06 11 15

L'homme réseau-nable

_réseau nable.jpgUn jeu de mot si approprié !

« L'homme réseau-nable » de Lionel Naccache n'est pas un livre à lire en une heure en diagonale, c'est un livre très intéressant et passionnant. Dans l'avant-propos, il définit l'ouvrage : « L'hypothèse centrale de ce livre est que la connaissance de l'architecture fonctionnelle des réseaux de neurones qui composent un cerveau peut nous aider à comprendre celle des réseaux interindividuels qui structurent les sociétés humaines. » 

Vous découvrirez la notion de « voyage immobile » avec entre autres cette uniformisation massive, que nous connaissons. Tous ces lieux qui sont identiques et nous l'impression de ne plus « voyager » : Le centre commercial, l'aéroport international, l'hôtel de l'homme d'affaires en voyage quelque part entre l'Asie du Sud-Est et l'Europe de l'Est, la salle du complexe de cinéma, le magasin Ikea d'Arhus au Danemark ou celui de Sendai au Japon, le café « branché » et connecté, la station balnéaire, celle de sports d'hiver... Sa théorie est que la crise d'épilepsie est un « voyage immobile » microcosmique ! Pour argumenter la thèse, il fait aussi appel aux mots : « « Convulsions de l'Histoire » : l’expression est devenue si banale aujourd'hui, que nous en oublions souvent le sens premier. « Convulsions », ou le symptôme le plus connu de l'épilepsie. »

Quelques chiffres aussi nous interpellent. L'auteur est neurologue, professeur de médecine à la Pitié-Salpêtrière, directeur d'une équipe de recherche à l'Institut du cerveau et de la moelle épinière. « Un neurone est en contact physique permanent avec environ 10.000 neurones. Si l'on considère qu'un cerveau humain compte environ 80 à 100 milliards de neurones, le nombre de points de circulation unidirectionnels de cette information nerveuse avoisine donc... les 10 exposant 11 x 10 exposant 4 divisés par 2, soit 5000 billiards de synapses ! »

Il faudrait évoquer la synchronisation des masses et des lieux habités « par l'établissement rapide et efficace de voies de circulation physique à grande échelle. Ces transformations incluent le développement important des lignes ferroviaires, ainsi que la massification du transport automobile qui ne devait plus être réservé aux seules élites. Dans l'Allemagne nazie, cette politique des transports trouvera son aboutissement le plus éloquent dans la marque-slogan Volkswagen, la « voiture du peuple ». Voitures du peuple qui propulsent les individus sur ces véritables faisceaux organisés que sont les autoroutes, dont les premières furent imaginées et conçues par le régime fasciste de Mussolini. »

Et de retracer notre évolution : « D'un point de vue évolutif, il ne fait aucun doute qu'une fois le cerveau devenu conscient, et donc riche d'un « format universel » de communication des contenus mentaux individuels, l'aventure sociale a dû connaître un envol sans précédent, un envol « pré-historique ». Puis ces sociétés ont fait leur entrée fracassante dans l'Histoire il y a environ six mille ans, avec l'invention des systèmes d'écriture et de lecture. Ces systèmes autorisent la transmission explicite de contenus mentaux et de postures cognitives à travers les générations. »

La réflexion d'Auguste Comte confirme joliment  : « Il y a plus de morts que de vivants, et ce sont les morts qui dirigent les vivants. »

J'en reste là, mais j'ajoute encore ce passage qui équilibre le côté « masse » et le côté « individu » : « Notre société a réussi à aménager une place pour la « raison de l'individu », aux côtés des places envahissantes de toutes ces autres raisons qui nous entourent depuis la nuit des temps : la raison du plus fort, la raison d’État, la raison de l'argent, la raison des intérêts collectifs, la raison de la nation, etc. Une place sans pareille pour la raison d'un bonhomme parmi des myriades. »

 

Jacques MERCIER

 

« L'homme Réseau-nable » (Du microcosme cérébral au macrocosme social), Lionel Naccache, Edition Odile Jacob, sciences, 150 pp. 22,90 euros.

 

 

08 09 15

Croire à l'au-delà ?

_charbonnier.jpgC'est un petit ouvrage intéressant qu'a écrit le docteur Jean-Jacques Charbonnier. Il s'intitule « Les 7 bonnes raisons de croire à l'au-delà. » Comme vous peut-être, cette question de la vie après la mort m'interpelle depuis longtemps, autant que le pourquoi et le comment de notre vie-même.

 

L'intérêt du livre est qu'il propose des faits scientifiques (mais la science explique et corrige au fur et à mesure de son progrès) et ensuite l'avis et les arguments des détracteurs. Cela nous permet aussi de tirer nos propres conclusions. Comme il  écrit : « Pour un croyant aucune preuve n'est nécessaire et pour un sceptique, aucune n'est suffisante. »

 

Dans la préface le docteur Olivier Chambon note : « Il est quand même plus facile de se détendre face à la vie si l'on sait que celle-ci continue après la mort du corps, et que l'on emporte dans l'au-delà que l'essentiel, à savoir notre conscience, nos connaissances, notre capacité à aimer, et nos liens d'amour. » Mon père m'a un jour dit quelque chose de semblable, en me parlant d'une sorte de jugement intérieur sur l'amour, la faculté d'aimer...

 

Un des chapitres concerne l'inspiration artistique et m'a évidemment intéressé. « Il me semble probable que beaucoup d'artistes talentueux trouvent leur inspiration par mediumnité ; dans cette hypothèse, l'information ne serait pas enfermée dans les neurones du sujet inspiré mais située au contraire à l'extérieur du cerveau. Un cerveau qui entrerait en connexion directe avec un champ d'informations dont la source serait localisée bien au-delà de nos petits neurones. » Et de dire plus loin : « Et si cette conscience source alimentée par l'ensemble de nos consciences était capable d'influencer le comportement des gens et d'agir sur la matière et les événements d'une vie ? » Mais aussi : « Et si cette conscience source était ce que les habitants de cette planète appellent Dieu ? »

 

Bref, de quoi réfléchir, alimenter nos idées, provoquer des lectures et des discussions. Cette phrase de Victor Hugo me plaît beaucoup : « De quel papillon cette vie terrestre est-elle donc la chenille ? »

 

Jacques MERCIER

 

« Les 7 bonnes raisons de croire à l'au-delà », Dr Jean-Jacques Charbonnier, J'ai lu, 2015. 220 pp. 7,10 euros.

 

07 07 15

D'anciens contes japonais...

_haikaku.jpg

 

 

"L'histoire du tonnelier tombé amoureux" suivi de "Histoire de Gengobei" sont des contes de Ihara Saikaku, qui vécut de 1642 à 1693 et remporta un grand succès populaire de son vivant. Né à Osaka, il est l'inventeur du conte réaliste en prose japonais. Après avoir publié des haïkus, il écrit des tableaux de mœurs, comme "Vie d'un ami de la volupté", qui se situe dans les lupanars de son temps.

Nous découvrons ici deux histoires d'amour réalistes et rocambolesques qui se passent dans le Japon féodal de la fin du 17e siècle. Elles sont extraites de « Cinq amoureuses » (1686), où les femmes de spont temps condamnées à la fidélité ou à une mort ignominieuse.

Les personnages se soucient de la réussite de leurs amours plus que des interdits d'une société rigide... toutes les ruses sont bonnes pour y parvenir. De plus, on a quelques illustrations de Yoshida Hambei, un célèbre peinte de gravures.

Deux phrases pour vous mettre en appétit de lecture :

 

« La vie humaine est bornée, mais la passion amoureuse, inépuisable. »

 

"Il n'existe en ce monde ni fantômes ni veuves fidèles."

 

Toutes ses histoires ont des fins malheureuses sauf une, où l'auteur laisse entendre que le servage de la femme prendra fin un jour.

Jacques MERCIER

"Histoire du tonnelier tombé amoureux", Ihara Saikaku, Edition Gallimard, collection Folio 2 euros ! 100p.

 

 

 

 

 

Écrit par Jacques Mercier dans Jacques Mercier, Nouvelles, Romans, Société | Commentaires (0) |  Facebook | |

11 06 15

Un sixième sens !

_6e sens.jpgL'auteur est professeur à l'université de Lyon. André Holley a déjà publié « Eloge de l'odorat » et « Le cerveau gourmand ». Ici, il nous propose avec « Le sixième sens », une enquête neurophysiologique sur un sixième sens, un sens intérieur par rapport aux cinq autres qui sont extérieurs.

Cela ajoute une palette nouvelle à notre sensibilité. Nos émotions sont-elles aussi influencées par les informations silencieuses de notre organisme ? C'est une question passionnante et dont cette étude apporte une ouverture incroyable à nos propres expériences.

« C'est une évidence », écrit l'auteur « Le cerveau est organisé pour recueillir et exploiter des signaux qui décrivent l'état du corps et les confronte aux signaux du monde du dehors pour les interpréter ».

On apprend plein de choses ! Comme ceci, que le cerveau ne consomme qu'1 petit % d'énergie pour répondre aux stimuli extérieurs comme une image, une mélodie, une senteur, une saveur.

Le livre est illustré par des croquis, des plans, des coupes. Il est enrichi de références.

La conclusion est que le cerveau montre clairement qu'il traite comme un sens à part entière une vaste catégorie de messages qui lui parviennent de l'intérieur de l'organisme.

L'ultime chapitre s'intitule « Le dernier mystère qui reste » !

 

Jacques MERCIER

 

« Le sixième sens », une enquête neurophysiologique, André Holley, Essai, Collection sciences, Edition Odile Jacob, 218 pp. 22,90 euros.

30 05 15

Halte aux faux prophètes de la diététique !

Les nouvelles religions alimentaires.jpgNutritionniste réputé sur le plan international, le docteur Jean-Michel Cohen a déjà publié de nombreux best-sellers chez Flammarion à Paris, dont Savoir maigrir, Le Bonheur de maigrir, Maigrir, le grand mensonge et, avec le docteur Patrick Sérog, Savoir manger.

Chez le même éditeur, dans Les nouvelles religions alimentaires, il se penche cette fois sur les peurs relayées par les médias, sur les craintes quant à la qualité des plats et sur les messages de prévention inapplicables qui nous viennent de partout et qui font que plus personne ne s'y retrouve.

L’un des résultats de cet imbroglio a été l’émergence de nouvelles « religions alimentaires » dont les zélateurs (végétariens, végétaliens, partisans du sans gluten et du bio, ennemis des aliments cuits, du lait ou des produits de synthèse…) assènent leurs certitudes avec autant de passion que, souvent, d’ignorance, si bien que leurs pratiques, loin de nos traditions, en sont venues à susciter débats, polémiques et interrogations.

Car les modifications alimentaires qu’ils préconisent sont-elles bonnes pour la santé, efficaces même ?

Pour aider le lecteur à y voir clair, à balayer les mensonges et les idées reçues, l’auteur décrit dans son ouvrage les raisons de l'apparition de ces modes de vie, dévoile leurs répercussions sur nos organismes, indique leurs conséquences sur nos manières d'être, tout en livrant des recommandations pratiques à la fois scientifiquement étayées et de bon sens.

« Bien manger, vivre plus vieux, aimer plus fort est possible », assure-t-il.

Et il le prouve !

Bernard DELCORD

Les nouvelles religions alimentaires par Jean-Michel Cohen, Paris, Éditions Flammarion, mars 2014, 301 pp. en noir et blanc au format 15,4 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,90 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié ces quelques lignes, à propos des aliments « magiques » :

Les fruits et légumes, la panacée actuelle

La mode du moment a jeté son dévolu sur les fruits et légumes. Il faut en manger cinq par jour, on l'a vu, parce qu'ils soignent tout, évitent de grossir, diffusent des minéraux, offrent des oligo-éléments, ne dispensent aucune graisse, sont peu caloriques, apportent des fibres et sont rassasiants, donc empêchent de ressentir la faim (ou la fin, diraient les psychanalystes...), etc., etc.)

Mieux : ils contiennent des anti-oxy-dants. Ah, quel mot magique, quel terme formidable ! Quelle association efficace et limpide que ce préfixe « anti » accolé à « oxy­ dant », formule digne de l'alchimie donc du miracle puisqu'on l'associe à l'oxydation d'un métal, phénomène dont tout le monde comprend le sens. Les fruits et légumes ? En un mot, l'aliment parfait.

Cependant, même si nous les connaissons de mieux en mieux, nous sommes encore loin de tout savoir d'eux. Si nous comprenons que consommer du chou, grâce aux indols, aiderait à prévenir des cancers aussi variés que ceux du poumon, de la vessie ou de l'œsophage ; que la consommation de produits contenant les précurseurs de la vitamine A pourrait agir sur le cancer de l'utérus ; que déguster des tomates prémunirait du cancer de la prostate... quid des interactions entre les uns et les autres ? Un homme mange une quinzaine d'aliments quotidiennement, contenant chacun a minima une centaine de constituants, lesquels vont parfois s'associer, parfois se combattre, devoir composer aussi avec son niveau de stress, son goût ou pas pour l'alcool, le tabac, l'influence de l'environnement... Eh bien, comment ce cocktail va-t-il se comporter ? Nous l'ignorons. Ce qui prouve bien que la notion même d'« aliment magique » est erronée !

Dès lors, pourquoi avons-nous adopté aussi aisément cette nouvelle religion alimentaire ? Parce que les produits évoqués sont à la base sains, évidemment, mais aussi parce qu'ils correspondent idéalement à l'air du temps. Écolos, comme ils viennent de la terre, donc de la nature, on ne les pense pas ou peu souillés par la main de l'homme (malgré les pesticides, mais c'est un autre débat) ; comme ils sont pauvres en calories, ils sont vertueux ; et comme ils ont des saveurs agréables (mais modestes), ils n'effraient ni ne divisent. Quand on ajoute à ces « qualités » la bénédiction des pouvoirs publics et la grande satisfaction des producteurs de cette branche, le succès n'est pas surprenant.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Société | Commentaires (0) |  Facebook | |

20 05 15

La chambre sourde

_chambre sourde.jpg

Le roman de Patrick Parmentier "La chambre sourde" nous touche par le sujet, bien entendu (Elisa, atteinte d'un cancer, rédige ses mémoires pour que ses enfants les découvrent plus tard), mais aussi par le style rapide et ironique. C'est une manière très intéressante de traiter ce sujet et qui évite tout ce qu'une telle situation peut révéler de dramatique. Comme il est dit : "On ne peut pas tout régenter !".

Patrick Parmentier est un créatif passionné, écrivain, communicateur et musicien. Autant dire qu'il connaît les êtres humains et peut les appréhender en toute sensibilité. Je salue la reprise de cette maison d'édition légendaire, aux destinées desquelles André-Marcel Adamek présidait jusqu'à sa disparition précoce en 2011.

Un seul court extrait vous donnera le désir de vous plonger dans "La chambre sourde" : "Comme nos chambres occupent la moitié des pièces du rez-de-chaussée, je dispose d'une autonomie relative. Y compris pour sortir. A sept heures du matin, la lumière solaire automnale m'offre son énergie colorée. Un geai tente ses premiers gargouillis, je n'arrive pas à le repérer. Une certitude idiote, incohérente mais tenace, m'envahit l'esprit. Si je ne le localise pas, je vais mourir sur place et dans l'instant

- Enfilez-moi ce plaid. Vous allez prendre froid.

L'intervention de Manon attire l'attention du geai. Cette fois, son chant est clair et exaspéré. Dans un battement d'ailes colérique, il s'envole. Je ne mourrai pas ce jour."

Jacques MERCIER

"La chambre sourde", roman de Patrick Parmentier. Editions Memory, Tenneville. 190 pages. 17 euros. Couverture C : Benjamin Lesage.

 

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Jacques Mercier, Romans, Société | Commentaires (0) |  Facebook | |

07 05 15

Un très grand livre ! Cosmos...

 

_cosmos.jpgVoici un très grand livre ! Un de ceux qui peuvent bouleverser notre façon de penser, changer notre existence. A nouveau, je ne veux pas trop vous en dire, sinon qu'on peut comprendre à la fois que Michel Onfray est le philosophe, penseur, français le plus lu et aussi celui qui est le plus mal accueilli par les « pouvoirs » en place, dans tous les domaines...

J'espère que ces quelques mots appelleront votre curiosité...

Voici quelques phrases, choisies parmi les pages de notes que j'ai écrites en parcourant « Cosmos ».

 

« Nous nous détachons de plus en plus du réel pour nous contenter de jouir des images que nous nous faisons de lui. »

 

 

« Un rapport sain, apaisé, joyeux, courtois avec soi, les autres et le monde. Voilà vers quoi devrait tendre toute culture. »

 

Proverbe manouche : « Tout ce qui n'est pas donné est perdu. »

 

« Lentes, les émissions de télévision en direct étaient majoritaires au début de ce média ; trépidantes, elles sont devenues minoritaires, voire inexistantes. »

 

« La raison permettait la réflexion et s'adressait à l'intelligence de l'auditeur ou du spectateur ; la passion n'autorise que l'affect binaire, aimer ou détester, adorer ou haïr, kiffer ou niquer en vocabulaire postmoderne – le tout dans un faux temps, virtuel, devenu vrai, réel. »

 

« La confusion des temps empêche de partir à la recherche du temps perdu et de jouir du temps retrouvé, elle interdit qu'on connaisse la douceur de la nostalgie et la violence du désir des choses à venir. »

 

Spinoza : « Les hommes se croient libres parce qu'ils ignorent les causes qui les déterminent. »

 

« Le sexe, le sang, la mort : aucun animal n'y échappe ; les humains non plus, bien évidemment, eux encore moins que d'autres, même si certains d'entre eux montrent qu'ils le peuvent en indexant plus leur vie sur Eros que sur Thanatos – la tâche de toute philosophie digne de ce nom. »

 

« Les religions du Livre n'aiment et ne célèbrent que ce qui n'aime pas la vie.

 

Pour Celse : les animaux manifestent de l'intelligence ; ils construisent et bâtissent des cités comme les hommes ; ils témoignent de compassion envers leurs semblables ; ils s'avèrent prévoyants et sont donc capables de se projeter dans le futur ; ils enterrent leurs morts ; ils communiquent et disposent d'un langage qui leur permet d'échanger des informations sans se tromper ; ils disposent d'un savoir médicinal assimilable à de la magie ; ils prévoient l'avenir ; ils passent des contrats et honorent leurs serments ; ils se montrent doués de pitié filiale.

 

Le païen Celse n'avait pas mis de livres entre le monde et lui, il le voyait tel qu'en lui-même l'éternité ne l'a pas changé.

 

 

« Le nez dans les livres, les hommes ont cessé de le lever vers les étoiles. L'invention du livre éloigne le monde. La bibliothèque détourne du cosmos. »

 

« On découvrira que les intuitions atomistes d'il y a 25 siècles se trouvent globalement corroborées par les récentes découvertes scientifiques en la matière – alors que, depuis 2000 ans, la science n'a jamais confirmé une seule hypothèse chrétienne et les a même toutes invalidées – la géologie déclasse la thèse chrétienne de l'âge du monde, l'astronomie celle du géocentrisme, la psychologie celle du libre arbitre, le naturalisme darwinien celle de l'origine divine de l'hommes, l'astrophysique celle de l'origine créationniste du monde, etc. »

 

 

« Jésus, n'ayant jamais existé historiquement mais ayant été fabriqué par des juifs qui pensaient que le Messie annoncé était venu et qu'il était tellement vrai que ce qui fut prédit dans les textes s'est réalisé dans l'histoire, a généré une façon d'être, de penser, de peindre, de sculpter.

 

Le corps chrétien s'est construit sur cette fiction devenue réalité par la volonté des constructeurs de la mythologie chrétienne. »

 

« Constantin convertit l'Empire à la secte chrétienne en fabriquant du même coup la civilisation européenne. Les artistes furent les acteurs majeurs de cette scène historique, spirituelle, religieuse, idéologique.

 

Arcimboldo paraît être le premier à échapper à l'art chrétien. On ne trouve rien, dans sa trentaine de toiles connues, qui rappelle de près ou de loin le christianisme. »

 

« Le sublime surgit dans la résolution d'une tension entre l'individu et le cosmos. »

 

Michel Onfray dit qu'il s'agit ici de son « premier livre » (après 80 autres), je dirais qu'il est le plus important. Il s'agit d'une philosophie personnelle de la nature. Une sagesse humaine en harmonie avec le monde, tel est le propos.

 

Jacques MERCIER

 

« Cosmos », « Une ontologie matérialiste », Michel Onfray, Ed Flammarion 2015, 568 pp. 22,90 euros.

 

03 03 15

SNCB Mon amour !

_sncb nancy.jpg

 Voilà un livre qui nous change les idées dans ce monde un peu embrumé ! Voilà un rayon de soleil jubilatoire !

Nancy Vilbajo nous fait vivre sa vie de « navetteuse » (un terme bien belge, par ailleurs!), celle qui fait aller-retour tous les jours en train entre Binche, sa ville, et Bruxelles, où elle travaille. « SNCB, mon amour », ce sont les mémoires d'une navetteuse avec des illustrations remarquables et drôles de François Bouton.

Cela commence par une joyeuse nomenclature des passagers habituels de tels trains : le narcoleptique, le bio-bobo-antidéo, etc. Avec chaque fois « Mon conseil » à mourir de rire !

Cela continue avec, comme les statuts sur Face Book (qu'on retrouve parfois d'ailleurs), sous une forme quotidienne de petit rapport, suivi du « Hashtag »... Le tout illustré, entrecoupé de réflexions, d'explications, de digressions les plus insolites et amusantes les unes que les autres.

Quelques exemples :

JUL 8 : Nancy V : le train est arrivé avec une minute D'AVANCE ! Ca annonce une invasion extra-terrestre, croyez-moi ! H : fermezlesvolets.

JUL 11 : Nancy V : Entendu à l'instant même dans le train : « Terminus... La température au sol est de 28 degrés centigrades ! » Malin, va... H : KennedyAirPort

AUG 5 : Nancy V : va rimer, attention... « Tous ces trains à l'heure, c'est comme au bon vieux temps de la vapeur ! » H : çarimeçarame

OCT 17 : Nancy V : Nous avions la Bataille de l'Yser. Nous avions Sarajevo. Nous avions le Darfour. Aujourd'hui, nous avons la ligne Bruxelles-Binche ! Pour mes compagnons de combat et moi : courage et abnégation. H : commeen14

NOV 27 : Nancy V : La SNCB est très consciencieuse : elle s'entraîne déjà pour les perturbations de demain : H : admiration

NOV 28 : Nancy V : A la SNCB, c'est déjà Noël ! Tu arrives à l'avance pour ne pas rater ton train et tu sautes in extremis dans le train précédent qui vient d'arriver très en retard. H : espacetemps

Et puis, j'aime cette émotion décrite quand, changeant de boulot et se servant dorénavant de sa voiture, Nancy se trompe et se rend à la gare, l'émotion !

Un excellent petit livre à lire dans le train et partout !

 

Jacques MERCIER

 

« SNCB mon amour », « Mémoires d'une navetteuse », Nancy Vilbajo, illustrations Fraçois Bouton, Editions du Basson, 6001 Marcinelle. Www.editionsdubasson.com 14X20,5. 120 pp. 18 euros.

 

 

 

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Humour, Jacques Mercier, Récits, Société | Commentaires (0) |  Facebook | |

11 04 14

Le mal du demi-siècle...

Le burn-out des quinquas.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 11/04/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Frappant de nombreuses personnes (femmes au foyer, cadres, employés, enseignants, médecins…), le burn-out est devenu une plaie de notre époque, surtout parmi les quinquagénaires.

Partant de ce constat, le docteur Jean-Émile Vanderheyden, un neuropsychiatre hospitalier spécialiste des maladies neurodégénératives a fait plancher une équipe de spécialistes provenant d’horizons variés – médicaux, paramédicaux, responsables des ressources humaines, sociologues et autres juristes – afin de savoir pourquoi ce groupe d'âge était particulièrement atteint, de déterminer l'influence sur lui du stress chronique, des conflits, du harcèlement et de l’épuisement nerveux mais aussi pour trouver comment l'aider.

Le résultat de leurs recherches s'intitule Le burn-out des quinquas, un essai offrant une analyse particulièrement poussée du burn-out, depuis l’identification des facteurs de risque spécifiques jusqu’au diagnostic et à la prise en charge du trouble, sans en oublier les conséquences professionnelles et privées.

Concret et très accessible, ce livre fournit au lecteur ainsi qu' à l'employeur des conseils et des pistes de réflexion pour prévenir et réduire l’apparition du burn-out d’origine privée ou professionnelle.

Il aiguillera également le soignant (psychiatre, psychologue, sophrologue, médecin traitant...) tout au long de la prise en charge.

Un ouvrage préventif et curatif que devraient rembourser les mutuelles !

Bernard DELCORD

Le burn-out des quinquas sous la direction de Jean-Émile Vanderheyden, préface de Philippe Corten, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck, collection« Questions de personne », décembre 2013, 415 pp. en noir et blanc au format 16 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 35 €

11 04 14

Le mal du demi-siècle...

Le burn-out des quinquas.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 11/04/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Frappant de nombreuses personnes (femmes au foyer, cadres, employés, enseignants, médecins…), le burn-out est devenu une plaie de notre époque, surtout parmi les quinquagénaires.

Partant de ce constat, le docteur Jean-Émile Vanderheyden, un neuropsychiatre hospitalier spécialiste des maladies neurodégénératives a fait plancher une équipe de spécialistes provenant d’horizons variés – médicaux, paramédicaux, responsables des ressources humaines, sociologues et autres juristes – afin de savoir pourquoi ce groupe d'âge était particulièrement atteint, de déterminer l'influence sur lui du stress chronique, des conflits, du harcèlement et de l’épuisement nerveux mais aussi pour trouver comment l'aider.

Le résultat de leurs recherches s'intitule Le burn-out des quinquas, un essai offrant une analyse particulièrement poussée du burn-out, depuis l’identification des facteurs de risque spécifiques jusqu’au diagnostic et à la prise en charge du trouble, sans en oublier les conséquences professionnelles et privées.

Concret et très accessible, ce livre fournit au lecteur ainsi qu' à l'employeur des conseils et des pistes de réflexion pour prévenir et réduire l’apparition du burn-out d’origine privée ou professionnelle.

Il aiguillera également le soignant (psychiatre, psychologue, sophrologue, médecin traitant...) tout au long de la prise en charge.

Un ouvrage préventif et curatif que devraient rembourser les mutuelles !

Bernard DELCORD

Le burn-out des quinquas sous la direction de Jean-Émile Vanderheyden, préface de Philippe Corten, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck, collection« Questions de personne », décembre 2013, 415 pp. en noir et blanc au format 16 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 35 €