25 04 12

Entre rêves et réalité

images.jpg« Constance n'insista pas, il ne fallait pas parler de ses nuits à Benjamin. C'était entre eux un accord tacite: il ne la mêlait pas à ses autres vies, elle ne lui posait pas de questions. » (Extrait p.102)

Quelques-unes des vies et morts de Benjamin P. est un roman qui nous emmène dans la vie de Benjamin... Vie parallèle ou vie réelle... Chaque nuit, Benjamin rêve ou cauchemarde...Tantôt il est un jeune garçon qui vole, tantôt peintre ou chanteur... Une vie nocturne qui le confronte à la mort, à des innovations importantes ou encore à des évènements, des personnages modernes... Toutes ces histoires folles sont entrecoupées de moments de vie « réelle ». Benjamin a la (mal)chance de vivre chaque nuit, une vie parallèle et différente, jusqu'à un tournant particulier de sa vie...

Quelques-unes des vies et morts de Benjamin P., un bouquin de fiction auquel on s'accroche, où à chaque chapitre, on a envie de connaitre la prochaine vie du héros. Des histoires inattendues mêlant la réalité, la famille, avec peut-être des espoirs et des rêves inconscients qu'il tente de réaliser toutes les nuits...

Quelques-unes des vies et morts de Benjamin P., Dominique Greusard, éd. Le Bas Vénitien, mars 2012, 184pp., 15€

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

23 04 12

Le chant des âmes

9782226240088.jpg      Quand reviennent les âmes errantes est un sublime drame choral à trois voix. Celui d'une femme Chun-niang, appelée dame Printemps, et de deux hommes, Jing Ko et Gao Jian-li, tous deux amoureux d'elle.

      Un ouvrage qui nous invite à nous interroger sur la passion des êtres humains dans toutes ses acceptions, sa noblesse et ses dangers : passion d'amitié, passion d'amour mais aussi passion pour les richesses, pour le pouvoir, pour la domination ou pour la possession. Car comme le souligne fort brillamment François Cheng, une amitié de même qu'un amour vrais, élèvent les âmes, les éclairent. Si d'aucuns ont le pouvoir de séparer les corps, personne n'a la possibilité d'enfermer les âmes, de les séparer. « Plus longue est l'absence, plus ardent devient le désir de l'attente. Pour peu que s'offrent un jour les retrouvailles, les coeurs épris, irrépressiblement, s'embraseront. » Cependant, il est des passions qui exaltent les instincts les plus vils de l'être humain. Rien de noble ici. L'humain devient inhumain. La soif de possession, de puissance est alors à l'origine de guerres inscrites en lettres de sang.

      Et c'est là que la petite histoire rejoint la grande.

      Chun-niang, Jing Ko et Gao Jian-Li forment un trio inséparable. Les deux hommes aiment passionnément Dame printemps, et réciproquement, sans que cela ne suscite de jalousie ni de sentiments mesquins entre eux. Jing Ko, valeureux guerrier incarne le Yang. Gao Jian-Li, artiste joueur de Zhou, symbolise le Yin. Une complétude, une synergie qu'ils vont mettre au service de la lutte contre la tyrannie, le despotisme ambiant. Au péril de leur vie. Mais si Chun-niang demeure physiquement seule, ses deux amours morts au combat dans d'horribles souffrances, chaque nuit de pleine lune, les âmes errantes des deux hommes viennent lui rendre visite et lui parler. «  L'âme? C'est bien par elle que la vraie beauté d'un corps rayonne, c'est par elle qu'en réalité les corps qui s'aiment communiquent. »

     Et ce sont ces dialogues nocturnes, empreints de sagesse, de poésie, d'une réflexion juste, profonde et sensible, que nous dessine la plume experte du calligraphe, poète et romancier François Cheng.

     Remarquable.

 

P. 46 : «  La grande affaire pour un artiste, j'en suis persuadé maintenant, c'est d'entendre et de donner à entendre l'âme qui l'habite et qui résonne de fait à l'âme cachée de l'univers. »

 

P. 52 : «  Si l'amour enseigne le don total et le total désir d'adoration, l'amitié, elle, initie au dialogue à coeur ouvert dans l'infini respect et à l'infini attachement dans la non-possession. »

 

NDT :les évènements relatés dans cet ouvrage ont eu réellement lieu dans la seconde moitié du troisième siècle avant notre ère.

Quant à ce qui s'est passé du côté des âmes, cela relève d'un autre ordre, d'une autre histoire...

 

Quand reviennent les âmes errantes, François Cheng. Éditions Albin Michel, avril 2012, 14€, 155P.

Karine FLEJO

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22 04 12

Un Monde à la Page !

10003243SriLnka©R.Dominique_unesco_01.jpgCe lundi 23 avril, sous l’égide de l’UNESCO, il sera temps de fête la Journée Mondiale du Livre et du droit d’auteur. 24 heures entièrement consacrée à la célébration de notre objet fétiche à travers la planète entière ! On sait à quel point la lecture, l’écriture et l’éducation sont des clés essentielles pour assurer le développement social des jeunes... et des moins jeunes. L’UNESCO a donc décidé de fêter le livre, à travers le monde, depuis 1995. Vous pourrez trouver tous les détails de cette grande journée ICI, mais en attendant, l’équipe de Lire est Un Plaisir vous propose un véritable tour du monde littéraire avec un coup de projecteur sur leurs auteurs... venus d’ailleurs !

Entre un avion, un bateau et deux lectures de bio rock’n’roll, Brice Depasse nous confie : « Mes auteurs étrangers favoris : Philip Roth (Un homme, J’ai épousé un communiste), Umberto Eco (Le nom de la rose), Paul Auster (Brooklyn follies), Russell Banks (Trailer park, La réserve).Je sais, ce n’est pas original. ». Gwendoline Fusillier, qui passe une partie de ses journées à rattraper nos boulettes de mise en ligne prend tout de même le temps de lire « international ». La preuve : « Le premier qui me vient à l'esprit est sans doute: « Jamais sans ma Fille » de Betty Mahmoody, publié en 1987. Sinon dans un style plus léger j'aime beaucoup: Anna Sam: « Les tribulations d'une caissière » et « Conseil d'une amie à la clientèle » ou encore Sophie Kinsella avec sa série « Accro du shopping » et enfin Katarina Mazetti: « Le mec de la tombe d'à côté » et « Le caveau de la famille ». Quant à Jacques Mercier, lui qui a si bien incarné les quatre coins de notre Belgique dans Forts en Tête, il n’hésite pas à voyager entre les lignes : « J’adore Lawrence Durrell, surtout dans le "Quatuor d'Alexandrie", une tétralogie qui comporte : "Justine", "Mountolive", "Balthazar" et "Cléa". Il s'agit de la ville d'Alexandrie et de la même histoire vue par les protagonistes. J'ai peu rencontré d'atmosphère aussi fortes : peut-être chez F. S. Fitzgerald ? C'est dans "Justine" que l'auteur écrit : "Une ville devient un univers lorsqu'on aime un seul de ses habitants »... ». Quand à votre serviteur, c’est à travers les romans de Stephen King que, tout jeune, il a baigné dans la culture américaine... Avant de se forger un amour immodéré pour les thrillers au feu des brûlots incendiés par James Elroy, Ernest Hemingway ou encore Graham Masterton... Sans parler de Dona Leone et son oeuvre vénitienne !

Le monde entier célèbre le livre, durant toute une journée... Pour les 364 autres ? Lire est un Plaisir s’en charge !  

Chris Corthouts

06 04 12

Lothringen

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 " Je croyais en la puissance de notre Führer. Je le trouvais piètre écrivain, je n'approuvais pas toutes ses idées mais je lui faisais confiance. Qui mieux que lui pouvait nous protéger? Or l'idée que les Amis viennent de si loin pour aider les Français et les Anglais à nous voler notre chère Lothringen m'angoissait"

Réfugiée, seule, dans la cave d'une maison lorraine détruite en 1944, par les bombardements alliés, Rosy, 14 ans, tente de survivre, resassant les souvenirs d'une très courte enfance ....

Peu à peu, elle s'affranchit de l'estime inconditionnelle que Mutti, sa mère, voue au Führer.

"J'ai fabriqué d'autres torches avec les pages de Mein Kampf, mais j'ai gardé celles où M. Hitler parle de la mort de sa mère. C'est la seule douleur que nous partagerons jamais. Mutti aurait soulevé la maison pierre après pierre pour me retrouver, ne serait-ce que pour s'assurer que je deviendrais la secrétaire de notre Fûhrer..."

Exercice subtil que de sonder la délicate position des Lorrains et des Alsaciens vis-à-vis de l'Occupant, de la France et d'un passé fait de revirements incessants. Nathalie Hug s"y emploie avec talent.

AE

La demoiselle des tic-tac, Nathalie Hug, roman, Calmann-Lévy, mars 2012, 200 pp, 15 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Littérature générale, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

03 04 12

L'amour aux trousses...

7ans.jpgCe que dit le quatrième de couv’ : Artiste bohème au tempérament de feu, Nikki fait irruption dans la vie sage et bien rangée de Sebastian. Tout les oppose, mais ils s’aiment passionnément. Bientôt, ils se marient et donnent naissance à des jumeaux : Camille et Jeremy.

Pourtant, le mariage tourne court : reproches, tromperies, mépris ; la haine remplace peu à peu l’amour. Au terme d’un divorce orageux, chacun obtient la garde d’un des enfants : Sebastian éduque sa fille avec une grande rigueur alors que Nikki pardonne facilement à son fils ses écarts de conduite. Les années passent. Chacun a refait sa vie, très loin de l’autre. Jusqu’au jour où Jeremy disparaît mystérieusement. Fugue ? Kidnapping ? Pour sauver ce qu’elle a de plus cher, Nikki n’a d’autre choix que de se tourner vers son ex-mari qu’elle n’a pas revu depuis sept ans. Contraints d’unir leurs forces, Nikki et Sebastian s’engagent alors dans une course-poursuite, retrouvant une intimité qu’ils croyaient perdue à jamais.

 

L’année dernière, lors de la sortie de L’Appel de l’Ange je parlais « d’évolution » dans le chef de Guillaume Musso, avec un glissement sensible de la comédie romantique et fantastique vers une forme de thriller « grand public », où les relations sentimentales se trouvaient tissées dans une intrigue au rythme endiablé. Avec 7ans Après, la transformation se poursuit… et l’ombre d’un certain Harlan Coben flotte clairement sur les premiers chapitres de l’aventure. Pied au planché, Guillaume Musso plonge tête la première dans le « cauchemar » de tout parent : la disparition inexplicable d’un adolescent. Une disparition d’autant plus problématique qu’elle surgit sept ans après un divorce pour le moins difficile. Avec un sens consommé de la narration et de ce que les américains appellent « l’exposition », soit la présentation de la toile de fond psychologique, historique et géographique sur laquelle le récit va se dérouler, ce nouveau Musso s’inscrit clairement dans la catégorie des ouvrages que l’on a toutes les difficultés du monde à déposer une fois entamer. On n’oubliera pas non plus ces dizaines de références qui font le plaisir des lecteurs attentifs, pépites extraites de la culture populaire, qui brillent discrètement au cœur de la trame et ne manqueront pas d’attirer le regard d’une génération biberonnées aux exploits de Marty McFly et des super-héros de la Marvel… sans pour autant laisser les novices sur le bord de la route.

Là où le roman perd un peu son objectif de vue, c’est lors de la troisième partie, la plus courte, où les héros sont soudain confrontés à une bande de trafiquants tout droits sortis d’une mauvaise série B. On sent l’auteur pressé de confronter ces personnages à un enjeu vital, mais l’exécution devient brouillonne, les relais narratifs improbables et ce qui aurait pu constituer un second volume se voit réduit à un enchaînement trop rapide de situations à peine ébauchées.

Reste que la part du contrat le plus importante que remplit Guillaume Musso avec ce neuvième roman, celle d’un plaisir innocent, d’une aventure relevée, d’un univers que d’aucun qualifierai de « naïf » alors qu’il s’agit avant tout d’une intraveineuse d’évasion, d’un roman de qualité qui s’inscrit dans une logique de pure divertissement. Certains y verront une démarche mercantile et insupportable dans un monde en pleine tourmente, d’autres vous diront que cesser de se prendre la tête pendant quelques centaines de pages ça peut aussi faire du bien… Et je suis de ceux là !

7 ans Après..., de Guillaume Musso. Editions XO. 400p.

30 03 12

La petite maman

    9782234071766.jpg  Année de transition pour Tracey Charles, onze ans. L'attachante gamine, qui vit dans le « neuf trois », va devoir jongler entre l'entrée au collège, la naissance de Saïa - sa petite soeur née d'une union entre sa maman portugaise et son beau-père japonais, les amours de son père agoraphobe avec Aminata la femme de ménage de l'immeuble, son premier vrai départ en vacances au delà du périphérique, sa nouvelle coupe de cheveux, le délitement de son amitié avec Cosimo, mais aussi ses premiers émois amoureux avec Rabah.

      Une enfant très intelligente, vive, drôle, entière, que la violence du quotidien avec sa mère, le divorce de ses parents, la pathologie de son père, ont obligée à grandir trop vite. Une adulte dans un corps d'enfant. Une petite maman pour sa soeur Saïa. Une enfant protectrice pour son papa. Une mère à la place de sa mère.

      Et quand le quotidien devient trop lourd, inquiétant, Tracey a un Dieu vers lequel se tourner : le chiffre Huit, auquel elle voue un véritable culte. «  Ô mon chiffre Huit, apaise mon sang qui bouillonne, mes nerfs qui grésillent et ma tête qui bourdonne. » Un soutien précieux et secret.

      Mais si très tôt elle doit endosser bien des responsabilités, apprendre à se gérer seule, elle n'a pas perdu sa candeur, sa fraicheur, son espièglerie, sa capacité d'émerveillement. Bien au contraire! Tracey nous entraine dans sa farouche joie de vivre, dans le sillage de ses rires, de son espièglerie. Et de rire aux larmes avec elle. Un humour qui permet à l'auteur d'aborder des thèmes comme la maltraitance, le divorce, l'intégration, le conflit des religions et des générations, la maladie psychologique, sans jamais s'appesantir. Un véritable tour de force.

 

      Alors cette année, belle ? Belle, assurément. Et même très très belle, à plus d'un titre. Car Cypora Petitjean-Cerf sait comme personne sublimer chaque petit bonheur du quotidien, faire percer le soleil dans les ciels gris, fleurir les sourires derrière les rideaux de larmes, rire de ce qui d'ordinaire accable, mais aussi et surtout, faire germer l'espoir en des sols à priori infertiles.

      Dire que j'ai aimé ce roman est bien trop faible : je l'ai adoré, adopté, dévoré... à moins que ce ne soit lui qui m'ait dévorée! Lisez-le, et alors Tracey deviendra pour vous aussi, cette gamine au coeur d'or que vous adopterez dans le vôtre. Une enfant qui vous accompagnera, longtemps, après avoir refermé le livre...

La belle année, de Cypora Petitjean-Cerf. Editions Stock, Février 2012, 317 P., 19,50€

Karine FLEJO

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27 03 12

Palimpseste

418LPARErPL._SL500_AA300_.jpg" A présent, je me découvre comme un palimpseste. A la façon des moines du Moyen Age, nos parents nous ont inscrit d'autres textes sur un parchemin recouvert d'un récit bien plus ancien. Notre histoire commune est là, mais dessous, dans l'épaisseur du support, un message antérieur existe toujours, nous n'en savions rien mais il palpite comme un coeur dans un corps."

Tandis que sa mère est internée dans une maison de soin médicalisée, la narratrice rejoint une mission d'anthropologues, au Kosovo, chargés d'exhumer de nombreux  corps des charniers et de déterminer les circonstances de leur décès. Un travail de reconstitution qui lui permet de reconstruire sa propre vie, allégée des strates qui lui furent néfastes.

" J'ai creusé avec ma pioche, ma truelle, ma souffrance, ma peur, pour dégager cette forme indéterminée qui m'enferme; je l'ai déchirée au scalpel. J'ai mal à moi, à eux, j'ai mal, mais ma bouche tremble du désir de vivre."

Entrecoupé de séances d'analyse, nourri d'une réflexion profonde sur le sens de la vie,  du déclin mental, de la mort et des "deuils blancs " qu'il faut opérer,   le deuxième roman de Nicole Roland (Kosaburo 1945 - Actes Sud, 2011 - Prix Première 2011), inscrit  douleur et  douceur au coeur d'une écriture belle et confirmée.

AE

Les veilleurs de chagrin, Nicole Roland, roman, Actes Sud, janvier 2012, 232 pp, 18,9 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

18 03 12

Mystérieuse "Claire de lune" !

Claire de lune.jpgComment ne pas être heureux de l'arrivée d'une nouvelle écrivaine dans cette façon d'écrire qui est tellement proche de nous, de notre patrimoine : l'imaginaire ! Valérie Narval aurait eu sa place dans la défunte et regrettée collection "les Maîtres de l'Imaginaire" aux côtés de Dartevelle, Owen, Muno ou Ray ! Nous sommes un pays d'écrivains marginaux aussi, dans la BD, dans la poésie, dans le fantastique (N'est-ce pas, Christophe Corthouts ?)... Quel plaisir de suivre l'histoire de Clara et d'Alex, une histoire d'aujourd'hui, où l'on "chatte" aussi ! "L'amour s'insinue, fait mal, d'un mal dont Alex ne peut bientôt plus de passer !". Ce roman fantastique est aussi tourné vers la jeunesse, car ce texte les concerne. Et l'auteur, dans la vie comme dans son livre, est une excellente communicatrice. J'aime quand soudain on avance en zone brumeuse : "... J'ai reçu ce pendentif de ma mère, il n'y pas si longtemps que ça. Il est dans la famille depuis plusieurs générations. Même s'il n'est pas très beau, il revêt à mes yeux, une grande valeur sentimentale. Il paraît que son apparence varie en fonction de celui ou de celle qui le porte..." J'adore ces phrases-là qui ouvre soudain l'imaginaire, tous les possibles... Les mots, les situations jouent de l'imagination et chez nous, habitués durant longtemps à rêver ce que nous n'avons pas, c'est comme si nous retrouvions de très anciennes racines encore plantées dans notre cerveau ! Bienvenue Valérie Narval !

Jacques MERCIER

"Claire de lune", roman, par Valérie Narval, éditions Dricot. 2012, 382 pages, couverture malikartgraphik, 23 euros.

15 03 12

A la sainte Adeline, ne te découvre pas d'un fil

images.jpg" Comme il est facile de cacher les intimes séismes de sa vie à ceux que l'on appelle ses "proches", alors que, parfois, ils sont si loin!"

Jour de fête de sa sainte patronne, Adeline décide de changer de vie. Elle interrompt une carrière bien amorcée pour se consacrer à sa vie de famille, à son mari, Hugo et à ses trois enfants, Adèle, Eugène et Elsa.

Auto-promue femme au foyer et enchantée de l'être, elle renoue avec un rêve ancien, ancré dans son adolescence : créer un opéra-rock au départ du Cid, de Corneille et de l'amour tragique que voue Chimène à Rodrigue. Sa rencontre avec Mathis, aussi fougueux que passionné de musique, l'invite à concrétiser le projet et à ...se mettre en danger. Le célèbre "Va, je ne te hais point"cornélien, la saisit qui pourrait mettre à mal l'édifice de sa nouvelle vie...

AE

 Une vie en plus, Janine Boissard, roman, Fayard, mars 2012, 522 pp, 22 €

 

salon_du_livre_de_paris_2012.jpgLa tonique  écrivain, aux quelque quarante romans, dédicacera son ouvrage et rencontrera ses fans,  ce samedi 17 mars, de 15h à 16h, au stand des Editions Fayard (N51)

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

13 03 12

Encore...mieux

pas-mieux-de-arnaud-le-guilcher-livre-897169589_ML.jpgCurieux, drôle, irrésistible, déjanté, incongru,farfelu, rythmé,  truffé d'argot à tire larigot, doté d'un sens de l'image neuf et de la métaphore percutante, tendre et même poignant à quelques  moments (rares)  ...le roman d'Arnaud Le Guilcher est ..hallucinant. Comment ai-je pu rater sa sortie en mai 2011?

Point de vaines lamentations puisqu'il m'a été donné de découvrir ce petit bijou, retenu pour la finale du prix du deuxième roman (Marche-en-Famenne, 12 mai 2012)

Gérant d'un (vague) pressing, vaguement alcoolique, le narrateur voit débarquer d'un coup femme (Emma) et fils (Commmoi) après quinze ans d'une absence inexpliquée. Son existence terne va en être totalement chamboulée: Commmoi est presque autiste à force d'être gothique, Emma, déconnectée. Et voilà notre héros mi-Foenkinos, mi -(Woody)  Allen,  pétri d'humour  et d'autodérision à la mode d'un Jérôme K. Jérôme (Trois hommes et un bateau) obligé d'honorer l'entretien dispendieux d"une famille à laquelle il ne croyait plus.

L'attitude hostile de son fils fera-t-elle éclore une paternité enfouie dans les limbes du renoncement?

" Tous les matins, j'arrivais au boulot avec le moral dans le cul-de-basse-fosse... Je n'allais jamais parvenir à être un bon papa. C'était acquis. Je ne savais absolument pas comment faire.. Ces ordures de cigognes, non contentes de m'avoir livré mon enfant avec quinze piges de retard, me l'avaient fourni sans mode d'emploi."

Pas facile d'être le père d'un enfant sur-doué...

Mais cela peut aider.

A déguster.

Sans modération.

Apolline Elter

Pas mieux, Arnaud Le Guilcher, Stéphane Millon éditeur, mai 2011, 333 pp, 17 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Humour, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |