25 04 14

Combat avec l'ange...

Monseigneur ou l'affaire du cinématographe.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 25/04/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Passionnant, le roman de Carlos Casares intitulé Monseigneur ou l'affaire du cinématographe – paru en Espagne en 1980 et en traduction française chez Ker éditions en 2013 –, l'est à plus d'un titre.

Par son intrigue, d'abord. En voici le pitch :

« Galice, 1912. Quelques mois avant l’assassinat du Premier ministre Canalejas, une guerre larvée oppose les libéraux anticléricaux aux extrémistes catholiques. Car, si les premiers détiennent le pouvoir politique, les seconds règnent dans les provinces rurales.

L’arrivée du cinématographe dans une petite ville galicienne fait l’objet d’un nouvel affrontement entre ces deux factions. Pris en tenaille, l’évêque du diocèse est amené, bien malgré lui, à prendre parti contre son propre camp. »

Par son style, ensuite, celui d'un récit gouleyant comme un bon vin de la Rioja et onctueux comme un vieux Xérès, tout en finesse et subtilité, sans pour autant prendre à la tête.

Par son contenu, enfin, qui met aux prises les forces de la lumière morale et celles des ténèbres du fanatisme (d'où qu'il soit) dans un combat larvé où tous les coups semblent permis.

Ajoutez à cela la dévotion crédule pour les « miracles » et vous aurez un petit bijou littéraire d'une actualité brûlante !

Bernard DELCORD

Monseigneur ou l'affaire du cinématographe par Carlos Casares, traduit de l'espagnol par Michel Wagner, introduction de Vincent Engel, Hévillers, Ker éditions, novembre 2013, 140 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 €

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11 04 14

Kinshasa, à nous deux maintenant !

Congo Inc..jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 11/04/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Auteur des étonnantes et remarquables Mathématiques congolaises parues en 2008 chez le même éditeur, In Koli Jean Bofane remet le couvert avec Congo Inc. publié en Arles chez Actes Sud, un roman sous-titré Le testament de Bismarck dans lequel l'auteur narre avec une verve et un humour tout africains les tribulations d'un Rastignac pygmée quittant son village natal pour se faire une place au soleil de Kinshasa à l'ère d'Internet et de la mondialisation.

Sur son chemin, il croise la faune humaine qui fait le sel, mais aussi le malheur de l'actuelle RDC : des enfants des rues, un commerçant chinois madré et sans scrupules, un ancien chef de guerre voulant renouer avec le meurtre et la rapine, une universitaire belge ayant des vapeurs pour les jeunes Africains bien bâtis, un pasteur grigou qui organise des loteries pro magna dei gloria, une péripatéticienne œuvrant pour le repos des guerriers onusiens, des multinationales qui mettent le pays en coupe réglée...

Le zoo humain d'un pays « où les hommes ne cessent d'offrir des preuves de leur concupiscence, de leur violence, de leur bêtise et de leur cynisme ».

Mais, plus fort encore, l'auteur ouvre des pistes pour remédier à la situation, avec une lucidité, un talent, une détermination et une causticité dignes de tous les éloges !

Bernard DELCORD

Congo Inc. par In Koli Jean Bofane, Arles, Éditions Actes Sud, avril 2014, 299 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 21,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)

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01 03 14

Tempus fugit...

Échec au temps.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 1er mars 2014 de l'hebdomadaire Marianne Belgique :

Dans Échec au temps (un roman rédigé à la fin des années trente et publié en 1945) qui vient de reparaître aux Impressions nouvelles dans la collection « Espace Nord », le grand écrivain belge Marcel Thiry (1897-1977) imagine que la bataille de Waterloo fut une victoire napoléonienne et qu'en 1935 un trio de compères – dans lequel on peut reconnaître l'auteur – regarde inlassablement les images de la bataille au moyen d'une machine de « rétrovision » avec l'espoir de « faire échec au temps en faussant l'engrenage des causes ». Un scénario a priori alléchant, qui naquit en marge des réunions du Groupe du Lundi (1936-1939) animé par Franz Hellens et Robert Poulet à la suite de conversations avec ce dernier (le fait nous a été confirmé jadis par plusieurs membres du groupe), traité dans une langue magnifique et développé avec un sens du récit bien maîtrisé, mais qui a pris un terrible coup de vieux... Car c'est le lot habituel de la science-fiction, certes, mais aussi parce que l'auteur s'y livre à une démonstration pesante selon laquelle la répétition des causes peut entraîner le déraillement de celles-ci et en modifier les conséquences... L'ouvrage nous est tombé des mains, marquant par là la victoire écrasante du temps qui passe...

Bernard DELCORD

Échec au temps par Marcel Thiry, préface de Roger Caillois, postface de Pascal Durand, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, février 2014, 287 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 €

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08 02 14

Justice (littéraire) est enfin faite...

Handji.jpgAlors que la France ne s'est pas distinguée en refusant de commémorer officiellement en 2011 le cinquantenaire de la mort de Louis-Ferdinand Céline, la Fédération Wallonie-Bruxelles s'honore d'avoir accueilli [1] Handji en 2014 dans sa prestigieuse collection « Espace Nord », car il s'agit du meilleur roman, paru en 1931 chez le Liégeois Robert Denoël, d'un (très) grand écrivain belge longuement réprouvé, par ailleurs héros de 14-18, Robert Poulet (1893-1989).

Cet admirateur de la pensée de Maurras (qui eut avant la guerre une aura comparable à celle de Sartre plus tard) a indûment subi les foudres de la répression de 1944-45.

On le condamna à mort sous un prétexte fallacieux [2], en réalité pour avoir été jusqu'en 1942 le rédacteur en chef du quotidien collaborationniste Le Nouveau Journal, en feignant d'ignorer qu'il avait exercé cette charge à la demande expresse du roi Léopold III, du cardinal Van Roey et même de membres du gouvernement Pierlot, et qu'il défendit dans ses colonnes la politique de présence préconisée, entre autres et avant les hostilités, par Paul-Henry Spaak (les souvenirs de l'implacable occupation allemande de 1914-18 demeuraient alors cuisants).

Élargi en 1951 avec de vagues excuses et recueilli à Paris par un résistant belge notoire, fondateur du magazine Pourquoi Pas ?, Robert Poulet avait été sans conteste l'un des plus brillants romanciers de l'entre-deux-guerres, célébré par la critique parisienne [3] et par ses pairs tant dans notre pays que dans l'Hexagone.

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Robert Poulet (ca 1931)

Il faut dire que notre homme avait le nez creux : découvreur du Voyage au bout de la nuit qu'il fit éditer par Denoël (avant de lancer plus tard bien d'autres auteurs de renom comme Michel Tournier, Alphonse Boudard ou Camara Laye [4]), il fut avec Franz Hellens l'un des initiateurs du réalisme magique qui a fait la renommée de la production littéraire belge et qui la marque encore de nos jours.

Handji est un roman singulier : il met en scène deux officiers autrichiens stationnés au bord des marais du Pripet durant la Première Guerre mondiale, un endroit où, comme dans Le Désert des Tartares de Buzzati, il ne se passe rien pendant des mois. Pour tromper l'ennui, ils imaginent que ce qui leur manque le plus, une femme – qu'ils appellent Handji –, les a rejoints et qu'ils la cachent. Au fil du temps, cette jeune fille imaginaire prendra corps à leurs yeux, au point qu'ils mourront pour la défendre quand les Russes attaqueront...

Robert Poulet (ca 1945).jpg

Robert Poulet (ca 1945)

Un véritable tour de force littéraire qui, quoi que l'on puisse penser des errements postérieurs, réels ou supposés, de son auteur, lui vaut incontestablement une place de choix au panthéon des lettres !

Bernard DELCORD

Handji par Robert Poulet, Bruxelles, Éditions Les Impressions nouvelles, collection « Espace Nord » propriété de la Fédération Wallonie-Bruxelles, postface de Benoît Denis, janvier 2014, 367 pp en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,50 €.



[1] À l'instigation notamment de Marc Quaghebeur, patron des Archives et musée de la littérature, et du professeur Paul Aron de l'ULB ainsi que de Benoît Denis de l'université de Liège qui consacre à l'ouvrage une passionnante postface.

[2] Pour avoir, par un article (présenté sous une forme caviardée au procès), « fourni des hommes à l'ennemi », en l'occurrence à la SS-Wallonie. Or, comme la cour militaire n'en trouva aucun, alors qu'un témoin de taille avait expliqué qu'il avait renoncé à s'engager chez les séides de Degrelle sur le conseil de Poulet, le tribunal « démocratique » et léopoldiste – le comte Capelle, secrétaire du roi, allant  jusqu'à produire un faux témoignage en justice – rendit une sentence de mort en affirmant « qu'il devait en exister » ! Si l'on ajoute à cette iniquité le fait que sa fille unique, Françoise, s'est suicidée en 1965 à la suite de la condamnation de son père, on comprend mieux pourquoi Robert Poulet, qui dut largement son salut à l'intervention de son épouse auprès du Régent, refusa jusqu'à sa mort de renoncer officiellement à ses idées politiques « d'extrême droite », alors qu'en réalité il s'en était largement départi, nous pouvons l'attester, en dépit de prises de position bravaches prises sur le tard en faveur de Faurisson et Cie. Il conserva par ailleurs une rancune tenace pour Léopold III qui « l'avait trahi ».

[3] L'aristarque Edmond Jaloux, dans Le Temps – l'ancêtre du Monde  – cria même au génie.

[4] Et de participer à la publication des mémoires de Charles de Gaulle, comme nous le confia l'éditeur de ce dernier, Marcel Jullian.

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26 01 14

L'été des lucioles, de Gilles Paris : tendre, sensible et lumineux!

CVT_Lete-des-lucioles_8133.jpeg« Ce monde, pour moi, est comme un énorme point d'interrogation. (…) Moi, j'ai envie de crier que j'ai besoin de tout comprendre. Et les dictionnaires qui trainent à la maison ne suffisent pas. » (P.106) Victor, du haut de ses neuf ans, est un petit garçon avide de connaissances, de découvertes sur le monde qui l'entoure. Un environnement très féminin, entre sa maman, libraire et blogueuse littéraire, Pilar, la compagne artiste peintre de cette dernière, et enfin Alicia, sa sœur ainée. « Je dois les protéger, car je suis le petit homme de la famille. » (P.61) Responsable, indiciblement touchant, notre petit homme pose sur l'existence un regard sensible, profond, dénué de préjugés. Le regard d'une âme pure.

Il a bien une esquisse de réponse sur la séparation de ses parents, mais tant d'interrogations restent encore en suspens, tant de mystères autour de lui demeurent à élucider. Pourquoi son papa reste t-il un éternel enfant? Pourquoi refuse t-il de les accompagner chaque été à Roquebrune? Pourquoi ses parents ne vivent-ils plus ensemble alors qu'ils éprouvent toujours des sentiments l'un pour l'autre?Pourquoi sa sœur collectionne t-elle les idylles comme des images Panini? Des « pourquoi » qui se succèdent dans une folle farandole.

Et cet été, lors des vacances à Rocquebrune, dans la résidence héritée de sa tante Félicitée, les points d'interrogation vont se bousculer. Pilar ne l'avait-elle pas averti en lui tirant les cartes? « Cet été tu devras te méfier de la mer et des orages » ? Se méfier, voilà qui est aux antipodes de l'état d'esprit de Victor, prompt à s'enflammer avec son copain Gaspard pour des balades sur des sentiers douaniers autrefois fréquentés par des pirates, pour les beaux yeux de la petite Justine, pour les mystérieux jumeaux Tom et Nathan ou pour les confidences de la bienveillante Baronne.

La prophétie de Pilar était pourtant exacte. La mer et les orages viendront troubler les vacances de Victor et de sa famille...

Avec L'été des lucioles, Gilles Paris nous offre un roman d'une sensibilité exquise, tendre au coeur, doux comme une caresse. Un conte initiatique empli de poésie.

Alors si vous avez envie de soleil, de vacances, de douceur, d'air marin, ne vous ruez pas dans votre agence de voyages mais dans votre librairie!!! Ce voyage au pays de l'enfance vous laissera des lucioles dans les yeux, le coeur et l'âme.

A lire absolument!!!

 

P.31 : Et si grandir, c'était essayer de rendre sa vie meilleure jour après jour?

P.106 : Les secrets, Victor, c'est comme les coquillages qui refusent de s'ouvrir, on ne sait jamais ce qu'il y a à l'intérieur.

 

Karine Fléjo

Écrit par Karine Fléjo dans Gilles Paris, Karine Fléjo, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

26 01 14

Métamorphoses...

Voyage corsaire.jpgLe politologue italo-belge Giuseppe Santoliquido a fait paraître aux Éditions Ker à Hévillers un roman en abyme intitulé Voyage corsaire dans lequel « par une nuit sans lune, un écrivain fit un songe. Il rêva qu’il se réveillait en sursaut et, sous l’effet d’une modification physique inattendue, s’en allait rédiger les souvenirs d’un voyage au Cameroun auquel il n’avait jamais participé ».

Frédéric Verratti, alter ego de l’écrivain, y rencontre par l'entremise de son chauffeur de mystérieux personnages : un metteur en scène pasolinien qui, chaque année, avec l’aide d’acteurs issus de la population locale, monte l'Orestie d'Eschyle sur un radeau au cœur de la savane ; un chasseur qui s’apprête à affronter la mort ; ou encore une ancienne militante politique confrontée à la dispersion de ses idéaux.

Personnage central du récit, l'Afrique noire, métaphore des ténèbres de nos origines, mais aussi de la solidarité humaine, est prétexte à mille réflexions sur nous-mêmes, nos engagements et le sens de la vie.

Un livre profond, dans le prolongement d'œuvres emblématiques de Kafka, de Conrad, de Gide et des maîtres du réalisme magique...

Bluffant !

Bernard DELCORD

Voyage corsaire par Giuseppe Santoliquido, Hévillers, Ker éditions, novembre 2013, 194 pp en noir et blanc au format 11,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 €. Ce livre est également disponible en version digitale.

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29 12 13

L'année dernière à Saint-Idesbald !

jauniaux 2.pngQuelle douce plongée dans ses souvenirs, qui rejoignent, complètent, embellissent les nôtres ! Le talent du créateur est de nous faire sortir de nous, de donner à voir à notre esprit, à notre émotion ! Jean Jauniaux y parvient dans l'excellence avec "L'année dernière à Saint-Idesbald" (dont le nom résonne à la manière d'Alain Resnais). On peut penser qu'il s'agit de nouvelles, d'un roman, d'histoires reliées par Idesbald, le SDF; on peut croire que c'est autobiographique pour tout ce qui concerne la station de la mer du Nord; on peut... Mais cela n'a aucune importance, on se laisse tout de suite emporter par la douceur des phrases, même si le tableau est prosaïque, par l'intérêt de l'histoire, des idées. Dans la préface, Jacques De Decker explique bien cela en une courte phrase : "Lorsque les grands systèmes de référence ont déclaré forfait, il reste l'imaginaire, ce tapis volant, pour prendre de l'altitude et libérer l'esprit". Il écrit aussi : "Ses histoires sont simples et tangibles, et cependant elles nous entraînent ailleurs, par-delà les apparences, à la rencontre de questions vitales". On ne peut mieux traduire ce qu'on ressent à la lecture de cette œuvre !

Combien de moments si bien partagés avec nous, lecteurs : "Sur des toboggans improvisés dans le sable les enfants dévalaient dans des cris de bonheur effrayé." Ou cette découverte  dans l'enfance de la lecture : "Je poursuis ma lecture. De page en page, je me rends compte que les personnages du roman vivent, parlent, bougent. Les paysages sont vrais. Les odeurs, les bruits, les couleurs naissent au fil des phrases." Et cette phrase magnifique de beauté poétique : "Les toits d'ardoise luisants se confondaient avec le deuil de l'horizon"...

Une dernière réflexion, parmi tant d'autres, qui plaît à "Monsieur Dictionnaire" : "Un point d'exclamation sanctionne chaque version linguistique, comme une épée de l'alphabet" ! Superbe !

Jacques MERCIER

"L'Année dernière à Saint-Idesbald" par Jean Jauniaux, édition Avant-propos, 174 pp, 17,95 euros.

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04 11 13

Pierre Lemaître, Prix Goncourt 2013 : l'interview

Pierre, lemaître, au revoir, là-haut, goncourt, 2013Il y a quelques jours, Pierre Lemaître me disait que s'il venait à être récompensé par le Prix Goncourt, il viendrait savourer le champagne avec mes auditeurs. Voilà qui est fait. Le rendez-vous est pris.

En attendant, voici en exclusivité pour vous, fidèles de Lire est un plaisir, l'intégralité de l'interview qui sera diffusée ce jeudi dans Café de Flore sur Radio Judaïca. Tout sur Au revoir, là-haut, le roman dont beaucoup ont pressenti depuis le début de la course, la plus haute destinée.

Un entretien qui vous permettra, je l'espère, de rencontrer une personne attachante en la personne de Pierre Lemaître. 

Et surtout, lisez ce roman enthousiasmant dont le sujet tourne autour de la première guerre mondiale (voilà un prix qui anticipe le centenaire dont on parlera beaucoup en 2014).


podcast

pierre lemaitre, au revoir, la haut, 2013



Pierre Lemaître, Au revoir là-haut, Albin Michel, août 2013, 576p, 22€50

03 11 13

Un roman courageux…

La Traîtresse.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 26/10/2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Inspiré de faits réels, La Traîtresse, premier roman de Dominique Zachary, par ailleurs auteur de La patrouille des enfants juifs, un récit à succès qui fut adapté à la scène et en bandes dessinées, raconte par le menu la descente aux enfers d'une jeune enseignante accusée faussement à la Libération par la rumeur de collaboration avec les Allemands sous l'occupation nazie.

Dans cet ouvrage fort bien écrit, le thème ô combien touchy de l'épuration sauvage par une populace grossière est traité avec intelligence et sensibilité, ce qui change des habituels discours patriotards sur le sujet.

Sa lecture nous a remis en mémoire d'autres cas, comme celui d'un résistant authentique (il fut partisan FTP et dynamiteur de trains en France) que des « justiciers » autoproclamés estropièrent à vie après son retour en Belgique avant de lui présenter leurs plus plates excuses, ou comme celui du publiciste Robert Poulet condamné à mort à Bruxelles en raison d'un faux témoignage du secrétaire du Roi (Poulet avait écrit dans la presse censurée à la demande du souverain) ainsi que de la présentation au tribunal de documents trafiqués. On le relâcha de son ergastule sept ans plus tard comme si de rien n'était, mais sa fille, malheur suprême, se suicida par la suite en raison de cette cabale léopoldiste. C'est peu dire que notre homme – l'un de nos plus grands écrivains – garda une dent acérée contre la « démocrassouille » !

Voici en tout cas un livre-choc qui montre que la trahison n'est pas toujours où on le proclame...

Bernard DELCORD

La Traîtresse par Dominique Zachary, Paris, Éditions Michalon, octobre 2013, 256 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 17 € (prix France)

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30 10 13

Drôles d'oiseaux

SCHMITT_1er.jpgJe vous convie aujourd'hui à une rencontre souriante et décontractée avec un Eric-Emmanuel Schmitt débordant de bonne humeur et de bons mots à ma table du Café de Flore.

Nous allons tout d'abord parler de littérature, de sexe, d'amour et de Bruxelles au travers de son nouveau roman, Les perroquets de la place d'Arezzo qu'il publie, comme toujours, chez Albin Michel.

Mais ensuite, ô surprise, il sera question de bandes dessinées avec Les aventures de Poussin Ier qui vient d'éclore chez Dupuis grâce au pinceau de Janry.

Et peut-être parlerons-nous aussi de cinéma ? Qui sait ?

Nicky Depasse

podcast


podcast

eric, emmanuel, schmitt, nicky, depasse, 2013

 

 

Entretien diffusé dans Café de Flore sur Radio Judaïca le jeudi 24 octobre.

Les perroquets de la place d'Arezzo, Eric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, septembre 2013, 700p, 24€90.

Les aventures de Poussin Ier, Eric-Emmanuel Schmitt et Janry, Dupuis, septembre 2013, 68p, 14€50.

Ecoutez l'entretien intégral d'Eric-Emmanuel Schmitt avec Brice Depasse réalisé pour Nostalgie en cliquant ici.