03 04 11

Faites-vous du bien : découvrez Denis Grozdanovitch


La vie secrète de Denis Grozdanovitch par BriceDepasse

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11 11 10

Premières images et première interview de Houellebecq après le Goncourt


Premières images de Houellebecq après l'annonce du Goncourt

08 11 10

Michel HOUELLEBECQ, prix Goncourt 2010

Barometre-des-ventes-livres-Michel-Houellebecq-en-tete-avec-La-carte-et-le-territoire_reference.png 

Ce prix Goncourt est mille fois mérité. Et maintenant passons à l'essentiel : LE ROMAN !
 Je n'ai pas dévoré le nouveau Houellebecq. C'est lui qui m'a bouffé.
Je m'adresse à tous ceux qui ont été déçus par La possibilité d'une île, ceux qui parlent de ses (trop rares) romans sans les lire et à ceux qui n'ont pas essayé pensant que, non vraiment, Houellebecq, ce n'est par pour eux.  
Je ne dirai pas comme Jean-Michel Guenassia "ne pas lire avant d'avoir vécu" : comme La nausée de Sartre ou La chute de Camus, La carte et le territoire de Houellebecq donnera du plaisir aux "17 à 37 ans". Je dis qu'il prendra tout son sens, marquera dans leur chair les lecteurs de la génération Houellebecq et au-delà. En cela, l'écrivain est sorti du bois, de la jungle urbaine du désabusement et a rejoint ses semblables, l'Humanité entière. Nous sommes tous concernés par La carte et le territoire. Un jour ou l'autre, nous avons été ses personnages extrêmement attachants (oui, vous avez bien lu) . Un jour ou l'autre, nous les rejoindrons.

Au milieu de l'effondrement physique généralisé à quoi se résume la vieillesse, la voix et le regard apportent le témoignage douloureusement irrécusable de la persistance du caractère, des aspirations, des désirs, de tout ce qui constitue une personnalité humaine.

Jed Martin, fils d'un grand architecte parisien vit de petits boulots dans la photographie industrielle quand un jour l'inspiration lui tombe dessus : créer des oeuvres d'art à partir de cartes routières et de photos aériennes. Le succès qui le foudroie le propulse du jour au lendemain au dessus du panier de la société parisienne. Les portes des médias et du monde de l'art s'ouvrent devant un jeune homme très réservé, très à part qui, malgré sa nouvelle fortune, quitte la voie dorée pour s'isoler. Quelques années plus tard, il revient avec une série de toiles qui feront de lui un des artistes les mieux côtés au monde, grâce à l'intervention d'un écrivain, un homme encore plus misanthrope que lui : Michel Houellebecq.
Je ne peux, malheureusement, rien vous dévoiler de plus car je ne souhaite pas gâcher une once du plaisir que vous éprouverez à lire ce que je considère non seulement comme le meilleur roman de Michel Houellebecq à ce jour mais comme un livre qui devrait faire date.
Je ne m'attarderai donc pas à décrire l'incroyable et réjouissante galerie de portraits (Olga, l'intello russe branchée et sublime (aux formes infiniment désirables), l'attachée de presse souffreteuse et bossue (malencontreusement appelée Maryline), le père architecte, patron de cabinet, mais aussi Fred Beigbeder, Julien Lepers, Jean-Pierre Pernault, ... ), j'irai à l'essentiel : lisez ce livre, il va vous faire du bien. C'est le grand livre d'un homme qui a vu les hommes, qui a vu la vie et qui pour la première fois, en parle avec son coeur. Je vous prie de croire que Houellebecq fait mouche en ne nous épargnant rien lorsque sa plume distille ce qu'il a de plus profondément humain.
Brice Depasse

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22 08 10

Un St Emilion pour deux Grands Crus : Guenassia et Savage

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Le prix St Emilion récompense cette année deux nouvelles voix dans la littérature mondiale. Sam Savage et Jean-Michel Guenassia ont en effet publié leur premier roman à l'heure où nombre d'hommes prennent leur retraite. "Il est des livres dont il faudrait interdire la lecture en dessous d'un certain âge, interdit de lecture avant d'avoir vécu" écrit en substance Guenassia au détour d'une phrase de son roman fleuve Le club des incorrigibles optimistes. Il doit, je pense, en être de même pour les auteurs. Il souffle dans les pages de son livre, un vent de sagesse que seules les années peuvent provoquer. Ce livre qui mêle si habilement et naturellement le Paris du début des années 60, la Russie de Staline, la guerre d'Algérie, l'émoi des amours adolescentes côté rive gauche, la passion de la littérature et des femmes restera, sans nul doute, une des grandes oeuvres du début du siècle. La lecture qu'en fit François Marthouret au jury et public réunis à la galerie Gimpel &  a ému.
Récompenser Sam Savage et son grignoteur de livres était une autre évidence pour ceux qui ont lu son Firmin, le rat de librairie qui naquit dans des pages de James Joyce. Ce Ratatouille au pays des livres et des hommes est une histoire d'une rare beauté au style intelligent et léger dont on ne peut que recommander la lecture. SAVAGE.jpg
Pour la neuvième fois, Marie-Josèphe Guers et son jury, dont j'ai aujourd'hui le plaisir de compter parmi les membres, a remarqué deux individualités fortes au parcours étonnant et à l'oeuvre réjouissante (comme l'excellent Cheval blanc auquel nous avons eu droit).
Brice Depasse

Le club des incorrigibles optimistes, Jean-Michel Guenassia, Albin Michel, août 2009, 756p., 23€90.
Firmin, Sam Savage, Babel (Actes Sud), juin 2010,  201p., 7€50.


 

 

 

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09 11 09

Gwenaëlle Aubry, prix Femina 2009

AUBRYVous avez dit « roman » ? Là encore, on frise le code du genre par convention commerciale alors que ce « récit », usant de la déclinaison alphabétique en 26 séquences, d’Artaud à Zelig, relève bonnement de la remémoration, certes très déconstruite et de la meilleure façon, des relations de l’auteure avec son père aux multiples visages. S’il y a certes un projet de roman, là-dedans, lancé par le père sur le dossier de son journal personnel portant l’inscription « à romancer », ce serait trop dire que ledit roman est bel et bien abouti « comme un roman ». Mais un vrai livre est là, chronique aux voix alternées, tissage de citations du père schizophrène luttant contre la dépersonnalisation, et de sa fille philosophe et romancière, marchant à tâtons vers le cher inconnu. Parfois un peu trop « écrit », disons un peu trop « littéraire », ce livre touche en profondeur et beaucoup plus simplement, dans un dialogue parfois bouleversant.
Jean-Louis KUFFER

Personne, Gwenaëlle Aubry, Mercure de France, août 2009, 15€00.

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04 11 09

L'exil est un poème

laferriereAu premier regard, on pourrait être décontenancé par la forme de ce récit se déroulant sur la page comme un poème en vers libres, mais la substance émotionnelle de celui-ci, le souffle qui le traverse immédiatement, la cadence, le rythme et le jeu des images emportent le lecteur de la manière la plus immédiate et la plus naturelle. L'écrivain quinquagénaire, exilé depuis 1976, est soudain frappé par la nouvelle de la mort solitaire de son père, dans l'immensité de New York où, vieux révolutionnaire, il était lui aussi en exil d'opposant à la dictature haïtienne. Après une virée plein nord dans le froid et la neige, le fils revient à Montréal et bascule dans une vaste remémoration faisant alterner les séquences nostalgiques de son enfance et de sa jeunes en Haïti, et celles de la vie qui continue, ponctuées d'observations sur ce qu'est devenu le monde et ce qu'il est devenu lui-même, écrivain soucieux de son identité et brassant la réalité à pleines mains. Dans la filiation directe et revendiquée de Césaire en son Cahier du retour au pays natal, Dany Laferrière fait ici retour sur lui-même tout en parlant au nom de tous ceux qui ont été arrachés, de gré ou de force, audit pays natal. Un épisode déchirant entre tous: celui où il tambourine à la porte de son père, claquemuré dans sa chambre de Brooklyn, qui hurle, désespéré, qu'il n'a jamais eu ni fils, ni femme ni pays...
Jean-Louis KUFFER

L'énigme du retour, Dany Laferrière, Prix Medicis 2009, Grasset, août 2009, 300p, 18€00.

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02 11 09

Un roman français de Beigbeder, Renaudot 2009

BEIGBEDERLe dernier Beigbeder, couronné par le Renaudot, a divisé la rédaction. A la déception du Dr Corthouts succède l'enthousiasme d'Apolline Elter.

Contre :
Ahlala. Fred, je l’aime bien. Oui. Lorsqu’il prend la pose sur la plateau de Canal + ou qu’il s’amuse à mettre notre époque en boite, au fil de magnifiques mises en abîme où les publicitaires shootés et les femmes faciles défilent comme à la parade entre deux name-droping bien casse burnes pour le landerneau du show-bizzzzz. C’est blinquant, c’est drôle et surtout cela dit pas mal de choses sur notre époque. Mais là, Fred, je dois bien avouer que j’ai trouvé la lame un peu émoussée. Tu me diras que tu préviens dés le départ. Tu vas te retourner sur une enfance plutôt banale, tu avoues que tu as plutôt vécu le cul dans le beurre et que tes jérémiades risquent de passer pour les braillements un peu ridicules d’un pauvre petit garçon riche qui n’ose pas regarder la réalité en face. Et surtout tu t’empresses à tour de pages d’accuser, de façon un peu bateau tu en conviendras, la société, l’évolution des mœurs ou encore les résurgences psychanalytiques de tous tes maux. Ce que j’ai adoré dans ce roman c’est lorsque tu t’accuses d’avoir été un enfant avec un esprit d’adulte… Puis un adulte avec un esprit d’enfant. Je n’ai pas ton sens de la formule, mais tu te souviens du passage, je suppose ?Ailleurs, c’est toi qui hurle aussi que les parents s’explosent l’esprit à force de tout sacrifier à leur progéniture, de s’oublier dans un obligatoire sacrifice sur l’autel de la génération qui vient. Tu ne m’en voudras donc pas de reprendre l’argument et de ne pas sacrifier mon esprit critique et mon plaisir de lecteur à l’enfant-gâté de la littérature qui a rédigé ce roman français. Il y a des fulgurances dans tes pages de rentrée Fred, des vrais morceaux de tendresse et d’émotion. Mais il y aussi des accès de nombrilisme fatiguant, des croisades puériles, des clichés que tu as toi-même trop bien explosés/exposés dans tes autres romans. Je crois que tu as écrit ce roman avec sincérité, mais avec le nez collé contre le rétroviseur… Du coup,la route devant, l’intérieur de la berline, le décor, tout ça. C’est de l'écriture automatique, de la provoc’ de prisu et du bon mot en boîte.
Je voudrais bien que tu oses, Fred. Ecrire un autre livre de Beigbeder. Comme Windows of The World tiens…
Chris Corthouts

- Objection, votre Honneur, c'est un récit. Le récit d'une enfance vécue. Celle de Frédéric Beigbeder, balancé entre les us d'une bourgeoisie excentrique et ceux d'une aristocratie fauchée.
- Oui mais avec l'amnésie qu'il revendique, sur tout ce qui a trait à son enfance, on peut imaginer que l'auteur a forgé une histoire autour d' éléments rapportés.
Il demeure que je n'aurais jamais pensé prendre tant de plaisir à lire cette petite perle de la rentrée littéraire. De quoi réconcilier les fans de Beigbeder et ceux qui ne le sont pas (encore).
J'aimerais qu'on lise ce livre comme si c'était mon premier.
Motif fédérateur: l'arrestation de l'auteur, un soir de janvier 2008, tandis qu'il consomme quelque stupéfiante poudre. D'une garde-à-vue humiliante dont il fera une description sans concession, hyperbolique et drôle à la fois, Beigbeder cherche mentalement la liberté, celle de la mémoire retrouvée. Des pans de son enfance lui reviennent à la lueur patibulaire de la cellule.
Mon enfance n'est ni un paradis perdu, ni un traumatisme ancestral. Je l'imagine plutôt comme une lente période d'obéissance.
L'occasion d'un auto-portrait sincère, plutôt réaliste, à première (garde à ) vue. Ce Peter Pan de notre littérature en devient pour le coup, très attachant. Et puis une vraie révolte face à des conditions infectes de détention.
On peut oublier son passé. Cela ne signifie pas que l''on va s'en remettre.
Comment, en effet, survivre à une enfance protégée dans les paisibles quartiers de Neuilly-sur-Seine, au divorce de ses parents, au sentiment d'admiration qu'on porte à son frère et qui vous pousse à la rébellion, ...?
Comment surtout se situer face au temps qui passe?
Depuis, je n'ai cessé d'utiliser la lecture comme moyen de faire disparaître le temps, et l'écriture comme moyen de le retenir.
Apolline Elter

Un roman français
, Frédéric Beigbeder, Grasset, août 2009, 281p., 18€00

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08 10 09

Prix Nobel de littérature 2009 en direct

hertabwSurprise. Alors que les observateurs penchaient vers Amos Oz, Philip Roth ou Joyce Oates, c'est l'écrivain roumaine de langue allemande, Herta Müller qui remporte le Prix Nobel 2009 de littérature (vous avez pu assister à la proclamation en direct ici même grâce à la webcam du Nobel Prize). Pour la petite histoire, les parieurs avaient une nouvelle fois, fait bizarrement passer la cote de cet outsider de 50 à 6 contre 1.
Par contre, pour la grande histoire, il vous faudra chercher et/ou patienter avant de trouver des livres d'Herta Müller en français. Restent quelques folios parus il y a plus de 10 ans.

MULLER FOLIO

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21 12 08

Prix du Livre européen : deuxième

JUDTAprès un premier prix du Livre européen fortement marqué politiquement envers une Belgique en difficulté institutionnelle (cliquez sur la couverture et la photo), on attendait beaucoup de cette deuxième _je n'ose pas dire session_ édition.
S'il ne s'agit pas d'un roman que le jury présidé par Jorge Semprun a élu, ce livre fleuve du journaliste britannique Tony Judt mérite l'attention de tous.
Après la guerre raconte, analyse et met dans une perspective encore inédite la reconstruction de TOUTE l'Europe au cours des soixante dernières années. Dans cette fresque où tout se tient depuis les Balkans jusqu'à l'Oural en passant par les pays de la CECA, Tony Judt nous fait descendre dans les ruines de l'Europe de l'Ouest et de l'Est après la seconde guerre mondiale. Retour de nazisme, retour du communisme, Après la guerre est un immense tourbillon de nations et de nationalités sorties du chaos à des époques et en des lieux bien différents. Ce phénomène que seules les années rendront clair et net dans un chapitre de livres d'Histoire valait bien un premier récit, gigantesque.
Découvrez-le !

  JORGE SEMPRUN - Brice Depasse

Sans titre14Après guerre : Une histoire de l'Europe depuis 1945, Tony Judt, Ed Armand Coli, septembre 2007, 1018p.

Photo : Edouard Smekens

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16 12 07

Diane Meur, Prix Rossel 2007, chez Libris

DIANE MEURDiane Meur a reçu le Prix Victor Rossel 2007 (le plus prestigieux des prix littéraires belges qui fêtra ses 70 ans l'an prochain) et le Prix Rossel des jeunes (deux jurys de génération différente tombent d'accord simultanément) pour "Les vivants et les ombres", un excellent roman-fleuve qu'elle vient de publier chez Sabine Wespieser.
« Il s'agit d'une saga familiale dont le narrateur est une maison. Cette originalité a plu aux membres du jury. L'histoire se déroule dans une région pas connue, la Galicie, au travers de plusieurs générations mais le lecteur ne s'ennuie jamais car il y a sans cesse des rebondissements. Les deux jurys ne se sont d'ailleurs pas concertés. Ces deux prix prouvent que ce livre qui s'ouvre vers le rêve est destiné à un public divers », a déclaré le secrétaire du jury Rossel.
Diane Meur sera en signature chez Libris Louise ce jeudi 20 décembre à 15 heures : Espace Louise, 40-42 avenue de la Toison d'Or, Bruxelles (Tél : 02/511.64.00).
La séance de signatures sera précédée d'un débat que Nicky Depasse animera avec l'auteure.

«Les vivants et les ombres»
, de Diane Meur, Ed Sabine Wespieser, août 2007, 711p, 29€00

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