26 01 14

Métamorphoses...

Voyage corsaire.jpgLe politologue italo-belge Giuseppe Santoliquido a fait paraître aux Éditions Ker à Hévillers un roman en abyme intitulé Voyage corsaire dans lequel « par une nuit sans lune, un écrivain fit un songe. Il rêva qu’il se réveillait en sursaut et, sous l’effet d’une modification physique inattendue, s’en allait rédiger les souvenirs d’un voyage au Cameroun auquel il n’avait jamais participé ».

Frédéric Verratti, alter ego de l’écrivain, y rencontre par l'entremise de son chauffeur de mystérieux personnages : un metteur en scène pasolinien qui, chaque année, avec l’aide d’acteurs issus de la population locale, monte l'Orestie d'Eschyle sur un radeau au cœur de la savane ; un chasseur qui s’apprête à affronter la mort ; ou encore une ancienne militante politique confrontée à la dispersion de ses idéaux.

Personnage central du récit, l'Afrique noire, métaphore des ténèbres de nos origines, mais aussi de la solidarité humaine, est prétexte à mille réflexions sur nous-mêmes, nos engagements et le sens de la vie.

Un livre profond, dans le prolongement d'œuvres emblématiques de Kafka, de Conrad, de Gide et des maîtres du réalisme magique...

Bluffant !

Bernard DELCORD

Voyage corsaire par Giuseppe Santoliquido, Hévillers, Ker éditions, novembre 2013, 194 pp en noir et blanc au format 11,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 €. Ce livre est également disponible en version digitale.

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29 12 13

L'année dernière à Saint-Idesbald !

jauniaux 2.pngQuelle douce plongée dans ses souvenirs, qui rejoignent, complètent, embellissent les nôtres ! Le talent du créateur est de nous faire sortir de nous, de donner à voir à notre esprit, à notre émotion ! Jean Jauniaux y parvient dans l'excellence avec "L'année dernière à Saint-Idesbald" (dont le nom résonne à la manière d'Alain Resnais). On peut penser qu'il s'agit de nouvelles, d'un roman, d'histoires reliées par Idesbald, le SDF; on peut croire que c'est autobiographique pour tout ce qui concerne la station de la mer du Nord; on peut... Mais cela n'a aucune importance, on se laisse tout de suite emporter par la douceur des phrases, même si le tableau est prosaïque, par l'intérêt de l'histoire, des idées. Dans la préface, Jacques De Decker explique bien cela en une courte phrase : "Lorsque les grands systèmes de référence ont déclaré forfait, il reste l'imaginaire, ce tapis volant, pour prendre de l'altitude et libérer l'esprit". Il écrit aussi : "Ses histoires sont simples et tangibles, et cependant elles nous entraînent ailleurs, par-delà les apparences, à la rencontre de questions vitales". On ne peut mieux traduire ce qu'on ressent à la lecture de cette œuvre !

Combien de moments si bien partagés avec nous, lecteurs : "Sur des toboggans improvisés dans le sable les enfants dévalaient dans des cris de bonheur effrayé." Ou cette découverte  dans l'enfance de la lecture : "Je poursuis ma lecture. De page en page, je me rends compte que les personnages du roman vivent, parlent, bougent. Les paysages sont vrais. Les odeurs, les bruits, les couleurs naissent au fil des phrases." Et cette phrase magnifique de beauté poétique : "Les toits d'ardoise luisants se confondaient avec le deuil de l'horizon"...

Une dernière réflexion, parmi tant d'autres, qui plaît à "Monsieur Dictionnaire" : "Un point d'exclamation sanctionne chaque version linguistique, comme une épée de l'alphabet" ! Superbe !

Jacques MERCIER

"L'Année dernière à Saint-Idesbald" par Jean Jauniaux, édition Avant-propos, 174 pp, 17,95 euros.

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Jacques Mercier, Littérature générale, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

04 11 13

Pierre Lemaître, Prix Goncourt 2013 : l'interview

Pierre, lemaître, au revoir, là-haut, goncourt, 2013Il y a quelques jours, Pierre Lemaître me disait que s'il venait à être récompensé par le Prix Goncourt, il viendrait savourer le champagne avec mes auditeurs. Voilà qui est fait. Le rendez-vous est pris.

En attendant, voici en exclusivité pour vous, fidèles de Lire est un plaisir, l'intégralité de l'interview qui sera diffusée ce jeudi dans Café de Flore sur Radio Judaïca. Tout sur Au revoir, là-haut, le roman dont beaucoup ont pressenti depuis le début de la course, la plus haute destinée.

Un entretien qui vous permettra, je l'espère, de rencontrer une personne attachante en la personne de Pierre Lemaître. 

Et surtout, lisez ce roman enthousiasmant dont le sujet tourne autour de la première guerre mondiale (voilà un prix qui anticipe le centenaire dont on parlera beaucoup en 2014).


podcast

pierre lemaitre, au revoir, la haut, 2013



Pierre Lemaître, Au revoir là-haut, Albin Michel, août 2013, 576p, 22€50

03 11 13

Un roman courageux…

La Traîtresse.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 26/10/2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Inspiré de faits réels, La Traîtresse, premier roman de Dominique Zachary, par ailleurs auteur de La patrouille des enfants juifs, un récit à succès qui fut adapté à la scène et en bandes dessinées, raconte par le menu la descente aux enfers d'une jeune enseignante accusée faussement à la Libération par la rumeur de collaboration avec les Allemands sous l'occupation nazie.

Dans cet ouvrage fort bien écrit, le thème ô combien touchy de l'épuration sauvage par une populace grossière est traité avec intelligence et sensibilité, ce qui change des habituels discours patriotards sur le sujet.

Sa lecture nous a remis en mémoire d'autres cas, comme celui d'un résistant authentique (il fut partisan FTP et dynamiteur de trains en France) que des « justiciers » autoproclamés estropièrent à vie après son retour en Belgique avant de lui présenter leurs plus plates excuses, ou comme celui du publiciste Robert Poulet condamné à mort à Bruxelles en raison d'un faux témoignage du secrétaire du Roi (Poulet avait écrit dans la presse censurée à la demande du souverain) ainsi que de la présentation au tribunal de documents trafiqués. On le relâcha de son ergastule sept ans plus tard comme si de rien n'était, mais sa fille, malheur suprême, se suicida par la suite en raison de cette cabale léopoldiste. C'est peu dire que notre homme – l'un de nos plus grands écrivains – garda une dent acérée contre la « démocrassouille » !

Voici en tout cas un livre-choc qui montre que la trahison n'est pas toujours où on le proclame...

Bernard DELCORD

La Traîtresse par Dominique Zachary, Paris, Éditions Michalon, octobre 2013, 256 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 17 € (prix France)

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30 10 13

Drôles d'oiseaux

SCHMITT_1er.jpgJe vous convie aujourd'hui à une rencontre souriante et décontractée avec un Eric-Emmanuel Schmitt débordant de bonne humeur et de bons mots à ma table du Café de Flore.

Nous allons tout d'abord parler de littérature, de sexe, d'amour et de Bruxelles au travers de son nouveau roman, Les perroquets de la place d'Arezzo qu'il publie, comme toujours, chez Albin Michel.

Mais ensuite, ô surprise, il sera question de bandes dessinées avec Les aventures de Poussin Ier qui vient d'éclore chez Dupuis grâce au pinceau de Janry.

Et peut-être parlerons-nous aussi de cinéma ? Qui sait ?

Nicky Depasse

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eric, emmanuel, schmitt, nicky, depasse, 2013

 

 

Entretien diffusé dans Café de Flore sur Radio Judaïca le jeudi 24 octobre.

Les perroquets de la place d'Arezzo, Eric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, septembre 2013, 700p, 24€90.

Les aventures de Poussin Ier, Eric-Emmanuel Schmitt et Janry, Dupuis, septembre 2013, 68p, 14€50.

Ecoutez l'entretien intégral d'Eric-Emmanuel Schmitt avec Brice Depasse réalisé pour Nostalgie en cliquant ici.

27 10 13

Dans la peau de mon meilleur ami

Karin, tuil, invention, vies, grasset, interview, 2013Avec le mensonge on peut aller très loin, mais on ne peut jamais en revenir : un proverbe qui résume à merveille le thème principal du nouveau roman de Karin Tuil

Familière des colonnes et podcasts de Lire est un plaisir depuis ses débuts, Karin Tuil est aussi une habituée du Café de Flore sur Radio Judaïca. En septembre dernier, elle était mon invitée pour parler de L'invention de nos vies dans lequel il est question d'un New-Yorkais qui a réussi sa carrière d'avocat en usurpant la judaïté d'un ami français.

Rejoignez-nous, le temps d'un café : 


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L'invention de nos vies, Karin Tuil, Grasset, août 2013, 504p, 20€90.

Lisez la chronique du roman de Karin Tuil par Appoline Elter en cliquant ici

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27 10 13

Les anges meurent de nos blessures

yasmina, khadra, anges, blessuresDifficile de trouver un plus beau titre. Je ne peux pas rivaliser.

Après Ce que le jour doit à la nuit, Yasmina Khadra revisite le thème d'un Algérien qui, à l'époque des colonies se fait admettre chez les Français. A la force du poing cette fois, Turambo est boxeur. Plus que l'argent et la gloire, ce qu'il souhaite, c'est trouver l'Amour.

Un café avec Yasmina Khadra au Flore pour parler de ce roman et des récentes adaptations cinématographiques de L'attentat et de Ce que le jour doit à la nuit :


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yasmina, khadra, nicky, depasse

 

Entretien diffusé le jeudi 19 septembre.

Les anges meurent de nos blessures, Yasmina Khadra, Juliard, août 2013, 408p, 21€00

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24 10 13

Risqué, c'est chic

échange, risqué, anne, duvivier, zeligeIl n'y a pas qu'Eric-Emmanuel Schmitt pour placer le centre de l'action de son roman à Bruxelles en cette rentrée littéraire. Anne Duvivier est Belge et son échange risqué est une belle surprise.

Jane est une Belge d'origine vivant aux Etats-Unis. Afin de réaliser un travail, elle échange son appartement de Chicago avec une famille bruxelloise. Mais arrivée à destination, elle constate que le fils de la famille occupe encore les lieux. Si tout démarre comme une comédie de moeurs, l'échange va finalement s'avérer risqué (un mot que les Américains lisent en français dans le texte).


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Egalement au menu de ce Café de Flore du 17 octobre, nous avons dégusté Dans le silence du vent de Louise Erdrich (Albin Michel), Les solidarités mystérieuses de Pascal Quignard (Folio). Dans la minute des enfants, il est question de Kiki en Amérique (Seuil Jeunesse) et du Gâteau de Ouistiti (Didier Jeunesse).


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14 09 13

Au pays de l'horreur quotidienne

Perce-neige.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 14 septembre 2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Le premier roman du Britannique Andrew D. Miller, Perce-neige, dont la traduction française a paru en version de poche chez 10-18 à Paris, constitue à sa façon un événement considérable dans le petit monde des portraits de mœurs contemporains mâtinés de suspense inquiétant.

Il faut dire que l'auteur a travaillé comme correspondant à Moscou pour The Economist, expérience qu'il met en musique dans son ouvrage en tout point magistral.

C'est que la description qu'il donne de la Russie de Poutine, parce qu'elle sent le vécu, donne au lecteur un froid dans le dos irrépressible au fur et à mesure que deux pièges se referment sur le narrateur, un jeune avocat anglais qui travaille dans un grand cabinet d'affaires moscovite.

Non pas tant en raison du scénario, pourtant habilement ficelé, que de la description de la société russe actuelle, où la déréliction, l'absence de scrupules et la corruption sont tels que Kinshasa, en comparaison, apparaît comme la capitale de toutes les vertus...

Et, sur ce dernier point, nous savons de quoi nous parlons !

« Grattez le Russe et vous trouverez le Tartare », assurait Joseph de Maistre à qui l'auteur donne raison.

Ah, au fait : un perce-neige, à Moscou, c'est un cadavre que l'on retrouve dans les rues au dégel...

Bernard DELCORD

Perce-neige par Andrew D. Miller, traduit française par Florence Bellot Paris, Éditions 10-18, février 2013, 239 pp. en noir et blanc au format 10,9 x 17,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,50 € (prix France)

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08 09 13

Sex, lies and novels

Eric-Emmanuel, Schmitt, perroquet, ArezzoEn cette rentrée littéraire, Eric-Emmanuel Schmitt étonne tout le monde avec ses Perroquets de la place d'Arezzo. Dans ce roman fleuve, il dépeint les moeurs sexuelles des habitants d'une des plus étonnantes places des quartiers chics de Bruxelles puisqu'elle est squattée depuis des années par des perruches et des perroquets qui n'en ont jamais quitté les arbres. 

En exclusivité pour Lire est un plaisir, vous pouvez écouter l'intégralité de l'interview réalisée par Brice Depasse dont de larges extraits seront diffusés dans Nostalgie Pop Culture ce dimanche 15 septembre.


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Les perroquets de la place d'Arezzo, Eric-Emmanuel Schmitt, septembre 2013, 700 pages, 24€90

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