10 08 08

La vie n'arrête jamais

AUSTER_brooklyn_2Le Livre de Poche vient de publier le roman le plus enthousiasmant d'un des plus grands écrivains américains contemporains. L'aboutissement d'une longue observation, d'une réflexion éclairante (et éclairée par l'expérience) et d'une inspiration toujours renouvelée sur un sujet : vivre une vie d'homme à New-York. La ville monde. La cité humanité.
Nathan Glass, sexagénaire, vit seul à Brooklyn. Pension anticipée. Divorce récent. En rupture avec toute la famille. Conscient d'avoir ouvert le dernier chapitre d'une vie (et pas le meilleur), Nathan égrène chaque jour du reste de son existence au rythme des repas pris au restaurant et de son oeuvre égoïste et dérisoire : tenir le registre des anecdotes peuplant ses souvenirs.
AUSTER_brooklyn_1Mais rien n'arrive jamais comme prévu. En retrouvant derrière le comptoir d'un bouquiniste, un neveu perdu de vue, la vie sans but du retraité se transforme en gare de formation des destinées de quelques âmes.
Dans ce livre vous trouverez tout ce qu'il y a d'essentiel dans notre vie : le bonheur et la vérité.
Brice Depasse

Brooklyn Follies, Paul Auster, en poche :

Babel, Actes sud, 363p, janvier 2007, 8€50
Livre de poche, 376p, juin 2008, 7€50.

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03 08 08

Au-delà du réel

BELLOQu’ils soient écrivains ou scénaristes, les Américains sont passés maîtres dans la culture du complot. Est-ce parce qu’il est né à Boston que le Français Antoine Bello a imaginé une intrigue, écrit un roman qui fera date ? « Les falsificateurs » est le plus beau, le plus incroyable livre, la plus hallucinante histoire que j’aie lue dans le genre.
Le Consortium de Falsification du Réel, comme son nom l’indique, falsifie la réalité du passé et du présent. Ses agents ont, notamment, créé les faux carnets d’Hitler, fait croire à l’Humanité que les Soviétiques avaient envoyé une chienne (Laïka) dans l’espace, inventé la légende des Vikings, premiers colonisateurs de l’Amérique et celle des extraterrestres de Roswell.
Le CFR est une organisation mondiale au budget cyclopéen et aux ramifications considérables. Car pour créer un mythe, un faux parfait, il faut de l’imagination, des complices, de l’argent, … et une bonne raison.
Gunnar Erikson, agent islandais, a recruté grâce à la couverture du cabinet Baldur, Furuset & Thorberg, le jeune Liv Dartunghover (le narrateur) qui à travers son expérience personnelle partagera avec le lecteur son bizutage, son écolage et son ascension au sein d’une société secrète dont la finalité reste l’énigme à résoudre.Du vrai thriller intelligent (les arcanes d’une multinationale occulte), divertissant (c’est un thriller mais sans violence), éclairant (sur le XX° siècle et ses grands mythes) et dépaysant (l’Islande, l’Argentine, le Bostwana et la Sibérie). Vous manqueriez vraiment à ne pas le lire.
Brice Depasse

Citation : "Le contact d'êtres médiocres vous retrécit l'horizon."

"Les falisificateurs", Antoine Bello, Folio, Gallimard, juin 2008, 588p., 8€40.

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03 08 08

Labyrinthe onirique

FERMINEVassili Evangelisto est un archimandrite qui décide de partir évangéliser les populations d’Arabie. Hélas, son navire, pris dans une terrible tempête, coule. Vassili échoue sur une île apparemment déserte mais il découvre bientôt un village accroché à la montagne. Quelle n’est pas sa stupeur d'apprendre de la bouche du gouverneur que sa venue était annoncée depuis des siècles. Le religieux n’est pourtant pas au bout de ses surprises, car Labyrinthe se révèle une île impossible à quitter. Bloqué, Vassili décide de découvrir ce qu’est devenu le trésor de Tahar le Sage dont la cassette est fermée par trois serrures. Le hasard lui donne un coup de pouce : suite à un naufrage le capitaine Parga et le général Mendoza font progresser sa quête des trois clés. Mais le temps sur Labyrinthe suit d’étranges circonvolutions et Vassili tombe inexplicablement malade. Ses amis parviendront-ils à le sauver ?
Le Labyrinthe du temps est conçu comme un voyage qui n’est pas sans rappeler celui de Candide. Les personnages sont entiers, leurs réactions outrancières et chaque situation est excessive. Les héros passent de l’amour à la haine sans transition et leur temps de réflexion est insignifiant. L’île de Labyrinthe est soumise à un sortilège étrange et tout fonctionne sans rationalité, sans explication logique.
Cette plongée dans ce récit si particulier n’est pas désagréable et ce d’autant plus que l’auteur maîtrise parfaitement son sujet, maniant la déraison et le cocasse avec réussite. Petite déception par contre sur la nature du secret de Tahar le Sage car sa vérité, qui est pour une fois révélée à la fin de l’ouvrage, ne sort pas des sentiers battus. Pour autant, l’habillage du sujet de Maxence Fermine est réussi et l’histoire se lit d’une traite.
Chris de Savoie

Le Labyrinthe du temps, Maxence Fermine, Le Livre de poche, 2008, 186 pages, 5€50.

Vous pouvez lire un extrait du livre en cliquant sur sa couverture.

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31 07 08

Des playmobiles et des nouvelles

ANCIONBonne nouvelle, c’est le cas de le dire, le dernier livre de Nicolas Ancion est disponible en poche pour cet été.
La vie n’est pas un jeu d’enfant. Et pourtant, un peu d’humour peut faire passer bien des situations dramatiques. Par exemple, que peut-il arriver de pire à un banquier que d’être victime d’un tiger-kidnapping, laissant une épouse à son domicile avec un individu dangereux et déterminé ?
Multipliant les tranches de vie dans un cadre résolument exotico-belge, Nicolas Ancion vient de publier avec ce recueil de nouvelles son livre le plus réussi. Chaque histoire est une véritable trouvaille, racontée avec humour, écrite avec le talent d’un auteur en pleine possession de son art.
Lecture hautement recommandable donc, même si vous n’êtes pas friand de ce genre littéraire qu’est la nouvelle. Nicolas Ancion se révèle avec ses Playmobiles être un véritable héritier de Truman Capote et de Maupassant au XXI° siècle.

Nicolas Ancion, « Nous sommes tous des playmobiles », Pocket, 2008, 151p. 5€00.

Entretien réalisé lors de la publication de sa publication au Grand Miroir, l'an dernier :

  NICOLAS ANCION - Brice Depasse

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29 07 08

Wham ! Bam ! Pouf ! Pan ! Smack !

james_rollinsMis à part le fait que son titre ne veut absolument rien dire (in English, c’est Tempête de Sable qui eut été bien plus logique) ce roman que l’on placera sans hésiter dans la catégorie des lectures de l’été, ne perd pas une seconde pour saisir le lecteur et l’emmener en voyage au cœur d’une intrigue totalement improbable… mais véritablement passionnante ! Un plaisir décuplé par le soin méticuleux que prend l’auteur à tout faire péter sans aucun complexe (du British Museum au voilier géant du Sultan d’Oman, en passant par la moitié du Désert D’Arabie !). Clairement hérité de la tradition des pulps américains (Doc Savage en tête), les aventures d'Omaha Dunn et des hommes du Groupe Sigma à la recherche d’une mythique cité perdue ont tout pour plaire aux amateurs de sensations fortes, de rebondissements rocambolesques et de jolies femmes. Ces dames ne sont pas non plus dépaysées sous le parasol avec des héros sculptés comme des « actions figures » et une petite touche de romantisme en plein cœur de la tourmente.
Tout cela ne se prend évidemment pas au sérieux – si vous lisez ce genre de roman au premier degré pensez à changer les piles de votre avion téléguidé, il y a trop longtemps que vous ne l’avez plus utilisé – mais mettra du baume au cœur de tous les lecteurs déçus par ce mois de juillet plongé dans la grisaille.
Dr Corthouts

Tonnerre de Sable, James Rollins, City poche, mars 2008, 634p, 7€90.

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16 07 08

Petit précis de lecture estivale en six étapes

LIVRE DE POCHEAvertissement : il va sans dire que je ne suis pas là pour dicter votre comportement de lecture estivale mais permettez moi de débuter ce petit précis par un conseil d’ordre général : « Le poche, toujours le poche ».
En effet, en ces périodes où la température flirte souvent avec les sommets, surtout si vos pérégrinations vous emmènent loin de nos latitudes aux soubresauts météorologiques totalement inattendus, lire léger, c’est lire sécurité ! On ne compte plus les malheureux qui, oubliant pour quelques secondes qu’ils étaient en train de lire Les Bienveillantes, se sont précipités dans la grande bleue pour couler à pic, emportés sous les vagues par ce pavé qui, et c’est l’exception qui confirme la règle, même au format de poche, pourrait servir d’objet contondant avec efficacité dans le plus basique des polars. En poche donc, tous les romans qui suivent se liront avec plaisir à l’ombre d’un parasol, un cocktail à portée de main, un voilier posé sur l’horizon ...
Chris Corthouts

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16 07 08

Et un thriller maçonnique, un !

GIACOMETTI RAVENNEToujours dans la mouvance « complot and Co », les francs-maçons font partie de ces gens « discrets » que d’aucun verrait bien aux commandes, occultes, de notre société. Giacometti et Ravenne, en duo malin, exploitent cette veine avec intelligence et recul et coupent l’herbe sous le pied à bien des fantasmes, en nous concoctant les aventures du commissaire Marcas, frangin lui-même, souvent confronté à des dérives au cœur même des sociétés discrètes. Cette fois, l’enquête se déroule aux limites de l’alchimie et dans les milieu passionnant du commerce de l’or… Trois intrigues, rondement menées, finissent, comme c’est toujours le cas dans les meilleurs thrillers, par n’en former qu’une seule. Un délice !
Chris Corthouts

«Le Frère de Sang»,Giacometti et Ravenne, Pocket, juin 2008, 539p, 7€70

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16 07 08

Gaffe aux coups de soleil !

POCHE COBENAvec Harlan Coben, une seule recommandation : ne commencez pas un de ces romans si vous vous trouvez en plein soleil ! Vous allez totalement oublier d’ouvrir le parasol et terminer la journée, façon homard thermidor, à dévaliser la première pharmacie venue à la recherche d’une crème de protection 10.000. Le géant du New Jersey, ancien joueur de basket et agent de voyage, est devenu en quelques années, le pourvoyeur de nuits blanches le plus coté de la Côte Est des USA ! Dans Promets-Moi il retrouve, pour les besoins d’un thriller tendu comme une corde de violon, Myron Bolitar, ancien agent sportif et enquêteur de choc et de charme qui permit en son temps à Coben de faire ses armes dans le milieu des polars de série. Ici, se mêle avec efficacité la prose plus mature d’un auteur qui s’affirme, le rythme et l’humour d’une « voix » à nulle autre pareille pour composer un tableau original et entraînant. Mortel !
Chris Corthouts

«Promets-moi !»,Harlan Coben, Pocket, mars 2008, 507p, 7€70

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16 07 08

Tout le monde aime Guillaume !

POCHE MUSSOLorsqu’on mêle avec un tel talent, de façon totalement décomplexée, les canons de la comédie romantique, les ficelles du fantastique et un volée de références puisées dans l’inconscient collectif de tous les ados des années quatre-vingts, ne touche-t-on pas tout simplement au génie populaire ? J’ai plus d’une fois, en parlant de Guillaume Musso, tracé une parallèle avec Steven Spielberg. Les deux hommes, avec des moyens différents, sont au carrefour, sur le fil fragile, entre l’art et le divertissement, le plaisir et la réflexion, les références et l’univers propre.
Un vrai bonheur de lecture, que Musso semble répéter, sans effort, depuis plusieurs années. Sans oublier l’influence, réelle ou simplement née dans mon œil de critique, d’un certain Dean Koontz sur son travail.
S’il ne fallait emporter qu’un seul roman pour éviter l’excès de bagage …
Chris Corthouts

«Parce que je t'aime»,Guillaume Musso, Pocket, avril 2008, 313p, 6€40

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16 07 08

T’as ton Code ?

POCHE KHOURYQue serait un été sans le dernier roman inspiré de, influencé par, honteusement pompé sur … le Da Vinci Code ! Même si la vague commence lentement à refluer, même si un « nouveau roman de Dan Brown » semble lentement rejoindre le monde des mythes (aux côtés du Grand Serpent de Mer et du Yéti) le thriller d’inspiration religieuse a toujours ses représentants, alignés comme à la parade, sur les linéaires de nos supermarchés. Le Dernier Templier de Raymond Khoury, ne fait pas partie des plus mauvaises pioches. Avec une scène d’ouverture dantesque, où des templiers déboulent en pleine Musée d’Histoire Naturelle de New-York, à cheval, armés de fusil automatique, vaut son pesant de dattes… Avec sa classique chasse au trésor pour mettre la main sur un secret qui-pourrait-bien-remettre-en-question-les-bases-mêmes-de-la-chrétienté, ce roman est une sympathique variation sur un thème bien connu.
Toujours très bien aussi pour engager la conversation avec une jeune et jolie célibataire en pleine lecture du dernier roman de chick-lit à la mode…
Chris Corthouts

Le dernier templier, Raymond Khoury, Pocket, avril 2008, 599p., 7€70.

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