04 12 11

MICHEL QUINT présente Les amants de Francfort


Où il est question des Amants de Francfort (éd. Héloïse d'Ormesson) mais aussi de Close-up (

 


Entretien enregistré par Nicky Depasse pour l'émission Livre de Bord sur Liberty TV
Hôtel Amigo, octobre 2011
Livre de Bord, une émission présentée par Brice & Nicky Depasse, tous les jours sur Liberty TV

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26 11 11

Une œuvre à la dynamite !

 

Retour à Killybegs.gifFort justement couronné en 2011 par le grand prix du roman de l’Académie française, le Retour à Killybegs du journaliste Sorj Chalandon – après être longuement passé par Libération, il collabore désormais à l’excellent Canard enchaîné – paru aux Éditions Grasset à Paris constitue une œuvre littéraire majeure, à l’instar du Trêtre de Vladimir Volkoff [1] qui abordait une problématique similaire quoique traitée différemment.

 

Grand connaisseur des coups fourrés de l’histoire (ses reportages sur l’Irlande du Nord et le procès Klaus Barbie lui ont valu le Prix Albert-Londres en 1988), Sorj Chalandon s’est fondé sur un double vécu personnel, le sien propre et celui d’un vieil ami, pour rédiger un texte époustouflant de maestria littéraire [2] et psychologique.

 

Écoutons-le :

 

« Une nuit de décembre 2005, j’ai écrit le mot effroi sur mon carnet. Le premier qui m’est venu. Je l’ai entouré de dizaines de cercles noirs, jusqu’à ce que le papier cède. Je venais d’apprendre que Denis [3], un ami irlandais, trahissait son pays depuis 20 ans. Et son combat, et sa famille, et tous ceux qu’il avait serrés dans ses bras. « Effroi », ce fut le premier mot. Il a donné naissance à Mon traître, publié chez Grasset en 2008.

 

Ce livre était un roman. Un masque. J’avais vieilli mon traître, changé son histoire. Je lui avais sculpté un autre visage, donné un autre regard que le sien. Et moi, je m’étais fait luthier. Pas journaliste. Surtout pas. Qu’est-ce qu’un journaliste pouvait bien faire dans une histoire d’amour ? (…), j’ai ainsi raconté l’histoire de Tyrone l’Irlandais.

 

En secret aussi, j’essayais de comprendre, d’accepter, de ne pas cesser de l’aimer. Avec la trahison, la confiance était pourtant morte, et aussi l’amitié, la dignité et tellement de certitudes. Quatre mois plus tard, Denis était assassiné. Alors j’ai tué [mon] Tyrone à sa suite.

 

Après la publication de Mon Traître, le tombeau est resté ouvert. J’avais écrit Tyrone pour pleurer Denis mais soudain, les deux fantômes me demandaient des comptes. Le vrai, abattu au fusil de chasse. L’autre, à peine masqué par mes mots. Je n’avais pourtant pas condamné mon traître et Antoine n’avait pas jugé le sien. J’avais essayé de les écouter, de les regarder, de les comprendre. Mais cela n’a pas suffit à leur repos. Et je n’étais pas apaisé.

 

Quelque chose manquait à la cérémonie des adieux. (…)

 

Pour écrire Retour à Killybegs, je me donc suis glissé deux ans dans la peau du traître. Il est le narrateur de ce roman. Il raconte son enfance misérable, les coups du père, les bombes allemandes, les balles anglaises, son amour de république, la première arme au creux de sa main, les humiliations, les privations, l’extrême violence, ses jours et ses nuits de cachot. Il raconte sa trahison. Le piège anglais refermé sur sa gorge. L’argent ennemi glissé dans sa poche. Sa crainte de mourir, sa terreur de vivre. Cette communauté qui était la sienne, ces amis devenus étrangers, cette fraternité qu’il frappe dans le dos. Il raconte une vie sans sommeil, sans appétit, sans goût, sans couleur, sans plus rien. Il raconte sa femme, qui dort à ses côtés et ne se doute pas. Il raconte son fils si fier de lui. Il raconte sa terre devenue grise, son ciel passé au noir, la pluie qui ne le quitte plus. Il raconte son drapeau délavé, sa république blessée. Il raconte l’Irlande brusquement hostile. Il raconte sa peur de traître, sa solitude de traître, son désarroi de traître. Et je l’accompagne jusqu’au bout de sa nuit.

 

Dans Mon traître, je demandais au lecteur de partager la douleur du trahi. Dans Retour à Killybegs, je lui offre de partager l’effroi de la trahison. »

 

On ne saurait mieux dire…

 

Ni mieux faire !

 

Bernard DELCORD

 

Retour à Killybegs par Sorj Chalandon, Paris, Éditions Grasset, août 2011, 334 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 € (prix France)



[1] Paru chez Julliard/L'Âge d'Homme en 1983). Le pitch : « Le gouvernement totalitaire d'un pays slave essaye depuis deux générations de détruire la foi religieuse du peuple. Les brimades quotidiennes ne réussissent pas mieux que les persécutions les plus sanglantes. Un seul moyen : introduire dans l'Église un agent qui deviendra un prêtre et qui la torpillera de l'intérieur. Le lieutenant Grigori, agent d'un service qui ressemble au KGB, reçoit cette mission. Mais vingt ans de prêtrise transforment un homme. Et les impératifs politiques ont changé, eux aussi. Grigori, qui a accepté sa mission par haine d'un prêtre par la faute de qui sa mère est morte, affrontera le martyre en essayant de ne rien brûler de ce qu'il a adoré, même s'il adore ce qu'il a brûlé ». (http://www.laporterie.com/p9419-tretre-par-vladimir-volkoff.htm)

[2] Nous insistons sur ce point…

[3] Il s’agit de Denis Donaldson (1950-2006), volontaire de l’IRA et membre important du Sinn Féin, impliqué en 2002 dans l’affaire du Stormontgate – des écoutes étaient opérées par les services de renseignement britanniques au sein des bâtiments du parlement nord-irlandais. Il avait été recruté par le MI5 ainsi que par la tristement célèbre Special Branch des services de police d’Irlande du Nord et il fut dénoncé comme traître par Gerry Adams le 16 décembre 2005 avant d’être assassiné par une branche dissidente de l’IRA le 4 avril 2006.

 

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22 11 11

Autopsie d'une psy

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      Voilà quatre ans qu'Annie suit une psychothérapie. Plus de deux cents consultations au cours desquelles elle s'épanche sur sa vie, devant la thérapeute par définition totalement neutre dans l'abord des situations et des problèmes. Et pourtant, ce jour-là, tandis qu'elle lui avoue vivre une relation adultérine, sa psy perd sa bienveillante neutralité. Gestes auto-centrés, tremblements, lunettes triturées entre ses mains, un trouble perceptible fend son armure de thérapeute.

      Et Annie de s'interroger. Pourquoi et en quoi ses propos la déstabilisent? Elle décide alors de creuser le sujet, d'entrer un peu plus loin à chaque entretien dans les détails de sa vie intime avec son amant et d'épier les réactions de la psy. Une violation de l'asymétrie des échanges qu'elle trouve jubilatoire. Celle censée l'aider est mise en position de fragilité. Plus elle évoque ses rencontres avec son amant, plus elle génère un mal-être palpable chez l'autre. Un pouvoir excitant, presque machiavélique. Et mystérieux. La psy connaît-elle son amant? A t-elle déjà elle-même eu une relation adultérine ou rêvé d'en avoir? Ce qui est certain, c'est que ce sujet la perturbe. Fortement. Et si rien de personnel de la part de la psy ne doit interférer dans le travail thérapeutique, Annie entend bien dynamiter ce principe de base.

      Jusqu'où ira t-elle pour y parvenir ?

      Cette histoire en trois actes - qui se prête à merveille à une adaptation au théâtre- tient le lecteur en haleine de bout en bout. Une analyse d'une justesse chirurgicale des rapports patient-thérapeute, des projections, fantasmes, transferts, de ces moments fragiles où la vie peut basculer et mener aux frontières de la folie, menée au scalpel de la brillante plume de Brigitte Kernel.

 

p. 16 : «  J'avoue, je me réjouissais «  Elle aimerait avoir un amant et elle n'y arrive pas! Tout ce que je lui raconte la ramène à son incapacité à se lancer dans une double vie. C'est vrai, souriais-je en moi-même, que je dois être agaçante à être aussi heureuse dans une situation qu'on juge généralement bancale. »

 

Ma psy, mon amant, de Brigitte Kernel. Éditions Léo Scheer, juin 2011, 18€, 22 P.


Karine Fléjo

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16 11 11

Un magnifique et émouvant témoignage !

nadia salmi.jpgC'est le premier livre de Nadia Salmi et il est magnifique ! C'est un roman, car on romance toujours un peu, les souvenirs se déforment, on ne se souvient pas de tout, mais c'est avant tout un récit poignant et qui nous bouscule avec un talent rare. La mission de Nadia Salmi, qui se découvre (comme dit le bandeau) parmi les 400.000 Français, petite-fille d'un soldat allemand, est de crier son amour, sa compréhension à sa mère ! Après avoir lu en avant-première le manuscrit, je ne peux que vous retranscrire des extraits de la lettre que j'ai envoyée à Nadia Salmi, croisée au hasard d'une interview (elle travaille pour le moment à la télévision à Lille, mais vit à Bruxelles).

Comme te traduire l'émotion que je ressens à la fin de la lecture de "Des étoiles sombres dans le ciel" ? Je suis touché, troublé, ému. C'est magnifiquement rendu. L'histoire multiple, compliquée, terrible est là, sous nos yeux, et avance peu à peu, au rythme des découvertes, des pleurs, mais avec une volonté, une force qui sont si belles. Tu as les mots justes et forts. Des trouvailles tout au long du récit : "Au moment où le stupide petit oiseau est sorti", par exemple. Ou encore le sommeil que Thérèse ne trouve pas avec "un mouton, deux brebis, trois agneaux..."; le jeu des 7 erreurs dans la lettre, la berceuse en ch'ti, ou "chaque jour que Satan fait", ou à la fin les défauts d'Hitler étalés sur la feuille... Et cette oiriginalité page 132 des courts extraits d'avant.
J'aime cette reconstruction, ces lettres, ces photos décrites; avec la documentation, la recherche. Les réflexions qui accompagnent : "Il faudrait pouvoir parler librement, écouter les témoignages des survivants avant qu'ils ne meurent", que nous pouvons appliquer à toutes les situations, même moins tragiques.
Quelques détails encore : la journée érotique et sensuelle sans mots crus. Quelle description !
La tribu, les réponses au questionnaire de Proust.
Le rejet de Noël, l'attirance vers les personnages orphelins.
Le courriel arrivé en Mauritanie.
Bref, tu as compris que je trouvais ton livre remarquable et digne cent fois d'être édité et partagé avec un grand public.

Nadia Salmi est une nouvelle écrivaine, n'en doutons pas ! Je ne peux que vous engager à partager sa création. Vous ne verrez plus le monde, l'humanité, de la même façon. Et c'est ça la qualité d'un livre : sa lecture nous change !
 
Jacques MERCIER
 
Des étoiles sombres dans le ciel, récit, Nadia Salmi, Editions OH !, 264 pp. Photo de couverture de la collection de l'auteur. Prix : 17,90 euros. www.oheditions.com et https://www.facebook.com/nadnad77

15 11 11

S'échapper de ce monde...

 

colombe.jpg« Colombe », le second roman d'Eric Brucher raconte l'histoire de Paola, une adolescente mélancolique, mal dans sa peau dont l'âme est blessée et enfermée.« Mon thorax est une cage qui enferme une colombe fragile, ses ailes veulent s'ouvrir pour s'en aller. Mon corps l'empêche et la blesse. » Elle aspire à la liberté, elle a en elle ce désir d'évasion, d'échapper au monde et de rejoindre l'immensité du ciel.

Depuis quelques temps, elle ne s'alimente plus. De l'anorexie? Pas tout à fait plutôt une idée de révolte par rapport au monde dans lequel elle vit et dont elle veut s'échapper.« Je pourrais, je crois, vivre en ne mangeant rien. Seulement boire le ciel, ingurgiter l'espace. »

Son père est parti de la maison et sa mère Arielle (comme elle l'appelle) a beaucoup de mal à comprendre la souffrance de sa fille. Une mère silencieuse, discrète et pourtant porteuse d'un lourd secret. Une mère dont il serait plus judicieux de s'éloigner pour recommencer à vivre.

Paola ne va plus en cours et passe ses journées allongée sur son lit à regarder les nuages et les oiseaux.

Un jour son quotidien va changer... Elle part habiter chez sa tante à la campagne et retrouve les vraies valeurs et le contact avec la nature, un monde dont elle ignorait totalement l'existence...


« Colombe », un roman touchant, poignant et tenant en haleine. On s'attache à l'héroïne, on partage son mal-être et on s'interroge sur son propre désir. Un livre qui pousse à réfléchir sur le quotidien, sur le bien-être intérieur, sur la colombe qui vit en chacun de nous et surtout sur l'abondance de biens de ce monde.


Colombe, Eric Brucher, Ed. Luce Wilquin, Octobre 2011, 134pp, 15€

 

 

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Romans, Société | Commentaires (0) |  Facebook | |

12 11 11

Prise de vie

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La rentrée littéraire est décidément féconde, cette année, qui voit la vitrine de ce blog, regorger de lectures hautement recommandées.

Il faut nous en réjouir.

Et vous mander ce nouveau coup de cœur.

 

Surnommé "Cheyenn", Sam Montana-Touré, un sans-abri, est retrouvé mort, au fond d'une filature désaffectée. Sans doute a-t-il été assassiné par une bande de skins. De sa vie sur terre, il ne reste que des haillons et les images d'une séquence documentaire prise, quelques mois avant sa mort,  par un cinéaste.

 

Signé de la belle écriture, riche, mélodieuse,  inspirée et aspirante de l'écrivain belge François Emmanuel, Cheyenn inscrit  une réflexion, une déontologie de la prise de vues et  de la propriété artistique: l'intrusion d'une caméra dans la vie d'un SDF - Cheyenn- impose au narrateur une responsabilité posthume écrasante: répondre à l'attente muette d'un regard saisi par hasard.

 

"Cette image  je la porte en moi désormais, il suffit que je ferme les yeux pour que j'en revoie le détail: sa face hirsute, son harnachement de sacs plastique dont les bandoulières de corde  se croisent sur son gilet matelassé et son accoutrement d'Indien d'Amérique avec des cordelettes qui lui barrent le front, une patte de chat en pendentif, des morceaux de fourrure qui balancent au bout de ses tresses, tout un attirail qui donnerait envie de rire si son regard n'était là fixe et tremblant, tout en terreur dépassée, comme s'il me disait prenez-moi maintenant, c'est moi que vous devez prendre, c'est pour moi que vous êtes venu."

 

Véritables tableaux, instantanés d'atmosphère, les descriptions du narrateur, cinéaste, sont quête d'âme. Il lui faut à tout prix remonter le passé de Cheyenn, comprendre les raisons de sa déchéance sociale, de son assassinat,  pour que la vie de ce dernier ne reste pas lettre morte, étiquette glacée attachée à un corps non réclamé.

 

"Je m'étais dit que mon film était devenu la seule marque d'identité sociale d'un homme qui n'avait pas encore de nom, était simplement désigné comme un sans-abri de peau métissée."

 

Un rendez-vous raté qui se meut en une magnifique prise de vie.

 

Apolline Elter

Cheyenn, François Emmanuel, roman, Le Seuil, août 2011, 128 pp, 14 €

 

Billet de faveur

 

AE: François Emmanuel, avec ce très beau récit, nourri du souffle de votre plume et d'une réflexion sur le rôle de l'image,  est-ce une certaine culture journalistique, avide d'émotion facile et superficielle que vous mettez sur la sellette ?

 

 François Emmanuel: Pour moi Cheyenn est un livre qui parle avant tout du lien social. Il s’y applique par la négative, en tentant de redonner une humanité à un homme qui est exclu de tout lien. Pour arriver à ses fins le cinéaste documentariste doit certes passer outre une forme de culture journalistique dominante mais aussi toute une série d’intervenants professionnels qui ne peuvent donner de Cheyenn que la « vérité », inscrite dans leur propre discours et formatée par celui-ci. Poussée ici à l’extrême c’est sans doute la difficulté de tout témoignage artistique.

 

AE: vous portez un regard respectueux, réfléchi sur les SDF, cette "communauté du bout de la vie", un regard, passerelle d'humanité. Est-ce à l'inverse notre absence de regard, notre indifférence qui  déshumanise les sans-abri?

François Emmanuel: Cheyenn s’est évidemment exclu lui-même autant qu’il a été exclu. Une fois qu’ils sont passés de l’autre côté, dans cette zone inhabitable de nos villes, nous sommes bien mal à l’aise pour tenter de redonner une présence humaine à ces errants d’aujourd’hui. La médiation du documentaire permet d’entrer (ici

a posteriori) dans le temps de cet homme mais bien sûr c’est à travers ce support, cette distanciation, qu’elle le réintroduit à nos yeux dans l’humanité qui nous est commune.

Écrit par Apolline Elter dans Rentrée littéraire, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

09 11 11

Colette et Bertrand

9782259212908_fiche.jpg Exercice subtil et risqué que de se glisser dans la peau, dans l'âme de Colette, d'autopsier l'amour qui la lia quelque cinq ans à son beau-fils, Bertrand de Jouvenel. Colette avait alors 47 ans, Bertrand, 17...

 

"Bertrand n'est pas un problème parce qu'il a dix-sept ans, Bertrand n'est pas un problème parce qu'il est le fils de mon mari, Bertrand n'est pas un problème parce qu'il m'aime et me désire, Bertrand est un problème car il m'attire."

 

Saisie dans un long monologue avec un médecin, psychanalyste, la célèbre écrivain  fait le point sur sa vie amoureuse, passée et future, sur son enfance et le sentiment fort qui la lie à sa mère.

 

L'amour de Bertrand et de Colette leur permettra-t-il de panser leurs plaies respectives ?

 

Autorisant son imagination personnelle à pratiquer le "mentir vrai, empathique et schizophrénique", Delphine de Malherbe trace de la Phèdre du XXe siècle un portrait intéressant. Un portrait que n'aurait peut-être pas renié Colette...

 

Apolline Elter

 

L'aimer ou le fuir, Delphine de Malherbe, roman, Plon, août 2011, 128 pp, 17 €

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02 11 11

Les rails de la vie

 index.jpg    Antonio, photographe, revient après dix années d'absence à Lisbonne. Il y rejoint un collaborateur journaliste, Vincent, afin de couvrir le procès d'un tueur en série.

 

     Lisbonne, ville de son premier amour. Lisbonne, ville de sa plus grande blessure. Tandis qu'il n'était âgé que de douze ans, Antonio a en effet rencontré celle que l'on surnomme « Canard ». Un amour mythique, puissant, lumineux. Un amour promis à l'éternité. Un amour hélas aujourd'hui brisé. Chacun a emprunté un chemin de vie différent, sans pour autant oublier...

 

     Vincent, informé de cette relation fondatrice, ne peut se résoudre à ce qu'une si belle romance ait avorté. Et de tout faire pour retrouver la jeune femme. Et de vouloir coûte que coûte que leurs chemins se recroisent pour ne plus faire qu'un. Quels sont les motifs sous-jacents qui guident sa quête ? Parviendra t-il à rétablir ce lien rompu il y a des années ? Peut-on influer sur la destinée des êtres ?

 

     Avec une plume alerte, Hervé Le Tellier nous embarque dès la première page sur sa ligne de tramway Eléctrico W, à travers Lisbonne. Au fil des pages, il nous peint avec brio les paysages des jeux de l'amour, de la jalousie, du poids du destin, de l'improbable réparation des âmes et des coeurs blessés.

 

    Un très agréable voyage littéraire !

Eléctrico W, de Hervé le Tellier. Editions J.C. Lattès, Août 2011. 286 p., 18 €.


Karine Fléjo

 

  

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29 10 11

Une histoire de coeur et pourtant pas d'amour...

 

le-coeur-d-une-autre.jpgBruce Boutard, un quadragénaire un peu bourru découvre après une partie de tennis qu'il est gravement malade. Seule une greffe du coeur pourrait le sauver. Après quelques temps d'attente et par chance on lui trouve un organe. Mais alors qu'il vient d'être greffé, Bruce change du tout au tout; ses goûts, ses pensées, son caractère... Mais que lui est-il arrivé? Il entreprend de faire quelques recherches sur l'identité de son donneur (chose qui est pourtant anonyme) et découvre que c'est une femme... Il veut savoir, il veut la connaitre et ira jusqu'au bout.


« Le coeur d'une autre » est le 4ème roman de Tatiana de Rosnay. Dans celui-elle aborde un thème assez difficile; la relation entre le receveur et le donneur d'organe. L'angle choisi: la différence des sexes.

 

Un livre prenant, rempli d'émotions avec une pincée d'humour. En effet, dès le début de l'histoire Bruce Boutard apparait comme un macho, désordonné et enfermé dans son petit appartement où il n'a de contact qu'avec le livreur, son fils et Ginette, la patronne du Bistrot en bas de chez lui. Après sa greffe, le voilà métamorphosé, prêt à voyager, à faire le ménage et j'en passe...

«Le coeur d'une autre » c'est aussi une belle leçon de vie d'un homme qui semble totalement désespéré et qui reprend goût au désir de vivre grâce au coeur d'une femme.


Le coeur d'une autre, Tatiana de Rosnay, Éditions Le Livre de Poche, Septembre 2011, 6,5€, 281pp

 

Écrit par Gwendoline Fusillier dans Poche, Romans, Tatiana de Rosnay | Commentaires (0) |  Facebook | |

20 10 11

Ode à la vie

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"J'avais ramassé une annonce comme on attrape une bouteille de soude caustique , et j'avais le coeur qui saignait"

 

Une petite annonce peut changer le cours de la vie et surtout le regard que vous portez sur elle. 

 

Lorsqu'elle se présente comme baby-sitter chez Mouche, une dame âgée et malade, Sophie, 14 ans, chausse sans doute des bottes trop grandes pour elle. Il s'agit d'accompagner cette grand-mère, atteinte d'un cancer incurable, au terme de sa vie et de lui permettre de voir sa famille, dans les meilleures conditions.Une exigence: toujours dire la vérité.

 

Apprivoisant cette situation déconcertante et la perspective nouvelle de la mort, Sophie se retrouve au coeur d'un dialogue entre générations, moulu d'estime, de compréhension, de non-dits et de pragmatisme.

 

"Je ne guérirai pas, Sophie. Ce n'est pas l'espoir de guérir qui m'a fait choisir le palliatif, mais l'envie de vivre "

 

Avec un talent marqué pour tremper sa plume dans le sang  et dans le coeur d'ados plutôt matures , Eva Kavian réussit le pari  - subtil et risqué - d'inviter la mort à la table de la vie.

Apolline Elter

 

Premier chagrin, Eva Kavian, roman, Mijade, zone J (Litt. jeunesse) , oct 2011, 190 pp, 6 €

 

 

 

Écrit par Apolline Elter dans Livres pour la jeunesse, Romans, Romans jeunesse | Commentaires (0) |  Facebook | |