16 08 12

Souvenirs d'une mère au goût amer...

   9782756103921.jpg     Dix ans plus tôt, la mère de la narratrice a rendu son dernier souffle. Mais est-ce à sa mort qu'elle a perdu celle qu'elle a tant aimée ou le deuil a t-il commencé de son vivant? Car celle qui disait l'aimer plus que tout, l'entourait jusqu'alors d'un amour indéfectible, absolu, inconditionnel, a abandonné sa fille à l'orée de son adolescence. Sans une explication. Sans un geste. Sans un mot.

     Les flammes qui crépitaient dans l'âtre de son coeur se sont en effet détournées de sa fille vers un artiste somptueusement inconnu. Un bel Hidalgo aussi prétentieux que possessif. Pas de droit de séjour sur le territoire du coeur maternel désormais entièrement occupé par ce génie de pacotille. Pas même un visa provisoire.

     Restée à la frontière de la vie de sa mère, sans passeport, la narratrice tente comprendre, de mettre des mots sur les maux. Pas simple du tout. A fortiori dans cette famille bourgeoise où le silence est de rigueur, les questions condamnées à rester murées dans l'esprit, les mots cadenassés au silence.

Ne rien montrer.

Ne pas se plaindre.

Accepter l'inacceptable.

Sourire toujours.

Souffrir dedans.

Avancer. Sans elle, sans la colonne vertébrale qu'est l'amour maternel.

     « Parler n'était qu'un signe de faiblesse, la pratique d'un monde qui n'était pas le nôtre ». Les années passent, mais la blessure reste à vif. La narratrice décide alors de transgresser les pratiques familiales, de rompre le silence. Et de pratiquer l'autopsie de sa famille, dont sa mère n'est qu'un maillon, de disséquer au scalpel de sa plume cette intolérable blessure. Afin de parvenir à laisser les cendres s'envoler...

 

     Un magnifique roman, où Nathalie Rheims, en magistrale chirurgienne des âmes, nous montre que l'amour maternel, contrairement aux idées reçues, n'est pas toujours irrévocable...

 

P. 108 : Je découvrais que l'amour inconditionnel n'existe pas. Il y a toujours des conditions, des négociations, des affrontements, des ruptures. Une mère, comme les autres, peut partir à tout instant et vous abandonner.

P.140 : La solvabilité affective d'une mère, c'est l'assurance que son amour est et sera toujours indéfectible.

Laisser les cendres s'envoler, de Nathalie Rheims. Editions Léo Scheer, à paraitre le 22 août 2012, 19€, 255 P.

Karine Fléjo

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15 08 12

Un roman rimbaldien...

Les grands masques.gifMarc Quaghebeur est sans conteste l'un de nos intellectuels les plus brillants (spécialiste de Rimbaud et grand africaniste, il est par ailleurs le meilleur connaisseur actuel des lettres françaises de Belgique dont il manie l'éventail jusque dans ses productions totalement ignorées) et de nos hauts fonctionnaires les plus actifs (ancien commissaire du livre au ministère de la Culture et professeur des universités, il est aussi le patron, à l'Albertine, des Archives et Musée de la littérature).

Il a fait paraître récemment aux Éditions du grand Miroir à Waterloo un roman labyrinthique intitulé Les grands masques, dans lequel le lecteur est mené de Bruxelles à Kinshasa en passant par Bucarest, Paris et La Paz dans un tourbillon d'intrigues et de questions qui furent au cœur des préoccupations et des réalités du siècle passé, à travers un récit dans lequel un couple d'amants, l'artiste peintre Paul De Cormois (fils d'Henri, l'exécuteur testamentaire de son grand-oncle Ernest, qui rallia de Gaulle à Londres avant d'épouser Élisabeth de Hauteville en 1946) et Suzanne Andrieux (fille du docteur Élysée Andrieux, qui, après sa déportation à Dachau, se rapprocha du parti communiste belge) se lancent sur les traces d'une certaine Milena Lilienfeld, épouse Jean Lavigne.

Voici le pitch, donné par l'éditeur :

« Que s'est-il passé entre Milena Lilienfeld, intellectuelle roumaine engagée et espionne de haut vol, et le peintre et résistant Ernest De Cormois ? Sa figure, qui hante ce roman comme le cœur de Milena, ne cesse d'échapper, de tramer et de se donner. C'est que, dans ce récit, chacun avance masqué et plonge au pire de l'Histoire du XXe siècle. Quels intérêts sordides y font courir en Afrique et ailleurs des personnages aux passés troubles ? Quels enjeux se cachent derrière l'assassinat à Houlgate du mari de Milena Lilienfeld ? Qu'a découvert Ernest De Cormois à la fin de sa vie, au seuil de son chef-d'œuvre pictural, Les Juifs de Vienne ? Un demi-siècle après les rencontres décisives des principaux protagonistes, Paul et Suzanne se voient subitement projetés sur les traces (...) de Jean et d'Élysée, d'Élisabeth et de Milena. L'histoire inconnue de leurs ascendants est aussi celle du siècle qui les a faits. Ils en sont les héritiers bien au-delà de ce qu'ils croyaient savoir. Lettres et billets, fax et SMS, dialogues et monologues trament ce roman mosaïque dans lequel se perd un couple d'amants. L'Art et la Politique y jouent un pas de deux qu'on leur reconnaît rarement. »

Un roman à clés, bien entendu (les initiés s'amuseront du portrait fantasque et fantasmé de certains personnages et de l'auteur lui-même) qui se lit comme un Bateau ivre abordant aux rivages de notre temps.

Bernard DELCORD

Les grands masques par Marc Quaghebeur, Waterloo, Éditions du Grand Miroir, mai 2012, 349 pp. en noir et blanc au format 12 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 €

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23 07 12

Les illusions perdues

Les séparées, de Kéthévane Davrichewy

Editions Sabine Wespieser, 2012

 

Les illusions perdues.

 

     Dix mai 1981. Sur l'écran de télévision , le visage victorieux de François Mittérand apparaît. Cécile, venue passer la soirée chez Alice, assiste à la liesse. Les deux jeunes filles, alors collégiennes, se sentent peu concernées par cette euphorie. Elles ont leur monde à elles, leur passion pour l'art, la musique, la littérature, leurs projets artistiques communs. Elles partagent tout, se comprennent au premier regard, unies par des liens que rien ni personne ne semble pouvoir rompre. Une amitié fusionnelle qui forme un cocon doux et protecteur. Plus que des amies, ce sont des « âmies-soeurs ».

 

    41TeGjSK1pL._SL160_.jpg Dix mai 2011. A l'approche de la cinquantaine, les deux femmes traversent de difficiles épreuves. Alice vient de se faire quitter par son mari, juste après avoir perdu son emploi. Divorcée, Cécile est à l'hôpital, plongée dans le coma. Mais elles ne sont plus là l'une pour l'autre. La philosophale amitié qui les liait s'est délitée. Que s'est-il passé? Comment des liens d'une telle force, une amitié vieille de trente ans, peuvent-ils se défaire? Quand cela a t-il commencé? Par la faute de qui? Y a t-il seulement un ou une coupable?

     Dès lors, comment grandir sans l'autre? Comment se construire amputée de sa présence et de sa si forte affection?...

     Si les liens sont coupés, les pensées qu'elles nourrissent l'une envers l'autre, elles, sont toujours aussi prégnantes. Depuis son lit d'hôpital, Cécile tente de comprendre l'incompréhensible. Assise à la terrasse d'un café, Alice s'efforce de son côté de mettre des mots sur l'indicible. Tandis que chacune rembobine le fil de son existence, remonte aux sources de leur amitié, des joies et des peines qui l'ont émaillée, apparaissent des non-dits, des secrets et cachotteries, des malentendus, vécus différemment par chacune. Tout ces petits grains de sable qui, peu à peu, ont grippé les rouages de leur amitié amoureuse. Tout ce qui, au fil du temps, a rendu leurs illusions illusoires.

     Dans ce roman choral à deux voix, Kéthévane Davrichewy aborde avec beaucoup de finesse, de justesse et de sensibilité, le thème peu traité de la rupture amicale. Ou comment les sentiments que l'on croyait indéfectibles agonisent. Une rupture à laquelle on n'est guère préparé. Car si on espère que l'amour s'inscrira dans la durée, on imagine volontiers l'amitié inscrite dans l'éternité. La désillusion n'en est que plus douloureuse...

     Un roman bouleversant, rédigé de haute plume, dont on notera de surcroît l'admirable construction. A lire. Absolument.

Les séparées, de Kéthévane Davrichewy. Editions Sabine Wespieser, 2012. 181 P., 18€.

Karine FLEJO

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12 07 12

Jubilatoire et profond !

 

     bon-retablissement-marie-sabine-roger.jpg Quand Jean-Pierre reprend conscience, il est en salle de réanimation. Diagnostic : polytraumatisé, « ce qui ne manque pas de panache ». A défaut d'avoir réussi dans sa vocation de méchant, il se sera au moins illustré par une sortie originale : un plongeon dans les eaux glacées de la Seine, percuté par un véhicule.

      Dès les toutes premières lignes, le ton est donné : le roman sera un cocktail d'humour, de rires, de tendresse, d'amour, de sensibilité, le tout mélangé dans un shaker de talent.

      De fait, on sirote ce roman avec délectation. Notre veuf, sans enfants, vieil ours ronchon et égoïste, voit sa vie métamorphosée par cette immobilisation forcée. L'occasion pour lui de revenir sur son passé, sur les êtres qui ont marqué son existence, mais l'opportunité aussi de rencontrer de nouvelles têtes. Du chirurgien à l'infirmière, en passant par une jeune mère de 14 ans, un étudiant prostitué, un policier orphelin, un copain adepte de kouign amann, les aides soignants, chacun entre dans sa vie et y laisse son empreinte. Des empreintes profondes, viscéralement humaines, qui peu à peu vont révéler un autre homme. Le Jean-Pierre acariâtre, méchant raté, fait place à un gentil réussi. Un être furieusement attachant. Un homme qui « met un mouchoir sur ses à priori et pose un garrot serré sur le flot de ses certitudes. » Un patient que l'on est impatient d'aimer.

      Marie-Sabine Roger nous offre ici un magnifique hymne à la vie. Avec une verve jubilatoire, des formules inédites aussi détonantes qu'étonnantes, l'auteur nous amène à revisiter nos certitudes, nos priorités, nos attentes. Un voyage enivrant au coeur de l'humain.

      Je pourrais vous parler encore longuement de ce roman que j'ai littéralement dévoré, des éclats de rire dans la voix, des larmes dans les yeux aussi parfois. Mais ce serait vous retenir devant votre écran, alors que vous n'avez plus une seule minute à perdre : filez dans la librairie la plus proche et offrez-vous ce petit bijou!!!

 

P. 104 : Chez ceux qui sont bornés, la bêtise est sans bornes.

P.133 : Pépé n'était qu'un acariâtre, un vieux râleur. Je suis pareil que lui, un constipé du coeur.

 

      Ce roman vient de se voir décerner le Prix des lecteurs de l'Express. Il va être adapté à l'écran par Jean Becker.

 

Bon rétablissement, de Marie-Sabine Roger. Editions La brune-Le Rouergue, mars 2012, 18.50€, 205 P.

Karine FLEJO

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06 07 12

Caucase toujours...

Les princes vagabonds.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 05/07/2012 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

L’un est un médecin juif originaire de Ratisbonne, l’autre est un colosse africain, ancien soldat des armées de l’empereur de Byzance, les deux sont des escrocs associés pour voler les naïfs peuplant les montagnes du Caucase en cette veille de l’an mil. L’un porte une sorte de dague de sa fabrication et rafistole les corps humains, l’autre est armé d’une énorme hache viking, et aurait plutôt tendance à les mettre en pièces, les deux parcourent à cheval les terres d’Azerbaïdjan. Leur association bien huilée rapporte son petit lot d’aventures et de pièces d’or.

La machine ne tardera pourtant pas à se gripper lorsqu’après une arnaque, un marchand leur confia le sort du jeune Filaq dont la famille fut massacrée par celui qui est devenu le chef du peuple kazhar. Leur mission sera de le ramener dans sa famille maternelle. Commence alors pour nos compères une aventure qui les amènera à croiser le fer avec les troupes d’un chef de guerre rebelle, à traverser des villes ravagées par les Vikings ou encore à négocier avec l’un ou l’autre marchand d’éléphant. Tout un programme…

Avec Les princes vagabonds de Michaël Chabon, les Éditions 10/18 à Paris rééditent un livre somme toute assez sympathique sous bien des aspects, comme la forme d’exotisme qui ressort de ses pages. Pourtant, on regrettera la pesante lourdeur du style, véritable talon d’Achille de cet ouvrage. Car en enchaînant sans cesse des phrases kilométriques qui finalement n’apportent pas grand chose et font perdre le fil de la lecture, on finit par en agacer plus d’un…

Malgré tout, ce petit roman pourra très bien convenir à vos vacances bien méritées, et pourquoi pas agrémentées d’un voyage dans le Caucase ?

EUTROPE

Les princes vagabonds par Michaël Chabon, traduit de l’américain par Isabelle D. Philippe, Paris, Éditions 10-18, 204 pp. en noir et blanc sous couverture brochée en couleurs, 7,10 € (prix France)

Écrit par Brice dans Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

05 07 12

Un roman engagé

    Toutes-les-femmes-s-appellent-Marie_lightbox_zoom.jpg Marie a trente trois ans. Seulement. Déjà. Veuve de guerre et maman d'Emmanuel, elle doit faire face à ses propres combats. Le vide affectif béant laissé par le décès de son mari. Le constat du handicap d'Emmanuel.

     Certes, son fils avait laissé percevoir des signes de sa « différence », incapable de se nourrir normalement, de se séparer de sa mère ou d'adresser la parole à une autre personne qu'elle. Elle, sa seule porte vers le monde extérieur. Mais comment accepter de tuer l'espoir que ce ne soient que de fausses alertes? Comment accepter son impuissance en tant que parent, de même que celle du monde médical?

     Pourtant Emmanuel grandit et il faut bien faire face à la réalité : il est atteint de déficiences mentales lourdes. Irréversibles.

     Marie, anagramme d'aimer. Alors Marie, en mère attentive, protègera son fils, ira loin, très loin, pour mettre ce dernier, devenu un homme, à l'abri de ses pulsions érotiques. Jusqu'où une mère peut-elle consentir à aller par amour pour son enfant?

 

     Dans ce court roman, Régine Deforges aborde avec courage et sensibilité un sujet encore souvent tabou : la sexualité des handicapés. Elle décomplexe la parole et nous rappelle, si besoin était, que les personnes atteintes de handicap peuvent prétendre comme tout un chacun à une vie affective et sexuelle. Même si « notre société permissive n'accepte pas la différence, elle la combat parfois. »

 

     Retrouvez Régine Deforges au salon du livre de Ré, L'île aux livres, les 3 et 4 août 2012, ainsi qu'une centaine d'auteurs pour des rencontres et débats passionnés!

http://www.ile-aux-livres.fr/ 

Toutes les femmes s'appellent Marie, de Régine Deforges. Editions Hugo&Cie, janvier 2012, 125 P., 12€.

Karine FLEJO

 

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02 07 12

Un temps sans elle

9782919516124FS.gifCe que dit la 4ème de couverture: " L'amour fou. Marc ne vit que pour et par Julie.Une écharpe envolée. L'accident, stupide. La mort, intolérable. Il lui faut vivre sans Julie, il ne peut vivre sans Julie. Dès lors il cesse de vivre, part à la dérive dans un parc où se nouent d'étranges rencontres, où se tissent peu à peu nombre de mystères. Jusqu'à ce que..."

"Un temps sans elle", une belle histoire d'amour... On s'attache à Marc qui dérive et ne peut plus vivre sans Julie... Un livre qu'il est difficile de refermer avec une fin des plus surprenantes... Comme il est écrit très justement: "Il est des livres qu'on ne résiste pas à lire deux fois. Une première fois avec passion, porté par cet amour fou. Une deuxième fois, avec jubilation, pour comprendre comment on a pu se laisser bluffer de la sorte."

Lydie Gabriel, l'auteure qui se met dans la peau de Marc, un univers masculin qui nous fait oublier que c'est une femme qui écrit... Un livre qui reste même après la dernière page tournée. Je le conseille vivement à tous ceux qui aiment ces romans déroutants auxquels on s'accroche...

Un temps sans elle, Lydie Gabriel, éd. Le Bas Vénitien, mai 2012, 135pp, 13€.

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Romans | Commentaires (2) |  Facebook | |

25 06 12

A lire sans plus...attendre!

 

   lattente - site.jpg   « Si cela continue, dans un an, je la quitte et je t'épouse ». Quand son amant prononce cette phrase, ce possible amour tous deux qui ne soit plus un strapontin dans son coeur mais une vraie place, LA place, Marie sent ses résistances fondre. Certes, elle est mariée et mère de famille. Lui aussi est en couple et père. Mais... Mais si le temps lui donnait raison? Si au terme de cette attente, la clandestinité faisait place à une union au grand jour?

      Alors elle attend.

      Alors elle se donne des raisons d'attendre.

      Alors elle lui trouve des raisons d'attendre.

      Mais la peur est là qui la tenaille, qui l'étreint lui aussi.. Attend t-elle vainement? Le temps s'écoule, la barre de l'année est allègrement franchie, et Roch n'a toujours pas sauté le pas. Mais si la frustration chez l'un et la peur chez l'autre grandissent, croit chez tous deux un même addictif besoin l'un de l'autre. Besoin de l'entendre, de le toucher, de le sentir, de rire avec lui, de lui parler.

      Une impossibilité à se passer l'un de l'autre dont l'attente se repaît avec délice. Le dilemme reste entier. "L'attente, c'est une histoire de s'autoriser et de s'interdire. L'attente est souveraine. On s'y soumet, ses contingences s'imposent. En son nom, on renonce, on accepte. L'attente est reposante car elle annule toute possibilité de choix. Tout ce qu'on a à faire c'est attendre. L'attente agit comme une grille de sélection sévère et implacable des éventualités de la vie."

      Un confort pourtant inconfortable. L'attente transporte autant qu'elle achève, sublime autant qu'elle enlaidit, nourrit autant qu'elle sèvre. L'attente est une maitresse draconnienne.

      Jusqu'où Marie ira t-elle? Quels renoncements Roch sera réellement prêt à faire? Vient-il un moment où les illusions deviennent illusoires?

 

      On pourrait penser que ce récit d'un quatuor femme-mari-amant-maîtresse est un sujet rebattu dont on n'a plus rien à apprendre. A tort. Catherine Charrier nous offre ici un magnifique livre. En véritable chirurgienne des âmes et des sentiments, elle dissèque avec une justesse, une délicatesse et une force émotionnelle sidérantes les tourments de l'attente. Et de l'amour tout court.

      A lire sans plus...attendre!

L'attente, de Catherine Charrier. Récit aux Editions Kero, mai 2012, 251 P., 15,90€.

Karine FLEJO

 

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21 06 12

Un roman qui déménage !

cartons.jpg

     Peu de temps après qu'Emma ait emménagé dans son coeur, tous deux décident de déménager. Plus exactement, Brice ne trouve pas la force de s'opposer au désir de la femme qu'il aime, cette belle et pétillante journaliste de 20 ans sa cadette. Car s'installer dans cette immense maison de campagne ne l'enthousiasme guère. A défaut d'être emballé, il emballe les affaires.

     Un déménagement n'est pas une mince affaire. A fortiori quand il faut le gérer seul. Brice se trouve face à une véritable catastrophe naturelle... Emma, journaliste reporter, est en effet en mission en Egypte lors du grand départ.

     Cuisine, Salle de bains, Vêtements, Livres , mais aussi toute une série de cartons annotés Divers,sont débarqués dans le garage de la nouvelle demeure. Une montagne cartonnée que Brice attend le retour d'Emma pour descendre.

     Sauf qu'Emma tarde à donner signe de vie.

     Sauf que Brice ne peut accepter les raisons de son silence.

     Alors il dresse le camp dans le garage, se creuse une vallée au cœur de sa montagne, installe un lit de camp près de la chaudière. Et tient le siège en attendant Emma.

     Une descente aux enfers au milieu des cartons éventrés que même l'intervention de l'excentrique voisine, Blanche, ne parviendra pas à enrayer. Devant, derrière, à droite, à gauche, puis... dessous, les cartons sont partout.

 

     Dans ce roman publié à titre posthume, on retrouve tout le génie dramatique de l'auteur, son excellence à peindre avec minutie et réalisme les scènes du quotidien, à dessiner les atmosphères sombres sous le pinceau de sa plume, à enluminer ses tableaux de drames humains.

     Un roman à l'humour d'une noirceur d'ébène qui emballe et déménage!

Cartons, de Pascal Garnier, Éditions Zulma- février 2012. 185 P., 17,50€.

Karine FLEJO

 

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20 06 12

Le roman de l'été

Thierry CohenCela fait des années que sur Nostalgie, nous avons attiré l'attention du public sur cet auteur, Thierry Cohen, qui dès son premier avait fait très fort. J'aurais préféré vivre s'est d'ailleurs retrouvé dans les listes des meilleures ventes en poche.

Si tu existes ailleurs possède comme ses prédécesseurs toutes les qualités pour être dans le peloton de tête des romans de l'été. A vous de le découvrir, c'est le jeu de la littérature.

Cet entretien enregistré pour Pop Culture vous permettra également de prendre la mesure de l'homme authentique qu'il est. Podcast intégral.


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Écrit par Brice dans Brice Depasse, Podcasts, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |