci-contre) ; elle est annoncée par le même Docteur Chabrot.
Quoi qu’il en soit, le propos de l’ouvrage est une quête, rendue urgente par le délai annoncé, d’une sensation gustative enfouie dans la mémoire du narrateur : « Plus rien n’a d’importance à présent. Sauf cette saveur que je poursuis dans les limbes de ma mémoire et qui, furieuse d’une trahison dont je n’ai même pas le souvenir, me résiste et se dérobe obstinément »
Suprématie de la langue, le style affiche une densité que l’on retrouvera, quelque peu allégée – et ce n’est pas plus mal - dans « L’élégance ». Les descriptions de plats sont des sommets de littérature gourmande, tantôt d’une précision chirurgicale, tantôt sensuelles et érotiques jusqu’à l’orgasme.
Et l’on poursuit avec une avidité salivaire ce voyage gastronomique dans la vie du narrateur, ponctué de chapitre où la voix du narrateur est relayée par celles des membres de son entourage.
Le dénouement surprend le lecteur, l’oblige à une réflexion insolite sur la légitimité de l’académisme gastronomique.
Muriel Barbery est un grand écrivain. Imprégnez-vous sans délai d’ « Une gourmandise », édité en poche chez Folio.
Apolline Elter

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19 08 07

Tremblez !

THILLIEZFranck Thilliez, cet écrivain du nord qui vous file le frisson au détour de chaque paragraphe, lance « La Forêt des Ombres », un pavé-poche de noirceur concentrée dont je vous recommande la lecture, au coin du feu, vu la météo de ce bel été.
Mon premier est donc un jeune embaumeur au passé trouble qui écrit des romans policiers pour exorciser ses cauchemars. Mon second est un riche homme d'affaires, cloué dans une chaise roulante, obsédé par les agissements d'un tueur en série. Mon troisième est un chalet perdu en pleine Forêt Noire où se déroulent des expériences entomologiques pas très ragoûtantes. Mon tout est un huis clos d'une tension extrême, articulé autour de la résurgence du passé et de la manipulation psychologique d'où personne ne sortira indemne... Pas même le lecteur !Avec un sens de la narration et du rythme qui s'est encore affiné avec le temps, Frank Thilliez fait grimper la pression dans les étendues neigeuses de la forêt allemande et pousse ses personnages dans leurs derniers retranchements. Sous la houlette d'un tourmenteur dont la cruauté ne semble pas avoir de limite, le personnage principal, sa famille et les malheureux qui les entourent ne semblent avoir aucune autre issue que la folie et la perte totale de leur humanité. Des thèmes que Frank Thilliez abordaient déjà dans « La Chambre des Morts », mais qu'il revisite ici dans une sorte de pièce de théâtre macabre où les personnages s'avèrent peu à peu être obligés de se laisser aller à leurs pulsions les plus violentes pour survivre à un jeu truqué. Et même s'il laisse entrevoir une pâle lueur au bout du tunnel, Thilliez est loin, très loin même de nous rassurer sur la nature humaine.
Un roman choc, à ne pas mettre entre toutes les mains, mais dont les amateurs vont se délecter... Avec plaisir.
Chris Corthouts

Cliquez sur la couverture pour écouter notre entretien.

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19 08 07

Chagrin de poche

MEYERPhilippe Meyer est un journaliste (éditorialiste au Point) dont la carrière a bifurqué il y a un quart de siècle vers la radio (en l'occurence France Inter et France Culture) et la télévision (il est l'un des auteurs de "De Nuremberg à Nuremberg"). On lui doit déjà une vingtaine de publications sur les thèmes (sérieux) les plus divers. Pourtant, il doit sa notoriété à "Téléscopages", une des premières émissions (de radio) consacrées au monde de la télévision. C'est donc avec un certain étonnement que le public va découvrir en poche son premier roman : "Brusque chagrin" ou l'histoire d'un homme à qui tout réussit et qui pète les plombs à cause d'un amour à sens unique. Tout y est pour passer un bon moment : jeunes intellectuels dynamiques, globe trotters, célibataires comme l'air, new-yorkais par interim, Français par nationalité, amour d'un soir, amour toujours. Bref, du Simone de Beauvoir à la sauce proustienne. Et puis le Mur (de Sartre) : l'amoureux est éconduit, repris, délaissé, récupéré. Et sa vie de fuir de toute part. Grande trouvaille ; on ne sait si l'objet de sa passion est un homme ou une femme. Un seul défaut à ce livre : on s'y ennuie parfois entre les beaux passages.
Brice Depasse

Philippe MEYER - Brice Depasse 1
Philippe MEYER - Brice Depasse 2

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09 08 07

Chronique express : Conjuration Casanova

CASANOVA GIACOMETTI RAVENNEAprès Le Rituel de l’Ombre, excellent roman qui avait pour cadre les loges maçonniques et des nostalgiques du troisième Reich, Giacometti et Ravenne lancent leur inspecteur Marcas sur une nouvelle enquête sulfureuse. Cette fois, ce sont les adeptes d’une obédience déviante, sous les ordres d’un certain Dionisos qui sèment les cadavres sur leur chemin.
Excellente structure, personnages parfaitement typés, rebondissements à gogo et action haletante, il n’en faut pas plus pour que cette Conjuration trouve le chemin des lectures de l’été. D’autant que l’aventure se déroule à Paris, mais aussi sur les côtes siciliennes, en Espagne et, Casanova oblige, à Venise ! Une balade sudiste, tout en restant dans son transat, pour le prix d’un dixième de billet low-cost ! Toujours insatisfait, ou noyé jusqu’aux yeux dans de trop nombreuses lectures, j’ai simplement trouvé le dénouement de l’aventure un chouïa tarabiscoté. Mais sous le parasol, personne ne s’en plaindra.
Chris Corthouts

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