05 03 11

Mort, où est ta victoire ?

Kosaburo, 1945.jpgPremier roman d’une prof de lettres namuroise, le Kosaburo, 1945 de Nicole Roland paru à Arles chez Actes Sud est un texte aussi attachant que surprenant. L’auteure y raconte comment, à la fin de la Seconde Guerre mondiale et afin d'éviter le déshonneur de sa famille, une jeune Japonaise se travestit pour devenir kamikaze à la place de son frère déserteur. C'est donc au côté de Kosaburo, son modèle et son amour d'enfance, que Mitsuko se prépare à accepter la mort, qu’elle trouvera après bien des péripéties.

 

Le style de Nicole Roland relève du grand art, qu’on en juge :

 

« J'avais ouvert le cockpit, l'air marin montait jusqu'à mes narines, je fermai les yeux. Je voyais les autres, mes compagnons, ceux qui étaient morts avant moi, ceux qui avaient quitté leurs hautes écoles, leurs universités pour ceindre leur front du bandeau du kamikaze. J'entendais leurs voix, leurs rires, et maintenant ce silence. Je les revoyais sur une photographie prise avant leur départ. Casques d'aviateur, lunettes ramenées sur le front, aucun d'eux ne souriait. Ils allaient mourir. Ils le savaient. Certains semblaient farouchement déterminés, d'autres, songeurs, portaient encore sur leur visage la marque de l'enfance. Leurs fantômes me rejoignaient et me demandaient des comptes. Il fallait que je meure. »

 

Et la clef de son roman ouvre sur l’éternité, comme l’indique la postface :

 

« Cette histoire n'est qu'une histoire : celle des jeunes kamikazes fanatisés par le code des samouraïs, qui ont dû imposer le silence à leurs terreurs pour apprivoiser la mort, leur mort, au point qu'elle leur soit familière, inévitable, consentie, qui ont fait taire leur âme en obéissant à des ordres fous.

Elle est aussi un hommage à leur jeunesse fracassée, recueillie dans les plis du temps. Kosaburo, Akira et les autres ont bien existé et leur gloire ne s'éteindra pas.

Mitsuko n'a pas existé. Son histoire est inventée de bout en bout. Elle s'est introduite parmi ces jeunes aviateurs, effigie du corps de ma fille morte, si jeune, elle aussi. Elle était passionnée d'Orient, les livres qu'elle m'a laissés et où j'ai cherché sa trace m'ont familiarisée avec ce monde inconnu de moi.

Voyageant dans leurs mots, j'y ai retrouvé l'ombre de ma disparue adorée et, pour conjurer le chagrin et empêcher à jamais Hélène de disparaître, je lui ai donné la forme de Mitsuko dans cette histoire où, recréée de mots, elle brille dans toute sa jeunesse.

Depuis Pindare et Horace, la qualité monumentale du livre, sa supériorité sur la pierre lui donne aussi la forme spirituelle sur laquelle le temps n'a pas d'empire. Dans ce tombeau immatériel, Hélène-Mitsuko ne craint plus rien et notre lien est scellé à jamais. »

 

Magnifique !

 

Bernard DELCORD

 

Kosaburo, 1945 par Nicole Roland, Arles, Éditions Actes Sud, collection « Un endroit où aller », février 2011, 148 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture en bichromie et à rabats, 16 € (prix France)

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15 02 11

Être jaguar en son pays

La prophétie du jaguar.jpg« Dire qu'un vulgaire bout de papier chiffonné a eu le pouvoir de déterrer une amnésie factice que je plombais sous la graisse. J'ai cru pouvoir tout enfouir. Je pensais que manger rendrait le reste dérisoire. »

 

Polyphonique, le nouveau roman d'Isabelle Bary explore, par les voix de Grâce, jeune femme obèse, abandonnée par ses parents biologiques, Laure sa sœur « adoptive », aînée et journaliste –de l'intérieur–, Paul Schmidt, maître d'équitation et Nono, SDF, les possibilités qu'ont les rencontres de changer le destin.

 

C'est ainsi que Nono sortira Grâce de son engluement existentiel et adipeux, que Laure entraînera Paul, réfractaire à la lecture, à la rencontre des Indiens du Chiapas (Mexique), en quelques épisodes d'un récit fait de chair et de salive.

 

Plusieurs thèmes se croisent, interagissent et s'entremêlent sous la plume féconde de l'auteur : passions des livres et des chevaux, voyage initiatique auprès d'une population en marge de notre civilisation, rencontre déterminante avec un SDF... en marge de notre société, amour, obésité... jaillissent et s'entrechoquent en un bouquet de possibles.

 

« Voilà, je savais maintenant, la tribu, la prophétie du jaguar, puis le secret de Ganaël, marié à quelque chose de trop grand. Mais j'en voulais encore. Pourquoi n'avait-elle pas écrit tous ces mots balancés en l'air ? Une jeune journaliste perdue au milieu d'un bout de forêt inexploré du Mexique, prenant à cœur le destin d'une tribu menacée jusqu'à en perturber le sien, ça s'écrit, ce genre de choses, non ? Voilà que je réclamais du livre à présent. »

 

Une « prophétie du jaguar » qui résonne comme une main tendue vers cet autre dont on s'apprête à bouleverser la vie.

 

Apolline ELTER

 

La prophétie du jaguar par Isabelle Bary, Avin, Éditions Luce Wilquin, février 2011, 282 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 22 €

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12 02 11

Au clair de la plume…

Prête-moi ta vie pour t'écrire là-haut.gif« (...) Il appartenait à la race peu répandue des ambitieux lucides, ceux qui préfèrent être les premiers dans leur village que les seconds dans Rome. »

 

De ce père violoniste, chansonnier, « revuiste », tendrement aimé, Françoise Dorin entreprend, dans Prête-moi ta vie pour t'écrire là-haut paru aux Éditions Flammarion, de raconter la vie –entrecoupée de deux guerres– par le biais d'une narration, judicieusement rythmée de dialogues avec le défunt.

 

Comédienne et auteur de chansons, elle aussi, Françoise Dorin revit les temps joyeux d'une jeunesse choyée, renouant de la sorte les liens d'une complicité bien tranchée : « Mon père est reparti aussitôt "là-haut", avec ses points de suspension dans les yeux. Je crois savoir d'où il venait : de sa petite enfance ».

 

Apolline ELTER

 

Prête-moi ta vie pour t'écrire là-haut par Françoise Dorin, Paris, Éditions Flammarion, janvier 2011, 320 pp. en noir et blanc au format 15,4 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19,90 € (prix France)

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30 01 11

Sidérant !

L'insomnie des étoiles.gifLa rentrée littéraire ne regorge pas d'ouvrages hilarants. L'heure est à la gravité et à l'introspection de l'âme, finement menée.

 

Le roman de Marc Dugain intitulé L'insomnie des étoiles ne déroge pas à l'atmosphère qui nous présente, revêtu d'une belle écriture, le cynisme sordide d'exactions commises sous le IIIReich et l'impulsion d'Hitlter. Entendez l'extermination de malades mentaux,  morts par faveur, atroce prélude au génocide de la guerre.

 

« En marchant, il constata qu'une étreinte imperceptible avait cédé à l'ennui et à la crainte diffuse de ces nuits sans étoiles qui se succédaient. »

 

Commis dans une bourgade du Sud de l'Allemagne, alors que la guerre vient de s'achever et de consacrer la défaite allemande (automne 1945), le capitaine, français Louyre découvre, tandis qu'il prend sous sa protection une jeune fille abandonnée, Maria, le désert suspect d'un hôpital psychiatrique.

 

« Il n'avait pas l'intention de se remettre de cette guerre, ni de l'enfouir dignement comme l'avaient fait ses parents, éponges silencieuses d'un siècle sans espoir. »

 

La confession du docteur Halfinger, directeur de l'hôpital, éclairera, a posteriori, la sombre machination orchestrée par le Reich.

 

Une lecture sidérante malgré un long temps mis à entrer au cœur du sujet.

 

Apolline ELTER

 

L'insomnie des étoiles par Marc Dugain, Paris, Gallimard, mai 2010, 226 pp. en noir et blanc au format 14,2 x 20,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 17,50€ € (prix France)

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29 01 11

Une entreprise de destruction massive

Six mois, six jours.gif« Braun s'était donné six mois pour détruire Juliana Kant, sans violence physique, sans crime... en la séduisant... Il lui aura finalement fallu six mois et six jours. »

 

Six mois, six jours, un titre énigmatique pour un roman qui ne l'est pas moins et qui embrasse, sous le couvert d'une histoire de séduction, les thèmes de la vengeance, de la culpabilité d'une nation –l'Allemagne– face à un génocide –juif– et, en filigrane, ceux du ressentiment induit par les inégalités –et les injustices– sociales ainsi que de la vérité de l'écrit.

 

Majordome de Juliana Kant, riche héritière d'une dynastie industrielle allemande, le narrateur assiste à l'opération de séduction qu'Herb Braun exerce sur elle. Opération réussie qui verra la milliardaire tomber dans les rets d'une destruction savamment programmée.

 

Remercié de ses services, Karl Fritz, le narrateur, aura le licenciement rancunier, la parole, désabusée. Comme s'il tentait désespérément de se rendre antipathique au lecteur.

 

Le procédé est audacieux.

 

Apolline ELTER

 

Six mois, six jours par Karine Tuil, Paris, Éditions Grasset, août 2010, 254 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 18 € (prix France)

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26 01 11

Le plus beau métier du monde

G 229.gif« Je vous ai accordé une salle. Une salle, vous savez, ça n'a pas de prix. C'est la 229, bâtiment G. G229. Allez chercher la clé chez la concierge. Bon, je crois que cet entretien est terminé. Nous nous croiserons souvent désormais. Bienvenue ici. » Je remercie le proviseur, mais il ne m'écoute déjà plus. Un proviseur, ça a beaucoup de choses à penser. Un prof, non… Un prof, ça ne pense qu'à une chose, ses classes. (…) Puis soudain, il est de nouveau là, présent. Il me fixe. Il dit : « Le plus dur, dans le métier, vous savez, c'est de manier le on et le je. » Je réponds que, euh, je ne suis pas sûr de comprendre. » « C'est une institution, l'école. Vous entrez dans un bulldozer. Il faut arriver à en devenir membre sans perdre son individualité. Ce n'est pas aussi facile qu'on le croit, vous verrez. Le on et le je. Réfléchissez-y. Bonne chance ! »

 

Et il en a eu, de la chance, le narrateur du roman de Jean-Philippe Blondel intitulé G229 qui vient de paraître à Paris chez Buchet-Chastel, pendant les 20 années durant lesquelles il a enseigné l’anglais en terminale dans le même local d’un bahut de province dont les élèves ont évolué sans cesse avec le monde, quand celui des profs tardait si souvent à l’allumage…

 

Car tout était là pour éventuellement le contrarier : un management qui manage mollement, des collègues qui s’encroûtent dans leurs peurs et/ou leurs certitudes, le personnel auxiliaire d’éducation qui ronronne, l’administration qui flanche, les révolutions pédagogiques qui passent tandis que lui (fils d’enseignant, of course !) reste et vieillit gentiment, dans sa tête et dans son corps, en conservant quelques utopies au fond du crâne et du cœur : l’attention aux autres et l’empathie avec des élèves qui changent chaque année, mais ont toujours 17 ans et, mutatis mutandis, les mêmes rêves, les mêmes soucis et le même humour potache …

 

Mais il a fait son trou dans son local dont les bancs sont disposés en U, une agréable tanière où la vie va son petit bonhomme de chemin et où le temps fait son œuvre plutôt belle.

 

Une accorte leçon d’optimisme sous une plume attentive et amusée qui rappelle celle de l’excellent Louis Pergaud…

 

Bernard DELCORD

 

G229 par Jean-Philippe Blondel, Paris, Éditions Buchet-Chastel, hanvier 2011, 240 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,50 € (prix France)

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23 01 11

La mémoire à trous

Le pays de l'absence.gifOscillant entre la forme de la lettre –cette « conversation en absence », chère à la marquise de Sévigné– et celle de la narration, le roman de Christine Orban intitulé Le pays de l'absence plonge le lecteur au cœur de la maladie d'Alzheimer et de ses ravages. La mère de la narratrice perd ses repères et les moyens de donner le change.

 

Condamnée, la tentative de dialogue est l'occasion, pour la narratrice, de défiler le cordon de la relation à sa mère. Une relation qui, d'emblée, signée de souffrance et de culpabilité, se déconnecte désormais dans les limbes d'un cerveau nébuleux.

 

« Quelle est cette maladie cruelle qui oscille entre normalité et folie ? »

 

Le choix devient supplice, la fille devient mère, arbitre de questions, angoisses, renoncements et caprices inlassablement répétés et d'un vide invasif.

 

Lancé sur le papier comme une bouée à la mer, le dialogue échoit et échoue au pays de l'absence.

 

Apolline ELTER

 

Le pays de l'absence par Christine Orban, Paris, Éditions Albin Michel, janvier 2011, 170 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 € (prix France)

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18 01 11

Le Grand Charles et le Petit-Clamart

Passé sous silence.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 19/01/2011 sur le site du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

« Par les diableries d'un souverain outragé, par sa machination judiciaire (...), un homme est mort qui faisait honneur à son pays. » 

 

Telle est la trame de ce roman énigmatique qui, sous la facture d'une épopée, d'hommes et de lieux masqués, trace les prémisses et le dénouement tragique de l'« Opération Charlotte Corday ».

 

« L'oubli est la grande vérité de l'Histoire : sa trappe la plus cruelle. » 

 

Héros de la Guerre, visionnaire hors pair, Jean de Grandberger s'est retiré de la scène politique, attendant aux côtés de sa chère Charlotte (-Yvonne) d'être appelé à reprendre les rênes du Vieux Pays.

 

Face à lui, Paul Donadieu, jeune officier et admirateur de la première heure du grand homme, verra le héros du « Je vous ai compris » renoncer à leurs communes convictions en matière d'indépendance de la Terre du Sud.

 

« Car Jean de Grandberger restait discret. Il ne pensait pas comme on croyait, mais se gardait bien de détromper ceux qui s'illusionnaient. De ses nouvelles idées, le général n'écrivait rien. Le secret était une manie qu'il avait portée au rang de décision politique. »


« Déchirement », « Malentendu », « Conjuration » et « Simulacre » structurent le parcours de Paul Donadieu, qui fomentera un attentat raté contre le chef d'État et endurera le simulacre d'un procès dont l'issue est écrite d'avance : la peine de mort.

 

Tout déconcertant, (et ardu) que soit le procédé de déguisement des protagonistes –le lecteur n'a de soulagement que de saisir la réalité évoquée– il faut admettre que l'auteure donne ainsi du relief à ses personnages, sondant leurs âmes et leurs motivations avec une force d'introspection qu'elle n'aurait pu se permettre en désignant leur vraie identité. La figure mythique d'un certain grand Général s'en voit passablement écornée. Cela aussi, il fallait l'oser... : « Le parjure, la trahison du vieux général étaient manifestes ».

 

Réhabilitation d'un personnage[1] sommairement expédié par l'Histoire, Passé sous silence d’Alice Ferney renoue avec le registre de L'élégance des veuves et de Grâce et dénuement, et une écriture « impressive », en spirale, faite de touches juxtaposées, sans cesse réajustées.

 

Un livre qui fera couler de l'encre là où l'Histoire a répandu trop de sang.

 

APOLLINIA

 

Passé sous silence par Alice Ferney, Arles, Actes Sud, août 2010, 204 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 21,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 18 € (prix France)



[1] Le colonel Jean-Marie Bastien-Thiry.

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23 12 10

Une saga tout chocolat

Pour l’amour du chocolat.gif“ Le calme, recouvert de douleur comme un bonbon au chocolat, s’étendit bientôt sur leur vie. Alma et George se réfugièrent dans la défaite, dans la nostalgie et dans l’étonnement de vivre une vie qu’ils n’auraient jamais pu imaginer et qu’ils vivaient pourtant. »

 

La vie est-elle une vaste partie d’échecs dont les pions –en chocolat– consacrent les fusions des êtres et leurs échecs ?

Traduit de l’espagnol « Sabor a chocolate », le roman de José Carlos Carmona trace la saga de la famille Trap, au départ de l’amour qu’Adrian Troadec voue à la violoncelliste Alma Trapolyi.

De la pratique intensive des échecs au lancement d’une boutique de chocolat à Genève, Adrian peaufine la stratégie d’approche qui devrait lui permettre de conquérir le cœur de sa bien-aimée. Celle-ci résiste à tout sauf à l’attrait des bonbons de la boutique du Petit Chocolat Troadec.

Construit de cent chapitres, courts, denses, fouettés, teintés de cette ambiance onirique que l’on retrouve dans certains romans traduits de l’espagnol (L’Ombre du vent…), le récit de José Carlos Carmona revêt l’allure d’un conte.

 

« Les vies, l’amour et la musique s’entrelaçaient mystérieusement dans un continuo sans fin. »

 

Un conte poignant, juste et beau dans lequel chocolat se fait symbole : facteur d’amour et de bonheur mais aussi de douleur, il se fond à la musique, aux  échecs et aux lettres pour couler la trame de la vie.

Une lecture recommandée.

 

Apolline ELTER

 

Pour l’amour du chocolat, José Carlos Carmona, roman, traduit de l’espagnol par François Rosso, Grasset, octobre 2010, 184 pp, 14 €

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21 12 10

La mystérieuse fin des Romanov

L'ombre des Romanov.gifLa famille impériale russe, le tsar Nicolas II, la tsarine Alexandra Fiodorovna, le tsarévitch Alexis et les grandes-duchesses Olga, Tatiana, Maria et Anastasia ont-ils été exterminés, à Iekaterinbourg durant la nuit du 16 au 17 juillet 1918 comme le prétend la version officielle de l'Histoire ?

Il semblerait que non.

C'est sur ce mystère et les derniers rebondissements de l'enquête historique qu'est bâti le thriller de Franck Ferrand intitulé L'ombre des Romanov, paru chez XO à Paris. Un roman en tout point passionnant, qu'on ne peut lâcher... qu'une fois la lecture achevée.

Parce qu'il découvre, dans sa boîte aux lettres, une broche en forme de hanneton, sertie de pierres précieuses, vraisemblablement échue du trésor des Romanov, Quentin Bellon signe sa condamnation à mort. D'autres assassinats suivent, tous liés au précieux bijou et aux vestiges du trésor.

Aux côtés de Sam Douglass, l'avocat, et de Sonia, la fiancée de Quentin, le lecteur saisit, au rythme de révélations savamment distillées, les pans d'une enquête captivante. Une enquête qui le mènera de Paris à New York, Moscou, Saint-Pétersbourg et au bord du Lac de Côme. Un récit dont l'intérêt est soutenu par l'écriture soignée –elle vaut d'être soulignée– de Frank Ferrand, alliée à un sens bien campé des descriptions et atmosphères.

Une lecture recommandée.


Apolline ELTER


L'ombre des Romanov par Franck Ferrand, Paris, Éditions XO, novembre 2010, 366 pp. en noir et blanc au format 15,6 x 24,2 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19,90 € (prix France)

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