31 07 08

Des playmobiles et des nouvelles

ANCIONBonne nouvelle, c’est le cas de le dire, le dernier livre de Nicolas Ancion est disponible en poche pour cet été.
La vie n’est pas un jeu d’enfant. Et pourtant, un peu d’humour peut faire passer bien des situations dramatiques. Par exemple, que peut-il arriver de pire à un banquier que d’être victime d’un tiger-kidnapping, laissant une épouse à son domicile avec un individu dangereux et déterminé ?
Multipliant les tranches de vie dans un cadre résolument exotico-belge, Nicolas Ancion vient de publier avec ce recueil de nouvelles son livre le plus réussi. Chaque histoire est une véritable trouvaille, racontée avec humour, écrite avec le talent d’un auteur en pleine possession de son art.
Lecture hautement recommandable donc, même si vous n’êtes pas friand de ce genre littéraire qu’est la nouvelle. Nicolas Ancion se révèle avec ses Playmobiles être un véritable héritier de Truman Capote et de Maupassant au XXI° siècle.

Nicolas Ancion, « Nous sommes tous des playmobiles », Pocket, 2008, 151p. 5€00.

Entretien réalisé lors de la publication de sa publication au Grand Miroir, l'an dernier :

  NICOLAS ANCION - Brice Depasse

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29 07 08

Wham ! Bam ! Pouf ! Pan ! Smack !

james_rollinsMis à part le fait que son titre ne veut absolument rien dire (in English, c’est Tempête de Sable qui eut été bien plus logique) ce roman que l’on placera sans hésiter dans la catégorie des lectures de l’été, ne perd pas une seconde pour saisir le lecteur et l’emmener en voyage au cœur d’une intrigue totalement improbable… mais véritablement passionnante ! Un plaisir décuplé par le soin méticuleux que prend l’auteur à tout faire péter sans aucun complexe (du British Museum au voilier géant du Sultan d’Oman, en passant par la moitié du Désert D’Arabie !). Clairement hérité de la tradition des pulps américains (Doc Savage en tête), les aventures d'Omaha Dunn et des hommes du Groupe Sigma à la recherche d’une mythique cité perdue ont tout pour plaire aux amateurs de sensations fortes, de rebondissements rocambolesques et de jolies femmes. Ces dames ne sont pas non plus dépaysées sous le parasol avec des héros sculptés comme des « actions figures » et une petite touche de romantisme en plein cœur de la tourmente.
Tout cela ne se prend évidemment pas au sérieux – si vous lisez ce genre de roman au premier degré pensez à changer les piles de votre avion téléguidé, il y a trop longtemps que vous ne l’avez plus utilisé – mais mettra du baume au cœur de tous les lecteurs déçus par ce mois de juillet plongé dans la grisaille.
Dr Corthouts

Tonnerre de Sable, James Rollins, City poche, mars 2008, 634p, 7€90.

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16 07 08

Petit précis de lecture estivale en six étapes

LIVRE DE POCHEAvertissement : il va sans dire que je ne suis pas là pour dicter votre comportement de lecture estivale mais permettez moi de débuter ce petit précis par un conseil d’ordre général : « Le poche, toujours le poche ».
En effet, en ces périodes où la température flirte souvent avec les sommets, surtout si vos pérégrinations vous emmènent loin de nos latitudes aux soubresauts météorologiques totalement inattendus, lire léger, c’est lire sécurité ! On ne compte plus les malheureux qui, oubliant pour quelques secondes qu’ils étaient en train de lire Les Bienveillantes, se sont précipités dans la grande bleue pour couler à pic, emportés sous les vagues par ce pavé qui, et c’est l’exception qui confirme la règle, même au format de poche, pourrait servir d’objet contondant avec efficacité dans le plus basique des polars. En poche donc, tous les romans qui suivent se liront avec plaisir à l’ombre d’un parasol, un cocktail à portée de main, un voilier posé sur l’horizon ...
Chris Corthouts

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16 07 08

Et un thriller maçonnique, un !

GIACOMETTI RAVENNEToujours dans la mouvance « complot and Co », les francs-maçons font partie de ces gens « discrets » que d’aucun verrait bien aux commandes, occultes, de notre société. Giacometti et Ravenne, en duo malin, exploitent cette veine avec intelligence et recul et coupent l’herbe sous le pied à bien des fantasmes, en nous concoctant les aventures du commissaire Marcas, frangin lui-même, souvent confronté à des dérives au cœur même des sociétés discrètes. Cette fois, l’enquête se déroule aux limites de l’alchimie et dans les milieu passionnant du commerce de l’or… Trois intrigues, rondement menées, finissent, comme c’est toujours le cas dans les meilleurs thrillers, par n’en former qu’une seule. Un délice !
Chris Corthouts

«Le Frère de Sang»,Giacometti et Ravenne, Pocket, juin 2008, 539p, 7€70

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16 07 08

Gaffe aux coups de soleil !

POCHE COBENAvec Harlan Coben, une seule recommandation : ne commencez pas un de ces romans si vous vous trouvez en plein soleil ! Vous allez totalement oublier d’ouvrir le parasol et terminer la journée, façon homard thermidor, à dévaliser la première pharmacie venue à la recherche d’une crème de protection 10.000. Le géant du New Jersey, ancien joueur de basket et agent de voyage, est devenu en quelques années, le pourvoyeur de nuits blanches le plus coté de la Côte Est des USA ! Dans Promets-Moi il retrouve, pour les besoins d’un thriller tendu comme une corde de violon, Myron Bolitar, ancien agent sportif et enquêteur de choc et de charme qui permit en son temps à Coben de faire ses armes dans le milieu des polars de série. Ici, se mêle avec efficacité la prose plus mature d’un auteur qui s’affirme, le rythme et l’humour d’une « voix » à nulle autre pareille pour composer un tableau original et entraînant. Mortel !
Chris Corthouts

«Promets-moi !»,Harlan Coben, Pocket, mars 2008, 507p, 7€70

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16 07 08

Tout le monde aime Guillaume !

POCHE MUSSOLorsqu’on mêle avec un tel talent, de façon totalement décomplexée, les canons de la comédie romantique, les ficelles du fantastique et un volée de références puisées dans l’inconscient collectif de tous les ados des années quatre-vingts, ne touche-t-on pas tout simplement au génie populaire ? J’ai plus d’une fois, en parlant de Guillaume Musso, tracé une parallèle avec Steven Spielberg. Les deux hommes, avec des moyens différents, sont au carrefour, sur le fil fragile, entre l’art et le divertissement, le plaisir et la réflexion, les références et l’univers propre.
Un vrai bonheur de lecture, que Musso semble répéter, sans effort, depuis plusieurs années. Sans oublier l’influence, réelle ou simplement née dans mon œil de critique, d’un certain Dean Koontz sur son travail.
S’il ne fallait emporter qu’un seul roman pour éviter l’excès de bagage …
Chris Corthouts

«Parce que je t'aime»,Guillaume Musso, Pocket, avril 2008, 313p, 6€40

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16 07 08

T’as ton Code ?

POCHE KHOURYQue serait un été sans le dernier roman inspiré de, influencé par, honteusement pompé sur … le Da Vinci Code ! Même si la vague commence lentement à refluer, même si un « nouveau roman de Dan Brown » semble lentement rejoindre le monde des mythes (aux côtés du Grand Serpent de Mer et du Yéti) le thriller d’inspiration religieuse a toujours ses représentants, alignés comme à la parade, sur les linéaires de nos supermarchés. Le Dernier Templier de Raymond Khoury, ne fait pas partie des plus mauvaises pioches. Avec une scène d’ouverture dantesque, où des templiers déboulent en pleine Musée d’Histoire Naturelle de New-York, à cheval, armés de fusil automatique, vaut son pesant de dattes… Avec sa classique chasse au trésor pour mettre la main sur un secret qui-pourrait-bien-remettre-en-question-les-bases-mêmes-de-la-chrétienté, ce roman est une sympathique variation sur un thème bien connu.
Toujours très bien aussi pour engager la conversation avec une jeune et jolie célibataire en pleine lecture du dernier roman de chick-lit à la mode…
Chris Corthouts

Le dernier templier, Raymond Khoury, Pocket, avril 2008, 599p., 7€70.

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16 07 08

Faute de Goût ?

Poche LEVYMarc Levy… Un auteur qui est devenu synonyme de vente pharaonique, de comédie légère et de… tête de gondole. Snobé par une partie de la critique, qui pense toujours que le succès à des relents d’égouts et que le public, s’il achète en masse, ne peut répondre qu’à un réflexe pavlovien induit par la pub et non pas faire preuve du moindre sens critique, Marc Levy s’est lancé une sorte de défi : écrire un « vrai » livre, aux résonances sérieuses, défaits de toute « mièvrerie » et de mécanique facile. Quelle meilleure toile de fond alors que la seconde guerre mondiale, cette période fascinante et répugnante à la fois, où l’homme a laissé libre cours à ses plus bas instincts. Les Enfants de la Liberté se veut donc une sorte de témoignage, d’hommage à ces jeunes adolescents, qui vécurent la guerre dans la résistance et ne cessèrent jamais de torpiller la toute puissance de l’occupant allemand. Seul souci, peut-être débordé par son sujet, paralysé par les souvenirs familiaux bien réels, Levy a du mal à se défaire de ses tics hollywoodiens et finit par basculer dans une sorte d’enchaînement systématique de coups d’éclats et de notices biographiques qui manquent de tripes … et de cœur. Paradoxal pour un auteur qui parvient, par ailleurs, à insuffler une vraie vie à des personnages de pure fiction. A lire, parce que sous la braise un peu froide se cache sans doute les brandons d’un futur grand roman.
Chris Corthouts

«Les enfants de la liberté», Marc Levy, Pocket, avril 2008, 367p, 6€40

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22 06 08

Le roman de Gilgamesh

CASSABOISL’épopée de Gilgamesh compte assurément au nombre des textes fondamentaux de l’humanité, au même tire que l’Odyssée ou l’Iliade (qui lui sont postérieurs). Rédigée à Sumer, en Mésopotamie, il y a près de 3500 ans, elle a traversé les âges pour nous parvenir sans rien perdre de sa force d’évocation, de sa capacité à nous parler intimement de sujets fondamentaux : arrachement à l’état de nature, processus civilisateur et régression animale, amitié et déchirement, peur de la mort et soif d’aventure, désir d’immortalité… On retrouve d’ailleurs en ses pages des bribes de récits qui seront par la suite intégrés à divers autres textes d’importance - à commencer par l’histoire du déluge auquel survit Outa-napishti dans son Arche, père d’une humanité régénérée, reproduite avec peu de changements (apparition de Noé en lieu et place de ce personnage autochtone) dans la Bible.
« Le premier roi du monde » nous propose une version romancée, simplifiée à destination d’un public adolescent, de l’antique conte sumérien. L’essentiel des péripéties développées dans cette épopée parvient cependant à trouver sa place dans ce livre, qui constitue de la sorte une excellente introduction aux aventures de Gilgamesh et de son ami Enkidou, pour les adolescents comme pour les adultes.
Que l’on partage ou non la morale de cette fantastique épopée (l’homme doit s’accommoder de sa condition d’être mortel, toute rébellion semblant vouée à l’échec), sa lecture n’en paraît pas moins nécessaire - d’une part pour la beauté du récit et des images qu’il déploie, mais aussi pour une juste connaissance des soubassements mythologiques de notre civilisation. Ce retour aux sources, qui nous renvoie plusieurs millénaires en arrière, à une époque où la relation qu’entretenaient nos ancêtres avec la nature n’était pas aussi tranchée qu’aujourd’hui, nous permet de mieux comprendre ceux que nous sommes devenus, à l’âge de l’Internet et des avions supersoniques.
Une lecture chaudement recommandée à quiconque souhaite approfondir sa réflexion sur ce qui nous constitue en tant qu’êtres humains, en tant qu’individus civilisés au sein d’un univers volontiers cruel...
Franck Boulègue

Jacques Cassabois, Le premier roi du monde : l’épopée de Gilgamesh, 187 p., Le Livre de Poche Jeunesse, 2008, 4€90.

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04 06 08

Days in NYC

CUNNINGHAMDans Le Livre des jours, l’écrivain américain Michael Cunningham parle de ce qui fait la vie : le temps qui passe et les liens que tissent les humains. Ces liens, parfois, peuvent nous sembler des cordes ; ils nous lient plus qu’ils nous relient. Comment vivre, au fond ? Dans quel rapport à l’autre et au collectif ? Michael Cunningham donne sa réponse : par le don de soi, que certains de ses personnages poussent au bout, jusqu’à se donner la mort pour que d’autres puissent (re)vivre.
Le roman déroule trois histoires à trois époques différentes – passé, présent, futur – et qui nous disent que si le décor – ici, New York – change, l’homme, lui, demeure, avec ses interrogations.
Cela n’est peut-être pas très original, c’est enfoncer une porte ouverte, c’est taper sur un clou. Et alors ? Quand un roman est écrit comme celui-là, avec tellement de poésie, de tristesse contenue et de sincérité, on ne peut que crier à la littérature.
Justement, il est pas mal question de littérature dans Le Livre des jours - comme dans Les Heures (The Hours), un précédent ouvrage de l’écrivain, dont un film fut tiré en 2002, avec Nicole Kidman dans le rôle de Virginia Woolf.
La littérature est même, au fond, le personnage principal du Livre des jours.Que sont les jours sans un livre ? Que sont les hommes sans un miroir ? On exagère à peine.
Johan Rinchart

«Le livre des jours», Michael Cunningham, Pocket, avril 2008, 439p, 7€20

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