21 08 14

Leben oder Theater

Charlotte S.jpgIl paraît tout frais, ce jour et s'affirme d'emblée comme une des surprises de la rentrée. David Foenkinos, écrivain cher à notre blog, change en effet radicalement de registre, de poétique et nous offre un portrait, celui de Charlotte Salomon, peintre décédée tragiquement à Auschwitz, en 1943, dès son arrivée dans le camp. Elle avait 26 ans et elle était enceinte.

Lancée tels des coups de pinceaux, les phrases, hachées, essoufflées, épousent la courte vie de l'artiste, depuis la malédiction suicidaire qui pèse sur sa famille, jusqu'à celle d'être née juive, berlinoise, en une époque qui ne le lui pardonnera pas.

" Pendant des années, j'ai pris des notes

J'ai parcouru son oeuvre sans cesse

J'ai cité ou évoqué Charlotte dans plusieurs de mes romans

J'ai tenté d'écrire ce livre tant de fois. 

Mais comment? 

Devais-je être présent? 

Devais-je romancer son histoire? 

Quelle forme mon obsession devait-elle prendre? 

Je commençais, j'essayais, puis j'abandonnais.

Je n'arrivais pas à écrire deux phrases de suite. 

Je me sentais à l'arrêt à chaque point.

Impossible d'avancer.

C'était une sensation physique, une oppression.

J'éprouvais la nécessité d'aller à la ligne pour respirer."

Tout est dit. Percée sur le processus cathartique qui permet à Charlotte de sublimer son désespoir par la réalisation de centaines de gouaches réunies sous le titre générique de Leben? Oder Theater ? (La vie ou le Théâtre) le roman de David Foenkinos nous offre, à l'évidence, une voie d'accès sur sa propre vérité, sa quête existentielle.

Subtilement reconstitué, le présent de Charlotte - il ne mentionne à dessein que son prénom - devient don d'intimité.

Charlotte, David Foenkinos, roman, août 2014, 222 pp

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20 08 14

Réveil d'un fauve

Couv-On ne voyait que le bonheur-6.jpg" C'est ce soir-là que je t'ai perdu, papa, que nos faiblesses ont triomphé. Ce soir-là que mon adolescence orpheline a commencé"

Mandaté par les compagnies d'assurances pour évaluer dommages matériels et lésions corporelles, Antoine, le narrateur, a pris l'habitude singulière de traduire en espèces, tous les moments de la vie. Une vie dont il fait le bilan doux-amer, marquée d'un déficit d'amour parental, d'une famille implosée, de lâchetés répétées et d'une impossibilité à exprimer ses difficultés, à pleurer, tout simplement. La bête gronde en son inconscient qui pourrait prendre l'allure d'un fauve.Viré de son boulot, de son couple, Antoine sent sourdre une colère, un désespoir irrémédiables. Va-t-il commettre l'irréparable? 

" Le mal qui infusait alors. Le fauve qui se réveillait.

On ne voyait que le bonheur"

Monologue entrecoupé d'apostrophes à son père, malade, à son fils, perdu , Léon, la narration se partage en trois volets, qui d'une plongée en solution violente,  désespérée, oeuvre à la reconstruction, au sublime pardon.

Avec ce nouveau roman dense, maîtrisé, Grégoire Delacourt frappe où on ne l'attendait pas.

"Notre vie s'écrivait à coups de post -it indifférents sur la porte du réfrigérateur."

Et toujours ce sens de la formule qui frappe, fouette et fustige..

Apolline Elter

On ne voyait que le bonheur, Grégoire Delacourt, roman, Ed. JcLattès, 20 août 2014, 360 pp

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17 12 13

En lice pour le prix Horizon du deuxième roman

 

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 Accusé d'avoir tué par défénestration, Lisandra, son épouse, incarcéré,  Vittorio essaie de découvrir  l'assassin potentiel , parmi sa patientèle de psychanalyste. 

L'action se passe en Argentine, en août 1987. Les exactions de la junte militaire sont encore présentes dans les esprits et particulièrement celui d'Eva Maria, l'une de ses patientes, qui pleure la disparition de sa propre fille, Stella.  Soucieuse d'assister Vittorio en ces moments difficiles, Eva Maria va éplucher les enregistrements des dernières séances d'analyse avec ses patients

Tendue d'un rythme soutenu et d'une intrigue bien ficelée,  la narration progresse , s'oxygénant de dialogues, flashbacks et typographies signifiantes.

 Un roman maîtrisé 

Dûment sélectionné parmi les six finalistes du Prix Horizon du deuxième roman 

A suivre..

Apolline Elter

La garçonnière, Hélène Grémillon, roman, Ed. Flammarion, septembre 2013, 358 pp, 20 €

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19 11 13

La vilaine soeur

 

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Assurément un roman marquant de la rentrée littéraire: féerique, onirique, saugrenue, sensuelle, décalée,  belle, la plume ovaldienne virevolte, au gré d'une concordance temporelle variable, d'un tâtonnement narratif et  d'une ingénuité volontairement entretenue..

 " (J'ai abandonné le projet d'écrire l'histoire de Maria Cristina Väätonen comme s'il s'était agi d'une biographie, d'une notice, ou d'un document bourré de références impératives et de notes de bas de page. J'ai décidé de faire avec l'approximation. J'ai décidé de faire avec ce que je sais d'elle. Et avec ce qu'on m'a dit d'elle. Je ne suis peut-être pas la personne la plus à même d'aller au bout de cette entreprise."

Ecrivain consacrée par la publication, en 1978, d'un roman d'inspiration autobiographique, La vilaine soeur, Maria Cristina Väätonen est rappelée à Lapérouse, son village canadien natal, pour adopter son neveu Peleete, abandonné par sa soeur aînée. Cette dernière avait eu jadis la  "tête cassée" par un accident en forêt dont Maria Cristina s'estime responsable.

Résistant à cette maternité imposée , Maria Cristina s'offre, par voie de narration, un retour sur sa prime jeunesse, son avènement à la publication, la relation ambigue et sensuelle qui la lia au célèbre écrivain déchu, Rafael Claramunt.

Gracieuse, analytique, bavarde, attachante, pimentée d'humour,  l'intrigue se meut  en une ambiance impressionniste , une veine  d'écriture élégante qui évoque celle d'Alice Ferney .

 "... il y a une certaine grâce chez les perdants, les plagiaires et les brigands"

AE

La grâce des brigands, Véronique Ovaldé, roman, Ed. de l'Olivier, août 2013, 285 pp, 19,5 €

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13 11 13

Moshe-Moïse-Maurice

Le marcheur de Fès, ce devait être toi. Ce sera moi. Je vais marcher plus vite, moins profond. Tu vas me guider à distance. [...]Le Fès qui vit dans ton souvenir n'existe plus. C'est étrange d'aller seul dans la ville où tu as fait tes premiers pas, maintenant que ton corps te lâche."

 Quand il entreprend le pèlerinage en la ville impériale qui vit naître " Moshe- Moïse le Fassi devenu Maurice le Français", Eric Fottorino sait déjà que son père, invalide des jambes,  ne pourra l'y accompagner.

Il entreprend le récit topographique, précis, minutieux de ses découvertes  et les consigne en une longue lettre adressée à ce père biologique dont il a appris l'existence tard.  Ce faisant, il explore ses propres racines, juives, marocaines, progressant, à son  étonnement croissant, à la rencontre de lui-même.

"Je sais pourtant qu'il existe en moi un Juif que je ne connais pas, que je ne comprends pas."

Le marcheur de Fès, Eric Fottorino, récit, Ed. Calmann-Lévy, sept.2013, 186 pp, 16 €

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04 11 13

Pierre Lemaître, Prix Goncourt 2013 : l'interview

Pierre, lemaître, au revoir, là-haut, goncourt, 2013Il y a quelques jours, Pierre Lemaître me disait que s'il venait à être récompensé par le Prix Goncourt, il viendrait savourer le champagne avec mes auditeurs. Voilà qui est fait. Le rendez-vous est pris.

En attendant, voici en exclusivité pour vous, fidèles de Lire est un plaisir, l'intégralité de l'interview qui sera diffusée ce jeudi dans Café de Flore sur Radio Judaïca. Tout sur Au revoir, là-haut, le roman dont beaucoup ont pressenti depuis le début de la course, la plus haute destinée.

Un entretien qui vous permettra, je l'espère, de rencontrer une personne attachante en la personne de Pierre Lemaître. 

Et surtout, lisez ce roman enthousiasmant dont le sujet tourne autour de la première guerre mondiale (voilà un prix qui anticipe le centenaire dont on parlera beaucoup en 2014).


podcast

pierre lemaitre, au revoir, la haut, 2013



Pierre Lemaître, Au revoir là-haut, Albin Michel, août 2013, 576p, 22€50

26 10 13

Un sommet

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 " Pays de défis, le Népal est devenu le pays sacré, mystique et exceptionnel, celui où il faut aller pour atteindre le nirvâna, le toit du monde, dont le sommet touche le ciel, l'Everest."

S’il fait fantasmer tous les candidats à l'ascension des sommets supérieurs, le Népal cache en son sein des violences inouïes. Celle d'un système de castes, d'abord, qui codifie les relations sociales sur un mode extrêmement rigide. Celle de la condition féminine, ensuite,  désavantagée  par un système patriarcal archaïque. Celle, enfin, d'assassinats iniques et sauvages perpétrés par des ombres.

Construisant son roman , en un jeu de miroirs poignants, sur les assassinats sauvages de trois membres de  la famille royale népalaise, le 1er juin 2001 et de la journaliste Uma Singh - incarnée en la jeune et belle  Ashmi - le 11 janvier 2009, Bernadette Pecassou livre de Kathmandou, de  ses  réalité quotidienne,  richesses, et beauté, une vision percutante.

La route  d'Ashmi, universitaire de basse caste,  rencontre celle  de Karan, journaliste français d'origine népalaise, fondateur d'un quotidien d'expression nouvelle et libre, témoin qui porte un  regard neuf sur la patrie de ses ancêtres. Tout juste sortie d'une guerre civile, le pays n'est pas prêt à entendre ses vérités, encore moins à remettre en question la condition féminine et le scandale du système des dots . La collaboration avec le Summit News précipitera le destin tragique de la jeune femme.

Un roman poignant bâti sur trame de faits historiques et d'un regard bouleversant sur un pays qui fascine.

Apolline Elter

Sous le toit du monde, Bernadette Pécassou, roman, Flammarion, octobre 2013, 314 pp, 20 €

Billet de faveur

AE : Votre roman offre une vision alarmante, Bernadette Pécassou,  de la réalité népalaise - violence rentrée ou exprimée sauvagement, mépris de la femme, rigidité du clivage social – et  révèle en même  un  profond attachement pour Katmandou, ses habitants, ses femmes. Qu’est-ce qui vous lie à cette ville ?

Bernadette Pécassou :Rien avant que je n’y sois allée. Tant de choses depuis. Elle est le monde disparu, le chaos d’aujourd’hui. Des murs de parpaings et des toits de tôle y côtoient des éléments d’architecture exceptionnels jusque dans les plus humbles maisons, des sculptures anciennes de bois au coin des rues, devant les maisons, dans une entrée entrouverte.  Le passé se dissout devant nos yeux, « la maléfique négligence », celle dont parlait Orhan Pamuk quand il se plongeait dans le vieil Istanbul. Des constructions galopantes et anarchiques ont tout enseveli. Et pourtant, Katmandou est une magie. Le Népal tout entier est une magie. A en avoir les larmes aux yeux d’émotion. On mesure quand on y est tout ce que nous avons accompli ici, en occident. Mais on  touche aussi de très prés ce que nous avons perdu. L’enchantement de la vie ensemble.

 

AE :  Institution mythique, le Katmandou Guest House est le passage obligé des candidats à l’ascension des sommets. Y avez-vous séjourné ?

Bernadette Pécassou : Oui, et ce fut aussi incroyable que de se retrouver dans un vieux film. L’hôtel n’est pas très confortable. Matelas durs comme du bois, couvertures lourdes, salles de bains datant des années 50. Mais tout est parfaitement entretenu et l’ambiance est là, la beauté du lieu. Les boiseries cloisonnées dans les chambres aux couleurs d’acajou, les ventilateurs d’époque, le jardin impeccable, les hautes fenêtres cintrées. Le Katmandou Guest House au cœur de Thamel était un ancien palais Rana, cette dynastie qui a régné sans partage sur tout le Népal pendant  104 longues années. Son atmosphère est encore chargée de cette histoire et de celle des résidents célèbres qui y sont passés. On sent la charge d’une forte atmosphère particulière dés qu’on y pose le pied. Il est l’hotel préféré des trekkeurs et alpinistes qui savent son histoire et veulent y avoir séjourné. Tant pis pour le matelas et la salle de bain. Un peu d’inconfort vaut bien pareille magie.

 

AE : Votre roman paraît un mois après que le cerveau présumé de l’assassinat perpétré sur Uma  Singh ait été arrêté.  Y voyez-vous le gage d’un avenir plus serein  pour le pays?

Bernadette Pécassou :Oui, bien sûr, et il faut l’espérer car ils ont trop souffert.  Quand à mon roman, il venait juste  d’arriver de l’impression chez Flammarion quand la dépêche de RSF annonçant l’arrestation du meurtrier d’Uma Singh est tombée. Le jour même, le 23 septembre. Avec  une incroyable précision. Il m’arrive de croire au destin. Car cette annonce  de l’arrestation prouve que la fragile démocratie du Népal fait son chemin, avec une détermination incroyable malgré son peu de moyens et le peu d’intérêt que cela soulève hors de ses frontières. Sous le toit du monde, un ultime royaume est en train de devenir une république. Le Népal s’organise, et s’apaise. 

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24 10 13

Mélétos versus Socrate

" Le prof doit-il mourir?"

 

Tel est l'enjeu de ce débat théâtral rythmé d'humour et de réflexions sur le rôle de l'enseignement.

Menacé de mort par Mélétos, père d'Anytos, un de ses élèves, le "Prof" - on ne connaîtra pas son nom - expose, à coups d'envolées lyriques maîtrisées, sa vision socratique, libératrice de l'éducation:

"Parce que tu décris là, Mélétos, c'est le fonctionnement même de la réflexion. Parce que penser, c'est d'abord penser contre soi, contre ses certitudes d'où qu'elles viennent , contre ses croyances les mieux enracinées, contre ses impulsions les plus naturelles, de père, de mari, de prof, comme on se dédouble devant le miroir de la salle de bain pour devenir, en effet, quelque chose comme sa première victime, ou son meilleur ennemi."

Invitant Socrate, Platon et ses détracteurs - dont le fameux Mélétos - sur le devant d'une scène contemporaine, Gernot Lambert,  professeur de littérature,  esquisse un nouveau procès de l'enseignement. Il dote sa pièce,  alerte, d'un dossier d'accompagnement, nourri de la pensée de Socrate et de la célèbre Apologie qu'en fit Platon.

Une façon plaisante de s'adonner à la réflexion philosophique.

AE

Apologie de Mélétos, Gernot Lambert, Théâtre - texte + dossier, éd. De Boeck, 2013, 158 pp

 

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23 10 13

Sur les traces d'Hawthorne

9782226249715-j.jpgMystérieusement rescapé de l'incendie criminel  de son appartement, l'ouvrage La Lettre écarlate (de Nathaniel Hawthorne) attire l'attention fébrile de Pauline, la narratrice, à son retour de l'hôpital.

"J'ai toujours pensé que si la vérité existait, elle ne pourrait se trouver que dans les livres, ces mêmes livres qui avaient emporté leurs secrets avec eux."

Focalisé sur l'indignité d' Hester Pryne, une femme adultère, marquée d'une lettre écarlate, le roman d'Hawthorne  (1850) émeut à ce point la narratrice qu'elle se rend à Boston (Nouvelle-Angleterre), "à la source du livre." et des lieux chers à Hawthorne.

" J'avais failli mourir. La hiérarchie des choses avait changé. Une révolution copernicienne s'était opérée en moi, autour de moi, qui m'entraînait dans des mouvements singuliers, inédits, me faisant traverser des paysages nouveaux où je ne reconnaissais plus rien."

Une quête initiatrice, baptême d'après feu, en quelque sorte, qui au hasard d'investigations et de rencontres fortes - celle de Georgia Oblotchnik, vieille femme serviable,  fantasque et transcendentaliste, de  Blake et de Waldo, un libraire  "cyclope" et dément , la mèneront à la découverte ...transcendante d'elle-même.

Un roman baigné de littérature et de sa force cathartique.

AE

La Transcendante, Patricia Reznikov, roman, Albin Michel, août 2013, 280 pp, 19 €

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17 10 13

Lettres de Paris

"Ce que j'aime bien, dans les lettres que nous nous écrivons , mon père et moi, c'est que parfois j'arrive à oublier où il est- parler des abeilles et des couleurs sensibles, j'adore ça."

 

La narratrice a dix ans - l'âge précis où Laura Alcoba quittait l'Argentine pour la France... - elle rejoint sa mère à Blanc-Mesnil,  en banlieue parisienne, tandis que son père reste détenu à la prison de  La Plata (Argentine).

 Observatrice du monde adulte et d'une réalité  de vie qui ne correspond pas à la vision idyllique de Paris qu'elle s'était faite, l'enfant entretient avec son père une correspondance régulière.

"Ce qui est bien avec les lettres, c'est qu'on peut tourner les choses comme on veut sans mentir pour autant."

Alliant candeur et maturité en un mélange bien négocié, le roman se nourrit largement de la vie de Laura Alcoba: fille d'un prisonnier politique qui restera incarcéré en Argentine jusque mi-1981, l'enfant avait rejoint sa mère en France et écrivait une fois par semaine à son père. S'il n'y a plus de traces des lettres parvenues à la prison, Laura Alcoba avait, en revanche, conservé toutes les missives de son père. Elle les a relues durant le printemps 2012, se décidant alors réécrire en quelque sorte les siennes,

AE

Le bleu des abeilles, Laura Acolba, roman, Gallimard, août 2013, 125 pp, 15,9 €

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