21 03 11

Nous aussi !

J’aime beaucoup ma poésie.jpgEn 2009, Jean-Pierre Verheggen a occupé – et ce fut mémorable –la Chaire de poétique à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve, pour prononcer devant un public estudiantin tout à la fois médusé et ravi, quatre conférences au ton inimitable, un feu d’artifice de jeux de mots et d’inventions verbales, de drôleries en tout genre et de créativité totale.

 

Car il est vrai que, derrière son côté farce, l’auteur de Ninietzsche Peau d’Chien, de Divan le Terrible, d’Artaud Rimbur, de Debord, les mous, de On n’est pas sérieux quand on a 117 ans, le triomphateur de L’Oral et Hardi, cache aussi un narrateur sensible (Gisella) doublé d’un poète (surréaliste à la belge) incomparable.

 

La preuve en est administrée dans le texte des dites conférences, rassemblé dans un savoureux J’aime beaucoup ma poésie paru aux Éditions Lansman à Morlanwelz, qui livre quelques-unes des recettes (g)astronomiques de ce magicien du verbe haut (« Des gros mots ? Oui, mais des gros mots sapiens ») dans un épastrouillant Dico Dico rassemblant les mots-clefs de sa créativité : A comme Anagramme, B comme Belges, C comme Calembours ou Contrepets et comme Charabia, D comme Détournements, E comme Éloge de la démesure, F comme Fiction, Folie, Folies-Belgères, Frontière linguistique et Flamand, G comme Gourmandise et Grand enfant, H comme Haddock, Héros fatigués et Hiroshima, I comme Idiotie, J comme Jarry, Jeu de Mots, Judas et Judo, K comme Kaki, L comme Litanie, M comme Maman, Mort et Mots, N comme Niveau de langue, O comme Opéra bouche, Opéra-Gouffre et Oualon, P comme Parler creux, Perec et Peur, Q comme Quinzaine du Bon Langage, R comme Rabelaiseries, Rappeurs Camemberts et Slameurs Pompiers, S comme Sexe, T comme Tintin ici et là, U comme Usage (bon), V comme Vaneigem, W comme Wallon, X comme classé X, Y comme Y a pas et Z comme Zoophile, autant de termes qu’il détourne du droit chemin pour le plus grand plaisir du lecteur qui se retrouve immanquablement sur le Q.

 

C'est que notre homme, mine de rien, connaît ses classiques ! Avant d’en devenir un lui-même… et un grand !

 

Bernard DELCORD

 

J’aime beaucoup ma poésie par Jean-Pierre Verheggen, Morlanwelz, Éditions Lansman, 90 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 20,5 cm sous couverture brochée en bichromie, 13 €

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04 03 11

Un festin de mots !

L'Eau à la bouche.gifDe cette poésie qu'elle définit comme sa « langue maternelle », Colette Nys-Mazure nous convie à un festin de textes issus de son anthologie personnelle : « Je me nourris de poèmes familiers ou étrangers et je leur rends grâce ».

 

Et l'écrivain, poète, essayiste, romancière, nouvelliste... d'introduire chacun des convives, avec cette grâce des mots simples, justes et vrais qui sont sa signature, et de tisser la nappe d'une tablée chaleureuse qui conjugue la chanson de… toile au présent poétique le plus actuel.

 

Hommage à des écrivains, poètes de toutes époques mais aussi de toutes nations –française, belge, marocaine, haïtienne, chinoise, anglaise, égyptienne, turque–, la « saison » que nous offre Colette Nys-Mazure honore aussi la mémoire d'artistes récemment disparus : Andrée Chedid, Serge Wellens et Pierre Étienne.

 

« Ces pages de poésie se voudraient viatiques pour les sédentaires comme pour les nomades qui peuvent toujours emporter un recueil en poche ou dans la mémoire. Elles proposent une flambée ordinaire. Puisse cette série susciter chez les plus jeunes comme chez les aînés l'envie de mordre à même la chair du poème. »

 

Que vous souhaiter de meilleur qu'une excellente dégustation ?

 

Apolline ELTER

 

L'Eau à la bouche. Poésie, ma saison par Colette Nys-Mazure, Paris, Éditions Desclée de Brouwer, collection « Littérature ouverte », février 2011, 150 pp. en noir et blanc au format 11 x 21 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 14 €

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28 02 11

Voici 25 plaisirs littéraires !

Mini lits.jpgCes "25 minitrips en wagon-lit décapotable" sont 25 plaisirs littéraires magnifiques ! Leur édition est déjà une chose étrange et belle puisqu'au départ ces textes variés ont été publiés sur le site www.onlit.org. C'est un cadeau littéraire aux habituels lecteurs des nouvelles technologies. Leur caractéristique première est d'être courts, mais aussi d'aborder tous les genres en toute liberté ! Mon bonheur de lire a été renouvelé d'un auteur à l'autre, sans fléchissement et c'est déjà fantastique ! A ne pas manquer non plus la présentation en quelques lignes de chaque écrivain(e), insolite, drôle, inventive ! Essayons de survoler le tout : On commence par l'hyperdoué Nicolas Ancion et ses phrases amples qui donnent à voir et à sentir, à ressentir. Félicia Atkinson écrit dans son poème "les girafes au long cou recherchent les feuilles hautes, les feuilles hautes sont assoiffées de lumière (que cherche alors la lumière)..." Alain Bertrand, qui vit à Bastogne, évoque le ski et l'imaginaire. Pierre Borion aime la liberté de l'écriture et dans "Insomnie" il rêve de remplacer le pape ! "Les Françaises ont quelque chose de français qui les rend belles" écrit Frédéric Bourgeois, ce Namurois féru de photos. Lucielle Calmel juxtapose dans "Sud Ouest". Et puis toutes ces affirmations de Corentin Candi : "Corentin Candi ne choisit jamais la bonne fille, à la caisse." ou "Corentin Candi croit à la vie avant la mort." Laurent d'Ursel nous livre un cri, en une phrase de deux pages ! Le Liégeois Serge Delaive propose un joli poème sur l'amour déçu. D'une grande originalité le texte numéroté de Cedric Francis dans la tête d'un coureur cycliste qui pense à "la soeur de Lucien" ! "Je ne suis pas timide mais j'évite de prononcer des mots inutiles" déclare Corentin Jacobs dans sa contribution. Et plus loin : "Une femme est une mouche : pour l'attraper, pas d'hésitation n'est possible sinon elle s'envole !" J'ai adoré (comme beaucoup) le premier roman d'Edgar Kosma ("Eternels instants", analysé ici-même), j'ai aussi apprécié cette présentation par les sens de ses quelques personnages ! J'aime le ton, le vocabulaire de Lario Lacerda. Nous entrons dans le monde culinaire avec beaucoup d'humour et le "chef au chapeau" de Pierre-Brice Lebrun. Dans les "Appauvrismes" de Benoït Leclerc, je retiens "Lis-toi Entre les lignes Tourne sur toi-même Tu feras un singulier livre". Merveilleux texte de Karel Logist, le poète du Fram : cette fille en chemisier sur les affiches et la fin drôle, une vraie chute ! Avec Lucie Lux, nous entrons dans l'érotisme. Des sensations qu'on partage de l'intérieur avec la fille qui s'exhibe ! Sujet culinaire, documenté, avec la recette et les lieux, pour Jacques Raket et les "frivolités de la reine" (nos "choesels") ! Avant le texte halluciné et les musiques citées pour le lire, je ne résiste pas à vous lire dans la notice biographique cette épitaphe "Ci-gît mille édits, / Oh ! / Notre regrettée femme de méninges, / Née d'une maquerelle et d'un séraphin, / Elle vient de jeter l'encre" Et les premières lettres donnent "conne" ! Georges Richardot nous récite des "Il a fait" splendides. Laurence Soetens nous emmène dans le monde de Face Book, de Google et des pseudos. David Spailer allie littérature et polaroïds. J'aime aussi beaucoup "Room 14" de Vincent Tholomé, et sa façon prenante de tisser son texte, monologue, avec des points... Enfin restent Luc Vandermaelen et l'Ardèche, ainsi que Andy Vérol et cet amour terrifiant, brutal et la prison... Quelles heures heureuses j'ai passées à la lecture de ce recueil, que je ne peux que vous recommander chaleureusement !

Jacques MERCIER

 

25 minitrips en wagon-lit décapotable, collectif, Ed. La Renaissance du Livre, collection Grand Miroir, 200 pp, site: www.onlit.org Prix : 16 euros.

 

21 02 11

Matraquage poétique

Feuille de la splendeur.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 20/02/2011 sur le site du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Parue chez Cadastre8Zéro Éditeur, une petite maison  dynamique sise en Picardie, la traduction française de divers textes en arabe du poète marocain Mohammed Bennis (né à Fès en 1948), rassemblés sous le titre de Feuille de la splendeur, s’avère remarquable à bien des égards.

 

D’abord parce que l’objet livresque est beau : une couverture joliment ornée, du papier de qualité et une typographie impeccable relevant de la gageure : la moitié du livre est en arabe, la traduction française figure en vis-à-vis et elle respecte scrupuleusement la présentation du texte d’origine.

 

Ensuite parce que son contenu est somptueux : un chant d’amour de la terre natale, une évocation multiple de la vie qui va, avec ses bonheurs épars dans l’océan du temps qui passe et de la modernité qui efface la mémoire, les racines et la culture, mais pas l’espérance des lendemains ensoleillés.

 

Enfin parce que sa réalisation est splendide, elle aussi : elle a réuni, autour du traducteur Bernard Noël, des élèves français issus de l’immigration arabophone qui l’ont épaulé dans son travail de version, ce qui leur a permis de valoriser un savoir bien souvent ignoré ou malmené en Europe, tout en découvrant les ressorts de la poésie et en acquérant la fierté nécessaire à leur intégration dans la société française.

 

La poésie plutôt que les CRS, en quelque sorte… Une bonne idée, non ?[1]

 

PÉTRONE

 

Feuille de la splendeur par Mohammed Bennis, Abbeville, Cadastre8Zéro Éditeur, collection « Donc », octobre 2010, 199 pp. en noir et blanc au format 14 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 12 € (prix France)



[1] Un ouvrage hispanophone a également paru dans les mêmes conditions, avec le même projet et chez le même éditeur : il réunit, sous le titre Racines d’ombres, des textes élégants de la poétesse espagnole Olvido Garcia Valdes née à Santianes de Pravia en 1950.

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26 11 10

Au fil des musiques : les mots !

Mormorat  La fille du froid.jpg Voici donc le quatrième tome de la série, déjà évoquée ici, de recueils "Ancrage", où Christophe Marmorat lie si intimement musique et texte. C'est un nouvel enchantement ! Un livre complet où se mélangent poésie, musique, philosophie, réflexion, description, émotion. Tout d'abord l'auteur s'explique sur le choc de la chanson "Les rideaux" d'Elodie Frégé. J'aime aussi que cela commence par un retour à l'enfance "sensation douce, puis chaude". Oh, cette surimpression de mots différents collés sur ceux de "Autumn Leaves" (version chantée par Eva Cassidy) : une merveille ! Ses souvenirs égrenés et toujours la musique, une création née, dit-il, de la lecture de Proust et de Bergson. Comme j'aurais aimé écrire un aussi incroyable début de texte que "Je suis né vieux et dans une certaine solitude"... Dans ses "tentatives philosophiques", il évoque la beauté des corps et des âmes. Il parle aussi de la guerre, puis nous vient "La fille du froid", et sa photo en noir et blanc "une lourde capeline entoure ses épaules". La Fille du Froid va accoucher d'Ange, se retrouve sur scène, plonge dans la mer... et toujours la qualité de l'écriture :  "tu seras la couturière des sourires glacés". Ensuite il y aura des textes pour des figures féminines : Aurèle ("Aurèle Louve, à pas de loup"), Lucie, Isabelle, Julie, Béa.. et même des instants érotiques avant un dernier conseil (provisoire puisque nous attendons les trois derniers volumes) : "Vivez pour ce moment où vos yeux se poseront sur la grâce" !

Jacques MERCIER

La Fille du Froid, suivi de "Poèmes pour Aurèle" par Christophe Marmorat, 228 pages, édition par l'auteur, coll. Ancrage. 18 euros. cmarmorat@yahoo.fr - Libris Agora Louise.

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26 11 10

Les poètes sont immortels !

piqué des vers.jpg  C'est rappelé dans la préface de cette superbe anthologie : "Longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dans les rues" (Trenet) ! La poésie et l'amour sauvent le monde, vient d'écrire Jean d'Ormesson dans son dernier livre. Tout cela annonce bien ce "Piqués des vers" qui fête le 300° numéro de la collection Espacxe Nord, aujourd'hui à la Renaissance du Livre ! Immortels les poètes belges repis ici le sont d'une certaine manière puisqu'on n'y a indiqué que leur année de naissance (et on les trouve dans cet ordre chronologique) mais pas d'autre date, histoire d'imaginer qu'ils sont tous encore vivants ! (j'ai le grand honneur d'y avoir un poème, j'en rougis de bonheur!). Colette Nys-Mazure parle de la "contagion du poème". Elle explique qu'il faut arracher la poésie à la tour d'ivoire dans laquelle on l'enferme, souvent contre le gré de poètes. "La poésie est tout sauf une décoration de l'existence" écrit-elle fort élégamment "Substantielle, elle aide à vivre; et celui qui l'écrit et ceux qui la lisent." Son conseil ? "Apprendre par coeur et par corps ces poèmes, se les redire ici et là, en chemin ou dans une salle d'attente, quel plaisir sans ombre ! Je crois à ces mots qui permettent de tendre une main et de traverser la nuit sans mourir." Magnifique ! Le recueil fort bien mis en page commence par Emille Verhaeren (1855) et se termine par Kathleen Dor (1983). Les auteurs revendiquent le choix des coups de coeur et proposent dans ce bouquet de grands noms, des redécouvertes et de délicieuses surprises. J'ouvre au hasard : Evelyne Wilwerth "Elle tourna le dos / aux colloques/ et ôta ses chaussures. / Ses pieds / apprivoisèrent l'herbe. / Elle sut / qu'elle avait échappé / de justesse / à la mort."

Jacques MERCIER

Piqué des vers ! Colette Nys-Mazure et Christian Libens. Edition Renaissance du Livre. Collection Espace Nord. 416 pages. Couverture Olivier Brunet. 12 euros.

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28 10 10

Des instants d'éternité !

haikus.jpg Le haïku est l'expression littéraire du zen. A partir de là, on sait qu'on goûtera aux plaisirs qui nous emportent hors du temps, ceux qui nous font du bien dans ce monde en proie à la vitesse, à l'encombrement, au stress. Ce très joli livre est le cadeau idéal de fin d'année ou plus exactement de n'importe quand dans l'année, puisqu'il propose justement 365 haïkus pour 365 jours de l'année, en sachant que dans le calendrier extrême-oriental les solstices et les équinoxes se situent au milieu des saisons et pas au début comme chez nous. Le livre commence par quelques pages d'explications très claires. On fait la connaissance des maîtres du haïku, dont le premier est Bashô (1644-1694) qui proposait dans ces poèmes de ne jamais perdre de vue que ce que nous faisons est en corrélation avec notre nature profonde. Un de ses haïkus les plus sublimes est : « Le vieil étang – du plongeon d'une grenouille – le bruit de l'eau. » Dès le début, c'est bien l'interpénétration de l'éternel et de l'éphémère. Les règles sont simples : le rythme doit être de 5-7-5 syllabes et il faut avoir recours à un mot suggérant la saison. Certains après lui modifièrent un peu ces règles devenues contraintes. Comme Issa (1763-1827) qui demande à décrire tout ce qui se passe devant nos yeux ou tout ce qui est ressenti dans notre coeur. Voici un de ses haïkus : « Me rendant sur les tombes – le vieux chien – va devant. » Plus proche de nous encore, le moine zen Santoka (1882-1940) retire même l'allusion aux saisons. Il souhaite seulement la pure expérience. Je vous livre trois instants d'éternité que j'ai particulièrement appréciés. A vous d'en découvrir d'autres. « De passage en ce monde – on s'abrite comme on peut – de la pluie d'hiver ». Ceci également : « Nuit sans lune – dans le jardin – juste le bruit des insectes. » Et enfin : « Le rossignol ! - au moment où la famille au complet – est à table. » Les caractères originaux avant la traduction ajoutent de la beauté esthétique et visuelle à la lecture !

Jacques MERCIER

365 Haïkus (instants d'éternité) par Hervé Collet et Cheng Wing fun. Edition Albin Michel. 410 pages. Relié et broché belle présentation, format 14/16cm. 18 euros.

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07 10 10

Musique et Poésie

Mormorat.jpgChristophe Marmorat s'exprime par le texte (de la poésie, certes, mais on pense à des nouvelles, à un journal, à de la philosophie selon !), par les arts graphique et par la musique. Il intitule le procédé "écriture musicale". L'auteur a déjà édité les trois premiers recueils d'une série de sept, chiffre magique. Pour simplifier, expliquons que souvent il s'agit de textes inspirés par une musique (classique, chanson, film, peu importe). Entrons, par exemple, dans "Le trajet de la goutte", premier texte du deuxième volume : "No surprises" de Radiohead inspire le détail d'un magnifique trajet hors du temps de cette goutte d'eau qui explose et s'écrase au ralenti. Parfois, le texte se pose sur celui de la chanson, comme pour "Tout va changer" de Fugain, où l'on lit : "La mémoire des lignes, de ton dos, le goût des larmes salées...". Parfois, on bouge avec le texte, comme pour "Les marionnettes" de Christophe : "Bouger, se mouvoir, moi je veux - t'émouvoir...". Ce sont des voyages superbes, proches et majestueux, intérieurs mais partagés, portés de Bach aux Pink Floyd, avec des exercices, des histoires, de l'invention et beaucoup de talent !

Jacques MERCIER

Lorsque les âmes font l'amour, Christophe Marmorat, 100 pages, édition par l'auteur. coll. Ancrage. 15 Euros.

Le trajet de la goutte, Christophe Marmorat, 94 pages, édition par l'auteur. coll.Ancrage 15 Euros.

Le déploiement d'ailes, Christophe Marmorat, 162 pages, édition par l'auteur. Coll. Ancrage. 18,5 Euros.

Renseignements : cmarmorat@yahoo.fr

 

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26 08 10

Terre… à taire !

À taire et à planter.gif

 

« La terre, le taire, c'est tout comme. Des lieux où enfouir le grain, les mots, les morts.

Poèmes à taire, plutôt qu'à boire et à chanter.

Poèmes à terre, coupés, tombés – la Belle ira les ramasser.

Poèmes à planter, poèmes de poche, poèmes en pot, poèmes bonsaï qui grandiront juste de quoi meubler l'alcôve ou la margelle. Poèmes qui se rêvent grains de sénevé. »

Benoît Vermander est jésuite. Ethnologue et spécialiste du chinois, il vit en Chine continentale où il enseigne.

Après la publication, cette année, d'un essai sur « la sortie de religion" »en Chine, intitulé, L'Empire sans milieu (aux Éditions Desclée de Brouwer), il nous offre avec À taire et à planter (qui paraît ce jour chez le même éditeur) un recueil de méditations, de poèmes et même de comptines et jeux de mots... spirituels, ouvrant les innombrables portes qu'une confrontation nourrie entres les cultures littéraires et sa spiritualité lui inspirent.




Clarinette de la pénombre

et nos souvenirs mélangés.

Des enfances imaginées,

leurs amours ardentes et sombres.


Il est à noter que l'illustration de couverture est signée Benoît Vermander, également peintre de son (bien riche) état.

Apolline ELTER

 

À taire et à planter par Benoît Vermander, recueil, Paris, Desclée de Brouwer, collection « Littérature ouverte », 26 août 2010, 254 pp en noir et blanc au format 11 x 21 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 17 € (prix France).

 

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01 11 09

Ces instants fulgurants qui nous ravagent

F.ALTAMIRALa poésie n'est pas seulement une année d'études secondaires, pas seulement le panache de Cyrano, la plume du terrible F. Villion. C'est une façon d'être, de vivre et de penser. On oublie que c'est de la littérature et même sa pristine forme. Il n'y a pas que les romanciers qui ont le droit de s'arrêter de courir, nous regarder vivre pour en renvoyer une image écrite. Il y a aussi les poètes. Encore et toujours. Je serais même tenté de crier PLUS QUE JAMAIS. Nous avons besoin de cette autre langue ramassée qui s'autorise toutes les licences pour exprimer ce que nous ne prenons pas la peine de définir : souvenirs, sentiments, pulsions, passions, rêves, tropismes.
Le second recueil de F. Altamira est une vraie thérapie permanente par l'art.
Mode d'emploi : Posez le livre sur votre table de nuit et lisez un poème chaque soir. Trois mois de plaisir à dose homéopathique pour vous réconcilier avec vous, laisser une fenêtre ouverte sur la vie (avant qu'il ne soit trop tard) car l'art n'est-il pas une façon de vivre à un autre rythme ?
Brice DEPASSE

Ce qui fu{i}t (comme un éclat d'extase), recueil de poésie de F. Altamira, TheBookEdition.com, septembre 2009, cliquez sur la couverture pour commander le livre.

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