24 10 13

Risqué, c'est chic

échange, risqué, anne, duvivier, zeligeIl n'y a pas qu'Eric-Emmanuel Schmitt pour placer le centre de l'action de son roman à Bruxelles en cette rentrée littéraire. Anne Duvivier est Belge et son échange risqué est une belle surprise.

Jane est une Belge d'origine vivant aux Etats-Unis. Afin de réaliser un travail, elle échange son appartement de Chicago avec une famille bruxelloise. Mais arrivée à destination, elle constate que le fils de la famille occupe encore les lieux. Si tout démarre comme une comédie de moeurs, l'échange va finalement s'avérer risqué (un mot que les Américains lisent en français dans le texte).


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Egalement au menu de ce Café de Flore du 17 octobre, nous avons dégusté Dans le silence du vent de Louise Erdrich (Albin Michel), Les solidarités mystérieuses de Pascal Quignard (Folio). Dans la minute des enfants, il est question de Kiki en Amérique (Seuil Jeunesse) et du Gâteau de Ouistiti (Didier Jeunesse).


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14 09 13

Au pays de l'horreur quotidienne

Perce-neige.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 14 septembre 2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Le premier roman du Britannique Andrew D. Miller, Perce-neige, dont la traduction française a paru en version de poche chez 10-18 à Paris, constitue à sa façon un événement considérable dans le petit monde des portraits de mœurs contemporains mâtinés de suspense inquiétant.

Il faut dire que l'auteur a travaillé comme correspondant à Moscou pour The Economist, expérience qu'il met en musique dans son ouvrage en tout point magistral.

C'est que la description qu'il donne de la Russie de Poutine, parce qu'elle sent le vécu, donne au lecteur un froid dans le dos irrépressible au fur et à mesure que deux pièges se referment sur le narrateur, un jeune avocat anglais qui travaille dans un grand cabinet d'affaires moscovite.

Non pas tant en raison du scénario, pourtant habilement ficelé, que de la description de la société russe actuelle, où la déréliction, l'absence de scrupules et la corruption sont tels que Kinshasa, en comparaison, apparaît comme la capitale de toutes les vertus...

Et, sur ce dernier point, nous savons de quoi nous parlons !

« Grattez le Russe et vous trouverez le Tartare », assurait Joseph de Maistre à qui l'auteur donne raison.

Ah, au fait : un perce-neige, à Moscou, c'est un cadavre que l'on retrouve dans les rues au dégel...

Bernard DELCORD

Perce-neige par Andrew D. Miller, traduit française par Florence Bellot Paris, Éditions 10-18, février 2013, 239 pp. en noir et blanc au format 10,9 x 17,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,50 € (prix France)

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08 09 13

Sex, lies and novels

Eric-Emmanuel, Schmitt, perroquet, ArezzoEn cette rentrée littéraire, Eric-Emmanuel Schmitt étonne tout le monde avec ses Perroquets de la place d'Arezzo. Dans ce roman fleuve, il dépeint les moeurs sexuelles des habitants d'une des plus étonnantes places des quartiers chics de Bruxelles puisqu'elle est squattée depuis des années par des perruches et des perroquets qui n'en ont jamais quitté les arbres. 

En exclusivité pour Lire est un plaisir, vous pouvez écouter l'intégralité de l'interview réalisée par Brice Depasse dont de larges extraits seront diffusés dans Nostalgie Pop Culture ce dimanche 15 septembre.


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Les perroquets de la place d'Arezzo, Eric-Emmanuel Schmitt, septembre 2013, 700 pages, 24€90

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04 09 13

Nostalgique, mais heureuse !

index.jpgVous êtes déjà nombreux à avoir lu les avis sur le nouveau roman d'Amélie Nothomb, mais laissez-moi y ajouter quelques phrases extraites d'une lettre que je lui ai envoyée au moment de la lecture de l'avant-première du roman "La nostalgie heureuse" en juillet...

"Cette fois, comme toujours, le livre me surprend par le thème et le récit. Un roman sur le reportage d'une équipe de télévision. Tu dois deviner combien j'y retrouve les défauts, les tics, les envahissements, mais aussi l'invention que cela représente.

L'air de rien, tu déculpabilises les nostalgiques en faisant la part des choses : Proust et les romantiques, par exemple. Tu joues avec cette re-visitation du passé, qui est le grand moteur de nos vies. Le cerveau recycle et efface en permanence nos souvenirs : c'est la désormais fameuse résilience de Boris Cyrulnik...

J'aime tout : De la première phrase que tu mets en exergue et qui explique ta démarche littéraire jusqu'aux descriptions subtiles de l'air et du silence !

Picorées dans le livre, comme je le fais sur Radio-Judaïca avec Nicky Depasse, voici quelques phrases :

"Qu'est-ce qu'une caméra peut percevoir de ce qui se passe en moi ?"

"Nos villes européennes, où le temps s'est arrêté"

"Cette stèle qui annonçait le tsunami, il y a mille ans !

"Il n'y a pas d'avenir pour ce qui n'est que poétique ?"

Et j'adore cette définition de la ville de Paris : une armoire mal rangée dont on reçoit le contenu sur la tête !"

Bonne lecture ! Fan absolu d'Amélie, je suis toujours ravi de pouvoir témoigner que mon bonheur de découvrir son roman ne s'érode pas et n'est jamais déçu !

 

Jacques MERCIER

 

"La nostalgie heureuse" roman, Amélie Nothomb, Edition Albin Michel, 158 pp.16,5 Euros.

 

03 07 13

L'affaire des affaires


Zalbac, brothers, karel, renaudiereAlors que nous nous enfonçons depuis plus de vingt ans dans une société mondiale dont les rennes sont passées du monde de l'entreprise à celui de la finance avec les conséquences suicidaires que l'on sait mais que l'on ne combat pas encore, Karel De La Renaudière publie chez Albin Michel un premier roman qui traite de ce sujet : Zalbac brothers.

L'auteur venant lui-même du monde de la finance en lien avec l'entreprise, le livre n'en est que plus intéressant.

Toute ressemblance avec des personnages connus est évidemment tout-à-fait involontaire, les avocats très intéressés de Scarlet Johansson peuvent passer leur chemin.

Karel De La Renaudière est passé au Flore sur Judaïca ce jeudi à 13 heures pour un café en terrasse un peu venteux, faut-il vous l'avouer.


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20 06 13

Un roman sur l'école à lire en vacances !

opa 2.jpgCe roman "OPA sur le Mammouth" est jubilatoire ! A lire absolument, même pour ceux qui ne sont pas au fait du système scolaire français. C'est tellement bien écrit qu'on s'y retrouve grâce aux notes ! Une fois commencée, on ne lâche plus l'histoire à rebondissements de l'installation d'écoles nouvelles créées par une multinationale et s'appuyant sur toutes les dérives que sont la publicité, la rentabilité, le marché, etc. Mais tout n'est pas noir ou blanc, comme on le sait ! Et on en arrive à pencher parfois du côté des anciens, parfois des nouveaux ! Le point de départ est bien la réelle dégradation du système éducatif français. Dave Mulland, homme d'affaires, décide de mettre la main sur les neuf mille collèges et lycées de France ! L'éducation nationale peut-elle devenir une affaire juteuse ? Il s'agit du premier roman de Nicolas Sizaret. Il allie un ton et un style très actuels à une provocation géniale ! Et les questions que le récit pose sont celles de l'actualité la plus brûlante ! Evidemment, cela nous concerne tous ! Suivez donc l'histoire de ces improbables "Unités Scolaires Compétitives", plongez dans l'univers de l'audiovisuel où les cadeaux sont parfois des stylos espions qui filment des erreurs des professeurs ! On vit aussi avec les professeurs et les syndicats. C'est plus vrai que nature ! Pour vous donner le ton, dès le début on découvre et on suit l'arrivée d'une jeune prof : "Zoé Alfard pressent que cette année scolaire sera inoubliable. Une intuition fondée, même si la jeune enseignante ignore tout du tourbillon d'événements dans lequel elle ne va pas tarder à se faire entraîner" C'est une bonne accroche ou je ne m'y connais pas ! Et le débat peut se poursuivre sur le site du livre...

 

Jacques MERCIER

 

"OPA sur le Mammouth" roman de Nicolas Sizaret. Editions Souffle Court. www.opasurlemammouth.com 412 pages. 20 euros.

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24 05 13

Parler d'amour avec Pauline Delpech

Pauline Delpech, souvenanceUn changement de thème radical mais aussi de style. Y aurait-il du vécu derrière tout celà ?

Pauline Delpech, c'est aussi la planète people, avec laquelle la belle a pris ses distances ; elle en parle dans cette interview avec Brice Depasse sur Nostalgie.

Pauline nous donne également des nouvelles de son père à qui nous sommes tant attachés et, plus ludiquement, nous dévoile la chanson et l'histoire de son premier slow (et ... de la première fois ?).

Enfin, nous ne pouvions pas passer sous silence cette campagne pour laquelle Pauline a posé buste dénudé (que tout le monde a vue et reverra encore en octobre prochain, et dont le but est la sensibilisation à un mal qui se propage de plus en plus en Europe).

Souvenance, Pauline Delpech, Michel lafon, 28 mars 2013, 255p., env. 18€

Pauline, Delpech

 

 


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23 05 13

Les femmes de Sollers

 

sollers femmes.jpgA la manière de "Mémo" dans l'émission littéraire de Nicky Depasse "Café de Flore" sur Radio Judaïca, voici quelques extraits picorés dans le dernier livre de Philippe Sollers : "Portraits de femmes". Non seulement on en apprend encore plus (que dans ses romans et récits précédents) sur les relations personnelles et littéraires, et donc l'inspiration de l'auteur, mais également nous poursuivons ce que nous aimons chez lui : cette réflexion intelligente et ressentie du coeur à l'âme de l'écrivain et de la femme. "En tant qu' "homme ", vous avez gagné, si, en plus de l'autorité souple qu'elle vous reconnaît, vous la faites rire, et si vous devenez son frère, son partenaire de jeu, et, subrepticement, son enfant." Sollers insiste : "Faites-vous aimer comme un enfant, espèce d'homme. De là, viennent, parfois, des liens indéfectibles." Et encore : "L'enfance est un royaume dont les femmes ont la clé. Elles l'égarent, on la retrouve, on revisite leur enfance avec elles, ça peut durer une nuit, trois jours, des années". Et plus loin encore, de conclure avec une telle élégance :"Soyez l'enfant de votre femme, et, surtout, faites-la rire. Elle est particulièrement jolie quand elle rit." 

L'auteur cite cette pépite de Céline : "L'homme torche les lois, la femme fait l'opinion"

Et comment ceux qui écrivent ne seraient pas d'accord avec cette phrase !  "Une femme qui me permet d'écrire plus, et mieux, est un don du ciel".

 

 Et l'amour physique ? Et le baiser ?

"Quand une femme vous embrasse (ou s'embrasse à travers vous), vous savez exactement où vous êtes. Admis ou pas. Notre époque n'est pas favorable à l'âme, d'où l'apparition du répétitif et misérable « bisou ». "

 Voilà qui renvoie nos pauvres bisous, signes sympas sur le Net, sur nos réseaux... à ce qu'ils sont !

Jacques MERCIER

 

"Portraits de femmes", de Philippe Sollers. Flammarion 2013. 160 pp. 15 euros.

 

 

 

 

 

 

20 04 13

Prose gastronomique

Gestapo et chocolat.jpgLe texte ci-dessous a paru le 20 avril 2013 dans l'édition belge de l'hebdomadaire Marianne :

S'étant lancées dans un genre nouveau, le roman culinaire, les Éditions Memory à Tenneville ont fait coup double en publiant Gestapo et chocolat de Claude Raucy & Cédric Lamkin et Prestidigi' Saveurs d'Amandine Fairon & Olivier Bauche, deux textes issus de l'association d'un écrivain et d'un maître des fourneaux, complétés des recettes originales faisant partie intégrante de l'intrigue, présentées sous forme de fiches détachables.

Voici l'argument du premier : Julien vient passer quelques jours à Williers, un village près d’Orval où il venait en vacances chez son grand-père lorsqu’il était enfant, afin de rencontrer Valentin qu’il a connu par le Net. Tous deux se découvrent une passion pour le chocolat et projettent d’écrire un livre sur celui-ci. Mais qui était le grand-père de Julien et qui est vraiment Valentin ?

Et celui du second : Vika, jeune étrangère, rencontre Thomas dans un bar marchois et l'accompagne à son cours de cuisine à « La Gloriette ». C’est dans les lettres qu’elle envoie à sa grand-mère que Vika dévoile une histoire douloureuse entrecoupée de recettes de cuisine qu’elle partage avec son aïeule.

Des livres à dévorer !

Bernard DELCORD

 Prestidigi' Saveurs.jpgGestapo et chocolat par Claude Raucy & Cédric Lamkin et Prestidigi' Saveurs par Amandine Fairon & Olivier Bauche, Tenneville, Éditions Memory, février 2013, 82 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € chacun

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Cuisine, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

13 04 13

Crime et châtiments...

L'Enfer d'une saison.jpg Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 13 avril 2013 de l’édition belge du magazine Marianne :

L'académicien belge Jean-Baptiste Baronian est l'un des meilleurs spécialistes actuels des inspirateurs de la poésie symboliste (on lui doit, publiées chez Gallimard, de remarquables biographies de Baudelaire en 2006, de Verlaine en 2008 et de Rimbaud en 2009) et ses connaissances intimes de la vie et de la production littéraire de ces géants des lettres constituent un avantage décisif pour leur mise en perspective auprès du public.

C'est pourquoi son roman L'Enfer d'une saison paru ces jours-ci à Paris constitue un événement considérable, qui retrace au plus près les événements ayant conduit Paul Verlaine, l'auteur des Poèmes saturniens, à la prison de Mons après qu'il eut, à Bruxelles le 10 juillet 1873, tiré deux coups de revolver sur Arthur Rimbaud, et qui décrit dans un style flamboyant les dix jours d'errance « à la fois mystérieuse, vertigineuse et magnifique » de ce dernier dans la capitale belge, où il est allé de surprise en surprise.

Une pérégrination qui certes bouleversa le destin de « l'homme aux semelles de vent », mais aussi celui de la littérature française tout entière...

Un livre captivant, dans tous les sens du terme !

Bernard DELCORD

L'Enfer d'une saison par Jean-Baptiste Baronian, Paris, Éditions de Fallois/L'Âge d'homme, février 2013, 179 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 18 € (prix France)

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